Bonjour tout le monde !
Voilà le chapitre 8 !
Bonne lecture !
Author notes :
Désolé pour le délai, je sais que j'avais dis pouvoir me reconcentrer sur l'écriture, mais mon boulot m'épuise en ce moment.
En plus j'ai imaginé une autre fanfiction sur Overlord, que je n'arrivais pas à faire sortir de ma tête. Donc j'en ai écrit trois chapitre pour calmer ma ''folie créatrice'', avant de pouvoir continuer cette histoire là.
Encore désolé et bonne lecture:D
Author notes : (English version)
Sorry for taking so long, I know I've said I would be able to focus more on writing, but my job is tiring those days.
Futhermore, I've, just like that, built another Fic on Overlord. And I wasn't able to stop it from ''polluting'' my mind. So, I wrote three chapter of that story in a row before being able to keep on going this one.
Sorry again and good reading :D
EDIT 15/06 :
Je viens de me rendre compte que j'ai oublié les annotations en fin de chapitre à cause de la fatigue.
Je les ajoute maintenant. Désolé.
Assisse sur le [Trône des Rois], véritable cœur logistique de Nazarick, Lunaria observe en détail l'évolution des préparatifs en train d'être mis en place pour que sa base de Guilde puisse continuer à fonctionner de manière optimale, durant les absences parfois prolongées qui vont être les siennes dans un proche futur. À sa droite se trouve Albedo, et à sa gauche Demiurge. Les deux sont silencieux et attendent le verdict.
Lorsque la dernière des Êtres Suprêmes a annoncée aux Floor Gardians qu'elle remplirait en personne le rôle des Chasseresses, il s'en est suivit un échange des plus vifs. La Responsable a immédiatement protestée, déclarant que le simple fait que leur seule et unique Maîtresse restante, s'expose à l'extérieur était bien trop dangereux. Le Chef des Opérations Défensives a enchaîné dès la fin de la prise de parole de sa supérieure directe, pour exposer le même argument. Simplement sous une autre forme.
Cocytus a craché un jet de brouillard, avant de dire qu'il serait inexcusable de sa part de laisser sa Seigneur sans protection quelle qu'elle soit. Aura a été très surprise, au point de demander à ce que ses deux bêtes favorites l'accompagne. Et Mare, qui n'a pas réussi à prononcer sa phrase sans bredouiller, a quand même osé dire à haute voix, ce qui est un exploit en soi, qu'il ne fallait pas qu'elle s'en aille seule.
Quant à Shalltear, elle a fait une longue tirade sur le fait qu'une personne si importante, si supérieure, ne devrait pas être en contact avec de vulgaires animaux uniquement bon pour être utilisé comme réserve de nourriture, ou jouets à casser pour s'amuser. Sebas est resté silencieux, mais il n'était pas difficile de deviner qu'il voulait intervenir aussi. Sans doute s'est-il abstenu par ce qu'il pensait que tout avait déjà été dit.
La joueuse a attendu que les protestations cessent pour ensuite exposer son point de vue : bien qu'elle fasse pleinement confiance à chaque membre du personnel de Nazarick, ils n'ont aucune expérience en ce qui concerne la vie en société des êtres humains. Se montrer en public va secouer le fonctionnement de leur civilisation, et ce, jusqu'à ses fondations. Il va donc falloir agir avec doigté et minutie, mais également empathie et compassion. Ce qui nécessite de pouvoir jouer un rôle complexe que peu d'habitants de la Grande Tombe sont capables d'endosser.
Bien entendu, elle n'a pas l'intention de s'éloigner d'eux sans prendre une escorte. Elle ignorait simplement sur qui son choix se porterait à ce moment là. Plusieurs Floor Guardians se sont immédiatement porté volontaire, mais Albedo les a coupé dans leur élan immédiatement. Seule une personne capable de se faire passer pour un être humain pouvait prétendre accompagner leur Lady. Ce qui excluait instantanément plus de 90% du personnel militaire à leur disposition.
La 41ième a poursuivit en déclarant que les Gardiens étaient également exclu de cette liste déjà restreinte, par ce qu'ils sont bien trop important pour la stabilité défensive de Nazarick. Ce qui a fait disparaître le sourire de Shalltear aussi rapidement qu'il était venu.
Déclarant que de toute manière de nombreuses préparations restaient encore à mettre en place, ce n'était pas le sujet principal de la réunion en cours. Ils seraient informés dès que tout serait prêt, mais il fallait d'abord revoir en détail l'organisation des Niveaux. Puisqu'il est hautement improbable qu'elle soit la seule Joueuse, ou Joueur, a avoir été transporté dans ce Nouveau Monde, il faut prendre en compte la possibilité que certains d'entre eux aient déjà une certaine connaissance de la Grande Tombe de Nazarick.
Lunaria a, en conséquence, demandé à toutes les personnes présentes de faire un tour complet des zones dont ils ont la garde. Avec pour consigne de réfléchir à de nouvelles manières d'agencer les différents pièges et autres mécanismes de défense. Puis de transmettre toutes ces suggestions à Albedo et Demiurge, qui devront en faire une synthèse et les incorporer, si besoin, à leur propres estimations.
Les Gardiens, passés les deux Responsables, ont été surpris de recevoir une telle directive. Comment pourraient-ils avoir une idée à laquelle leurs coordinateurs n'auraient pas pensés ? Sans compter que cet endroit avait été bâti par les Êtres Suprêmes ! Cela paraissait impossible, qu'eux, simples créations, puissent améliorer quoi que se soit !
Leur Maîtresse a donc expliqué qu'une vison globale et extérieure est un besoin vital pour planifier ce genre d'opération, certes. Cependant, le point de vue des personnes qui sont au plus près du terrain est foncièrement différent de celui qui commande. Pour obtenir un résultat qui s'approche au mieux de la perfection, il est donc fondamental que touts les échelons se soient concertés avant la mise en place définitive.
Bien entendu, ceci ne concernait que le simple aspect communicatif et organisationnel. Il restait, à côté de cela, encore nombres de paramètres à étudier pour comprendre comment les systèmes magiques avaient évolués en arrivant dans ce Nouveau-Monde. Ceci ne pouvant être réalisé qu'en les vérifiant. Un par un si nécessaire.
Après plusieurs jours d'inspections, puis autant d'installations, Demiurge et Albedo sont en train de présenter le fruit de tout ce travail à la dernière des Êtres Suprêmes. Pour l'instant, il ne s'agit que de systèmes tests, un seul squelette au lieu d'au groupe complet par exemple. Cela permet de simuler ce que serait la réponse globale en cas d'utilisation du dispositif.
La 41ième n'a encore rien dit et poursuit son inspection. Le duo de démons n'a pas ménagé ses efforts, naturellement, mais ils savent bien que leur Lady est bien plus sage et intelligente qu'eux. Qu'elle trouve certaines choses imparfaites, serait parfaitement normal.
De son côté, Lunaria est très impressionnée.
''Ceci est rudement bien pensé.'' Pense-t-elle. ''Ils ont réussi à conserver les défenses originelles que nous avions mise en place, tout en améliorant la vitesse d'activation des pièges et autres mécanismes de réponse réactive. De plus, ils ont été capable de multiplier par un facteur deux, si ce n'est trois, l'efficacité d'apparition et de déplacement des POP monsters et patrouilles en cas de brèche de sécurité. De plus,'' Elle fait défiler le plan sous ses yeux avec un geste lent. ''ce nouvel agencement diminue fortement le risque d'échapper aux Fields Traps en utilisant des déplacements éclair et des compétences de dissimulation.''
« Mes félicitations, Albedo, Demiurge. » Complimente la Joueuse. « Vous avez fait de l'excellent travail. »
« Vous n'avez nul besoin de complimenter ces deux serviteurs que nous sommes Milady. » Répond la Responsable, en s'inclinant humblement. « Vous servir et vous apporter satisfaction nous suffit amplement. » Termine-t-elle, en sachant pertinemment que tout ce qu'ils viennent d'améliorer et d'installer, leur Maîtresse l'avait déjà imaginé bien avant eux. Il ne lui revenait simplement pas la basique tâche de le faire en personne.
Son homologue Gardien acquiesce silencieusement de la tête, malgré qu'il soit en train de s'incliner également, pour appuyer les dires de sa supérieure. Ils restent tout deux dans cette position pendant plusieurs secondes, avant que leur régente ne comprenne pourquoi.
''Je devrais m'être habituée à ce genre de réaction.'' Reconnaît-t-elle, toujours prise d'une certaine gêne lorsque cela se produit. Bien que se soit fréquent. ''Néanmoins, voir les créations de mes camarades agir naturellement d'une manière aussi servile, me laisse encore une désagréable sensation d'abuser d'eux.''
« Relevez la tête. » Dit Lunaria en prenant un ton dégagé. « Souligner les actions méritoires est également mon rôle. » Une courte pause. « Cela étant dit, il reste un défaut mineur à ce nouveau système. » Déclare l'habituée de PvP qu'elle est. « L'absence d'un membre capable d'appréhender un potentiel intrus dans les Patrouilles Majeures. »
Les deux démons sont surpris d'entendre cela et s'échangent un regard furtif, pour essayer de comprendre. Et au moment où leurs yeux se croisent, ils saisissent le sens de ces mots. Et se maudissent mentalement de ne pas avoir pensés à combler une lacune aussi grossière.
Les Patouilles Majeures ne représentant que 5% des effectifs déployés, il est hautement probable que ceux qui viennent à les rencontrer aient déjà croisés des patrouilles Secondaires et Tertiaires. Ce qui est un indicateur sûr de leurs capacités. Autrement dit, ils sont particulièrement doués pour des humains ou des Demi-humains. Capturer un membre de ce groupe pour l'interroger, à minima, relève de la bête et simple logique. Comment ont-ils pu négliger un aspect si important d'un système de sécurité !?
« Veuillez nous pardonnez pour cette erreur misérable Lady Lunaria ! » S'exclame Albedo, honteuse et gênée, qui s'agenouille sans attendre, immédiatement imité par Demiurge. « Nous vous jurons que cela ne se reproduira plus ! »
« Ce n'est rien. » Assure la dernière des Êtres Suprêmes. « Si des invités indésirables viennent à résister suffisamment longtemps pour que se soit ce niveau de sécurité qui mette un frein à leur avancée, je doute fortement que nous n'ayons pas obtenu des renseignements sur eux au préalable. » Explique-t-elle. « Voilà pourquoi vous n'avez aucune raison de vous blâmer. De plus, je n'ai aucun doute que vous saurez palier efficacement à ce manque sous peu. » Ajoute la Joueuse pour dissiper la tension.
« Merci de votre indulgence Milady. » Fait la Responsable sans relever la tête.
« [Master Source – Close]. » Dit la LithosBorn, en faisant un geste de la main qui ferme le panneau de contrôle principal qui lui permet de gérer l'intégralité de la Grande Tombe de Nazarick. « Je vous laisserai toute discrétion pour compléter cette tâche plus tard, pour l'instant j'ai besoin de votre présence dans la Trésorerie. »
« La Trésorerie ? » Répète Albedo, très surprise, tout comme Demiurge.
« En effet. » Confirme Lunaria sur le ton de la conversation. « Toujours dans le but de mettre en place un système de communication efficace et réactif, il est vital, en qualité de coordinateurs, que vous rencontriez Pandora's Actor. » Explique-t-elle. « Cependant, puisqu'il n'est pas autorisé à quitter son poste ou établir un quelconque contact, sauf ordre contraire, il demeure isolé dans un espace séparé qui nécessite [L'Anneau de Ains Ooal Gown] pour être atteint. »
Les deux démons comprennent maintenant pourquoi aucun d'eux, n'a jamais eu l'opportunité de rencontrer le mystérieux Gardien des immenses richesses accumulées par leurs créateurs durant toutes ces années. Et réalisent encore une fois combien les Êtres Suprêmes sont de grandioses bâtisseurs : combien peuvent se vanter d'avoir mis en place un tel stratagème ?
De sa conception à sa réalisation, créer entièrement une dimension parallèle dans un monde artificiel à l'origine, a dû demander des merveilles d'ingéniosité. Tout en garantissant une sécurité aussi proche d'infaillible que faire se peut. Le simple fait de savoir qu'ils vont avoir le privilège de pénétrer dans un tel sanctuaire les rempli d'une joie difficile à contenir.
« Nous sommes honorés au-delà de tout d'avoir la permission de poser pied dans un lieu d'une si grande importance Lady Lunaria. » Affirme la Responsable, une nuance d'excitation qui perce dans sa voix.
« Je ne l'ignore point. » Répond la 41ième qui comprend son engouement. « Il faut cependant que je vous mette en garde avant que nous ne nous rendions sur place. » Reprend-t-elle, en devenant bien plus sérieuse. « Les mesures de sécurité sont des plus drastiques en ce lieu. Vous ne devez agir d'aucune sorte sans un ordre direct de ma part. »
« Il en sera fait ainsi Lady Lunaria. » Font en cœur le duo de Responsables.
Sur ce, ils se téléportent tout trois. En arrivant, Albedo et Demiurge sont obligés de plisser les yeux à cause de la luminosité bien plus importante que dans la Salle du Trône, qui est pourtant déjà très bien éclairée. Au bout d'une courte seconde, ils voient enfin l'incroyable, le mot n'est pas trop fort, empilement d'or et de bijoux qui dépasse tout ce qu'ils auraient pu imaginer. Cependant, ils restent concentrés et observent plus en détail.
Devant eux se dresse une pile dépassant la dizaine de mètre de hauteur de pièces d'or pur et de pierres précieuses. Sur les murs, de très nombreuses vitrines mettent en valeur d'innombrable armes, boucliers et armures forgés dans des métaux précieux. Cette débauche de richesses s'étend sur aussi loin que porte leur regard. Et cela ne semble être qu'une seule pièce parmi d'autres, s'ils en jugent par les couloirs qui partent dans toutes les directions.
« [Widen Magic : Dusk Blossom.] » Dit Alors la Joueuse, attirant l'attention de ses accompagnants.
Une bulle noire, constituée apparemment de brume, s'étend depuis les pieds de leur régente et les englobe rapidement, les plongeant dans une légère pénombre. Celle-ci grandit jusqu'à former une demi-sphère qui laisse largement la place de bouger à l'intérieur.
« Bienvenue dans la Trésorerie de la Grande Tombe de Nazarick. » Annonce alors Lunaria avec une certaine fierté. « Entre ces murs se trouvent toutes les valeurs et objets précieux que nous avons amassés durant nos nombreux Raids et Expéditions. » Une courte pause. « Nous nous trouvons actuellement dans la partie la moins protégée, cependant un poison mortel qui tue en trois pas, sans une immunité ou une protection adaptée, empli l'air ambiant. Ne sortez point du champ de protection que je viens de dresser, aussi longtemps que durera cette visite. »
Les deux démons acquiescent en s'inclinant. De part leurs Caractéristiques Raciales, ils possèdent un très grande résistance au poison. Surtout Albedo grâce ses différentes Classes de défenses rajoutés encore par dessus. Cependant, il est certain que leurs créateurs ont pris en compte ce genre de choses. Ils voient alors La 41ième tourner la tête vers la droite.
« Les Quartiers où résident Pandora's Actor sont situés plus loin, derrière un grand nombre de dispositifs de sécurité. » Elle commence à marcher. « Bien qu'il soit déjà informé de notre présence, c'est à nous de venir à lui. »
Les Responsables lui emboîtent le pas, comprenant bien que le gérant de cet endroit a pour ordre de ne pas s'absenter de son poste. Surveillant les alentours et gardant un œil sur leur Maîtresse en permanence, ils franchissent ainsi plus de cinq salles aussi grande que celle où se situe le [Trône des Rois], toutes remplies jusqu'au plafond d'or et d'argent. Et lorsqu'ils parviennent enfin à ce qui ressemble à un cul de sac, l'arche qui se dresse devant eux dit le contraire. Cela ressemble davantage à un corridor qui aurait été bouché avec des ténèbres solides. La dernière des Êtres Suprêmes s'arrête devant cet obstacle et s'exprime dans un dialecte qu'aucun des Gardiens ne comprend.
« Tantum insanus et divitiae in patrocinari aurum non quaeritis. » Dit-elle d'une voix calme. « Ego sapientium ego, petens ut ad tenebras ostende mihi viam ducens verae divitiae. »
L'obstacle magique s'évanouit alors pour effectivement faire apparaître un long couloir dont il n'est pas possible de voir la sortie. Alors qu'elle reprend sa marche, Demiurge lui adresse la parole.
« Veuillez me pardonner de mon impertinence Milady, » S'excuse-t-il à l'avance. « cependant, pouvez-vous éclairer le simple serviteur que je suis, sur le langage que vous venez d'employer à l'instant ? »
« Il s'agit d'une langue morte de notre monde d'origine : le Latin. » Explique-t-elle sans s'arrêter. « Cela signifie ''Seul le fou et l'avare cherchent la richesse dans l'or. Moi qui suis sage, je demande la permission aux ténèbres de me montrer la voie menant à la vrai richesse''. » Traduit la Joueuse avant d'ajouter. « La plupart des énigmes de la Trésorerie nécessitent une connaissance approfondie d'un grand nombre de savoirs divers pour être résolues. »
Demiurge sourie furtivement en entendant cela. Leurs Seigneurs étaient vraiment au dessus des plus grands. De plus, comme il l'avait deviné, et son homologue également sans doute, cette surabondance de valeurs pécuniaires ne sert qu'a distraire d'éventuels vulgaires voleurs. Ceux qui ne sont intéressés que par cette basse conception qu'est l'argent.
« N'il y-a-t-il aucun piège pour capturer d'éventuels intrus ? » S'enquiert Albedo, qui trouve étrange que leur avancée soit si aisée.
« Posséder [l'Anneau de Ains Ooal Gown] permet de passer outre ces mesures. » Répond la 41ième. « Néanmoins, cela ne s'applique plus lorsque nous devions nous rendre au Sanctuaire Intérieur de la Trésorerie. »
« Est-ce là l'endroit où sont cachés les plus précieuses possessions des Êtres Suprêmes ? » Dit la Responsable perspicace.
« En effet. » Confirme Lunaria. « Les [World Items], gardé par Pandora's Actor en personne, reposent en ce lieu. »
Les deux démons comprennent maintenant pourquoi la création personnel de Momonga-sama veille sur cet endroit. Et pourquoi il a interdiction de se déplacer. Bien sûr, ils savaient déjà qu'une bonne raison l'obligeait. Mais l'entendre de la bouche même de l'une des Êtres Suprêmes a quelque chose de solennel.
Le reste du trajet se fait relativement rapidement. Ils traversent l'Armurerie, dont le contenu attire fortement l'attention de part sa diversité, avant d'arriver finalement à destination : Le Lobby. Une grande pièce rectangulaire aux murs d'un gris uniforme qui fait penser à une chambre funéraire rudimentaire.
Sur la droite et la gauche se trouve deux couloirs fortement semblables à celui qu'ils ont empruntés pour parvenir jusqu'ici. Il y en a un troisième qui s'enfonce encore plus profondément, mais il semble avoir un camouflage qui cache l'endroit où il mène. Et au centre se trouve trois banquettes des plus simplistes, accompagnées par une table basse. Sur l'assisse la plus proche, leur tournant le dos, se trouve une silhouette immobile.
Devinant bien évidemment qu'il s'agit du Floor Gardian de cet endroit atypique, les deux démons sentent une certaine fébrilité s'emparer d'eux. Ils vont enfin faire la connaissance de la seule création du Grand Maître des Êtres Suprêmes.
C'est alors que la dernière des leurs se fige au milieu d'un pas. Étonnés, avec une pointe d'inquiétude se glissant au passage, de ce genre de réaction, Albedo et Demiurge en oublient momentanément le pourquoi de leur présence.
« Guildmaster... ? » Demande soudain Lunaria, une nuance d'espoir et d'incrédulité facilement perceptible dans la voix.
Complètement pris par surprise cette fois, les deux démons se redresse brutalement et fixent la seule autre personne dans la pièce. Se levant lentement, comme pour abuser de l'effet qu'il vient d'avoir, la silhouette se tourne pour faire face à ses invités. Et c'est là que les Responsables comprennent l'étrange comportement de leur Lady.
« Momonga-sama !? » S'exclament-ils en cœur, profondément choqués.
Effectivement, devant eux, se trouve un [Overlord] dans toute sa splendeur. Une posture exsudant l'autorité et le pouvoir, une robe noire filé d'or surplombée par deux cornes dans lesquelles sont incrustés deux immenses pierres précieuse, dont l'éclat est pourtant bien terne en comparaison des deux points d'un rouge incandescent qui brillent au fond des orbites noires comme la nuit sans lune.
Cependant, ils ne restent pas longtemps abusés par cette mascarade. Malgré que celui qui se trouve en face d'eux ait parfaitement imité l'apparence du précédent souverain de Nazarick, il ne peut pas tromper leurs autres sens.
« Qui es-tu imposteur ? » Questionne Demiurge d'une voix menaçante et glacée, promesse de souffrances indicibles si jamais la réponse ne lui convient pas. Ce qui sera le cas, peu importe le scénario.
« Répond nous misérable charlatan ! » Ordonne Albedo, aussi venimeuse que son homologue après plusieurs secondes de silence. « Fort bien, si tu t'obstines à demeurer silencieux... » Dit-elle après une attente aussi longue que la précédente, en récupérant sa hache dans son inventaire. « c'est en silence que tu mourras. »
Tandis que les deux démons font un geste menaçant en direction de la cible de leur fureur, la 41ième lève son bras d'une manière autoritaire pour le bloquer le passage. Les stoppant brusquement dans leur mouvement.
« Milady ? » Fait la succube, surprise.
« Il suffit Pandora's Actor. » Commande Lunaria d'une voix qui donne des frissons dans le dos à ses accompagnants.
En réponse à ces mots, l'apparence trompeuse de celui qui les a accueillit semble fondre avant de reprendre une forme que le duo de Responsables reconnaît immédiatement : Un Doppelgänger. Portant un uniforme militaire impeccablement entretenu, comme il est espéré de quelqu'un de sa stature, d'un jaune moutarde uni sur lequel se trouve un grand nombre de décorations et médailles, sa tenue se complète par une paire de bottes de soldat, un long manteau tenant négligemment sur ses épaules et un képi de haut-gradé.
Il claque alors des talons et fait un salut militaire, avant de s'incliner avec beaucoup de respect.
« Bienvenue dans la Trésorerie Lady Lunaria Erdtrabant Selini, Maîtresse Suprême de la Grande Tombe de Nazarick ! » S'exclame le change-forme d'une voix claironnante, presque chantante. « Votre présence m'honore et me remplie de joie ! » Continue-t-il en prenant une nouvelle pose. « Befehle, meine Göttin ! » *
Pris au dépourvu par une introduction aussi grandiose, après ce qu'ils perçoivent toujours comme une insulte pure et simple, le duo de démons ne sait quoi dire. De plus, l'entendre employer une langue inconnue, qui ne ressemble absolument pas au Latin utilisé par leur régente un peu plus tôt, leur donne la plus que désagréable impression d'être inutiles. D'autant que celle-ci poursuit la conversation en l'utilisant.
« Que signifie cette farce Pandora's Actor ? » Interroge la Joueuse en Allemand, cassante, dont le débordement émotionnel vient d'être jugulé.
« Veuillez m'excuser de mon impertinence Milady. » Répond humblement la Gardien de la zone en s'inclinant de nouveau. « J'obéissais simplement à l'ordre de mon créateur, Momonga-sama. Je suis parfaitement conscient que jamais je ne pourrai m'élever à sa hauteur, pourtant je me devais de vous délivrer son message malgré mes insultantes limitations. » Affirme-t-il, très respectueux.
La joueuse est surprise. Elle connaissait la passion de son Guildmaster pour tout ce qui a attrait au décorum militaire, ainsi que sa manière de Roleplay à un niveau qui pouvait rendre Ulbert Alain Odle-san presque jaloux. Cependant, il n'était pas du genre à laisser d'autres personnes porter des messages pour lui. Parfois il attendait un certain temps avant de donner des informations, en fonction de l'atmosphère et des tensions entre les membres de Ains Ooal Gown, mais pas une seule fois il n'a fuit ses responsabilités en tant que leader.
« Renseigne moi sur le contenu de ce message je te prie. » Demande la 41ième sans cacher son trouble.
« Bien évidemment, meine Göttin ! » Fait Pandora's Actor en claquant de nouveaux des talons.
Il prend alors longuement la parole, racontant qu'il y a relativement peu de temps de cela, son créateur est passé par ici pour inspecter quelque chose qui le tracassait dans le Mausolée. Une fois rassuré, il a prit de longues, très longues minutes, pour exprimer divers tracas à son simple serviteur. Principalement sur la fin de Yggdrasil qui s'annonçait de plus en plus imminente, ainsi que sur ô combien l'absence de ses camarades lui pesait.
Ensuite, celui-ci a commencé à exprimer des regrets concernant son manque de considération à propos des relations qu'entretenaient les différents membres de leur Guilde. Combien il aurait aimé trouver un moyen de réconcilier davantage certains d'entre eux. Et pour finir, il s'est longuement attardé sur Lunaria.
Il avouait lui-même que c'était arrogant, voir complètement déplacé de penser de cette manière, néanmoins, il estimait qu'il avait des responsabilités envers elle. Après tout, c'était lui qui l'avait pratiquement harcelé pour qu'elle se joigne à eux. Au final, elle avait réussi à trouver sa place et à gagner le respect de Ains Ooal Gown dans sa globalité.
Ce faisant, il a également compris que Yggdrasil était devenu peut-être encore plus important pour elle que pour lui. Il connaissait son passé, ce qu'elle était obligée de faire et de subir. En un sens, ils étaient similaire sur plus d'un point. Mais, pour celle qu'il était venu à considérer telle une petite sœur, sans jamais parvenir à lui avouer, ni lui faire comprendre, il trouvait que lui arracher cet endroit dans lequel elle pouvait enfin être libre d'être ce qu'elle voulait, était plus que cruel.
Peut-être devrait-il, une fois que tout disparaîtrait, commencer à la chercher dans leur monde d'origine. Il lui avait donné une véritable vie en l'invitant à les rejoindre, il devait donc veiller sur elle, peu importe la situation. L'empêcher de se rabaisser au dégradant niveau de simple ''Dictionnaire Vivant''. Lui faire comprendre qu'elle vaut bien plus que ce qu'elle croit.
Sur ces mots, il a lâché un soupire de soulagement et de fatigue, avant de remercier sa création d'avoir écouté son monologue. Il est ensuite partit sans se retourner.
« Voilà tout ce que ce simple serviteur sait, Lady Lunaria Erdtrabant Selini. » Termine Pandora's Actor, en faisant un nouveau salut militaire. « Je vous adresse encore une fois mes plus plates excuses pour mon manque de discernement. » Il s'incline.
Alors que Demiurge et Albedo rongent leur frein avec de plus en plus de difficulté, ils utilisent tout leur intellect pour essayer de comprendre le moindre mot de ce qu'ils viennent d'entendre. Sans le moindre succès. Le silence qui suit est d'autant plus pesant que le temps semble s'être arrêté. Tout le monde à son attention rivé sur la dernière des Êtres Suprêmes qui est immobile.
Celle-ci est plongée dans ses pensées, ne sachant pas vraiment comment se dépêtrer de touts les sentiments qui l'assaillent. Jamais, non jamais, elle n'avait seulement pris en considération que l'apparent favoritisme, ou plutôt considération, que lui témoignait son Guildmaster en permanence, pouvait être autre chose que l'expression de son implication en qualité de leader.
Il connaissait son histoire, cependant, elle était également au fait de la sienne. De comment son père l'avait abandonné pour ne pas avoir à subir la pression constante, aussi bien physique et mentale que financière d'un enfant à charge. De l'horrible spectacle qu'avait été la découverte du corps sans vie de sa mère, dans le seul lit de leur habitation à l'époque. La pauvre s'étant littéralement tuée à la tâche pour essayer de garantir un meilleur avenir à son fils. En vain.
Elle se souvient de combien sa voix était emplie de peine et de douleur, lorsqu'il lui a raconté cette partie de sa vie. C'était la première fois qu'elle ressentait une telle colère et un tel dégoût. À ses yeux, abandonner ses responsabilités de cette façon était intolérable. Elle se rappelle s'être servie illégalement des ressources de la société qui l'utilisait, pour retrouver cette pathétique excuse de paternel. Elle comptait lui faire payer, elle ignorait encore comment à ce moment là, son comportement.
Au bout de plusieurs semaines de recherches, elle a finit par obtenir sa localisation : dans une des fosses communes portant le nom de cimetière au XXIIième siècle. Il avait été tué accidentellement par un de ses collègues, qui s'était assoupi au contrôle de sa lourde machine par ce qu'il était surmené. L'ironie de sa fin lui avait alors arraché un sourire à l'époque. Mais elle n'avait pas partagé cette information avec son Guildmaster. Elle trouvait inutile de rouvrir de vieilles blessures.
Tout ce que Pandora's Actor vient de lui révéler lui a également fait comprendre que s'il l'a considérait telle une sœur, alors il était infiniment plus attaché à elle que la jeune femme ne l'imaginait. Pourtant, en même temps, elle ressent une profonde honte. Il la comprenait si bien et pourtant elle était si naïvement inconsciente de cette affection. En avait-il souffert ?
Cette simple idée lui donne une furieuse envie de s'emporter. Au point que cet inhibiteur de sentiments en a du mal à suivre pendant plusieurs secondes, s'activant près d'une dizaine de fois à la suite avant de pouvoir la garder à un niveau de stabilité suffisant.
Elle comprend alors le pourquoi du choix du Doppelgänger de prendre la forme de Momonga. Il pensait qu'en le voyant, même en simple reproduction, elle comprendrait qu'il la soutient. Même maintenant qu'il n'est plus là. Le seul reproche qu'elle pouvait lui faire était la manière d'exécuter son idée, mais au regard de ce qu'elle vient d'apprendre, cela n'avait aucun sens de lui en tenir rigueur.
« Je te remercie Pandora's Actor, » Reprend Lunaria, en japonais cette fois, une grande mélancolie dans la voix, « de m'avoir transmit ce message. »
« Zu Ihren Diensten, Meine Göttin ! »** S'exclame le concerné en faisant un énième salut militaire
La 41ième se tourne vers ses deux accompagnants qui sont restés silencieux malgré tout ce qu'il vient de se passer. Devinant sans le moindre mal le trouble sur leurs visages, elle sait bien que maintenir l'image d'une dirigeante toute puissante, assurée et maîtresse d'elle même est nécessaire. Mais à cet instant, c'est au dessus de ses forces. Inutile de le cacher derrière une façade qu'elle ne pourra pas maintenir.
« Pardonnez moi de vous avoir maintenu à l'écart, Demiurge, Albedo. » Dit la Joueuse, avec une grande douceur. « Il s'agissait d'une discussion à caractère privé. »
« Ne vous excusez point Lady Lunaria ! » Fait précipitamment Demiurge en s'agenouillant. « Il me revient davantage l'obligation de demander pardon pour mon manque de discernement. » Ajoute-t-il en prenant en compte la peine dans la voix de sa maîtresse.
« Je vous demande pardon également Milady. » Dit Albedo en imitant son homologue. « Nous aurions dû comprendre que cela ne nous concernait nullement dès le départ. »
« Je ne vous en tiendrai point griefs, rassurez-vous. » Répond paisiblement la dernière des Êtres Suprêmes. « Je vous donnerai de plus amples détails concernant tout cela plus tard. » Déclare-t-elle. « Pour l'instant, nous devons nous concentrer de nouveau sur la première raison de notre présence en ce lieu. » Termine-t-elle en reprenant un ton nonchalant.
« À vos ordres! » Font les trois Gardiens en cœur.
Dans une cavité naturelle à flanc de montagne, une demi-douzaine de soldats sont en train de prendre un repas dans un silence quasi religieux. Ce sont tous les survivants de l'attaque des Hommes-Bêtes, qui ont entamés leur long et périlleux voyage de retour vers le pays auquel ils appartiennent.
Ils portent tous des habits en loques, surmontés parfois de restes de pièces d'armures et de cottes de mailles. Ils ont quittés la zone montagneuse à proprement parler il y a plusieurs jours déjà, donc il fait bien moins froid. Cependant la température est loin d'être assez élevée, pour qu'il soit prudent de demeurer aussi dévêtu dehors. Par chance, ils ont réussi a trouver assez de bois sec pour allumer un feu. Ce qui leur permet de se réchauffer un peu.
Au point le plus à l'abri se trouve la seule femme du groupe. C'est également elle qui est la plus emmitouflée. Bien que ses vêtements soient totalement disparates, l'ensemble forme une protection contre le froid bien supérieure à celle de ses camarades. L'un de ceux-ci lui tend d'ailleurs un bol qui est en piteux état, mais peut encore servir.
« Tenez Baraja-sama. » Dit-il avec à la fois révérence et douceur, ainsi qu'un peu de gêne. « Ça n'a pas l'air très bon, je le sais. » S'excuse -t-il. « Mais ça devrait vous redonner des forces. »
« Ce... Ce n'est pas grave Arbas. » Dit timidement la concerné, mal à l'aise. « Nous avons déjà de la chance que tu es réussi à trouver de la viande. »
« Merci Mademoiselle. » Dit le chasseur et cuisinier en s'inclinant poliment. « Ne nous attendez pas, vous pouvez commencer à manger si vous le voulez. »
Neia sourie en guise de réponse et utilise la demie cuillère pour piocher dans sa gamelle, lorsqu'elle remarque que tous les regards sont braqués sur elle. Ils vont vraiment attendre qu'elle débute son repas, comme la dernière fois, avant de se servir. Cette situation l'embarrasse au plus haut point, mais elle n'arrive pas à trouver un moyen de leur faire changer de point de vue.
Arbas, qui était autrefois un simple fermier, a dû s'en remettre au braconnage pour pouvoir nourrir sa famille. Il a finit par se faire prendre après une chasse imprudente, et il a eu le choix entre la conscription pour son seigneur et la pendaison.
Seros, est le seul soldat de métier parmi eux. D'après lui c'est une histoire de famille depuis quatre générations. Ils ont tous fait leur vingt années de service militaire avant de retourner à la vie simple de petits propriétaires terriens.
Luth gagnait sa vie en qualité de forgeron, comme en témoigne son œil de verre. Mais doit sa présence ici au fait qu'il a ''osé'' refuser la commande irréalisable d'un noble. Après cinq années en tant qu'esclave, il a finit par devenir soldat pour sortir de cette condition.
Thel, pour sa part, a été excommunié de l'Église après avoir blâmé publiquement un archevêque, pour son dédain envers ceux qui ne pouvaient pas payé la taxe obligatoire pour obtenir des soins. Depuis, il s'est engagé sous le drapeau, en espérant pouvoir œuvrer pour sa nation.
Et en dernier vient Tidar. Qui a du sang sur les mains. De sa propre bouche, il a avoué un triple meurtre pour des raisons que beaucoup jugeraient pitoyables. Ne croyant pas aux Dieux, Paradis et autres Après-Vies, il pensait pouvoir vivre et mourir en paix avec ses crimes.
Tous sont très différents, chacun avec son histoire, ses raisons, ses motivations. Pourtant aujourd'hui, tous sont liés par un but commun : la protection et le service de Neia Baraja. La jeune femme qui a, à ses dépends, attiré l'attention d'une entité qui dépasse de loin l'humanité : L'Être Suprême Nyx.
Ils ont assistés à toute la conversation entre cette déesse et cette enfant même pas encore adulte. Ou pour être plus exact, s'il fallait vraiment le décrire, ils l'ont vu sous forme d'un rêve éveillé. Ils ont instinctivement compris qu'ils n'étaient rien. Des poussières insignifiantes se trouvant sur le bord du chemin. Ce genre de choses dont on oublie même jusqu'à l'existence tant elles ne se démarquent pas.
Pourtant, loin d'être une personne qui demande à ce que l'on s'incline plus bas que terre devant elle, cette entité s'est montrée calme, compréhensive, presque bienveillante. Bien sûr, cela n'enlevait en rien l'aura d'autorité royale qu'elle dégageait. Cependant, tout montrait qu'elle était une régente dure, intransigeante, mais également juste et raisonnée.
Ainsi, loin de lui imposer une tâche avec l'excessif abus d'autorité d'un tyran, Lady Nyx lui a simplement proposé de réaliser une mission d'une simplicité relative si elle le désirait. Bien évidemment, la jeune fille a acceptée et ils ont tous sentis un flots d'émotions négatives s'emparer d'eux : la colère, la jalousie, la désespoir et bien d'autres, lorsqu'ils ont entendus qu'elle allait ressusciter en récompense.
Pourquoi pas eux aussi ? N'avaient-ils pas été également et injustement abusé d'une certaine manière, par ces Dieux qui ont transgressés leurs propres règles ?
C'est alors que Neia a courageusement demandé à ce que tout ceux qui étaient dans un cas similaire, se voient offrir la même opportunité. Les cinq hommes ont immédiatement été emportés par un espoir naissant, qui a manqué de peu d'être cruellement avalé par une simple question.
Pourtant, au final, l'Être Suprême a accepté l'offre de celle qui avait toujours plus ou moins été écarté à cause de son étrange regard vide et perçant. Ils avaient ainsi reçu une nouvelle vie et un nouvel objectif. Venant s'ajouter à cela, une ferveur inédite. Quoique également une lourde honte. Par moment, il n'osait pas la regarder en face.
Ils lui en ont tous fait baver, d'une manière ou d'une autre. Pourtant, elle n'en a pas gardée rancœur. Même maintenant, alors qu'elle pourrait faire preuve, rien qu'inconsciemment, d'un peu d'arrogance, la jeune femme reste humble et ne présume pas de son rôle. La seule chose qui rappelle qu'elle est plus importante qu'eux, est le pendentif qui ne quitte pratiquement jamais le couvert de ses habits.
Les seuls moments ou celui-ci est exposé sont ceux ou l'écuyère se croit seule. Elle le sert dans sans main dominante en le fixant des yeux sans ciller, parfois durant plusieurs minutes. L'unique fois ou elle accepté de s'en éloigner, sans pourtant autant l'enlever de son cou, c'est lorsque Luth a demandé, sa curiosité de forgeron l'ayant emporté sur le reste, à l'observer.
Il en est ressortit qu'il ignorait de quels métaux il est fait. Pourtant il avait déjà eu l'occasion de travailler de l'Adamantite, c'est dire. Un véritable présent divin. Tous se posaient également la question de savoir ce qu'entendait l'Être Suprême, lorsqu'elle disait que ce bijou servirait de point de repère pour une de ses Chasseresses. Mais sans moyen d'avoir une réponse, ils avaient renoncés à la trouver.
« Dans combien de temps atteindrons-nous Vyrul à ton avis Seros ? » Demande Neia en décidant d'amorcer une conversation pour dissiper la tension ambiante.
« Je dirais six jours Baraja-sama. » Répond-t-il après une courte réflexion. « Sept tout au plus, si nous ne rencontrons aucun obstacle majeur. »
« Je parie qu'ils seront surpris de nous voir. » Dit Luth avec un sourire mauvais. « Ce salopard de Marquis Arterios est sans doute déjà rentré au chaud et en sécurité dans son petit château. » Il y a tellement de mépris dans sa voix que cela fait frissonner ses camarades. « Je ne sais pas s'il y a un Enfer, ou quelque chose du genre, après le Seuil gardé par Lady Nyx. Mais si c'est le cas, ce lâche va forcément terminer là-bas. »
« Tant que je peux le voir avant d'être exécuté pour nous avoir abandonné, ça me va. » Poursuit Arbas, tout aussi venimeux.
« C'est inutile de souhaiter sa mort. » Fait Thel, sur un ton calme et assuré. « Il recevra son jugement une fois au delà du Seuil. Là où le divin va statuer, la justice des hommes est superflue. » Termine-t-il, solennel.
« Qu'est-ce qui te fait croire qu'il va être puni ? » Interroge Tidar, légèrement sceptique.
« Les paroles prononcés par le Collecteur. » Assure-t-il.
« Comment ça ? » Demande Arbas.
« Lorsqu'il a rencontré Baraja-sama, il a exprimé tout son dédain pour l'arrogance des humains, en disant que les Êtres Suprêmes auraient dû nous exterminer pour cela. » Rappelle-t-il. Ce qui fait aussi se remémorer à la principale concernée, la sensation qui a accompagné son contact avec ce serviteur. « Ce qui veut dire qu'une punition attend ceux qui se croient intouchables et faussement innocents. Mais que pour lui, elle n'est pas suffisante. »
Tous voient et comprennent sa logique, mais cela veut peut-être aussi dire que ce Collecteur en particulier à une dent contre l'humanité en général. Cependant, n'ayant pas possibilité de le prouver, ou de l'infirmer, tout cela reste et restera de la pure spéculation.
« Je ne suis pas le mieux placé pour parler de bonnes actions, ou de bonnes décisions d'ailleurs, mais il y a une chose que nous devons absolument aborder : qu'est-ce que nous allons raconter en revenant ? » Reprend Tidar.
Le silence s'installe et tous s'arrête de manger...
Effectivement, c'est une excellente question. Ils ne peuvent pas juste arriver devant les remparts de Vyrul et annoncer qu'ils ont été sauvée, par l'intermédiaire de Neia, grâce à l'intervention d'une déesse. Personne, non personne, ne va croire ça.
« Le médaillon à l'effigie de Lady Nyx devrait fournir une preuve suffisante. » Affirme Thel.
« Hormis le fait qu'il est fait dans des métaux inconnus, avec tout le respect que je peux montrer pour notre sauveuse, il n'a rien de particulier. » Contre le criminel repenti. « En fait, ils peuvent tout simplement dire que nous avons eu un genre d'hallucination collective. Ou pire encore, penser que nous avons été manipulé et que nous sommes des espions. »
« Ce qui nous garanti des tortures effroyables, avant de finir dévorés par les rats au fin fond des oubliettes dans un donjon. » Explique Seros, avec un calme qui fait froid dans le dos.
''Si les prêtres ne nous condamnent pas au bûcher pour hérésie et blasphème avant'' pense l'apprentie Paladin, en se souvenant des longues heures passées à réciter les cantiques sacrées des Quatre Grands Dieux.
« Et je ne vais pas gâcher ma seconde chance en ayant la langue un peu trop pendu. » Fait Tidar en croisant les bras.
« Peut-être devrions-nous juste faire profil bas ? » Suggère Arbas. « Attendre que l'un de ces Dieux que la Chasseresse de Lady Nyx doit poursuivre, ne se montre ? »
« Je trouve que c'est une bonne idée. » Approuve Luth. « Lorsque tout le monde aura été témoin de quelque chose d'aussi extraordinaire, alors nous pourrons dire ce que nous avons vu sans risques. »
« Combien de personnes auront perdu la vie à cause de notre silence avant !? » S'exclame Thel. « Comment pourrions-nous être digne du don que nous avons reçu de Lady Nyx, si nous restons cachés comme des lâches !? »
« Premièrement, c'est Baraja-sama qui a reçu un don. Nous, on a juste eu la chance qu'elle pense à nous malgré tout ce qu'on lui a fait subir. » Corrige Tidar, caustique. « Et deuxièmement, loin de moi l'idée de penser savoir ce qu'une déesse peut attendre de nous, mais je suis sûr et certain qu'elle ne sera pas vraiment satisfaite non plus, si on se suicide comme des abrutis en voulant aller trop vite. »
« Je.. Je comprends ton point de vue... » Admet l'ancien religieux, les dents serrés à cause de la frustration de ne pas avoir de quoi répondre à ces affirmations. « Mais quand bien même... »
« Qu'en pensez-vous Baraja-sama ? » Demande Seros en se tournant vers celle qui est, de facto, le leader ce groupe hétéroclite. « Après tout, vous êtes la seule à avoir comprit que Lady Nyx voulait qu'une personne raconte la vérité sur les Dieux. »
« Je... Je... Je n'ai pas tant de mérites... » Bafouille la jeune femme, sentant la pression revenir et se concentrer sur elle. « Je... J'ai juste pensé que... Peut-être était-elle excédée... D'avoir a gérer les conséquences de l'insouciance des autres divinités...? » Explique-t-elle, ayant tout le mal du monde à ne pas baisser les yeux à cause des regards braqués sur elle. « Que... Que si quelqu'un.. expliquait aux gens qu'ils sont justes manipulés... A... Alors cela pourrait aider Lady Nyx... À assurer son rôle de gardienne... »
« Une réflexion pertinente en effet. » Acquiesce Thel.
« Ce qu'il y a de sûr, c'est qu'il fallait de sacrées tripes pour demander à une Être Suprême de ressusciter plusieurs personnes, comme vous l'avez fait Baraja-sama. » S'esclaffe Tidar. « Moi, j'aurai fait dans mon froc ! »
« Et t'es pas le seul mon pote ! » Rigole Luth à son tour.
« Six personnes dont cinq gars, et c'est la seule femme qui n'aurait pas eue la trouille ! » Poursuit Seros, en se retenant avec difficulté de ne pas se marrer aussi. « Vive le courage masculin ! »
Cette fois, le petit groupe éclate d'un rire franc qui s'entend à plus d'un kilomètre. Heureusement pour eux, il n'y a personne pour l'entendre à part les quelques animaux sauvages.
Pour quelqu'un qui arriverait à ce moment précis, il croirait assister à un genre de réunion entre fous. Mais eux, sont désormais liés par une chose qu'ils savent bien plus grande que leurs seules petites existences. Pourtant, loin de les écraser ou de les pousser au désespoir, ils ne ressentent qu'une joie, certes déplacée et déraisonnable, mais qui est belle et bien réelle.
Ils ont une nouvelle vie, un nouveau but, une nouvelle Lady à servir. Et ils feront tout ce qui est en leur pouvoir pour que celle-ci soit satisfaite.
Ils savent également, en leur for intérieur, que la plupart d'entre eux ne survivront probablement pas à ce qui se prépare. Cependant, ils ont vu la vérité après la mort : rien n'est définitif.
Ils ont retrouvés cette certitude, qui tombe tant sous le sens que l'on finit par l'oublier à la longue :
''Il ne sert à rien de maudire le destin ou la fatalité, puisque rien ne peut en changer le cours.''
''Ce sont toutes ces petites actions que vous pouvez entreprendre et réussir, ou échouer, qui définiront ce que vous êtes.''
À cet instant, ils ignorent encore que ces deux simples phrases, vont devenir la base d'un monde nouveau. Un monde qui est tout aussi ignorant de la tempête qui s'annonce à l'horizon. Le premier signe annonciateur, la première rafale, sera bientôt visible.
C'est à Vyrul, banale petite ville fortifiée du Nord du Saint Royaume de Roble, que ce Nouveau Monde sera témoin de l'émergence de Ains Ooal Gown !
[Widen Magic : Dusk Blossom] : Sort de [Tier IX] qui permet à Lunaria de camoufler des alliés proches, et /ou de leur accorder ses immunités raciales. Ce cocon disparaît en cas d'attaque qu'elle soit alliée ou ennemie, ou si une compétence de déplacement est utilisée.
* « Befehle, meine Göttin ! » : Littl : "Ordonnez, Ma Déesse !" en Allemand.
** « Zu Ihren Diensten, Meine Göttin ! » : Littl : ''À votre service, Ma Déesse !'' en Allemand.
Fin du Chapitre 8 !
N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez !
