Disclaimer : le monde HP et ses personnages appartiennent à JKR, référence à l'unviers de la série Charmed et l'idée de romance et drame familiale sont inspiré du film Boolywood "La famille indienne". Vous êtes prévenu !

Rating : M+

Pairing : HP/TMR et autres couples.

Genre : Slash Yaoi, Drame familial, Romance, UA avec magie

Bêta-lecteur : Byakkance ( Coeur sur toi )

Personnages OOC

Parole en italique : fourchelangue


ATTENTION : Ce chapitre n'est pas du tout corrigé par mon bêta. Il se peut qu'il reste encore des fautes, alors même que j'ai passé la semaine à me relire et à modifier ce qui n'allait pas. Alors toutes mes excuses si vous rencontrez des fautes de temps, de grammaires ou d'orthographes. Ça arrive même au meilleur d'entre nous.

Sur ce...bonne lecture...


PARTIE I


CHAPITRE 7

Février 1998

Assis derrière son bureau, Harry tenta vainement de se concentrer sur les documents que son père lui avait remis un peu plus tôt. Quelques dossiers qui traitaient des projets que le Département de contrôle et régulation des créatures magiques envisageait de faire valider par le conseil et le ministre.

Dean Anderson, le directeur de ce département, avait demandé à son père, faisant aussi parti du conseil, de l'aviser sur ses projets avant de les proposer au ministre. Après avoir jeté un coup d'œil et s'être fait un avis, Lucius l'avait sollicité pour qu'il puisse à son tour donner un avis plus subjectif sur ces mêmes projets que le département prévoyait pour le futur.

D'après sa première lecture, il se rendit compte que ce n'était que des projets de réforme. Pourquoi pas ! Bien que certains le laissent sceptique. Certains départements du Ministère avaient besoin de changement, mais il ne fallait absolument pas en faire trop, comme pas assez. Pour Harry, ces projets devaient avantagés – au moins un minimum - les concernés, soit les créatures magiques. Ce qui n'était pas vraiment le cas.

Prenant un autre document en main, il se mit à le survoler avant d'être brusquement coupé par le souvenir de son sauvetage envers ce jeune homme dans l'Allée des Embrumes. Visiblement, il n'arrivait pas oublier cet épisode.

Ce n'était pas la première fois que cela lui arrivait, d'être soudainement envahi par le souvenir de sa rencontre avec ce mystérieux sorcier. Son esprit avait du mal à se détacher de ce qui s'était passé ce jour-là. Pourtant, à maintes reprises, il avait essayé de se concentrer sur des choses importantes. Mais rien à faire. Son esprit restait bloqué sur cet événement qu'il jugeait à la fois horrible et traumatisant pour lui comme pour la victime.

Depuis plus d'une semaine déjà, il ne cessait de penser à lui, tout en se demandant comment l'autre sorcier se portait. Si sa blessure avait bien cicatrisé. Et surtout il se demandait si moralement il tenait le coup. Harry ne doutait aucunement quant au fait que ce pauvre sorcier devait avoir une vie bien difficile. Il se souvenait encore des paroles acides et amers que lui avaient craché les autres sorciers. Comme il se souvenait avoir entendu certains le traiter de mangemort. Il était persuadé que celui-ci faisait malheureusement parti de ces sorciers rejetés par la société parce qu'il devait être rattaché à une famille de mage noir qui avait dû participer à la dernière guerre. Il était assurément fiché dans le Black Book. Ce qui l'emmenait à devoir jeter un coup d'œil à ce fameux livre. S'il était inscrit dans celui-ci, alors il pourrait en savoir plus sur lui, à commencer par son identité.

Harry ne pouvait nier le fait d'avoir été horrifié par la scène qui s'était déroulée sous ses yeux. Pourquoi ce jeune homme avait-il été victime d'une telle violence. Harry ne savait pas ce qu'il s'était passé dans cette taverne entre lui et le patron. Mais la violence avec laquelle ce dernier l'avait rejeté cela avait dû être grave. D'autant plus que le jeune homme avait perdu son travail d'après ce qu'il avait cru comprendre. Mais quand même. Cet homme avait-il été obligé de le blesser et de l'humilier en public. Public qui n'avait d'ailleurs rien fait pour aider la victime. Rien que d'y penser une nouvelle fois à leur attitude, suffit à lui donner un haut le cœur et à le dégouter. Il était franchement écœuré par tant d'injustice et ce manque de civisme.

Délaissant le document qu'il tenait en mains, il se laissa replonger dans le souvenir de cette journée. Et surtout au moment où il s'était retrouvé à soigner ce jeune sorcier d'à peu près son âge. Il avait essayé de tirer les vers du nez au jeune blessé mais celui-ci l'avait littéralement rembarré. Et il comprenait dans un certain sens. Après tout ils ne se connaissaient pas. De quel droit se permettait-il de se mêler de sa vie de cette façon. Cependant Harry était bien curieux de savoir si ses suppositions étaient corrects. Il voulait comprendre pourquoi ce dernier souffrait de cette situation. Connaître son histoire.

Avait-il connu toute sa vie le rejet ? La haine ? Le dégout ? Sans aucune doute possible.

La méfiance dont il avait fait preuve à son égard prouvait qu'il n'était pas habitué à recevoir ce genre d'attention d'une tierce personne. Surtout venant d'une personne de son rang à en conclure la remarque qu'il lui avait faite après l'avoir inspecté sous toutes les coutures.

S'ébouriffant les cheveux, Harry se laissa aller sur son siège. Il n'arrivait pas à se concentrer. Son esprit était en proie à de nombreuses interrogations concernant ce jeune homme au beau yeux bleus sombres et non pas sur les projets d'Anderson éparpillés devant lui.

Il ne pouvait nier que tout chez ce jeune homme l'attirait. Autant l'histoire qui se cachait derrière lui – dont il avait vraiment envie de connaitre - que cette aura de puissance qui émanait de lui. Il l'avait senti, cette magie pure. Puissante et sauvage. Douce et protectrice. Ce n'était pas un sorcier ordinaire, Harry en était persuadé. Un grand mystère entourait ce beau jeune homme et Harry avait envie de le percer. Mais pour cela, encore fallait-il qu'il puisse le revoir. S'il n'avait pas été viré de la taverne et même chasser des Allées des Embrumes, il aurait pu y aller faire un tour dans l'espoir de tomber à nouveau sur lui. Mais après ce qu'il venait de vivre, celui-ci ne risquerait pas de remettre les pieds là-bas avant un bon moment.

Jamais encore une personne ne l'avait intrigué à ce point-là. Mais quand un mystère – et sous n'importe quel forme - se présentait à lui, Harry mettait tout en œuvre pour le résoudre. Et ce jeune homme en était un, en tout point. Et peut-être qu'il y avait plus que cela.

- Jeune maître, apparut soudainement Dobby, l'elfe personnel d'Harry

- Dobby, sursauta Harry. Ne me surprend pas comme cela.

- Dobby est désolé, s'écria l'elfe horrifié. Dobby aurait dû utiliser la porte en frappant pour s'annoncer, afin de ne pas effrayer son maître. Dobby est un idiot, pleurnicha ce dernier en se tapant le front avec sa main.

- Dobby arrête ça tout de suite, dit Harry en se levant. Ce n'est pas grave, le consola-t-il, calmant ainsi le pauvre elfe. Bien ! Pourquoi es-tu venu me déranger ?

- Maître ! Le dîner vient d'être servi, dit l'elfe, ses yeux globuleux grand ouverts.

- Déjà ! Fit Harry, en regardant sa montre. Le temps passe bien vite.

- Vos parents, ainsi que votre tante Bellatrix et son époux vous attendent, lui apprit l'elfe.

- Je ne savais pas que nous recevions tante Bellatrix et son mari, dit Harry en contournant son bureau. Grand-mère n'est pas là ?

- Maîtresse a été invité chez une amie.

- Bien ! Dis leur que j'arrive tout de suite, le temps de ranger un peu tout cela, finit-il par dire en montrant son bureau en désordre.

- Bien jeune Maître, s'inclina Dobby avant de disparaître.

La dernière fois qu'il avait vu sa tante Bellatrix, accompagné de son époux, ce fut lors de son retour. Le soir même de la fête de Yule. Cette dernière n'avait pas changé. Elle possédait toujours cette belle crinière d'un noir corbeau et ondulé, cascadant avec grâce le long de son dos. Ses yeux typiquement Black, d'un bleu-gris insondable. Le visage fin et délicat, telle l'aristocrate sang-pur qu'elle était. Et bien sûr, elle était toujours un peu folle et sauvage. Mais c'est comme cela qu'on l'appréciait. Du moins, dans la famille.

Bellatrix Lestrange, née Black, était la sœur de sa mère et de sa tante Androméda Tonks. Elle était mariée à Rodolphus Lestrange depuis plus de vingt ans. Beaucoup s'était demandé pourquoi ils n'avaient jamais eu d'enfants. La raison était parce que Bella s'était découverte, comme de nombreuses femmes de la famille Black avant elle, stérile un an après son mariage avec Rodolphus. Et malgré cette nouvelle atroce qui l'avait hautement fait souffrir, son mari ne l'avait jamais abandonné. Par amour, il avait sacrifié son désir de devenir père. Il aimait tellement sa femme que peu lui importait si elle pouvait ou non lui donner un héritier. Et puis, Harry et Draco avaient parfaitement comblé ce manque. Ils les considéraient comme leurs propres fils. Ils étaient à la fois, tante et oncle, mais aussi mère et père pour les garçons.

Bien malheureusement, certaines femmes nées dans la branche principale de la famille Black étaient victimes de stérilité, ne pouvant ainsi tomber enceinte. Et d'autres le devenait à cause de nombreuses fausses couches. Narcissa avait bien failli le devenir avant la naissance de Draco. Ce fut d'ailleurs après la troisième fausses couches que Lucius avait pris la décision d'adopter, à la grande stupéfaction de toute la famille.

Certes l'adoption n'était pas interdit, mais elle n'était pas non plus très bien vu dans les familles de sang-pur. En réalité, pour beaucoup c'était un affront, voire une honte. Mais Lucius, une seule fois, rien qu'une unique fois, avait dérogé à cette règle et avait adopté un enfant. Un sang-mêlé qui plus est. Mais cet enfant – qui n'était autre qu'Harry - était plus que cela. Et peu importe ses origines, ce dernier avait été accueilli avec joie au sein de leur famille et c'était sans aucun doute la meilleure décision que Lucius ait faite de son existence en tant que Lord. Il avait rendu le sourire à sa femme qui avait commencé à dépérir suite à la perte de leur troisième enfant. Harry avait sauvé Narcissa et rendu le sourire à la famille. Rien que cela ne le faisait aucunement regretter son acte.

Puis un jour, Draco naquit.

Cela avait été une réelle surprise. Narcissa était retombée enceinte et grâce à un suivi plus approfondi, elle avait pu arriver à terme de cette grossesse. La naissance de Draco avait été un réel miracle. Un magnifique miracle. Malheureusement, sa naissance avait apporté la stérilité à sa mère. S'en doutant après la venue de Draco, cela n'avait pas attristé Narcissa, qui avait alors deux magnifiques fils.

En revanche, si le père de Lucius avait été vivant, Harry ne serait jamais apparu dans leur vie, comblant ainsi ce vide affreux. Ce dernier ne remercierait jamais assez son père de l'avoir donné la possibilité de grandir dans une famille sorcière comme la leur. Douce et aimante. Où les valeurs de la famille étaient plus importantes que tout. De l'avoir aimé et éduqué malgré son sang.

Évidemment, venant biologiquement d'une famille aussi réputée que les Malfoy – à savoir les Potter - cela y avait aussi joué. Que sa mère biologique soit une née-moldu n'avait pas du tout freiné son adoption. Après tout, Lily Potter avait été l'une des rares née-moldu à avoir été reconnu par le ministère et être acceptée dans le cercle très fermé de l'aristocratie. De par le fait qu'elle ait été une excellente sorcière mais aussi parce qu'elle avait épousé l'héritier de la famille Potter, James Potter. Héritier d'une des plus grandes et prestigieuses familles sang-pur reconnue dans toute l'Europe. Un autre enfant, n'ayant pas ses privilèges, aurait eu moins de chance et aurait fini à l'orphelinat. Cela était certain.

Rangeant d'un bon coup de baguette son bureau, Harry se dépêcha de descendre rejoindre sa famille. Son père risquerait de le disputer s'il arrivait plus en retard qu'il ne l'était déjà.

o00oo00o

- Harry te voilà enfin. Ce n'est pas bien de faire attendre ta tante préférée, s'exclama Bella en se levant de sa chaise pour venir serrer fortement Harry dans ses bras.

- Tante Bella tu m'étrangles, suffoqua-t-il en rendant tout de même son étreinte à sa tante.

- J'aime te tenir dans mes bras. Surtout que maintenant tu es devenu un bel homme, grand et fort, dit-elle en tâtant ses bras. Voilà de quoi tourner la tête à plus d'une fille, sourit-elle narquoisement.

- Sans aucun doute, dit Harry, en grimaçant intérieurement.

Il n'y avait pas que les filles dont il faisait tourner la tête, et sa tante le savait fort bien.

Comme sa mère, elle était au courant pour son penchant. En revanche, son père ne l'était pas. Et il préférait nettement qu'il ne le sache pas par une autre personne que lui.

Bella lui lançant un sourire, avant de lui prendre le bras.

- Et si vous vous installiez pour que nous puissions passer à table, intervint Lucius, d'un ton cassant.

- Lucius ! Gronda Bella. Laisse-moi accueillir mon neveu comme je l'entend. Nous avons le temps.

Ce dernier leva les yeux au ciel. Il n'était pas question qu'il entre en dispute avec Bella. Elle pouvait se transformer en vraie furie si elle était contrariée. Et bien malgré lui, Lucius ne voulait aucunement en venir à cette extrémité. Autrement, il était bon pour avoir une migraine de plus de trois jours.

Alors que sa tante se réinstalla à sa place, il salua son oncle, avant d'être tiré par sa femme.

- Viens t'installer à côté de ta tante, dit-elle en le plaçant à ses côtés, sous le sourire de Narcissa. A Yule nous n'avons pas vraiment eu le temps de bien discuter, étant donné que ta mère ne t'a pas lâché d'une semelle. Une vraie sangsue elle a été. Mais on peut la comprendre, elle avait, je pense, peur que tu disparaisses à nouveau.

- Bella, s'outra faussement sa sœur.

Bella ricana, avant de se reconcentrer sur son neveu.

- Alors racontes-nous tes voyages. Comment cela était ? As-tu fait de belles découvertes, demanda Bella tout en remplissant son assiette de délicieux mets.

- Énormément, répondit Harry, en faisant de même. Ces voyages étaient fort enrichissants. J'y ai découvert de nombreuses choses sur les différents aspects de la magie. Ce que j'ai appris est tout simplement incroyable. Lorsque vous aurez un moment, je serai ravi de vous montrer mes recherches.

- Intéressant, dit Rodolphus. Je suis curieux d'en savoir plus sur la magie.

-J'ai relaté toutes mes découvertes dans des books, dit Harry.

-Tu me montreras, sourit son oncle.

- Avec plaisir, sourit Harry, content de l'intérêt évident de son oncle vis-à-vis de ses découvertes.

Ce qui n'était pas le cas de son père. Depuis son retour, ce dernier ne lui avait pas une seule fois demandé comment s'étaient passés ses différents périples. Et ce qu'il avait appris de plus. Il avait été touché par le manque d'intérêt de son père quant à ses voyages. Malgré cela, il n'avait rien dit, rien laissé paraitre.

- Autrement ! Les interrompit Bella, As-tu rencontré de belles jeunes demoiselles ?

- Bella ! Gronda sa sœur. Ne l'embarrasse pas avec de telles questions inappropriées.

- Voyons ! Il n'y a rien d'embarrassant là-dedans, dit Bella, en glissant sa fourchette fournis dans sa bouche. Quatre ans à passer hors du pays, reprit-elle après un instant, Il a bien dû faire de belles rencontres. Ou même rencontré l'amour, sourit sournoisement sa tante en jetant un coup d'œil à son neveu, bien silencieux.

Sa tante ne pouvait s'empêcher de le titiller sur sa vie personnelle. Déjà, bien avant son départ, elle le faisait, connaissant son secret depuis qu'il avait l'âge de quinze ans. Si sa mère faisait tout pour rester silencieuse sur cet aspect de sa vie, sa tante aimait le taquiner, tout en faisant bien attention de ne pas trahir son secret. Si elle faisait cela, c'était uniquement pour inciter Harry à assumer ce qu'il était auprès de son père. Cela faisait bien trop longtemps qu'il se cachait et faisait semblant auprès de lui. Elle et sa mère, ainsi que son parrain Sirius et d'autres personnes de confiance étaient au courant et l'acceptaient tel qu'il était. En revanche, il n'était pas sûr que Lucius l'accepte. Il n'y avait qu'à voir comment il se comportait avec Severus. Ce dernier était homosexuel, et bien qu'il soit un très bon ami de Lucius, celui-ci ne voulait absolument pas être confronté à son homosexualité. Il avait toujours refusé de voir et d'inviter Severus quand il était en couple. Pourtant, malgré ses préjugés, Severus était bien le seul qu'il tolérait dans son entourage, tout simplement parce qu'il le connaissait déjà étant plus jeune et qu'il l'avait énormément soutenu et aidé lors de la grossesse de Narcissa et à la naissance de Draco. Voilà d'ailleurs pourquoi il avait été nommé parrain de son petit-frère. Pourtant, s'il apprenait pour son fils, cela risquerait fort de ne pas lui plaire.

- Des rencontres oui, finit-il par avouer Harry. Mais clairement pas l'amour.

- Et c'est très bien comme cela, s'exclama pour la première fois son père avant de prendre une gorgée de son verre de vin.

- Pourquoi père, demanda Harry en fronçant de sourcils. J'aurais pu tomber amoureux. Simplement, étant donné que je ne restais jamais plus de deux ou trois semaines au même endroit, il aurait été difficile de m'enticher d'une personne.

- Cela posera moins de problème le jour où tu épouseras la femme qui t'es déjà destinée.

- Déjà destinée ? Qu'entendez-vous par là, père ? Demanda sèchement, Harry.

- Ne prends pas ce ton avec moi, mon garçon, répondit froidement son père. Puisque nous y sommes, saches que je t'ai trouvé une parfaite épouse. Et je compte bien célébrer ton union avec cette dernière avant la fin de cette année.

Par Merlin, pourquoi n'avait-elle pas pu s'empêcher d'aller sur ce terrain-là, en sachant que la situation s'envenimerait, pensèrent de concert les deux sœurs.

Narcissa comme Bella baissèrent le regard vers leur assiette sachant que cette discussion n'était pas du tout du goût d'Harry. Tandis que Rodolphus se fit tout aussi silencieux.

Lucius ignorait qu'Harry n'était pas du tout attiré par les femmes. Si Harry ne lui avait toujours pas dit, c'était parce qu'il savait fort bien ce que pensait son père des personnes comme lui. La seule personne de son entourage qu'il tolérait malgré son homosexualité était Severus. Et encore, il refusait d'y être confronté. Alors Severus faisait toujours bien attention de ne pas lui parler de sa vie personnelle et le mettre face à ses fréquentations.

En revanche, jamais Lucius n'accepterait les penchants de son fils. Pourtant, au fond de lui, Harry avait espoir que son père change d'avis. Au moins pour lui et qu'il accepte la possibilité qu'il puisse aimer et épouser un homme et non une femme. Malheureusement, très peu de familles de sang-pur, voire aucune, acceptait que leur fils soit gay et s'unisse avec un homme.

Il le savait pourtant, tous les enfants venant d'une famille comme la sienne étaient - par obligations – mariés à une fille de bonne famille, sang- pur si possible. Qu'ils le veuillent ou non. Mais Harry ne voulait pas d'un tel mariage. Il ne voulait pas se cacher, se mentir à lui-même et aux autres. Il ne voulait pas se comporter comme la plupart de ses hommes. Se marier, donner un héritier et avoir autant d'amantes ou amants dans le plus grand secret. À ses yeux, cela était non seulement ignoble, mais surtout inenvisageable.

Certes, Harry n'avait pas encore rencontré l'amour, mais une chose était certaine. Si un jour celui-ci venait à se présenter à lui, il ne le laisserait pas s'envoler. Par amour, il était prêt à briser sans concessions ses foutues obligations et règles vieilles depuis des siècles. Il était prêt à tenir tête à son père et lui imposer son choix. Et cela les personnes misent dans le secret en étaient conscientes. Évidemment, il se doutait bien que cela pourrait le mener à perdre ce qui lui était cher à son cœur.

Même si Bella se serait tu ce soir, cette discussion allait, tôt ou tard montrer le bout de son nez. Harry en était bien conscient. Mais il aurait voulu l'avoir le plus tard possible. Voire même pas du tout. Ainsi il aurait eu tout le temps de trouver la meilleure façon d'annoncer son homosexualité à son père. Mais là, il le prenait au dépourvu. Et s'il n'agissait pas au plus vite, il allait se retrouver enchaîné à une fille dont qu'il ne désirerait et n'aimerait jamais, avant même d'avoir prononcer le mot quidditch.

Bon sang ! Cela ne fait même pas un mois qu'Harry était rentré et déjà Lucius avait des projets de mariage pour lui. Quoique, connaissant ce dernier, il avait dû en avoir bien avant son retour.

- Une parfaite épouse ? Vous n'êtes pas sérieux, s'étrangla Harry.

- Harry ! le prévint Lucius.

- Écoutez père, reprit plus calmement Harry, bien qu'intérieurement il bouillonnait. Je crois que nous devrions en discuter plus tard. Je viens à peine de rentrer. Je suis déjà immergé par mes responsabilités au ministère et au sein des affaires de notre famille et celles des Potter. Penser au mariage n'est vraiment pas ma priorité actuellement.

- C'est la mienne et sache que tu ne pourras y échapper, gronda Lucius. J'ai déjà sélectionné la famille que je juge parfaite pour s'unir à notre nom.

Les mains, posées sur ses cuisses, se fermèrent en un point sous l'agacement. Que son père dirige sa vie professionnelle était une chose…Mais sa vie personnelle et surtout amoureuse en était une autre. Il aimerait lui crier que cela lui serait impossible de se marier comme il l'entendait avec une femme, étant simplement attirer par les hommes. Mais pas là. Pas comme cela. Harry se doutait bien qu'il se devait de lui en parler. Mais il avait tellement peur de la réaction qu'aurait son père, qu'il préférait rester silencieux. Du moins pour le moment.

Au fond de lui, il savait fort bien qu'il ne tolérerait pas son homosexualité et encore moins qu'il accepte d'épouser un homme. Tout simplement parce que cela n'était pas normal, qu'il ne pourrait pas assurer la descendance et donc donner un héritier légitime. Harry savait que cela était important, mais il y avait toujours l'adoption en deuxième option. Lui avait bien été adopté. Il ne pouvait rester l'exception. Son père ne lui en voudrait tout de même pas de vouloir être heureux dans les bras d'un homme que d'être malheureux auprès d'une femme.

Voyait son visage blanchir, Narcissa se tourna vers son époux et posa une main sur l'une des siennes.

- Parlons d'autres choses. Vous aurez tout le temps de parler de cela à un autre moment.

- Bien, acquiesça Lucius.

Dégouté, Harry préféra se murer dans son silence. Il avait juste une envie, c'était de quitter cette table et rejoindre son parrain, là où il était tout simplement lui-même.

o00oo00o

- Tient, dit Tom en tendant la potion à son oncle qui l'attrapa entre ses doigts tremblants.

- Merci Tom, remercia ce dernier avant de l'avaler.

Il sentit son corps se faire moins douloureux et sa respiration se fit moins sifflante. Tom le remarqua et il souffla de contentement.

- Ça va ? demanda-t-il tout de même

- Oui, sourit son oncle. Grâce à toi.

- Avec l'argent que j'ai gagné cette semaine, j'ai pu acheter les ingrédients nécessaires à la fabrication des potions. J'ai fait pu faire un stock de potions pour les deux semaines à venir.

- C'est déjà bien, hocha de la tête Morfin. Comment cela se passe ton travail dans cette librairie moldu ? Le questionna-t-il en détendant ainsi l'atmosphère.

- Humpff, grogna Tom simplement en grimaçant.

- Tant que cela, rit son oncle

- Ces moldus sont horribles et ennuyeux. Inintéressant aussi, énuméra-t-il, écœuré. Ils mettent plus d'une heure à choisir un simple bouquin. Parfois ils restent juste là à lire pour s'en aller ensuite sans même acheter un livre. Et par Morgan, ils sont si bruyants et bavards, grimaça-t-il en y repensant. Encore si cela était pour dire des choses intéressantes, je ne dis pas. Mais non ! Honnêtement, c'est horrible de travailler là-bas. Je ne pensais pas un jour vivre une telle torture, expliqua Tom en grimaçant.

- Voyons Tom ! N'abuserais-tu pas un peu, rit son oncle.

- Pas du tout, s'offusqua le plus jeune. En plus de cela ces moldus n'ont aucune culture. Ce qui les intéresse ce ne sont que des romans à l'eau de rose. C'est écœurant, grimaça exagérément Tom. Que peut-on en tirer de ce genre de livre ? Ce n'est franchement pas en lisant ce genre de bouquin qu'ils nourriront leur intelligence déjà bien minime.

- Certains sont intéressants, dit son oncle en souriant. Le Maire de Casterbridge, par exemple, de Thomas Hardy. C'est un bon livre du genre romantique. Tu devrais le lire. Il pourrait t'aider à comprendre ce qu'est l'amour, le taquina Morfin, en lui envoyant un clin d'œil.

Tom jeta un regard outré à son oncle qui rit de plus bel, sachant que jamais Tom ne lirait un livre moldu. Un roman d'amour, encore moins. Et cela, qu'il soit moldu ou sorcier.

- Vous baissez dans mon estime, mon oncle, gronda faussement le plus jeune, en cachant son sourire dû à ses taquineries.

Il glissa un regard attendri sur son oncle qui ne cessait de rire de la situation. Cela faisait un bien fou de se laisser aller. Cela faisait bien un moment qu'ils ne s'étaient pas taquinés de la sorte.

Laissant son oncle se gausser, il se leva et se dirigea vers la cuisine.

Il restait quelques légumes encore frais. Il allait les utiliser pour en faire une soupe. Mettant une casserole d'eau à bouillir sur le feu, il grinça des dents en réalisant à nouveau qu'il allait devoir cuisiner façon moldu, n'ayant toujours pas sa baguette. La magie sans baguette aurait pu l'aider, mais il ne la contrôlait pas encore très bien. Et puis cela demandait énormément d'effort. Et pour si peu, valait mieux garder ses forces pour d'autres choses plus importantes.

Doucement, Morfin se leva et rejoignit son neveu dans la cuisine. Il se vautra contre l'embrasure de la porte et grimaça lorsqu'il vit Tom éplucher des légumes.

- Besoin d'aide ? Demanda-t-il

- Que fais-tu là ? Fronça des sourcils le plus jeune. Tu as besoin de te reposer.

- Je ne fais que cela de la journée, roula des yeux son oncle. Alors besoin d'aide.

- Non, dit Tom en se concentrant sur sa tâche.

- Tom ! Reprit son oncle. Quand récupères-tu ta baguette ?

- Je ne sais pas, grinça-t-il des dents. J'attends que le ministère veuille bien m'envoyer ma convocation.

Avec rage, Tom coupa les légumes avant de les balancer dans la casserole remplie d'eau bouillante. Il maudissait le ministère pour lui avoir retiré sa baguette sans raison valable. Ce jour-là il n'avait fait que se protéger, une fois de plus. Il n'allait tout de même pas se laisser malmener par une bande d'idiots et de lâches. Il était en droit de se protéger et même de se défendre. Mais il fallait croire que pour le ministère il en était autrement. Pour les sorciers de son rang, au moindre faux pas de leur part, il n'hésitait pas à leur tomber dessus.

En ayant marre de se faire contrôler ou arrêter, son oncle avait fini par ne plus utiliser la magie. Pire il avait même brisé sa baguette. Depuis, la magie ne faisait plus partie de son quotidien, comme il ne sortait plus de leur maison. Et cela faisait plus de dix ans. Tom lui en avait voulu d'avoir fait une chose aussi horrible que de détruire sa baguette. La baguette faisait partie du sorcier. Sans elle on était comme nu. Vulnérable et faible. Mais ayant trop souffert de la rage et de la haine de la société sorcière, Morfin avait pris cette douloureuse décision. Sous le coup de la colère ? Du désespoir ? De la peine ? Tom n'en savait rien. Mais, encore à ce jour, il ne comprenait pas son geste.

- Je suis désolé, dit subitement Morfin.

Oui, Morfin était désolé de tout. Désolé de voir son neveu qu'il aimait par-dessus tout, être victime par tant d'injustice. Désolé de ne pas avoir su lui donner une vie meilleure. Désolé de ne pas avoir eu le courage de quitter ce pays quand il était encore temps. Désolé d'être malade et de ne rien pouvoir faire d'autre que de rester là à attendre que le temps passe. Il était désolé de tout.

- Arrête de t'excuser.

Tom n'était pas stupide, il savait pourquoi son oncle s'excuser. Comme toujours. Mais il ne voulait pas de ses excuses, parce qu'il n'y avait rien à pardonner.

- Tu n'y es pour rien, reprit-il. Tout cela est de la faute de ton père et de ma mère si notre vie n'est pas aussi agréable qu'on l'aurait voulu.

Morfin baissa les yeux sur le sol sombre de la maison. Oui tout cela était de la faute de son père. De cet homme affreux. De ce criminel de guerre. À cause de ses actes, lui et Tom avaient une vie misérable et était devenus des raclures de la société. Avant que son père ne dérive dans la mauvaise voie, ils avaient un nom. Fort et puissant. Important et intriguant. Aujourd'hui ce même nom était devenu tout simplement une insulte. Un fardeau bien trop lourd à porter. Puis c'était aussi la faute de sa sœur pour avoir fait des choses qui dépassaient la normalité.

- Le ministre sait à qui s'en prendre, finit par dire Tom en fermant la casserole avec un vieux couvercle. Ce sera prêt dans une petite heure, dit-il en changeant de sujet. Retourne te reposer. Et si tu te sens mal, préviens-moi, rajouta-t-il en se retournant vers son oncle.

- Très bien, souffla ce dernier avant de faire demi-tour non sans jeter un regard inquiet envers son neveu.

Ce dernier ferma les yeux un instant, avant de les rouvrir. Il espérait vite retrouver sa chère et tendre baguette. Et dès qu'il l'aurait en mains, il ferait beaucoup plus attention. Ce serait la dernière fois que le ministère lui confisquerait son bien. Jamais encore il avait été séparé d'elle aussi longtemps. Et c'était juste une sensation atroce.

Il vérifia les légumes qui étaient en train de cuire, avant de sortir de la cuisine laissant le repas mijoter pour au moins une demi-heure.

Il alla s'enfermer dans sa chambre. Fatigué de cette horrible journée passé au milieu de tant de moldus, il se laissa tomber sur son lit. Il sentit son matelas bouger doucement avant qu'un serpent mesurant plus de deux mètres environs ne vienne s'entortiller sur son torse. La tête du serpent s'approcha de son visage, le faisant esquisser un doux sourire.

- Bonjour ma jolie, siffla Tom en fourchelangue, avant de caresser sa tendre amie.

La seule chose dont il ne regrettait pas, ce fut d'avoir hérité de la famille Gaunt, le don de parler au serpent. Le fourchelangue. Aujourd'hui, ce n'était pas un don que beaucoup affectionnait. Pourtant, à une époque bien lointaine, cela avait été vu comme un don exceptionnel, mais maintenant, cette langue était très mal vue.

Ce fut la capacité de parler le fourchelangue qui l'avait une fois sauvé de la violence de ses camarades de classe.

Cela s'était passée lorsqu'il avait douze ans. Il s'était fait malmener par des élèves de sa propre maison. Des serpentard. Ils l'avaient mené dans la forêt interdite et s'étaient déchaînés sur lui avant qu'un serpent furieux ne sorte de sa cachette et ne s'attaque à ses assaillants. Ceux-ci, à la vue du serpent, avaient quitté précipitamment la forêt, laissant derrière eux un Tom à la fois en colère et apeuré devant l'animal. Sans même se rendre compte, il avait psalmodié en fourchelangue la même litanie "je ne veux pas mourir, je ne veux pas mourir". L'animal s'était alors approché de lui, avant de lui lécher l'une de ses joues et lui demander s'il allait bien. Tom, le corps liquéfié, avait relevé la tête avant d'écarquiller les yeux de surprise en comprenant cet animal qui faisait peur à tant de gens. Se détendant peu à peu et se redressant doucement, il avait encré son regard dans les yeux jaunes faces à lui, avant de se remettre à parler lentement. Ses yeux s'étaient encore plus élargis de stupéfaction en s'entendant siffler comme le serpent.

Ce fut ce jour-là qu'il apprit qu'il était fourchelangue et ce fut ce jour-là qu'il fit la connaissance de sa seule amie. Nagini qu'elle s'appelait. Depuis elle ne l'avait jamais quitté et Morfin l'avait tout aussi adopté. Ayant aussi la capacité de parler cette langue, cela avait facilité leur rencontre.

- Tu sens mauvais, siffla le serpent.

- Les moldus sentent mauvais, rit Tom. J'irais prendre une douche après manger, rajouta-t-il en caressant Nagini qui laissa retomber son énorme tête sur son torse où elle était bien enroulée.

Tom admira les écailles de son serpent. Elles étaient d'un vert profond. Mais pas aussi profond que le vert des yeux de cet aristocrate. Et voilà qu'il repensait encore à lui. À chaque fois qu'il voyait quelque chose qui se rapprochait de près ou de loin à cet homme, il ne pouvait s'empêcher de penser à lui. C'était à la fois déroutant et intriguant. Il ne savait même pas pourquoi il restait accroché à l'image de ce beau jeune homme au yeux couleur émeraude. Comme il ne savait toujours pas pourquoi ce dernier avait eu un élan de générosité en le soignant, sans demander quelque chose en retour.

Avait-il fait ça pour se faire bien voir par lui ? Non, il avait vraiment agi dans sans intérêt à lui. Il avait été doux, prévenant et bienveillant à son égard. Alors peut-être était-il tout simplement l'un de ses sorciers qui ne portait aucun jugement sur les personnes comme lui. Et qui n'hésitait pas à tendre une main à son prochain.

Comme quoi, il avait eu tort sur un point : les sorciers n'avaient pas tous de mauvaises intentions.

À suivre...


Voilà voilà pour ce chapitre.

Encore toutes mes excuses pour les fautes restantes s'il y en a.

Toute petite note de l'auteur : Rassurez-moi, cette histoire vous plait-elle vraiment ? Je continue ?

Sinon, en cette période difficile que nous traversons tous, je n'ai qu'une chose à vous dire. Prenez soin de vous, ainsi que vos proches et sortez le moins possible de chez vous. Informez-vous et respectez les règles qui sont donnés. Elles sont là pour nous protéger. Et ayez toujours une pensée pour le corps médical qui met tout en œuvre pour nous soigner et sauver des vies.

Je vous dis à la prochaine.

Que la folie Byak' & Sha' soit avec vous.

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