Disclaimer : le monde HP et ses personnages appartiennent à JKR, référence à l'unviers de la série Charmed et l'idée de romance et drame familiale sont inspiré du film Boolywood "La famille indienne". Vous êtes prévenu !

Rating : M+

Pairing : HP/TMR et autres couples.

Genre : Slash Yaoi, Drame familial, Romance, UA avec magie

Bêta-lecteur : Byakkance ( Coeur sur toi )

Personnages OOC


Merci à tous ceux qui me suivent dans cette aventure.

J'espère vraiment qu'elle vous plaît. Parce qu'à moi, ça me plaît beaucoup de l'écrire et de la partager avec vous.

Je vous souhaite une bonne lecture...


PARTIE I


CHAPITRE 6

Mi-janvier 1998

- Tom ! C'est toi ?, demanda une voix cassée au loin.

- Oui, répondit le dénommé Tom en s'avançant vers le petit salon éclairé de quelques lampes.

L'oncle de Tom se redressa du vieux canapé sur lequel il s'était reposé durant une bonne partie de l'après-midi. Doucement, il se leva pour aller l'accueillir. Mais alors qu'il allait à nouveau s'exprimer, ses yeux s'écarquillèrent en voyant la chemise blanche de son neveu tachée de sang. Ce dernier grimaça devant la mine horrifiée qu'afficha son oncle. Il avait complètement oublié l'état inquiétant de sa chemise. Il aurait dû penser à la cacher avec sa cape avant que son oncle ne puisse la voir.

- Par Merlin, Tom !, s'affola son oncle. Qu'est-ce qu'il t'est arrivé encore ?!, s'égosilla-t-il.

- Ce n'est rien..., souffla Tom en détournant ses yeux du regard inquiet de son oncle.

Il détestait le mettre dans un tel état d'inquiétude. Cela n'était pas compatible avec sa santé de plus en plus fragile.

- Ce n'est rien, répéta Tom d'une voix morne. Un simple malentendu.

- Ça ? Un simple malentendu ? Me prendrais-tu pour un idiot. Dis-moi ce qu'il t'est arrivé.

- Ça va, j'ai dit !, gronda férocement ce dernier avant de s'en vouloir en voyant le mouvement de recul de son oncle. Écoute… je vais bien. Maintenant... je vais me doucher, reprit-il plus doucement, avant de se détourner de son oncle.

Il était hors de question de lui raconter ce qu'il s'était passé plus tôt. Il en avait bien trop honte. Et puis, il ne voulait pas lui créer plus de souci.

- Tom ! l'arrêta son oncle.

- Je n'ai plus de travail, dit simplement Tom de dos à son oncle. Je suis désolé. Mais ne t'inquiète pas… Je vais trouver autre chose qui payera bien mieux que ce misérable pub, finit-il par dire avant de s'éclipser sous les yeux tristes de son oncle.

Tom Marvolo Riddle vivait depuis sa naissance avec son oncle Morfin Gaunt, le frère de sa mère, morte en couche.

À la mort de sa mère, quelques minutes après lui avoir donné naissance et n'ayant pas d'autre famille que le frère de cette dernière, il avait été entendu qu'il irait vivre avec lui. Morfin ne regrettait pas d'avoir pris sous son aile le fils de sa sœur. Cet enfant désiré par l'un des parents mais rejeté par l'autre.

Certes, il n'avait jamais été très proche de sa sœur, mais jamais il n'aurait laissé un membre de sa famille finir seul et abandonné. Même si ce dernier était né d'une relation malsaine. Puis étant seul, avoir quelqu'un à aimer comme il l'entendait, était libérateur. Même après l'emprisonnement de son père et la disgrâce dans laquelle sa famille était tombée suite à cela, il lui avait été juste impensable de laisser cet enfant seul, sans famille. Cet enfant qui n'avait rien demandé, mais qui aujourd'hui payait pour les crimes commis par l'un des siens.

Morfin et Mérope, la mère de Tom, étaient les enfants d'Elvis Gaunt. Le bras droit du plus grand mage noir de leur époque, Gellert Grindelwald. Leur père fut alors un Mangemort. Un terme définissant bien les sorciers et sorcières ralliés à la cause du mage noir. Et comme beaucoup d'entre eux, il avait sévi dans toute l'Europe, mais plus particulièrement en Grande-Bretagne. Il avait fait des choses d'une monstruosité sans précédent. Comme ses compagnons, il avait meurtris leur pays. Et malheureusement, comme beaucoup d'enfants de mangemort, Morfin et Mérope avaient payé pour les atrocités de leur propre père.

Au grand dam d'Elvis, son fils Morfin n'avait jamais voulu devenir un mangemort. Plutôt mourir que de devenir le chien d'un homme fou et se mettre à dos toute la communauté sorcière, avait rétorqué Morfin lorsque son père lui en avait fait la demande.

Bien malheureusement le statut de son père auprès de Grindelwald ne l'avait pas épargné. Ni lui, ni sa sœur, d'ailleurs.

Ayant toujours été un enfant solitaire, mais rêveur, en grandissait il avait fini par comprendre comment fonctionnait le monde. Il y avait les gentils, les méchants et les personnes neutres. Surtout lorsqu'il était question d'une guerre. Morfin, lui, s'était tout de suite mis dans la catégorie des personnes neutres. La guerre, le pouvoir, la souffrance tout cela, ne l'avait jamais attiré. Voilà pourquoi, il n'avait jamais voulu être un des sbires de Grindelwald. Être marqué et faire du mal aux autres.… non, cela avait été hors de question pour Morfin. Alors tout en s'opposant à son père, il était resté loin de ça. À la grande horreur et déception de ce dernier qui, pour soulager sa colère d'avoir un fils qui ne répondait pas à ses exigences, l'avait enfermé dans les cachots des mois durant, en gage de punition. Avant de s'en prendre ensuite à sa pauvre sœur. Pourquoi ? D'une part parce qu'elle était une cracmole de naissance, et que d'autre part, elle n'était alors à ses yeux qu'une bonne à rien, ne lui servant pas plus que son minable de fils.

Elvis Gaunt avait maudit sa défunte femme pour lui avoir donné deux incapables comme enfants.

Une bonne partie de leur vie, Morfin et Mérope avaient subi le courroux de leur père. Du moins, beaucoup plus Mérope que lui. Leur supplice avait prit fin lorsque leur père fût arrêté quelques mois après la fin de la guerre. Cependant cela ne les avait aucunement libéré, voire sauvé. Au contraire, ils devinrent des « rebuts » de la société à cause de la postion de leur père durant la guerre. Ils payèrent pour les crimes de leur paternel au nom d'un mage noir illuminé. À cause de cet homme, ils avaient tout perdu.

Pour survivre, ils avaient dû passer par des épreuves plus difficiles et horribles les unes que les autres. Mais sans jamais perdre leur fierté. Du moins, concernant Morfin. Quant à sa sœur, cela avait été autre chose après qu'elle ait quitté le monde sorcier pour se réfugier chez les moldus.

Pensant qu'elle s'en sortirait mieux chez les moldus, sa vie fut tout aussi misérable et sombre. Encore aujourd'hui, Morfin ne comprenait pas les choix de sa sœur. Elle aurait pu rester avec lui, il ne l'aurait pas renié. Au contraire, il l'aurait aidé du mieux qu'il aurait pu. Mais elle avait refusé. Alors il ne l'avait pas retenu.

La seule chose qu'il lui pardonnait c'était d'avoir donné naissance à un garçon comme Tom. Bien que celui-ci soit né d'une relation illégitime. D'une relation non consentie. Mais faisant fi de cela, Morfin l'avait élevé comme son fils et avait tout fait pour lui apporter ce que lui plus jeune n'avait jamais reçu de ses parents. De l'amour, du respect, de la tendresse et une bonne éducation.

Prendre la garde de Tom à la mort de sa mère, avait été une évidence pour lui. Pour rien au monde il n'aurait voulu qu'il termine dans un orphelinat sordide du pays, finissant par devenir quelqu'un de mauvais plus tard. Il avait fait son possible pour subvenir à ses besoins et lui donner une bonne vie, même si cela lui avait été difficile et l'était encore alors que lui-même était raillé et humilié par la population. Tout simplement parce qu'il était le fils d'Elvis Gaunt.

Si Morfin avait vécu toute sa vie avec la haine des autres sorciers, en prenant Tom sous sa garde, il avait voulu lui épargner toutes ses injustices. Malheureusement, l'enfant avait bien vite été pointé du doigt, insulté et renié dès son plus jeune âge. Après tout, il était le fils d'une cracmol qui avait ensorcelé un pauvre moldu et le petit-fils d'un des plus grands criminels de leur histoire : un traître à son pays et bras droit de Gellert Grindelwald.

Jusqu'à aujourd'hui Morfin avait réussi à vivre avec ce lourd fardeau, tout en ayant encore la force de faire face aux regards des autres. Cependant, cela avait été difficile pour lui de voir Tom être victime du rejet, du dégoût et de la haine de la communauté sorcière. Difficile lorsque Tom avait enfin réalisé pourquoi il n'avait jamais eu d'amis. Pourquoi il était rejeté de la sorte. Cela avait été des coups durs à encaisser. Et pour ces raisons, et comme son oncle avant lui, il était devenu un rebut de la communauté magique d'Angleterre.

Évidemment, au fil du temps, Tom s'était mis à haïr en retour ces mêmes personnes que lui-même répugnait.

Combien de fois n'avait-il pas ressenti cette fureur envers eux, au point de vouloir faire un massacre ? Combien de fois n'avait-il pas eu cette sordide envie de tuer tous ces sorciers qui le pointaient du doigt ? Malgré tout, grâce à la présence réconfortante de son oncle qui avait besoin de lui, et qui était là pour lui, il avait toujours réussi à réprimer ses envies meurtrières. Comme aujourd'hui, d'ailleurs, avec le patron du bar. S'il ne s'était pas retenu, il se serait jeté à son horrible gorge pour la broyer à mains nues. Pareil pour celui qui était la réelle cause de son renvoi.

Depuis trois mois, il travaillait dans ce bar afin de gagner de l'argent qui lui permettrait d'acheter de quoi les nourrir. Mais surtout d'acheter les ingrédients nécessaires à la fabrication de potions et remèdes pour son oncle Morfin qui était en proie à de violents et douloureux spasmes musculaires depuis qu'il avait contracter la sclérose, il y avait déjà près de dix ans de cela. Cette maladie était extrêmement rare chez les sorciers mais malheureusement trop présente chez les moldus. Cependant, ayant une magie faible et fragile, Morfin, comme les cracmols, était beaucoup plus vulnérables et exposés aux maladies moldues.

Tom ne le montrait pas mais il était terriblement inquiet pour son oncle. Il le considérait comme un père. Et c'était sa seule famille. Il ne voulait pas le perdre alors il faisait tout pour l'aider et le soigner au mieux. Et d'après le dernier médecin, un cracmol qui avait accepté de l'ausculter en échange d'un pot-de-vin, si son oncle ne prenait pas régulièrement les remèdes jusqu'à trouver la solution miracle à son état, il risquerait de perdre toute sa motricité. Pire, de mourir. Voilà pourquoi Tom, après le collège, n'avait pas pu continuer ses études. Il devait veiller sur son oncle. Et puis de toute façon, cela n'avait pas été dérangeant puisqu'aucune école n'avait voulu de lui après le collège. Tout simplement parce qu'il était qu'un sang-mêlé pauvre, mais surtout était le petit-fils d'un mangemort. Il était lui-même considéré comme mangemort d'ailleurs, alors qu'à cet époque sombre il n'était même pas encore né. Mais cela, la communauté sorcière s'en fichait. Il leur fallait des boucs émissaires sur lesquels elle pouvait rejeter tous les maux vécus lors de la grande guerre qui avait profondément touché toute l'Europe.

En prenant le nom moldu de son père, il avait pensé que cela le mettrait à l'abri de toutes accusations. Bien mal lui en prit ! Cela avait bien plus empiré les choses. En plus de le traiter de mangemort, il était devenu une abomination. Une chose qui n'aurait jamais dû voir le jour. Un enfant né d'une relation malsaine et non consentie.

Il était mangemort à cause de son grand-père et un monstre à cause de sa mère. Toutes ces insultes l'avaient profondément touché étant plus jeune. Meurtrissant son petit cœur d'enfant. Sa vie n'avait alors connu que cela : brimades, insultes et rejets.

En grandissant, Tom avait vu ses rêves s'effriter, puis disparaître. Il s'était alors fermer au monde, encaissant chaque jour un peu plus les regards, les insultes et la violence. Mais jusqu'à quand pourrait-il tenir ? Telle était la question qui se posait en boucle. Honnêtement, il n'en pouvait plus de cette vie misérable. Il aspirait à tellement mieux pour lui et pour son oncle qui ne méritait pas toute cette injustice.

Parfois, il priait pour qu'un jour un miracle les sauve ou simplement que quelqu'un leur tende enfin une main bienveillante. Mais il savait que cela ne leur serait jamais accordé. Qui voudrait leur venir en aide ? Qui voudrait les comprendre et les voir tel qu'ils étaient et non pas comme ceux que tout le monde dépeignait ?

Personnellement, à d'autres moments, Tom se disait juste qu'ils avaient raisons. Qu'il aurait mieux fait de ne jamais naître, avant de maudire sa mère et son grand-père pour lui faire endurer toutes ses épreuves.

Évidemment, il n'oubliait pas son moldu de père qui aurait pu lui tendre cette main. Mais non. Comme les autres, il l'avait rejeté parce qu'il était le fruit d'un amour factice. Lorsqu'il s'était présenté à lui, son père avait vu en lui le mal incarné et lui avait claqué la porte au nez. Il avait quinze ans. Ce fut la seule fois où il avait rencontré son père biologique. La seule fois où il avait été prêt à tuer quelqu'un pour de bon. Mais Morfin, qui était resté en retrait l'avait stoppé et consolé. Il n'aurait pas supporté que son neveu ait du sang sur les mains et que son âme se déchire par un tel acte.

Puis un jour son père avait payé pour l'avoir renié.

Il se souviendrait toute sa vie lorsque son oncle était venu le retrouver pour lui annoncer la mort de son père. Ce jour là, il avait accueilli cette nouvelle comme un cadeau. Il avait vu cela comme une maigre compensation après toutes les épreuves qu'il avait traversé.

Son paternel était mort, certes, mais sa vie, elle, elle n'avait pas changé pour le mieux. Comme beaucoup d'autres sorciers dans les mêmes conditions que lui, il était fiché et malmené. Il n'était qu'un pauvre sorcier potentiellement dangereux et infréquentable, sans la moindre valeur. Aux yeux de leur communauté, ils n'étaient pas mieux que les moldus.

Et pourtant, jamais il ne pourrait nier avoir envié ses camarades au collège. Ceux qui venaient d'une famille des plus respectables. Ceux qui avaient un nom. Une place dans la société sorcière. Oui, Tom avait envié leur chance, leur quotidien, leur richesse. Leur vie tout simplement.

Il n'en voulait pas à son oncle qui avait fait son possible pour l'élever dans de bonnes conditions. Bien sûr cela n'avait pas été facile. Et malgré leur pauvreté, Tom devait avouer qu'il n'avait jamais vraiment manqué de rien, Morfin faisant tout son possible pour subvenir à ses besoins.

En arrivant dans sa chambre, il claqua la porte et commença à se déshabiller. Une fois nu, il jeta un regard à sa blessure et constata que le sort inconnu que lui avait jeté le jeune aristocrate était efficace. Bon, pour le moment ce n'était pas beau à voir. La blessure, bien que refermée, était toute boursoufflée. Mais en passant un baume dessus trois fois par jour comme le lui avait conseillé l'autre sorcier, il n'aurait qu'une simple cicatrice. Ce ne serait pas la première de toute façon. Son corps était marqué par endroit par des cicatrices dues à d'autres attaques sur sa personne.

Il se rendit vers une petite commode où il prit un petit pot de crème qu'il posa sur son lit. Peut-être valait-il mieux qu'il prenne un bain, avant d'envisager mettre de la crème sur la boursoufflure.

Il peinait à comprendre pourquoi cet aristocrate avait prit le soin de le soigner, alors qu'il avait été témoin des insultes dites sur son compte. Il aurait dû se méfier et battre en retraite. Le laissant ainsi à son triste sort. Après tout, c'était tout ce qu'il méritait. Non ? Pourtant, ce dernier lui avait tendu la main, faisant fi des on dits. Pour instant, il lui avait tendu cette fameuse main dont il ne croyait plus. Il était encore à la fois surpris et perdu par ce geste. Mais au fond de lui, Tom le remerciait de l'avoir fait.

Évidemment, personne avant cet homme ne lui avait porté une telle attention. Maintenant, il devait bien avoué que cela l'avait particulièrement touché. Même s'il en avait montré le contraire.

Franchement, sans ce jeune aristocrate dans les parages, il se serait vidé de son sang au plein milieu d'une misérable rue de l'Allée des Embrumes. Clairement, si une petite part de son esprit avait déjà envisagé d'en finir, la plus grosse voulait s'accrocher à la vie. Car, malgré tout, il espérait. Il voulait croire que peut-être un jour, il aurait la chance de se sortir de cette vie misérable. Ou qu'un miracle surgisse soudainement, le libérant de cette vie qu'on lui avait imposé.

Qui sait !

Enfin… pour en revenir à ce qu'il s'était passé avec le patron du bar. Heureusement pour lui qu'il voulait éviter les problèmes à tout prix. Autrement, même sans sa précieuse baguette qu'il n'avait plus sur lui pour encore un moment, il lui aurait montré à ce gros lard de quoi il était vraiment capable. Oui, sans hésitation il se serait vengé pour avoir osé le blesser et le jeter comme un rat dehors.

Encore une fois il avait subi une humiliation. L'humiliation de trop. Et sa magie l'avait ressenti. Elle s'en était elle-même rendu compte et avait voulu le venger. Mais comme sa fureur, il l'avait retenu parce qu'un seul faux pas de sa part, et c'était la prison. Et puis, il avait déjà assez de problèmes pour en rajouter d'autres.

En acceptant ce travail dégradant, Tom avait dû se résoudre à accepter toutes les règles et tâches ingrates listées par le gérant du pub. D'obéir à toutes les exigences des clients. Même celles à connotation sexuelle. S'il voulait le travail, il n'avait pas eu le choix. Et comme c'était déjà une maigre chance que quelqu'un le prenne, alors il avait tout accepté.

Évidemment, ces foutus règles l'avaient mis hors de lui, mais ayant vraiment besoin d'argent, il avait signé le contrat.

S'il avait dû endurer les insultes et les bousculades, heureusement il ne s'était jamais fait sexuellement agresser. Bien sûr, il ne niait pas avoir reçu des attouchements. Mais cela n'avait pas dépassé le stade d'une telle agression, voire pire, d'un viol. Sauf aujourd'hui où l'ingrat qui l'avait violenté était allé trop loin. Même pour une grosse somme d'argent, jamais il ne s'abaisserait à faire une telle chose que donner son corps, comme le faisait sa mère de son vivant.

Sous les moqueries des autres clients, son agresseur était allé jusqu'à le prendre de force sur ses genoux, avant de glisser une main dans son pantalon, touchant son sexe et plus encore. Tom avait immédiatement réagi avec violence. Il avait prit le premier truc qui lui tombait sous la main. Ce fut une chope de bière qu'il avait littéralement balancé sur le visage même de son assaillant. Son attaque avait rameuté tous les clients, sans oublier le gérant du pub. En rage, ce dernier lui avait lancé un sort de découpe qui l'avait profondément blessé.

Maintenant, à cause du gros porc qui avait osé le tripoter avec ses immondes mains, il avait perdu le seul revenu de leur foyer. Dans un autre contexte, il s'en serait voulu. Mais là, ça avait été là goutte de trop. Il avait vraiment pris sur lui en travaillant dans ce misérable pub.

Heureusement qu'il lui restait une petite économie sous l'oreiller. Néanmoins, cela n'allait pas les faire tenir plus de deux mois. Il fallait impérativement qu'il trouve un autre job et vite. Mais où ? Telle était la question.

Avant d'accepter de travailler au pub des Allée des Embrumes, il avait déjà demandé à tant d'endroits. Et pour la plupart, ça avait été, soit un non catégorique, un non doublé d'un sort ou un oui mais payé une misère, tout en l'exploitant au possible. Et ces gens-là se faisaient vraiment rares.

Franchement, Tom ne supportait plus cette vie. Il n'en pouvait plus de cette situation. S'il parvenait à garder la tête hors de l'eau, c'était encore et toujours grâce à son oncle. Il n'avait pas le droit de le laisser tomber alors qu'il avait tant fait pour lui jusque là.

Pourtant aujourd'hui, il se sentait las et même faible. Encore plus en n'ayant pas sa baguette sur lui depuis trois mois. Elle lui avait été confisquée suite à une descente des Aurors dans le même pub qui venait de le virer.

Il y a un mois de cela, une bagarre générale avait éclaté au sein de l'établissement. Pour tenter de calmer le jeu, Tom avait jeté quelques sorts à certains trouble-fêtes. Que n'avait-il pas fait ! Il aurait dû les laisser s'entretuer. Jamais il n'aurait dû intervenir ou s'interposer. Pourtant il le savait ! Malheureusement, à force de se recevoir des sorts perdus, jetés à l'aveuglette par quelques idiots, il en avait eu marre et avait réagi. Son intervention n'était pas passée inaperçue et, bien sûr, n'avait pas du tout été appréciée. La situation s'était alors retournée contre lui lorsque les mêmes trouble-fêtes l'avaient pointé du doigt devant les Aurors. Sidéré, Tom s'était défendu comme il avait pu, mais les raclures qu'étaient les Aurors ne l'avaient pas écouté. Disant que c'était un délit de sa part d'avoir jeter des sorts, aussi minimes soient-ils, ils lui avaient confisqué sa baguette. En réalité, Tom se souvenait bien les avoir vu vivement réagir au moment même où il avait été obligé de s'identifier. Alors comme peine, et avec l'accord du Ministre, ils avaient embarqué sa baguette et lui avait donné une amande de cinq galions. Pourquoi se gêner ? Surtout lorsqu'il était question d'un membre venant d'une famille de mage noir comme la sienne.

Pour sa baguette, la peine était de quatre mois. Trois mois s'étaient déjà écoulés. Dans quelques semaines, il pourrait enfin la récupérer. Il ferait plus attention les prochaines fois et on ne l'y prendrait plus. Quitte à se faire totalement oublier.

Pour ce qui était de retrouver un travail, peut-être était-ce mieux de chercher du côté moldu. Il aurait sûrement plus de chance de trouver quelque chose de décent et qui payait bien. Évidemment l'idée de se trouver au milieu de moldus ne l'enchantait guère. Mais franchement il n'avait plus trop le choix. Et puis, au moins là-bas, personne ne le connaissait. Il ne serait alors pas rabaissé et insulté à tout bout de champ.

Se passant une main lasse dans ces cheveux, il sortit de sa petite chambre, se dirigeant dans la salle d'eau pour se rincer. Il en avait sacrément besoin. Il avait l'horrible impression de sentir encore les mains grasses de la raclure qui avait osé le tripoter. Il fallait qu'il se lave pour se sentir propre. Pour se sentir mieux

Grimaçant de dégoût, il remplit à rat bord la baignoire qui se trouvait au centre de la petite pièce. Lorsque la bain fut prêt, il se glissa dedans et soupira d'aise en sentant l'eau chaude venir embrasser son corps pâle. Doucement, il ferma les yeux, et sans qu'il s'y attende un regard vert émeraude apparut derrière ses paupières closes.

Magnifique, envoûtant, intriguant et captivant.

Tant de choses à la fois.

Il n'arrivait toujours pas à comprendre comment un tel personnage avait-il pu l'approcher d'aussi près et le soigner sans se poser trop de questions. Et puis chose surprenante, il avait vraiment senti de sa part une aura bienveillante à son égard. Cela l'avait étourdi. Et ce fut d'ailleurs pour cela qu'il avait fini par baisser sa garde et le laisser lui prodiguer des premiers soins.

Il baissa le regard vers sa blessure, avant d'y passer sa main. Ce n'était pas très agréable à sentir sous les doigts. Mais grâce au baume, dans une semaine il n'aurait qu'une fine cicatrice. Une de plus parmi celles déjà inscrites sur sa peau.

Se souvenant de la façon dont le sorcier s'y était pris pour le soigner, il était curieux de savoir quel était ce type de magie. Il avait ressenti une chaleur douce et reposante lorsque la magie du sorcier était entrée en contact avec lui. Il n'avait jamais ressenti cela. Et il devait bien avouer que cela lui avait été très agréable.

Son esprit tourbillonnait de questions. Qui était ce jeune homme si élégant et si beau ? Pourquoi se trouvait-il dans ce quartier si malfamé et peu recommandable pour un sorcier de son rang ? Pourquoi lui avait-il porté secours ?

Oh bien sûr, il avait fait part de la raison pour laquelle il l'avait soigné. Mais si Tom en était encore fort surpris, il était tout aussi sceptique et confus.

Soufflant, il se concentra sur son petit moment de détente et profita un peu plus de l'eau, plongeant son corps tout entier au fond de la baignoire avant de remonter tout de suite après. Sa main rejeta en arrière ses cheveux venus s'échouer devant ses beaux yeux d'un bleu sombre.

Une dizaine de minutes plus tard, il décida de frotter son corps, puis de le rincer, avant de sortir de la baignoire où l'eau commençait à refroidir. Se couvrant d'une serviette, il sortit de la salle d'eau pour rejoindre sa chambre. Sur son chemin, il croisa son oncle.

- Tu ne veux pas que je jette un coup d'œil à ta blessure ? Lui demanda Morfin, en louchant dessus.

- Pas la peine. Elle a déjà été soignée, dit Tom la cachant de sa serviette, avant de se diriger vers sa chambre

- Par qui ? Demanda son oncle les sourcils froncés et aussi surpris que quelqu'un ait bien voulu porter secours à son neveu.

Il aimerait bien savoir qui était cette personne.

- Cela n'a pas d'importance, répondit simplement Tom avec douceur avant de pénétrer dans son antre et de s'y enfermer.

Il s'adossa à la porte et souffla.

Il s'en voulait de le laisser dans l'ignorance et surtout d'avoir perdu son travail. C'était pour cette raison qu'il se montrait soudainement si distant avec son oncle alors qu'habituellement il lui racontait tout. Il avait tellement honte de ce qu'il s'était passé plus tôt, qu'il ne voulait pas l'en informer. Mais ne pas lui dire qui l'avait soigné, était surprenant. Pourquoi le cacher. Évidemment, Morfin serait surpris d'apprendre qu'un sorcier de la haute l'avait aidé. Même lui, il avait encore du mal à gérer l'information. Et pourtant, cela s'était réellement passé. Un bel aristocrate lui avait tendu une main.

Oui, c'était exactement ce qu'il avait fait. Lui qui pensait ne jamais recevoir un tel geste et assurément pas d'un sorcier de son rang, il avait bien reçu une main tendue., même pour quelques instants.

Il ne savait pas pourquoi ce jeune homme était présent dans ce quartier. Peut être était-il venu pour chercher quelque chose en particulier. Quelque chose que seul un marchand de l'Allée des Embrumes pouvait lui apporter. Bref, cela ne le concernait pas. Ce qu'il retenait était que ce dernier l'avait aidé, faisant fi de ce qu'il avait entendu sur lui. Et il lui en était redevable et profondément reconnaissant.

De toute façon, cela ne servait à rien de trop penser à ce sorcier. C'était peu probable qu'il recroise sa route un jour.

Alors chassant ses pensées, il finit de se sécher, avant de prendre des vêtements propres pour la nuit.

Pourtant, quelque chose au plus profond de lui, voulait à nouveau rencontrer ce regard trop vert.

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Février 1998

Qu'est-ce qu'il fichait ici ? Dans le Londres moldu ! Jamais il n'aurait cru tomber si bas. À devoir trouver du travail parmi ces créatures qu'il trouvait insignifiantes.

Lui qui avait fait tout son possible pour se démarquer de sa famille maudite. Montrer à tous qu'il était différent et qu'ils pouvaient lui faire confiance. Ou au moins le tolérer. Il avait cru qu'en devenant le meilleur élève de Poudlard et prouver sa bonne foi, il ne serait pas jugé. Il avait pensé que cela le démarquerait des autres et prouverait qu'il n'était pas un incapable ou un mangemort et qu'il était prêt à s'investir dans la communauté sorcière.

Mais voilà, ses rêves s'étaient envolés quand sa propre communauté lui avait tourné le dos pour être affilié à un mangemort reconnu.

Comme il pouvait haïr le nom de cet homme qu'il ne portait même pas ! Il détestait son grand-père pour leur avoir laissé une telle image. Un tel héritage à porter. Si lourd. Trop lourd.

Il s'était demandé pourquoi le père de son oncle avait ainsi sali son nom et son rang pour suivre un fou furieux dans son entreprise. Un fou qui voulait asservir autant les créatures magiques que les moldus. Un fou qui prônait la pureté du sang.

Pureté du sang ! Quelle idiotie.

Ayant étudié auprès de sang-mêlés et de nés-moldus, il pouvait dire que le sang ne jouait pas du tout sur leurs qualités en tant que sorcier. Certains s'étaient même révélés meilleur sorcier que des sangs-purs. À leur grande honte d'ailleurs. Lui-même avait été meilleur qu'eux et cela n'avait pas plu à certains.

En revanche, en toute honnêteté mais surtout en cachette, Tom s'était penché sur l'histoire de la guerre qu'avait déclenché Gellert Grindewald. Honteusement, il avait été curieux de voir sur quoi reposaient toutes ses idées et pourquoi les imposer, et surtout dans quelles conditions. Il en avait été autant horrifié que fasciné. Certaines de ses idées n'étaient pas idiotes. Il s'était même mis à penser que lui aurait agis d'une tout autre manière, avant de se reprendre et de laisser de côté ses recherches. Recherches dont il avait apporté, un peu trop à son goût, un très grand intérêt. Dériver sur cette voie-là ne lui aurait rien apporté de bon. Et puis s'étant promis de se tenir loin de tous ces idéaux puritains, il avait délaissé ses recherches et s'était à nouveau concentrer sur lui-même et sur son oncle.

Tout cela résumait à quel point sa vie était loin d'être ce qu'il avait imaginé plus jeune, avant d'être confronté à tant de difficultés. Difficultés qui le menait ici, devant une librairie moldu afin d'y être embauché, parce qu'il avait besoin d'argent. Parce qu'il avait besoin de vivre.

Se composant un visage plus ou moins avenant, il entra dans la fameuse librairie et alla se présenter à l'homme qui se trouvait dans l'un des rayons.

S'abaisser à se mélanger aux moldus. À travailler avec eux et pour eux. Que ne devait-il pas faire pour leur survie, à son oncle et à lui.

o00oo00o

Voilà voilà pour ce chapitre.

Honnêtement, j'espère qu'il vous a plu.

Petit rappel important : Je sais que le personnage de Tom est vraiment différent du canon original et que cela peu rebuter certains/certaines d'entre vous. Mais pour le bien de l'histoire, je rappelle que beaucoup de personnages sont OOC, dont Tom. Et il n'en sera pas autrement. Désolé pour ceux qui aiment le Tom de JKR. Le mien est et sera toujours différent. Je pense que certains ont pu le constater dans mes différents écrits.

En tout cas, j'espère que cela ne vous empêchera pas de continuer à me lire et à apprécier :).

Merci à vous et je vous dis à la prochaine,

Que la folie Byak' & Sha' soit avec vous !

Review !