Bonjour tout le monde !
Voilà le chapitre 15 !
Bonne lecture !
Assisse à son bureau, Rias Gremory raccroche le téléphone de la salle de l'ORC. Un peu trop fort. Le ressort grince à cause de la pression qui s'exerce sur lui. Au bout de deux secondes, elle relâche le combiné et se dirige immédiatement vers le centre de la pièce. Elle commence a faire les cent pas. Akeno se trouve là, une expression inquiète sur le visage qui ne fait que s'aggraver quand elle voit celui de son amie.
« Rias ? » Dit-elle. « Que se passe-t-il ? »
« Je viens de recevoir un appel de Arthur. » Répond la démone, en colère. « Le nouveau client qu'il a rencontré ce soir, est un espion. »
« Un espion ? » Répète la prêtresse, perplexe. « Que veux-tu dire ? »
« Il n'a fait faire aucun travail à Arthur. Au lieu de ça, ils n'ont fait que parler. » Explique-t-elle en regardant la ville par la fenêtre. « Arthur a eu une sorte d'intuition dès qu'il est arrivé. Comme si tout ce que cet homme faisait n'était qu'un jeu. » Elle se tourne vers sa Reine. « Miss Uanaind l'a confirmé aussi. Il cache quelque chose. »
« Voilà qui est problématique. Il n'y aucun moyen de savoir qui il est. Ni à quel camp il appartient. » Dit Akeno, pensive. « Heureusement que Arthur était accompagné d'un Servant. Les chances que se soit un assassin sont élevés. »
« Tch... » Fait Rias. « D'abord les anges déchus, maintenant ça. Croient-ils vraiment qu'ils peuvent vraiment faire ce que bon leur semble sur mon territoire ? » Demande-t-elle de manière rhétorique. « Akeno, fait passer la description de cet homme à Kiba et Koneko. Ordonne leur de se tenir sur leur gardes en permanence. »
« À vos ordres Buchou. » Répond son amie avant de se téléporter.
La démone se dirige immédiatement vers le téléphone et compose un numéro très spécial, qu'elle s'était jurée de ne pas employer, sauf en cas de force majeure. Il n'y a aucune preuve que cet homme soit réellement dangereux encore, mais elle ne va pas faire l'erreur de laisser sa fierté l'aveugler. Elle a déjà faillit manquer son coup avec Arthur. Elle ne jouera pas avec le feu cette fois.
« Bonjour Rias-tan ! » Fait une voix idiote d'homme lorsqu'il décroche. « Comment va ma mignonne petite sœurette adorée !? »
Un bruit sourd se fait entendre. Celui d'un poing qui frappe un crâne. Violemment. Il y a une exclamation de douleur, puis de nouveau l'homme parle.
« Ouch ! » Fait-il, sa voix plus lointaine. « Grayfia-chan ! Pourquoi tu m'as tapée si fort !? » Demande-t-il comme un enfant qui vient de recevoir une punition injuste.
« Je vous serai gréée d'agir avec le sérieux qui incombe à votre rôle, Maou Lucifer. » Demande sa femme sur un ton glacial.
« Quelle rigidité d'esprit. » Se plaint le frère de Rias. « J'ose même pas imaginer comment tu vas finir quand tu seras viei... Aie ! Aie ! Aie ! Aie ! Non ! Pas la choue ! »
« Dois-je encore forcer la punition pour vous permettre d'être sérieux ? » Questionne Grayfia, le ton de sa voix devenu carrément menaçant.
« Ch'est bon ! Ch'ai compris ! Pitié, relâche -moi ! » Supplie le Maou.
Rias pousse un soupir long et lassé. Elle adore son frère, mais elle se demande souvent comment il a réussi à avoir ce poste. Sans Grayfia, il serait juste impossible a présenter aux gens. Finalement, il redevient sérieux et reprend la parole.
« Hum, hum, bonsoir Rias. » Dit-il avec une voix normale après s'être éclaircit la gorge. « C'est inhabituel de ta part de m'appeler de toi-même. Tu as besoin de quelque chose ? » Devine-t-il.
« En fait... » Elle hésite. « J'aurai besoin d'aide Nii-sama. » Admet la démone à contre cœur.
« Il y a un problème ? » Demande-t-il, avec encore plus de sérieux.
« Mon nouveau Pion, Arthur, a rempli un contrat avec un nouveau client ce soir. » Raconte-t-elle. « Il est certain que cet homme voulait le rencontrer et en savoir plus sur lui. Je pense que c'est un espion de l'Église ou des Anges Déchus. »
« C'est une accusation grave Rias. » Répond Sirzech au bout d'un court silence. « As-tu des preuves ? »
« Aucune Nii-sama. » Reconnaît sa sœur. « Juste l'intuition de Arthur. Mais pour moi, c'est plus que suffisant. »
De nouveau le silence s'installe. Heureusement que Rias lui parle au travers d'un téléphone, sinon son frère serait, sans aucun doute, suspicieux. Bien que ça ne transparaisse pas dans sa voix, elle est extrêmement nerveuse. Et cela se voit facilement en l'observant.
Elle a délibérément cachée aux autres démons, y compris sa famille et les Maous, les pouvoirs du membre le plus récent de son Peerage. Par peur de ce que cela déclencherait ? Ou pour préserver Arthur ? Elle ne le sait pas vraiment elle-même. Peut-être un en peu des deux...
« Je te crois Rias. » Finit par dire le Maou. « Donne moi autant de détails que tu pourras, nous allons enquêter discrètement. » Promet-t-il. « Je te demande simplement, en attendant, de te montrer aussi prudente que possible. »
« Bien sûr Nii-sama. »
Elle leur transmet tout ce que son Pion lui a dit. De ses impressions jusqu'à sa description physique. Elle jurerait d'ailleurs avoir cru entendre une légère exclamation de surprise, en lui disant à quoi il ressemble. Au bout de quelques minutes, le sujet premier de l'appel est traité. Un autre le remplace rapidement, au grand désespoir de la démone.
Dans la maison où loge Arthur et Mash, une réunion est en court. Lui est assis sur l'un des fauteuils, à sa droite se trouve sa kohai. En face lui il y a Scàthach et Xuanzang sur une banquette. Et en face de Mash, sur le dernier fauteuil, se trouve Altera. Les trois servantes ont une expression sérieuse et renfermée sur le visage. Il vient à peine de finir de leur expliquer la situation.
« Nous devons rester en permanence près de vous désormais Master. » Affirme Saber, de son habituelle voix monocorde.
« Elle a raison sempai. » Ajoute Mash. « C'est trop dangereux que tu sois sans protection. »
« Es-tu certain de ses intentions mon disciple ? » Demande Caster. « Tu as pu mal interpréter. »
« Sûr et certain Maître Sanzang. » Je réponds sans la moindre hésitation. « Ce type n'est pas clair. Je ne sais pas ce qu'il veut, à Buchou ou à moi, mais je vais pas rester à attendre qu'il m'attaque pour réagir. »
« Calme-toi. » Dit la moniale en faisant tinter son bâton. « Je ne doute pas de ta parole ou de ton intuition. » Elle sourie de manière réconfortante. « Je désire simplement t'éviter d'avoir à recourir à la violence. »
« Quel optimisme. » Ironise Lancer. « Cet homme est puissant et attentif. C'est une certitude. » Affirme-t-elle en ignorant la remarque de sa voisine. « Ma présence n'est pas restée un secret longtemps, cependant, il n'a pas montré le moindre inconfort. »
« Mouais... » Je fais en croisant les bras, contrarié. « Ça confirme mon impression. Sans vous, professeure Uanaind, je cois bien qu'il n'aurait fait qu'une bouché de moi. »
« À ce point là !? » S'exclame Mash, effrayée. « Je viens avec toi la prochaine fois sempai ! » Affirme-t-elle.
« Autant crier sur touts les toits que nous voulons l'agresser... » Je réponds par réflexe. « Désolé Mash... » Je reprends une seconde plus tard. « C'est sortit tout seul... »
« Ce n'est pas grave. » Dit-elle avec un sourire doux. « Je comprends ce que tu veux dire. » Elle prend une grande inspiration. « Mais il faut quand même que Altera-san, Sanzang-san et Scàthach-san soient avec toi en permanence. »
« Tu te trompes jeune fille. » Corrige la guerrière celte. « Il est fort probable que quelqu'un cherche à s'infiltrer ici pour récupérer des informations. » Explique-t-elle. « Il faut que l'une de nous trois reste entre ces murs pour en garantir la sécurité. » Elle me fixe et je sens un frisson me parcourir. « À toi de choisir laquelle Preantas. »
Quatre pairs d'yeux se tournent vers moi. Elle veut sans doute m'obliger à réfléchir en tant que Master. Au final, même si je leur fais confiance et qu'elles sont plus fortes que moi, je vais devoir un jour ou l'autre prendre des décisions stratégiques. Décisions qui joueront un rôle très importants dans les combats.
« Vous avez un conseil à me donner ? » Je demande mentalement.
[Rien que tu ne saches déjà je pense.] Répond Gudao. [Chacune d'entre elle largement capable d'assumer ce rôle.]
{Désolée Arthur, comme il l'a dit, c'est difficile de te répondre sans t'influencer d'une manière où d'une autre.} Ajoute Gudako.
« Pas le droit de tricher hein ? » Je fais, amusé. « C'est pas grave, j'aurai essayé. »
Je réfléchis un long moment. Je tourne la question dans touts les sens, mais j'ai toujours le même problème : je ne sais pas ce dont il est capable. Et je ne sais pas assez de choses sur le surnaturel pour vraiment faire le bon choix... C'est là que je comprends...
« Maître Sanzang, est-ce que je peux vous laisser la protection de la maison ? » Je lui demande poliment.
« Bien sûr mon disciple. » Affirme Caster, sereine. « Puis-je savoir pourquoi tu as fait ce choix ? » Questionne-t-elle, son regard sérieux et pénétrant me donne l'impression d'être passé aux rayons X.
« Et bien... » Je commence, un peu gêné. « Je me suis rendu compte que je ne sais pas grand chose. » Je fais avec une voix posée. « Du coup, je pense que quelqu'un qui est capable de se battre aussi bien physiquement que avec la magie, est le choix le plus logique. »
« Sélectionner une personne capable d'être polyvalente, lorsque l'on ignore les capacités de ses adversaires. » Résume la moniale. « Voilà qui est sage. Je suis fière de toi mon disciple. » Félicite-t-elle, chaleureuse.
« Merci... »
« Il y a une faille majeure dans ton raisonnement Preantas. » Déclare Lancer. « Altera et moi-même possédons une défense magique naturelle élevée. » Rappelle-t-elle. « De plus, je suis certaine qu'elle saura comment attaquer contre des mages. Pour ma part, ma connaissances des Runes me donne un large éventail de possibilités offensives. » Explique la guerrière. « Quant à toi, tu seras vulnérable sur ces deux aspects dans une bataille. »
« Que voulez-vous dire professeure ? » Je demande, ayant eu du mal à comprendre son explication. « Mash peut me proté... »
« Sempai ? » Fait la concernée, inquiète, en me voyant m'arrêter au milieu d'une phrase. Puis elle comprend à son tour. « Je ne serai pas à tes côtés si jamais tu dois te battre... » Réalise-t-elle, l'idée lui glaçant le sang.
« Exactement. » Confirme Scàthach. « Ta situation étant inhabituelle, tu ne peux te reposer sur les mêmes tactiques que les autres Master. » Continue-t-elle. « Ce n'est pas le Graal qui nous a invoqués, mais toi. Tu ne possèdes aucun des Sceaux de Commandements, qui te permettrait d'appeler un Servant en urgence à tes côtés. » Elle s'enfonce dans la banquette. « Un autre problème potentiel est ton endurance. Lorsque nous combattrons, notre consommation de Mana va être démultipliée. Suivant la force de notre adversaire, il ne faut pas négliger la possibilité que tu t'épuises rapidement. » Une courte pause. « D'autant plus si tu dois assurer ta propre protection, dans le cas ou nous sommes débordées. »
Je me crispe. Elle est vraiment incroyable. Je n'avais absolument pas imaginé tout ça. Il y a trop de problèmes auxquels je n'ai pas réponse. Et pas moyen de faire des tests. Trop dangereux.
{J'ai peut-être une partie de la solution Arthur.} Dit soudainement la Fujimaru féminine.
« Vraiment!? » Je réponds, presque suppliant. Je n'ai pas, mais absolument pas, envie de me reposer sur la chance.
{Je pense que c'est possible de faire venir Mash à tes côtés si besoin.} Dit-elle. {Mais pour être honnête, c'est juste une théorie.}
« Moi j'ai pas d'idée, alors c'est toujours mieux que rien ! » Je m'exclame.
{Ok, ok, calme-toi Arthur.} Me demande Gudako. {Nous allons t'expliquer.}
[Comme nous te l'avons dis, les Saints Graphs sont dormants dans ton âme.] Reprend la version masculine. [Lors d'une Invocation, tu les matérialise dans le monde réel grâce à ta magie.]
« Je sais déjà tout ça. » Je réplique, impatient. « Quel est le rapport ? »
[Calme-toi, nous allons y venir.] Répond-t-il. [Quand tu fais cela, ce n'est pas fondamentalement différent d'une Invocation faites par un Graal, si ce n'est qu'il va chercher dans le Trône des Héros.] Explique Gudao. [Grossièrement, même s'il permet de réaliser des miracles par ce qu'il est une manifestation du Heaven's feel, le Graal est à la base un concentré d'énergie magique si dense qu'il peut altérer la réalité. Comme le font les Sceaux de Commandements.]
« Donc... Si je comprends bien... En utilisant ma magie, je pourrai téléporter Mash d'urgence près de moi... En théorie ? » Je résume.
{En théorie, oui.} Confirme la jeune femme.
« Euh... C'est aussi simple que ça ? » Je demande, dubitatif.
[En fait non.] Avoue le jeune homme. [Si nous étions dans notre monde d'origine, ça n'aurait sans doute pas fonctionné. Mais la magie des démons, qui fait partie de toi maintenant, est beaucoup plus simple à manipuler que la nôtre. Je crois vraiment qu'il est possible de reproduire les effets d'un Sceau de commandement.]
{Peut-être qu'en se servant de la magie de téléportation des démons comme base ?} Suggère Gudako.
« Bonne idée ! » Je réponds, ayant retrouvé le moral. « Ça ne résout pas le problème de consommation d'énergie, mais au moins ça laisse un moyen à Mash de me rejoindre ! »
Je reviens pleinement au salon ou Lancer m'observe attentivement, elle attend ma réponse. Je ne sais pas si je vais la surprendre, ni si ça va la satisfaire, mais moi je suis convaincu.
Une semaine est passée. Je suis retourné voir ce ''Franck Black'' deux fois déjà. Je me sens toujours aussi mal à l'aise en sa présence. Lui continue de parler et de rire comme si de rien n'était. Même avec la présence de Lancer et Saber, il n'est pas intimidé. Et je commence à me demander si ce n'est pas moi qui est visé particulièrement. De ce que m'ont dit mes camarades démons, aucun d'eux n'a remarqué quelque chose d'inhabituel.
Peut-être que c'était prévu qu'ils soient espionnés aussi, mais que je remarque son petit manège l'a peut-être fait changer d'avis. Du coup, je ronge mon frein. Ma frustration commence à s'accumuler. J'ai horreur de rester à attendre que mon adversaire fasse le premier geste. Même quand je faisais des matchs, j'étais offensif, peu importe le gabarit ou le niveau du gars en face de moi. Heureusement, les séances de méditation de Caster me permettent de tenir bon.
Mais d'un autre côté, je me sens un peu coupable. Maître Sanzang resté cloîtrée à la maison. Elle surveille la barrière qu'elle a mise en place en permanence et ne se ''repose'' pas. Elle me dit que ça ne la dérange pas, et c'est sans doute vrai... Mais ça n'enlève rien à mon malaise...
[Cesse de te torturer Arthur.] Me répète encore une fois Gudao. [Pour un Servant, se rendre utile à son Master est une satisfaction qui leur est propre.]
{Tant que tu ne la vois pas comme un outil, tu n'as pas à t'en faire.} Ajoute aussi Gudako.
« Je sais, je sais. » Je soupire mentalement en m'allongeant sur mon lit. « Vous me l'avez déjà dit. »
Ils rigolent doucement touts les deux, parce qu'ils savent bien qu'il n'y a aucun risque que je fasse ça. Je m'étire pour passer la fatigue. Notre travail pour trouver un moyen de téléporter Mash à mes côtés, ou une autre des mes Servants si besoin, a bien progressé.
En se basant sur la magie de téléportation que nous a appris Akeno, je peux l'amener en moins de deux secondes. Et ça ne consomme pas tant d'énergie que ça. Le seul problème que j'ai encore, c'est pour la contacter. Il faut que j'arrive à établir un contact mental avec elle pour pouvoir la ''déplacer''. C'est assez simple avec mes deux professeures et Altera, puisqu'elles sont complètement faites de Mana. Mais Mash à son propre corps. Nous n'avons toujours pas compris pourquoi elle, et pas les 3 autres d'ailleurs. Du coup, dès que nous ne sommes plus en contact visuel, les choses se compliquent.
« Je voulais vous demander. » Je fais aux jumeaux Fujimura, en me rappelant de quelque chose. « Vous n'avez pas trouvés Buchou bizarre aujourd'hui ? » Je marque une pause. « Je sais pas... J'ai l'impression qu'elle était dans la lune par moment... »
{C'est vrai qu'elle semblait absente par moment.} Admet la jeune femme. {Peut-être un problème personnel?} Se hasarde-t-elle.
[Plusieurs fois, je crois que je l'ai vu regarder dans ta direction Arthur.] Dit le jeune homme.
« Hein !? » Je fais, surpris. « Tu es sûr !? »
[Peut-être qu'elle s'inquiète vraiment pour toi ?] Propose-t-il. [À moins, que ce ne soit que mon imagination...]
Je vais répondre quand une vive lumière rouge inonde ma chambre. Je me redresse soudainement et je regarde d'où ça vient. C'est un cercle de téléportation sur le sol... Un de ceux que j'utilise et qui portent l'emblème de la famille Gremory... C'est Buchou qui a trouvé qui était vraiment ce ''Franck Black'' ? Et qui vient me le dire ?
Mais pourquoi elle n'a pas juste appelée ? Ou alors il est vraiment dangereux et elle veut me voir exprès ? Dans ce cas, pourquoi elle n'a pas convoqué tout le monde ?
Je la vois effectivement apparaître. Je remarque aussitôt qu'il y a un problème. Ses cheveux sont en bataille et ses habits sont complètement de travers. Vu comment elle fait attention à son apparence en permanence, c'est quelque chose de grave.
En voyant son visage, j'en ai la confirmation. Ses yeux sont enflés et rouges. Sur ses joues il y a des traces de larmes. Ça fait un bout de temps qu'elle pleure...
Ce qui me choque. Je l'ai toujours crue sure d'elle et confiante dans sa façon de vivre et de faire. Tout dans sa manière de se comporter et de parler le prouve. Qu'est ce qui se passe pour qu'elle termine dans cet état !?
Aussitôt qu'elle me voit, elle se jette sur moi. Littéralement. Elle semble complètement paniquée... Presque désespérée... Elle me tacle sur mon lit et nous tombons touts les deux sur le sol, en emportant les draps et la moitié du matelas.
« Par pitié Arthur ! » Supplie-t-elle, larmoyante. « Fais moi l'amour ! »
Il y a un instant de silence. Mon cerveau est gelé et je me sens comme perdu dans les deux grands yeux bleus qui me fixe avec tellement d'intensité, que j'ai du mal à ne pas détourner le regard. Je me reprends juste après.
« Quoi !? » Je m'exclame, complètement prit au dépourvu. « Qu'est-ce qui vous prend !? »
« Je t'en supplie ! » Dit-elle. « Je n'ai pas d'autres choix ! » M'explique-t-elle.
Elle se met à se déshabiller au pas de course. Elle arrache presque le ruban qui noue le haut de son col, et enlève la veste de son uniforme...
Je le crois pas... Elle est sérieuse ! Elle est en soutien gorge et commence déjà à retirer sa jupe, cassant la fermeture éclair au passage. C'est quand elle va dégrafer la seule chose qui couvre encore sa poitrine, que je réagis vraiment.
« Wow ! Wow ! Wow ! Stop ! Stop ! J'ai dit STOP ! » Je hurle à moins de trente centimètres de son visage, en lui prenant les poignets. Ce qui l'arrête enfin. « Vous avez pété un plomb ou quoi !? »
« Non ! Je suis parfaitement consciente de ce que je fais ! » Réplique-t-elle, toujours de cette voix désespérée. « Tu dois me faire l'amour Arthur ! C'est la seule solution ! »
« Solution à quoi !? » Je lui demande, complètement perdu. « Qu'est-ce que vous racontez comme conneries !? »
« Je m'en moque si tu me crois folle Arthur ! » Affirme la démone en recommençant à se déshabiller. « Je veux que tu prennes ma première fois ! Tant pis si c'est douloureux ou violent ! Je... »
CLAC !
Une baffe sonore l'atteint en plein visage et l'enlève de force de sur son Pion. Elle tombe sur le dos et reste plusieurs secondes allongé dans cette position. Ses yeux sont rivés au plafond, perdus dans le vide. Son cerveau n'a pas suivit ce qui vient de se passer. Elle reste amorphe sans faire le faire le moindre mouvement, pas même cligner des yeux.
« Sempai ! » Crie Mash en entrant en trombe dans la chambre, alertée par le vacarme. « Que se passe... »
Elle ne termine pas sa phrase en voyant la scène sous ses yeux. Dans la pénombre se trouvent Arthur et Rias Gremory. Lui est au milieu de son lit retourné sur le sol. Il est assis plus ou moins en tailleur, le bras levé à l'horizontal. Elle, est allongé sur le dos, la poitrine presque à l'air libre et l'air perdue, une trace de main très facilement visible sur sa joue.
Mash voit alors Arthur se lever lentement en prenant au passage le drap de son lit. Il s'en sert pour recouvrir la démone qui reste inerte. Sans ménagement, il la redresse en position debout pour qu'elle puisse le regarder dans les yeux. C'est là que la Kohai voit ceux de son Master...
Ils sont brûlants d'une rage glacée. Elle se crispe par réflexe sur la poignée. Jamais elle ne l'avait encore vu autant en colère.. Il s'adresse alors à sa maîtresse d'une voix respectueuse, mais dépourvu de la moindre chaleur et compassion.
« Ça y est ? Vous vous êtes calmée ? » Demande-t-il, cassant.
« J... Je... » Bégaye Rias en massant sa joue endolorie, plus calme qu'avant. « Oui... »
« Alors je vais être clair : Ne. Refaites. Jamais. Ça. » Dit Arthur d'une manière qui ressemble à un ordre. « Je m'en fous de savoir pourquoi, » Continue-t-il. « je vous interdis de jeter votre dignité à la poubelle de cette façon. Si jamais vous me sortez encore une connerie pareille, je vous colle mon poing dans la figure. » Menace-t-il.
Rias et Mash sont figées sur place en entendant ça. Par ce qu'elles l'ont bien comprises en voyant son expression : il est sérieux...
« Mash, » Dit-il, d'une voix qui s'est adoucie, en se tournant vers la nouvelle venue qui se détend un peu. « est-ce que tu peux trouver des affaires de rechange pour Buchou s'il te plaît ? »
« Je... Je vais en chercher toute de suite ! » Dit la jeune fille en s'en allant précipitamment, une fois une légère inquiétude surmontée.
« Je crois que vous avez quelque chose à m'avouer. » Fait Arthur, reprenant son intonation d'avant, en fixant de nouveau Rias dans les yeux.
« Cessez immédiatement cette agression envers votre maîtresse Sadler-sama. » Ordonne alors une voix féminine froide et autoritaire.
Une autre personne arrive de la même manière que Buchou. Même si un peu plus âgée, elle n'en reste pas moins belle. Des cheveux couleur de l'argent, portant un uniforme de domestique qui me fait penser qu'elle arrive tout droit du XIXième siècle. Elle ne paie pas de mine, mais rien qu'au frisson que je sens maintenant, je sais qu'elle est vraiment très forte. Son aura est si agressive que l'espace d'un instant je crains que Altera ne débarque, l'épée à la main. Mais puisque rien ne s'est passé au bout de quelques secondes, je pense que ça va.
« A.. Attends Grayfia ! » Fait Alors Rias, qui semble se ressaisir. « C'est de ma faute. »
« Je sais déjà que vous êtes venue ici dans un but peu avouable Ojou-sama. » Réplique froidement la domestique en la voyant recouverte d'un drap. « Je ne peux cependant tolérer que votre Pion lève ainsi la main sur vous. » Ajoute-t-elle en se tournant vers moi.
« Je ne l'ai pas giflé pour le plaisir. » Je réponds, aussi glacial qu'elle. « Je n'ai pas pu l'arrêter avec des mots. Je n'avais pas le choix. »
« Si utiliser la force était votre dernier recours, il existe d'autres méthodes que les coups au visage. » Contre la nouvelle-venue.
« Je vous en prie, montrez-moi. » Je raille, pas du tout d'humeur à être patient.
« Arthur ! » S'exclame la démone en se relevant brusquement. « Je t'en prie, calme-toi ! » Me demande-t-elle, inquiète.
Je toise pendant encore un petit moment la domestique puis je me détends. Je prends une grande inspiration et j'attends. Le silence s'installe et l'aura menaçante qu'émettait la fameuse Grayfia diminue en intensité, jusqu'à disparaître. Rias resserre un peu la couverture qui la recouvre pour se cacher le plus possible. Elle est vraiment mal à l'aise.
« Arthur, je te présente Grayfia Lucifuge, la domestique en chef de la Maison Gremory et la Reine de mon frère. » Dit Buchou en la montrant poliment de la main.
« Bonsoir. » Je fais de manière austère. « J'imagine que vous êtes là par ce que vous êtes responsable de sa sécurité aussi ? » Je demande platement.
« Lorsque la situation le demande, en effet. » Admet-elle sans réagir plus que ça. « Néanmoins, je suis ici aujourd'hui pour évoquer une affaire des plus importantes avec Ojou-sama la concernant. »
« Ce qui veut dire ? » Je réponds, cassant. Je suis franchement pas d'humeur à tourner autour du pot non plus.
« Si Oujou-sama ne vous a pas renseignée à ce propos, » son regard inquisiteur se tourne vers la concernée qui fait tout pour ne pas baisser les yeux. « il serait irrespectueux envers elle que je le fasse. »
« Haaa... » Je pousse un soupir théâtral. « La noblesse et le protocole... » Je lâche sans la moindre gêne. « Enfin bref... » Je me tourne à mon tour vers Buchou. « Est-ce que vous voulez bien me dire à quoi rime ce cirque ? »
« Je vous prierai de faire preuve de respect envers votre maîtresse Sadler-sama. » Fait Grayfia en approchant d'un pas.
Je regarde dans sa direction et nous recommençons à nous fixer de manière menaçante. C'est à ce moment précis que Mash revient.
« Sempai ! J'ai trouvé des habits pour... » Elle se stoppe dans sa phrase toute seule, encore une fois.
Entre la nouvelle personne qui vient d'arriver et la tension dans la pièce, elle ne sait pas quoi dire ou faire. On dirait qu'ils vont se jeter l'un sur l'autre au moindre geste suspect. Finalement, c'est Rias qui calme le jeu.
« Arthur. » Son Pion se tourne vers elle. Il est calme. « Je vais tout t'expliquer. » Promet-elle. « Est-ce que ça peut seulement attendre demain ? »
« Désolé mais non. » Répond-t-il d'une voix posée. « Pas avec ce que j'ai entendu. Je veux savoir ce qui vous a poussé à me demander un truc pareil. » Il la fixe sans broncher. « Maintenant. »
« Est-ce là une menace ? » Demande la domestique, glaciale.
« Ce n'est pas grave Grayfia. » Fait la démone, sur un ton qui a retrouvé un certain calme. « Arthur est très direct, c'est tout. » Elle a l'air de vouloir répliquer quelque chose mais se contente de s'incliner poliment. « Laisse moi changer mes habits et je te rejoins aussitôt dans le salon. » Termine Rias, ayant prit sa décision au bout d'une courte hésitation.
« Bien sûr. » Dit le jeune homme, plus doux.
Il sort de la chambre et Mash le rejoint après avoir laissé les habits en question. Il lui explique alors le pourquoi de la situation. Elle en est horrifiée. Puis commence à se poser autant de questions que son Master.
Dix minutes plus tard, alors que Arthur et Mash sont assis dans le salon, Rias Gremory arrive finalement. Elle porte des habits colorés qui doivent appartenir à Caster, et s'est recoiffée. Derrière elle se trouve Grayfia, calme et silencieuse. La démone vient s'asseoir devant les deux membres de son Peerage, alors que sa domestique vient se positionner debout derrière.
« En premier lieu, » Commence Rias. « Je m'excuse d'avoir fait ça Arthur. » Dit-elle en s'inclinant légèrement.
« Ce n'est pas grave. » Répond-t-il, réconfortant. « Je m'excuse aussi pour la gifle, c'était exagéré. »
« Tu dois vraiment apprendre à te contrôler sempai. » Commente Mash, sévère. « Ta force dépasse de loin celle d'un être humain normal. Tu pourrais blesser quelqu'un. »
Grayfia sourie intérieurement en voyant les deux interagir. On dirait son mari et elle-même. Que deviendraient les hommes, si les femmes n'étaient pas là pour les tempérer ? Sa jeune maîtresse commence alors son histoire.
« Comme vous le savez, les Démons ont subis de très lourdes pertes lors de la Grande Guerre. » Rappelle-t-elle. « Puisque nous vivons très longtemps, notre espèce n'a que très peu de chance d'avoir des enfants. En cas de nouveaux conflits, nous risquions de disparaître purement et simplement. Pour éviter cette fin, l'un de Maou actuel a créé les systèmes d'Evil Pieces. »
Une courte pause.
« Bien que cela ait résolu une grande partie du problème, les membres les plus conservateurs de notre société s'inquiétaient du sort des Démons de sang-pur. » Explique Rias. « Ils voulaient conserver autant que possibles les lignées encore vivantes. » Un certain dégoût commence à apparaître dans sa voix. « De ce fait, les enfants naissant de familles de sang-pur sont promis au mariage, avant même qu'ils ne naissent, à un membre d'une autre famille de sang-pur déjà existant. » Elle se crispe sur son fauteuil. « Ces contrats sont absolus... Je ne peux m'en défaire... »
Alors que Mash est choquée d'entendre ça, sans doute pour la même raison que moi. Je suis un fervent défenseur du mariage par amour, et entendre ça me révolte. Mais la question que je me pose c'est : pourquoi elle a réagit comme ça ?
« Votre... Fiancé, si j'ai bien compris, » Elle hoche de la tête pour confirmer. « il est pourri à ce point-là ? »
« Pire encore... » Répond-t-elle, avec un profond mépris. « C'est un obsédé et un coureur de jupons reconnu. » Dit Rias, dédaigneuse. « En principe nous ne choisissons que des personnes dont le potentiel de combat est élevé pour les réincarner. Mais lui, il a constitué son Peerage avec uniquement des femmes. »
Ok... je crois que je commence à piger d'où vient le problème...
« Il les a toutes choisis pour qu'elle puisse représenter chacune un fantasme sexuel différent. Leur force n'a été qu'une condition secondaire. » Raconte la démone.
« Charmant bonhomme... » Je fais, glacial.
« Il n'existe vraiment aucun moyen de vous libérer de votre engagement Gremory-sama ? » Demande Mash, profondément peiné pour elle. « Personne ne devrait avoir à subir cela ! »
« Merci à toi Mash, mais j'ai peur que non. » Avoue Buchou, un peu réconfortée. « Je suis venu me réfugier dans le monde des Humains pour lui échapper. » Révèle-t-elle. « Je devais être libre de faire ce que je voulais jusqu'à que j'obtienne mon diplôme, mais Riser ne veut plus attendre. Il a exigé que je retourne dans l'Underworld avec lui dans 10 jours. »
« Vous n'avez vraiment aucune solution ? » Je demande, sceptique. « Comme vous me l'avez déjà dit, vous m'avez réincarné pour ma force. je pense donc que vous pouvez le défier en combat. Si vous gagnez, vous êtes libérée. Je me trompe ? »
« Tu as raison Arthur. » Admet-elle. « D'ordinaire, les Rating Games ne peuvent avoir lieu qu'entres Démons ayant atteint la majorité. Cependant, s'il y a un désaccord grave entre deux familles sur un accord établi au préalable, c'est la seule possibilité de résoudre le problème. »
« Sempai, nous devons l'aider. » Fais Mash en se tournant vers moi.
« Si c'est juste une histoire de combat pas de problème. » Je réponds avec un sourire mauvais. « Casser la gueu... figure, » Je me reprends juste à temps. « à un salaud me fait toujours plaisir. »
« Cela ne sera pas aussi simple Sadler-sama. » Interrompt Grayfia. « Le clan du prétendant d'Ojou-sama sont les Phenex. » Informe-t-elle. « Leur nom ressemble à celui de l'oiseau mythique, le Phoenix, puisque tout comme lui, ils possèdent une capacité de régénération extrêmement difficile à surmonter. » Dit la domestique. « Parmi les Démons, ils sont ceux qui sont le plus proche de l'invincibilité. Et bien sûr, Riser Phenex-sama possède aussi cette capacité. »
J'aurai dû me douter qu'il y avait une arnaque. Si ce gars se foutait d'avoir des servantes puissantes, c'est par ce qu'il est presque invincible lui-même. Je suis certain que si on le désintègre complètement, il va pas revenir d'entre les morts. Mais je suis certain aussi qu'assassiner un membre de la noblesse va poser problème... J'ai alors une autre idée.
« Buchou, est-ce que vous avez moyen de me montrer ce fameux contrat de mariage ? » Je lui demande.
Elle reste un moment sans réagir, comme si elle ne comprenait pas la question. Finalement c'est Grayfia qui répond à sa place.
« Il n'existe aucun document officiel sous aucune forme que se soit, si c'est cela que vous demandez Sadler-sama. » Explique-t-elle. « Il s'agit d'un accord oral prit entre les deux parties. »
Je reste un moment sans pouvoir réagir... Ils en sont encore au Moyen-Âge ou quoi !? C'est quoi cette façon de procéder !? Ça pose vraiment un problème...
« Dites-moi que vous avez au moins un Code Civil, ou un truc du genre. » Je reprends rapidement. « Vous ne faites pas tout par oral quand même ? »
« Nous avons un recueil de lois écrit créé à la fin de la Guerre Civile. » Dit la domestique. « Nous nous en servions souvent à cette époque. Mais depuis, le nombre de délit requérant son utilisation a toujours été extrêmement bas. »
« Peu importe. » Je réponds simplement. « Je voudrai le consulter au plus vite. »
« Que veux-tu faire avec cet ouvrage Arthur ? » Demande Rias. « Je ne comprends pas. »
« L'avantage et l'inconvénient des textes de lois, c'est que l'on peut toujours les interpréter de plusieurs façons différentes. » Je dis avec un air calculateur. « Laissez-moi un peu de temps pour regarder ce qu'il en est, et je vous promets que vous avez des chances de vous débarrasser de ce guignol sans avoir à combattre. »
Elle se fige en entendant ce que je viens de lui dire. Elle n'a pas l'air de me croire.
« Tu es avocat sempai ? » Demande Mash, qui a du mal à suivre aussi.
« Non, mais ma mère l'est. » Je lui rappelle. « Elle m'a forcé à prendre des leçons avec elle sur comment comprendre le Code Pénal et le Code Civil, il y a quelque années. » Explique-t-il, les yeux étrangement à moitié perdu dans le vide. « Honnêtement, je ne pensais pas que ça me servirait un jour... »
« Est-ce que cela peut fonctionner Grayfia ? » Interroge Rias, pour confirmation. « Cela m'étonnerait que Nii-sama, ou toi, n'aient pas pensé à cette possibilité. »
« Ne nous pouvions l'utiliser, ni même vous instruire à ce sujet, Ojou-sama. » Répond poliment la domestique. « Cela aurait été un preuve flagrante d'ingérence et de favoritisme. » Elle prend une pose pensive. « Néanmoins, puisque Sadler-sama désire devenir un Démon de Haut-Rang à l'avenir, nous pouvons faire passer sa demande pour une simple preuve de sérieux. Ou de curiosité. »
Je rigole intérieurement. Je l'aime déjà.
« Cependant, je me dois de vous prévenir Ojou-sama. » Nuance-t-elle. « Mes souvenirs du contenu de ces pages est lointain, mais il vous faut considérer que le risque d'échec est réel. »
« Une autre solution, même si elle a des chances de ne pas être la bonne, me paraît meilleure que de nous limiter au seul Rating Game. » Répond Buchou, qui a retrouvée toute son assurance.
« Fort bien. » Déclare Grayfia en s'inclinant poliment. « Si vous me permettez de prendre congé, je vais de ce pas récupérer les documents dont a besoin Sadler-sama. »
La domestique s'en va quelques secondes plus tard. Rias Gremory est soulagée et sourie de nouveau. Elle se tourne vers son Pion et doit se retenir de ne pas lui sauter dessus de nouveau. De joie, cette fois.
« Merci beaucoup Arthur. » Dit-elle, enjouée. « Tu es vraiment plein de surpr... »
Elle s'interrompt toute seule en voyant l'expression sur son visage. On dirait une personne qui souffre. Qui souffre beaucoup. Mash l'a remarqué aussi et est très inquiète de ce soudain changement.
« Arthur / Sempai ? » Dont les deux femmes en même temps.
« Ne me remerciez pas trop vite Buchou... » Dit-il à voix basse. Voix pleine de tristesse. « Si vous saviez le pourquoi... Vous n'en seriez pas fière... » Il se lève et avance vers les escalier. « Désolé... » Fait-il en les voyant se lever toutes les deux, vraiment pas rassurées. « Mais je veux rester seul un moment... »
Sur ces mots il s'en va et monte les marches à la manière d'un robot sur pilotage automatique. Sa demande a tellement prit de court Mash et Rias, qu'elles n'ont pas réussies à réagir à temps. C'est alors que trois personnes se matérialisent à leurs côtés.
« Laissez le en paix Mash, Gremory-san. » Demande Xuanzang avec douceur et compassion. « Il porte des cicatrices bien plus profondes que vous ne pouvez l'imaginer. »
« Que voulez-vous dire !? » S'exclame presque la démone, toujours préoccupée.
« Veuillez ne pas hausser la voix jeune démone. » Dit Scàthach de son habituel ton légèrement dédaigneux. « Nous ne savons rien de plus. » Admet-elle. « Cependant, laissez-moi vous donner un conseil : ne lui forcez pas la main. Les guerriers sont comme les loups. Peu importe à quel point vous les apprivoisez, ils peuvent toujours vous égorger sans la moindre hésitation si vous leur donnez une bonne raison de le faire. »
« Arthur n'est pas comme ça ! » Réplique Rias, parfaitement sûre d'elle.
« Naïve. » Répond platement Altera.
La démone tourne la tête vers la Servant qui est d'ordinaire toujours flegmatique. L'entendre lâcher un commentaire de ce genre est vraiment inhabituel. Ce qui met très mal à l'aise Rias. Si elle a dit ça, c'est qu'elle le pense vraiment. Mais la jeune femme, même si elle reconnaît qu'elle ne sait pas tout de son Pion, n'a jamais eu l'impression qu'il pouvait être violent à ce point. Elle se souvient bien qu'il a été agressif lors de leur seconde rencontre, mais c'était compréhensible vu ce qu'il venait de traverser.
« Que voulez-vous dire Altera ? » Demande-t-elle, rongée par le doute maintenant.
Bien sûr, la guerrière ne répond rien et se contente de fixer son interlocutrice sans cligner des yeux, ce qui ne fait qu'ajouter au malaise.
« Inutile d'espérer autre chose. » Fait nonchalamment Lancer. « N'oubliez pas ce qui vous est dit, ni ce que vous voyez Rias Gremory. »
Elle s'avance vers la démone qui a toutes les difficultés du monde à ne pas reculer. Arrivée à son niveau, elle la toise pendant de longues secondes, avant de reprendre.
« Ne voyez pas ces paroles comme une leçon, mais comme un conseil d'une reine à une personne appelée à régner. » Dit-elle, avec une inhabituelle douceur.
Elle disparaît, accompagnée par Altera, en laissant la démone complètement prise de court par ce qu'elle vient d'entendre. C'est la première fois en plusieurs mois qu'elle ne se fait pas ''remettre en place'' lorsque la puissante combattante s'adresse à elle. Il ne reste plus que la moniale qui a toujours son expression sérieuse.
« Parfois, le plus important sont les choses qui ne sont pas dites. » Explique-t-elle. « Souvenez-vous de votre doute, Rias Gremory. Tant que vous continuerez à vous poser des questions, vous serez sur la bonne voie. »
« Sanzang-san ! » Fait Mash, avant que ne s'en aille à son tour. « Ne puis-je vraiment rien faire pour l'aider... ? »
Caster pose sa main avec douceur sur sa tête, un sourire plein de compassion sur ses lèvres.
« Reste telle que tu es Mash. » Dit simplement la moniale. « Ton soutien silencieux et respectueux, voilà tout ce dont il a besoin. » Explique-t-elle. « Mais cela, tu le sais déjà n'est-ce pas ? »
Rias tourne la tête vers la jeune fille, surprise.
« Il est vraiment gentil, mais... » Commence-t-elle, en baissant les yeux. « Il a une autre facette... Une violence qu'il ne veut pas montrer... »
La démone comprend alors pourquoi, malgré qu'il soit de plus en plus ouvert, il garde toujours une certaine distance avec les gens. Au départ, elle pensait que ce n'était qu'une question d'intimité. Des secrets innocents en soi, comme en ont toutes les personnes qui existent, que l'on ne veux pas partager... Mais il y a vraiment autre chose...
« Pfiou... » Soupire d'un coup Caster, l'air d'être épuisée. « Il faut vraiment que je parle avec mon disciple ! Je vous jure, heureusement que son aura nous cachait. Sinon votre domestique aurait tout de suite remarqué Altera, tellement elle voulait s'interposer. » Elle frissonne de façon exagéré. « Je ne veux plus jamais la voir énervée... Elle faisait vraiment trop peur... »
Surprises par ce soudain changement de comportement, Mash et Rias reste un petit moment sans réagir. Puis elles se mettent à rire sans pouvoir se retenir.
« Pourquoi vous vous moquez de moi !? » S'exclame Sanzang, gênée.
Seul dans sa chambre, Arthur sort une photo très bien caché d'un tiroir de son bureau. Il reste un long moment à la regarder en silence, alors que des larmes commencent à rouler sur ses joues. Puis il s'adresse à l'image d'une voix fébrile et chargé de tristesse.
« Il ne lui arrivera pas la même chose qu'à toi Lætitia... Je t'en fait le serment... »
Dix jour plus tard, au terme de plusieurs réunions mouvementés pour bien des raisons, Grayfia rentre dans l'Underworld. Elle arrive directement dans le bureau de son époux et Maou. Dès qu'elle a finit de se matérialiser, elle remarque immédiatement la tension qui règne dans la petite pièce. Sirzechs est au téléphone, l'air renfermé. Presque menaçant. La sonnerie résonne encore deux fois, puis quelqu'un décroche.
« Bonsoir Maou Lucifer. » Répond une voix nonchalante et amusée. « Je me demandais quand vous alliez me contacter. »
« Azazel-dono. » Dit sobrement le démon. « Puisque vous semblez disposé à ne rien cacher, allons droit au but. » Fait-il froidement. « Que faites-vous sur le territoire de ma sœur ? Cela constitue une violation encore plus grave de notre cessez le feu que celle du groupe renégat qui avait kidnappé la sainte Asia Argento. »
« Pour l'instant, il n'y a aucune preuve que j'ai enfreint les règles. » Déclare le leader des Anges Déchus sur le ton de la conversation. « De plus, je n'ai pas l'intention de le faire. »
« Quelle est donc la raison de votre présence dans ce cas ? » Interroge le Maou d'une voix dure.
« Ma subordonnée que j'avais chargé d'infiltrer ce ''groupe renégat'', est revenu avec des information très intéressantes sur le Pion de votre sœur. » Explique-t-il sans cacher son intérêt. « D'après ses dires, il utilise un pouvoir très étrange. Chose que j'ai pu confirmer. »
Le silence s'installe. L'horrible doute qui s'était emparé de Sirzechs lors de la conversation téléphonique avec Rias, revient à toute vitesse.
« Votre silence m'indique que vous suspectez quelque chose vous aussi. » Ricane-t-il. « Cependant, au regard de notre projet futur, je veux bien vous dire ce que j'ai découvert. » Il marque une pause. « Premièrement son aura est très étrange. Au premier abord elle semble tout à fait classique pour un démon. Mais en prenant le temps de l'analyser en profondeur, il y a une composante étrangère totalement inconnue. »
« Que voulez-vous dire ? » Demande le Maou, curieux mais prudent.
« Difficile à expliquer exactement. » Avoue l'Ange Déchu. « Pour être honnête, cela ne ressemble à absolument rien de ce que j'ai déjà étudié. Ma seule certitude vous la devinez déjà : Ce n'est pas un Sacred Gear, encore moins un pouvoir divin, ni même du Senjutsu. C'est quelque chose d'inédit. »
Une autre pause.
« Deuxièmement, il n'est pas tout seul. » Fait Azazel. Ce qui surprend beaucoup Sirzechs. « Ce phénomène me pose encore beaucoup de problèmes, du fait de son excellente capacité à se cacher. » Avoue-t-il, une légère frustration dans la voix. « Je ne saurai dire si ce qui l'accompagne est un objet ou un entité consciente. De même que je ne saurai juger de sa puissance. »
« As-tu sentis quelque chose de similaire lors de tes visites Grayfia ? » Demande son époux, préoccupé.
« Non, Lucifer-sama. » Avoue sa Reine. « Cependant, il émettait continuellement une aura très dense à cause de son état d'esprit ces derniers jours. Je n'ai pas prêtée attention à d'éventuels détails de ce genre. Je vous prie de m'en excuser. » Elle s'incline.
« Tu n'as rien à te reprocher Grayfia. » Assure-t-il. « Est-il dangereux pour Rias ? » Enchaîne-t-il sans attendre.
« Je ne le pense pas. » Affirme-t-elle sans hésiter. « Sa colère lorsqu'il a apprit l'engagement d'Ojou-sama, ainsi que touts les efforts qu'il a déployé depuis, étaient sincères. »
« Si cela peut vous conforter, » Reprend Azazel. « Il ne me semble pas être une menace. C'est un combattant, cela se voit très vite. À moins d'être provoqué, les risques sont proches de zéro. »
Alors que Sirzechs est en train de réfléchir pour savoir quoi faire dans un avenir proche, le bruit d'une personne qui arrive précipitamment se fait entendre dans le combiné.
« Azazel-sama ! » S'écrie une voix de femme. « Azazel-sama ! Nous avons un problème ! »
L'attention de toutes les personnes concernées se fixe sur la nouvelle venue.
« Que se passe-t-il Raynare ? » Demande son supérieur, calme malgré tout.
« Le jeune Démon que vous surveillez vient d'être attaqué par un membre du clan Phenex et tout son Peerage alors qu'il rentrait chez lui ! »
Fin du chapitre 15 !
N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez !
