Disclaimer : le monde HP et ses personnages appartiennent à JKR, référence à l'unviers de la série Charmed et l'idée de romance et drame familiale sont inspiré du film Boolywood "La famille indienne". Vous êtes prévenu !
Rating : M+
Pairing : HP/TMR et autres couples.
Genre : Slash Yaoi, Drame familial, Romance, UA avec magie
Personnages OOC
Parole en italique : fourchelangue
ATTENTION : Il se peut qu'il reste encore des fautes. Alors toutes mes excuses si vous rencontrez des fautes de temps, de grammaires ou d'orthographes. Ça arrive même au meilleur d'entre nous.
Sur ce...bonne lecture...
PARTIE I
CHAPITRE 9
Fin février 1998
Dans un crac sonore, Tom atterrit dans le petit hall d'entrée de la petite maisonnette qu'il partageait avec son oncle.
À nouveau, il s'était enfui devant l'autre sorcier après lui avoir fait comprendre - une fois de plus - qu'il n'était en rien une personne fréquentable.
Par merlin !
Lui qui pensait être tranquille en travaillant chez les moldus…Jamais il n'aurait imaginé rencontrer à nouveau l'homme qui envahissait depuis des jours toutes ses pensées. Et cela dans le monde moldu.
Pourquoi chacune de leurs rencontres s'étaient-elles passées dans des endroits aussi insolites. Aussi improbables.
D'abord dans l'Allée des Embrumes et maintenant chez les non mages. Qu'est-ce qu'un homme de son rang pouvait bien faire dans ce genre d'endroit ? Il était pourtant bien connu que les sorciers de la haute évitaient comme la peste les quartiers malfamés du monde sorcier, mais surtout le monde moldu. Ces mêmes êtres qu'ils jugeaient aussi inférieurs aux personnes comme lui.
Mais ce sorcier était différent, se rappela-t-il.
À cause de son brusque transplanage, il sentit sa tête lui tourner légèrement. Il se laissa aller un moment sur l'un des murs de l'entrée, l'esprit toujours autant bousculé par sa fuite que par sa rencontre avec l'autre homme.
Une nouvelle fois, l'incompréhension l'avait gagné à son approche, mais surtout à ses paroles. Des paroles qui l'avaient plus que surpris. Jamais il n'aurait imaginé être témoin de ce genre d'intérêt. Et ne sachant quoi répondre à ces mots dits avec tant sincérité, Tom avait préféré battre en retraite. Non sans lui rappeler quel genre de sorcier il était aux yeux de leurs semblables. Mais bien qu'il le lui en ait déjà fait part lors de leur première rencontre, apparemment cela n'avait pas suffi à le dissuader de ne pas l'approcher.
Au contraire, cela avait même attisé un peu plus sa curiosité.
Une curiosité mal placée, pensa Tom.
Ne voulant pas la nourrir, il avait préféré se volatiliser, le laissant de nouveau seul avec ses questionnements. Pourtant, bien malgré lui, il ne pouvait mettre en doute ce même intérêt qu'il avait développé pour ce beau sorcier.
Par Morgan, à cause de ce deuxième échange, il était encore plus perdu. Il ne savait pas quoi penser de cet homme si distingué, si avenant, si sûr de lui. Il se demandait même, si tout cela était bien réel. Franchement, voulait-il vraiment apprendre à le connaître. Au point de vouloir devenir son ami ? Ou même une connaissance ?
Mais pourquoi !?
Cela lui semblait totalement incompréhensible. Voire dérisoire. Que ce dernier soit si aimable et qu'il ait réussi un tant soit peu à le cerner ne voulait certainement pas dire qu'il accepterait si facilement qu'ils se fréquentent. Une pointe de doute noircissait toujours son esprit. Après tout, il ne le connaissait pas. Peut-être que son intérêt soudain pour sa personne cachait quelque chose de plus louche.
Quand bien même ce n'était pas le cas. Cela pourrait être dangereux, pour l'un comme pour l'autre, de se côtoyer. Tous deux pourraient avoir des problèmes, et tout cela à cause de lui. Et aussi surprenant que cela puisse être, Tom n'avait aucune envie que l'autre sorcier en soit touché. Pour sa part, les problèmes ça le connaissaient. Néanmoins, il en avait déjà bien assez pour en rajouter d'autres.
Que ce jeune homme ne lui veuille aucun mal, il pouvait l'entendre, peut-être même le croire. Lors de leur première rencontre il avait ressenti une franche sincérité dans ses gestes et aujourd'hui dans ses mots. Des mots qui l'avaient réellement touché.
Avant lui, personne ne lui avait porté un tel intérêt. Toute sa vie il n'avait connu que le rejet. Que la haine, le dégout, l'animosité, les insultes. Il ne savait pas comment réagir face à tant de bienveillance. À tant de gentillesse.
Dire qu'à chaque moment de sa vie il avait espéré recevoir une main tendue…Maintenant qu'il l'avait, il ne savait absolument pas comment la saisir.
Il ne savait même pas ce qu'était l'amitié. Et pourtant ! Au plus profond de lui, il avait toujours voulu en connaître la saveur. Que cela soit un homme de son rang qui le lui proposait était tout simplement inattendu et surprenant.
Sang-mêlé il était, se rappela-t-il.
Jusqu'à maintenant il avait pensé que ce dernier était un sang-pur. Le voilà légèrement surpris par son propre jugement totalement faussé.
Toujours est-il que même si le sang qui coulait dans leurs veines était le même, cela ne changeait pas le fait qu'ils ne venaient pas du même monde. Lui, il avait la chance d'avoir un nom et une vie plus riche et plus paisible. D'être important au sein de la société. Tandis que lui, il n'était qu'un enfant né dans la disgrâce, dans la honte. Un enfant portant deux noms d'une infamie sans précèdent. Que pouvait-il bien lui trouver. Déjà qu'il ne comprenait pas son propre désir d'en savoir plus sur ce sorcier. Il comprenait encore moins l'intérêt de ce dernier pour sa personne.
Et puis il y avait autre chose…Tom n'arrivait pas à savoir si cela le dérangeait de le voir si avenant et transparent avec lui. Mais une part de lui était quand même enchantée de savoir qu'un sorcier tel que lui soit captivé par lui. Au point de vouloir le fréquenter. C'était tout bonnement ahurissant quand on y repensait. Lui un sorcier de bas étage avait réussi à s'attirer la sympathie d'un sorcier de haut rang. Quelle ironie !
S'il savait qui il était, c'était certain qu'il changerait très vite d'avis.
D'ailleurs, maintenant qu'il y repensait, il était étonné que celui-ci ne sache toujours pas qui il était. Qu'il ne sache pas de quelle famille de mages noir descendait-il. S'il était autant intéressé par lui, par son histoire, pourquoi après leur première rencontre ne s'était-il pas documenté. Pourquoi cherchait-il impérativement auprès de lui toutes ses informations.
Il ne savait pas pourquoi, mais quelque chose au fond de lui l'empêchait de lui dire qu'il était le fils d'un moldu et d'une prostituée, mais surtout le petit-fils d'un des Mangemorts qui fut le plus craint et meurtrier de leur époque. Ce même Mangemort qui avait été le bras droit du mage noir Gellert Grindewald. Oui, il avait nettement cette sensation étrange qui le poussait à ne pas se dévoiler. Pourquoi ? Tout simplement parce que ce dernier le traitait si différemment des autres qu'il ne voulait pas attiser de la haine dans ses yeux. Non, il ne voulait pas voir sur son beau visage ce que tous affichaient en le voyant.
En revanche, s'il finissait par découvrir qui il était et que Tom ne le recroise plus sur son chemin, cela voudrait alors simplement dire qu'il lui avait menti sur ses réelles intentions. Que toutes ses belles paroles n'avaient été que du vent. Honnêtement, si cela amenait à se produire, il ne savait pas comment il réagirait. Malgré son attitude peu avenante envers l'autre sorcier à chacune de leurs rencontres, il était touché par son amabilité et sa sincérité. Mine de rien, savoir qu'il pourrait se comporter de la même façon que tous les autres, le rendrait malade au point qu'il était prêt à perdre définitivement tout espoir en l'humanité.
Se déchaussant, il se rendit la tête pleine d'interrogations dans sa chambre où sa tendre Nagini l'accueillit d'un doux sifflement.
-Tu m'as manqué aussi ma belle, siffla Tom avec douceur envers son amie qui vint entourer ses jambes un moment en guise de salutation, avant de se détacher et de monter sur le lit.
Tout en retirant sa veste et son écharpe qu'il jeta sur son lit, il se dirigea vers le petit bureau où plusieurs parchemins et divers livres en tous genres s'étalaient. S'asseyant sur sa chaise, il dirigea son regard sur le livre qui était ouvert à la page sur laquelle la veille il s'était arrêté. Un livre qu'il n'aurait pas dû avoir en sa possession. Il était totalement écrit en fourchelangue. Et l'auteur de ce livre n'était autre que son grand-père. Celui-ci traitait d'incantations et de sorts noirs qu'il avait inventés durant la guerre. Tom avait trouvé cet ouvrage dans la bibliothèque personnelle de son oncle il y a quelques années de cela. Il faisait partie de l'héritage maudit des Gaunt que Morfin avait pu récupérer et cacher en sûreté avant que le Ministère ne leur retire tous les objets se référant de près ou de loin à de la magie noire. Ou à de la magie tout court.
Morfin savait qu'il aurait dû laisser ce maudit livre et bien d'autres encore être saisi par le Ministère, mais il n'avait pu s'y résoudre à écouter sa conscience. Malgré la noirceur de ses mêmes biens, ils restaient son héritage. Évidemment, jamais ne lui était venu l'idée de les utiliser.
À la fin de la guerre, et après que son grand-père se soit fait capturer et emprisonner à la prison d'Azkaban pour y recevoir le baiser des détraqueurs, des Aurors étaient venus perquisitionner le manoir des Gaunt. Ils avaient tous vidé. Tout pris. Sauf ce que Morfin avait réussi à récupérer.
Il avait caché le peu de bien qui lui restait dans le monde moldu, ne pouvant les mettre à Gringrott. Par il ne savait quel moyen, le Ministère avait réussi à avoir un passe-droit sur le coffre de la famille Gaunt. De ce fait, le peu de fortune qui leur restait à lui et sa sœur avait disparu entre les mains de leur bourreau.
En dédommagement pour tous les crimes que leur père avait commis, avait déclaré à cette époque-là le Ministre.
Ce fut comme cela, que son oncle et Mérope, sa mère, étaient devenus pauvres. Ils s'étaient retrouvés à la rue, sans le sou. Ils avaient dû vendre leur sinistre manoir pour pas grand-chose à un vieux sorcier qui l'avait restauré en un musée d'art. Le peu d'argent récolté de cette vente ne leur avait pas suffi pour vivre plus de trois mois. Ils n'avaient pas eu d'autres choix que de trouver rapidement du travail. Mais difficile pour eux quand on portait un nom comme le leur. Tous les avaient rejeté, humilié et violenté. Et même malgré cela, Morfin avait essayé de continuer à vivre auprès des sorciers, dans son propre monde. Et de garder la tête haute. Mais sous cette haine féroce, comme sa soeur, il avait migré dans le monde moldu. Là où personne ne le connaissait. Cependant, si Morfin avait su se faire au monde moldu et même trouver un travail plus ou moins acceptable. Pour Mérope ça avait été plus difficile, surtout après avoir refusé l'aide de son frère.
Perdu au milieu d'un monde qu'elle ne connaissait pas, elle s'était vite rendu compte que seule et sans argent, sa vie était encore plus sombre que celle vécue dans le monde sorcier. Alors sans y avoir plus réfléchi, elle avait pris la mauvaise décision. Celle de vendre son corps pour de l'argent, à la grande horreur de son frère qui n'avait pas eu d'autres choix que de la laisser faire, n'ayant plus le pouvoir de l'aider.
Grâce à l'argent gagné, elle avait pu louer une chambre plus accueillante dans une auberge. Ce fut dans l'enceinte même de cette auberge qu'elle était tombée pour la première fois amoureuse. Tom Riddle qui s'appelait. Un moldu qui était un habitué des lieux. Un homme beau, charismatique et mystérieux. Sous le charme de cet homme, elle avait tout fait pour se faire apprécier de lui, se faire aimer de lui. Néanmoins, tout ce qu'elle avait reçu de cet homme avait été que mépris et regards emplis de dégouts. Tout le monde savait quel genre de métier honteux elle pratiquait. Et puis à côté de ça, elle ne possédait pas un physique très avantageux. Voilà pourquoi ses tentatives avec Tom Ridldle s'étaient toutes soldées par des échecs. Pour autant, cela ne l'avait pas découragé. Au contraire, voulant à tout prix être aimé par lui, elle avait réalisé l'irréparable. Une potion interdite. Le Philtre d'Amour.
Morfin avait été horrifié en apprenant ce que sa sœur avait osé faire. Mais il était trop tard pour rattraper son abominable acte. Sous l'emprise du philtre interdit, Riddle avait vécu près d'un an sous l'illusion d'aimer la femme de sa vie. Et sous cette illusion avait été conçu Tom. Tom était né d'une relation malsaine. D'une relation illégitime. Avec peine, Morfin avait suivi la grossesse de sa sœur, avant de prendre l'enfant sous son aile, suite à son décès.
À la mort de Mérope, le philtre d'amour ne fit plus effet et Tom Riddle était redevenu lui-même. Malheureusement, le philtre n'avait pas le pouvoir d'effacer ce que l'on vivait sous son emprise. Alors il s'était souvenu de cette année passée aux côtés d'une femme qu'il n'avait jamais voulue dans sa vie. Jamais aimé. Et cela le changea de tout au tout. L'homme mystérieux, beau, charismatique et sans histoire, s'était transformé en un homme coléreux, hargneux, insultant, violent et surtout était devenu un ivrogne. Jamais il n'aurait accepté Tom, cet enfant né d'une relation non consentie. Qui sait ce qu'il aurait fait de lui si Morfin n'était pas intervenu.
Tom connaissait bien cette abominable histoire. Histoire que - bien malgré lui - certains sorciers avaient découvert. Et cela n'avait fait qu'empirer leur dégoût et leur haine envers lui.
Lorsque Morfin lui avait enfin raconté l'histoire de sa mère et de sa naissance, une sourde colère avait pris possession de lui avant de vouloir rencontrer cet homme qui était son père. Mais il avait fait face à un homme tourmenté et marqué par un vécu sombre. Et en apprenant qu'il avait un fils, né de sa relation malsaine avec celle qui l'avait empoisonné, l'homme était devenu fou. Et inévitablement, il avait rejeté violemment cet enfant non voulu. Malgré l'envie de lui faire payer son rejet, et fort heureusement pour lui, Tom ne commit pas l'irréparable. Et cela, grâce à la présence rassurante et aimante de son oncle. De toute façon, son état de santé avait eu raison de l'homme. Quelques mois après leur rencontre ce dernier mourut.
Les sourcils froncés devant toutes ses pensées noires, il ferma d'un claquement sec le livre. Il était certain que son oncle se doutait qu'il avait ce livre, et quelques autres objets en sa possession. Mais il n'avait rien à craindre. Jamais il n'utiliserait ses sorts ou objets maléfiques. Il n'était pas aussi fou que l'avait été son grand-père. Pour autant, il ne niait pas avoir déjà ressenties des envies de vengeances auprès de ceux qui les maltraitaient.
Se passant une main dans les cheveux, il décida de ne plus penser à toutes ses histoires. C'était mauvais pour son moral qui était déjà au plus bas. Il sortit de sa chambre pour se rendre dans le petit salon où il savait trouver son oncle.
Après avoir tout perdu, il avait fallu du temps à Morfin pour se relever, trouver un toit et de quoi subvenir à ses besoins, et plus tard à ceux de son neveu. Voyant l'urgence de trouver un travail mieux payé après la naissance de Tom, il avait réussi à dénicher une place dans une usine de fabrication de jouets, en apprenant sur le tas ce métier fort épuisant et technique. Et avec l'argent durement gagné, il avait acquis cette petite maisonnette à Budly Babberton un quartier où vivait une grande majorité de cracmol, quelques sorciers et non mages.
D'ailleurs, Tom s'était toujours demandé si ce n'était pas à cause de toutes ces années à travailler dans cette usine que son oncle était tombé malade. Lorsque sa maladie s'était déclarée, Tom venait d'avoir 16 ans et ne pouvant plus assumer son travail, il avait dû démissionner de son travail. Il avait été difficile pour eux de survivre avec le peu d'économies qui leur restaient, dont une grande partie avait servi à acheter des potions pour Morfin. Bien vite, le manque de tout s'était fait ressentir. Alors pendant les périodes de vacances scolaires, Tom avait pris la relève en travaillant ici et là pour gagner un maximum d'argent. Il avait dû travailler dans des endroits peu recommandables pour un garçon de son âge. Tout en faisant bien attention à ne pas se faire contrôler lors de descentes des Aurors. Étant mineur, travailler était interdit. Puis, avec un nom comme le sien, il aurait eu de gros problèmes.
Après le collège, il avait cru pouvoir continuer ses études et décrocher un travail acceptable. Mais il en avait malheureusement été autrement. Hormis les vieux tenanciers des quartiers défavorisés, qui d'autres voulaient d'un petit-fils de mangemort dans son entreprise. Personne.
Qu'il ait pu étudier à Poudlard était déjà un miracle en soit. Il faut dire aussi que c'était grâce à Albus Dumbledore. Mais si celui-ci l'avait défendu et avait argumenté en sa faveur pour qu'il puisse étudier dans son école, il n'avait pu l'aider en dehors. Alors Tom s'était retrouvé sans autres bagages que ses années d'études passés à Poudlard. Il avait dû retourner travailler dans les basfonds des rues les plus mal fréquentés. Plus particulièrement dans l'Allée des Embrumes. Enfin jusqu'à récemment. Aujourd'hui le voilà à travailler dans le monde moldu. Et cela sur le conseil de son oncle. Après lui avoir annoncé la perte de son job au sein du pub dans lequel il travaillait, Morfin lui avait gentiment soumis l'idée de trouver quelque chose chez les moldus. Bien qu'il sache l'aversion de Tom pour les non mages. Mais il avait su avoir les bons arguments. Là-bas, personne ne le connaissait et il pouvait gagner bien plus d'argent.
Tom avait eu besoin de réfléchir plusieurs jours, avant de se décider à partir à la recherche d'un nouveau boulot.
Il avait trouvé si facilement. En fait, en un rien de temps, il avait déniché un travail, pas trop mal payé. En voyant au loin la librairie, il s'était dit pourquoi pas. Ce n'était pas vraiment un endroit très fréquenté, alors sans trop se poser de questions, il était rentré dans la petite librairie et s'était présenté poliment au gérant. Celui-ci, surpris par son approche, l'avait écouté et après l'avoir étudié silencieusement, avait accepté de le prendre à l'essai une semaine. Si passé ce délai, tout se déroulait bien, il le gardait. Ce qui fut le cas.
D'ailleurs, en pensant à son travail, il se rappela que le vieux libraire l'avait enfin rémunéré. Il fallait qu'il se rende à Gringrott pour faire un échange. Il avait besoin de faire des achats à l'Allée des Embrumes. Évidemment, pour cela, il allait devoir utiliser le sortilège de glamour afin qu'on ne le reconnaisse pas.
-Mon oncle ! Tout va bien, s'exclama Tom, en entrant dans le salon.
Assis sur le canapé deux places, les coudes appuyés sur ses genoux, Morfin se massait les tempes. Fronçant ses sourcils, il s'approcha pour venir s'assoir ses côtés.
-Ce n'est rien. Juste un léger tournis, souffla Morfin en se redressant.
-Je vais te chercher une potion contre l'étourdissement.
-Pas la peine. C'est déjà passé.
-Mais tu peux en avoir d'autres.
-Ça va je te dis, le rassura son oncle en posant une main sur l'une de ses épaules tendues. Je pense que c'est dû aux vapeurs des potions que j'ai faite.
-Tu as fait quoi, gronda Tom. Qu'est-ce qui t'est passé par la tête. Je t'ai dit de ne pas faire de potions. C'est moi, et seulement moi qui m'en occupe.
-Je voulais t'alléger un peu, se défendit son oncle. Tu fais tout ici Tom. Les repas, l'entretien de la maison, les potions, les courses. Tu travailles aussi. Tu prends à peine du temps pour toi. J'aimerais être autre chose qu'un boulet pour toi.
-Arrête ! Tu n'es en rien un boulet pour moi, dit Tom. Il est normal que je m'occupe de toi. Et sache que ça ne me déplaît pas.
-Bien sûr que je le sais, souffla Morfin. Je t'en suis reconnaissant de ne pas m'avoir laissé tomber.
-Jamais je n'aurais fait une chose pareille. Pas à toi, en tout cas. Et puis on est une famille.
-Oui, sourit son oncle. Mais je m'en veux de t'inquiéter aussi souvent et de t'empêcher d'avoir une vie d'homme. Depuis que je suis tombé malade, j'ai l'impression que tu es passé à côté de beaucoup de choses, dont ta jeunesse.
-Tu es plus important que tout le reste, dit simplement Tom.
-Tom, soupira avec tristesse l'homme.
-Tu es le seul avec qui je peux échanger mes hobbies, mes pensées. Tu es le seul avec qui je peux parler, sans être jugé ou vu comme un déchet. Et cela me va très bien, tonna Tom. De toute façon, avec qui d'autres aurais-je pu partager tout ça.
-Oh Tom ! Si tu savais à quel point j'aurais aimé qu'il en soit autrement, gémit piteusement son oncle, le cœur douloureux.
-Je sais, souffla-t-il en baissant les yeux.
-J'ai espéré, et j'espère toujours, qu'un jour tu rencontres quelqu'un qui verrait au-delà du sombre héritage que tu portes. Quelqu'un qui t'appréciera à ta juste valeur. Quelqu'un qui aimera l'homme bon que tu es.
-Tu crois vraiment que je le mérite ? Ou qu'une telle personne existe pour moi ?
-Oui, sourit son oncle en prenant les mains de son neveu dans les siennes. Je suis sûr qu'une bonne personne est là quelque part, rien que pour toi. Une personne qui sera capable de te guérir de toute cette rancœur et cette haine qui ont assombri ton cœur.
Soudain, l'image de ce sorcier aux beaux yeux verts s'imposa dans son esprit. Pourquoi lui précisément. Il n'en savait rien. Ou peut-être que si. Après tout, il y avait bien ce petit quelque chose qui remuait agréablement en lui lorsqu'il pensait au sorcier. Il devait bien admettre qu'en seulement deux rencontres cet homme l'avait totalement chamboulé. Par ses gestes et par ses mots. Assimiler ce jeune homme à la personne dont parlait son oncle était plutôt évocateur. Il aurait beau dire le contraire, il commençait à éprouver une certaine attirance envers cet homme. Et cela, malgré le doute qui subsistait dans son esprit en vrac.
-J'aimerais croire que cela pourrait m'arriver, dit Tom, après un petit moment de silence.
-Ça t'arrivera, lui répondit son oncle, croyant dur comme fer en ses paroles.
Il n'y avait alors plus qu'à garder espoir, se dit Tom, l'esprit toujours tourné vers le seul homme qui lui avait tendu une main bienveillante.
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Mars 1998
Le regard toujours aussi émerveillé et amusé, Harry déambulait dans les couloirs de la prestigieuse école de Poudlard.
Là où il passait, il prenait le temps de parlementer avec quelques tableaux ou fantômes et esprits frappeurs qui envahissaient l'endroit.
Dans la matinée, il avait reçu une invitation de la part du directeur, Albus Dumbledore. Ce dernier avait émis le souhait de le voir autour d'une tasse de thé et quelques bonbons au citron. Harry avait été ravi et amusé par l'invitation. L'homme était resté égale à lui-même. Et c'était bien pour cela qu'Harry l'appréciait.
Depuis son retour, les deux hommes ne s'étaient pas vus. Ce qui aurait pu être le cas, si Albus avait accepté l'invitation de Lucius pour participer au bal de Yule. Mais Albus avait refusé poliment l'invitation. Comme toutes les autres invitations de ce genre-là, d'ailleurs. Pas que le vieux sorcier ne s'entendait pas avec le père adoptif d'Harry. Au contraire, ils s'entendaient plutôt bien. Surtout depuis l'adoption d'Harry, en réalité. Après tout, Albus avait eu un rôle important dans l'adoption de l'héritier des Potter par la famille Malfoy. Cela avait rapproché les deux hommes. Néanmoins, leurs relations étaient restées dans la limite du cordial. Albus appréciait Lucius pour le geste qu'il avait eu envers Harry, en le prenant sous son aile. Mais aussi pour lui avoir accordé une place auprès de celui qu'il considérait comme le petit-fils qu'il n'avait jamais eu. En revanche, Albus ne considérait pas les Malfoy comme des proches, voire des amis au même titre que furent les parents biologiques d'Harry. Évidemment, Lucius en était conscient. Et cela lui allait très bien.
Si sa famille adoptive tolérait simplement le vieux directeur, de son côté, Harry l'aimait beaucoup. Il était de bonne compagnie. Toujours à l'écoute et prêt à aider aux moindres problèmes. Et puis très important aux yeux d'Harry, il possédait un savoir et des connaissances démesurés sur la magie et tout ce qui touchait de près ou de loin à la société sorcière comme moldu. Pour Harry, c'était toujours de bons moments à passer avec le vieux sorcier. Surtout en sachant que chacune de leur rencontre se faisait dans l'enceinte même de Poudlard. Ce même château qui l'avait enchanté la première fois. Certes, il avait aimé sa vie à Durmstrang, mais Poudlard possédait une âme si différente et si apaisante, qu'une part de lui aurait aimé étudier là où sa famille - biologique comme adoptive - et leurs amis avaient étudié.
Bien qu'il n'ait pas été étudiant, étant un proche du directeur, Harry était autorisé à venir à Poudlard. Avec ou sans invitation. Ce qui était fort appréciable pour lui. Non seulement, il pouvait passer un moment avec Albus, mais il avait aussi le droit de rendre visite à son petit-frère, ainsi qu'à Remus et Severus.
D'ailleurs, en pensant à eux, il décida qu'après son tête-à-tête avec Albus, il irait leur rendre visite. Il y en a au moins un qui allait être plus que content de le voir.
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Voilà plus d'une heure qu'il était confortablement installé dans le bureau d'Albus à discuter de ses différents périples sous les yeux pétillants du plus vieux.
-En voilà de magnifiques voyages que tu as fait là, Harry, s'exclama Albus, avec un sourire. Je serai ravi de lire tes Books.
-Je vous les enverrai, dit Harry, ravi. Vous allez voir, vous serez très surpris par certaines de mes découvertes. Et j'attends à ce que vous me donnez votre avis.
-Je n'en doute pas, rit Albus. Ce sera avec plaisir que je te donnerai mon avis sur ses recherches. Je suis content que tu aies pu avoir ce temps pour toi. J'ai l'impression que tu en avais grandement besoin.
-Oh oui, acquiesça vivement Harry. Ça m'a fait beaucoup de bien de souffler un peu, et de faire des choses pour moi. Et aussi, j'avais besoin de couper avec ma famille. Surtout avec mon père, avoua-t-il après un moment, les yeux baissés sur la tasse vide qu'il tenait entre ses mains.
-Je comprends ton ressenti, Harry, dit Albus, en posant un regard doux sur lui. Et je vois que ces voyages ton permis de prendre du recul, mais aussi d'avoir ta propre vision de la vie.
-Oui, affirma Harry, dans un sourire. Bien, dit-il en se levant. Je pense avoir pris déjà beaucoup de votre temps Albus.
-Tu sais que j'ai toujours du temps pour toi Harry, sourit avec gentillesse le vieil homme.
-Je sais, sourit Harry tout en grattant la tête de Fumseck qui gémit de bonheur sous l'attention. Mais je vais passer voir Draco, et si j'ai le temps j'irai saluer Remus et Severus.
-Bien, capitula Albus en se levant. Dommage que tu ne restes pas pour le déjeuner.
-J'ai déjà promis à mère d'être présent à midi pour le déjeuner, se justifia-t-il.
-Alors j'espère t'avoir parmi nous un autre jour
-Avec grand plaisir, accepta Harry.
Ce dernier caressa une dernière fois le phoenix, avant d'attraper sa cape et de saluer le directeur qui en fit de même. Sous le regard bienveillant d'Albus, il quitta le bureau.
Lorsqu'il atteignit le couloir, Harry se dirigea directement vers l'antre des Serpentard. Il savait de source sûr que son frère n'avait plus cours depuis dix heures de la matinée. Il était impatient de revoir son petit-frère. Depuis qu'il avait repris les cours, ils ne s'étaient parlé que par échange de lettres. Avec sa prise de poste au sein du Ministère aux côtés de leur père, Harry n'avait pas eu le temps de venir voir son frère. Pourtant, ce n'était pas faute de l'avoir supplié. Comme quoi, son congé et l'invitation du jour par Albus tombaient à pic.
Alors qu'il descendait vers les sous-sols, il croisa Severus sur son chemin.
-Tient ! Qui vois-je, s'exclama Severus d'un ton cassant.
-Bonjour Seveurs, sourit Harry, habitué au ton donné par le professeur des potions. Comment vas-tu ?
-Aussi bien que toi, j'imagine, dit Severus en jugeant la mine joyeuse de son presque neveu. Qu'est-ce que tu fais là?
-Albus m'a invité à boire le thé.
-Voilà qui n'est pas étonnant, railla le plus vieux. Tu lui as beaucoup manqué à ce vieux fou durant tes années de vagabondages.
-Je sais, rit Harry.
-Et là je suppose que tu vas voir Draco.
-Tu supposes bien, confirma Harry. D'ailleurs, après en avoir fini avec Draco, j'allais aussi venir vous saluer toi et Remus.
-Comme c'est gentil de penser aussi à nous. Je ne doute pas que le loup soit enchanté de te voir, tonna Severus. Pour ma part, et malheureusement pour ma santé mentale, je m'en vais voir ton parrain, dit-il en le dépassant.
-Tu le salueras de ma part, dit Harry. Ah ! Peux-tu aussi lui dire que je viendrai le voir dans la semaine.
-Je ne suis pas un hibou, gronda Severus, en continuant son chemin.
-Merci, cria Harry.
Severus s'autorisa à sourire en réponse. Mais étant de dos, Harry ne put profiter de cette vision aussi rare qu'une corne de bicorne.
Amusé, Harry reprit son chemin. En arrivant devant la salle commune des serpents, il donna le mot de passe au magnifique tableau représentant Salazar Serpentard dans toute sa splendeur avec, sur ses genoux, un serpent qui émettait de doux sifflement.
Reconnaissant le jeune homme qui lui faisait face, le fondateur de l'école le laissa passer sans même tergiverser. Après une dernière salutation, Harry pénétra dans la salle commune des Serpentard.
-Eh Harry ! Quel bon vent t'emmène, s'exclama une voix enjouée et surprise près de lui.
Harry se tourna vers ladite voix, et tomba sur l'un des meilleurs amis de son petit frère. Blaise Zabini de son nom.
Eh bien !, pensa Harry. Blaise était devenu un beau jeune homme. Et il était aussi grand que lui, voire un peu plus. Voilà de quoi enrager Draco qui était bien plus petit qu'eux. De seulement quelques centimètres.
Harry ne se gêna pas pour détailler le garçon à la peau basanée et sans aucune imperfection. Il possédait de beaux yeux bruns et des cheveux noirs corbeau. Harry avait toujours trouvé le meilleur ami de son frère très mignon.
Blaise et Draco se connaissaient depuis l'âge trois ans. Et depuis, une belle amitié s'était créée entre eux. Harry appréciait beaucoup le garçon qu'il trouvait amusant et gentil sur bien des aspects. Bien évidemment, il restait un parfait Serpentard, et comme tous ses semblables, il pouvait se montrer vicieux et calculateur.
-Bonjour Blaise, comment vas-tu, sourit Harry en le prenant brièvement dans ses bras, dans une étreinte fraternelle.
-Super et toi ? Content d'être revenu au bercail, sourit l'ami de son frère.
-Très, répondit Harry. Draco n'est pas là, dit-il en scrutant la salle où quelques élèves de tout âge s'y trouvaient.
-Il est dans sa chambre de préfet. Tu veux que je le fasse appeler ?
-Non, ne dérange personne, je vais y aller.
-Mais non, laisse-moi m'en occuper, dit Blaise. Et toi !, s'exclama assez froidement le basané envers un jeune cinquième année. Va chercher Draco dans sa chambre. Dis-lui qu'une personne importante l'attend dans la salle commune.
-D'accord, bredouilla le jeune élève avant de partir en direction de la chambre de son préfet.
-Tu ne pouvais pas aller le chercher toi-même ou me laisser faire, dit Harry, outré.
-Bah non ! Haussa des épaules Blaise. Je n'allais tout de même pas te laisser seul. Et puis faut bien qu'ils servent à quelque chose.
-Franchement, tu n'es pas croyable.
-Draco c'est pire, rit Blaise.
-Oh mais cela je n'en doute pas. Pour l'avoir vu faire, je sais qu'il aime bien terroriser et donner des ordres, dit Harry.
Il se souvint d'une fois où il était venu voir Draco avant son départ. Ce dernier s'était comporté de la pire des façons envers un plus jeune que lui. Surprenant ainsi son grand frère qui l'avait disputé pour son comportement. Après cela, Draco lui avait dit qu'il ne recommencerait plus, mais Draco étant Draco, Harry s'était bien douté qu'une fois le dos tourné, il irait à nouveau vers ses travers. Ce n'était pas pour rien qu'on le surnommait le Prince des Serpentard.
Plus jeune et encore aujourd'hui, Draco aimait se comporter comme un parfait petit prince. Même envers sa famille. En revanche, la seule fois où Harry avait été horrifié et s'était réellement énervé contre Draco ce fut le jour où il l'avait entendu insulter une élève d'une autre maison sur son sang. Pour la première fois, Draco avait déçu son grand frère. Voir cette profonde déception dans les yeux si habituellement pétillants et empreints de fierté de son frère, l'avait monstrueusement serré le cœur. Il avait douze ans à l'époque. Il s'était excusé auprès de son frère qui lui avait prié d'aller s'excuser auprès de la jeune fille. Et cela devant lui. Après cela, Harry lui avait fait promettre de ne jamais plus manquer de respect à un sorcier d'un autre rang et d'un autre sang. Sur ce point, Harry avait été très clair. Préférant garder cet épisode pour eux, ils n'en avaient jamais parlé à leurs parents. Depuis ce jour, Draco n'insultait et ne manquait plus de respect aux autres sorciers. Même si pour la plupart il ne les tolérait toujours pas dans son entourage. Après, chacun agissait comme il l'entendait avec ses semblables, comme le disait souvent Harry. Mais sans pour autant être insultant.
Harry était tout pour Draco, et le décevoir comme il l'avait fait ce jour-là... Plus jamais, s'était-il juré à lui-même.
Harry revint à lui lorsqu'il entendit la douce voix de son frère. Il grondait sur le pauvre cinquième année qui ne savait plus où se mettre. Harry comprit que Draco avait été dérangé en pleine rédaction de son devoir de métamorphose. Mais il s'arrêta brusquement lorsque son regard gris se posa sur son frère qui se leva pour l'accueillir comme il se doit.
-Pas même pour ton frère chéri tu laisserais de côté ton devoir, hum, dit Harry en riant.
-Harry, sourit Draco, surprenant le trois quarts des élèves présents dans la salle. Tu es enfin venu me voir, j'ai bien cru que tu m'avais oublié.
-Que dis-tu ! Jamais je ne ferais une chose aussi monstrueuse que de t'oublier mon cher petit-frère, s'exclama théâtralement Harry, avant de prendre le blond dans ses bras.
Draco se fichait bien de se montrer si affectueux devant la moitié de sa maison. Voir Harry ici le comblait de joie. Cela faisait plus d'un mois qu'ils ne s'étaient plus vu. Il avait alors bien le droit d'être content. Maintenant qu'Harry était rentré, il comptait bien rattraper le temps perdu. Même en étant à Poudlard.
-Assez d'effluves de bons sentiments, claqua la voix de Blaise. Installez-vous mes chers frères.
-La ferme Blaise et laisse-moi profiter de mon frère comme je l'entends, siffla Draco.
-Que de jolis mots, sourit son ami. C'est pour toi que je dis ça. Tout le monde te regarde comme si une deuxième tête te poussait soudainement. Ils ne t'ont jamais vu aussi rayonnant. Ça leur fait peur. Ils ont plus l'habitude du dragon tyrannique.
-Je les emmerde. Mais qu'ils osent parler derrière mon dos, dit Draco fortement pour se faire entendre.
-Draco ! gronda Harry devant tant de vulgarité.
-Quoi ! C'est vrai.
-Tiens tes mots devant moi. Tu sais que je n'aime pas t'entendre parler de la sorte, dit Harry en se rasseyant à sa place.
-Désolé, grimaça Draco en s'installant près de son frère.
Sous les yeux amusés de son meilleur ami, il se colla tout contre son frère.
-Je t'ai manqué à ce point, le taquina Harry, en baissant les yeux vers son frère.
-Oh oui, ricana Blaise. Je ne te dis pas comment il était avant ton retour. Insupportable le garçon. Durant toute ton absence il n'a pas arrêté de se plaindre du temps que tu mettais à rentrer. Et c'est quand qu'Harry rentre…Qu'est-ce qui lui prend autant de temps….Que fait-il durant ses journées…J'espère qu'il ne lui ait rien arrivé de fâcheux. Et j'en passe. Le pire c'est qu'il a remis ça il y a peu. Et pourquoi il ne vient pas me voir… Est-ce qu'il a bien compris que je souhaitais le voir... Qu'est-ce qui est plus important que moi. Par l'enfer, il nous a rendu fou, énuméra-t-il d'une voix criarde.
-Merci Blaise pour ton intervention, railla Draco.
-Tout le plaisir était pour moi, sourit son ami.
-Ah ! S'écria soudainement une voix. Blaise ! Draco ! Vous voilà ! Vous ne saurez pas où j'ai mis mon..., commença un jeune garçon, avant de s'interrompre brusquement lorsque ses yeux se posèrent sur Harry qui haussa les sourcils de surprise.
-Théo, oh Théo, appela Blaise avant de regarder Harry. Ah oui, c'est vrai, dit-il avec amusement.
-Je...je..reviens, bredouilla celui-ci, les joues aussi rouges qu'une tomate, avant de décamper comme s'il avait le diable aux trousses.
-Il ne reviendra pas, dit Blaise, en croisant les jambes.
-Qu'est-ce qu'il a ? Demanda Harry. Et pourquoi à chaque fois qu'il me voit, il se comporte aussi bizarrement. Je n'ai jamais échangé avec lui plus de trois mots depuis que je le connais.
Théo était le deuxième meilleur ami de Draco. Ils avaient huit ans à l'époque lorsqu'ils s'étaient rencontrés. Depuis qu'il le connaissait, Harry avait toujours vu un garçon réservé et timide envers le monde, mais très ouvert avec ses proches, dont ses amis. En revanche, avec lui, Théo s'était toujours comporté de la plus étrange des façons. Encore plus en grandissant.
-Tu n'as pas encore compris, dit Blaise.
-Compris quoi ? haussa des sourcils, Harry.
-Tu es le Harry de Théo. Si tu vois ce que je veux dire, répondit le plus jeune.
-Le..., fit Harry, avant de comprendre. Oh !
-Ça y est ! Tu comprends enfin pourquoi il n'a jamais réussi à dire plus d'un mot compréhensible en ta présence.
-Tu le savais ?, demanda Harry à son frère, toujours surpris.
-Évidemment, dit Draco.
-Pourquoi ne pas me l'avoir dit ?
-Je trouvais que ce n'était pas important, s'agaça Draco. Ce n'est qu'une amourette d'adolescent. Ça lui passera.
-Quand même, dit Blaise. Ça dure depuis qu'il a quoi…..huit ou neuf ans. Dès votre première rencontre en fait.
-Aussi longtemps, s'étrangla Harry. Et dire que je pensais que c'était à cause de ses traits de caractère qu'il était comme ça avec moi.
-Du tout, sourit Blaise. Mais bon comme le dit si bien ton cher frère, ça lui passera. Du moins, je l'espère.
-Hn, fit Harry, avec autant d'espoir. Attends ! S'il est attiré par moi, ça veut dire qu'il est attiré par les hommes. Sa famille est au courant qu'il est…..
-Évidemment que non, répondit Draco. Ç'est un sang-pur. Et sa famille est très porté sur la pureté du sang mais surtout sur les normes. S'ils savaient que Théo est homosexuel… Je ne te dis pas le scandale que cette nouvelle engendra. Il risque sa vie s'il l'annonçait.
-Comment fait-il alors ?
-Il fait en sorte que cela ne se sache pas. Et nous, en bons amis que nous sommes, on le couvre. Et même si certains de nos camarades sont aussi au courant, ils ne diront rien. Y en d'autres des comme lui. Il n'y a que ici à Poudlard que lui et d'autres peuvent être eux-mêmes, lui expliqua Blaise.
-Je vois, dit Harry.
Ça lui rappelait un peu son propre cas. Il était aussi au collège lorsqu'il avait pris conscience d'être attiré les hommes et non par les femmes. Et comme le faisait Blaise et Draco, Irina l'avait souvent couvert pour que ses petites escapades nocturnes ne se sachent pas. Et fort heureusement pour lui, il était tombé sur des garçons muets comme une tombe.
-Et à vous ? Ça ne vous dérange pas ?
-Pas le moins du monde, répondit Blaise.
-En même temps tu couches aussi avec des mecs quand tu ne trouves plus de filles à te mettre sous la dent, grogna Draco. Pour ma part, je m'en fiche. Et tu sais que ça me dérange pas. Après tout parrain il l'est. Et je n'ai jamais eu de problème avec ça.
-Hn, acquiesça Harry, en se mordant les lèvres.
Voilà pourtant une chose qu'il cachait à son frère depuis des années. Son homosexualité. Il savait que ce dernier n'avait rien contre. Mais il n'avait jamais su trouver les mots pour le lui dire. Si sa grand-mère, sa mère et sa tante étaient au courant c'était parce qu'elles avaient intercepté une conversation qui était censé être privé entre lui et Severus. Ce jour-là il lui demandait des conseils. À part eux, les seuls aujourd'hui à être au courant étaient Sirius et Irina. Même Remus n'en savait rien. Il suspectait Albus de le savoir. En même temps cet homme savait tout.
Il lui avait fallu du temps pour accepter son attirance envers les hommes. Et même quand enfin il avait tiré sa révérence et accepté son goût prononcé pour les hommes, il avait eu du mal à le révéler aux autres membres de sa famille. Même s'il s'acceptait comme il était, il ressentait toujours cette pointe de honte parce qu'il savait que Lucius aimait la normalité et que par ce fait, jamais il n'autoriserait cette tare. Voilà pourquoi il avait confié ce secret à peu de personnes. De peur que, si trop de monde venait à le savoir, cela aille aux oreilles sensibles de son père. Encore aujourd'hui il avait un peu de mal à assumer. Surtout auprès de lui. Mais Draco n'était pas aussi fermé que l'était leur père. S'il acceptait son parrain et même son meilleur ami, il pouvait l'accepter lui, son grand-frère. Il devrait envisager à lui en parler.
-Et vous ? Pas d'amourette de votre côté, je suppose, reprit Harry.
-Oh ! Moi je profite de ma jeunesse pour découvrir toutes les affres du plaisir, sourit Blaise, avec concupiscence. Alors que Draco, lui il tente tant bien que mal de se faire une place dans le cœur de la belle Astoria.
-Merde ! La ferme Blaise, siffla Draco en se redressant.
-Quoi ? Tu ne vas pas me dire que Harry n'est pas au courant de ton attirance pour la jeune et belle Astoria, s'outra faussement son ami.
-Effectivement ! Voilà une information importante dont je n'étais pas au courant, fit Harry en se tournant vers son frère les bras croisés sur son torse.
-Comme si toi, tu me disais tout, grogna Draco.
-On parle de toi. Pas de moi, dit Harry. Allez ! Je t'écoute.
-C'est tout nouveau, finit par dire Draco devant les yeux scrutateurs de son grand frère. Je voulais t'en parler une fois que j'aurais réussi à l'approcher. Mais comme toujours Blaise ne sait pas tenir sa langue de vipère. À trop parler tu vas me porter la poisse.
-Tu m'en vois désolé, sourit exagérément Blaise..
-Astoria, reprit Harry. Ne serait-ce pas la petite-sœur de Daphné Greengrasse?
-Si, c'est bien elle, confirma Draco. Elle est si jolie, si douce, rajouta-t-il un sourire niais sur les lèvres à la pensée de la jeune fille.
-Je te crois, rit doucement Harry devant l'air béat de Draco. Allez ! Raconte-moi comment tu as été charmé par cette jolie fille.
Avec enthousiasme, il lui raconta comment il était tombé littéralement sous le charme de la jeune fille. Tout en l'écoutant, Harry se dit qu'au moins son frère aimait les femmes et avait jeté son dévolu sur une fille de bonne famille. Une fille susceptible de plaire à leur père qui envisagerait sans problème un mariage entre eux. Tandis que lui, non seulement il préférait les hommes, mais en plus de cela il était irrémédiablement attiré par un homme qui était complètement son opposé sur diffèrent point.
Comment allait-il faire entendre raison à son père ? Il n'en savait fichtrement rien. Seul le temps le lui dira.
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Accroupi devant une rangée de livres, Tom n'entendit pas la petite sonnette de la boutique s'enclencher.
Ce fut le gérant de la librairie qui accueillit le nouvel arrivant. Ce dernier salua poliment le vieux libraire, avant d'aller déambuler entre les livres.
Bien vite, il trouva ce pourquoi il était là. Avant de s'annoncer, il attrapa deux livres au hasard dans la section science de la vie et de la terre.
-Que me conseillerez-vous, s'exclama-t-il soudainement. La prolifération des moustiques ou l'accouplement des mammifères marins.
En reconnaissant cette voix, Tom releva immédiatement la tête. Encore un peu, et il se serait fait un tour de cou. Tout en cachant sa surprise, il se redressa sous les yeux amusés de l'autre sorcier.
Après réflexion, ce n'était pas du tout étonnant de voir l'homme en ces lieux. Suite à leur dernière rencontre, Tom s'était attendu à recevoir sa visite.
-Aucun, répondit Tom d'une voix légèrement froide. Qu'est-ce que vous faîte là ?
-J'avoue qu'ils m'ont l'air très peu intéressant, dit simplement Harry en détaillant les livres pris au hasard, avant de les remettre à leur place.
Harry releva le regard pour le poser sur l'autre sorcier. Il vit dans ses yeux une grande confusion, mais aussi une très grande méfiance.
-Tu t'es encore enfui, dit Harry en le tutoyant. Heureusement que personne n'était dans les parages quand tu as transplané. Je ne te dis pas quel genre de problème cela aurait pu engendrer.
-Ne parlez pas de magie ici, siffla Tom. Vous oubliez que nous sommes entourés de moldus, dit-il en jetant un regard en biais à deux jeunes femmes à seulement quelques petits mètres d'eux.
Tom l'intima à le suivre dans un coin plus tranquille, sans faire attention au regard scrutateur que posa le vieux libraire sur eux.
-Désolé, grimaça Harry, en le suivant.
-Allez-vous enfin répondre à ma question, s'agaça Tom.
Harry jeta un regard dans les alentours avant de le reposer sur l'homme en face de lui. À la surprise de ce dernier le regard émeraude qui lui faisait face se fit soudainement sérieux.
-Je sais qui tu es, dit Harry en croisant les bras sur son torse.
Sans même se rendre compte, Tom recula d'un pas à l'entente de ses mots.
-Je me suis dit qu'il était préférable que je me renseigne de moi-même sur ton identité étant donné qu'après deux rencontres tu ne voulais toujours pas m'en faire part, s'expliqua Harry. Tu es Tom Marvolo Riddle.
Entendre son nom complet sortir de la bouche de cet homme sonnait comme un glas horrible à ses oreilles.
-Tu es le petit fils d'un mangemort, reprit Harry, sans même faire attention au fait que Tom se soit tendu à cette mention. Tu es le petit-fils d'Elvis Gaunt. Bras droit de Grindewald.
-Ça suffit, siffla Tom. J'ai bien entendu que vous avez réussi à nourrir votre foutue curiosité mal placée. Pourquoi êtes-vous là, maintenant que vous saviez qui je suis. Qu'est-ce que vous me voulez ?
-Même en sachant l'histoire qui t'entoure, cela ne m'empêche pas de ressentir de la compassion pour toi, répondit simplement Harry. Et tout ce que je t'ai dit jusqu'à maintenant est sincère.
Tom préféra rester muet tant la situation lui était tout simplement déconcertante. Il avait cru que lorsque ce sorcier saurait enfin qui il était, il agirait de la même façon que ses semblables. Mais apparemment, il s'était fourvoyé.
Par merlin ! Cet homme l'avait soigné et s'était montré aimable à son égard depuis le début. Aucune animosité n'était venue entacher son regard. Sachant sa situation et sa position dans leur communauté, il lui avait quand même tendu cette main. Cette même main qu'il avait tant espéré recevoir.
Et là, alors même qui lui disait enfin connaître son nom, il ne le fuyait pas. Il le regardait comme une personne à part entière et non pas comme une erreur de la nature.
En voyant le vieux libraire se diriger vers eux, Harry s'avança jusqu'à ne laisser qu'un petit mètre entre lui et Tom.
-Écoute, je suis désolé d'être venu t'importuner directement sur ton lieu de travail, lui dit Harry. J'aimerais que nous reprenions sur de bonne base. Je te propose que nous nous retrouvions au café Higgleston* après ton travail.
-Tout va bien ici, s'exclama le libraire en se mettant à la hauteur de Tom, coupant court à leur discussion.
-Oh oui, sourit aimablement Harry en se reculant. Je saluais juste une vieille connaissance.
-Oh je vois, sourit le vieux libraire.
-Bien ! Il est temps pour moi d'y aller. Tom ! J'espère que nous nous reverrons très vite.
Dans un dernier regard éloquent, Harry quitta les lieux, laissant un Tom encore plus dérouté et stupéfait par cette énième rencontre.
-Tom, appela son employeur. Est-ce que ça va ? Demanda-t-il les sourcils froncés.
Tom acquiesça simplement, avant de se détourner de l'homme et de repartir vaquer à ses occupations. Malheureusement, son esprit était totalement ailleurs, dirigé vers une seule et même personne. Pour ne pas changer, lui direz-vous.
Depuis qu'il connaissait cet homme, Tom ne se reconnaissait plus. Il était en proie à de nombreux sentiments contradictoires. Jamais il n'avait ressenti ça jusqu'à ce qu'il vienne lui porter secours à l'Allée des Embrumes.
Cette troisième rencontre aujourd'hui le laissait à la fois perplexe et intéressé.
Par Merlin, il prit soudainement conscience que ce même homme venait de l'inviter à le rejoindre au café du coin après son travail. Il lui avait donné rendez-vous dans l'unique but de repartir sur de nouvelles bases. Il voulait vraiment apprendre à le connaitre. Tout ce qui lui avait dit jusqu'à présent était alors véridique. Tom ne pouvait plus douter de la sincérité de l'homme. Pas après lui avoir prouvé que même son nom n'était pas un frein à sa quête d'en savoir plus sur lui.
Que devait-il faire ? Aller à ce rendez-vous ou non ?
Sa conscience lui criait d'accepter l'invitation en se rendant au lieu cité, car lui aussi il voulait savoir à qui il avait à faire. Si ce dernier savait qui il était, de son côté il n'était pas plus avancé. Alors peut-être qu'il devrait aller le retrouver après avoir fini sa journée.
Tout en se remettant au travail, il se redemanda de quelle famille l'autre sorcier en était l'héritier.
Quelque chose lui disait qu'il n'avait pas affaire à n'importe quel sorcier.
À suivre...
Verdict !?
* Higgleston : c'est inventé de toute pièce par mes soins XD
Note de l'auteur : J'ai udapté à nouveau le chapitre, parce qu'après une relecture, il restait vraiment de très grosses fautes. Bien sûr, vous n'êtes pas à l'abri d'en voir d'autres.
Je vous dis à la prochaine,
Sha'
Review !
