Disclaimer : le monde HP et ses personnages appartiennent à JKR, référence à l'unviers de la série Charmed et l'idée de romance et drame familiale sont inspiré du film Boolywood "La famille indienne". Vous êtes prévenu !
Rating : M+
Pairing : HP/TMR et autres couples.
Genre : Slash Yaoi, Drame familial, Romance, UA avec magie
Bêta-lecteur : Byakkance ( Coeur sur toi )
Merci à tous ceux qui ont accueilli cette nouvelle histoire. J'espère vraiment qu'elle vous plaît. Parce qu'à moi, ça me plaît beaucoup de l'écrire et de la partager avec vous.
Je vous souhaite une bonne lecture...
PARTIE I
CHAPITRE 5
Mi-janvier 1998
- C'est l'enfer, gémit Harry en jetant sa tête en arrière.
Complètement affalé sur un canapé de l'un des nombreux salons du manoir, Harry se plaignait auprès de sa mère et de sa grand-mère paternelle. Travailler, ou du moins suivre son père comme son ombre la plupart du temps, au Ministère était horrible. Bien sûr, il s'en était douté que son insertion au sein du Ministère commencerait ainsi. Mais entre le savoir et le vivre, il y avait une réelle différence. Cela ne faisait pourtant qu'une semaine qu'il y travaillait et il n'en pouvait déjà plus.
Quand il n'était pas l'ombre de son père, il était sollicité de partout, pour tout et n'importe quoi. Et évidemment, il voyait un peu trop souvent le Ministre. Mais que pouvait-il y faire, à part faire semblant de se montrer ravi d'être en sa présence ?
-Je sais que ce n'est pas ce à quoi tu aspirais, mon chéri. Mais ton père veut vraiment le meilleur pour toi et Draco.
- Si c'était vraiment le cas, il prendrait en considération nos souhaits. Et je parle plus pour Draco que pour moi, dit Harry en se redressant.
-Je ne veux pas que toi et Draco pensiez qu'il agit ainsi pour son propre intérêt. C'est juste qu'il poursuit les règles.
- Un peu trop à mon goût, avoua Harry. Enfin… je n'ai pas le choix. Je dois m'y plier. Draco aussi.
Sa mère lui lança un sourire encourageant. Elle savait que son fils aurait voulu être à mille lieues du Ministère. Ce n'était clairement pas son univers là-bas. Tout ce qui touchait de près ou de loin à la politique ou à l'économie, n'était pas pour Harry. Ce n'était pas ses domaines de prédilection. Moins il en entendait parler, mieux il se portait. Et surtout, il préférait garder ses avis pour lui plutôt que de les partager et risquer de faire un scandale. Cependant, maintenant qu'il était plongé en plein dedans, il n'avait pas d'autre choix que de faire un effort de s'y intéresser et de donner son avis, sans pour autant se mettre tout le monde à dos. Surtout son père.
Lucius portait un trop grand intérêt à ce que leurs fils suivent les règles, comme les traditions, imposées par leur famille. Il ne faisait pas réellement attention à leurs propres besoins ou à leurs envies et cela avait fini par la peiner. Elle avait peur qu'en demandant trop, cela apporte des conflits entre eux. Elle ne voulait pas cela. Entendre ses fils dire qu'ils n'avaient pas le choix et que, bien malgré eux, ils devaient se plier aux attentes de leur père, ne l'enchantait guère. Elle ne désirait pas les voir malheureux à cause des choix que prendrait Lucius à leur encontre. Son cœur de mère ne le supporterait pas. Mais que pouvait-elle faire ou dire ? Lucius ne l'écouterait pas plus qu'il n'écoutait ses fils.
-Tu es rentré bien tôt aujourd'hui, s'exclama pour la première fois sa grand-mère, Lucinda.
- Effectivement. Cet après-midi je n'étais pas au Ministère. J'avais un rendez vous avec Gripsec à Gringotts pour signer quelques documents. En même temps, j'en ai profité pour jeter un œil aux investissements des Potter. Et tout va bien, dit-il. Les personnes choisies pour gérer mes affaires, le temps que je m'en empreigne, font du bon travail. Mais je dois quand même leur rendre visite et constater par moi-même comment ils travaillent et dans quelles conditions. Je veux que ces personnes sachent qu'au moindre souci, elles peuvent compter sur moi.
-Je vois là une nouvelle semaine fatigante qui t'attend, dit sa grand mère.
- Ne m'en parlez pas, soupira Harry. Bien ! Se leva-t-il. Je dois faire quelques courses.
- À cette heure-ci ? demanda sa mère, en levant un sourcil.
- Vous n'allez pas recommencer, mère, répliqua Harry sous le rire de sa grand-mère. Je suis un grand garçon. S'il m'arrivait quelque chose, je saurais me défendre. Alors il n'y a pas d'inquiétude à avoir.
- Vous grandissez trop vite ton frère et toi. Le temps où vous ne pouviez plus vous passer de moi est révolu, dit sa mère d'un ton triste.
- Nous aurons toujours besoin de vous mère, sourit Harry en venant embrasser son front. Toujours.
Narcissa ferma un instant les yeux en souriant, savourant le doux baiser de son fils. L'embrasser sur le front était devenu une habitude tendre et réconfortante qu'Harry avait pris avec elle. Lors de sa si longue absence, ce geste en particulier lui avait terriblement manqué.
Évidemment que ses enfants auraient toujours besoin d'elle. Et peu importe leur âge. Ses enfants étaient toute sa vie. Si elle en venait à prendre l'un ou les deux, elle en mourrait. Bien sûr, elle savait que parfois elle pouvait se montrer envahissante. Peut-être un peu trop. Mais si elle était comme cela avec ses fils, c'était tout simplement à cause de toutes les épreuves difficiles qu'elle avait vécues et surmontées.
Et puis, c'était si bon d'avoir Harry près d'elle, qu'elle ne pouvait s'empêcher de vouloir savoir ce qu'il faisait en dehors de son travail, où il allait et surtout avec qui il était. Harry était un jeune adulte et il prenait peu à peu son indépendance. Son envol. Elle comprenait, mais la mère en elle voulait qu'il reste à jamais attaché à elle. Même après qu'il soit marié.
- Bien ! Je m'en vais de ce pas. Vous souhaitez quelque chose en particulier, leur demanda Harry.
- Rien pour moi, mon chéri, répondit sa mère.
-Je veux bien que tu passes à la librairie. J'aimerais lire le deuxième volume de La Sorcière aux yeux bleus.
- Un roman d'amour à votre âge, Grand-mère ? Vous croyez encore à l'amour?
- Sache, mon garçon, qu'il n'y a pas d'âge pour croire en l'amour, se redressa-t-elle. La déception qu'à été mon mariage avec ton grand-père n'a jamais éteint ma croyance en ce sentiment.
- Mais l'avez-vous au moins connu ?
Sa grand mère se tut. Mais le sourire et le clin d'œil qu'elle lui envoya, Harry n'en douta pas.
Il était curieux de savoir qui sa grand-mère avait-elle pu aimer. Et comment cela avait-il pu être possible, tout en sachant qu'elle s'était mariée à l'âge de seize ans avec son grand père. Elle n'aurait tout de même pas eu un amant ? Cette idée le rendit sceptique et encore plus curieux.
Mais voulant vraiment sortir, il laissa de côté toutes ses questions sur la vie personnelle de sa grand-mère. Il y reviendrait plus tard. Il les embrassa sur le front et après un dernier salut, il sortit du manoir.
Il transplana directement sur le Chemin de Traverse. Sans plus attendre, il se dirigea vers la librairie et prit soin d'acheter le livre que souhaitait tant sa grand-mère.
Une fois cela fait et après avoir salué et discuter un peu avec quelques connaissances, il se rendit vers l'apothicaire pour un achat assez spécial.
Il avait entendu que ce dernier aurait en sa possession un grimoire créé par l'une des plus puissantes familles sorcières que l'Amérique ait connue. Celui-ci renfermerait toutes sortes d'incantations, formules de potions et de sorts de magie primaires et secondaires.
Étonnement, il avait entendu parler de ce grimoire lorsqu'il était allé visiter la communauté sorcière australienne. Il avait rencontré une sorcière d'origine américaine qui travaillait au Ministère de la magie australienne dans le département des objets magiques. Cette dernière, comme lui, lors de ces temps libres, voyageait dans l'espoir de dénicher des objets et des écrits rares en rapport avec la magie. Ce point commun les avait rapproché, en toute amitié, au point que cette dernière lui avait avoué être à la recherche du grimoire perdu des Halliwell. Ne voulant pas lui en dire plus sur ce grimoire et sur cette famille, cela avait amené Harry à se documenter sur cette famille qu'il ne connaissait pas. Ce qu'il avait apprit sur eux était juste remarquable. Voire complètement époustouflant.
Les Halliwell était l'une des plus grandes et prestigieuses familles sorcières Sang-Pur américaine. Cette famille était appréciée de tous et surtout très crainte à cause de leurs pouvoirs et de leurs dons étonnants que bien des sorciers avaient envié. Au point que certains s'en étaient pris aux membres de cette famille par des moyens plus qu'extrêmes. En lisant les rares documents qui relataient la vie vécue par cette famille, Harry avait frissonné d'effroi par tous les obstacles que cette famille avait dû traverser pour survivre. Comme quoi cela ne datait pas de la dernière grande guerre que les sorciers puissent être d'une grande cruauté entre eux. Et juste pour le pouvoir.
Grâce à ses recherches approfondies, Harry avait apprit que la famille Halliwell avait écrit un grimoire. Le même dont Miss Jones lui avait parlé et qu'elle convoitait tant. Dans ce fameux grimoire, tenu par plusieurs générations, y avaient été notés tous les sorts et invocations créés par cette famille au fil du temps. De même, toutes les potions de la plus dangereuse à la plus inoffensive. Toutes les incantations qu'elles soient mineures ou majeures. Ce livre était tout simplement une mine d'or. À son tour, intéressé, Harry avait mené des recherches acharnées qui avait porté leurs fruits. Dans le plus grand des hasards, ces mêmes investigations l'avaient dirigé à les poursuivre en Angleterre. C'était en effet là-bas que les derniers survivants de la famille Halliwell s'étaient réfugiés en 1813 avant de disparaître. Et cela tombait bien puisqu'au même moment, il avait enfin décidé de rentrer chez lui. En Angleterre. Il pourrait donc continuer ses recherches.
Il savait que le grimoire avait été récupéré par des marchands qui avaient vandalisé le domaine de la famille à la disparition du dernier héritier, puis passant de collectionneurs en collectionneurs. Et dernièrement, il avait appris qu'il pourrait être en la possession de l'apothicaire sur la Diagon Alley. D'après sa source, il détiendrait, en plus du grimoire, des écrits et des objets d'une rareté que même le Ministère n'avait jamais eu la chance de mettre la main dessus. Et coûtant une petite fortune, très peu de sorciers pouvaient se les offrir. Mais Harry était prêt à mettre le prix pour avoir ce grimoire entre ses mains et autres parchemins et objets qui avaient appartenu à cette légendaire famille.
Voilà pourquoi il se trouvait en ce moment même sur le Chemin de Traverse en direction de chez Slug et Jiggers.
Lorsqu'il pénétra la boutique de l'apothicaire ce dernier vint directement vers lui.
- Monsieur Potter-Malfoy, s'exclama celui-ci en le reconnaissant. Bienvenue dans mon humble boutique. Que puis-je faire pour vous ? Demanda-t-il dans une révérence.
- Bonjour, salua Harry, non sans grimacer devant la révérence.
Il fallait vraiment que les gens arrêtent de le voir comme s'il était Merlin en personne.
-J'ai entendu dire que vous aurez en votre possession le Livre des Ombres. Le grimoire des Halliwell, précisa-t-il sous les yeux grands ouverts de l'apothicaire.
- Oh ! Fit l'homme, les yeux écarquillés. Il y a confusion. J'ai bien quelques objets ayant appartenu à cette illustre famille mais pas ce livre en particulier, déclara-t-il.
- Comment cela ? Fronça des sourcils Harry, mécontent.
-Je ne sais pas qui vous a dis que je l'avais en ma possession, mais votre source était mal renseignée. Ce n'est pas moi qui l'ai mais Barjow et Beurk, dans l'Allées des Embrumes.
- Chez Barjow et Beurk ? Répéta Harry.
Voilà qui n'était pas des plus rassurant.
Cela allait être compliqué. Les sorciers de son rang n'avaient rien à faire là-bas. Dans ce quartier malfamé où régnait conflits et trafics en tout genre. Non, ils n'étaient certainement pas les bienvenus. Et forcément, c'était toujours une épreuve lorsque l'un des leurs se rendait dans ce quartier en particulier.
- Bien. Si je veux ce grimoire, je vais devoir m'y rendre, souffla Harry.
Il s'était déjà aventuré dans des endroits pires que l'Allée des Embrumes. Et puis, il savait passer inaperçu.
- Oh Monsieur Potter-Malfoy, s'égosilla le vieil homme. Je pense que vous ne devriez pas aller là-bas. Vous savez que c'est un quartier qui regorge de criminels et que les gens de votre rang y sont mal perçus. Il pourraient vous faire du mal.
- Merci de votre inquiétude, mais je sais me défendre.
-Je n'en doute pas, mais ne tentez pas le diable. Il y a peu de temps, il s'y est passé bon nombres de problèmes. On dit même que des fanatiques de Grindelwald s'y cachent et font désordre.
- Cela ne serait pas étonnant, dit Harry. Mais je veux acquérir ce livre.
- Alors je n'ai qu'une chose à dire. Faites bien attention à vous. Rester sur vos gardes.
-J'y veillerais, dit Harry tout de même touché par l'inquiétude de l'autre homme.
Sans plus de cérémonie il quitta l'apothicaire qui priait silencieusement que rien n'arrive au jeune Lord.
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Lorsqu'il pénétra dans l'Allée des Embrumes, Harry dut reconnaître qu'il n'était peut-être pas très serein. L'atmosphère qui l'accueillit était lourde et inquiétante. Voire suffocante. Pourtant ce n'était pas cela qui l'obligerait à faire demi tour. Il voulait ce livre, alors il l'aurait.
Il ferma sa cape, ne laissant rien paraître de douteux, et rabattit sur lui la capuche, histoire de passer inaperçu. C'était vrai que les gens de la haute était très mal vu ici et, de ce fait, ils se faisaient facilement attaquer et piller. Et franchement, il était hors de question qu'il prenne des risques inconsidérés. Oh bien sûr, il savait se défendre mais il n'était pas là pour se battre et n'était pas de nature bagarreur. Loin de là. Alors, s'il pouvait éviter les embrouilles, cela lui convenait très bien.
Sous le regard de certaines personnes curieuses murmurant sur son passage, il se dirigea vers le seul endroit qui l'intéressait.
Comme tout commerçant aimant l'argent, il avait heureusement prévu une belle bourse qui contenait une somme affriolante. Une somme suffisante pour acheter ce qu'il désirait. Du moins, si ce dernier avait ce qu'il convoitait. Ce qui n'était pas certain. Il espérait ne pas être déçu pour la deuxième fois dans la même soirée.
Alors qu'il arrivait à sa destination, il entendit un vacarme assourdissant de l'autre côté de la rue. La porte du seule bar de ce quartier malfamé s'était brusquement ouverte, laissant un homme à forte corpulence tenir un jeune homme d'à peu près de son âge par le bras. Il lui donna un fort coup de pied dans le ventre, avant de lui lancer un sort de répulsion. Le jeune homme trébucha sous le sort, avant de s'écrouler au milieu de la grande allée. Harry resta choqué devant cette scène horrible. Encore plus par les propos émis par le vieil homme.
- Espèce de sale immondice de la nature. T'es viré ! Ne t'avise plus de revenir ici où je te jure par Morgan que je te découperai en morceaux !, cria l'homme avant de fermer brutalement la porte de son vieux bar.
Les quelques passants s'arrêtèrent autour du jeune homme qui tentait de se relever. Harry remarqua immédiatement la façon dont ils le regardaient, mais surtout la façon dont ils se moquaient de lui.
- Bien fait pour toi, dit l'un d'entre eux. Je ne sais même pas pourquoi il a accepté que tu travailles pour lui. T'es pas le bienvenu. Même ici, parla-t-il plus fortement pour se faire entendre.
- Ouais, tonna une autre personne. T'entends sale fils de putain…Tu n'es pas le bienvenu ici !, cria un autre.
- Moi je lui aurais lancé des doloris à foison, histoire de le voir se tordre de douleur et de l'entendre crier tel un goret qu'on égorgerait !, ricana un autre.
Horrifié par ce qu'il entendait, Harry jeta son regard vers le pauvre jeune homme victime de toute cette haine. Ses yeux se figèrent vers le sang qui coulait abondamment de son abdomen. Il avait dû être blessé avant d'être jeté comme un déchet de la pire espèce.
- Sale mangemort, cracha un vieil homme. Dégage de là... Où on finit le travail !
- Ouais, approuvèrent d'autres personnes.
Un mangemort ?, s'interrogea Harry.
Était-ce seulement possible que celui-ci en soit vraiment un ? À sa connaissance tous les mangemorts avaient été arrêté il y a plus de quinze ans maintenant. Aujourd'hui, il y n'avait plus que quelques fanatiques de Grindewald qui soutenaient encore son régime. Mais ceux-là étaient étroitement surveillés et se cachaient plus particulièrement dans les endroits de ce genre, certes, mais paradoxalement surtout dans le monde moldu. Et puis honnêtement, Harry doutait que ce jeune homme en soit réellement un. Peut-être simplement venait-il d'une famille de mangemort. Cela était fort possible.
Peu lui importait qui il était, Harry était affecté par la façon dont il était traité par les autres sorciers. Ne voulant pas les écouter déblatérer d'autres choses affreuses envers ce pauvre jeune homme, il s'approcha de lui, avant de s'arrêter soudainement. Il sentit sa propre magie s'agiter lorsque celle du blessé se mit à tournoyer autour de lui, ne demandant qu'à agir pour se venger de cet affront. De cette humiliation. Pourtant malgré la colère et la haine qui se dégageaient de ce dernier, il ne fit rien pour se défendre ou pour faire taire les jugements et les insultes. Au lieu de cela, il tenta de calmer sa magie qui grondait autour de lui, avant de tenir son abdomen où du sang continuait de couler en abondance. Sous les yeux inquiets d'Harry, il réussit à se relever et boita vers une rue sombre et étroite.
Harry ne savait pas qui il était. Il ne savait pas s'il devait porter attention aux dires des autres sorciers concernant la victime. Mais ce qu'il venait de se passer l'avait particulièrement retourné.
Se mordant la lèvre du bas, Harry pesa le pour et le contre. Devait-il aller aider ce jeune garçon mal en point ou ne rien faire et repartir vers sa destination première. Regardant au loin la boutique de Barjow et Beurk, puis la ruelle qu'avait emprunté le jeune homme, le pour finit par l'emporter. Le jeune lord ne pouvait décidément pas laisser une personne blessée et sans défense dans un tel endroit. Il ne pouvait pas non plus le laisser se vider de son sang. Pire, le laisser mourir. Il ne voulait pas avoir ce genre d'horreurs sur la conscience.
Se détournant alors de son objectif initial, il se dirigea vers la petite rue qu'avait pris le jeune homme.
Il n'eut pas besoin de chercher bien loin. Ce dernier s'était effondré au sol, s'appuyant contre l'un des murs. Regardant autour de lui, il soupira de soulagement en ne voyant personne dans les environs. Légèrement indécis, le fils aîné des Malfoy s'approcha vers le jeune homme avachi sur le sol froid et humide.
Se passant une main dans les cheveux, Harry se demanda tout de même si cela était une bonne idée de lui venir en aide. Il ne le connaissait pas. Peut-être était-il vraiment une personne dangereuse. Non, s'il en était une, il aurait très certainement attaqué son bourreau en retour. Sa magie n'avait demandé que cela. Venger son hôte. Mais celui-ci avait réussi à réprimer ses pulsions vengeresses. D'ailleurs, Harry en était encore soufflé par toute cette puissance qui s'était dégagée de lui.
Prenant sur lui, il avança vers le malheureux. Il ne pouvait se résoudre à le laisser là à souffrir avec une telle blessure.
Doucement, comme pour ne pas l'effrayer, il se pencha en avant et s'accroupit à sa hauteur, avant de retirer sa capuche.
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Il avait bien senti qu'on l'avait suivi, mais honnêtement il n'avait pas eu la force d'aller se cacher plus loin. Les mains crispées sur sa blessure, le jeune blessé leva alors un regard empreint de douleur et de fureur vers l'inopportun qui osait l'approcher. Son regard bleu rencontra alors un autre d'un vert saisissant. Un vert aussi mordant qu'un avada. Mais aussi délicat que des émeraudes. Il eut un faible hoquet de stupeur, alors que son regard révéla de la surprise, de l'interrogation et de la méfiance, lorsque l'inconnu retira sa capuche, dévoilant un visage fort charmant. Un visage fort aristocratique. Un visage pourvu de ce regard qu'il avait déjà bien eu du mal à tenir.
L'homme en face de lui paraissait avoir presque le même âge que lui.
Toujours autant pris au dépourvu par l'approche de cet homme, le blessé se crispa en voyant celui-ci approcher ses mains de sa blessure. Il les rejeta d'un claquement sec.
- Qu'essayez-vous de faire?, tonna froidement le blessé.
- Vous aider voyons, dit Harry en fronçant des sourcils devant le refus.
- M'aider, ricana-t-il méchamment. Qui voudrait se salir les mains pour aider une raclure de mon espèce ? Vous ? Laissez-moi rire, cracha-t-il difficilement. Vous devriez vous en aller et me laisser….
- Et quoi ? Le coupa sèchement Harry. Vous laisser vous vider de votre sang ? Il en est hors de question ! Vous avez besoin de soin et vite. Et je suis le seul qui peut vous les apporter !
Se redressant difficilement, le blessé jeta un regard étrange à l'inconnu et vit de la sincérité et de la détermination dans son regard. Aucun étranger ne lui avait jamais montré autre chose que de la haine, du mépris et du dégoût. Surtout venant d'une personne de son rang. Il n'était pas stupide, tout chez ce sorcier criait la richesse. L'aristocratie.
- Laissez-moi tranquille, s'entêta-t-il en détournant le regard.
Il voulait se relever, mais en vain. Sa blessure le tiraillait désagréablement, le faisant grimacer de douleur. Et il n'avait pas assez de force pour transplaner. Pire, cela pouvait lui être fatal s'il ne se soignait pas avant.
- Cela suffit, intervint fortement Harry, en le voyant souffrir. Je ne vais rien vous faire d'autre que vous apporter des premiers soins. Vous êtes en train de vous vider de votre sang. Laissez-moi vous aider et après je m'en irai.
Harry ne partirait pas tant que celui-ci n'aurait pas accepté qu'il lui vienne en aide. Il ne pouvait tout simplement pas s'en aller en le laissant mourir dans cette rue sale et puante des Allées des Embrumes. Et peu importe qui il était réellement.
Et puis, il avait beau dire de le laisser tranquille, ses yeux criaient à l'aide. Harry le voyait bien et c'était principalement cela qui l'empêchait de se retirer. En plus de cela, il put aussi lire dans son regard d'un bleu époustouflant, beaucoup de rage, de haine, de souffrance, de douleur et enfin de peine. Et cela l'alerta d'autant plus. Il avait cette soudaine envie d'en connaître la cause. Bien qu'il se doutât que cela était dû à une vie remplie de misère et de rejets. Il avait envie d'atténuer tous ses ressentiments. Aussi surprenant que cela puisse être.
Alors qu'Harry maintenait le regard du blessé, à nouveau celui-ci le considéra un moment avant de le détailler minutieusement. Comme il s'en était douté - et au vue de sa tenue plus du tout caché - cet homme devait être un sorcier issu de la haute société sorcière. Un aristocrate ou peut-être juste un petit chanceux venant d'une simple famille respectable. Il ne comprenait alors pas pourquoi ce dernier voulait perdre son temps à lui venir en aide. Était-ce par pur pitié ? Non, aucune pitié ne se lisait dans son regard. Juste une volonté infaillible de lui porter secours. Et cela était autant déroutant que surprenant.
- Pourquoi une personne comme vous se salirait les mains pour aider une personne comme moi ? Je ne vous comprends pas, dit-il.
- Une personne comme moi ? Demanda Harry en haussant les sourcils.
- Vu votre tenue, dit-il en écartant l'un de pans de sa cape, il ne fait aucun doute quant à votre affiliation. Un sorcier de votre rang ne devrait pas se soucier du sort d'un pauvre sorcier comme moi, rejeté par les siens. Vous devriez faire comme vos semblables… Passer votre chemin et me laisser moisir dans cette foutue ruelle. Personne ne vous en voudra.
- Sachez que je ne suis pas comme mes semblables !, gronda Harry, choqué par les propos de l'autre. J'ai des principes ! Et l'un deux est de ne pas tourner le dos à une personne dans le besoin. Peu importe son statut. Et même son sang, dit-il. À vous de me croire ou non. Mais sachez que je ne m'en irai pas tant que je ne vous aurai pas soigner. Alors je vous le redemande : Laissez-moi voir votre blessure. Vous avez besoin de soin, sinon cela risque de s'infecter.
Le jeune homme face à lui resta silencieux. Soufflé par les mots de l'autre sorcier, il pesa le pour et le contre, avant de se laisser totalement aller contre le mur dur et froid derrière lui. Il détacha ses mains de sa blessure, montrant ainsi qu'il était d'accord pour qu'il le soigne. Il ne savait pas pourquoi il acceptait si facilement son aide. Peut-être parce qu'il avait vraiment mal à cet instant, et que peu importe de qui pouvait provenir l'aide, il l'acceptait volontiers. Et puis, n'ayant pas sa baguette qui aurait pu l'aider à se soigner, il n'avait pas d'autre choix que de se plier à la demande de cet intriguant sorcier. Et de s'en remettre à lui.
D'ailleurs, ce dernier lui lança un regard et un sourire rassurant avant de se pencher sur sa plaie.
Le blessé se permit de le détailler plus longuement. Les traits de son visage était parfaitement dessinés. Avec un nez retroussé et une bouche ni trop pulpeuse, ni trop fine. Juste comme il le fallait. Plus il le détaillait, plus il remarqua qu'aucune imperfection ne venait souiller sa peau légèrement hâler. Et puis ses yeux. Par Merlin, il avait des yeux d'une couleur si rarement vue. Un vert émeraude. Un vert unique. Il ne pouvait nier que ce jeune homme était fort beau et élégant.
Il baissa les yeux vers les deux mains de l'inconnu qui vinrent écarter les pans de sa vieille robe d'un gris terne. Il se sentit soudainement mal à la aise face aux mains délicates qui s'affairaient à dégager tous les bout de tissus qui recouvraient sa plaie.
Voyant qu'il ne bougeait pas et le laissait faire, Harry remonta sa chemise auparavant blanche, maintenant imbibée de sang. Le jeune homme laissa échapper un faible gémissement lorsque le tissu se détacha de sa blessure. Harry s'excusa avant de grimacer en voyant l'étendu des dégâts. Il ne savait pas si c'était le tavernier qui lui avait fait ça, mais la personne n'était pas allée de main morte. La plaie était grande et profonde. Elle ne cessait de saigner abondamment. Sortant sa baguette, il sentit le blessé se tendre et recouvrir sa plaie de sa main pleine de sang. Il était méfiant et c'était normal.
- Tout va bien, le rassura doucement Harry en relevant son regard dans celui incertain du blessé. Tout va bien, répéta-t-il en retirant délicatement sa main tachée de sang. Il la serra un moment dans un autre geste réconfortant, faisant hoqueter l'autre homme sous le geste inattendu.
Finalement, il hocha de la tête, l'autorisant à continuer.
Sous les yeux scrutateurs du jeune homme, il entreprit de lancer un sort permettant d'arrêter l'écoulement du sang. Une fois le sang arrêté, il sortit un mouchoir de sa poche et lui jeta un sort d'humidité. Délicatement, il nettoya la plaie faisant sursauter le blessé sous la froideur du bout de tissu. Ce dernier leva un regard vers le visage concentré de l'autre sorcier. C'était la première fois qu'il faisait vraiment face à une personne comme lui. Une personne d'un tel rang. Jamais il n'aurait cru qu'il en rencontrerait un dans ce genre de situation et que celui-ci lui porterait assistance. Non, jamais il n'aurait imaginé cela, même dans ses rêves les plus fous.
Il retint un gémissement douloureux lorsqu'Harry nettoya plus profondément sa plaie.
- Désolé, dit simplement Harry en grimaçant. Encore un peu et je pourrais refermer la plaie.
- Vous êtes quoi…, grimaça-t-il. Un Medicomage à vos heures perdues.
- On peut dire ça, rit légèrement Harry. Il est toujours bon de connaître les bons gestes et les bons sorts de guérison qui pourraient sauver une vie. Voilà, dit-il en laissant tomber le mouchoir imbibé de sang au sol.
Il rangea sa baguette, mais avant de pouvoir faire un autre geste, il se fit arrêter par le blessé.
- Pourquoi la ranger ? N'avez-vous pas dit que vous alliez refermer ma blessure.
- Je l'ai dit, sourit Harry. Seulement, je n'aurais aucunement besoin de ma baguette pour cela.
Sans plus tarder, il leva ses deux mains devant la plaie et récita une formule dans une langue totalement inconnue du jeune blessé qui fut ébloui par la magie qui sortait peu à peu des mains de son guérisseur. Elle était douce, apaisante et fort puissante. Étonnamment, il sentit sa magie réagir à la sienne. Il la sentit ronronner au fond de lui, alors que la magie de l'autre sorcier venait caresser sa blessure. Petit à petit, la plaie se referma, le picotant désagréablement, avant de laisser une cicatrice boursoufflée.
Ce n'était pas joli, mais au moins sa blessure était refermée. Il était bien curieux de savoir qu'elle était ce sort. Et ce type de magie surtout.
-J'aurais bien voulu en faire plus, mais je crois que ça devrait aller désormais, dit Harry en ramenant ses mains à lui. Avez-vous des baumes cicatrisant ?
- Hum, acquiesça-t-il.
-Je vous conseille d'en passer trois fois par jour pour qu'elle cicatrise plus vite. Cependant, je crains que vous ne ressentiez de petits tiraillements désagréables pendant quelques jours
Le jeune homme regarda la cicatrice boursoufflée, avant de lever un regard toujours aussi curieux, mais également empreint de questionnements et de reconnaissance.
- Ça va aller ? Demanda Harry doucement.
- Oui.
Harry reprit sa baguette et transforma le tissu qui avait servit de nettoyer la plaie en un pansement pour recouvrir la blessure.
-Tenez ! Mettez cela.
Le blessé prit le pansement et le mit sur sa blessure.
-Pourquoi vous ne vous êtes pas défendu. Vous auriez pu ? Qu'avez-vous fait pour mériter un tel traitement ?
- Cela ne vous regarde en rien, répondit froidement l'autre sorcier. Ce n'est pas parce que vous m'avez soigné que cela vous donne le droit d'épancher votre fichue curiosité.
-Je vois. Désolé. Je ne voulais certainement pas vous offenser, dit Harry en levant les mains en l'aire. Je suis simplement horrifié par ce qu'il s'est passé et par le fait que personne n'ait bougé le petit doigt face à tant de violence.
L'autre ne répondit pas, préférant plutôt se relever sous les yeux soucieux d'Harry qui se leva à son tour.
- Comme moi vous les avez entendu, finit-il par dire. Je ne mérite même pas leur pitié. Après tout je…, continua-t-il avant de se taire subitement.
Il allait dire parce qu'il n'était qu'un sale mangemort qui méritait toute cette haine. Tout ce mépris pour sa personne. Mais il n'était pas un mangemort. Il n'était que le petit-fils d'un des mangemorts qui fût le plus craint de son époque. Assurément le pire de tous.
Évidemment qu'Harry avait entendu le mépris des autres sorciers au sujet du plus jeune. Comme il les avait entendu l'insulter et le traiter de mangemort. Mais honnêtement il avait dû mal à croire que celui-ci en soit vraiment un. Il dirait plutôt qu'il était né dans la mauvaise famille. Qu'il n'était qu'un de ses sorciers rejetés et méprisés par leur communauté parce qu'il portait le nom d'un des sbires du plus grand mage noir qui avait sévit il y a plus de vingt cinq ans en Europe et plus particulièrement en Grande-Bretagne. Harry était curieux de savoir de quelle famille il descendait.
- Peu importe, se reprit le blessé. Il est temps pour moi de me retirer. Et vous devriez en faire autant. Ce n'est pas un endroit pour un sorcier aussi important que vous, dit-il en commençant à s'éloigner
- Attendez ! ahana Harry. Je peux savoir au moins votre nom ? Osa-t-il demander.
Il jeta un regard voilé par la honte, la peur et la douleur à Harry qui sentit son estomac se retourner face à tant de détresse. Il n'aimait pas du tout ce regard dans ces beaux yeux bleus.
-Je préfère me taire à ce sujet, lui dit-il, avant de se détourner de lui et de disparaître au coin de la rue.
Hors de question de lui révéler qui il était si c'était pour qu'ensuite il le regarde avec le même dégoût et la même haine que ses comparses.
Il préférait nettement partir, avec en tête ces magnifiques émeraudes empreintes de bienveillance à son égard.
À suivre...
Voilà pour ce chapitre. J'espère vraiment qu'il vous a plu.
Alors, à votre avis, qui est ce jeune sorcier aux yeux bleus qu'Harry a aidé ?
Merci de m'avoir lu.
À bientôt !
Que la folie Byak' & Sha' soit avec vous ! :D
Review !
