Disclaimer : le monde HP et ses personnages appartiennent à JKR, référence à l'unviers de la série Charmed et l'idée de romance et drame familiale sont inspiré du film Boolywood "La famille indienne". Vous êtes prévenu !

Rating : M+

Pairing : HP/TMR et autres couples.

Genre : Slash Yaoi, Drame familial, Romance, UA avec magie

Personnages OOC

Parole en italique : fourchelangue


ATTENTION : Il se peut qu'il reste encore des fautes. Alors toutes mes excuses si vous rencontrez des fautes de temps, de grammaires ou d'orthographes. Ça arrive même au meilleur d'entre nous.

Sur ce...bonne lecture...


PARTIE I


CHAPITRE 12

En sortant de la libraire, Tom sentit son cœur tressauter à la vue d'un Harry impeccablement vêtu de ses mêmes habits qui le rendaient si beau, si élégant et si désirable.

À chacune de leurs rencontres il portait une de ses tenues moldu qui épousaient parfaitement bien sa silhouette. Chaque fois, en le voyant il ne pouvait s'empêcher de le détailler avec envie et appréciation, avant de se demander si à lui aussi ce style vestimentaire lui siérait à merveille. C'était un peu hypocrite de sa part de se poser cette question, en sachant son aversion pour les moldus et tout ce qui s'y rapportait. Cependant, il devait bien avouer que ces non mages possédaient quelques cultures intéressantes.

De son côté, même s'il ne se sentait toujours pas à l'aise face à tant d'élégance, depuis peu il essayait d'avoir une certaine allure, portant un peu plus attention à sa façon de s'habiller.

-Bonjour Tom, comment vas-tu aujourd'hui ? Sourit Harry en s'approchant de lui.

Alors qu'il avançait à son tour de quelques pas, derrière lui porte de la librairie se ferma dans un petit cliquetis.

Il ne le montrait pas, mais il était content de voir Harry. Quatre jours étaient passés depuis leur dernière rencontre, et mine de rien, ne pas le voir l'avait miné le moral. Il s'était habitué à le trouver là, à l'attendre face à l'entrée de la librairie après le travail.

Une habitude loin d'être déplaisante.

Trois semaines s'étaient écoulées depuis leur premier rendez-vous au Higglestone et les deux hommes s'étaient revus plusieurs fois et toujours au même endroit.

À force de fréquenter le Higglestone, ils étaient devenus des habitués du petit café et connaissaient la propriétaire des lieux. Miss Mary Adler qu'elle s'appelait. Une dame très sympathique d'une quarantaine d'année, veuve et sans enfants. Elle compensait ce malheureux dernier point avec les jeunes qui travaillaient pour elle. Harry s'était pris d'affection pour cette femme et n'hésitait pas à échanger quelques mots avec elle lorsqu'il pénétrait son antre. Au grand dam de Tom qui restait toujours sur la réserve. Après ces brèves salutations, ils allaient s'installer à la même table qui les avait reçus la première fois.

Chaque fois qu'ils se retrouvaient en ces lieux, ils profitaient de ces moments pour faire plus amples connaissances.

Au fils de leurs conversations, et cela à plusieurs reprises, Tom s'était retrouvé étonné par ce qu'il apprenait d'Harry. Loin de se comporter comme l'un de ses héritiers de grandes familles aristocrates qui prenaient tout le monde de haut, c'était un jeune homme poli, agréable, avenant, très souriant et honnête. Et la liste n'en finissait pas. Mais en soi, Tom retenait que Harry était en somme un homme simple qui aimait les choses simples de la vie. Certes il avait un statut qui imposait et un rôle à tenir en société, mais il n'en abusait pas. Ce qui le réconfortait encore plus dans son premier jugement. Harry était en tout point très diffèrent de ses semblables. Et puis ce que Tom appréciait vraiment chez lui, c'était sa vision du monde qui était à la fois rafraîchissante et étonnante. Elle rejoignait un peu la sienne, malgré la faible pellicule d'obscurité qui l'entourait après avoir vécu tant d'épreuve.

Des épreuves ancrées dans sa chair, mais qui pour le moment n'avaient jamais réussi à éteindre complètement cette part d'optimisme en lui. Cet infime espoir qu'un jour il puisse connaître autre chose que de malheureux tourments.

En d'autres termes, il s'acharnait à garder la tête hors de l'eau, parce qu'il voulait croire aux paroles de son oncle. Il voulait croire qu'il y avait bien une personne pour lui quelque part. Prête à l'accepter. À lui montrer les bons côtés de la vie. Et pourquoi pas à l'aimer.

Chaque fois qu'il y songeait, le visage d'Harry se matérialisait dans son esprit. Cet homme qui lui faisait découvrir ce qu'était l'amitié. Cependant, et bien qu'il ne regrettât pas leur entente actuelle, Tom commençait à se poser de plus en plus de questions vis-à-vis de ses sentiments envers l'autre sorcier.

Il n'était pas normal qu'à chaque fois qu'il pense positivement, il pense à Harry. Ce n'était pas normal qu'il s'endorme Harry et se réveille Harry. Ce n'était pas normal d'attendre avec une impatience dissimulée, la fin de sa journée de travail pour retrouver Harry. Ce n'était pas normal de se sentir déçu de ne pas le voir l'attendre devant la librairie. Comme cela fut le cas ces quatre derniers jours. Ce n'était pas normal de lier Harry à son espoir de connaître de doux sentiments. Non, tout cela n'était pas normal. Pourtant il s'en accommodait avec aisance.

Aujourd'hui, Tom vous dirait qu'il était prêt à tout faire pour que rien ne vienne briser leur relation. Il voulait découvrir dans quelle autre direction elle les menait. Surtout pour lui, parce qu'en conclusion de toutes ses interrogations, ce qui remuait au fond de lui à chaque fois qu'il se retrouvait près d'Harry, n'était en rien qu'une simple et banale amitié. Et quelque chose en lui, lui disait qu'Harry avait la même pensée.

Évidemment, pour le moment il préférait garder ce constat pour lui, ne sachant quoi faire ou comment réagir. Après tout, c'était nouveau pour lui. Jusqu'à maintenant, l'amour ou aimer était à ses yeux qu'une faiblesse. Un sentiment inutile et honteux qui nous poussait à être dépendant d'une personne. Mais en y réfléchissait bien, si cela était la définition de Tom, c'était tout simplement parce qu'il n'avait jamais connu ce sentiment qu'il avait autrefois jalousé étant plus jeune.

La seule chose qu'il connaissait était la tendresse de son oncle.

Enfin ! Le voilà à présent confronté à des sensations et des sentiments qu'il n'aurait jamais soupçonné ressentir un jour.

-Bonsoir Harry. Je ne pensais pas vous voir aujourd'hui, s'exclama enfin Tom.

Évidemment cela était tout bonnement faux. Pas une seconde était passée sans qu'il n'espère pouvoir le voir aujourd'hui après ces quatre jours bien silencieux. Si vous lui posez la question, il nierait l'évidence. Pourtant, il avait bel et bien pris goût à leurs rencontres, qui s'étaient peu à peu transformées en de parfaits petits moments de détente après une journée longue et éreintante.

-Je me suis enfin octroyé du temps libre pour le reste de la semaine. J'ai passé ces quatre derniers jours la tête plongée dans la paperasse, se justifia Harry. Désolé pour ne pas t'avoir donné des nouvelles. J'aurais pu t'envoyer un message par hiboux pour expliquer mon silence. Mais…

-Ce n'est rien, le coupa Tom, d'un ton compréhensif.

Bien que le silence d'Harry l'ait travaillé, il savait fort bien qu'il avait aussi d'autres priorités.

-Bien ! sourit Harry. Et si nous partons d'ici.

Tom hocha simplement de la tête avant de commencer à s'éloigner de la librairie, suivi de près par Harry.

Ils ne firent pas attention au regard inquisiteur du vieux libraire qui les suivait du regard jusqu'à ce qu'ils disparaissent de sa vue.

Depuis quelque temps Monsieur Swanson, le vieux libraire, observait le départ de Tom à travers la vitre de sa librairie et à de nombreuses reprises il avait constaté que celui-ci s'en allait en charmante compagnie.

Était-ce un ami à lui ? Il n'en savait rien.

En revanche, il y avait bien une chose qu'il avait remarquée : le visage qu'il connaissait de Tom se transformait. Littéralement. Il se détendait et devenait plus avenant, plus doux en la présence de l'autre homme et vice-versa. Quoique...Dans le regard vert de ce dernier il avait réussi à déceler une tendresse qu'on n'avait pas - ou rarement - pour un simple ami. En toute honnêteté, il doutait qu'une simple relation amicale lie les deux hommes. Après, il n'était personne pour juger quoi que ce soit ou qui que ce soit.

Ah la jeunesse ! Se dit-il dans un fin sourire, avant de se dégager de la vitre pour retourner derrière son comptoir afin de finir de ranger la paperasse qui s'y étalait et de pouvoir fermer définitivement sa librairie.

o00oo00o

-Où est-ce que nous allons, demanda Tom les sourcils froncés.

Habituellement ils allaient au Higgletsone, mais cette fois-ci leurs pas les menaient dans une toute autre direction que celle du fameux café. À vrai dire, c'était Harry qui dirigeait habilement leurs pas. Lui, il se contentait de lui suivre aveuglément.

-Ne pose pas de question et suis-moi, lui dit Harry dans un sourire malicieux.

Sans broncher, Tom le suivit, en faisant attention de ne pas s'entrechoquer avec quelques moldus déambulant sur le même trottoir.

Alors qu'Harry marchait d'un bon pas à ses côtés, il ne pouvait s'empêcher de le regarder du coin de l'œil.

Immédiatement, il remarqua les cernes sous ses yeux, prouvant un peu plus que la charge de travail qui lui avait été imposé ne l'avait pas épargné. Il aimerait bien savoir sur quoi s'était porté toute son attention. Comme il était curieux de savoir ce que faisait réellement Harry au sein du Ministère. De quoi parlait-il lorsqu'il participait à des réunions en la présence de leur Ministre. Sur quoi portaient les dossiers qu'il devait traiter. Certes il savait qu'il jonglait entre le ministère et les affaires familiales Potter comme Malfoy mais il n'en savait pas plus. Harry ne lui donnait jamais de détail, jugeant que cela n'était pas du tout intéressant. En réalité, il évitait comme la peste de parler de son travail tout simplement parce qu'il détestait ça.

Une fois, Tom avait rêvé qu'il intégrait le ministère pour y apporter de grands changements à qui cela profiterait à tous. Sorciers comme créatures magiques. Oui, si Tom avait pu avoir la chance de travailler au sein du ministère il l'aurait saisi sans discuter. Il aurait gravi les échelons, tout en contribuant au bien-être de leur communauté et cela jusqu'à devenir ministre.

Il s'était gardé de révéler ce rêve utopique à Harry, pensant qu'il ne comprendrait pas qu'il ait un jour ressenti l'envie de faire partie de tous ses bureaucrates.

Perdu dans ses pensées, il ne fit pas attention à Harry qui s'était arrêté devant un petit restaurant.

-Nous y voilà, s'exclama Harry, faisant revenir à lui Tom.

Ce dernier haussa un sourcil en jugeant le petit restaurant qui leur faisait face. La devanture était d'un joli bordeaux aux bordures dorées qui encadraient la porte d'entrée. Au-dessus de celle-ci y était calligraphié en lettres dorées "The Ledbury".

Bizarrement, tous ses tons de couleurs lui rappeler les couleurs de la maison Gryffondor à Poudlard. Pas que cela le gênait, mais c'était bien la seule pensée qui lui était passée par l'esprit en voyant le restaurant.

Son regard se porta vers l'une des grandes baies vitrées du restaurant et il pouvait voir à l'intérieur de nombreuses tables élégantes, décorées avec beaucoup de goût. Il remarqua que pour la plupart de ses tables elles étaient occupées par des couples. Ce qui n'était pas vraiment étonnant. L'endroit lui paraîssait intimiste. Parfait pour un dîner romantique.

À cette pensée, il dirigea son regard vers Harry qui rougit soudainement face à son regard interrogateur.

Pourquoi rougissait-il ainsi ? Voilà qui était intéressant.

-J'avais envie de changer d'endroit et…d'ambiance, dit Harry en se passant une main dans les cheveux, avant de détourner le regard.

À cet instant il était certain que quelque chose de nouveau se passait entre eux. Ce n'était pas comme leurs retrouvailles habituelles. Il avait comme l'impression que son envie de changer d'endroit cachait autre chose. Surtout dans ce genre d'endroit.

Tom retint un sourire en voyant Harry se passait pour la énième fois une main dans ses cheveux embrouillés. À force de le côtoyer il savait parfaitement décrypter ce que voulait dire ce geste. Il était gêné. Ou nerveux. Et il commençait à se douter de la raison. Il y avait comme une invitation à dîner non subtile cachait derrière l'action d'Harry, et cela le fit sourire. Comme cela lui fit battre son cœur un peu plus vite.

Il était pris au dépourvu, mais ravi par cette initiative dont il n'aurait jamais osé entreprendre.

-Si c'était une invitation à diner, il fallait le dire tout de suite, dit simplement Tom, son regard intense plongé dans celui d'Harry qui rougit encore plus si c'était possible.

-J'avais peur que tu refuses ce genre d'invitation, détourna le regard Harry.

Tom laissa planer un léger sourire sur ses lèvres avant de s'avancer vers la porte d'entrée.

À lui de prendre les devants.

Il frôla agréablement Harry qui eut un sursaut dû au frisson qui le prit soudainement. Avant de lui murmurer :

-Je ne vous l'aurais pas refusé. Bien au contraire.

Sur ces mots, Tom entra en premier dans l'établissement d'un pas légèrement princier suivi de près par un Harry au sourire éclatant placardé sur son visage.

Harry venait de passer à la vitesse supérieure. Sans détour, Tom se dit alors qu'il n'était pas le seul à vouloir que leur relation définisse autre chose que de l'amitié.

o00oo00o

Ils avaient passé une excellente soirée. C'était sans aucun doute la meilleure depuis qu'ils se connaissent.

Tout au long du dîner, dans lequel Tom avait pu goûter à des plats qu'il ne pouvait nier être délicieux - encore une chose dans laquelle ses foutus moldus étaient doués - les deux hommes s'étaient échangé quelques anecdotes de leur vie passée. Harry avait beaucoup rit. À ses propres anecdotes maintenant qu'il y repensait. Il fallait dire que Tom n'en avait pas d'aussi amusants que les siennes.

Enfin ! Ce n'était pas vraiment une surprise en connaissant maintenant le personnage, mais Tom était tout de même étonné de voir à quel point Harry s'ouvrait sans aucune restriction.

Il était certain d'en savoir autant que ses proches. Harry était si transparent avec lui, que cela en était à la fois surprenant et déroutant.

Mais ce qui l'étonnait plus encore, fut les nombreux points communs qui les unissaient. Évidemment, en bon sorcier qu'ils étaient, ils étaient fascinés par la magie dans toute son immensité. À chacune de leur rencontre il était toujours bon de s'étendre sur le sujet, tout en s'échangeant sur ce qu'ils avaient appris au cours de leur scolarité, mais aussi en dehors de leur enseignement.

Tom était émerveillé lorsqu'il entendait Harry lui raconter l'un de ses voyages et ses découvertes. Celui pour lequel il l'avait écouté avec tant d'attention, ce fut le voyage en Egypte. Tom était fasciné par ce pays aux multiples facettes. Ce pays où la magie avait eu une place importante à l'époque des Pharaons. S'il avait pu, l'Egypte aurait été le premier pays qu'il aurait visité pour accroître ses connaissances sur la magie. En voyant l'intérêt flagrant pour ce voyage, Harry lui avait proposé de lire ses travaux, ce que Tom avait tout de suite accepté.

Malgré qu'il n'en eût pas fait autant que lui, Tom lui avait aussi proposé de lire certains de ces travaux qu'il avait réalisés lors de son enseignement personnel. Tout en lui souriant de ce même sourire qui titillait agréablement son petit cœur, Harry avait accepté avec joie de jeter un œil à ses nombreux travaux.

Autre que ce point commun, il y en avait un qui l'avait profondément touché. Ils étaient tous les deux orphelins. La raison qui faisait qu'ils n'avaient jamais connu leurs parents biologiques était différente, mais cela les rapprochait énormément.

Harry avait perdu ses parents, autrefois Aurors, lors d'une mission dangereuse dans laquelle ils avaient dû arrêter un groupe de fanatiques prônant les idéaux de Grindelwald. Harry avait un an. N'ayant plus de parents sorciers, il était resté un petit moment à la garderie sorcière avant d'être adopté par la famille Malfoy. Heureusement, sinon il se serait retrouvé à l'orphelinat sorcier, bien qu'il lui restât de la famille du côté de sa mère. Cependant, c'était des moldus. Et étant un sorcier, il avait été préférable qu'il soit élevé par ses semblables. Et puis d'après ce que lui avait dit Harry, la sœur de sa mère détestait la magie. Elle avait totalement renié sa propre sœur à cause de sa différence. Qui sait ce qui lui aurait été arrivé s'il avait été placé chez eux.

Tom, comme Harry, ne préférait pas y penser.

Si Harry lui avait dit comment il s'était retrouvé orphelin du jour au lendemain, Tom était resté très vague sur la raison qu'il n'ait plus de parents. La seule chose qu'il lui avait bien voulu révéler était qu'il était né hors mariage d'un père moldu et une mère sorcière. Mère non comprise qui était morte peu après lui avoir donné naissance. Et comme lui, il avait eu la chance d'avoir échappé à une vie sordide à l'orphelinat, en ayant été pris en charge par le frère de sa mère. Pour ce qui est de son père….à part lui avoir dit que c'était un moldu, Tom ne lui avait pas donné plus de détail. C'était un sujet encore délicat même si ce dernier était mort. Et cela, Harry l'avait bien compris.

Enfin ! Tom prenait conscience que tous ses points communs et bien d'autres encore, fortifiaient ce lien indéfinissable entre eux et les rapprochaient énormément. À tel point que Harry se montrait fort tactile.

Il l'avait été encore plus ce soir.

Il ne comptait plus le nombre de fois où il avait senti la main de ce dernier sur son épaule, sur le bas de son dos pour l'intimer à prendre telle ou telle direction, sur son bras, et il en passait. Tous ses effleurements pour le moins chastes et furtifs n'étaient pas anodins et Tom en était parfaitement conscient. Cela ne le dérangeait pas. Au contraire. En ses gestes, Harry lui prouvait une fois de plus à quel point il avait cette envie d'être proche de lui. Mais bien qu'il acceptât toutes ses belles attentions et soit plus ouvert, réceptif et détendu en sa présence, Tom ne s'autorisait toujours pas à en faire de même et à le tutoyer. Ce qui chagrinait fortement Harry.

D'ailleurs cela amusait énormément Tom de voir Harry lui quémander cette attention particulière.

En voyant son neveu entrer dans la pièce, Morfin se redressa et jeta le journal qu'il lisait pour passer le temps sur la petite table basse face à lui. Il jeta un regard suspicieux à Tom qui affichait ce même visage paisible et empreint de contentement qu'il avait constaté depuis quelques semaines. Et puis en avisant l'heure plus que tardive, il se demanda une nouvelle fois ce que Tom faisait après son travail pour revenir à une telle heure. Morfin connaissait très bien ses horaires. Il commençait à neuf heures du matin jusqu'à midi trente et reprenait à une heure trente de l'après-midi. Généralement il finissait à dix-huit heures trente. Le plus tard serait dix-neuf heures. Mais depuis peu il avait bien remarqué que plusieurs fois Tom rentrait sous les coups de vingt et une heures, voire vingt-deux heures passées, comme ce soir.

Toutes ses interrogations l'amenaient à penser qu'il avait probablement rencontré quelqu'un. Ce qui serait très surprenant. Autrement, pourquoi rentrer à de telles heures et avec une attitude aussi sereine et calme qui ne lui connaissait pas.

-Tu rentres bien tard, dit Morfin, en suivant la silhouette de son neveu qui vint s'échouer dans le fauteuil en face de lui.

-Je me suis promené un peu dans les rues de Londres après le travail, dit simplement Tom.

-Vraiment ! Tu fais ça tous les soirs après le travail ? Dit son oncle avec une pointe de curiosité dans la voix.

-Oui, confirma son neveu. J'ai besoin de ce moment pour m'aérer l'esprit et de penser à d'autres choses.

Ce qui n'était pas totalement faux, bien qu'il le fasse en charmante compagnie. Mais cela, il se retint de le révéler à son oncle. Pas qu'il n'ait pas envie de lui dire qu'il passait le reste de ses soirées avec un autre sorcier issu de l'aristocratie. C'était simplement qu'il ne savait pas comment aborder le sujet. Bien sûr Morfin ne ferait rien d'autre que d'être surpris en sachant qu'il avait réussi à se faire un ami, et pas n'importe qui.

-Je vois, s'exclama son oncle, en bougeant légèrement pour s'installer un peu plus confortablement sur le canapé.

Un pic douloureux se fit soudainement ressentir dans tout son corps face à l'action. Il tenta de cacher sa grimace, mais Tom se redressa vivement en voyant son corps se tendre et son visage se figer.

-Es-tu en train de faire un début de crise ? demanda Tom en se levant.

-Non, répondit Morfin, dans un souffle. C'est simplement le contrecoup de celle que j'ai faite il y a une heure.

-Et tu n'as pas pris de potion antidouleur ? tonna Tom.

-J'évite de trop en prendre. Je ne veux pas développer une dépendance, répondit son oncle le regard fuyant.

-Tu sais que tu n'as pas le choix. Tu ne peux pas te permettre de supporter la douleur sans un antidouleur. Est-ce que tu as toujours mal ? Gronda Tom.

-Non. C'est passé, soupira Morfin.

-Il te reste toujours du baume antiinflammatoire ?

-Assez pour une semaine.

-Tu aurais dû en mettre à la place, tonna son neveu.

-Je n'y avais pas pensé, souffla Morfin, en se passant une main lasse dans les cheveux.

-Mets-en avant de te coucher, dit Tom. Aussi, je vais t'en refaire. Mais avant, il va falloir que j'aille acheter les ingrédients nécessaires, tonna le plus jeune.

-Je pourrais m'en occuper, osa dire Morfin.

-On en a déjà parlé. Il est hors de question que je te laisse aller au Chemin de Traverse ou même à l'Allée des Embrumes, gronda la voix de Tom.

-Comme toi, je pourrais utiliser un sort de désillusion pour que personne ne me reconnaisse si ce n'est que cela qui t'inquiète, argua Morfin. Tom tu ne pourras pas infiniment m'empêcher de vouloir sortir de cette maison.

-Je ne t'empêche pas de sortir de cette maison. Je t'empêche juste de fréquenter les rues sorcières, répondit tout de go son neveu. Tu as pensé au fait qu'il puisse t'arriver une crise en pleine rue ou dans un magasin. Si cela arrivait tu serais transporté à Saint Mangouste mais une fois qu'ils se rendront compte de qui tu es, ils ne daigneront même pas te soigner convenablement.

C'était dur, mais c'était la réalité.

Lorsque Morfin était tombé malade, Tom l'avait emmené à Saint Mangouste. Bien évidemment, une fois qu'ils durent déclarer leur identité, les médicomages les avaient laissé attendre à l'accueil des heures durant jusqu'à ce qu'un médicomage vienne à leur rencontre et décide – de mauvaises grâces - de les prendre en charge. La consultation n'avait pas duré plus de trente minutes. Tom se souvenait de l'attitude du médicomage qui aurait voulu faire autre chose que d'ausculter correctement un homme affaibli. Cet homme affaibli en particulier. Après son inspection peu concluante, il leur avait simplement tendu une liste de potion disant que cela l'aiderait à supporter les spasmes musculaires dont il était victime.

Mais malgré la prise de ces potions, quelques jours plus tard Morfin fit une crise qui avait bien failli le paralyser. Suite à cela sa magie était soudainement devenue instable un moment avant de s'affaiblir considérablement. Ne voulant pas retourner à Saint Mangouste, Tom avait fait des pieds et des mains pour trouver un excellent guérisseur. Et après en avoir trouvé un qui avait accepté de constater l'état de son oncle, le verdict était tombé. Morfin était atteint de la sclérose, une maladie moldu, et son noyau magique était devenu faible et instable.

Ce fut d'ailleurs suite à cette crise et au trop pleins d'émotion négative envers lui et le monde que Morfin avait brisé sa baguette, reniant et renonçant ainsi la magie.

Le guérisseur lui avait alors donné une longue liste de potions nécessaires pour supporter au mieux la maladie. Bien qu'elles soient efficaces, Tom était convaincu qu'il y avait un moyen pour guérir son oncle. Le voir souffrir de ses crises lui était insupportable. Il avait peur pour lui.

Enfin. Tout cela pour dire qu'il se refusait de laisser Morfin traîner dans les rues sorcières dans le cas où il pourrait être victime de l'une de ses crises. Il pourrait tout aussi en faire une auprès des moldus, mais au moins il serait correctement pris en charge par l'un de leurs hôpitaux.

-Tom, commença Morfin.

-Je ne veux plus en parler, le coupa Tom.

-Alors je vais continuer à me contenter du monde moldu, souffla Morfin d'un ton défaitiste. Tu sais, je m'en veux d'avoir brisé ma baguette et renier ma magie, même si elle n'est plus aussi stable qu'autrefois. Faire de la magie, ça me manque, rajouta-t-il soudainement.

C'était évident que son oncle regrettait d'avoir banni la magie de sa vie. Et même s'il avait fini par comprendre ce choix malheureux, une part de Tom lui en voulait d'avoir renié qui il était.

-Je sais, finit par murmurer Tom.

Que Tom refuse qu'il fréquente le monde magique n'était pas par gaité de cœur, il savait fort bien que tout ce qui touchait de près ou de loin à la magie manquait à son oncle. Mais il n'avait pas le choix de l'en tenir éloigné depuis qu'il n'avait plus aucun moyen de se défendre, mais surtout depuis qu'il était tombé malade.

Tom se refusait de voir un drame arriver. Son oncle était tout ce qui lui restait dans ce bas monde. Il était celui qui l'avait soutenu et fait en sorte de ne pas sombrer dans les ténèbres face à toutes les horreurs dont il avait été victime. Encore aujourd'hui Morfin jouait un rôle primordial dans sa vie. Sans lui, Tom n'avait pas honte d'avouer qu'il se sentirait perdu. Alors oui, peut-être agissait-il égoïstement en interdisant son oncle de fréquenter leur monde, même sous un sort de désillusion. Mais c'était pour leur bien à tous les deux. Lui seul pouvait y aller pour des achats et autres lorsque cela était nécessaire. Autrement, il préférait quand son oncle se promener dans le monde moldu. Ce qui était rare d'ailleurs. Depuis qu'il ne travaillait plus dans cette usine de fabrication de jouer, Morfin était retourné que très peu de fois parmi les non mages. Même après des années avoir bénéficié au sein de leur société, il ne se sentait pas totalement serein parmi eux.

-Ce week-end nous pourrions aller dans le Londres moldu, il y a une exposition intéressante au British Museum sur la civilisation Maya, proposa soudainement Tom.

C'était soudain, mais Tom se dit que cela ne leur ferait pas de mal de passer du temps ensemble loin de cette maison. Et puisque Morfin souhaitait sortir prendre l'air autant le faire à deux et en faisant une activité intéressante. Même si cela se passait au milieu des non mages. Malgré son ressentiment envers eux, Tom devait avouer à demi-mot, qu'ils possédaient des choses fortes intéressantes à découvrir. Dont la plupart avaient un lien étroit avec la magie. Les objets qui alimentaient l'exposition sur les Mayas au musé dont il en avait vu la publicité dans les rues de Londres étaient - pour la plupart - des artefacts de magie. Les moldus ne se rendaient même pas compte qu'ils tenaient entre leurs mains des pouvoirs puissants.

Comme quoi il avait raison sur un point, ils étaient bien des ignorants.

Mais valait mieux qui le soit. Qui sait ce qu'ils pourraient faire de ses objets s'ils en connaissaient la véritable utilisation.

-Pourquoi pas. Cela fait bien longtemps que nous n'avons pu profiter d'un moment ensemble, accepta volontiers Morfin. Tu sais…j'ai l'impression que tu tolères un peu plus les moldus, dit-il, un fin sourire au coin des lèvres.

-Ne dis pas des choses aussi absurdes, grimaça Tom. Je les déteste toujours autant.

-Étrange, argua-t-il en se massant le menton, J'aurais pourtant cru que depuis que tu travailles dans cette librairie, ton animosité envers eux avait diminué. Surtout depuis que tu as pris cette habitude de traîner auprès d'eux après le travail.

-Ce n'est pas parce que j'apprécie un tant soit peu de me promener après le travail chez les moldus que je me suis pris d'affection pour eux, dit Tom dans une grimace de dégoût. Je les trouve toujours aussi inintéressant et dénués d'intelligence.

-Hum, fit son oncle peu convaincu. À part cela, tu n'as rien d'autre à me dire ?

-Que veux-tu dire ? Feignit Tom sachant où son oncle voulait en venir.

C'était évident que son oncle ait remarqué que quelque chose le travaillait. Son attitude et son comportement changeant en étaient la preuve directe.

-Tu as changé, dit simplement Morfin. Et je ne sais pas quelle en est la cause.

Tom détourna le regard de celui bien trop insistant de son oncle. Oui il avait changé. Lui-même en était conscient. Émotionnellement et sentimentalement parlant, tout du moins.

-Peut-être, déclara finalement Tom.

-Est-ce que je dois m'en inquiéter ? Voulut se rassurer Morfin.

Tom encra son regard sombre dans celui noisette de son oncle, avant de le rassurer.

-Non.

Plus tard, il lui parlerait de sa rencontre avec Harry et des sentiments plus ou moins confus qu'il éprouvait pour l'autre homme.

-Bien, dit Morfin, n'insistant pas.

Morfin était certain que ce qui tracassait son neveu lui sera dévoilé sous peu.

o00oo00o

En toute sérénité, Harry marchait tranquillement à travers les corridors du Ministère pour se rendre dans le hall où se trouvaient les cheminettes afin de quitter cet endroit.

Il était impatient de retrouver Tom pour l'emmener dans un autre endroit à lui faire découvrir. Un restaurant-théâtre. Au Lido. Il ne savait pas si ce genre d'ambiance plairait à son ami, mais ce soir passait une pièce de théâtre très connu de Shakespeare qu'Harry aimait beaucoup. Il voulait partager ce moment-là avec personne d'autre que Tom.

Depuis leur dîner au Ledbury les deux hommes s'étaient considérablement rapprochés, au point qu'un œil extérieur vous dirait qu'ils étaient enfin devenus intime. Ce qui était le cas. Harry ne retenait plus ses gestes, ses regards longs et pénétrants, ses allusions, ses attentions et il en passait. Tom avait l'air d'apprécier puisqu'il n'avait aucunement freiné ses ardeurs. Cependant, il ne réagissait pas comme l'aurait souhaité Harry. Il avait pensé que - se sentant désormais plus à l'aise - il se serait tout aussi montré un peu plus affectueux dirons-nous. Mais après mure réflexion, Harry s'était souvenu que Tom n'était pas une personne qui affichait facilement ses émotions ou ses envies.

Le principal, c'était qu'il ne repoussait pas les tentatives très peu subtiles d'Harry.

Dans un souffle de contentement, il arriva dans le grand hall principal du Ministère. Sans perdre plus de temps, il se rendit à l'une des cheminettes destination le Chaudron Baveur. De là-bas, il se rendrait directement à Londres moldu. Il aurait pu prendre directement l'une des cabines téléphoniques, mais elles étaient toutes en révision suite à un dysfonctionnement.

Alors qu'il allait rentrer dans une cheminette, il croisa Fenrir Greyback, qui sortait de celle qui se trouvait à gauche de la sienne.

Harry le connaissait depuis près de sept ans. Il avait fait connaissance en même temps que Remus lorsque ce dernier c'était présenter à lui à l'hôpital le lendemain de l'admission de Sirius. Après la mort de ses parents et la disparition de Sirius, Remus avait décidé de se réfugier dans la meute de Fenrir dont il avait fait connaissance par le biais d'Albus lors de sa scolarité. Il avait vécu ces dernières années en tant que professeur pour les jeunes loups qui ne pouvaient pas aller dans une école de sorcellerie. Il avait noyé sa peine dans le bon fonctionnement éducatif des jeunes loups en oubliant que le fils de ses amis aurait eu aussi besoin de lui. Harry ne lui en avait jamais voulu de l'avoir laissé à son triste sort. Tout ce qui comptait c'était que maintenant Remus faisait partie de sa vie. Qu'il allait bien mieux et avait un travail respectable en tant que professeur de défense contre les forces du mal à Poudlard. À côté de ça il continuait ses cours aux jeunes loups de sa meute.

-Harry ! S'exclama Fenrir d'une voix forte

-Bonsoir Fenrir. Ça fait un bail dis donc, sourit Harry en allant serrer maman dune l'alpha.

-Remus m'avait dit que tu étais rentré. Tu aurais pu passer me voir. Tu sais que tu es le bienvenu à la réserve, gronda l'Alpha.

-Je sais Fenrir. J'ai pas mal été occuper depuis mon retour. Mais dès que j'aurais un moment je viendrais vous voir, dit Harry. Que viens-tu faire au ministère ?

-Oh je viens déclarer la naissance d'un loupiot.

-En voilà une merveilleuse nouvelle, dit Harry d'un enjoué. C'est une fille ou garçon ?

-Un petit homme qui s'appelle Émilé, répondit avec fierté Fenrir. C'est Eliot et Lucy les parents. Tu te souviens d'eux.

-Oh oui. Je suis content pour eux. Ils doivent être ravis que le petit soit né avec les gènes du loup

-Oui, acquiesça Fenrir. C'est tellement rare qu'un enfant naisse avec les gènes du loup et quand ça arrive c'est toujours une bénédiction, finit-il par dire. Et ça fortifie un peu plus la meute.

-Je n'en doute pas, sourit Harry. Bien je vais te laisser, j'ai affaire.

-Attends ! Et si tu passais le week-end prochain, proposa Fenrir avant qui ne le quitte. Nous allons fêter la demande en mariage de Remus et la naissance du petit.

-Quoi ? Dit surpris Harry. Remus va se marier ?

-Oh. Je crois avoir fait une boulette, dit Fenrir en la voyant la tête surprise du plus jeune. Je pensais que Remus te l'avait dit. Il a demandé Nymphodora en mariage il y a quelques jours. Et elle a dit oui. Je suis si content pour lui.

-Non il ne me l'avait pas dit. Pourtant ce n'était pas les occasions qui manquaient. Je crois que j'irai faire un tour à Poudlard dans les jours à venir, dit Harry.

-Ne lui dit pas que je t'ai vendu la mèche. Il voulait vous le dire à toi et à Sirius personnellement. Je croyais que c'était chose faite, lui apprit-il en grimaçant.

-Je ne lui dirais rien, accepta Harry.

-Tu m'évites un Remus enragé, souffla Fenrir. Bon, dit-il, en avisant l'heure. Moi aussi il faut que je me dépêche, le service va bientôt fermer, grimaça-t-il. Tu essayes de venir fêter cette nouvelle et la naissance d'Émilé le week-end prochain, rajouta le loup en s'éloignant.

- Je viendrai, assura Harry.

Sur ses deniers mots, ils se quittèrent, l'un se dirigeant vers le département des régulations des créatures magiques et l'autre quittant enfin le Ministère.

À suivre...


Voilà, voilà pour ce chapitre.

C'était un chapitre simple, mais j'ai espoir qu'il vous aura plu.

Je vous dis à la prochaine.

Sha'