Bonjour tout le monde !
Voilà le chapitre 10 !
Désolé pour l'attente, mais j'ai beaucoup de mal à trouver l'envie la motivation pour écrire en ce moment. Même si l'inspiration est toujours là.
Sorry for the wait, but I have a lot of trouble finding motivation to write lastly. Even if inspiration is still here.
Bonne lecture !
Entouré des Demi-Humains chargés de le protéger, le superviseur de l'assaut sur Vyrul sent un horrible frisson lui parcourir l'échine. Au travers de sa longue-vue, dérobée à un soldat humain tué plusieurs semaines auparavant, il ne voit que des cadavres qui s'écroulent les uns après les autres. Cet être nimbé de noir, quel qu'il soit, ne peut être qu'une existence dont la force ne peut trouver d'égale qu'en la personne de son Seigneur.
Les coups, les déplacements, tout est bien trop rapide pour qu'il puisse les voir. Il y a déjà plusieurs centaines de morts parmi ses combattants, et ce n'est pas près de s'arrêter. Ils ne sont clairement pas de taille. De plus, la panique commence à se répandre comme une traînée de poudre. Bientôt, les Hommes-bêtes vont s'enfuir sans se retourner.
Seulement, son Seigneur n'est pas connu pour sa compassion envers les faibles et les incompétents. Encore moins les lâches. Si jamais il ordonne de reculer, sa tête va rouler sur le sol avant même qu'il n'ait finit sa phrase, lorsqu'il fera son rapport. Sans compter que cette mission lui a été confiée par Lady Caenis, échouer serait un déshonneur trop grand à porter. Il doit trouver un moyen de reprendre l'avantage.
Leurrer cet adversaire dans un piège ? Peu probable, et il manque de temps de toute manière vu comment il progresse. Envoyer sa garde personnelle ? Elle n'aura pas la moindre incidence. Non, peu importe comment il retourne le problème, celui-ci demeure insoluble. La retraite est la seule conclusion logique, mais c'est également la seule option inacceptable.
S'entêtant en dépit de l'évidence, il continue à observer le massacre qui se déroule sous ses yeux, en constatant que fatalement ses guerriers se sont mit à s'enfuir pour leur vie. Il sent alors une frustration et un dépit pesant l'envahir. Tout se passait bien il y a quelques minutes encore, comment cela a-t-il pu déraper aussi vite ?
Il est tellement concentré sur quelque chose qui le dépasse largement, qu'il ne remarque que trop tard qu'une autre [Gate] vient de s'ouvrir près de lui. Ce qui l'alerte finalement, n'est autre que cliquetis métallique des soldats en armure qui l'entoure. Ils viennent de se mettre en garde, prêts à se défendre. Cependant, il est aisé de voir qu'ils ne sont absolument pas confiant : ils tremblent de peur et sont à un rien de prendre la poudre d'escampette également.
Ce qui sort de ce portail les fait se figer cependant. Tous s'attendaient à voir un quelconque monstre. Le genre d'abomination qui vous donne ce genre de cauchemars vous hantant jusqu'à la fin de votre vie. Mais au lieu de ça, celles qui se tiennent devant eux sont deux... Soubrettes ?
Elles portent toutes les deux une tenue que l'on pourrait effectivement voir chez des domestiques chargées d'accomplir les taches ménagères, néanmoins il y a plusieurs détails qui leurs donnent des frissons.
La première a les cheveux attachés en un chignon bien serré, porte une paire de lunettes toutes simples et se tient avec grâce et élégance. En revanche, ses mains sont recouvertes par des gants volumineux recouverts de pointes, qui sont plus gros que la tête de certains Demi-Humains.
Quant à la seconde, elle fait davantage penser à une beauté malsaine. Ses longs cheveux blonds, sa silhouette fine et élancée mise en valeur par un porte-jarretelle volontairement laissé apparent, donne l'impression d'une séductrice du genre ''veuve-noire''. Surtout à cause du sourire psychotique qui fend ses lèvres. Ses protections en métal recouvrant la majorité de ses jambes accentuant encore plus cette première impression.
Il y a quelques secondes de silence, durant lesquelles les deux groupes s'observent. Ce n'est que lorsque la [Gate] se referme que celle qui l'a franchit la première prend la parole. Sa voix est à son image : polie et courtoise.
« Veuillez me pardonner pour cette arrivée impromptue messieurs les Hommes-bêtes. » Elle s'incline poliment. « Je vous prie également de m'excuser de ne pas me présenter, conformément aux ordres de Milady, alors que je vais vous faire une proposition des plus déplacées. »
Une fois encore, il n'y a aucune réaction de la part des soldats ou du coordinateur. Les voir arriver de cette manière les a vraiment pris de court. De plus l'entendre parler d'une manière aussi détendue, alors qu'elles ont un désavantage numérique aussi évident, n'augure rien de bon. Elles sont très dangereuses, sans le moindre doute.
Un instant de battement durant lequel la seule chose qui soit audible est le bruit fait par l'armée en train de fuir en hurlant de terreur s'écoule, puis le responsable de cette attaque se rend compte que c'est lui qui doit relancer la conversation.
Combattant sa propre envie de tourner les talons et de fuir pour sa vie, il a l'impression que la boule dans son estomac vient de s'alourdir subitement, et que celle-ci plonge de plus en plus bas. Pesant ses options, il se dit que s'il ordonne à ses gardes du corps de se lancer à l'assaut, ils devraient être capable de les retenir suffisamment longtemps pour qu'il soit en mesure de déguerpir.
De toute manière, toute cette opération est désormais un échec. Quitte à se couvrir de honte, et de probablement mourir pour sa lâcheté de la main de son Seigneur, autant rapporter autant d'informations avec lui. Il fait donc un pas en avant.
« Quelle est cette proposition ? » Demande-t-il, d'un ton qui se veut sec et peu amène. Mais sa voix tremble légèrement et il ne peut pas le cacher.
« Rendez-vous sans combattre et livrez nous tout ce que vous savez sans résister. » Répond celle avec les lunettes avec tout le sérieux du monde. « Si vous acceptez ces conditions, votre mort sera rapide, indolore et sans désespoir. »
En entendant cela, les principaux intéressés se figent. Les soldats se crispent sur leurs armes, prêt à vendre chèrement leur peau, tandis que leur tête pensante cherche un moyen d'en apprendre plus en dépit de la peur qui le ronge rapidement.
« Cette mission m'a été confie par notre grand Seigneur Lyakon. » Déclare-t-il sans détour. « Je ne me rendrai pas. »
« Votre Seigneur ne semble pas vous porter un grand intérêt. » Répond la domestique sur le ton de la conversation. « Vous êtes isolés et sans le moindre préparatifs contre l'espionnage en plein territoire inconnu. Ne croyiez-vous pas que vous été simplement sacrifiés pour obtenir davantage d'informations ? »
« Certainement pas ! » S'insurge le coordinateur, une vraie colère dans chacun de ses mots. « Le Seigneur Lyacon est un fier Guerrier, et le plus fort de tous les [Lycanthrope Alpha] ! Il affronte ses adversaires directement ! Les taillant en pièces de ses griffes et de ses crocs acérés ! Il n'est pas un... »
Il se tait tout seul, lorsqu'il réalise qu'il est en train de donner de précieux renseignements à des ennemis. La tension remonte d'un cran et il se maudit d'être tombé dans un piège aussi grossier.
''Tout se passe comme Demiurge-sama l'a annoncé.'' Pense Yuri Alpha, vraiment très impressionnée, en regardant son interlocuteur le fixer avec un défi feint, cachant en vérité une profonde terreur.
Elle repense alors à ce court briefing qui leur a été donné quelques instants avant de partir.
''L'Homme-Bête qui dirige cette armée est visiblement habitué à commander de loin, mais il n'a sans doute jamais été confronté à un combat lui-même. Aussi, il est nécessaire de procéder à un petit test.'' Explique le Chef des Opérations Défensives, son habituel sourire calculateur sur les lèvres. ''Lorsque vous vous présenterez, ne dévoilez pas votre identité et dites simplement que vous agissez au nom d'une puissance supérieure. Puis menacez le d'une mort longue et douloureuse s'il ne coopère pas. Cependant, faites-le d'une manière détournée qui lui laisse croire qu'il a assez de marge de manœuvre pour rassembler des informations.'' Il pousse ses lunettes sur son nez. ''Ensuite, vous devez impérativement semer le doute en lui en vous servant de sa loyauté envers celui qu'il sert. En déclarant qu'il a été délibérément sacrifié par exemple.'' Son sourire devient sadique. ''C'est à ce moment là qu'il devrait commettre un impair et vous livrer certains secrets.''
Il lui également dit qu'il allait s'arrêter tout seul au bout d'un moment en réalisant son erreur. Mais que cela n'avait aucune importance. À cet instant, il aurait déjà l'ascendant psychologique dont il a besoin pour le briser complètement. Lui permettant ainsi d'obtenir le reste de ses connaissances dans les plus brefs délais.
''L'intellect de Demiurge-sama est terriblement effrayant.'' Se dit la Pléiade, en voyant du coin de l'œil que Solution doit sans doute penser la même chose. ''Dire que selon ses propres mots, il n'est rien comparé aux capacités de manipulations et de prévisions de Lord Momonga et de Lady Lunaria, je n'ose imaginer quels plans brillants peuvent naître dans des esprits aussi grandioses que les leurs.''
« Dois-je comprendre que vous ne souhaitez pas coopérer ? » Demande alors Yuri, plus protocolaire qu'autre chose.
« Non. » Répond-t-il, cinglant, ce qui montre bien qu'il a perdu le contrôle de l'échange.
« Dans ce cas, vous m'en voyiez navrée, mais je me dois de recourir à la manière forte. » Annonce-t-elle poliment.
Sur ces mots les Demi-humains poussent à l'unisson un cri guerrier et se ruent sur les deux soubrettes. Ils font à peine quelques mètres avant que tous ceux situés à l'avant et sur les côtés ne soient subitement lacérés par quelque chose d'invisible.
Un autre massacre unilatéral commence. Les soldats tentent de se défendre mais leurs adversaires sont bien trop rapides pour eux. Quand bien même ils parviennent, par hasard ou en visant grossièrement les formes maculés de sang qui les agressent, ils se heurtent à une défense d'une robustesse impossible à surmonter.
Sans même chercher à donner des instructions pour espérer sauver une partie des ses combattants, le coordinateur prend ses pattes à son cou, et tente de mettre le plus de distance possible entre lui et elles. Après seulement quelques foulées, il sent une lame affûtée l'atteindre au niveau des articulations des membres avant et arrière droit.
Poussant un cri de douleur réflexe, il perd le contrôle de sa course et fait plusieurs roulés-boulés avant de pouvoir s'arrêter. Il lève aussitôt la tête pour essayer de voir ce qui a pu l'atteindre et comment lui échapper malgré tout. À cause la poussière soulevée par ses cabrioles involontaires, il entraperçoit, l'espace d'une fraction de seconde, une silhouette vaguement arachnéenne avec les huit pattes formés par des épées. Les yeux de cette créature flashent également d'un vert spectral pendant une durée de l'ordre d'un battement de paupière, avant qu'elle ne disparaisse de nouveau.
Maudissant son impulsivité, il tente de reprendre sa course. Uniquement pour sentir un dernier frisson lui parcoure l'échine, puis vient une douleur fulgurante derrière son crâne qui l'assomme complètement. Peu avant de basculer dans l'inconscience, il voit la soubrette avec les lunettes qui s'est glissée dans son dos sans qu'il s'en rende compte, le poing encore partiellement levé.
La Seconde des Pléiades s'assure que la cible qu'on lui a demandé de capturer est belle et bien hors-combat, et ne demande pas de soin immédiat, puis regarde le reste du groupe d'Homme-bêtes se faire annihiler par les [Eight-Edge Assassins] et Solution, qui ne boude pas son plaisir.
Ses yeux se tournent alors vers la forme de leur Lady qui est en train de continuer à faire d'innombrables victimes parmi l'armée en déroute. Ils ne sont absolument pas de taille et Yuri se sent même quelque part honteuse, que la dernière des Êtres Suprêmes soit obligés d'effectuer ce genre de tâche aussi dégradante et indigne de son rang. Cependant, comme elle l'a remarquée précédemment, elle n'est tout simplement pas assez intelligente.
Si Lady Lunaria a décidé d'intervenir directement, il y a forcément une excellente raison. La simple domestique qu'elle est, ne peut tout bonnement pas comprendre laquelle.
Abattant sa faux sur un fuyard qui a glissé sur la grande quantité de sang répandue sur le sol, la Joueuse met fin à son existence avec la même rapidité et efficacité que ceux d'avant. Les deux moitiés de son corps sans vie tombent à un mètre l'une de l'autre dans un bruit sourd, tandis que son exécutrice se redresse lentement.
Les autres sont trop loin et trop dispersés pour qu'engager une poursuite mène à quelque chose. De toute manière, elle n'obtiendra rien de plus en les poursuivant. Ils ont été repoussés, c'était son objectif dans l'immédiat. Dans un geste nonchalant, elle replace [Splash Stabber] dans son inventaire.
''Tabula Smaragdina-san et Amanomahitotsu-san ont vraiment réalisés une arme de première qualité.'' Pense leur camarade avec mélancolie. ''Aussi bien au niveau de l'apparence que de la fonctionnalité. Quel dommage que je ne puisse pas en tirer le plein potentiel.''
Regardant autour d'elle, Lunaria observe les alentours : des milliers de cadavres coupés très nettement recouvrent la très grande majorité du terrain environnant. Le vert de l'herbe et le gris des rochers épars, a laissé place dans sa grande majorité au rouge écarlate du sang. Une véritable vision d'apocalypse. Pourtant, le jeune femme reste indifférente à ce spectacle.
Son étrange inhibiteur émotionnel n'est cependant absolument pas responsable de cela. Il s'agit de son propre caractère. Pour s'assurer de leur obéissance en tant qu'Archiviste, les PDG des Super-Conglomérats leur faisait souvent passer des évaluation psychologiques. Elle n'avait bien sûr pas le droit de consulter ses propres résultats, pourtant cela ne l'a pas empêchée de le faire suite à son serment de se venger. Elle voulait s'assurer de jouer correctement son rôle d'esclave docile le temps que dure ses préparations.
Son contenu ne l'avait guère surprise. D'après le spécialiste, elle présentait plusieurs des symptômes d'une psychopathe, au sens clinique du terme : Très grande intelligence, obsession auto-destructrice, froideur morale et absence complet d'empathie. Tout ceci étaient, et sont toujours, des choses qu'elle avait remarquée par elle-même.
La seule chose qui importait sincèrement à ses yeux était Ains Ooal Gown et ses membres. Parfois elle faisait preuve d'une certaine douceur envers ses infortunés camarades Archivistes, mais cela pouvait disparaître en un claquement de doigt si elle le jugeait bon.
Le fait qu'elle soit devenue une créature fait de minéraux, ne semble qu'avoir accentué encore davantage ces aspects de sa personnalité. La preuve étant ce qu'elle ressent en voyant le carnage dont elle est responsable : absolument rien.
Pas de joie, pas de plaisir, pas se sensation d'avoir accomplie une tâche utile. De même qu'elle ne ressent pas de colère, de honte, de peur, ni même de dégoût. En fait, ces Demi-humains ne sont rien d'autre que des cailloux au bord d'un chemin de montagne : oubliés, par ce qu'ils font partie du paysage. Rien d'autre.
« Milady. » Fait la voix de la Responsable de tous les Gardiens, après que le tintement du sort [Message] se soit fait entendre.
« Je t'écoute Albedo. » Répond-t-elle.
« Yuri Alpha et Solution Epsilon ont réussi avec succès à capturer l'Homme-Bête qui commandait cette armée. » Informe la succube. « Demiurge et Neuronist Painkill vont commencer son interrogatoire dès que possible. »
« Excellent. » Dit posément la 41ième. « Je vais poursuivre de mon côté. Informe-moi si un événement important se produit. »
« À vos ordres Lady Lunaria. »
La communication prenant fin, elle commence à revenir vers le trou béant qui a été ouvert par le coordinateur à l'aide d'un cristal de scellement. Elle constate avec une certaine lassitude, mais sans vraiment de surprise, que les soldats humains n'ont pas bougé. Ils sont toujours en rang, les yeux rivés sur elle, comme s'ils allaient se réveiller d'un quelconque rêve. Ou plutôt cauchemar.
Elle franchit le petit kilomètre qui l'a sépare de son objectif à une allure relativement soutenue. Toujours silencieuse, elle franchit la limite que délimitait autrefois le mur d'enceinte et est accueillit par la Pléiade qui l'accompagne. Cette dernière s'incline avec respect et politesse avant de prendre la parole.
« Félicitations Miss Selia. » Dit Bêta avec un sourire.
« Il n'y a rien d'exceptionnel à ceci. » Répond-t-elle, détachée. « Dans l'ensemble, c'est davantage un échec. »
Alors que la soubrette se redresse, surprise d'entendre cela, la Joueuse scrute la foule à la recherche de la seule personne qui l'intéresse. Bien que son intervention puisse encore être profitable à son plan initial, il n'en reste pas moins qu'elle considère sa présence ici comme une erreur.
Bien sûr si Momonga et Punito-Moe étaient là, ils diraient que cela va dans la bonne direction : elle a réussi à repousser cette armée, sa taupe, si l'on puis dire, est encore en vie et va probablement être encore plus reconnaissante et engagée qu'avant. De plus, elle n'a pas laissé filtrer assez d'informations pour que cela soit dangereux pour Nazarick.
Cependant, à ses yeux, c'est un échec puisque son adversaire a réussi, que se soit malgré lui n'a pas d'importance, à la faire dévier de manière importante de son plan initial. Le seul fait qu'elle ait été obligé de sortir à découvert en est la preuve la plus fragrante. Néanmoins, la 41ième n'est pas du genre à laisser les choses hors de contrôle longtemps.
Lunaria remarque alors que la jeune femme a qui elle a confié le médaillon qu'elle a obtenue il y a longtemps, lorsqu'elle farmait des monstres dans le temple de Hel, approche. Hormis le fait qu'il porte une protection très élevé contre le contrôle mental, ainsi qu'un sort de protection contre la magie de [Tier 5] à usage unique avec un temps de récupération de vingt-quatre heures, il n'a rien de particulier.
Bien sûr, il s'agit d'une [Relic], un des très rares objets préexistants qui ne peuvent pas être modifiés à l'aide de [Data Crystal], mais il n'a pratiquement aucune utilité. Une des blagues courantes dans Yggdrasil, consistait à dire que ces [Relics] étaient en quelque sorte des [World Items] au rabais. Mais aucun de ces objets ne donnait le prestige, ni même l'avantage tactique de posséder un des deux cents trésors uniques les plus convoités du DMMO-RPG. De plus, ils existaient en un certains nombres d'exemplaires.
En revanche, il y a un détail concernant ces objets, qui était en réalité un bug qui n'a jamais été corrigé par ce que l'usage qui en avait été fait amusait beaucoup les Devs, que Lunaria a longtemps mit à profit avant que l'astuce ne soit connu.
Les [Relics] qui étaient censées montrer le talent de certains Joueurs pour l'exploration, ne devait être initialement que de simples trophées. Ce qui explique leur relativement inutilité. Pour se faire, l'objet en question pouvait être montré, mais pas échangé. En conséquence, il ne prenait pas de place dans l'inventaire. Il était là, mais ne faisait pas perdre un emplacement libre.
Néanmoins, sous certaines conditions, il pouvait quand même être échangé. Et puisqu'il ne prenait pas de place, il était invisible dans la liste d'échange. Celui qui récupérait l'objet ignorait qu'il venait de récupérer un genre de balise. En effet, puisqu'il était censé être lié au compte, l'option ''Recherche'' dans l'inventaire informait toujours de sa position. Y compris en possession d'un autre Joueur.
Bien sûr, cela ne faisait que donner une indication géographique. Aucun moyen de savoir s'il était seul, avec quel équipement, etc... Mais couplé avec d'autres sources d'informations, c'était une arme stratégique redoutable.
Évidemment ça n'a duré qu'environ une année, puis un Joueur qui s'était fait avoir de cette manière a finit par trouver le pot aux roses. Après une vague d'indignation, l'affaire s'est tassée quand les Devs ont introduits un système permettant de vérifier le contenu de son Inventaire, à l'aide de sorts et d'objets de contre-espionnage.
Retournant au présent, Lunaria observe la jeune écuyère qui joue des épaules pour se frayer un chemin dans les rangs encore serrés de ses compatriotes. Elle grimace, et étouffe une exclamation de douleur à chaque pas qu'elle fait, mais avance aussi vite qu'elle le peut. Venant de plusieurs directions différentes, le reste du groupe qu'elle a fait secourir dans les montagnes se dépêche également pour la rattraper.
Toujours hagard, les soldats ne réagissent quasiment pas à leurs déplacements, demeurant droit comme des buses de poêle à regarder celle qui vient annihiler sans pitié ni efforts une armée, qu'ils auraient été totalement incapables de repousser.
Manquant de trébucher lorsqu'elle s'extraie finalement de ses camarades, l'archère essaye de cacher le fait qu'elle boîte du mieux qu'elle peut. Puis une fois parvenue à quelques mètres de sa destination, elle la salue de la même manière que l'Être Suprême auquel elle a juré fidélité : un genou au sol et une main sur le cœur.
Elle n'attend qu'une courte seconde, se fiant à ses oreilles, pour deviner que le reste de ceux qui sont la confidence sont également arrivé, avant de prendre la parole. Sa voix ne montre en rien sa fatigue et les vertiges qui l'accable toujours : elle est calme et contrôlée.
« Les simples serviteurs que nous sommes vous accueillent avec joie Chasseresse. » Dit-elle, solennelle, se rappelant toutes les leçons de la politesse noble qui lui ont été inculquées étant enfant. « Nous vous remercions également d'avoir sauvé nos vies par votre intervention. »
Tandis que Lupusregina est positivement surprise, pas au point de la faire changer d'avis sur l'espèce humaine en générale même si cela vaut le coup d'être noté, de la présentation de la jeune femme, Lunaria est une fois encore prise un peu au dépourvue.
''Son zèle et sa dévotion sont toujours impressionnants.'' Pense la Joueuse. ''Néanmoins, je dois trouver un moyen de ramener sa propre sécurité au premier plan, ne serait-ce que légèrement. Maintenant qu'il m'a fallu me montrer en plein jour, elle va être la cible de toutes les attentions.'' Son regard se pose sur sa cheville qui est visiblement enflée et qui présente une couleur bleue qui n'est pas de bonne augure. '' Comment dois-je présenter la chose cependant ?'' S'interroge-t-elle, perplexe. ''Un mélange entre sévérité et bienveillance me paraît être la meilleure option, néanmoins...''
Bien qu'elle ait comprit que de chercher à garder une façade de dirigeante froide et en contrôle en permanence serait aussi impossible qu'inutile, que de parfois montrer ses sentiments en présence des habitants de Nazarick serait bénéfique aussi bien pour eux que pour elle, la 41ième se l'autorise car elle est en présence de personnes en lesquelles elle a confiance et apprécie.
Pourtant, malgré qu'elle sache pertinemment qu'il est ridicule de les comparer aux humains de son monde d'origine, Lunaria ne peut pas s'empêcher d'éprouver, non pas du dédain, mais une grande froideur à leur encontre. Si bien que, dans l'immédiat, elle n'arrive pas à trouver les bons mots pour exprimer ses intentions.
« Votre nom est Neia Baraja, n'est-ce pas ? » Demande-t-elle, froide et détachée.
« C'est exact Chasseresse. » Confirme aussitôt la concernée, ne pouvant pas s'empêcher de se raidir en entendant le ton employé.
« Quoique Lady Nyx soit satisfaite de votre implication sincère et sans réserve, elle ne tolérera pas que vous utilisiez votre vie à la manière d'un vulgaire outil. » Déclare la Joueuse, intransigeante. « Votre statut de mortel n'importe guère, elle accorde de l'importance à chacun et chacune de ses serviteurs. Vous pousser ainsi au-delà du raisonnable ne fera que lui déplaire, ne l'oubliez jamais. »
« Je... Je vous présente mes plus sincères excuses... » Bégaie la jeune femme, honteuse. « Cela ne se reproduira pas, je... Je vous l'assure. »
Derrière elle, Seros amorce un geste pour se redresser et prendre la parole. Puis se ravise au dernier moment. Comprenant que ça ne mènera à rien.
« L'avenir nous le dira. » Termine Lunaria, un peu cinglante. Elle se tourne vers la Pléiade. « Suivons les pour l'instant Beta. » Ordonne-t-elle. « Il nous faut porter assistance aux blessés. »
« À vos Ordres Miss Selia. » Répond la maid en s'inclinant.
Les deux heures qui suivent sont assez chaotiques, ou plutôt désorganisées pour être plus précis. Neia et son groupe ont été plus ou moins officieusement nommés à la tête de la petite armée stationnée dans cette cité.
Les officiers présents sont encore en partie sous le choc à cause de ce qu'ils ont vus et ne savait pas vraiment quoi faire. Quant aux simples soldats, ils sont actifs uniquement par ce qu'ils se trouvent dans un certain état de stupeur également. Ils obéissent donc de manière un peu mécanique aux ordres qui leur sont donnés, sans vraiment regarder de qui ils émanent.
Les quelques prêtres qui n'ont pas désertés avant la bataille, sont trop débordés par les soins qu'ils doivent prodiguer et le nombre de patients qui dépasse de loin leur capacité maximale de gestion. Plusieurs milliers de blessés sont en train de s'entasser dans la pourtant très grande cathédrale dédiée aux Quatre Grands Dieux. Ils manquent de tout : attelles, bandages, alcool. De plus, l'odeur du sang et les gémissements, sans parler des cris de douleur, qui résonnent entre les murs de pierre plombe le moral de ceux qui tentent d'aider comme ils le peuvent.
L'unique enfant de la famille Baraja voudrait également porter assistance, mais elle n'ose pas bouger. De peur d'aggraver sa blessure, qui est pourtant loin d'être grave comparé à la moyenne de ceux qui l'entourent. Elle se contente donc de diriger les opérations du mieux possible puisqu'elle a dû endosser le rôle de chef à cause de la situation. Ce qui la dépasse de loin. Elle se contente donc d'agir avec autant de logique que possible.
« Je la trouve amusante. » Dit Lupusregina avec un petit sourire.
« Qu'entends-tu par là ? » Demande Lunaria curieuse, en se tournant vers son interlocutrice.
Les deux sont en hauteur, près du clavier du gigantesque orgue, en train d'observer la fourmilière qui s'active en contrebas. Honnêtement, c'est un désastre sur le plan logistique : les blessés sont mélangés pêle-mêle, les rares personnes possédant des qualifications pour appliquer des soins sautent d'un patient à l'autre sans pendre le temps de finir ce qu'ils ont commencés, personne ne fait le tri à l'entrée, ce faisant ils essayent de sauver tout le monde, mais perdent plus de soldats qu'ils ne le devraient, puisqu'ils gaspillent leurs ressources déjà très limités sur des mourants qui ne peuvent être sauvés.
« Elle se débat comme un animal à bout de force qui essaye de garder la tête hors de l'eau. » Explique-t-elle. « Elle va forcément échouer, et elle le sait. Pourtant, elle continue a s'épuiser en vain. » Son sourire devient carrément sadique. « N'est-ce pas hilarant Miss Selia ? »
La Joueuse regarde le visage radieux de son garde du corps et se souvient de ce que son créateur, Beast King Mekongwa, disait à son propos.
''C'est une prédatrice. Elle est capable de se dissimuler dans n'importe quel groupe : souriant, riant, plaisantant avec chacun de ces membres. Elle peut agir comme la plus polie et distingué des princesses, ou une courtisane aux goûts raffinés Mais ce n'est qu'une façade.
Elle attend, tapie dans l'ombre, se délectant par avance de la souffrance qu'elle va infliger à ses victimes en leur révélant qu'ils n'ont jamais eu la moindre importance à ses yeux. Comme le chaton qui torture innocemment sa proie lorsqu'il apprend à chasser, à l'exception près qu'elle est cruelle par ce que cela lui fait plaisir.''
D'un point de vue extérieur, tout comme celui venant d'une personne avec des standards moraux disons classiques, il est aisé de penser que touts les membres de Ainz Ooal Gown sont dérangés. En analysant cela de manière objective, la 41ième admet que c'est une conclusion des plus logique. Cependant, il ne faut jamais oublier que la société créée des individus à son image. Certes elle ne peut complètement nier ses camarades étaient tous plus ou moins malsains à leur manière, mais ça n'entame en rien le respect global qu'elle éprouve pour eux. Sur ce point, elle était peut-être encore plus obsédée que leur GuildMaster. Même si elle ne le montrait pratiquement jamais.
Quant à elle, être pragmatique à toujours été son credo si l'on peut dire. Tant qu'il n'y a pas d'avantages ou de mérites à la clé, elle ne s'embarrassera jamais de la moindre chose superflue.
« Pour nous qui voyons ce désordre avec le recul nécessaire, il est est vrai que tout ceci paraît superflu et vain. » Admet la Joueuse. « Néanmoins, plutôt que se concentrer sur les échecs de celle qui s'emploie a user de ses maigres moyens pour gérer une crise qui la dépasse, il est plus correct de critiquer ceux qui devraient assumer ce rôle, mais qui en sont incapables par ce qu'ils sont dépassés par les événements. »
« Que voulez-vous dire ? » Interroge la soubrette, visiblement confuse.
« Penses-tu que se serait à Neia Baraja d'assumer la gestion de ce dispensaire d'urgence ? » Répond sa maîtresse. « Si ta réponse est non, alors qui le devrait ? »
« Probablement... Ses supérieurs hiérarchiques ? » Dit Beta au bout de quelques secondes en pensant à la chaîne de commandement des Pléiades.
« En effet. » Confirme la dernière des Êtres Suprêmes. « Pourtant, ils sont désemparés, incapables de comprendre ce qu'ils ont vu. Ce faisant, ils sont incapables d'assurer leurs fonctions. Ils en deviennent inutiles. Risibles même. » Fait-elle, un certain mépris dans la voix. « Quelle est selon toi le plus nécessaire de touts les prérequis pour un meneur ou une meneuse ? » Demande-t-elle alors subitement.
« La force bien évidemment. » Répond Lupusregina sans le moindre délai.
« La force est subjective par essence Beta. » Déclare Lunaria. « Il n'existe pas de mesure absolue en ce qui concerne la puissance de combat. Toute personne, qu'elle soit guerrière, magicienne ou tout autre spécialisation possédera toujours intrinsèquement des points faibles. »
« L'intelligence... ? » Fait alors la Pléiade, moins sûre d'elle.
« C'est essentiel, évidemment. » Reconnaît la 41ième. « Mais il est impossible de créer un plan qui serait infaillible. Même ceux qui ne sont pas habitué aux réflexions poussées le savent. »
Cette fois l'assurance de son interlocutrice semble disparaître plus vite que l'eau d'un torrent qui s'enfonce sous terre. Elle réfléchit de plus en plus rapidement, mais ce n'est pour autant qu'elle trouve quelque chose. L'inquiétude commence à se lire sur les traits de son visage et la Joueuse décide d'étouffer ce départ de feu avant qu'il ne se transforme en incendie. Elle n'a pas besoin qu'une des habitantes de la Garnde Tombe de Nazarick, commencent à se dire qu'elle a ridiculisé sa maîtresse ou quelque chose de cet acabit.
« Sois rassurée, je ne suis nullement en train de te tester. » Dit la Joueuse avec douceur. « Il s'agit simplement de mettre en lumière un point important. »
« Je vous présente toutes mes excuses Milady ! » S'exclame alors la Pléiade au bout d'une seconde de silence, en s'inclinant presque à l'horizontale. « Cette servante limité ne comprend pas ce que vous essayiez de lui apprendre. Si vous souhaitez me punir, je suis prête. »
« Ne panique point Lupusregina Beta et n'oublie pas que je suis Selia Septem jusqu'à que nous soyons de retour à Nazarick. » Dit Lunaria d'une voix posée, accompagnée d'un geste nonchalant tandis que sa suivante s'excuse encore une fois, sachant qu'ils sont protégés des oreilles indiscrètes. « L'ignorance n'est pas rédhibitoire à mes yeux. Seuls ceux qui se complaisent dans cette médiocrité sont susceptibles de recevoir mon mépris. » Elle réfléchit durant un court instant. « Redresse toi et donne moi la réponse qui te paraît la plus adaptée : Si tu devais obéir à un supérieur hiérarchique, lequel choisirais-tu : celui qui est bien plus puissant que tes ennemis mais fera échouer ta mission ? Ou celui qui qui possède une puissance inférieure à la tienne mais qui saura accomplir l'objectif fixé ?
Cette question prend par surprise la maid qui en devient encore plus confuse. À son expression faciale, il est plus qu'aisé de deviner qu'elle ne sait pas quoi répondre. Cela va à l'encontre de ce qu'elle croit dur comme fer.
La 41ième se réjouit intérieurement de cette opportunité. Elle avait déjà remarqué que certains membres du personnel de Nazarick manquait d'ouverture d'esprit. Ce qui la gênait considérablement dans sa prise de décision quant au déploiement futur de troupes sur le terrain. Elle savait déjà qu'ils étaient capable d'apprendre et de s'adapter, avec l'ennuyant bémol que cela devait rester dans la logique de ce que leurs créateurs voyaient comme des vérités fondamentales. Or, elle vient de prouver qu'il était possible de les faire se questionner eux-mêmes.
Ce qui lui ouvre nombre d'opportunités qui seront déterminantes dans l'avenir.
« Je dirai... Celui qui m'est inférieur... » Répond timidement la soubrette, pas très sûre d'elle.
« Pourquoi cela ? »
« Par ce que la seule chose qui compte est la réussite de la mission... »
« Exact. » Félicite Lunaria, satisfaite.
« Veuillez m'excuser de mon insolence Miss Selia, mais je ne comprends pas. » Dit Beta, perplexe. « Pourriez-vous expliquer à cette servante limité que je suis ? »
« Concrètement, » Commence la dernière des Êtres Suprêmes, toujours dans une démarche pédagogue. « Il est nécessaire pour un leader de posséder trois choses cruciales : les premières étant une certaine force , ainsi qu'un intellect correct, comme tu l'as deviné. » Une courte pause. « Le troisième point, celui le plus important à mon avis, est : la réactivité. »
« La réactivité ? » Répète la domestique, encore perdue.
« Par là, je n'entends pas le simple fait d'avoir des réflexes lors qu'un échange armé, mais la capacité à s'adapter rapidement aux changements de situations. » Elle se tourne vers les hommes qui s'agitent en contre bas. « Par exemple, vois-tu ce commandant qui porte une masse d'armes à deux mains à gauche ? »
« Oui Miss, je le vois. » Confirme son interlocutrice.
« Il est probablement le guerrier le plus fort au sein de cette armée, cependant, il est inutile dans cette situation. » Explique Lunaria. « Il est bien trop imposant physiquement pour ne pas gêner le transport des blessés dans un espace aussi restreint, il porte encore son arme et ses gantelets qui sont tâchés de sang, ce qui le rend dangereux lorsqu'il manipule des bandages et autres objets de soin. »
Effectivement, il bouscule des gens à chaque fois qu'il fait un mouvement et il souille les rares linges propres qu'on lui remet avec ses protections.
« Passons maintenant au prêtre dans le fond, près de l'autel. » Elle montre un pauvre hère qui semble hurler dans le vide. « Il a sans aucun doute reçu une éducation poussé, et il doit avoir l'habitude de gérer le personnel de cette cathédrale. Pourtant dès que la situation dépasse un cadre donné, il est incapable de donner des ordres cohérents ou de se faire comprendre. Ce qui rend également tous ceux qui se trouvent en dessous de lui aussi inutiles qu'il l'est. »
Pour sûr, le voir aboyer des directives toutes les secondes, et les quelques prêtres pas loin qui paraissent changer de direction aussi fréquemment, donne un tableau plutôt ridicule à observer.
« À la lumière de touts ces éléments, » Reprend la Joueuse sur le même ton. « Lequel de ces trois humains trouves-tu le plus risible ? »
« Je vous remercie pour votre sagesse Miss Selia. » Répond la Pléiade en s'inclinant de nouveau après une courte réflexion. « Je comprends que cette Neia Baraja soit bien plus digne d'être utilisée par vôtre Grandeur. Elle est capable d'utiliser le peu de moyens dont elle dispose de manière la plus efficace. Contrairement à eux... » Un mépris palpable se mêle à sa voix.
''Je pensais qu'elle aurait employée le mot servir, plutôt qu'utiliser, mais étant donné le dédain pour la race humaine qui règne parmi les habitants de Nazarick, cela n'a rien de vraiment surprenant.''
« Je ne te demande point de changer ton point de vue global à l'égard des humains. » Dit la 41ième. « En revanche, il y a une zone d'ombre qui doit être éclaircit avant de poursuivre notre jeu d'acteur. »
« Ai-je encore commis une erreur !? » Fait Lupusregina, inquiète et honteuse de nouveau.
« Rassure toi, ce n'est nullement le cas. » Affirme Lunaria, posée. « Te rappelles-tu des mots que j'ai prononcés, lorsque j'ai énoncé quels étaient nos désirs et notre volonté en qualité d'Êtres Suprêmes dirigeant Ains Ooal Gown ? »
« Bien évidemment. » Assure la Pléiade, plus sûre d'elle. « ''Touts les trésors, quels que soit la forme qu'ils pouvaient prendre, devaient nous revenir.'' »
« Mots pour mots, exactement. » Confirme la Joueuse, de nouveau satisfaite. « Maintenant, si je considère Neia Baraja comme une pépite d'or, alors que les autres humains ici présents ne sont que de vulgaires rochers, comment l'interpréterais-tu désormais ? »
Observant une nouvelle fois la scène qui se déroule sous ses yeux, Lupusregina réfléchit aux paroles qu'elle vient d'entendre. Puis au bout de quelques secondes, un déclic se produit. Elle comprend ce que Lady Lunaria vient de dire :
La très grande majorité des humains n'ont pas la moindre utilité. Ils ne sont que des créatures ignorantes, stupides et faibles. Pourtant, certains possèdent suffisamment de... valeur, pour être gardé et utilisé. Et, à la manière de leurs puissants et sages créateurs, il est nécessaire pour touts les habitants de Nazarick qui sont au service de la dernière des Êtres Suprêmes, de savoir faire la distinction entre ces pépites et les vulgaire rochers.
« Je ne saurai vous remercier assez pour toutes ces précieuses leçons. » Fait la Pléiade, en s'inclinant de nouveau avec un immense respect. « Cette humble servante jure encore une fois d'accomplir votre volonté sans faillir. »
« Je n'ai jamais eu le moindre doute sur ce point Beta. » Répond simplement la Joueuse, contente de la direction qu'a prit cette conversation. « Cela étant dit, » Reprend-t-elle en redevenant sérieuse. « il est grand temps de mettre fin à ce triste spectacle qui se déroule devant nous. »
« À vos ordres Miss Selia. » Dit la soubrette avec ferveur.
Complètement débordée par la tâche qu'elle doit effectuer, Neia essaye tant bien que mal de garder le fil de ce qu'elle est en train de faire. Mais c'est de plus en plus difficile. Entre sa douleur, la fatigue et le stress, la jeune femme est en train de perdre pieds. De plus elle vient d'apprendre que Thel a été tué dans l'assaut. Elle ne le connaissait que depuis très peu de temps, mais avec tout ce qu'ils ont vécu ensemble, sa perte est malgré tout écrasante dans un sens.
De plus, pour ajouter un grain de sel à l'ensemble, elle aperçoit parfois du coin de l'œil la Chasseresse et la magnifique personne qui l'accompagne, en train d'observer la scène dans son ensemble. Elles doivent être dépitées de les voir en train de courir tels des poulets sans têtes. Elles ont fait le plus gros du travail, et eux ne sont même pas capable de gérer l'après crise. Sans compter que ce n'est sans aucun doute pas la dernière fois que ce genre de chose se produit.
Elle entend alors la voix claironnante de Seros, qui ordonne à ceux qui sont en train de transporter les blessés, de se bouger le train pour faire sortir ceux qui n'ont pas besoin de l'attention immédiate des rares médecins et soignants disponibles. Un autre de ses compagnons se fait alors remarquer à son tour.
« Y'en a pas un seul d'entre vous qui soit capable d'utiliser le bout de mou qui vous sert de cerveau !? » S'exclame Tidar, excédé. « Arrêtez de vouloir demander son avis à Baraja-sama pour chaque broutille, et réfléchissez par vous même bande de guignols ! »
Il envoie balader les soldats qui étaient en train de lui poser des questions et essaye de gérer comme il peut le désordre ambiant, de manière à soulager celle qui est De Facto leur leader. Mais il est a rien de perdre son calme devant tant d'incompétence et de moutonnerie. Même lui, qui n'était qu'un second couteau de l'organisation criminelle qui l'employait, utilisait davantage ses neurones que ces crétins.
Malgré tout le réconfort que leurs actions et engagement puissent lui apporter, l'apprentie Paladin ne voit pas comment améliorer la situation. Jamais elle n'aurait cru que diriger des personnes serait aussi difficile et complexe. Elle comprend mieux maintenant le pourquoi des absences de son père lorsqu'il gérait les différentes casernes de Hoburns, la capitale du Saint Royaume de Roble. Encore une chose qui lui montre à quel point elle est limitée.
« Vous ne parviendrez à aucun résultat quel qu'il soit dans l'état actuel Neia Baraja. » Fait soudain une voix féminine détachée, à la limite de la froideur.
La concernée se retourne, après avoir sursauté sous l'effet de la surprise, et tombe face à face avec la Chasseresse et sa suivante qui sont descendues la voir. Le voile noir qui camoufle le visage de la servante de Lady Nyx, lui rappelle l'angoissante sensation qu'elle a eue lorsqu'elle a plongé son regard dans l'œil vide de l'Être Suprême. Cependant, la jeune femme se reprend rapidement, mais ne se calme pas pour autant.
''Pourquoi est-elle ici ? Ai-je encore commit une erreur ?'' Pense-t-elle précipitamment, presque paniqué. ''Non, ce n'est pas important. Il est normal qu'elle soient déçu de tout ça. Il faut d'abord que je demande pardon en premier lieu.''
« Je vous présente mes plus plates excuses Chasseresse. » Dit l'unique enfant de la famille Baraja, en s'inclinant aussi bas que possible. « Vous devez être affligée d'être témoin d'une débâcle pareille. Je vous demande humblement de me laisser un peu de temps, je vous jure que... »
« Inutile. » Coupe abruptement son interlocutrice, sur un ton qui ne laisse pas place à une réponse.
Neai se fige dans sa position actuelle, sentant la honte et la peur serrer son cœur dans sa poitrine. Comment a-t-elle pu croire un seul instant que ses excuses allait changer quoi que se soit ? Décidément, elle n'est pas digne de la tâche qui lui a été confiée...
Pourtant, lorsque la chasseuse reprend la parole, malgré que son intonation n'ait absolument pas changée, les mots qu'elle prononce ne sont ni accusateurs, ni punitifs.
« Comprenez bien, je n'était point en train de vous blâmer de cet échec logistique plus que désagréable à contempler. » Explique-t-elle. « Au contraire, vos consignes sont adaptées et logiques. Vous n'avez simplement pas assez d'importance pour peser dans cette situation. » Une courte pause. « Néanmoins, il s'agit d'une lacune qu'il est aisé de compenser. » Elle s'adresse à sa suivante. « Bêta, je te prie. »
« À vos ordres Miss Selia. » Répond immédiatement la soubrette.
Dans un geste souple, elle saisit [Croisier], l'immense sceptre noir et argent qu'elle porte dans son dos, et le lève sans effort d'une seule main au dessus de sa tête. D'une voix claire et sonore, elle prononce le nom d'un des sort de sa spécialité en qualité de [Cleric].
« [Maximize Widen Magic : All Greater Heal]. »
Une douce lumière verte se répand rapidement depuis le centre de son arme, et dépasse largement en moins d'une seconde les murs de la cathédral, enveloppant dans un cocon régénérateur absolument toutes les victimes de la bataille qui vient d'avoir lieu.
Sous les yeux ébahis de ceux qui sont au chevet des blessés, ces derniers sont instantanément soignés. Les plaies se referme en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, des membres coupés ou arrachés repoussent tout aussi vite, de même que les organes disparus comme un œil sont également remplacés.
Lorsque le sort prend fin, un silence surréaliste s'est installé. Plus le moindre gémissement ne se fait entendre, le seul bruit audible est celui des anciens blessés encore conscients qui tâtent leurs corps restaurés, incapables de comprendre ce qu'il vient de se passer. Les rares personnes qui ont vu d'où venait ce phénomène miraculeux ont le regard braqués sur les deux étranges entités qui en sont à l'origine.
Tout aussi nonchalamment qu'elle ne l'a saisit, Bêta range son sceptre dans son dos et sourie avec satisfaction. Tandis que Seros et Tidar sont statufiés, la jeune femme fixe avec un émerveillement sans pareil la Chasseresse et sa suivante.
« Lady Nyx sait que vous honorerez votre serment Neia Baraja. » Déclare la chasseuse, solennelle. « Nous veillerons, en conséquence, que les actions des renégats que vous nous aidez à traquer soient mitigées autant que faire se peut. »
« Je.. Je ne sais comment vous montrer ma gratitude... » Parvient finalement à répondre l'apprentie paladin au bout d'une dizaine de seconde d'un long silence.
« Tant que vous continuerez à agir telle que vous l'avez fait jusqu'à présent, ce sera superflu. » Affirme son interlocutrice, impassible. « N'oubliez pas cependant de vous garder d'actions irréfléchies, mettant inutilement votre existence en péril. »
« Je le promets ! » S'exclame Neia avec une ferveur renouvellée.
« Fort bien. » Conclut Selia, satisfaite. « Notre tâche est terminée pour cette fois. » Elle se retourne avec grâce. « Nous rentrons Bêta. »
La soigneuse s'incline et emboîte le pas sans dire un mot, suivant sa maîtresse dans la [Gate] qui vient de s'ouvrir. Quelques instants plus tard, leurs deux silhouettes ont disparues, et il ne reste plus que les rescapés de cet événement. À l'exception de Tidar, Seros et Luth, tous observent la seule qui peut apporter une explication à tout ça avec insistance.
La concernée sait qu'une longue, très longue explication l'attend. Ainsi qu'une très compliquée argumentation, pour faire comprendre aux prêtres que ce qu'ils croyaient jusqu'à ce jour est faux. Pourtant, elle ne ressent pas de peur, d'hésitation ou de lassitude. Elle sait qu'elle doit le faire. Rien de plus et rien de moins.
Tandis que Lunaria arrive directement dans la salle du trône, elle se rend compte que Albedo est en pleine communication, par [Message] si elle croit sa posture. De plus son expression arbore un certain ennui. Il n'est pas évident de le remarquer, pourtant il est bel et bien là.
« J'ai bien compris votre message Zesshi Zetsumei. » Dit la Succube sur un ton ferme pour couper court à une conversation futile, pour qu'elle puisse saluer le retour de la dirigeante de Nazarick. « Je transmettrai ces informations à Milady dès son retour. Restez en attente et ne vous faites pas démasquer à cause de votre impatience. »
Sur ce, elle coupe la communication et se tourne vers la dernière des Êtres Suprêmes.
« Je vous souhaite un bon retour dans la Grande Tombe de Nazarick Lady Lunaria. » Fait la Responsable en s'inclinant avec la plus grande politesse.
« Merci à toi Albedo. » Répond la Joueuse avec courtoisie. « Quelle était la raison qui a poussée Zetsumei-san à te contacter ? » Demande-t-elle aussitôt derrière, curieuse et plus qu'intéressée.
« Il semblerait que l'un des membres de l'unité d'élite de la Théocratie de Slane, Thousand League Astrologer, ait eue, par des moyens inconnus, une information concernant la résurrection imminente d'un des plus dangereux Dragon Lord. »
''Voilà qui est fortement ennuyant.'' Pense Lunaria, contrarié. ''D'après les dires de Zetsumei-san, elle est la seule dans ce monde à pouvoir affronter l'un d'eux sur un pied d'égalité. C'est une menace que l'on ne peut ignorer.''
« A-t-elle relayé d'autres renseignements ? »
« Oui, Milady. » Acquiesce Albedo. « Les dirigeants de cette nation pensent qu'ils doivent traiter le problème à la racine, pour ce faire ils ont prévu de lever tous les scellés qui gardent l'endroit où sont entreposés les Grands Trésors des Dieux. » Informe-t-elle. « Dans le but d'en retirer un objet qui permettrait de prendre le contrôle de n'importe qui. »
''De n'importe qui ?'' Répète mentalement la seule membre restante de Ains Ooal Gown. ''Se pourrait-il que se soit un [World Item] ?'' Se demande-t-elle. ''Puisque nous ne sommes pas les premiers fragments de Yggdrasil a parvenir dans ce monde, il est plus que probable que certains de ces puissants objets se trouvent également ici. Cependant, je n'aurai jamais pensé retrouver la trace potentielle de l'un d'entre eux aussi rapidement.''
« De combien de temps disposons-nous ? » S'enquiert Lunaria, qui a bien compris que ce genre d'opportunité ne se représentera pas de si tôt.
« Un peu moins de soixante-douze heures Milady. »
Fin du Chapitre 10 !
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