Bonjour tout le monde !

Voilà le chapitre 14 !

Bonne lecture !


Je ressens toujours une légère douleur sourde quand je me réveille. Je me redresse lentement et je m'étire longuement. Le soleil est déjà haut. En jetant un coup d'œil à mon réveil je lis 11h17.

Au fait... On est pas Mercredi aujourd'hui ? Non... En fait on est Jeudi... Je pousse un soupir. Connaissant Buchou, elle va sans doute me passer un savon. Mais bon, c'est pas comme si je ne le méritais pas.

Je me lève rapidement, je me douche et je descends dans le salon. Mash n'est pas là. Et vu qu'il n'y a rien sur la table pour moi, elle doit toujours dormir. Je vais la laisser se reposer. Elle en a besoin. Je me retrousse les manches. Puisque de toute façon je ne vais pas aller au Lycée aujourd'hui, autant que je fasse un peu de ménage et de rangement. Ça me permettrait de faire le tri dans mes idées.

Il est presque 17h quand je termine. Je crois entendre ma Kohai qui se réveille à son tour. Je me mets donc aux fourneaux. Ça fait trop longtemps que je n'ai pas cuisiné quelque chose pour une grande occasion, et vu le nombre de choses dont nous allons avoir à parler ce soir, autant préparer des plats qui peuvent se manger froid comme chaud.

Des pas précipités résonnent à l'étage et je l'entends dévaler les escaliers à vitesse grand V. J'espère qu'elle ne va pas louper une marche. Finalement, elle apparaît dans l'encadrement de la porte, à moitié essoufflée et pas encore complètement réveillée.

Elle porte un pyjama couleur lavande avec des bandes noires. Ses lunettes sont de travers et ses cheveux sont pleins d'épis. On dirait vraiment que quelqu'un vient de lui faire exploser un pétard sous le nez. Ce qui me fait sourire.

« Sempai ! » S'écrie-t-elle, gênée. « Je suis désolée ! J'ai trop dormi ! »

« Bonjour Mash. » Je lui réponds, toujours souriant. « Ce n'est pas grave. Prend le temps de t'occuper de toi. Je me charge de tout aujourd'hui. » Elle va protester, mais je lui coupe l'herbe sous le pied. « S'il te plait ? »

« D'accord... » Finit-elle par dire, malgré sa réticence. « Mais je viendrai quand même t'aider pour la cuisine quand je serai prête. » Déclare-t-elle, intraitable.

« Prend ton temps. » Je répond simplement en sortant une poêle.

Sur ces mots, elle s'incline et s'en va. Comprenant que de toute façon je ne changerai pas d'avis. 3 / 4 d'heure plus tard, elle est de retour dans la cuisine et me demande ce à quoi je peux l'aider. Je lui demande simplement si elle peut mettre la table pour deux personnes. Elle reste un moment à l'arrêt, le nez pointé vers moi et ce que je prépare. Deux secondes plus tard, elle se dirige précipitamment vers le placard où se trouve la vaisselle. Je garde un rire pour moi.

Nous nous posons à table une heure plus tard. Je sers le premier plat et nous discutons tranquillement d'un peu tout et rien. Aussi bien elle que moi, nous voulons au moins profiter de l'instant sans nous prendre la tête. Ce n'est que lorsque nous finissons le plat chaud que la conversation se lance naturellement.

Je lui redis encore une fois à quel point je suis désolé d'avoir bafoué ses sentiments, même si c'était involontaire. Que je ferai plus attention à ce que je dis et fait à l'avenir. Et je lui demande surtout de ne pas hésiter à me corriger si jamais je fais une erreur, peu importe la situation. Je n'ai pas oublié ce que ma professeure m'a dit : elle a bien plus d'expérience que moi. Donc peu importe que je sois techniquement le Master, elle n'est pas juste une Servant qui obéit. Mais plutôt une partenaire qui a autant de droits que moi. Il est grand temps que je descende de mon piédestal, et que je prenne le temps de vraiment écouter et d'apprendre de celles qui sont à mes côtés.

De son côté, elle me dit que je n'ai pas besoin de m'excuser. Qu'elle aurait dû comprendre que je n'étais qu'une personne ordinaire, et que ce genre de chose ne seraient pas facile à assimiler. Elle m'a dit qu'elle serait vraiment heureuse de me donner son avis si cela peut m'aider. M'entendre une fois encore dire que jamais je ne la verrai, ni elle ni aucune de mes Servants, comme un outil l'a vraiment rendu heureuse. Et que si jamais j'avais une question, elle répondrait si elle le peut.

Arrivé au dessert, l'ambiance, tendue quoique calme, s'est adoucie. Je lui ai donc dit que c'était un peu exagéré de sa part de s'être mise à genoux, avec son équipement, pour me faire allégeance de nouveau. Je me suis moqué gentiment quoi.

Elle est devenue plus rouge qu'une tomate et a commencée à bégayer. Que c'était a cause du Saint Graph de Galahad, un des Chevalier de la Table Ronde Arthurienne dont elle utilise le bouclier, qui se trouve en elle. Que leurs personnalités s'étaient mélangées jusqu'à un certain point depuis qu'elle était arrivé dans mon monde.

Puis ça a été à mon tour de subir. Elle m'a dit que c'était tout aussi exagéré de ma part que d'avoir prit un ton aussi solennel. Sans compter qu'avoir activé mes circuits magiques pour ça, ne faisait qu'ajouter une couche. J'ai essayé de me défendre, mais sans même trouver un argument valable. Elle a terminé en disant qu'elle aimait bien ce côté ''Be Cool'' de ma personnalité. Et là c'est moi qui voulait me cacher.

La soirée s'est terminée dans des éclats de rire. Je suis vraiment heureux de savoir que notre relation s'est améliorée. Maintenant, je dois faire de même avec mes camarades du Club de Recherches Occultes.


Le lendemain matin, je me lève en avance encore une fois. Mais c'est fait exprès. Je voudrai reprendre une certaine routine. Je vais donc aller courir un peu. Je m'habille en survêtement et je profite des premières lueurs de l'aube. J'ai une petite heure devant moi et Lancer a décidé de m'accompagner sous forme astrale. Elle a dit vouloir m'observer.

En rentrant, pas spécialement fatigué, je tombe sur Mash qui m'attend avec une serviette de bain. Je l'avais mise au courant et du coup, elle a préparée le petit déjeuner en mon absence. Je vais prendre une douche rapide et nous mangeons ensemble, avant de partir pour l'Académie.

Je remarque en franchissant l'entrée qu'elle est bien moins mal à l'aise avec son uniforme, et les gens qui l'entoure. Elle se met d'ailleurs a discuter avec un groupe de fille de notre classe une fois dans la cour. Je remarque Kiba du coin de l'œil et je me dirige vers lui pour le prévenir de ma présence. Il est surpris mais semble content de me voir sur pieds.

« Bonjour Sadler-san. » Dit-il en s'inclinant poliment. « Heureux de voir que tu vas mieux. »

« Merci Kiba-san. » Je lui réponds en m'inclinant aussi. « Est-ce que tu peux demander à Buchou si elle est d'accord pour que je lui parle cet après-midi ? Après les cours. »

« Bien sûr. » Assure-t-il. « Je vais lui transmettre le message. »

« Est-ce que vous pouvez être là aussi ? » Je lui demande. « Ça vous concerne autant qu'elle. »

« Je ne pense pas que cela posera problème. » Répond mon camarade, un peu surprit de ma demande.

La journée se passe sans le moindre problème. Dans notre classe, personne n'a posé de questions sur notre absence, à Mash et à moi. Je suis certain que Buchou a dû nous couvrir. Ça et notre histoire sur l'hôpital ont fourni un parfait alibi. Tant mieux. J'ai horreur de raconter ma vie à des gens avec lesquels je n'ai aucun lien particulier.


Une fois que la cloche a sonné, Mash et moi discutons avec nos camarades de classe. Ils nous donnent touts les cours que nous avons manqués, et le nouveau calendrier des tâches ménagères de la classe. Quand un groupe de filles se met à glousser bruyamment, je sais que Kiba vient d'arriver. Nous le rejoignons rapidement et nous partons.

Nous parlons un peu sur le chemin. Il me dit qu'il me trouve changé d'une certaine manière. Comme si j'étais plus calme qu'avant. Je lui réponds que oui dans un sens. Puis j'en reste là, en lui expliquant que j'en dirait plus lorsque tout le monde sera là. Il sourie en réponse et je me demande si ça se voit autant que ça. En entrant dans la salle du club, je remarque que nous sommes les derniers. Encore une fois.

« Bonjour. » Je fais, imité par Mash.

Notre présidente, qui était dans des papiers se lève pour nous rendre notre salut. Akeno et Koneko font de même. Nous nous installons dans les banquettes alors que Buchou s'assoie dans son fauteuil avec son amie dans son dos. La conversation commence alors.

« Comment te sens-tu Arthur ? » Demande Rias.

« Encore un peu raide, mais sinon tout va bien. » Je réponds.

« C'est une bonne nouvelle. » Dit-elle, soulagée. « Avant que nous commencions cette réunion, j'aimerai que tu me promettes quelque chose. » Je ne dis rien. « Je ne veux plus que tu te pousses à bout comme tu l'as fait avec Miss Uanaind. C'était imprudent et pour être honnête, complètement inconscient. »

« Je vous le promets Buchou. » Je jure, ne pouvant pas manquer sa voix remplie de regrets. « Et pour être honnête moi aussi, c'est pour cette raison que je voulais vous parler aujourd'hui. »

Il y a un moment de silence. Touts les regards sont braqués sur moi. Le visage de ma maîtresse exprime de nouveau de l'inquiétude. Elle doit d'imaginer que je vais lui demander de me lâcher la bride, ou un truc comme ça. Je réalise une nouvelle fois que j'ai été trop loin. Je prends une grande inspiration et je me lance.

« Je voulais m'excuser. » Je déclare solennel. « Je me suis comporté comme un idiot et un égoïste. »

« Comment ça ? » Demande Rias, surprise par ce que je viens de dire.

« Mash m'a fait comprendre à quel point je me plantais dans ma façon de penser et d'agir. » Je lui réponds. « Je vous avais dit que je vous faisais confiance. » Je regarde touts mes camarades démons sans détourner les yeux. « J'étais dans votre groupe, mais sans vraiment en faire partie pour autant. » Je pousse un soupir. « Je faisais les choses de mon côté, sans vous demander votre avis. Je m'isolais moi-même sans même m'en rendre compte. Alors que vous avez essayé de me faire sentir comme chez moi. »

Ils me regardent, incrédules et surpris par ma déclaration. Même Akeno ne sait pas quoi dire.

« Alors... Je suis désolé... Je vous demande pardon... » Je baise la tête très bas. « J'ai répondu à votre gentillesse avec froideur et dédain, encore une fois, sans même m'en rendre compte. »

Prit au dépourvue par ce quelle vient d'entendre, Rias Gremory reste un moment sans réagir. Puis, elle se lève et avance doucement son unique Pion. Elle pose sa main sur son épaule dans un geste plein de douceur. Arthur se redresse pour la regarder. Ses yeux n'exprime que la compassion.

« Ne te blâme pas autant Arthur. » Dit-elle d'une voix calme. « Si tu te crois le seul coupable, alors autant te le dire : nous ne sommes pas non plus innocents. »

Elle regarde touts ses serviteurs qui sourient, content qu'ils puissent enfin parler librement de ce problème qu'ils n'arrivaient pas à résoudre.

« J'aurai dû me montrer plus compréhensive à ton égard. » Explique-t-elle. « Touts les membres de ma famille connaissaient le surnaturel avant, puisqu'ils en font partis. Mais ce n'était pas ton cas. » Elle sourie tendrement. « Je t'ai obligé à te séparer de ta famille, pour vivre dans un monde auquel tu ne connaissais rien. J'aurai dû savoir que tu te replierais sur toi-même par simple réflexe. » Elle pose les yeux sur Mash. « C'est Miss Uanaind qui m'a fait réaliser mon erreur. »

« Notre erreur à tous. » Corrige Akeno avec un sourire aussi.

Kiba et Koneko hochent la tête pour montrer qu'ils sont d'accord avec ce que la Vice Présidente vient de dire.

« J'ai confondu ton envie de devenir plus fort avec une façon de ''fuir'', en quelque sorte, ta solitude. » Dit Rias. « J'aurai dû le voir quand tu t'es tourné vers les Servants pour continuer ton entraînement. » Elle s'incline. « Je te demande donc pardon à mon tour. En tant que maîtresse, j'ai échouée dans ma responsabilité de te guider et de d'assister. »

Je les vois tous baisser la tête en même temps. À côté de moi, Mash est très heureuse de voir que nos relations se sont enfin misent à avancer. Moi, je suis vraiment très gêné. Je ne m'attendais pas du tout à un truc comme ça.

« Relevez-vous, je vous en prie ! » Je réponds, un peu paniqué. « C'était moi le problème à la base. Vous n'avez pas à faire ça. »

{Tu vas arrêter de te croire le centre du monde ?} Demande Gudako en poussant un soupir de lassitude. {Tout ne tourne pas autour de toi.}

[Les torts sont très souvent partagés Arthur.] Ajoute Gudao, très sérieux. [Ne leur manque pas de respect en rejetant leurs excuses de cette manière. Tu as décidé de te vraiment te joindre à eux. Ne t'enfuis pas maintenant.]

Ils ont raison... Il faut que je me débarrasse de cette mauvaise habitude de tout ramener à moi.

« Merci. » Je dis finalement. « De m'avoir écouté et d'avoir voulu m'aider. Même si je ne m'en suis pas rendu compte. »

« Ce n'est rien Arthur. » Assure Rias, réconfortante. « Le passé est derrière nous. Mais nous pouvons construire notre avenir ensemble. »

« Ce sera avec joie. » Je réponds. « Au fait, vous avez piquée cette réplique à Maître Sanzang ? » J'ajoute avec un grand sourire, après quelques secondes de silence.

Akeno glousse alors de manière moqueuse, tandis que Koneko pousse un soupir et que Kiba sourie de façon amusé. Et instantanément je me prend des remontrances de la part de ma kohaï et de Buchou. Mais bon, ça en valait absolument le coup !


Deux semaines sont passées. J'ai repris mon entraînement avec Lancer et Caster. Même s'il est toujours aussi intense, il est beaucoup plus sain qu'avant. Je ne fais rien de stupide comme rester debout jusqu'à m'effondrer. Maître Sanzang a commencée à m'apprendre la méditation et l'utilisation des Sutras, pour créer des barrières et des bénédictions offensives comme défensives.

Au départ, étant donné que je suis démon, Buchou et moi aussi, nous avons cru que se serait néfaste pour ma santé. Mais la présence de mes circuits magique semble diminuer l'impact qu'ont ce genre de pratique sacrée sur moi. Ce qui veut dire, d'après elle, que je suis peut-être moins sensible aux objets bénis que les autres démons. Ça reste à voir, mais si c'est le cas, j'ai vraiment un sacré avantage.

La professeur Uanaind a aussi commencée a m'enseigner autre chose que le combat rapproché. Après avoir vu que je contrôle mieux mon énergie, elle a décidé de m'apprendre les Runes. J'ai été étonné en entendant ce mot. Puis quand je l'ai vu tracer un symbole, qui ressemblait à un F, à mains nues dans l'air, j'ai mieux compris. Là encore c'est un outil vraiment versatile. Elle m'a dit que se serait long et complexe, mais c'est pas grave. Avoir d'autres atouts dans ma manche ne peut être que bénéfique.

Je passe beaucoup plus de temps en compagnie de mes camarades démons. J'accompagne souvent Koneko pour l'aider aux travaux de sa classe, ou au magasin de bonbons qu'elle fréquente assidûment. J'ai cru d'ailleurs voir que le proprio a un tarif spécial rien que pour elle. Faut dire qu'apparemment elle achète chez lui touts les deux jours. Et ce depuis plus de six ans. Cliente fidèle avec un grand C et un grand F, c'est le cas de le dire.

J'aide des fois kiba à esquiver les groupes de filles qui l'escortent en permanence. Parfois je l'assiste durant les heures de pratiques de club de kendo. Il les aide souvent avant les compétitions puisqu'il est plus fort qu'elles. Un jour il m'a d'ailleurs demandé si je pouvais demander un service à Altera de sa part. Il s'entraînait de son côté chez lui, mais c'était difficile de voir s'il progressait vraiment. Il voulait pouvoir se mesurer à elle de temps en temps pour juger. Elle a acceptée d'un simple ''oui'' monocorde. Je n'ai toujours pas demandé où il en était, mais je pense qu'il est loin de son niveau encore. Si j'en crois les bleus qu'il avait l'autre jour.

Parfois, j'aide aussi Akeno au petit temple qu'elle entretient. Elle est toute seule là-bas et je suis vraiment impressionné qu'elle arrive à le maintenir en aussi bon état. Bien sûr, elle est aidée de son familier mais ça reste beaucoup de travail. J'ai replacé des tuiles, ou j'ai repeins l'arche à l'entré par exemple. Parfois, je la trouve en train de pratiquer sa magie. Elle utilise surtout la foudre de ce que j'ai vu.

Buchou et moi discutons surtout de l'Underworld. Elle me raconte les grandes lignes de l'Histoire que je ne connais pas. Nous parlons aussi des contrats que je remplis. Apparemment, touts mes clients sont très satisfaits. Je suis efficace et on peut compter sur moi. Ce qui me gêne un peu, je l'avoue. Être félicité par ce que je fais des travaux de base, me paraît déplacé. Mais bon si ça lui convient. Elle me demande aussi souvent des nouvelles de mon entraînement, et me rappelle parfois de ne pas dépasser mes limites.

À ma demande, Mash m'en dit plus sur le monde d'où elle vient. Sa magie, ses mages, leurs façons de fonctionner, etc... Elle s'excuse souvent par ce que ses connaissances sont limités. Je lui dis à chaque fois que ce n'est pas grave. Moi, je ne connais rien. Alors tout ce que je peux apprendre me sert.

Pour terminer, je suis sur un projet particulier avec les jumeaux Fujimaru. C'est quelque chose dont nous nous sommes accordés sur la théorie, mais qui risque d'être long et compliqué dans les faits. Nous évoquons souvent mes responsabilités en tant que Master. Ils sont de très bon conseil, même s'ils me disent que je me débrouille très bien. La seule chose qui nous pose problème, c'est que leurs mémoires sont toujours pleines de trous. Ils se souviennent de beaucoup de choses importantes, mais il y a des blancs qui sont plus que frustrant. Surtout pour eux.

Notre réunion journalière se termine et je commence à ranger mes affaires. Je masse une de mes épaules. Caster tape toujours aussi fort. Elle m'a dit qu'elle devait déjà m'apprendre beaucoup d'autres choses, avant que vienne le moment de m'apprendre la technique qui permet d'utiliser autant de force. J'entends alors la Présidente m'appeler.

« Arthur ? Tu n'as aucun contrat a remplir ce soir n'est-ce pas ? » Me demande-t-elle en confirmation.

« C'est exact. Pourquoi ? » Je lui demande, avec déjà une idée.

« Un nouveau client vient de s'installer en ville. » M'explique-t-elle. « Je pense que se serait utile pour toi d'établir un contrat avec une personne qui n'en a jamais fait. Pour l'instant, toutes les personnes que tu as vues étaient des habituées. » Elle range un papier. « Ce serait l'occasion d'en apprendre plus sur comment gérer les nouveaux arrivants. Puisque si jamais tu veux rester avec ta famille, une fois que tu seras devenu un démon de haut-rang, il faudra certainement que tu fasses ce genre de travaux. »

« Pas de problèmes. » Je réponds. « Je vais aller le voir. » Je tourne la tête vers la droite. « Désolé Professeur Uanaind, je ne vais pas pouvoir m'entraîner ce soir. »

« Aucune importance. » Répond-t-elle, de sa voix désincarnée, avec son intonation habituelle. « Vivre de nouvelles expériences est toujours bénéfique. »

« Je vais préparer le repas en t'attendant sempai. » Dit ma kohai avec sérieux.

« Merci Mash. »


Une demi-heure plus tard, je me matérialise dans le salon d'une maison. Il n'y a pas de lumière hormis celle qui vient du plafonnier, qui n'éclaire que très peu la pièce. Il y a une table et quatre chaises. Un canapé et une télé. Dans le coin se trouve la cuisine. Une maison tout ce qu'il y a de plus banal en fait. Au bout d'une minute sans la moindre réaction de la part du propriétaire, je perds patience.

« Il y a quelqu'un ? » Je demande à voix haute.

Aucune réponse. Je me retiens de pousser un soupir. Est-ce que le client a oublié que je devais venir ? Je vois pas comment. Ce n'est pas comme si nous étions juste un truc de livraison sur internet. Je me dirige vers le canapé, pensant qu'il ou elle s'est peut-être endormi. Ça expliquerait la lumière. Personne. Je n'ai pas plus de chance avec la cuisine.

« Hého !? » Je hurle presque. « Il y a quelqu'un ? »

J'entends alors un bruit sourd venant de l'étage. C'est quelque chose qui tombe par terre. Il y a une dizaine secondes de silence, puis des bruits de pas se font entendre au-dessus de moi. Je vais me placer en face des marches et je m'incline en avance. Dès que j'entends qu'il est en face de moi je prends la parole.

« Bonsoir. » Je dis de façon protocolaire. « Je m'appelle Arthur Sadler. Merci d'avoir fait appel à moi ce soir. »

Un rire sonore accueille ma déclaration. Je me relève, étonné. Mon client est un homme qui doit avoir environ la trentaine. Il porte un kimono noir par-dessus une robe de chambre beige. C'est quoi cette façon de s'habiller ? Il a les cheveux noirs et toute une ligne de mèches blondes sur le devant et un bouc. Mais ce qui me surprend le plus c'est...

« Un gars de l'Ouest comme moi ! » S'exclame-t-il, tout sourire. « J'ai de la chance. Je suis fatigué de devoir toujours parler en japonais ! »

Là dessus, il éclate de nouveau de rire. Moi, je fais de mon mieux pour garder une façade stoïque. Mon premier nouveau client, et je tombe sur un excentrique. Il vaut mieux que j'essaye de savoir ce qu'il me veut le plus rapidement possible. Sinon je sens qu'il va me donner la migraine.

« Quelle est votre requête, M... ? » Je demande, en me rendant compte que je ne connais même pas son nom.

« Black. Franck Black, mais ne sois pas si pressé. » Dit-il en commençant à descendre. « Je ne t'ai pas appelé pour travailler à proprement parler. » Il sourie de nouveau.

« Euh... Pardon ? » Je lâche sans pour voir me retenir.

« Je me sens seul ici vois-tu. » M'explique-t-il. « Le seul Occidental au milieu de l'Empire du Soleil Levant. »

Là dessus, il rigole encore. Je me concentre par ce que je sens ma tête partir en vrille. Déjà, pourquoi ce gars me tutoie alors que je viens à peine de le rencontrer ? Ensuite c'est quoi ce commentaire sur ''un gus perdu à l'autre bout du monde'' ? Heureusement qu'il n'est pas tombé sur un japonais un peu coincé. Par ce que y'a moyen d'interpréter ça comme du racisme...

« Donc... » J'hésite. « Vous voulez juste quelqu'un pour discuter ? »

« T'as tout compris mon gars ! » Encore une fois il rigole. Je sens déjà ma patience s'amenuiser. « Installe toi. » Il me montre canapé en recommençant à descendre. « Tu veux que je te serve un truc à boire ? »

« Juste un verre d'eau. » Je réponds au bout de quelques secondes, une fois qu'il est à mon niveau.

« Détend-toi voyons ! » Dit-il d'une voix forte et amusée. « On dirait que tu vas faire une syncope ! »

Il se dirige vers la cuisine en poussant un énième rire sonore. Je pense que la soirée va être très longue...


Nous passons plus de deux heures à parler de tout et rien. Mais surtout de rien... Culture, musique, nourriture, travail et même météo. Je vous jure, ce gars est un vrai moulin à paroles. Je sais même pas comment j'ai réussi à rester calme. Je déteste parler dans le vide. En lui-même, il a l'air relativement sympa et ouvert. Cependant je n'arrive pas à me débarrasser d'une désagréable impression...

« Houlà ! » S'exclame-t-il en voyant le cadran de sa montre qui se balade sur son poignet. « Déjà plus de 21H ! » Il rigole pour la cent millième fois. « Je n'ai pas vu le temps passer ! »

Moi si...

« Il faut dire que nous avons beaucoup parlés. » Je lui réponds poliment, ayant du mal à cacher ma frustration.

« C'est pas faux ! » Il me donne une grande tape sur l'épaule.

Hé ho ! On n'a pas élevés les cochons ensemble !

« J'ai encore envie de discuter, mais bon, je ne vais pas te garder ici toute la nuit. » Dit-il avec un grand sourire. « Du coup, pour aborder la question qui fâche, combien je te dois ? »

« J'avoue que je n'en sais rien. » Je réponds rapidement, sincère. « Je n'ai rien fait de concret. C'est difficile de juger la valeur d'une discussion... »

« Hum... » Il se frotte le menton pendant qu'il réfléchit. « Est-ce que ça conviendrait ? »

Il me montre une toile accroché sur le mur d'en face. C'est une nature-morte qui représente des tournesols dans un vase. Ce qui me rappelle un vieux souvenir de mes cours d'Arts Plastiques au collège.

« Euh... Ce sont ''Les Tournesols'' de Van Gogh... ? » Je demande, mal à l'aise.

« Ha ha ha, non ! Enfin si, c'est une copie faite par un autre peintre connu. » M'explique-t-il. « Ça ne vaut pas l'un des originaux, bien sûr. Mais il doit valoir bien assez pour couvrir le prix de ta visite. »

« Je ne sais pas... » J'ai vraiment envie de prendre ce machin sous le bras et me tirer. Mais il faut que je reste maître de moi. « Que diriez-vous d'un compromis ? Je l'apporte à ma maîtresse et elle le fera estimer. » Je lui demande. « Si sa valeur dépasse ce que vous nous devez, je reviendrai aussi longtemps qu'il le faut pour combler la différence. »

« Marché conclu ! » Il se lève et me tend la main.

Je me lève à mon tour et je lui serre la main pour conclure notre accord. Il décroche alors la toile et me la donne après l'avoir soigneusement emballée. Je la prends avec soin à mon tour et je le salue avant de disparaître comme je suis venu. Lui, fait de petits gestes de la main. Comme un parent qui dit adieu à son enfant qui part en voyage scolaire.

J'arrive chez moi et je pose mon paiement sur un fauteuil tout près. Je prends plusieurs longues minutes pour me calmer et mettre de l'ordre dans mes idées. Je remarque Mash qui arrive depuis la cuisine du coin de l'œil. Elle est contente de me voir revenir, mais son expression perd de sa joie quand elle voit mon visage fermé.

« Tout va bien sempai ? » Demande-t-elle, inquiète.

« Je ne sais pas Mash. » Je tourne la tête vers la droite. « Professeure Uanaind, est-ce que je peux vous parler ? »

Sans dire un mot, la célèbre guerrière celte se matérialise à mes côtés. Ses yeux sont rivés sur les miens.

« Ce gars cherchait quelque chose, je me trompe ? » Je lui demande, on ne peut plus sérieux. « Sa façon de parler et la maison où il habite... Tout me semble complètement faux... Vous croyez qu'il en a après Buchou ? » Je réfléchis encore un peu, quand je réalise. « Ou après moi ? »

« Sempai !? » S'exclame Mash, de la peur dans la voix.

« Ton intuition est la bonne, Preantas. » Confirme Scàthach. « Cette longue conversation sans aucun intérêt, en apparence, était un moyen d'en apprendre plus sur toi et ton caractère. » Révèle-t-elle. « Tu as eu la bonne réaction en restant distant et concentré. » Termine-t-elle, satisfaite.

« Mouais... » Je grogne, en colère. « Mais il va revenir à la charge à chaque fois que je vais aller le voir. » Je dis en croisant les bras. « Maintenant, la question est de savoir pourquoi et pour qui il fait ça. »

« Sûrement pour tes pouvoirs. » Déclare ma kohai, confirmant ma propre suspicion. « Je ne vois que cette raison. »

« Moi aussi. » J'acquiesce. « Quand au Qui... Peut-être l'Église ? Ils me surveillent par ce que je possède apparemment le ''Anihilation Maker'' et que je suis un danger pour eux ? » Je réfléchis encore. « Où alors ce sont les Anges Déchus. Raynare s'est échappée il y a des semaines, et toujours pas de réaction de leur part. Pas que j'ai vu en tout cas. »

« Il est possible aussi que se soit un autre démon. » Élabore Mash. « D'après Gremory-sama, les Rating Games sont des compétitions qui suscitent beaucoup d'intérêts. Qu'un participant espionne un futur adversaire est plus que probable. »

« Tu as raison... » Je fais en poussant un soupir de frustration. « J'ai horreur de spéculer comme ça... »

« Reste prudent et garde toutes ses possibilités dans un recoin de ton esprit. » Interrompt ma Professeure, autoritaire. « Néanmoins, tu dois rester vigilant en permanence. Un guerrier perdu dans ses pensées est une cible facile, Preantas. »

« Oui. » J'acquiesce. « Il faut que soit concentré sur ce qui se passe devant moi. Merci professeure. » Je sort mon portable de ma poche. « Il faut que je commence par prévenir Buchou. Elle en saura sans doute plus que nous. »


Dans la maison que Arthur vient de quitter, son ''client'' sourie largement. Mais contrairement au sourire décontracté et simplet d'avant, celui-ci est calculateur et amusé. Ce jeune homme a dépassé toutes ses attentes initiales.

Il a remarqué tout de suite que quelque chose n'allait pas. Et ensuite, il est resté calme malgré sa façon envahissante de parler et d'agir. Il réfléchissait à chacune de ses réponses, même la plus insignifiante. Même lorsqu'il a mit brutalement fin à la conversation, ce jeune démon est resté vigilant.

Tout cela est sans compter sur l'étrange présence qui l'accompagnait. Calme mais attentive. Discrète mais imposante. Quelque chose ou quelqu'un qui n'a rien de conventionnel. Dans touts les sens du terme.

« Tu avais raison Raynare. » Dit-il en se tournant vers le couloir menant au sous-sol. « Son pouvoir est très étrange. Quoi que se soit, ce n'est pas un Sacred Gear... » Il frotte son bouc pendant qu'il réfléchit. « Non... C'est quelque chose de complètement différent... D'inédit... »

« Merci de m'avoir cru Azazel-sama. » Répond l'ange déchue en s'inclinant, après être sortie d'un coin d'ombre. « J'étais certaine que mes sens ne m'avaient pas trompés. »


Fin du chapitre 14 !

N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez !