Disclaimer : le monde HP et ses personnages appartiennent à JKR, référence à l'unviers de la série Charmed et l'idée de romance et drame familiale sont inspiré du film Boolywood "La famille indienne". Vous êtes prévenu !

Rating : M+

Pairing : HP/TMR et autres couples.

Genre : Slash Yaoi, Drame familial, Romance, UA avec magie

Bêta-lecteur : Byakkance ( Coeur sur toi )

Bonne lecture


PREMIÈRE PARTIE

« Une vie est faite de détails, mais un détail peut changer une vie » Goyer Rémi


CHAPITRE 1

Octobre 1976,

-Oh par Merlin, non...mon enfant. Pas encore. Lucius ! pleura sa femme prénommée Narcissa, le cœur meurtri.

Celle-ci était allongée sur sa couche. Entre ses jambes encore écartées, une médicosage-femme s'affairait à arrêter, à l'aide de plusieurs sorts, les saignements qu'avait occasionné son accouchement. Cette dernière, après avoir fini, releva la tête, affichant un air purement désolé, avant de lui tendre un corps minuscule, pas complètement formé. L'enfant n'avait pas survécu et était mort à près de cinq mois. Tremblante et un flot de larmes qui coulaient sur son beau visage déformé par la douleur, elle prit délicatement le petit corps de son enfant sans vie.

C'était une fille.

Oh par Merlin, que cela était si difficile de tenir son enfant mort, à peine développé dans ses bras.

C'était si dur. Si horrible.

Narcissa se retourna vers la médicosage-femme et lui tendit sa fille. C'était beaucoup trop insoutenable.

De nouveau, elle venait de perdre un enfant. Pour la troisième fois. Et avant même qu'il ait pu atteindre les neuf mois.

Pourquoi ? Pourquoi le sort s'acharnait-il ainsi contre sa famille. Contre elle. Qu'avait-elle fait pour mériter cela ? Pourquoi la magie ne l'avait-elle pas aidé ? Pourquoi, à son tour, l'avait-elle délaissé ? Ne méritait-elle pas de devenir une mère et d'aimer de tout son cœur un enfant ? En cet instant, elle désirait si ardemment, mettre fin à ses jours, tant la douleur cette fois-ci était si atroce, si terrible.

À ses côtés, son époux laissa échapper une seule et unique larme face à cette horrible constatation. Il n'osa même pas regarder le corps inerte de son troisième enfant que tenait la médicosage-femme, avant de l'envelopper.

Voir une nouvelle fois, sa femme qu'il aimait tant, souffrir de la sorte lui était insupportable. Tout autant que son épouse, il désirait avoir un enfant. Garçon ou fille. Peu lui importait, du moment qu'il avait un enfant à chérir.

La petite, bien qu'elle ait dépassé les cinq mois, comparé aux deux premiers, n'avait pas tenu. Elle était morte, dans le ventre même de son épouse. En urgence, ils avaient dû la faire accoucher. Cela avait été une situation horrible et tragique. Sa femme n'allait désormais plus s'en relever. Il avait tellement peur de la perdre maintenant.

Comment allait-il, à nouveau, annoncer cela au reste de la famille. Sa mère, comme celle de sa femme, allait être horrifiée par la nouvelle. Elles qui souhaitaient ardemment avoir un petit-fils ou une petite-fille, allaient s'effondrer de tristesse et de douleur.

Caressant son visage en sueur, il lui murmura des paroles réconfortantes. Mais cela n'arrêta pas le flot de larmes. Il demanda alors à la médicosage-femme et au medicoage présents de s'en aller et d'emmener leur enfant à Saint-Mangouste. Plus tard, il irait s'occuper de ses funérailles. Pour le moment, il voulait rester auprès de sa femme.

Une fois que ceux-ci soient partis, il s'installa auprès de son épouse, la prenant ainsi dans ses bras pour la bercer. Plus tard, elle s'endormit, le laissant ainsi dans une intense réflexion. Tout comme son épouse, il désirait avoir un enfant à chérir. Mais aujourd'hui, ils ne pouvaient plus prendre le risque d'essayer à nouveau d'engendrer un héritier. Comme Narcissa, il ne supporterait pas une quatrième perte. Et puis Narcissa risquerait assurément sa vie.

Alors qu'il souffla, une subite idée s'imposa dans son esprit. L'idée d'adopter un enfant lui vint. Que celui-ci ne soit pas de son sang, de sa chair, l'importait peu. Ces pensées le surprirent lui-même, lui qui était pour la pureté du sang dans les familles de sang-pur comme la sienne. Vouloir un enfant qui n'était pas de lui, paraissait tout à fait étonnant. Improbable. Mais cela restait une idée. Une très bonne idée.

À ce stade, il serait vraiment prêt à adopter un enfant qui ferait le bonheur avant tout de sa femme et du reste de la famille. Il voulait un enfant à qui il apprendrait ce que tout père pouvait enseigner à son enfant. Il voulait un enfant avec lequel il passerait du temps. Un enfant à qui il donnerait tout l'amour dont il aurait besoin. Mais est-ce que sa femme accepterait d'adopter ? Et le reste de la famille ? Probablement. Après tout, ils désiraient aussi fort que lui de voir un petit enfant qui courrait dans les couloirs du manoir, en leur faisant entendre le doux son de sa voix, que ce soit par des rires ou des pleurs.

Soupirant, il se détacha de sa femme, et lui nettoya le front avant de la recouvrir et de s'en aller. Il devait retourner au Ministère. Plus tôt, il avait dû quitter précipitamment le Ministère lorsqu'il avait reçu le message du médicomage. Il devait y retourner afin de signaler son absence. Il se donnait au moins plus d'une semaine pour se laisser le temps de faire les funérailles de sa fille décédée et de s'en remettre. Pour sa femme, cela allait demander du temps. Beaucoup de temps.

Se dirigeant vers sa cheminée, il se rendit au Ministère. Mais en arrivant, il ne s'attendait pas à voir tant d'effervescence. Des Aurors et même la presse étaient là, se bousculant et se criant dessus.

Que se passait-il ?

Il tenta de se frayer un chemin entre la populace, avant de voir le grand Albus Dumbledor, directeur d'un des plus grands collèges sorciers, Poudlard. Celui-ci arborait un visage triste et presque larmoyant. Cela était déconcertant quand on connaissait l'homme qui affichait toujours un visage et un regard pétillant de joie. Ce dernier regardait les centaines de personnes qui continuaient de se marcher dessus et de se crier au visage, alors qu'à quelques pas de lui, le Ministre sorcier et quelques Aurors tentaient de calmer les ardeurs de chacun.

S'approchant de lui, il grimaça en entendant tous ces cris des plus insupportables.

- Albus ! Que se passe-t-il ? demanda-t-il en arrivant près de lui.

- Oh Lucius, mon ami, dit Albus d'une voix triste. Vous n'êtes donc pas au courant ?

- Au courant de quoi ? questionna-t-il, en fronçant des sourcils.

- Je vois, souffla le vieux sorcier. Vous savez qu'un groupe d'Aurors avait été envoyé en Écosse, afin de démanteler le réseau criminel qui s'y était installé.

- Oui, je suis au courant de cela. Cette mission était supervisée par les Aurors Potter, dit Lucius.

- Oui, souffla Albus.

-J'ai entendu dire qu'il était même très probable que ce groupe de criminel soit dirigé par les derniers mangemorts en libertés aux vues des nouveaux éléments inquiétant trouvés lors de leur précédente mission. Est-ce pour cela toute cette agitation ? Cette mission s'est mal passée ? Demanda-t-il.

- Au contraire, soupira Albus, tristement. Bien que la mission ait été une réussite, cela ne s'est pas passé sans de graves conséquences. Six Aurors sont morts, dont….les Potter, révéla le vieux Albus.

Lucius, à cette annonce, ne put s'empêcher d'écarquiller les yeux de stupeurs. James et Lily Potter étaient les meilleurs Aurors de leur génération. Les plus jeunes à avoir été promus Chef des Aurors, tant ils étaient des sorciers fort compétents et accomplis. Mariés et parents d'un petit garçon d'un an, ils étaient, au-delà d'être d'excellents Aurors, des personnes douces et respectables. Ils avaient le cœur sur la main et cela Lucius ne pouvait le nier. Alors de savoir que ceux-ci étaient morts, lui était un choc. Comment cela avait-il pu arriver ?

Lucius n'était peut-être pas leur meilleur ami, mais il s'était toujours très bien entendu avec James et même Lily. D'ailleurs celle-ci, était en quelque sorte une amie de sa femme. Ce qui était surprenant quand on savait que sa famille ne se mélangeait pas aux sorciers nés-moldu.

- C'est atroce, dit-il, encore sous le choc de la nouvelle.

- La nouvelle s'est très vite rependue. Et voilà le résultat, dit Albus en montrant le flux de personnes dans le hall du Ministère. Pauvre Harry, il est désormais bien orphelin.

- Comment cela ? Il n'a plus de famille ? N'avait-il pas un parrain ? demanda Lucius, les sourcils haussés.

- Eh bien...c'est délicat, voyez-vous. Il a de la famille du côté de sa mère, mais ce sont des Moldus, et ceux-ci ne sont pas réceptifs à notre monde. Et puis, je sais que Lily n'aurait pas voulu qu'on envoie son fils chez sa sœur. Et pour ce qui est du parrain...il en avait un. Sirius Black.

- Oh ! Le cousin de ma femme. Cela ne m'étonne pas. Je me souviens que lui et James étaient très proches, à Poudlard.

- Oui, certes, mais ce dernier a complètement disparu, après une mission menée en Asie. Personne ne sait où il est. Même James ne le savait pas. Nous n'avons plus eu de nouvelle de lui du jour au lendemain. Nous sommes toujours à sa recherche.

- Oh ! Je n'étais pas au courant de cela, dit Lucius en fronçant davantage les sourcils.

Les Black ne lui avaient pas fait part de cela. Ni même Narcissa. Mais peut-être qu'eux aussi n'étaient pas au courant de la disparition soudaine et inquiétante du malheureux. Ce qui était fort étonnant.

- Hum ! Alors Harry n'a vraiment plus de parents. Et dans ce cas-là, cela revient à ma charge de m'occuper de lui. De lui trouver un endroit. Et je ne pense pas avoir le choix. Je vais devoir le remettre à un orphelinat sorcier, expliqua, tristement Albus.

- Quoi ? Non, vous ne pouvez pas faire cela à ce pauvre enfant, s'inquiéta Lucius.

- Que voulez-vous que je fasse d'autre, mon ami ?

Bonne question. Pourtant, il ne pouvait se résoudre à penser que ce petit être allait être placé dans un orphelinat. Il y avait très peu de chances pour lui qu'il soit adopté. Ou si cela était le cas, se serait sûrement par des personnes mal attentionnées qui en voudraient à la fortune des Potter. Après tout, la famille Potter était très connue dans le monde magique. Avant la sienne, cette famille était la plus influente et la plus puissante. Lucius était certain que le couple Potter aurait voulu que leur héritier grandisse dans une famille qui serait prête à lui inculquer les us et coutumes des familles de sang-pur, tout sang-mêlé qu'il soit. C'est d'ailleurs ce que lui-même souhaitait à cet enfant. Cependant il désirait surtout que cet enfant grandisse dans une famille qui l'aimerait non pour son nom, mais seulement pour lui.

Soudainement, il se figea. Et si lui et son épouse étaient cette famille ? Et si... ils adoptaient le petit Harry ? Il y avait quelques heures à peine, il avait pensé à cette idée et là c'était l'occasion de s'y tenir.

- Et si je l'adoptais, s'exclama Lucius soudainement, le plus sérieusement.

- Vraiment ! Vous... vous feriez cela ? dit Albus, plus que surpris.

- Oui. Sachez que…ma femme a de nouveau fait une fausse couche, révéla Lucius. Elle désire, tout comme moi, avoir un enfant à aimer. Nous sommes des personnes respectables et honnêtes. Je...

- Très bien, le coupa Albus, en souriant. Vous avez l'air d'être vraiment sûr de vous. Mais vous m'en voyez désolé, mon ami pour la perte de votre enfant.

Lucius hocha simplement de la tête, ne voulant pas aller dans les détails. Il n'était pas encore remis de cette atroce nouvelle.

-Sachez, mon ami, qu'adopter cet enfant...Cela risque d'être une longue procédure.

- Nous serons prêt à prendre le risque, répondit, avec ferveur Lucius.

- Vous êtes bien sûr de vous ? redemanda Albus.

- Oui. Cet enfant doit grandir dans une famille comme la nôtre, dit Lucius. Et puis son parrain étant un Black, il reste tout de même affilié à cette famille. Et ma femme est une Black de naissance. Cela pourrait jouer en notre faveur.

- Cela est vrai, acquiesça Albus, tout en se grattant la barbe. Ceci dit, c'est très noble de votre part Lucius de vouloir adopter un enfant qui n'a aucun lien de sang avec votre famille. Vous n'étiez pas le plus grand ami de James, mais ce que vous vous apprêtiez à faire est courageux et des plus honorable, concéda Albus, en lui souriant. Vous lui offrez une nouvelle vie et une nouvelle chance.

- Vous pouvez être assuré de ma sincérité. Je pense réellement que cet enfant sera bien plus épanoui dans une famille comme la nôtre. Nous saurons lui donner tout l'amour qu'un enfant doit avoir tout comme une bonne éducation.

- Je vous crois mon ami. Je vous crois, dit Albus. S'il leur arrivait quelques chose, James et Lily, après la disparation subite de Sirius, m'ont demandé de m'occuper de leur fils unique et de tout faire pour qu'il vive dans une famille aimante. Et je pense que vous l'êtes. Vous avez raison ! Il sera bien mieux dans une famille comme la vôtre.

- Alors nous sommes d'accord. Vous m'aiderez donc à adopter cet enfant.

- Bien sûr, mon ami. Avec mon appui, je peux vous assurer que dans moins de deux semaines, vous accueillerez un enfant au sein de la famille Malfoy. Maintenant, je vais vous demander de me suivre.

Sans un mot et laissant de côté ce pourquoi il était réellement venu, Lucius suivit ce bon vieux Albus. Ils se frayèrent un chemin parmi le flot de personnes qui essayaient de se faire entendre, afin d'avoir des réponses quant à cette attaque, où six Aurors dont les Potter avaient péri.

Lucius, malgré le masque de froideur qu'il affichait, ressentit vraiment de la peine. Ce pauvre enfant n'avait que très peu connu ses parents. Il n'avait vécu qu'une seule année en leur compagnie. À cet âge-là on ne créait pas encore de souvenir. Et les parents, n'avaient pu goûter au bonheur d'élever leur enfant. Mais avec un travail comme celui-ci, ce risque avait été présent et grand. Et ils en avaient eu conscience en devenant parent.

Mais aujourd'hui, Lucius n'avait jamais été aussi sûr de son choix. Il savait que feu son père n'aurait pas tolérer une telle chose. Adopter un enfant, sang-mêlé de surcroît, même si l'un des parents venait d'une bonne famille de sang-pur, son père ne l'aurait jamais accepté. Cela aurait été un véritable sacrilège. Une honte. Mais à ce jour, et depuis la mort d'Abraxas, son père, c'était lui le Lord de la famille Malfoy. Alors cette décision lui revenait de plein droit et il la prenait en tout état de cause. De plus il connaissait les Potter, et c'était des gens respectables, même-si l'épouse était une née-moldue. C'était sûrement la seule que sa famille, comme d'autres, acceptait dans leur entourage. Alors oui, Lucius désirait adopter leur enfant. Ce dernier ne serait que bien dans une famille comme la sienne.

Oh bien sûr, Lucius se promit qu'un jour, il dirait la vérité à ce petit garçon. Il lui dirait qu'il n'était pas leur fils biologique, mais un enfant adopté. D'ici là, ils auraient le temps de l'y préparer.

Il sortit de ses pensées, lorsqu'il arriva à une aire de transplanage. Albus se tourna vers lui, et avec un sourire aux lèvres, lui demanda de poser sa main sur son bras. Lucius, ne discuta pas et accéda à sa demande. Bien vite, ils se retrouvèrent devant la plus grandes garderies privées sorcières où seuls les enfants de familles de sangs-purs et quelques sangs-mêlés étaient acceptés. C'étaient ici que leurs enfants étaient déposés, pour que les parents puissent aller travailler en toute sérénité durant la journée. C'était une excellente enseigne et Lucius ne pouvait le nier. Mais lui, il s'était toujours dit qu'il s'y tiendrait à leurs règles familiales. Son enfant aurait une nourrice qui aiderait sa femme. Tandis que lui, il s'occuperait de son éducation, et que l'école primaire et secondaire se chargeraient de son apprentissage de la magie.

Marchant à travers les nombreux corridors, il suivit silencieusement le vieux sorcier qui le menait dans une vaste pièce où de nombreux parcs pour enfant s'y trouvaient. Albus zigzagua entre eux pour arriver devant un parc en particulier. Lorsque Lucius s'arrêta à ses côtés, il riva son regard à l'intérieur du parc où se trouvait un enfant qui jouait avec de nombreux jouets enchantés. D'ailleurs celui-ci s'arrêta de jouer un moment pour lever sa magnifique petite frimousse, ancrant ainsi son lumineux regard vert émeraude dans le sien. Un grand sourire vint se dessiner sur les petites lèvres de l'enfant, avant qu'il ne bouge frénétiquement ses petits bras.

Alors voilà le fils Potter. Il ne l'avait vu qu'à deux reprises et très brièvement. Mais là, Lucius et comme bien d'autres avant lui, fut ébloui par ce petit être qui était tout simplement magnifique. Une petite touffe de cheveux noirs ornait son crâne. Son visage était pourvu d'un petit nez en trompette, une petite bouche rosée, des joues bien rondes et de magnifiques yeux verts. Cet enfant ressemblait à ses parents. Et à n'en pas douter, il avait pris d'eux, toute leur beauté.

- Je pensais qu'il était préférable que vous le rencontriez aujourd'hui, s'exclama Albus, avec un sourire doux.

- Et vous avez eu là, une excellente idée !

- Êtes-vous vraiment sûr ? redemanda Albus.

- Je le suis encore plus, maintenant que j'ai cet enfant sous mes yeux, dit Lucius, le cœur battant.

- Bien. Quel genre d'adoption souhaiteriez-vous faire ?

- Je pense à un rituel d'adoption par la magie. Nous mélangerons une part de notre magie au sien pour qu'il puisse porter la signature magique des Malfoy en plus de la sienne. Nous ne lui ferons pas boire la potion qui le fera ressemblait à tout point à un Malfoy. Je souhaite qu'il garde ses traits physiques biologiques, comme tel. Il est déjà bien magnifique. Je ne compte pas non plus le déchoir de son nom. Il portera autant le nom Potter que le nom Malfoy. Cependant, bien sûr, je me chargerais de la fortune des Potter, jusqu'à sa majorité. Il en va de soi.

- Oh, mais je vous fais confiance sur ce point-là. En tant que nouveau parent, je ne le voyais pas autrement. Mais laissez-moi vous dire que vous me surprenez, mon ami. Je ne m'attendais vraiment pas à cela de votre part. C'est si…soudain. Mais je sais qu'il s'épanouira au sein de votre famille, dit Albus, en souriant chaudement, les yeux posés sur l'enfant.

Le petit Harry se désintéressa de ses jouets. Il se leva sur ses petites jambes, avant de s'accrocher fermement aux barreaux fins de son parc. Une fois bien debout, il leva de nouveau son regard pour l'ancrer dans celui bleu-gris de l'homme qui lui faisait face, avant de lever ses petits bras vers lui. Automatiquement, Lucius se baissa légèrement et prit l'enfant dans ses bras, se surprenant lui-même de son geste. Harry se mit à rire, révélant des petites fossettes irrémédiablement mignonnes. Sa femme allait sans aucun doute craquer devant cette frimousse, tout comme le reste de la famille. Enfin, il l'espérait. C'était quand même nouveau. Jamais un sang-pur de son rang n'avait décidé d'adopter un enfant qui n'était pas de son sang.

- Je vois qu'il vous a déjà adopté, s'exclama Albus, en cajolant sa longue barbe blanche.

- Oui, murmura Lucius le regard noyé dans celui bien trop vert du petit être qui vint attraper une mèche de ses cheveux blonds pour jouer avec.

Lucius sourit, le laissant martyriser sa pauvre mèche de cheveux.

- Si je fais une demande aujourd'hui même...Vous pensez que ce serait juste. Je veux dire…je ne souhaite en aucun cas créer un esclandre. Je ne veux pas que la population voie cette adoption comme un affront de ma part ou quelque chose d'autre de bien pire.

- Ne vous occupez pas de ce que pourrait penser la population. Déposez une demande demain matin et moi je m'occuperai du reste. Si cela vous convient.

- Demain matin je vais devoir m'occuper des…funérailles de mon enfant décédé, dit Lucius avec tristesse. Après cela, j'irai faire la demande. Pour le reste, je n'en vois aucun inconvénient pour que vous vous en occupiez. Merci, pour votre appui.

- Oh ! Ne me remerciez pas mon ami, sourit Albus. Je souhaite autant que vous que cet enfant soit élevé dans un bon environnement. Mais surtout aimer, continua-t-il, en regardant l'enfant qui jouait toujours avec les cheveux de son futur père adoptif.

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Aujourd'hui, Lucius était le ministre des affaires étrangères. Il avait repris le poste de son père, à sa demande avant de mourir. Et autre que son statut de ministre, il était aussi l'un des plus jeunes conseillers principaux du premier Ministre. À côté, il possédait de nombreuses entreprises un peu partout dans le monde sorcier et était un des plus grands investisseurs dans d'autres firmes qui enrichissaient son nom. Et comme les Black, ou même les Potter, les Malfoy étaient l'une des familles les plus fortunés et importantes du monde de la magie, en Europe du moins.

Lucius décida de ne pas retourner au ministère. Cependant, il prit le temps de s'arrêter dans un café sur la Diagon Alley pour prendre le temps d'écrire un message au Ministre, afin de lui faire savoir son absence qui serait de quelques jours. Il devait s'occuper de son enfant décédé et de l'adoption de Harry James Potter. Mais cela, il se garda bien de le dire. De toute façon, tôt ou tard, cela allait se savoir. Ce n'était qu'une question de temps. La population se demandait déjà où allait vivre l'héritier de la grande famille des Potter. Lorsqu'ils sauraient que c'était chez lui qu'il vivrait, qui sait ce qu'ils en penseraient tous. Enfin, Lucius s'en moquait comme de sa dernière canne ! Il était certain que sa famille était la mieux placée pour élever cet enfant selon l'étiquette des sangs-purs.

Une fois que son aigle royal s'envola pour apporter son message au Ministre, il se leva et sortit du café. Il devait retourner au Manoir, afin de convoquer toute la famille, pour non seulement leur annoncer la perte de leur troisième enfant, mais aussi son souhait d'adopter le fils héritier de la famille Potter. Il ne savait pas comment cette nouvelle allait être prise. Mais il espérait de tout cœur que sa famille, comme sa femme, comprenne et accepte sa décision d'accueillir cet enfant au sein de leur grande famille qu'était les Malfoy et les Black.

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Une semaine et demi plus tard

Pressé, Lucius marchait dans l'une des ailes de l'orphelinat, afin de rejoindre le petit Harry Potter qui y avait élu domicile depuis la mort de ses parents.

D'ailleurs, il y a cinq jours de cela, Lucius, comme sa famille, avait été convié à l'enterrement des Potter. Ce fût extrêmement émouvant. Toute la haute société sorcière y avait été présent, ainsi que d'autres familles qui connaissaient intimement les Potter. La presse n'avait pas pu mettre un seul pied à la cérémonie. Ce fût Albus qui fit une simple déclaration auprès de la presse.

Cet enterrement fût d'autant plus difficile pour sa femme, qui la veille même, avait enterré son troisième enfant perdu. Mais bien que la douleur fût encore présente, lorsqu'elle avait appris par son époux qu'il prévoyait d'adopter l'enfant des Potter, son cœur s'était quelque peu allégé. L'espoir de devenir mère était revenu, même si cet enfant n'était pas le fruit de ses entrailles. D'ailleurs, même s'ils furent surpris par cette démarche, toute la famille avait accepté cette prise de décision, et avait attendu avec impatience la venue de l'enfant. Lucius en fut soulagé. Cela était, certes, inconvenant, mais pour une fois, Lucius voulait déroger aux règles. Au moins une fois dans sa vie.

Cet enfant ne possédait pas les caractéristiques de sa famille, mais cela n'était qu'une formalité. Aujourd'hui Harry était leur fils aux yeux de la loi et dans peu de temps, grâce au rituel prévu, ils feront de lui un Malfoy, mais aussi un Black lui donnant leur nom, mais aussu un accès à leur patrimoine familiale. Quant à la potion qui devait suivre et compléter l'adoption définitivement, elle ne lui serait pas ingurgité. Comme il l'avait dit à Albus il ne souhaitait pas faire perdre à cet enfant ses réels traits physiques. Il voulait qu'il garde ce qui faisait de lui un Potter. En souvenir de qui il était réellement. Et cela, sa famille l'avait compris.

Lorsqu'il arriva dans la nurserie, il se dirigea directement vers l'endroit où se trouvait l'enfant. Celui-ci dormait à point fermé. Lucius le regarda un moment, complètement attendri, avant de le prendre délicatement dans ses bras. Harry bougea légèrement, avant de se pelotonner tout contre son torse. Il sourit et couvrit l'enfant de sa longue cape. Mais avant de s'en aller, il passa à l'administration pour finaliser les derniers détails et récupérer les effets personnels de l'enfant. Une fois cela en main, il s'en alla.

Mais alors qu'il allait prendre l'une des cheminettes de la garderie, une voix se fit entendre près de lui.

- Je sais qu'avec vous il sera entre de bonnes mains.

Lucius se retourna vers la personne qui n'était autre que Albus, sûrement venu voir une dernière fois le petit Harry.

- Il le sera. Encore merci pour votre aide. Elle m'a été extrêmement précieuse.
- Cela est normal. Je ne veux que le meilleur pour cet enfant.
- Moi aussi. Et c'est ce qu'il aura.
- Évidemment, sourit le vieux sorcier. Bien ! J'espère avoir l'occasion de le revoir un jour.
- Bien sûr, dit Lucius, en entrant dans la cheminette. Bien ! Je dois me hâter de rentrer. Il est très attendu.
- Je n'en doute pas, sourit Albus, en regardant chaudement Harry qui dormait contre son père adoptif.
- Au revoir Albus, salua-t-il.
- Au revoir, mon ami, dit en retour le vieux sorcier.

Grâce à Albus, la procédure d'adoption s'était faite en moins de deux semaines et désormais le petit Harry était leur fils. Et demain, tout le monde sorcier allait être mis au courant. Aux yeux du monde, il serait désormais Harry James Lucius Potter Malfoy. C'était un long nom, certes, mais qui en disait beaucoup sur son statut. Et puis, Lucius était déjà très fier de cet enfant qui avait ramené l'espoir et la joie de vivre au sein de sa famille. Aujourd'hui, il le récupérerait enfin pour l'emmener dans sa nouvelle demeure.

Sans plus de cérémonie, Lucius prit de la poudre de cheminette et dit à haute voix sa destination. Bien vite, seule une fumée verte flottait dans la cheminette, sous les yeux pétillants d'Albus.

Lucius réapparut dans la cheminette du grand salon, au Manoir Malfoy. Toute la famille était présente, assise dans les canapés, attendant leur venue. À son apparition, sa femme se leva vivement et s'approcha de lui. Ses yeux étaient rivés sur le petit être qui dormait toujours, et où l'on distinguait seulement sa petite tête. Dès qu'elle arriva en face de lui, Lucius put voir les yeux de sa femme briller d'émotions, avant qu'elle ne tende doucement ses bras pour prendre à son tour l'enfant qui était désormais le sien. Lucius la laissa faire et bientôt Harry se retrouva dans le creux des bras de sa mère adoptive qui pleurait de joie. Ses yeux mouillés parcoururent le doux visage de l'enfant qu'elle trouva irrémédiablement magnifique. Lucius le lui en avait fait part, mais le voir c'était bien mieux.

Par Merlin, elle l'avait attendu avec une impatience dévorante.

D'une main douce, elle caressa les joues rondes de l'enfant, avant de balayer délicatement ses cheveux qui étaient doux au toucher. Lorsqu'elle retira sa main, son regard se fit happer par le plus beau des regards. Deux émeraudes étaient en train de la mirer attentivement. Elle fut soufflée par la beauté de ses yeux. Et elle comprenait pourquoi son époux avait souhaité qu'il garde ses traits biologiques. Il était absolument magnifique. Elle se rendit compte que cet enfant était un parfait mélange des époux Potter.

Pas de doute là-dessus, sourit-elle mentalement.

Et cela lui allait très bien.

Elle sortit de ses pensées, lorsque des babillements incessants se firent entendre. Bientôt le rire de l'enfant se répercuta dans la grande pièce. Soudainement, Narcissa fut entourée du reste de la famille qui souhaitait eux aussi rencontrer le nouveau membre de leur famille.

Les yeux brillants, Narcissa leva le regard vers son époux qui se tenait près d'elle.

- Merci, murmura-t-elle avec émotion. Merci.

Lucius lui rendit son regard empli d'émotions, avant de laisser un léger sourire se dessiner sur ses lèvres.

Elle serra avec amour le petit être qui babillait toujours et qui se faisait papouiller par sa sœur, sa mère et sa belle-mère.

- Bienvenu dans la famille, mon cher neveu, s'exclama Bellatrix, la sœur de Narcissa. Tu verras...tu vas te plaire chez nous.

À suivre...


En espérant que ce début vous a plu, je vous dis à la prochaine pour la suite :D

Review !