Cousinade

Résumé :
Après la réunion des Anciens, Vincent doit gérer les idées lumineuses de son père et leurs conséquences. Et autant il préférerait partir ailleurs et laisser le nœud d'ennuis se résoudre tout seul, cette fois, il doit s'en charger personnellement.
Il ne reste qu'à espérer que sa nièce ne soit pas rancunière, manipulatrice ou pyromane.
Ou les trois en même temps.

Personnages :
Vincent, Riku, Séphiroth, Lulu, Paine et leur mère (OC), évocation du clan Nosferatu

Chronologie :
Se déroule juste avant le départ d'Avalanche pour Golmore, chapitre 59

Tags spécifiques à ce chapitre :
Cousinade, histoire de famille, oui je m'amuse beaucoup trop à rassembler tous les personnages aux yeux rouges dans ce clan, changement de nom traumatique pour Paine et Lulu, manipulation, c'est de famille, Riku prend les choses en main, dans dix ans, Vincent et Zéph auront du souci à se faire.


"Je comprends pas pourquoi on doit aller voir la mère de Paine et Lulu ? " s'exclama Riku, debout entre son père et son grand-père, alors qu'ils marchaient tous les trois dans la rue du secteur 5.
Vincent chercha ses mots pour expliquer à Riku les spécificités de leur famille. Il allait encore falloir qu'il lui fasse promettre de ne pas en parler à Barret, c'était loin d'être recommandable.
"Notre famille est autant une famille au sens génétique qu'au sens..."
"Mafieux ? " suggéra Zéphyr.
C'était peut-être un terme un peu fort… mais pas totalement inexact.
"Père utilise son clan comme autant d'espions à son service. La plupart de ses enfants et petits-enfants sont éduqués afin d'être envoyés dans le monde, soit pour explorer, soit pour… rassembler des connaissances, soit pour espionner les différentes villes humes."
"Pourquoi ? "
"Les Nosfératu ont pris la responsabilité de surveiller les civilisations humes pour éviter que se reproduisent certaines agressions passées."
Et il allait vraiment falloir qu'il raconte l'histoire cachée de Gaïa à Riku, mais l'adolescent ne connaissait déjà pas l'officielle. Ça risquait de le perturber. À tous les niveaux.
"Ce que Hojo fait, ce n'est pas la première fois. C'est déjà arrivé par le passé. Des expérimentations sur des êtres vivants, des génocides, de l'esclavagisme…"
"Comme les mages noirs ? " demanda Riku.
"Les Al Bhed aussi, les Fayth…" précisa Vincent.
"Pourquoi n'a-t-il pas arrêté Hojo ? " s'étonna Séphiroth.
"Je n'ai pas les détails mais il y a une vingtaine d'années, il a choisi de fermer Daguerreo à cause d'événements pendant la guerre des Sorcières."
"Oh, ça, je connais ! " s'exclama Riku.
"Un de ses fils et la famille de sa Voix à Esthar ont disparu sans laisser de trace. Dans ce genre de cas, la bibliothèque est fermée et isolée pendant quelques décades afin d'éviter d'être trouvée."
"Il craignait Adel ? "
"Les Sorcières ne sont pas exactement bien considérées parmi les nôtres. Ils craignent toujours qu'Hyne parvienne à revenir si l'une d'elle rassemble assez de pouvoirs en elle."
"Hyne a vraiment existé ? " s'étonna Séphiroth.
Vincent hocha la tête d'un air las.
"Manquait plus que ça…" soupira son fils.
"Sa tombe est sous bonne garde. Et Adel est morte sans présence féminine autour d'elle. Ça a fait disparaître plusieurs lignées d'un coup."
"Ce sera ça de moins à s'inquiéter."
"Bon, d'accord, mais pourquoi on doit aller voir la mère de Paine et Lulu ? " reprit Riku, revenant à sa question originelle.
"Parce que Père a été très peu diplomatique en faisant de moi la Voix de Midgar à sa place."
Riku échangea un regard confus avec son père qui haussa les épaules, comprenant aussi peu que lui les subtilités de la réponse.
"Elle est sa petite fille, native de Midgar," expliqua Vincent, "elle a repris le rôle de son père. C'est elle qui aurait dû être sa Voix."
"Et il a désigné un inconnu venu de nulle part à la place," conclut Séphiroth.
Vincent hocha la tête.
"Pourquoi il a fait ça ? " demanda Riku, intrigué.
"Je... ne sais pas. Père a souvent des raisons un peu obscures d'agir… Mais je le soupçonne…"
Vincent soupira et rabattit ses cheveux en arrière avant de sortir son PHS de sa poche, vérifiant qu'ils étaient toujours sur le bon chemin.
"Nous… venions de nous revoir et… de plus ou moins nous réconcilier. Je pense qu'il a voulu faire un geste qu'il voulait bienveillant…"
"Aux dépens de sa petite fille."
"Il devrait savoir que je suis hermétique à ce genre de générosité grandiloquente," grommela Vincent en rangeant son portable. "On y est presque, numéro 10 bis[1]."
Le numéro 10 bis était une petite boutique des Taudis, non loin de l'église et du logis des Falmis. Elle était actuellement fermée, la grille devant la vitrine, baissée, cachant à moitié les fausses bouteilles de remèdes aux étiquettes fanées par le temps. Un petit panneau indiquait les horaires d'ouverture, un post it collé dessus précisant qu'ils étaient fermés pour l'après-midi. Il y avait un vieux scooter cadenassé devant, peint de l'enseigne de la boutique sur le côté et des caisses de bouteilles en verre consignées entassées près du mur.
"Pharmacie alchimique Gullwing," lut Séphiroth.
"L'entrée doit être sur le côté," indiqua Vincent en passant par la petite ruelle, se glissant entre le mur de la boutique d'à côté et les caisses.
C'était très étroit, et sombre, et il dû contrôler sa respiration pour ne pas céder à l'envie de faire demi-tour immédiatement.
Heureusement, la porte s'ouvrit quand il arriva, laissant passer la lumière ainsi que Lulu qui se planta fermement devant lui, croisant les bras.
"Lulu…"
"Monsieur," répondit-t-elle d'un ton froid.
"Ta mère m'attend."
"Je sais," répondit-t-elle avant de reculer, le laissant entrer, "en haut de l'escalier."
Vincent la remercia d'un signe de tête et commença à grimper les marches. Comme la plupart des boutiques des Taudis, le logement des marchands était à l'étage, tout le rez-de-chaussée étant réservé au stock et à la vente, mais les escaliers de ce type de bâtiment étaient connus pour être raides, voire quasiment casse-gueule, et le plafond était suffisamment bas pour que Séphiroth doive se pencher en escaladant les marches.
Ils arrivèrent enfin à l'étage et Vincent toqua poliment.
"Entrez," répondit une voix rauque.
Il obtempéra, s'essuyant les pieds, imité par Séphiroth, puis Riku.
La pièce où il arriva était visiblement la pièce de vie, assez grande pour contenir une petite cuisine, un canapé bien utilisé et une table en formica qui devait bien avoir l'âge de Séphiroth, si pas plus. La pièce sentait l'odeur des plantes, des potions et remèdes d'en dessous, et Vincent espérait que tout était mieux ventilé que ça ne semblait l'être. Paine était là, en train de préparer du thé et une autre femme, plus âgée, écrasait sa cigarette dans un cendrier, debout près de la fenêtre ouverte.
Elle devait avoir une quarantaine d'années, avait les courts cheveux gris de Paine, la bouche sévère de Lulu et des yeux écarlate qui plongèrent froidement dans ceux de Vincent.
"Bonjour Madame Gullwing. Je suis Makoto Hamasaki. Voici mon fils, Zéphyr et mon petit-fils, Riku."
"Bienvenue sous mon toit," déclara-t-elle avec un manque de conviction flagrant et probablement voulu.
"Je vous remercie de votre hospitalité."
"Uh… Excusez-moi, Madame Gullwing ? " demanda Riku d'un ton timide.
La mère de Lulu et Paine ferma la fenêtre d'un geste et haussa un sourcil, attendant la suite.
"Est-ce que je dois retirer mes chaussures ? "
Elle cligna des yeux, surprise par la question.
"Je suis désolé, je connais pas les usages…"
Un petit sourire en coin fleurit sur les lèvres de l'alchimiste. Ce fut magique. Soudain, elle n'était plus la propriétaire éreintée d'une boutique des Taudis, mais une belle femme au maintien royal et au regard chaleureux.
"Pénélope, trouve-leur des chaussons."
"Oui, Mère," répondit Paine en posant la théière sur la table, "mais je crois qu'on n'aura pas la pointure de Zéphyr."
Il n'y avait pas non plus de chaussons à la taille de Vincent, mais il put au moins y mettre ses orteils et une partie de ses pieds. Et une fois tous les trois installés à la table, le thé servi et l'alchimiste assise en face d'eux, la discussion put reprendre.
"Je vous remercie d'avoir accepté de me recevoir," commença Vincent.
"Vous êtes la Voix du Seigneur de Daguerreo," répondit-t-elle, reprenant un peu de sa fraîcheur, "c'est un honneur pour ma famille."
"C'est une des raisons pour laquelle je souhaitais vous rencontrer."
"Une des raisons ? " répéta Madame Gullwing.
"Je souhaitais aussi présenter mes excuses à vos filles."
Debout derrière leur mère, Paine et Lulu échangèrent un regard inquiet. Lulu tira sur son corsage pour l'ajuster tandis que Paine croisait les bras nerveusement. Les deux jeunes femmes ne s'attendaient visiblement pas à être incluses dans la conversation.
Vincent se leva et chercha brièvement comment présenter les choses avant de faire comme d'habitude, et retourner à son éducation wutane. Il s'inclina devant Paine, puis devant Lulu, espérant qu'il avait l'ordre d'aînesse correct[2].
"Je vous prie de pardonner mon attitude lors de notre dernière rencontre," déclara-t-il après s'être redressé. "Je n'ai aucune excuse pour vous avoir traitée ainsi. Vous ne faisiez qu'obéir aux ordres et vous malmener était inutile et mal avisé."
A nouveau, les deux sœurs échangèrent un regard, puis Paine hocha la tête et serra les mains devant elle, s'inclinant légèrement à son tour, imitée par sa sœur
"Excuses acceptées, Seigneur Makoto."
"Excuses acceptées," répéta Lulu.
"Faut savoir parler comme ça ? " souffla Riku presque discrètement à son père.
La mère des deux jeunes femmes laissa échapper un petit gloussement amusé au commentaire et Vincent soupira.
"Je n'en ferais pas un diplomate," déclara Vincent en se rasseyant.
"Ce serait cruel," confirma-t-elle.
"J'aimerais aussi vous présenter mes excuses au sujet de ma nomination comme Voix."
Son interlocutrice haussa un sourcil en guise de réponse.
"Je ne suis pas la personne la plus appropriée pour cet honneur," continua Vincent, "Père… n'a peut-être pas pris le temps de la réflexion nécessaire à ce choix."
"Vous le contestez ? "
"S'il daigne m'écouter à ce sujet," répondit Vincent.
La femme laissa échapper un petit reniflement moqueur et fort peu respectueux à cette idée.
"Je ne l'ai rencontré qu'une fois," admit-t-elle, "lors des funérailles de Père. Il n'a pas semblé… ouvert aux suggestions."
Vincent hésita et soupira longuement avant de reprendre, dans un registre moins formel.
"C'est une belle manière de dire qu'il est borné comme un chocobo."
Paine dû se racler la gorge pour contenir un fou rire nerveux, mais sa sœur resta parfaitement impassible, comme leur mère.
"Vous ne voulez pas de cet honneur," comprit l'alchimiste.
"Je ne suis pas la meilleure personne dans cette pièce pour prendre des décisions importantes et impartiales. Je suis d'un naturel plus…"
"Turk," coupa sèchement l'alchimiste.
Vincent hocha la tête, tout en jetant un rapide regard à Paine qui haussa les épaules d'un air absolument pas désolé. Son statut d'ancien Turk avait beau ne pas être un secret à la Shinra, ce n'était pas non plus crié sur tous les toits.
Sa petite-nièce avait l'air très douée pour trouver les secrets qu'on lui cachait.
"Père s'en est vite rendu compte," continua la mère des deux jeunes femmes.
Vincent reposa calmement sa tasse, sous le regard intrigué de Zéphyr qui avait probablement entendre son cœur s'emballer. Il se serait souvenu d'avoir croisé quelqu'un aux yeux rouges à Midgar. Ça l'aurait probablement fait fuir la ville, malgré le risque de se retrouver avec ses collègues aux trousses.
"Je ne crois pas avoir eu le plaisir de rencontrer la précédente Voix de Midgar…" nota Vincent tout en interrogeant frénétiquement sa mémoire.
Paine grimaça légèrement dans le dos de sa mère sous le regard réprobateur de sa sœur.
"Vous ne diriez pas ça si vous l'aviez rencontré," confirma leur mère.
"Père l'avait chargé de garder un œil sur moi, n'est-ce pas ? "
"Pas lui. Le Seigneur Gigastein," corrigea l'alchimiste.
Cette fois, Vincent ne cacha pas sa surprise. Gigas ? Il avait demandé à leur frère de le surveiller ? Sans le mentionner à leur père ?
"Père et lui ont passé plusieurs années ensemble à Daguerreo, bien avant que le Seigneur Helgrimr et vous arriviez. Ils étaient proche," expliqua l'alchimiste, "mais Père a sagement décidé de quitter la bibliothèque dès qu'il en a eu l'occasion."
"À cause de Chaos ? "
Elle haussa un sourcil sarcastique. Pourquoi sinon, en effet...
"C'est pour cela que Père n'a jamais mentionné au Seigneur de Daguerreo que vous étiez à Midgar."
Son père serait aussitôt venu le chercher par la peau des fesses pour le ramener à la bibliothèque. Et cette fois, il n'aurait eu aucun moyen d'échapper à Chaos.
"Je... lui dois plus que je ne le pensais," finit par admettre Vincent, "et je n'ai pas l'honneur de connaître son nom."
"Hyacinthe Gullwing."
Vincent ne dit rien, mais ce fut par un pur effort de volonté.
"Je suis Acanthe," ajouta l'alchimiste.
"Idée de Père ? "
Elle soupira en se frottant les yeux.
"Il ne devrait pas être autorisé à choisir les noms de ses enfants et petits-enfants."
"Elle n'a pas fait mieux," marmonna Paine.
"Pénélope et Mélusine sont de très beaux noms," rétorqua leur mère en se tournant vers elle.
"Si beaux que tout le monde préfère nous appeler Paine et Lulu," rétorqua sarcastiquement son aînée pendant que Lulu prenait une expression de lassitude intense presque similaire à celle de Gigastein.
"Ingrates," maugréa Acanthe en revenant vers Vincent.
"Je crois que nous avons tous les trois la chance d'avoir été baptisés par nos mères," jugea celui-ci.
"Vraiment ? Séphiroth est pourtant le genre de nom grandiloquent qu'affectionne le Seigneur Diablos," s'étonna Acanthe en sortant une nouvelle cigarette.
Zéphyr se leva d'un bond, faisant sursauter Riku, et Vincent fut tout aussi rapide pour le retenir d'une main sur l'épaule, mais les deux filles de l'alchimiste ne furent pas en reste, brandissant chacune une boule de feu au-dessus de leur mère qui resta impassible, son visage éclairé par la lueur des deux sorts.
"Je ne pense pas qu'il soit sage d'utiliser du feu avec vos ingrédients alchimiques sous nos pieds," nota calmement Vincent.
Acanthe jeta un petit coup d'œil à ses filles qui dispersèrent leurs sorts en même temps et reculèrent à nouveau, reprenant leur attitude de garde du corps. Ni Paine, ni Lulu ne portaient de matérias. Mages-nées, donc. Et il parierait que c'était leur mère qui lui avait transmis ça...
Ce qu'elle démontra en allumant sa cigarette d'un geste de l'index.
Cette fois, ce fut Lulu qui fit la moue quand elle se tourna pour aller chercher le cendrier de sa mère.
"Comment avez-vous…" commença Séphiroth.
"Paine, probablement," répondit Vincent.
Séphiroth la foudroya du regard, mais elle se contenta d'hausser les épaules.
"Désolée, cousin, je t'aime bien, mais si je n'étais pas là, tous mes collègues auraient déjà deviné ton identité."
"Collègues ? " répéta Séphiroth.
"Journalistes," expliqua succinctement Vincent en appuyant doucement sur son épaule pour le faire asseoir.
"J'ai vendu un article à un journal à sensations," continua Paine, "un tire-larme émouvant comme les aiment les rédacteurs en chef et les lecteurs : deux frères, séparés dans la petite enfance par une tragédie familiale, qui se retrouvent à l'âge adulte pour lutter côte à côte contre les monstres d'Hojo."
"Je pourrais le lire ? " demanda Riku.
"Je vais te le chercher," répondit fièrement Paine.
"Ce n'est pas son meilleur boulot," objecta Lulu d'un ton critique.
Paine lui jeta un regard maussade tout en cherchant dans une pile de magazines, finissant par en extraire un et le feuilletant rapidement.
"J'ai dû improviser quand les rumeurs ont fait surface après la bataille de Midgar. On ne peut pas dire que vous avez été discrets," ajouta Paine avec un sourire narquois en tendant le torchon à Riku.
"Outre les dégâts matériels, un bâtiment rasé et une utilisation hasardeuse de plusieurs sorts nécessitant habituellement une autorisation spéciale en ville, dont une G-Force rare, vous avez tapé dans l'œil de l'intégralité du Honey Bee Inn," continua Acanthe à l'attention de Séphiroth avant de se tourner vers Vincent en fronçant les sourcils d'un air sévère, "il va falloir qu'il apprenne à être plus discret."
"Je me chargerais de cette partie de son éducation," déclara sérieusement Vincent.
"Mais… pourquoi n'avez-vous… rien dit ? " demanda Séphiroth, déboussolé.
"Même sans tenir compte du fait que vous faites partie de la famille… J'aimerais bien voir ce salopard d'Hojo brouter les coraux."
Elle souffla un nuage de fumée tout en laissant échapper un petit sourire avant de continuer.
"Et vous êtes un des plus sûrs moyens que ça arrive."
"Ouais, ils vont massacrer ce bâtard," déclara Riku d'un ton absolument ravi en levant le nez de sa lecture.
"Riku," marmonna Séphiroth.
"Quoi ? Cloud a dit que je pourrais regarder ! "
"Il faut que j'ai une conversation avec les jumeaux," soupira son père.
"Je vous propose un pacte," reprit Vincent.
"De quel genre ? " répondit Acanthe.
"Vous restez la Voix. En tout sauf en nom. Et dès qu'Hojo et la Calamité sont morts, je quitterais Midgar. Père sera obligé de vous redonner votre rôle."
"Et en échange ? "
"Votre aide pour quand Père me demandera de lui faire un de ses fichus rapports. Votre silence concernant l'existence de Riku et Zéphyr."
Il eut un petit sourire avant d'achever.
"Et votre amitié. Peut-être ? "
Acanthe écrasa sa cigarette pensivement en plissant la bouche, puis sourit à son tour et tendit la main à Vincent.
"Vous êtes pire que Père."
"Compliment ou insulte ? " s'enquit Vincent d'un ton amusé en lui serrant la main.
"Père était un bon espion, mais avait le charme d'une porte de prison à trois verrous."
"Lulu tient de lui," ajouta Paine avant de recevoir un coup d'électricité statique de la part de sa sœur.
"Les filles ! " protesta leur mère d'un ton sévère, "pas devant les invités."
"Ah, ils sont invités maintenant ? " rétorqua Paine.
"Pénélope, va chercher les gâteaux dans le frigo. Mélusine, refait du thé. Et vous, mon oncle, ouvrez grand vos oreilles. Vous avez beaucoup à apprendre sur le rôle de Voix."
"Je suis tout ouïe."


"Si j'ai du neuf de Daguerreo, j'enverrais mes filles vous prévenir. Il vaut mieux éviter de trop utiliser les PHS, que ce soit en appel ou en message."
"Je vous remercie."
"Et nous nous reverrons à votre retour de Golmore pour le prochain rapport à Daguerreo."
"Très bien," soupira Vincent.
"Merci pour l'article, Paine ! " s'exclama Riku en lui rendant le magazine.
"Tu valides l'histoire ? " s'enquit sa cousine.
"Ouais, ça passe."
"Il faudra que je le lise," soupira Séphiroth.
"Wedge doit avoir ce numéro," nota Vincent. "Encore merci de votre accueil, Madame Gullwing."
"Acanthe. Et officiellement, je serais votre tante."
"Oui, Baa-san."
"Ça veut dire Tata," expliqua Riku.
"Mélusine, raccompagne nos invités en bas."
"Oui, Mère," répondit Lulu en rendant leurs chaussures aux trois hommes.
Vincent remit les siennes, attendit son fils et son petit-fils puis suivit Lulu en bas. Quand la jeune femme revint à l'étage après avoir soigneusement verrouillé la porte de l'extérieur, sa mère et sa sœur étaient en train de nettoyer la table.
"Ils sont partis, Maman."
"Vous avez bien joué votre rôle. N'asticote pas ta sœur la prochaine fois, Pénélope."
"C'est elle qui a commencé," rétorqua Paine.
Acanthe posa les tasses dans l'évier et se tourna vers ses filles.
"Qu'en pensez-vous ? "
"Ils ont de la chance d'être beaux gosses," soupira Paine.
"Ils n'ont pas grand-chose dans la tête," ajouta Lulu.
"Si Zéphyr et Riku sont comme le seigneur Makoto, ils vont avoir tendance à réfléchir en même temps qu'ils agissent."
"Il était comme ça déjà avant ? "
"Vous lirez les notes de votre grand-père à son sujet," déclara leur mère en commençant la vaisselle, "elles sont dans ma chambre, dans le deuxième tiroir secret."
"On continue de couvrir leurs arrières ? " demanda Lulu.
"Discrètement."
"Le Seigneur Makoto va nous griller, il est doué pour ça," rétorqua Paine en rassemblant les restes des gâteaux.
"En revanche, vous me surveillez le gamin de prés."
"Riku ? Pourquoi ? " s'étonna Paine.
"Il a essayé de désamorcer la situation tout seul à plusieurs reprises," déclara Lulu.
"S'il a seulement la moitié du charisme de son père, du charme de son grand-père, de la roublardise de son arrière-grand-père et des pouvoirs d'Aérith et Ifalna, on va se retrouver avec soit un super-criminel, soit un super-diplomate," grommela Acanthe en rinçant les tasses.
"Les deux ne sont pas mutuellement exclusifs," rétorqua Lulu.
"Mélusine, par pitié, ne parle pas de malheur, tu as tendance à le voir venir."
"Le Capitaine Highwind l'a adopté, il tournera bien," objecta Paine en ouvrant le frigo, rangeant les gâteaux restants, "et Madame Gainsborough veille au grain aussi. Lulu, il reste un éclair au café, on partage ? "
Lulu devint toute pâle. Puis toute verte. Et se précipita aux toilettes sans répondre.
Restées seules, sa mère et sa sœur échangèrent un regard.
"Depuis combien de temps ça dure, ses nausées ? "
"Presque un mois," répondit Paine en grimaçant.
"Et elle me laisse fumer autour d'elle," soupira leur mère en tendant la main vers la théière pour refaire du thé, "Mélusine, je crois qu'il faut qu'on parle[3] ! "


[1] Preuve que j'ai un sens de l'humour foireux numéro trente mille deux cent trois.
[2] Ouip. Paine a 26 ans et Lulu 22. Non, ça ne correspond pas aux jeux, mais Paine est apparue dans Boules de Neige chronologiquement trois ans avant le moment actuel en tant que correspondante de guerre à Junon. Je n'aurais jamais pu justifier la présence d'une journaliste de 15 ans si elle avait dû avoir 18 ans au moment d'Avalanche.
[3] Nan parce que, avec une hérédité pareille, vous pensiez vraiment qu'Acanthe n'allait rien remarquer concernant sa plus jeune fille ?