Hello... (It's me!)

Vous êtes ready pour ce nouveau (long) chapitre? C'est un de mes préférés donc j'espère vraiment qu'il vous plaira! Ah et je vous préviens... Il y aura du - hum - smut... Donc n'hésitez pas à sauter le passage si ce n'est pas trop votre truc et si ça l'est... et bien bonne lecture ^^

Je n'ai pas eu le temps de répondre à vos nombreuses reviews mais promis, je me rattrape pour le prochain! Par contre... Je ne sais pas si le 4 sera disponible pour dimanche prochain, j'ai pris un peu de retard cette semaine dans l'écriture. Mais je ferais mon possible pour le rattraper!

Anyway, bonne lecture à vous! xD

LSAfor

PS: As usual, un énorme merci à Jenkus pour sa correction!


Chapitre 3:

En cet instant précis, Clarke n'avait conscience que de peu de choses. Et elles étaient toutes en relation avec Lexa.

Oui, les seules choses dont elle avait conscience étaient la chaleur de son corps en dessous du sien, ses mains qui se trouvaient dans son dos et qui le lui caressaient sous son t-shirt, ses lèvres qui lui ravageaient agilement les siennes et, surtout, surtout, cette pression exquise qu'elle était en train d'exercer avec son genou contre son entrejambe et dont Clarke la soupçonnait fortement de le faire exprès.

Ce qui avait commencé comme une soirée des plus innocentes – un petit diner maison en tête à tête après la dernière journée de cours de la semaine – avait très vite dégénéré dès le moment où Clarke avait proposé un marathon Grey's Anatomy pour se détendre un peu.

Le premier épisode avait à peine commencé qu'elles l'avaient déjà oublié pour se concentrer l'une sur l'autre… Et maintenant, elles étaient allongées sur le canapé de l'appartement d'Octavia et Lincoln, Lexa sur le dos et Clarke au-dessus d'elle, en train de s'embrasser passionnément depuis plus d'une quinzaine de minutes.

Sans quitter une seule seconde les lèvres de Clarke, Lexa augmenta un peu plus la pression de son genou contre la chaleur qu'elle sentait entre les jambes autour d'elle, ce qui arracha un gémissement guttural à la blonde.

Elle esquissa un petit sourire fier contre ses lèvres avant de changer l'angle de leur baiser et de se créer un chemin jusqu'à sa nuque qu'elle huma. Son parfum était divin et enivrant et lui donnait encore plus envie de la goûter. Ce qu'elle n'hésita pas à faire. Elle ouvrit la bouche et commença à lui suçoter méticuleusement l'endroit précis entre sa nuque et sa mâchoire qui, elle le savait parfaitement, rendait Clarke complètement dingue.

Et elle fut satisfaite de constater qu'elle avait raison lorsqu'elle entendit cette dernière grogner de plaisir.

- Je commence vraiment à apprécier cette série, commenta Lexa entre deux baisers.

Clarke laissa échapper un léger rire qui se transforma rapidement en gémissement lorsqu'elle sentit ses dents capturer délicatement sa peau.

- Cesse de faire semblant, répondit-elle d'une respiration haletante, on sait – hmph – toutes les d – deux que tu l'adores…

Lexa esquissa un nouveau sourire à l'entente de ses mots saccadés. Elle était heureuse de constater qu'elle pouvait elle aussi mettre Clarke dans des états seconds…

Elle arrêta le traitement qu'elle était en train de procurer à sa nuque et se redressa légèrement sur ses coudes de sorte à pouvoir atteindre l'oreille de Clarke.

- C'est vrai, concéda-t-elle dans un murmure, mais je l'apprécie beaucoup plus quand on s'embrasse pendant qu'on est censées la regarder…

Elle ponctua sa phrase en faisant passer sa langue derrière l'oreille de la blonde, ce qui fit rouler des yeux cette dernière qui eut l'impression qu'elle allait se consumer d'une seconde à l'autre.

Elle remonta ses mains jusqu'aux épaules de Lexa et poussa subitement dessus, l'obligeant ainsi à rompre le contact et à se rallonger complètement. La respiration haletante, elle la dévisagea pendant quelques secondes pour tenter de retrouver un minimum de contenance.

Parce que, même si elles étaient lancées dans une séance de baisers complètement enflammés, elle savait très bien qu'il ne se passerait rien de plus. Lors de leur premier rendez-vous, quelques jours plus tôt, Lexa lui avait dit qu'elle voulait qu'elles prennent leur temps.

Et Clarke la voulait. Terriblement. Et elle était persuadée qu'elle n'allait pas tarder à imploser de l'intérieur à cause de toute cette frustration sexuelle qu'elle cumulait. Surtout lorsqu'elle la regardait et qu'elle voyait ses lèvres gonflées à cause de leurs baisers, ses pupilles dilatées de plaisir et son sourire fanfaron.

Mais elle avait la ferme intention de respecter la volonté de Lexa. Donc elle allait attendre. Le temps qu'il faudrait. Et sans lui mettre aucune pression.

Lexa l'aimait. Réellement. Mais Clarke savait que, même si elle était sérieuse et investie dans leur histoire, elle restait effrayée.

Parce qu'elle était Lexa Woods. Sa meilleure amie qui avait fui les relations et les histoires d'amours pratiquement toute sa vie. Et Clarke ne voulait surtout pas qu'elle se sente submergée et oppressée par leur relation.

Elles allaient donc suivre son rythme. Aussi tortueux qu'il pouvait être…

- Clarke? prononça Lexa d'un ton interrogateur qui fit comprendre à la nommée qu'elle était restée immobile trop longtemps.

Elle secoua la tête pour se refocaliser sur elle et lui adressa un petit sourire penaud.

- Désolée…

- Tout va bien? demanda Lexa en se redressant de nouveau sur ses coudes. Tu avais l'air perdu dans tes pensées.

- Oui ça va, rassura Clarke en se penchant vers elle pour l'embrasser avant qu'elle ne puisse dire quoi que ce soit d'autre.

Lexa eut à peine le temps de fermer les yeux et de glisser une main sur sa joue que la porte d'entrée derrière elles s'ouvrit brusquement.

- Beurk! Beurk! Beurk! s'exclama une voix familière.

Clarke et Lexa se redressèrent immédiatement sans pour autant se dégager l'une de l'autre et se tournèrent pour voir une Octavia arborant une expression pleine de dégout pénétrer à l'intérieur de l'appartement.

- Vous savez qu'il y a des gens qui s'assoient sur ce canapé! s'indigna-t-elle.

- Je pensais que tu rentrerais plus tard de ton rencard avec Lincoln, se contenta de répondre Clarke qui ne sembla pas du tout gênée de s'être fait surprendre en pleine séance de bécotage.

- Linc a été appelé au poste donc on a dû écourter, expliqua O.

Elle s'avança précautionneusement dans le living-room et leur adressa un regard plein de reproches.

- Mais si j'avais su qu'en rentrant j'allais voir les prémices d'un porno lesbien, poursuivit-elle, j'aurais trainé un peu plus dehors…

Tandis que les joues de Lexa viraient au rouge vif, Clarke, elle, ne se démonta pas du tout. Elle esquissa un léger sourire taquin et lui répondit du tac au tac:

- Et quoi? Tu aurais attendu d'arriver à la partie où j'ai ma tête entre ses jambes?

- Clarke! s'indigna Lexa.

- Mes oreilles! se plaignit exagérément Octavia en posant ses mains de part et d'autre de sa tête.

Elle fit quelques pas en direction du couloir menant au reste de l'appartement avant de se tourner de nouveau vers elles.

- Je vais dans ma chambre et j'aimerais ne rien entendre, informa-t-elle d'un ton autoritaire. Clarke, tu as une chambre aussi, je t'en supplie, utilise-là et laisse mon pauvre canapé tranquille!

Elle s'éloigna sans ajouter quoi que ce soit et disparut dans le corridor. Lexa attendit d'entendre la porte de sa chambre se refermer avant de se laisser retomber sur le canapé en poussant un grognement.

- On a la poisse, c'est pas possible…

Son agacement fit rire Clarke qui étendit ses jambes le long des siennes avant de s'allonger sur elle et de poser sa tête juste en dessous de son menton.

- On peut au moins leur trouver le mérite d'avoir un timing parfait, plaisanta-t-elle.

Lexa glissa une main dans ses cheveux et commença à jouer distraitement avec ses boucles blondes avant de pousser un profond soupir.

- Je te préviens, déclara-t-elle en posant ses lèvres sur le haut de la tête de Clarke, il y a des chances que je finisse par en tuer une…

Clarke rigola de nouveau, faisant ainsi vibrer légèrement leurs deux corps.

- Tu es dure…

- Elles me rendent folles! se justifia Lexa. J'ai l'impression qu'elles le font exprès!

Un sourire amusé se dessina sur les lèvres de Clarke qui se remémora le nombre de fois où Lexa et elle s'étaient fait surprendre par leurs meilleures amies en train de s'embrasser au cours de la semaine qui venait de s'écouler. Et pourtant, elles ne s'étaient pas vues tant de fois que ça, chacune débordée depuis qu'elles avaient repris les cours. Mais, souvent lorsque Lexa et elle s'étaient retrouvées, Raven et Octavia avaient fait leur apparition au moment où elles s'embrassaient ou s'apprêtaient à le faire et les avaient interrompues…

À chaque fois…

Et Clarke les soupçonnait grandement de le faire exprès pour pousser Lexa à bout.

Ce qui semblait très bien marcher.

- J'ai vraiment hâte que tu reviennes vivre au loft, déclara Lexa en continuant de s'amuser avec ses boucles blondes, elles ne pourront pas nous embêter là-bas…

Clarke perdit immédiatement son sourire à l'entente des mots et sentit son cœur tambouriner fortement.

Elle s'appuya sur ses deux mains et se redressa pour pouvoir regarder Lexa, remarquant qu'elle n'avait pas l'air de se rendre compte de la bombe qu'elle venait de lâcher.

- Re – revenir? questionna-t-elle d'un ton incertain.

Lexa fronça des sourcils, confusément, et laissa la main qui se trouvait précédemment dans les cheveux de Clarke retomber sur sa poitrine.

- Je – hum – je pensais que tu étais partie à cause de notre dispute… répondit-elle lentement.

- C'est le cas, confirma précautionneusement Clarke.

- Oui donc je pensais que, maintenant qu'on était réconciliées, ce n'était qu'une question de jours avant que tu ne reviennes…

- Oh… prononça Clarke, prise légèrement au dépourvu.

Même si depuis qu'elles s'étaient retrouvées, elles n'en avaient jamais parlé, Clarke pensait que la situation était claire à ce sujet. Surtout depuis leur premier rendez-vous et la volonté de Lexa de les voir aller doucement dans leur relation.

Pour elle, il était évident que maintenant qu'elles étaient en couple, elle n'allait pas retourner vivre avec Lexa. Elle pensait même que c'était exactement ce que voulait cette dernière…

Lexa, elle, se sentit tout de suite nauséeuse face à sa réaction. Elle réalisa qu'elle s'était fait des idées et que Clarke n'avait pas vraiment eu l'intention de revenir vivre avec elle. Ce qui, bizarrement, l'emplissait d'un sentiment de tristesse.

- Je suis désolée, je ne voulais pas me montrer présomptueuse, s'empressa-t-elle de dire en rompant le contact visuel avec Clarke. Mais vu que la moitié de tes affaires est encore là-bas et – et que tout va super bien entre nous, je pensais que…

Elle s'interrompit, ne se sentant pas de terminer sa phrase, se racla la gorge et leva de nouveau les yeux vers Clarke qui continuait de la fixer, surprise.

- Je – laisse tomber, lui dit-elle en esquissant un léger sourire. Oublie ce que je viens de dire…

Se sentant de plus en plus vulnérable sous le regard inquisiteur au-dessus d'elle, elle esquissa un geste pour se redresser et se lever. Mais Clarke agrippa ses épaules et la força à se rallonger, la maintenant ainsi sur place.

- J'ai envie de revenir! assura cette dernière d'un ton plein de sincérité. Plus que tout… Je – je n'ai jamais été aussi bien que lorsque je vivais avec toi, Lex…

- Mais? prononça Lexa en comprenant parfaitement qu'il y en avait un.

Clarke hésita quelques secondes mais finit par reprendre la parole.

- On n'était pas censées prendre notre temps? demanda-t-elle.

Lexa la lorgna d'un regard perdu.

- Je ne comprends pas… Où est le rapport entre les deux?

Clarke laissa échapper un petit rire en secouant imperceptiblement la tête.

- Lex… soupira-t-elle, légèrement exaspérée. Vivre sous le même toit nous fera faire tout sauf prendre notre temps…

- Tu vivais avec moi avant même qu'on ne se mette ensemble, lui fit remarquer Lexa.

- Oui et tu as vu où ça nous a mené, répondit Clarke sans vraiment réfléchir.

Le regard de Lexa se brisa légèrement à l'entente des mots, ce qui amena Clarke à se maudire de tous les noms.

Si ça ne tenait qu'à elle, elle serait revenue vivre avec Lexa dès son retour de Los Angeles. Parce qu'à chaque fois qu'elles se séparaient, à chaque fois qu'elles restaient des heures sans se voir, elle avait l'impression de vivre sans une partie d'elle-même. Elle vivait avec un manque insupportable qui ne semblait se combler que lorsqu'elles se retrouvaient.

Mais elle ne pouvait pas penser qu'à elle. Elle devait penser à Lexa avant tout…

- Mon amour…

Les deux mots avaient glissé si naturellement de la bouche de Clarke qu'elle n'y accorda pas vraiment d'attention. Et pourtant, ils venaient de causer l'apparition d'une multitude de papillons au creux de l'estomac à Lexa.

Jamais, ô grand jamais, elle n'aurait pu penser que de simples mots pouvaient lui faire autant d'effet.

- Emménager ensemble est une étape cruciale pour un couple… poursuivit Clarke en se penchant légèrement vers elle pour lui caresser le visage. Et tu avais raison quand tu disais qu'on ne devait pas en brûler et faire les choses dans l'ordre si on voulait réellement que ça marche…

Elle continua de dévisager longuement Lexa avant d'ajouter:

- Je ne veux pas qu'en revenant trop vite, tu te sentes prise au piège… Je veux qu'on soit toutes les deux prêtes et ça ne me dérange pas d'attendre le temps qu'il faut, okay?

Lexa voulait lui répondre qu'elle était prête. Elle voulait lui dire qu'elle n'attendait que ça. Mais elle se retint… Parce qu'elle savait qu'elle avait sûrement raison.

Ce serait aller trop vite…

Et puis elle se souvenait parfaitement de la pression que Finn avait mise à Clarke pour qu'elle accepte d'emménager avec lui et elle refusait de lui faire la même chose...

- Okay, répondit-elle donc à la place.

Clarke laissa échapper un petit soupir soulagé avant de lui adresser un de ses magnifiques sourires.

- On est cool alors? questionna-t-elle.

Lexa acquiesça doucement avant d'esquisser un sourire à son tour.

- On est cool, rassura-t-elle.

- Bien, souffla Clarke.

Elle se rallongea sur elle pour retrouver sa position initiale dans ses bras puis elle glissa les siens en dessous d'elle et se refocalisa sur la télévision.

Lexa tenta de faire de même, mais elle n'arrivait pas à se concentrer. Son attention était dirigée sur la sensation de Clarke contre elle, de ses bras qui étaient enroulés autour des siens et de ses cheveux qui glissaient sous ses doigts. Et la seule pensée qui lui traversait l'esprit, c'était que c'était son canapé à elle qu'elles devraient occuper en ce moment même.

Pas celui d'Octavia…


La première chose que fit Lexa lorsque le barman déposa son verre de whisky devant elle, ce fut de l'attraper et de le descendre d'une traite.

- Wow doucement! s'exclama Anya à côté d'elle d'un ton alarmé.

Mais Lexa l'ignora et fit un signe au jeune homme qui venait de la servir de lui en ramener un autre.

- Quand tu m'as dit que tu voulais qu'on sorte boire un verre, je ne pensais pas que c'était pour te mettre minable dès les cinq premières minutes, poursuivit Anya en secouant légèrement la tête.

- J'en avais besoin, se contenta de répondre Lexa.

Elles étaient dans un de ces bars chics et branchés de l'Upper East Side qui n'étaient fréquentés que par la haute société de New-York et où Anya adorait passer ses soirées libres du week-end.

Lexa, elle, ce n'était pas trop son genre. Même si elle était la fille d'une des personnes les plus riches de la planète, elle détestait fréquenter ce genre d'endroit empli de snobs qui pensaient que leurs vies valaient mieux que celles des autres seulement parce qu'ils avaient des comptes bancaires qui débordaient de fric et qui leur permettaient de se payer des bouteilles de champagne à 1000$ chaque week-end. Elle détestait l'air supérieur qu'ils pouvaient aborder. Elle l'avait toujours méprisé. Donc depuis qu'elle était arrivée à New-York et qu'elle avait gagné une certaine indépendance, elle avait mis un point d'honneur à rester loin de ce genre de fréquentations que sa cousine adorait.

Mais ce soir, elle avait besoin de s'éloigner de ses endroits habituels qui la renvoyaient systématiquement à Clarke.

Ce soir, elle avait besoin de se changer les idées.

- Bon tu vas enfin me dire ce qui t'arrive? questionna Anya.

- Rien, se contenta de répondre Lexa, comme à chaque fois qu'on lui posait ce genre de questions.

Et comme à chaque fois, cette réponse n'eut pour effet que d'agacer sa cousine…

Anya leva les yeux au ciel, exaspérée. Elle attrapa le tabouret de Lexa et le fit tourner, de sorte qu'elle se retrouve face à elle.

- Tu viens de descendre un verre de whisky à 50$ qui dit tout le contraire... lui fit-elle remarquer. Les seuls moments où tu agis comme ça, c'est quand quelque chose te tracasse… Et souvent ce quelque chose a un lien avec une certaine Clarke Griffin…

Elle sentit Lexa se tendre une fraction de seconde à l'entente du nom avant de détourner les yeux d'elle pour éviter son regard, ce qui lui indiqua clairement qu'elle était loin de faire fausse route.

- Ne me dis pas qu'il y a déjà du trouble au paradis?

- Non… répondit immédiatement Lexa.

Elle se repositionna face au bar et poussa un profond soupir.

- En fait, je ne sais pas trop, avoua-t-elle doucement tandis que le barman revenait vers elle avec un nouveau verre de whisky.

Mais cette fois-ci, elle ne se précipita pas pour le boire, trop perdue dans ses pensées.

Depuis la veille, sa conversation avec Clarke n'avait cessé de tourner dans sa tête. Elle avait tenté de l'oublier et de passer à autre chose, mais elle n'y arrivait tout simplement pas…

Clarke avait beau lui dire que revenir vivre avec elle était une mauvaise idée pour leur histoire, Lexa, elle ne pouvait s'empêcher de le voir autrement…

- Qu'est-ce qui ne va pas? questionna Anya, se sentant tout de suite beaucoup plus concernée.

Le fait que Lexa admette si facilement que quelque chose n'allait peut-être pas lui montrait clairement que ce devait être assez important. Et elle se préparait déjà à aller voir Clarke pour lui dire le fond de sa pensée.

C'était une chose qui la démangeait depuis beaucoup trop longtemps…

- Tout se passe super bien entre nous, répondit Lexa en la regardant.

Anya la vit esquisser un petit sourire idiot d'amoureux transi qui lui aurait valu quelques railleries en temps normal. Mais elle décida de les garder pour elle car elle voyait très bien que ce n'était pas le moment.

- Quand je suis avec elle… poursuivit Lexa, c'est – c'est magique. C'est encore mieux que ce que je m'imaginais…

- Mais?

Les épaules de Lexa s'affaissèrent d'un geste défaitiste. Elle porta son verre à sa bouche et prit une gorgée. Le liquide lui brula immédiatement la gorge mais bizarrement la sensation la réconforta légèrement.

- Je lui ai demandé quand elle réemménageait… déclara-t-elle, comme si ces quelques mots suffisaient à tout expliquer à sa cousine.

Anya fronça des sourcils avant de réaliser pleinement la situation.

- Tu as demandé à ta petite-amie de trois semaines d'emménager avec toi? questionna-t-elle, ahurie. Tu te lances dans le U-Haul ou quoi?

Lexa sentit un agacement inexplicable lui saisir les tripes. Elle serra son verre dans sa main avant de porter son regard perçant sur Anya.

- Ça n'a strictement rien à voir. On vivait déjà ensemble avant… rappela-t-elle.

- Okay, répondit Anya, pas vraiment convaincue. Et qu'est-ce qu'elle t'a répondu?

Lexa but une nouvelle gorgée de son whisky avant de répondre glacialement.

- Qu'elle n'en avait pas l'intention…

- Ouch… prononça Anya.

- Yep! dit Lexa dans un rire jaune.

Cette fois-ci, lorsqu'elle porta de nouveau son verre à sa bouche, elle en but la totalité. Elle le posa ensuite sur le comptoir et se tourna vers Anya.

- Elle pense qu'en revenant vivre avec moi, on risque de précipiter les choses…

- Elle n'a sûrement pas tort…

- Oui, répondit ironiquement Lexa. Et vu que je suis l'idiote qui a suggéré qu'on devait prendre notre temps, elle pense que je risque de paniquer et que ça ne fera que me faire me sentir prise au piège…

Bon sang, j'ai besoin d'un autre verre…

Anya la fixa quelques secondes sans rien dire. Elle trouvait vraiment impressionnant l'emprise que Clarke avait sur sa cousine et, même si elle gardait encore un goût amer du comportement qu'avait pu avoir la blonde quelques semaines plus tôt, elle savait qu'elle était la personne qu'il fallait à Lexa. Elle savait que Clarke la ferait toujours passer avant tout…

Ce qui l'amenait à comprendre exactement les raisons qui l'avaient amené à dire à Lexa qu'elle ne reviendrait pas…

- Peut-être que je me trompe, commença-t-elle précautionneusement, mais j'ai l'impression que Griffin pense à toi avant tout… Elle te connait, elle sait que tu as toujours fui l'engagement… Et même si, maintenant, elle sait que tu l'aimes, elle sait aussi que c'est ta première véritable histoire… Donc elle doit sentir une pression énorme sur ses épaules et a peur que tu te sentes vite étouffée…

Lexa pondéra ses mots pendant de longues secondes, réalisant que sa cousine n'avait sûrement pas tort.

Elle avait été tellement focalisée sur le fait de se montrer digne de leur histoire qu'elle ne s'était pas rendu compte que dire à Clarke qu'elle voulait qu'elles prennent leur temps pouvait lui indiquer qu'elle se sentait incertaine et effrayée…

Alors que s'il y avait bien une chose dont elle était sûre, dont elle n'avait pas du tout peur, c'était de ses sentiments pour elle… Et elle détestait l'idée qu'elle ait pu lui faire croire le contraire, ne serait-ce qu'un seul instant.

- Ce n'est pas le cas, souffla-t-elle plus à elle-même qu'à Anya.

Elle leva tout de même les yeux vers elle avant d'ajouter d'une voix vulnérable:

- Au contraire, c'est quand elle n'est pas là que je me sens étouffer…

Anya dut faire preuve d'une volonté extraordinaire pour ne pas commenter cette déclaration niaise à en mourir. Elle se promit intérieurement de la garder en tête et de la ressortir à Lexa lorsque cette dernière irait mieux.

Pour le moment, elle allait se cantonner à jouer son rôle de confidente.

- Et tu lui as dit tout ça?

Lexa hocha immédiatement la tête de gauche à droite.

- Et qu'est-ce que tu attends? s'exaspéra Anya.

- Je ne sais pas, répondit-elle avec un haussement d'épaules.

Anya rejeta sa tête en arrière d'un geste excédé avant de se redresser et de lorgner sa cousine d'un regard noir.

- Ces derniers mois ne t'ont donc rien appris?!


Clarke étouffa un grognement en se laissant tomber dans son lit, complètement extenuée. Il était plus de 23h et elle venait de passer la majorité de sa soirée à réviser ses prochains examens.

Chose qui, en soit, n'était pas réellement ce qu'elle avait prévu de faire de son samedi soir…

Non, elle avait eu en tête un rendez-vous galant, où elle aurait traité et gâté Lexa comme elle le méritait.

Mais cette dernière lui avait dit qu'elle ne pouvait pas et Clarke s'était retrouvée devant ses bouquins d'anatomie à tenter de se concentrer dessus alors qu'en réalité, elle n'avait fait que penser à Lexa et à cette impression nauséeuse qu'elle l'évitait depuis la veille.

Depuis leur conversation plus que bizarre…

Elle avait été persuadée que, maintenant que le statut de leur relation avait changé, Lexa serait beaucoup moins emballée à l'idée de la voir revenir vivre au loft.

Mais depuis la veille, depuis qu'elle avait vu son visage se décomposer de confusion et d'incompréhension, elle n'arrêtait pas de se demander si elle n'avait pas eu tort.

Et bon sang, ce n'était pas comme si elle n'avait pas envie de revenir! Au contraire, elle rêvait de retrouver leur cocon à elles deux. Elle rêvait de se réveiller tous les jours au côté de Lexa.

Mais elle savait pertinemment que c'était trop tôt. Et, même si, elle, elle en avait terriblement envie, même si, elle, elle n'éprouvait aucun doute, elle savait qu'il y avait de très grandes chances que ce ne soit pas le cas de Lexa.

Clarke poussa un profond soupir et fixa le plafond au-dessus d'elle avant de laisser échapper un rire sans joie.

Elle trouvait ça ironique et complètement dingue qu'elle soit prête à vivre avec Lexa au bout de seulement quelques semaines de relation, alors qu'après deux ans avec Finn, elle ne l'avait même pas envisagé un seul instant…

Mais Lexa n'était pas Finn. Ses sentiments pour elle, sa relation avec elle n'avaient strictement rien à voir avec ce qu'elle avait pu partager avec son ex.

Et elle savait que c'était exactement ce qui faisait qu'elle n'éprouvait aucun doute… Cependant, il ne s'agissait pas d'elle. Il s'agissait de Lexa…

Et elle devait penser à elle avant tout…

Un nouveau soupir s'échappa de sa bouche. Malgré sa fatigue, il était évident qu'elle n'arriverait pas à trouver le sommeil facilement vu l'allure à laquelle son cerveau tournait.

Elle esquissa un geste pour se tourner sur le côté lorsqu'elle entendit des coups retentir contre la porte d'entrée.

- Manquait plus que ça… grommela-t-elle.

Qui pouvait bien venir toquer à cette heure-ci? Et bien sûr il fallait que ce soit le soir où Lincoln et Octavia étaient dehors et qu'il n'y avait qu'elle qui pouvait ouvrir.

Elle se laissa retomber sur le dos et décida d'ignorer la personne, en espérant qu'elle finisse par se lasser. Mais les coups persistèrent et se firent de plus en plus fort, ce qui l'amena à pousser un profond soupir agacé avant de se redresser à contrecœur.

Elle était persuadée qu'il s'agissait d'Octavia et Lincoln et qu'ils avaient oublié leurs clés. Après tout, ce n'était pas la première fois que ça arrivait…

Elle sortit donc de sa chambre en trainant des pieds, traversa le living-room et ouvrit la porte sans se poser de questions.

- Vous avez vraiment intérêt à avoir une b –

Elle s'interrompit brusquement lorsqu'elle réalisa que la personne qui se trouvait de l'autre côté de la porte n'était ni Octavia, ni Lincoln.

- Lexa? prononça-t-elle.

Son cœur s'emballa immédiatement tandis que la nommée, les mains dans les poches de sa veste, leva les yeux vers elle et lui adressa un sourire crispé.

- Hey… salua Lexa nerveusement.

- Tout va bien? s'inquiéta Clarke en faisant un pas vers elle.

- Oui. Ou plutôt non… 'Fin je ne sais pas…

Clarke la fixa une fraction de seconde et remarqua l'agitation présente dans sa posture. Elle se décala donc de la porte pour l'inviter implicitement à entrer mais Lexa l'ignora et resta plantée devant elle.

- Lex, tu commences vraiment à m'inquiéter…

Elle ne reçut aucune réponse, ce qui la poussa à sortir à l'extérieur pour l'observer plus attentivement.

- Tu as bu? demanda-t-elle en fronçant des sourcils.

Sa question amena Lexa à se figer quelques secondes.

- Un peu, avoua-t-elle légèrement , mais là n'est pas le sujet…

- Où est-ce qu'il est alors?

- Nous deux, répondit Lexa abruptement.

Elle commença à faire les cent pas alors que Clarke se décomposait violemment à l'entente des mots. Mais elle ne s'en rendit pas compte, trop occupée à mettre de l'ordre dans ses propres pensées.

- On a toujours eu des problèmes de communication, déclara-t-elle en continuant de marcher. Et c'est ce qui nous a posé pas mal de problèmes par le passé… Et – et je ne veux pas qu'on refasse les mêmes erreurs…

- Okay… répondit Clarke précautionneusement.

Il était évident que quelque chose tracassait Lexa. Quelque chose qui devait être relativement important pour qu'elle vienne toquer à sa porte aussi tard et aussi agitée. Et Clarke avait une idée de la raison. Elle s'en doutait fortement, surtout après les mots qu'elle venait de prononcer, et c'était exactement ce qui venait de créer une énorme boule d'appréhension au creux de sa poitrine.

- Tu veux me dire quelque chose? demanda-t-elle doucement lorsqu'elle réalisa que Lexa ne reprenait toujours pas la parole.

Cette dernière arrêta de faire les cent pas subitement et se tourna vers elle en prenant une profonde inspiration. Leurs regards se mélangeant l'un à l'autre, elle laissa ses épaules s'affaisser dans un profond soupir et se décida enfin à parler.

- Je veux que tu reviennes, déclara-t-elle. Je veux que tu réemménages avec moi…

La bouche de Clarke s'ouvrit légèrement de surprise et elle ne sut quoi répondre. Mais Lexa ne sembla pas avoir terminé car elle reprit presque immédiatement la parole.

- Et – et je ne veux pas juste que tu reviennes, lui dit-elle d'une voix de plus en plus troublée. Je veux que tu reviennes en tant que petite-amie. Je veux que tu emménages avec moi en tant que petite-amie… Je – je veux me réveiller tous les matins à côté de toi, je veux que ma chambre devienne la nôtre, je veux que tes affaires soient mélangées aux miennes, que ta brosse à dents soit à côté de la mienne et – et je veux que ton bordel légendaire devienne le nôtre…

Elle reprit sa marche agitée sous les yeux de Clarke qui oublia son anxiété au fur et à mesure qu'elle poursuivait ses élucubrations.

- Je sais que la norme dirait que c'est trop précipité, U-Haul, et je sais aussi que c'est moi qui ai voulu qu'on fasse les choses dans l'ordre, pesta Lexa avec de grands gestes éloquents de la main. Mais finalement, je m'en fiche complètement des standards, on est loin d'en être un et ça me va parfaitement…

Elle s'arrêta de nouveau brusquement et se tourna pour la seconde fois vers Clarke.

- S-sauf si, bien sûr, ce n'est pas ce que tu veux… lui dit-elle avec une petite grimace crispée. Dans ces cas-là, on oublie toute cette conversation et je rentre chez moi et… et on – on repart comme si de rien était…

Clarke esquissa un sourire amusé devant sa nervosité attendrissante. Elle n'avait qu'une envie, c'était de faire les deux-trois pas qui la séparaient d'elle et l'embrasser en lui disant qu'elle acceptait mille fois.

Mais elle ne pouvait pas. Pas immédiatement.

Elle avait besoin d'être sûre à 100% que c'était ce que voulait Lexa…

- Tu sais que j'en ai envie, lui assura-t-elle. Mais qu'en est-il du fait de prendre notre temps? Je ne veux vraiment pas que tu penses que les choses vont trop vite entre nous. Je t'ai dit Lexa, je suis prête à attendre le temps qu'il faut…

Les épaules de Lexa s'affaissèrent immédiatement à l'entente des mots. Elle arborait un regard d'une sincérité et une vulnérabilité que Clarke avait très rarement vues chez elle.

- Clarke… prononça-t-elle de cette manière propre à elle. On ne prend pas notre temps, on le perd

Un énorme sourire se dessina sur les lèvres de Clarke qui sentit son corps se détendre de soulagement.

- Donc tu ne doutes pas de nous?

Lexa fronça des sourcils avant de secouer frénétiquement la tête de gauche à droite.

- Quoi? Non, jamais! assura-t-elle. C'est de moi dont je doutais, j'avais peur de faire n'importe quoi… Mais s'il y a une chose dont je suis sûre et certaine Clarke, c'est de ce que je ressens pour toi…

Il n'en fallut pas plus à Clarke pour s'avancer jusqu'à elle et enrouler ses bras autour de sa nuque, sans se dépêtrer une seule seconde de son sourire.

Et pour la première fois de la journée, alors qu'elle se laissait envelopper par la chaleur enivrante du corps collé à elle, l'anxiété de Lexa se calma.

- Tu es tellement sûre que tu es prête à vivre avec moi et mon bordel légendaire? plaisanta Clarke en espérant alléger un peu l'atmosphère.

Mais Lexa ne rigola pas. Elle posa ses mains sur les hanches de Clarke et la fixa de son regard flamboyant qui avait la capacité de faire apparaitre des milliers de papillons au creux de son estomac.

- Ce que tu n'as pas l'air de comprendre, c'est que je ne peux plus vivre sans toi, confia-t-elle d'une voix légèrement tremblante. Tu es celle qui a apporté son sens au mot foyer, Clarke…

Ses mots rendirent Clarke sans voix. Ils la frappèrent violemment et la submergèrent dans une émotion vive et intense qu'elle n'arrivait pas à comprendre.

Et encore moins à expliquer.

Certains passaient toute leur vie à la recherche de l'euphorie suprême. Même éphémère.

Ils couraient après les sensations fortes, sautaient en parachute, se droguaient, fumaient, tout ça dans le but d'atteindre ce point culminant que représentait l'extase pure.

Elle, elle avait l'impression que son point culminant à elle résidait en Lexa.

Elle avait l'impression qu'il lui suffisait juste de se plonger dans son regard, de se laisser envelopper par leur amour, pour obtenir son bonheur absolu.

Lexa aussi était son foyer. Son chez elle.

Et ne trouvant pas les mots pour exprimer exactement ce qu'elle ressentait, Clarke s'appuya sur ses pointes des pieds, glissa ses mains qui se trouvaient sur la nuque de Lexa jusqu'à sa mâchoire et l'embrassa tendrement, d'un baiser doux, affectueux et plein de révérence qui, malgré tout, les laissèrent toutes les deux à bout de souffle lorsqu'elles se séparèrent.

- Je suppose que c'est un oui? demanda Lexa en esquissant un sourire.

Clarke acquiesça contre son front avant de murmurer contre ses lèvres:

- Ramène-moi à la maison Lex…

Il fallut quelques secondes à Lexa pour enregistrer les mots. Elle recula légèrement son visage pour pouvoir la regarder et haussa des sourcils d'un air interrogateur.

- Maintenant?

- Oui maintenant, répondit Clarke avec un sourire.

- Je – tu n'es pas obligée – on… on peut attendre quelques jours si tu veux y réfléchir un peu plus... lui dit Lexa, incertaine.

Après tout, il était presque minuit et elle avait débarqué sans prévenir pour lui demander, sans aucun avertissement, de tout rechambouler dans son quotidien. Elle pouvait donc patienter quelques jours de plus et laisser à Clarke le temps de réellement y penser.

Mais cette dernière lui répondit par un hochement de tête négatif.

- Je n'ai pas besoin d'y réfléchir, assura-t-elle. Tu as raison, on a assez perdu de temps…


Arrivées au loft, Lexa déverrouilla la porte d'entrée et se décala pour laisser Clarke pénétrer à l'intérieur la première. Cette dernière lui caressa le bras de haut en bas avec un petit sourire avant de passer devant elle et de se retrouver dans le hall d'entrée.

Son sourire s'agrandit au fur et à mesure qu'elle s'avançait dans le penthouse qui était devenu un véritable foyer pour elle au court des derniers mois.

- Wow, je n'étais pas revenue depuis le jour où –

Elle s'interrompit soudainement en se raclant la gorge mal à l'aise et regarda par-dessus son épaule pour regarder Lexa qui l'observait de l'entrée.

Lexa qui n'avait pas besoin de l'entendre prononcer les mots pour comprendre de quel jour elle parlait.

Elle ne pourrait sûrement jamais l'oublier.

C'était le jour qui avait suivi leur dispute. Le jour où elle avait eu l'impression que son monde entier s'était écroulé…

Clarke vit son visage s'assombrir et elle détourna rapidement les yeux lorsqu'elle sentit ses entrailles se serrer de la culpabilité habituelle qu'elle ressentait à chaque fois qu'elle repensait à ce qu'il s'était passé et au comportement qu'elle avait eu. Culpabilité qui s'accentua lorsque ses yeux se posèrent sur un objet juste au-dessus de la cheminée du salon.

Elle fronça des sourcils et s'avança un peu plus dans la pièce jusqu'à se retrouver à seulement quelques mètres.

- Tu l'as gardé, souffla-t-elle, ahuri.

Lexa, qui se trouvait juste derrière elle, suivit son regard jusqu'à la peinture représentant le paysage New-Yorkais accrochée contre le mur de la cheminée et sentit sa gorge se nouer.

Il s'agissait de la première peinture que Clarke avait peinte dans cet appartement. Peinture qu'elle avait laissée derrière elle lorsqu'elle était partie parce qu'elle avait toujours représenté beaucoup plus pour elles-deux qu'une simple toile.

- Je n'ai pas pu m'en débarrasser, répondit simplement Lexa en déglutissant difficilement.

Clarke détourna les yeux de la toile et les posa sur le visage de Lexa dont le regard était toujours braqué dessus. Sa mâchoire était serrée et ses épaules légèrement tendues. Et Clarke la connaissait assez pour savoir que c'était exactement la posture qu'elle arborait à chaque fois qu'elle tentait de cacher ses émotions.

- Lexa… prononça-t-elle doucement. Je suis désolée…

Lexa sortit de sa contemplation et porta son attention sur elle. Ce ne fut que lorsqu'elle vit la tristesse dans les yeux azur dont elle était amoureuse qu'elle réalisa pleinement ce qu'il était en train de se passer.

- Pas moi, répondit-elle en esquissant un léger sourire. Tu avais raison ce jour-là à notre cabane, si tout ce qu'on a vécu nous a permis d'être là où on est maintenant, alors on n'a rien à regretter... On ne doit pas laisser les erreurs du passé nous voler notre présent, Clarke…

Et pour la énième fois de la soirée, Clarke se retrouva sans voix.

Elle se détourna complètement de la peinture pour faire face à Lexa. Elle fit ensuite quelques pas vers elle, glissa ses bras autour de sa taille avant d'enfouir son visage dans sa nuque et la serrer fortement contre elle.

Tout d'abord surprise, Lexa finit par répondre avec autant de ferveur. Elle enroula ses bras autour des épaules de Clarke dans une étreinte sécurisante et ferma les yeux en humant l'odeur de ses cheveux.

Elles restèrent de longues secondes dans les bras l'une de l'autre, sans ressentir le besoin de combler le silence avec des paroles futiles.

Parce qu'elles n'en avaient pas besoin pour communiquer…

Ce fut Clarke qui finit par rompre leur étreinte. Elle se recula de quelques pas et, sans quitter Lexa du regard, elle fit glisser ses mains le long de ses bras pour attraper les siennes. Lorsque leurs doigts se retrouvèrent entrelacés, elle la guida silencieusement à travers l'appartement jusqu'aux escaliers menant à la chambre de Lexa.

À leur chambre.

Et Lexa se laissa tirer sans rien dire, prête à la suivre n'importe où.

Ce ne fut que lorsqu'elles arrivèrent à l'étage qu'elles se lâchèrent. De la même façon qu'elle l'avait fait en pénétrant à l'intérieur de l'appartement, Clarke lança un regard circulaire autour d'elle, heureuse de retrouver la familiarité de la pièce. Ses yeux se posèrent sur les énormes baies vitrées qui composaient la totalité du mur face à elle et qui donnaient sur une magnifique vue de New-York illuminé. Puis ils suivirent le chemin jusqu'à l'immense lit luxueux et moderne avant de s'attarder sur la cheminée face à lui dans laquelle un feu crépitait déjà.

- On pourra changer les meubles si tu veux, déclara Lexa derrière elle en glissant une main dans ses cheveux nerveusement. Ou repeindre. Ou faire n'importe quelle autre modification. Je – on fera comme tu le sens…

Clarke esquissa un sourire, touchée par la bienveillance et l'attention que Lexa lui portait. Et ce qu'elle trouvait juste incroyable c'était qu'elle ne le réalisait même pas.

Oui, Lexa pouvait se montrer altruiste et généreuse et pour elle, elle n'y voyait rien de plus normal.

Et c'était une des choses que Clarke adorait par-dessus tout chez elle. Son humilité.

- J'adore cette chambre comme elle est, Lex, assura-t-elle en se tournant enfin vers elle. Je ne veux rien changer…

Lexa fronça des sourcils, pas vraiment convaincue.

- Tu es sûre?

- Certaine, confirma Clarke avec un grand sourire.

C'était le sanctuaire de Lexa. Celui qu'elle n'avait jamais partagé avec qui que ce soit d'autre hormis elle.

Celui où Lexa avait réalisé qu'elle était amoureuse d'elle.

Et Clarke l'aimait tel qu'il était…

Lexa répondit à son sourire avant d'acquiescer.

- On pourra toujours en reparler, lui dit-elle. En attendant je vais te trouver un pyjama pour cette nuit et demain, on retournera chez O récupérer tes affaires si tu veux…

La voyant esquisser un geste vers son dressing, Clarke lui attrapa le bras et l'arrêta avant qu'elle ne puisse s'éloigner.

- Attends…

Elle reçut un regard interrogateur de la part de Lexa mais, au lieu de lui dire quoi que ce soit d'autre, elle posa une main sur sa taille et fit remonter celle qui tenait toujours son avant-bras jusqu'à sa joue. Elle captura ensuite tout doucement ses lèvres entre les siennes.

La réponse de Lexa fut immédiate. Comme à chaque fois que Clarke l'embrassait.

C'était devenu un réflexe, une seconde nature.

Elle avait l'impression que dès qu'il s'agissait de Clarke, son corps, son cœur, réagissaient toujours avant son cerveau…

Elle pivota donc sur place de sorte à lui faire complètement face et continua d'explorer doucement ses lèvres avec les siennes. Elle tourna la tête à droite, puis à gauche changeant ainsi l'angle de leur baiser et amenant leurs nez à s'entrechoquer à plusieurs reprises.

Son cœur s'enfiévra un peu plus au moment où Clarke laissa échapper un petit gémissement. Mais la sensation fut vite remplacée par de la frustration lorsqu'elle la sentit s'éloigner d'elle et rompre brusquement leur baiser.

Lexa rouvrit ses yeux et fronça des sourcils confusément. Clarke esquissa un léger sourire amusé puis, sans quitter une seule seconde son regard et tout en se mordant nerveusement la lèvre, elle fit un nouveau pas en arrière et commença à déboutonner le chemisier qu'elle portait.

Un frisson parcourut l'échine de Lexa dont les yeux étaient complètement cimentés au mouvement de ses mains.

- Clarke… prononça-t-elle d'un ton incertain en déglutissant difficilement. Je – je ne suis pas sûre qu'on devrait…

Clarke ne s'arrêta pas pour autant et continua de dégrafer un par un ses boutons jusqu'à arriver au dernier.

- Tu l'as dit toi-même, on perd notre temps Lex… déclara-t-elle.

Lexa ne lâcha pas ses mains du regard. Elle était complètement hypnotisée, en transe et sentait ses hésitations la quitter au fur et à mesure que la femme face à elle se déshabillait.

- Clarke… répéta-t-elle, d'une voix où désir et supplice se mêlaient.

La nommée retira lentement sa chemise qu'elle laissa retomber au sol, dévoilant ainsi, pour la surprise de Lexa, sa poitrine complètement nue.

Cette dernière sentit son corps s'enflammer immédiatement face à la vision qui s'offrait à elle. Ses yeux parcoururent avidement chaque centimètre de peau exposé devant eux et elle n'avait qu'une envie, c'était de les remplacer par ses lèvres, sa langue, ses dents.

- Lexa… prononça doucement Clarke. Fais-moi l'amour…

Ces mots amenèrent les dernières réticences de Lexa à s'envoler complètement. Elle leva les yeux vers ceux azur face à elle et, lorsqu'elle se retrouva plongée dans la luxure et l'amour qui s'y reflétaient, elle oublia tout ce qui n'était pas Clarke. Elle fit un pas vers elle, attrapa son visage entre ses deux mains et l'embrassa fougueusement en la faisant reculer jusqu'au lit.

Sans quitter ses lèvres un seul instant, elle la bascula dessus et vint se positionner juste au-dessus d'elle. Clarke attrapa le bas du dos de son haut et le fit remonter hâtivement jusqu'à ses épaules avant de le faire passer par-dessus sa tête, obligeant ainsi Lexa à se détacher de ses lèvres. Elle se dépêcha d'en faire de même avec son soutien-gorge qu'elle lui dégrafa et lui retira aussi précipitamment avant de le balancer à l'aveugle derrière elle.

Dès qu'elle fut débarrassée des vêtements, Lexa se rattacha immédiatement à la bouche de Clarke, un grognement de plaisir s'y exhalant au moment où leurs poitrines nues entrèrent en contact. Elles s'embrassèrent sans retenue, chacune de leurs bouches cherchant à dominer l'autre jusqu'à ce que Lexa finisse par rompre leur baiser à bout de souffle.

La respiration saccadée, elle fixa Clarke en-dessous d'elle, cherchant dans son regard la moindre indication qui lui montrerait qu'elle devrait s'arrêter.

Cependant, la seule chose qu'elle vit dans ses yeux était de la certitude, de l'envie.

De l'amour...

Elle se pencha donc de nouveau vers elle et posa le fantôme d'un baiser sur ses lèvres avant de se concentrer sur le reste de son corps.

Tout doucement, d'un mouvement volontairement tortueux, elle lui embrassa la nuque pendant de longues secondes puis suivit le chemin jusqu'à sa clavicule et sa poitrine. Elle s'arrêta une fraction de seconde pour la fixer avant d'ouvrir la bouche et de capturer délicatement un téton entre ses lèvres, arrachant ainsi un gémissement à Clarke qui se contracta de plaisir.

Elle était en extase et la chaleur de son corps se faisait de plus en plus ardente. Mais elles ne faisaient que commencer et cette pensée ne fit que décupler le désir de Lexa.

Alors que les mains de Clarke s'étaient ancrées à ses cheveux, elle continua d'embrasser les magnifiques seins en dessous d'elle, alternant les coups de langue, les mordillements et les suçotements.

- Lexaaaa... souffla Clarke d'un ton implorant.

Et la nommée n'eut pas besoin de plus pour comprendre ce qu'elle lui demandait.

Elle en voulait plus... Elle avait besoin de plus...

Lexa s'exécuta donc et, après un dernier petit baiser, elle continua sa descente jusqu'à l'abdomen de Clarke, glissa sa langue une fraction de seconde dans son nombril, ce qui l'amena à se courber un peu plus, puis lui embrassa le bas-ventre.

Elle prit tout son temps pour déboutonner son pantalon et le faire descendre avec sa culotte le long de ses jambes jusqu'à les retirer complètement. Elle fit ensuite remonter ses mains dans une caresse langoureuse, les faisant suivre par ses lèvres qui embrassèrent le chemin menant jusqu'à l'intérieur de ses cuisses.

Son cœur battait à un rythme très violent, son corps lui donnait l'impression qu'elle était déjà au bord de l'orgasme juste par le fait de sentir l'odeur et la peau de Clarke. Mais elle tenta d'oublier son propre plaisir pour le moment pour se concentrer sur celui de l'autre femme.

Clarke baissa les yeux vers Lexa lorsqu'elle la sentit s'arrêter juste au-dessus de son pubis et se retrouva plongée dans son regard.

Un regard sombre, plein de luxure, mais en même temps empli de tendresse et d'adoration.

- Lexa, s-s'il te plaît...

Il n'en fallut pas plus à cette dernière pour lui céder ce qu'elle voulait. Elle posa un dernier baiser sur son pubis avant de se baisser un peu plus et capturer à pleine bouche son clitoris gonflé.

La réaction de Clarke fut immédiate. Un électrochoc de plaisir parcourut la totalité de son corps l'amenant à se cambrer un peu plus et à laisser échapper un petit cri guttural.

Lexa esquissa un léger sourire, complètement attentive à la moindre réaction qu'elle provoquait. Elle passa un premier coup de langue dessus qui causa un "Oui Lex!" puis augmenta la pression avant de l'engloutir complètement entre ses lèvres et le malaxer avec sa langue. Elle alterna entre des suçotements, des coups de langue experts et des effleurements avec ses dents, rendant Clarke de plus en plus effrénée.

Chacun de ses mouvements avait le don de causer plus de gémissements, plus de contractions de plaisir chez Clarke et elle avait l'impression de ne vivre que pour ça.

- Lex - je v-vaais... Je ne v-vais pas ttarder à - à...

Elle n'arriva pas à terminer sa phrase. Elle était au bord de l'extase, elle sentait son orgasme arriver.

Cependant, au moment où elle se sentit atteindre le summum de son plaisir, la bouche pleine d'habilité qui en était à l'origine se retira brusquement causant en elle l'une des pires sensations de frustration possible.

- Lexaaaa… grogna-t-elle dans un son se situant entre la réprimande et le gémissement.

- Sois patiente, mon amour, lui murmura Lexa en remontant lentement le long de son corps.

Elle se positionna au-dessus d'elle et l'embrassa passionnément. Clarke soupira contre ses lèvres qui avaient dorénavant le goût d'elle-même – ce qui ne faisait qu'accentuer son excitation déjà à son paroxysme – et glissa ses mains dans ses cheveux.

Lexa bascula ensuite la majorité de son poids sur un coude et fit progresser son autre main le long du ventre à Clarke jusqu'à son entrejambe humide où elle glissa deux de ses doigts. Clarke ferma les yeux et étouffa un nouveau cri au moment où elle commença à masser d'une main experte l'endroit exact qui la mettait dans un état de supplice délicieux.

C'était bon. Trop bon.

Mais pas encore assez…

Elle avait besoin de plus, elle avait besoin de sentir Lexa en elle. Ce n'était plus une envie, c'était une nécessité.

Lexa sembla le comprendre car, une fraction de seconde plus tard, elle fit glisser ses deux doigts le long de son sexe et la pénétra sans prévenir.

Clarke se contracta immédiatement, un puissant spasme la gagnant et l'amenant à rompre leur baiser. Elle laissa échapper un gémissement beaucoup plus fort que les précédents et descendit ses mains jusqu'aux épaules de Lexa où elle y planta ses ongles comme si elle essayait de s'y ancrer et ne pas succomber totalement à l'intensité du délice qu'elle ressentait.

- Ouvre tes yeux, Clarke, murmura Lexa d'une voix à peine audible. Je veux te voir...

Malgré la grosse difficulté de la tâche à ce moment-là, Clarke acquiesça légèrement avant de faire ce qu'elle lui demandait. Ce ne fut que lorsqu'elle se retrouva plongée dans les prunelles de Lexa, dont les magnifiques iris avaient presque disparu tellement ses pupilles étaient dilatées, qu'elle sentit cette dernière commencer à bouger de nouveau ses doigts. D'abord lentement, puis de plus en plus vite, elle se lança dans des va-et-vient tout en frictionnant le gland de son clitoris avec le pouce.

Clarke se retrouva dans l'incapacité de garder les yeux ouverts plus longtemps. Elle enfonça l'arrière de sa tête un peu plus dans le lit au moment où un orgasme d'une intensité étourdissante s'empara de la totalité de son corps.

Et en cet instant précis, Lexa aurait juré qu'elle n'avait jamais vu quelque chose d'aussi beau. Elle était sûre qu'elle n'arriverait jamais à effacer cette image de Clarke, les yeux fermés, la bouche légèrement entrouverte, le corps s'abandonnant complètement à elle. Et elle avait beau l'avoir déjà expérimenté par le passé, elle avait l'impression que chaque fois était la première.

Chaque fois était unique…

Elle continua donc de la fixer, émerveillée, et, tout en diminuant petit à petit la cadence de ses doigts, elle se pencha et lui embrassa tendrement la joue, la mâchoire puis la nuque.

- Tu es magnifique, lui souffla-t-elle.

Clarke ne trouva pas la force de répondre et encore moins de bouger. Elle tremblait légèrement, sa respiration était fortement saccadée et ses jambes lui donnaient l'impression d'être faites de coton. Et pourtant, elle ne s'était jamais sentie aussi vivante, aussi apaisée et aussi comblée qu'en cet instant précis.

Elle planait. Complètement. Et l'euphorie qu'elle ressentait était presque magique.

Ce ne fut que lorsqu'elle sentit Lexa se retirer qu'elle retrouva un peu ses esprits. Elle laissa échapper un léger grognement face à la perte puis ouvrit les yeux pour pouvoir se plonger dans ceux au-dessus d'elle qui la fixait amoureusement.

- Hey, murmura Lexa.

- Hey…

Okay, la voix post-orgasme de Clarke était aussi sûrement le plus beau son que Lexa ait entendu de sa vie après son rire.

- Pendant un instant, j'ai cru t'avoir perdue, déclara-t-elle avec un grand sourire en lui caressant tendrement les cheveux avec son autre main.

Clarke papillonna des yeux avant d'esquisser un sourire paresseux.

- C'était… c'était…

Son manque d'éloquence fit légèrement rire Lexa qui continua de prodiguer ses caresses aux cheveux blonds étalés dans un bazar en dessous d'elle.

- Je vais prendre ça pour un compliment, lui dit-elle d'un ton taquin.

Clarke acquiesça tout en prenant plusieurs inspirations, tentant de regagner assez de force. Lorsqu'elle fut sûre d'avoir retrouvé l'usage complet de son corps, elle se redressa brusquement et, prenant Lexa au dépourvu, elle appuya sur ses épaules et la bascula à son tour sur le dos avant de se positionner à califourchon sur elle.

- À ton tour… susurra-t-elle doucement.

Ses mots firent perdre immédiatement son sourire à Lexa qui regarda, avec une anticipation pleine de torture, Clarke se baisser vers elle pour l'embrasser lentement, langoureusement, veillant à ne surtout pas se presser pour savourer chaque seconde.

Parce que, s'il y avait bien un moment où elle n'avait pas l'impression de perdre son temps, c'était lorsqu'elle le prenait pour faire l'amour à Lexa…


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AN: Hum... Alors qu'est-ce que vous en avez pensé? On continue avec le lemon ou on revient à un rating beaucoup moins explicite? A vous de me dire ^^


Prochainement: Le réveil Clexa, Octavia et Raven qui continuent de les interrompre, une conversation Octavia/Clarke et Clarke qui panique face à une nouvelle...