Disclaimer : le monde HP et ses personnages appartiennent à JKR, référence à l'unviers de la série Charmed et l'idée de romance et drame familiale sont inspiré du film Boolywood "La famille indienne". Vous êtes prévenu !
Rating : M+
Pairing : HP/TMR et autres couples.
Genre : Slash Yaoi, Drame familial, Romance, UA avec magie
Personnages OOC
Parole en italique : fourchelangue
ATTENTION : Il se peut qu'il reste encore des fautes. Alors toutes mes excuses si vous rencontrez des fautes de temps, de grammaires ou d'orthographes. Ça arrive même au meilleur d'entre nous.
Sur ce...bonne lecture...
PARTIE I
CHAPITRE 11
Il était exactement 20h35 et les deux hommes étaient toujours installés au Higglestone, le petit café du coin.
En face des deux sorciers étaient posés leur consommation commandées quelques minutes plus tôt. Un café Arabica sans sucre pour Harry et un thé noir d'Assam pour Tom.
Tom n'avait jamais bu de café et compte tenu de l'odeur et de la couleur du liquide, il était bien content d'avoir refusé l'offre d'Harry de lui faire goûter ce breuvage. Cette boisson qui commençait à être appréciée des sorciers comme des moldus, ne lui inspirait pas confiance. Tout ce qui était amer n'était pas vraiment ce qu'il préférait. Le thé, peu importe le goût, était bien plus doux et purement anglais. C'était sa boisson de prédilection, et cela lui allait très bien.
Après qu'ils se soient de nouveau présentés en bonne et due forme, les deux hommes s'étaient murés dans un silence loin d'être désagréable. Mais Harry devait bien avouer que ce silence n'avait rien à faire là. Pour l'avoir presque pourchassé afin d'obtenir toute son attention, Harry ne comptait pas finir ce rendez-vous sans qu'il ait un minimum réussi à tisser un début de lien entre lui et Tom.
Donc après avoir bu une première gorgée de son café, Harry avait relevé la tête vers Tom qui avait le regard noyé dans sa tasse de thé. Durant de longues minutes, il était resté figé sur le visage de l'homme en face de lui, le détaillant comme il n'avait pu le faire les autres fois.
Oh bien sûr, il savait qu'il était beau dans son genre. Mais être aussi proche de ce visage, lui avait donné toute l'opportunité d'admirer cette beauté froide et renversante. Et il ne se faisait aucun doute que ce dernier descende d'une famille d'aristocrate. Il en avait les airs. Ses traits du visage étaient lisses de toutes expressions. Aucune imperfection ne venait entacher cette peau blanche. Aussi blanche que pouvait l'être celle des Malfoy. Il aurait bien voulu dire comme la sienne, mais Harry avait hérité du teint légèrement hâlé des Potter. Ce qui n'était pas déplaisant pour autant. Au contraire. De longs cils structurés habillaient les yeux légèrement en amande, des cheveux bruns ondulés venaient chatouiller le haut de sa nuque. Le regard d'Harry s'était arrêté avec convoitise sur les jolies lèvres ni trop fines ni trop pulpeuses. Parfaites pour des baisers.
À cette pensée, Harry s'était soudainement mis à rougir, tout en faisant de son mieux pour réprimer cette pulsion d'envie de goûter à ses lèvres pour y connaitre leur saveur et leur douceur.
De gêne, il s'était raclé la gorge, sous le regard interrogateur de Tom.
Ce dernier avait arqué avec charme l'un de ses sourcils épais et parfaitement dessiné devant l'embarras évident de l'autre sorcier. Il s'était bien douté que cela était dû à son inspection faite sur sa personne. Il n'était pas stupide. Il avait bien senti le regard émeraude de ce dernier le détailler avec minutie. Alors silencieux, et le regard toujours baissé vers sa boisson, il l'avait laissé faire. Après tout, il s'était bien permis de dévisager l'homme sous toutes les coutures la première fois qu'ils s'étaient rencontrés.
En se souvenant de ce moment, il s'était aussi rappelé la façon dont il avait réagi à sa magie. Cette même magie qui l'avait soigné avec une telle douceur qu'encore aujourd'hui il pouvait la sentir courir doucement sur sa blessure qui avait bien cicatrisé.
Lorsqu'ils s'étaient serrés la main, il avait de nouveau ressenti cette même douceur. Mais ce qui l'avait le plus interpellé, ce fut lorsque sa magie et celle d'Harry étaient entrées en contact. La sensation avait été légère, mais bien présente et pas du tout désagréable. C'était comme si leur magie avait, elles aussi, décidé de s'entendre. C'était pour le moins troublant et intéressant. Il était certain qu'Harry avait ressenti la même chose que lui.
Enfin !
Seulement après qu'il ait repris contenance, dans un sourire toujours aussi aimable, Harry avait entamé la conversation. Doucement, les deux hommes s'étaient détendus, surtout Tom, brisant ce silence qui commençait à peser lourd.
Sans qu'ils ne sachent comment ils en étaient arrivés là, ils parlèrent de leurs études passées dans une école différente, soulevant un point plus ou moins drôle. Si Harry avait été à Poudlard, les deux se seraient assurément rencontré dans ce contexte-là. Certes Tom était plus vieux que lui. Cinq années les séparées. Mais ils auraient étudié quelques petites années ensemble dans le même collège.
Tom n'avait pu empêcher une ébauche de sourire se dessiner sur ses lèvres à ce constat, avant de se sentir un peu jaloux par le fait qu'Harry ait pu étudier à Durmstrang et non à Poudlard comme il en avait été convenu bien avant sa naissance.
Tom ne regrettait pas ses études passées à Poudlard hormis les railleries et les coups dont il avait été victime durant toutes ces années. Mais il devait bien avouer qu'étudier dans une école où on apprenait toute forme de magie comme la magie noire, était le rêve de tout sorcier qui y porte un grand intérêt. Ce qui était son cas.
Depuis qu'il sait faire de la magie, Tom avait développé une fascination mordante pour elle. Il s'était obligé à l'apprendre contentieusement, d'abord aux côtés de son oncle qui fut son précepteur jusqu'à l'âge de onze ans, puis à Poudlard là où il avait pu parfaire son enseignement et accroitre ses connaissances. Cependant bien que Poudlard offre pas mal d'avantages, elle avait aussi beaucoup d'inconvénients comme le fait de ne pas enseigner à ses élèves les duels, le combat rapproché, le maniement des armes blanches ou d'autres formes de magie que la magie blanche. Tom n'avait rien contre elle, mais il avait toujours eu une franche préférence pour la magie noire et la magie élémentaire aussi. Ce que tous jeunes sorciers apprenaient en allant à Durmstrang. Voilà pourquoi il avait ressenti cette petite pointe de jalousie en sachant qu'Harry avait eu la chance d'avoir reçu son enseignement. Il devait être riche en connaissances et en savoir. Ce qui était bon point pour lui. Tom imaginait déjà leur futur sujet de conversation.
Peu à peu leur discussion s'était dérivée enfin vers des sujets un peu plus personnels. Ce qui n'était pas pour déplaire Harry. Cependant, plus ils parlaient, plus il y avait une chose qui commençait lentement à le chagriner. S'il avait pris l'habitude de tutoyer Tom, malheureusement ce dernier ne cessait de le vouvoyer. Cela lui hérissait les poils. Il voulait que Tom se sente vraiment en confiance avec lui au point de laisser la bienséance de côté. Il n'avait rien de mal ou d'irrespectueux à le tutoyer. Du moins cela était de son avis.
-J'aimerais que tu me tutoies aussi, dit Harry d'un but en blanc, interrompant leur discussion et faisant se figer Tom de surprise.
-Je ne peux pas, dit Tom.
-Tu ne peux pas ou tu ne veux pas, plissa des yeux Harry, contrarié par sa réponse.
-Je ne peux pas. Cela serait malvenu de ma part de vous tutoyer. Voir irrespectueux, étant donné votre statut, argua Tom, en détournant le regard.
-Tu veux que je te dise, reprit Harry après un moment, Tu me manquerais de respect si tu ne le faisais pas. Moi je le fais bien, alors fais en de même, insista-t-il.
-Mais à moi cela ne me dérange pas que vous me tutoyez, dit Tom, les sourcils froncés.
-Comme cela ne te dérange pas de te laisser marcher sur les pieds, dit Harry, avant de s'en vouloir.
Tom lui lança un regard noir devant ces mots malheureusement véridiques.
Qui était-il pour oser le juger de la sorte ? Il croyait le connaitre juste parce qu'il avait pris la peine de faire des recherches sur lui. Mais en réalité, il n'en était rien.
Par Morgan ! Il n'avait pas accepté de venir pour se faire jeter au visage à quel point sa vie était pathétique. Il n'avait besoin de personne pour le lui rappeler.
Il ne savait pas pourquoi, mais entendre cela de sa part, lui étreignit le cœur. Évidemment, sa vie n'était que le fruit d'horribles scénarios, et bien malgré lui, il n'avait pas le choix que de s'en accommoder.
Mais combien de fois avait-il prié Merlin et Morgan pour que lui et Morfin aient une vie décente, loin de la haine, des jugements. À force, il avait arrêté de les compter.
D'un autre, cela lui serait passé au-dessus de la tête sans effort, mais d'Harry...Tom était réellement blessé par ce qu'il venait de lui dire. Jusqu'à maintenant il lui avait toujours paru agréable et gentil. Peut-être s'était-il lourdement trompé sur son compte et qu'en réalité il était comme les autres. À juger, sans se donner la peine de se mettre à sa place, juste deux secondes.
-Je crois que nous en avons fini, dit froidement Tom en commençant à se lever.
Une main vint brusquement retenir la sienne, le faisant se figer puis se rassoir face un Harry pas du tout prêt à le laisser quitter cet endroit sans s'être excusé au préalable. Il n'avait pas voulu dire une telle chose. Ou du moins pas de cette façon-là. Si abrupt et incorrect.
-Je suis désolé, dit Harry en voyant que ses mots l'avaient blessé. Je n'ai pas le droit de te dire cela. On ne se connaît pas encore assez, mais je sais à quel point ta vie a dû être difficile. Et crois-moi, loin d'être de la pitié, je suis sincèrement désolé pour les horreurs dont ton oncle et toi aviez été victime.
Il aimerait lui en vouloir et partir d'ici sans plus de cérémonie, mais son corps et sa conscience refusaient de lui tourner le dos. D'autant plus que le regard émeraude qui lui faisait face transpirait une sincérité affolante.
Se redressant sur sa chaise, il détourna son regard pour le diriger vers l'extérieur assombri par la nuit. Harry soupira de soulagement.
-Écoute Tom, commença Harry avant de se faire interrompre brusquement par la voix neutre de ce dernier, le regard toujours tourné vers l'extérieur.
-Mon oncle n'a jamais voulu suivre les pas de son père en devenant un Mangemort, au grand désespoir de celui-ci. Ma mère non plus ne l'a jamais été. Mais c'était parce qu'elle n'était qu'une cracmol sans intérêt aux yeux de son père. Pour ce qui en est de mon oncle, je ne sais pas vraiment par quel miracle il a réussi à se détourner de sa volonté. Bien sûr, cela lui a valu de subir son courroux. Et plus tard celui de ses semblables, mais pour être le fils d'un Mangemorts. Plus que moi il en a souffert et en souffre encore aujourd'hui, révéla Tom. On ne mérite pas de vivre comme ça. Dans la souffrance, dans la peur. Vous ne pouvez pas savoir à quel point cela me rend furieux, tonna-t-il d'un ton où la rage se ressentait.
-J'aimerais te dire que je comprends, mais cela sera malvenu de ma part, dit Harry, d'une voix à la fois douce et triste.
-Je n'ai pas pour habitude de me confier à des étrangers ou à m'apitoyer sur mon sort, fronça des sourcils Tom, soudainement surpris qu'il ait pu se dévoiler ainsi à l'autre sorcier.
-C'est évident, dit Harry. Personne, hormis ton oncle je suppose, ne t'en a donné l'occasion jusqu'à aujourd'hui.
-Oui, acquiesça Tom. Bien que je ne lui dise pas tout, pour ne pas l'iinquiéter plus qu'il ne l'est déjà.
Harry, ne dit rien. La discussion était plus légère, et Tom baissait enfin peu à peu ses barrières. Peut-être qu'avec le temps, il serait plus à l'aise et finirait par le tutoyer, le considérant ainsi comme un ami.
Alors qu'un nouveau silence commençait à s'installer entre eux, Harry décida de le briser en se livrant comme venait de le faire Tom.
-Tout le monde pense que venir d'une famille de sang-pur est bien, commença Harry, ramenant l'attention de Tom sur lui. Évidemment dans un sens cela l'est. Nous avons le confort et l'éducation. Et dès la naissance nous sommes déjà promis à un avenir tracé par nos parents, sans possibilités de faire nos propres choix, déclara d'un ton défaitiste. On a peut-être tout, mais il nous manque ce qui est à mes yeux est le plus important, la liberté, finit-il d'un ton légèrement amer, surprenant Tom.
Il ne savait pas ce que vivait Harry au sein de sa famille, mais il ne se faisait aucun doute qu'il y avait beaucoup de non-dits et que ce dernier devait être confronté à des situations compliquées.
-Privé de mes choix, je ne sais pas si j'aurai aisément pu me plier aux obligations et responsabilité imposées par ma famille, dit Tom, dans une grimace.
-Malheureusement dans ses familles là, tu te tais et exécutes ce que l'on te demande de faire, si tu ne veux pas de te retrouver répudier. Ou pire encore.
-Ce que vous ne tolérez pas, je me trompe, souleva Tom.
-Hn, affirma Harry, en hochant de la tête.
Pour s'être intéressé sur les familles de sang-pur au cours de ses années d'études, Tom savait que ces familles-là étaient dirigées par des règles et traditions, voire même des lois, bien définies. Aucune d'entre elles ne s'amuserait à les déroger. Les enfants nés de ses familles n'avaient pas le choix que suivre toutes ses obligations. Ce qui était bien triste. Honnêtement, lui n'aurait pas supporté tant de pression. Il était fait pour la liberté.
-Enfin, reprit Harry. Tout cela pour te dire que nous n'aspirons pas tous à faire ce que nous dictent nos parents. Moi par exemple, je ne voulais absolument pas travailler aux côtés de mon père. Mais je n'en ai pas eu le choix.
-Et où travaillez-vous ? Demanda Tom.
-Au ministère, répondit Harry. Ce qui ne me ravit pas vraiment. Mais c'était ce qui était prévu après mon retour.
-Votre retour ?
-Je suis rentré il y a moins de quatremois d'un long voyage qui m'a permis d'étudier la magie dans son ensemble.
-Vos parents vous ont laissé quitter le pays ?
-Oui, à ma demande. Demande qui fut transformée en un arrangement entre mon père et moi.
-Qu'était-il ? Le questionna Tom, d'un ton intéressé.
-Il me laissait libre de voyager pendant une durée de 4 ans et en revenant je m'engageais à faire ce qu'il attendait de moi, dit Harry avant de finir son café devenu tiède.
-Vous avez au moins pu profiter de 4 années de liberté, tonna Tom. Je vous envie. J'aurais aimé en faire autant. Voyager. Découvrir le monde, ses richesses et ses secrets, avoua-t-il d'un ton légèrement rêveur.
-Oui j'ai eu beaucoup de chance, murmura Harry, en baissant les yeux sur sa tasse vide. Cela m'a permis de profiter pleinement de ma passion.
-Votre passion ?
-J'étais comme un aventurier, cherchant à percer les mystères de la magie, notamment celle de certaines civilisations existantes ou perdues, répondit Harry. Oui, c'était quatre belles années de liberté vécues loin de mes responsabilités, finit-il, dans un sourire à la pensée de ses voyages et découvertes.
Pas de doute. Après la jalousie, voilà qu'il se sentait envieux de la vie qu'Harry avait menée en dehors de l'Angleterre. Il se rendait compte que sa vie ressemblaità si méprendre à celle qu'il avait toujours désiré avoir.
-Et toi ? Qu'elles sont tes passions ? S'intéressa Harry, en croisant les bras sur la table.
-Eh bien, commença Tom, Je dirais qu'elles rejoignent un peu les vôtres. Je n'ai pas eu la chance de continuer mes études, alors je fais en sorte, de par moi-même, d'étudier plus profondément la magie. Mes temps libres me permettent de faire des recherches et d'écrire des mémoires qui retracent toutes mes découvertes.
-Oh ! fit surpris Harry. Voilà un merveilleux point commun que nous avons là. Nous pourrons échanger sur nos travaux, dit-il le regard empli d'émerveillement.
-Oui, acquiesça Tom, se retenant de rougir face au regard émerveillé de l'autre sorcier. Pourquoi pas, rajouta-t-il. Cela pourrait être intéressant.
-Je suis content, sourit Harry. Nous allons être amenés à nous revoir plus souvent que je me l'étais imaginé. Ça me plaît, rajouta-t-il tout en lui lançant un clin d'œil.
-Il faut croire, dit simplement Tom, en baissant les yeux vers ses mains liées entre elles.
Intérieurement, son cœur battait à tout rompre, déjà impatient d'être à leur prochaine rencontre. Harry avait très bien réussi à le mettre peu à peu en confiance. Il ne ressentait plus aucune méfiance envers lui. Il devait bien avouer que c'était agréable de se relâcher et Harry le lui permettait.
Jetant un regard à sa montre, Harry constata que le temps filait à toute allure. Il était bientôt vingt et une heures cinq et dans vingt-cinq minutes il était attendu, avec ses parents, chez les Applegate. Bien malgré lui, il allait devoir mettre fin à leur échange. En plus, il voulait profiter du peu de temps qui lui restait pour se changer en une tenue un peu plus convenable pour ce genre de dîner.
-Je vais devoir te laisser, dit Harry, en soupirant. Ma famille et moi-même sommes attendus chez des connaissances.
-Oh ! fit Tom.
C'était une sensation étrange, mais il ressentait bien cette déception de devoir clore cette entrevue. Mine de rien, en omettant la petite incartade d'Harry, il avait passé un bon moment. Il aurait bien voulu que celui-ci s'éternise un peu plus.
-Maintenant que je sais où te trouver, cela sera simple pour nous de se revoir, dit Harry. Je sens vraiment que nous allions bien nous entendre.
-Vous le croyez vraiment ? Demanda Tom, tout de même indécis.
-Oui, affirma Harry, sûr de lui. Et j'espère qu'à force de nous côtoyer tu laisseras tomber le tutoiement. J'insiste, tonna-t-il, en se levant.
-Seul le temps nous le dira, dit simplement Tom, dans un petit sourire.
-Bien ! Je te laisse. Nous nous reverrons sans doute dans la semaine.
-Sans doute, répondit Tom.
-Alors à plus tard. J'étais ravi de ce premier échange, assura Harry, dans un sourire teinté de satisfaction.
Tom ne le montra pas, mais il était gêné par ces mots.
-À bientôt, dit-il simplement sous le rire d'Harry qui s'en alla non sans le saluer une dernière fois.
Tom le regarda quitta le café, cachant devant sa main un début de sourire tout aussi ravi que celui d'Harry.
Finalement, il avait bien fait de se rendre à ce rendez-vous.
Jetant un regard à son thé, il décida de le finir tranquillement et de réfléchir sur la prochaine fois où ils se reverraient. Évidemment, là aussi, cela se passerait sans aucun doute dans le monde moldu. Pas que cela le dérange. C'était bien plus prudent. Même s'il était certain que cela ne dérangerait pas Harry qu'ils se voient chez les sorciers, il ne voulait pas prendre le risque de leur créer des ennuis. Comme il ne voulait pas briser leur soudaine relation alors qu'elle commençait enfin à prendre forme. D'autant plus que maintenant, il était prêt à abaisser ses barrières défensives et laisser un autre sorcier pénétrer dans son intimité.
Tom voulait connaitre l'amitié et peut-être plus encore.
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Sous les yeux globuleux et affolés de Dobby, Harry finissait d'ajuster sa tenue.
Il était rentré au Manoir avec juste le temps pour se changer, ordonnant avec précipitation à son elfe de lui trouver dans un temps imparti une tenue idéale pour un dîner. Ce que Dobby avait fait avec affolement. Maintenant prêt à rejoindre ses parents dans le salon pour le départ, l'elfe sautillait toujours aux côtés de son Maître pour le dépêcher.
-Maître, couina Dobby.
-C'est bon Dobby, dit Harry en prenant sa cape avant de sortir dans de grands pas de ses appartements.
Dobby l'accompagna jusqu'au salon et le laissa une fois que son Jeune Maître fut entre les mains de sa mère qui attendait déjà près de la cheminée.
Cette dernière était tout simplement éblouissante dans sa magnifique robe longue, brodée d'un bleu de minuit, scintillante par quelques paillettes, striées ici et là. Elle faisait ressortir ses beaux yeux bleus. Ses cheveux étaient relevés en un chignon parfaitement coiffé, retenu par une petite épingle en diamant.
Oui, sa mère était somptueuse. Elle savait comment se mettre en valeur, même pour un simple dîner de convenance. Beaucoup de femmes la jalousaient. Mais pas qu'elle, ses tantes Bella et Androméda attisaient aussi une franche jalousie par leur beauté saisissante.
Les bons gènes des Black, justifierait-on.
-Ce que tu es beau mon fils, souffla tendrement Narcissa lorsque Harry s'approcha d'elle.
-Merci mère. Et vous êtes resplendissante. Je pense que Lady Applegate va en rougir de jalousie, sourit-il, avant de l'embrasser sur le front.
-Évidemment, tonna-t-elle, le sourire en coin.
-Ah te voilà, s'exclama Lucius en entrant dans le salon, la main enfouissant des documents sous sa cape. Ne perdons pas de temps, allons-y, dit-il en se mettant près de la cheminée. Après vous ma chère.
Tout en entrant dans la cheminée, elle prit de la poudre et s'installa en son centre. Avant de disparaitre, elle lança un regard encourageant vers son fils. Elle savait qu'il aurait voulu être autre part qu'ici, prêt à aller chez la famille que Lucius avait potentiellement choisie pour un mariage arrangé.
Lorsqu'elle fut disparue, Lucius se retourna vers son fils tout en posant une main sur l'une de ses épaules.
-Harry ! commença-t-il. Ce dîner n'est pas simplement un dîner amical.
-Comment cela ? Fronça des sourcils Harry, feignant d'avoir déjà compris ce qu'il en retournait réellement.
-Écoute ! Les Applegate sont une famille de sang-pur dont le patrimoine et la richesse égaleraient presque la nôtre.
-Dites-moi clairement où voulait vous en venir père, argua Harry, avec impatience.
-Sur un autre ton, jeune homme, claqua la voix froide de son père. J'ai commencé à sélectionner quelques familles de haut rang qui sont potentiellement acceptables pour une alliance avec notre famille. Et tu penses bien qu'une telle alliance passera par un mariage arrangé. Mon choix s'est arrêté sur les Applegate qui sont une bonne famille. Ils ont une fille de dix-huit ans, prête à se marier. Elle fera une très bonne épouse et mère pour un homme tel que toi.
-Comme beaucoup de femmes père, répliqua sèchement Harry. Depuis le dîner de l'autre fois, j'attendais de vous que vous veniez me reparler de ce projet. Mais je vois que vous en avez décidé autrement. J'ai quand même mon mot à dire là-dedans.
-Harry, voyons, tu sais bien que c'est une tradition chez les familles de sang pur. Ce sont les parents qui valident la mariée ou le marié après des négociations. Je t'avais pourtant bien expliqué comment cela fonctionnait, il me semble.
-Quand je n'avais que onze ans, rétorqua Harry, les sourcils froncés de mécontentement. À cette époque, je n'avais pas les mêmes pensées qu'aujourd'hui.
-Et cela m'importe peu, déclara son père.
-Vous dîtes que ce sont les parents qui valident le mariage, en avez-vous parlé avec mère ? Est-elle d'accord avec vous sur le choix de la famille que vous souhaitiez m'imposer, dit Harry, d'un ton amer.
-Harry ! Prévint Lucius.
-Je veux savoir si cette décision s'est prise à deux, ou si vous en êtes le seul juge. Mère devrait avoir plus de droits que moi, non, ironisa-t-il.
Dire qu'Harry était énervé serait un euphémisme. Et Lucius était dans un état similaire. Les deux hommes se regardaient en chien de faïence.
Jamais Lucius n'aurait pensé une seule seconde que son fils puisse le confronter de la sorte. Certes, il aurait peut-être dû lui en reparler avant, mais c'était coutume que ce soit les parents, ou plutôt le père de famille, de prendre les devants et de négocier un mariage arrangé. Il n'y avait aucune obligation d'en informer au préalable aux enfants. Certains le faisaient, mais après leur dernier dîner familial, il n'avait pas vu l'utilité d'en faire de même. Et pour ce qui est de Narcissa, pour lui elle n'avait pas réellement son mot à dire. C'était lui le père, lui le Lord de la famille. C'était à lui de prendre les meilleures décisions concernant l'avenir de ses fils. C'était comme ça et pas autrement.
Voyant que la discussion s'éternisait et commençait à devenir houleuse, Lucius décida d'y mettre un terme. Ils étaient attendus chez les Applegate et il serait malvenu de leur part d'arriver plus en en retard qu'ils ne le soient déjà.
-Nous y reviendrons plus tard, annonça froidement Lucius. Nous sommes déjà bien en retard, dit-il en entrant dans la cheminée. Je n'ai pas besoin de te dire de bien te tenir, rajouta-t-il avant de disparaitre sous les yeux furieux d'Harry.
Harry connaissait les Applegate, et bien qu'ils soient une bonne famille, il ne voulait absolument pas épouser leur fille de dix-huit ans.
Par Merlin ! Il devait à tout prix éviter un mariage arrangé entre lui et leur fille et essayer de temporiser son père. Mais surtout il devait gagner du temps.
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-Harry ! S'exclama Lucius alors qu'il sortait du salon. Suis-moi dans mon bureau. Immédiatement.
À peine étaient-ils rentrés de chez les Applegate, que son père n'attendit pas pour le réquisitionner entre les quatre murs de son bureau pour une longue discussion qui allait sûrement déclencher des mésententes entre les deux hommes.
Après être arrivés en retard et s'être confondus en excuses auprès des Applegate, il avait fait la connaissance de leur fille. Élina Applegate. Une jeune fille qui sortait bonne élève de l'école de Poudlard, mais qui n'avait aucune ambition que celle de devenir une épouse.
En le voyant, elle n'avait pas caché son ravissement. Pas une seule fois, elle ne l'avait lâché du regard, ce qui l'avait hautement horripilé. Sous ses gloussements et ses battements de cils à n'en plus finir, Harry avait bien failli en découdre en quittant ce simulacre de dîner.
Aberré, Harry n'avait fait aucun effort pour se rapprocher de la fille. Et cela n'avait pas plu à son père qui lui avait envoyé, il ne savait combien de fois, des regards appuyés, outré par son comportement irrespectueux.
Après le dîner, son père était parti s'enfermer avec Lord Applegate dans son bureau. Et qui sait ce que les deux hommes s'étaient dit. Harry devait bien avouer qu'il s'était senti trahi en voyant son père le suivre, non sans lui jeter un regard d'avertissement.
Sous le regard inquiet de sa mère, Harry suivit son père dans son bureau. Lorsqu'il pénétra à l'intérieur, son père claqua fortement la porte et plaça un sort de silence.
-Te rends-tu compte de la façon dont tu t'es comporté avec Miss Applegate.
-Je ne vois pas de quoi vous voulez parler père, s'exclama Harry d'un ton faussement calme.
-Ne joue pas à cela avec moi Harry. Tu n'as fait aucun effort pour te rapprocher d'elle et apprendre à la connaître. Tu es resté froid et distant tout le long de la soirée. Une attitude inadmissible, tonna Lucius, avec colère.
-N'est-ce pas ce que nous sommes, nous autres Malfoy, répondit avec ironie Harry. J'ai agi exactement comme vous l'exigez quand nous sommes en dehors de ce Manoir.
-Dans les affaires je suis d'accord. Mais lorsque nous sommes invités je veux que tu agisses de manière plus distinguée et respectueuse.
-Pourquoi aurais-je dû faire un effort de discuter avec cette fille. Nous n'avons rien en commun. Commença à s'énerver Harry. Je sais ce que vous voulez et il hors de question que je fasse une chose aussi stupide que d'épouser leur fille.
-Ce n'est pas à toi de décider ça, gronda Lucius.
-Oh si ! Je suis le principal concerné. Jusqu'ici je me suis tu et plié à toutes vos exigences, renonçant ainsi à mes rêves, tonna Harry. Mais il est hors de question que je fasse profil bas lorsqu'il est question de ma vie personnelle. Je ne veux pas d'un mariage arrangé avec une fille qui ne me plait guère, déclara Harry le souffle court et les jours rouges.
Ce n'était pas prévu qu'il parle ainsi, mais au moins c'était dit.
Il avait osé tenir tête à son père. Et ce dernier ne s'y était pas attendu. Les yeux écarquillés, il regardait son fils comme si c'était la première fois qu'il le voyait. En l'espace d'une soirée, il s'était dressé deux fois contre lui. Il n'en revenait pas de son audace. Il en était à la fois surpris et contrarié.
-Je t'interdis de me parler de la sorte, se reprit Lucius froidement en s'approchant de lui. Tu mériterais une punition, dit-il en posant une main ferme sur l'une de ses joues. Mais je vais oublier. J'avais bien remarqué qu'en ce moment tu étais à cran. Pas vraiment avec nous. Mais qu'importe. Je veux que tu te ressaisisses, finit-il par dire en retirant sa main.
-Père, tenta Harry, surpris par son geste.
-Et tu feras, gronda Lucius en le coupant. Ce que je te dis de faire, finit-il d'une voix coupante.
-Pas quand il est question de mariage. Je veux avoir mon avis là-dessus, répliqua Harry faisant reculer Lucius.
-Par Morgane ! A t'entendre, j'ai l'impression de t'avoir volé ta liberté, dit Lucius. J'ai accepté que tu voyages pendant quatre ans. Que tu fasses ce que tu avais toujours rêvé de faire. Découvrir et apprendre.
-Et je vous en suis reconnaissant d'avoir fait ces concessions. Mais sur ce qu'il en ait du mariage, je veux juste que vous me teniez au courant de ce que vos envisager pour moi. Il est hors de question que je me marie à une femme qui ne me plait pas. Père, dit doucement Harry.
Silencieux Lucius regarda fixement son fils pendant un long moment, avant de poser une main sur l'une de ses épaules.
-Je ne veux aucunement me disputer avec toi fils. Tu sais que je ne souhaite que le meilleur pour toi comme pour Draco.
-Je sais, souffla Harry.
Les yeux figés dans ceux bouleversés de son fils, Lucius pensa qu'il pouvait se montrer un peu plus clément. Après tout, Harry avait raison, il était le principal concerné. Et puis, il ne voulait pas entrer en guerre avec lui. Alors il prit la décision de ne pas donner suite aux Applegate. Il devait bien avouer que leur fille était un loin d'être une femme digne d'être une Malfoy.
-Bien je veux bien prendre en compte tes dires mon fils. Oublions les Applegate. Je vais revoir mes jugements sur les familles que j'ai mis de côté. Une d'entre elles fera bien l'affaire.
Bien qu'il soit toujours au même point, c'était déjà de ça de gagné.
-Saurais-je qui ce sera ?
-Je m'engage à te le révéler en temps voulu, dit Lucius en se détachant de lui. J'espère ne plus avoir affaire à ce genre de comportement, parce que je ne serais pas aussi clément, reprit son père d'un ton froid.
-Je voulais juste que vous compreniez mon point de vue, se justifia Harry.
-J'entends bien. Mais à l'avenir ne me manque plus de respect de la sorte. Compris !
-Oui père, dit Harry en baissant les yeux.
-Bien. Il se fait tard. Va te coucher, dit Lucius le visage fermé, tout en s'installant derrière son grand bureau en bois de chêne.
Leur conversation aurait pu mal tourner. Harry était étonné que son père ait accepté si facilement de ne pas donner suite aux Applegate. Mais cela ne voulait pas dire que la question du mariage arrangé était oubliée. Au contraire. Il était sûr que dès demain, Lucius allait se mettre à chercher une autre famille.
Harry s'en voulait énormément de ne pas avoir le courage de lui révéler qu'il était homosexuel. Peut-être qu'il aurait pris cette infirmation capitale en considération.
Impossible, lui cria sa conscience.
C'était de Lucius Malfoy qu'on parlait. Un homme qui ne fallait surtout pas décevoir.
S'il devait passer à côté d'une relation amoureuse avec un homme qu'il aurait choisi, autant qu'il le marie à une femme avec laquelle il s'entendrait bien pour construire un semblant de vie commune pas trop désastreuse.
Maussade, il sortit du bureau de son père, passant devant sa mère, inquiète de leur échange. Ne voulant pas s'attarder, il la quitta dans un bonne nuit à peine audible. Un pli soucieux dessiné sur le front, elle le regarda disparaître du couloir, s'empêchant de le suivre.
Elle ne savait pas ce qui s'était passé entre eux, mais elle espérait que rien de grave n'avait été prononcée en voyant le visage fermé de son époux lorsqu'elle entrouvrit la porte de son bureau.
Celui-ci releva la tête vers elle, l'incitant à entrer franchement dans la pièce.
-Tu n'es pas allé te coucher ? Dit-il.
-Non. Impossible en vous sachant enfermer ici, répondit sa femme. Ne lui en veut pas d'avoir agi de la sorte avec Miss Applegate. Elle n'est pas des meilleures compagnies. Elle n'a aucune conversation intelligente.
-Je sais, souffla fortement Lucius. Mais elle vient d'une bonne famille.
-Il y en a des meilleurs. Je sais que je n'ai pas mon mot à dire là-dessus. Mais si tu veux que ton fils accepte plus facilement ta décision, trouve-lui une femme qu'il connaît et qui lui correspond. Mais surtout ne le laisse pas de côté.
-Je vois que tu as réfléchi à la question, argua son époux, en croisant les mains sous son menton. Je suppose que tu as une idée à me soumettre
-Oui, affirma Narcissa en s'avançant.
Lucius la considéra un moment, se disant qu'aujourd'hui c'était sa journée de concessions, avant de lui ordonner de fermer la porte.
La tête haute, elle s'approcha du bureau de son mari, prête à lui révéler la famille qu'elle pensait la plus judicieuse pour union entre leurs enfants.
À suivre...
Voilà, voilà pour ce chapitre.
Verdict ?
Je vous dis à la prochaine.
Sha'
Review !
