Disclaimer : Vous n'êtes pas au courant ? Harry Potter et tous ses personnages appartiennent à JKR. Et pour ajouter à mon malheur, l'histoire appartient à Emma Lipardi, vu que c'est la traduction de la fic An Aunt's Love.
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« Courrier ! » appela le professeur principal d'Harry. Harry l'ignora comme il le faisait depuis qu'Hermione était retournée à Poudlard et qu'ils avaient commencé à s'écrire par Mini-Messager. « Evan James ! » Une lettre ? Harry se leva, prit sa lettre et se rassit à son bureau pour la lire. Ils avaient encore dix minutes dans la salle avant que les classes ne commencent vraiment. Il aimait être dans les classes normales. Il ne voyait Sky que deux soirs par semaine à présent, juste pour s'assurer qu'il suivait et ne décrochait pas derrière ses camarades à cause de quelques déficiences de son éducation « talentueuse. » Sky n'avait pas une très haute opinion de l'ancienne école d'Evan James.
Harry cligna des yeux devant la lettre dans ses mains. C'était de Dudley. Il se souvint que Dudley lui avait demandé s'ils pouvaient s'écrire, mais Harry l'avait oublié au milieu de tous les trucs qui s'étaient passés. Dudley n'avait pas écrit beaucoup, mais ce qu'il y avait suffisait à rendre Harry confus. Que lui voulait son cousin ?
Cher Harry,
Je suppose que tu ne veux pas m'écrire. Maman a dit que je devrais être patient parce que nous t'avons fait beaucoup de mal et que ça prendra du temps, même si tu décides d'essayer de nous aimer comme nous essayons de t'aimer. Maman a dit que c'était ton choix. J'ai juste une question et j'aimerais que tu me répondes, même si ce n'est qu'en un mot. Tu peux la passer par Maman si tu ne veux pas m'écrire. Est-ce que tu me hais ?
Dudley.
Harry s'arrêta et se gratta la tête. Il n'avait jamais entendu de question aussi bizarre, et le monde magique en avait produites quelques-unes quand les sorciers arrivaient à le coincer assez longtemps quelque part pour l'interroger. Haïssait-il Dudley ? Il devrait, si on tenait compte de tout ce que Dudley avait réussi à lui faire au cours des années. « La chasse à Harry » lui vint à l'esprit, mais il ne ressentait pas les sentiments habituels qu'il avait quand il était enfant. Il ne ressentait pas grand-chose, vraiment. Ils étaient des enfants. C'était stupide, vraiment. Dudley avait été un vrai con à propos de beaucoup de choses, mais ça ne voulait pas dire que Harry le haïssait. N'est-ce pas ?
Harry essaya de deviner s'il haïssait qui que ce soit. Lucius Malfoy lui vint à l'esprit, mais le sentiment mourut rapidement. La même chose arriva avec Bellatrix Lestrange, bien que ça prenne plus de temps. Pettigrow pourrait marcher pour la haine. Dumbledore ? Non. Les Détraqueurs. Harry eut un léger frisson. Ok, il haïssait les Détraqueurs, mais il ne pouvait trouver aucun sentiment semblable pour Dudley. Ca n'avait pas de sens. Harry rassembla ses livres et dit au professeur qu'il devait voir Paul. Celui-ci acquiesça et lui fit signe de sortir. Harry arriva au bureau de Paul pour découvrir que celui-ci était absent. Zen, cependant, était là et il semblait plus qu'heureux de le voir.
« Mon enfant éclair est revenu ! » siffla-t-il joyeusement. « Tu me sors ? » Harry sourit et laissa tomber son sac à dos. Il alla vers le terrarium et baissa son bras pour que Zen puisse ramper dessus. Le serpent siffla de satisfaction et s'enroula autour. « Qu'est-ce qui te trouble, mon enfant éclair ? » demanda Zen en clignant de ses yeux rouges en direction d'Harry.
« Ce n'est rien, vraiment. Je suis juste confus. » lui répondit Harry en s'installant sur le canapé et en installant Zen sur son estomac. Il passa un doigt le long du corps du serpent. Celui-ci ferma les yeux de plaisir et demanda à Harry d'expliquer sa confusion. « J'ai reçu une lettre de mon cousin Dudley. Il m'a demandé si je le haïssais. Je ne sais pas si c'est le cas » expliqua Harry du mieux qu'il put. Il n'était pas sûr que Zen comprenne.
« Pour qui as-tu des sentiments de haine ? » demanda Zen. Harry fronça les sourcils et haussa les épaules.
« Personne, réellement. Je hais les Détraqueurs parce qu'ils m'affectent plus qu'ils devraient. Je hais quand les gens me regardent à cause de ma cicatrice et me traitent différemment des autres. » Harry frissonna en pensant aux attitudes fluctuantes de Fudge envers lui ces trois dernières années. Il se demanda si Fudge savait qu'il avait disparu. Il se fit la note mentale d'écrire à Hermione ce soir.
« Tu sais ce qu'est la haine. Hais-tu ce Dudley ? » demanda Zen en s'enroulant et en ouvrant les yeux.
« Je suppose que non. Ce n'est pas de la haine que je ressens. Je ne peux juste pas l'identifier ! » Harry se frotta les yeux, jura en essayant de remettre ses lentilles et soupira de frustration. « Je suis juste tellement… tellement… »
« En colère ? » suggéra Zen d'une manière nonchalante en s'enroulant sur lui-même.
« Oui ! Je suis tellement en colère à cause de ce qu'il faisait ! De la manière dont il me traitait quand nous étions plus jeunes. » Harry se redressa, faisant siffler Zen de déplaisir, alors qu'il était obligé de changer de position. Harry donna un coup de poing au canapé et gronda. « C'est exactement ce que je ressens ! Je suis tellement en colère contre lui ! »
« Bouleversé, Harry ? » demanda Paul du pas de la porte. Harry redressa la tête, légèrement embarrassé que Paul l'ait vu dans une colère.
« Non » répondit-il. Zen siffla, commençant à lui faire la morale sur le fait qu'il devrait exprimer certains de ses sentiments à un autre humain et ne pas les garder pour lui. Pour seule réponse, Harry remit Zen dans sa cage.
« Attends que je sorte de là ! Je vais te faire souffrir ! » promit Zen à Harry de sa cage.
« Prends un numéro ! Tu ne seras que le numéro vingt-trois. Tu penses que tu peux attendre aussi longtemps ? »
« Est-ce que Zen et toi, vous vous disputez ? » demanda Paul, complètement perplexe. Il semblait vraiment étrange d'entendre des sifflements qui sonnaient tellement en colère, bien qu'il ne s'explique pas comment il pouvait dire que c'était de la colère… c'était complètement au-delà de ses capacités de raisonnement pour le moment.
« Non ! » répondit sèchement Harry. Il vit le visage de Paul et regretta son action. Couchée, la colère, couchée !
« Je ne suis pas sûr de ce qui te met dans cet état, ou de ce que Zen et toi disiez, mais je n'apprécie pas qu'on me parle sur ce ton » dit Paul en prenant son siège. Harry se laissa tomber sur le canapé et cacha son visage dans ses mains.
« Je suis désolé, Paul » dit-il en essayant de ranger le désordre qu'était son esprit au sujet de Dudley. « Je ne voulais pas te parler comme ça. Je suis juste confus. » Paul haussa un sourcil et attendit qu'Harry continue. « Mon cousin m'a envoyé une lettre. » Paul acquiesça, chercha dans son frigo et offrit à Harry une bouteille de jus de fruit. Harry la prit et la posa à côté de lui. « Il m'a demandé si je le haïssais. »
« Est-ce le cas ? » demanda Paul. C'était quelque chose au sujet de sa famille ! Quelque chose sur quoi Harry avait hésité à parler et il pourrait à présent être prêt à l'aborder maintenant que le sujet était enfin mentionné.
« Non, répondit Harry d'une petite voix. C'est ce dont Zen et moi parlions. Il m'a aidé à le comprendre. Je ne l'aime pas. Je suis juste vraiment, vraiment en colère contre lui, expliqua-t-il. Furieux. » Les poings d'Harry se serrèrent et il soupira.
« Pourquoi ? » La simple question frappa Harry comme une gifle. Harry se leva et alla vers la fenêtre. Il regarda les feuilles qui changeaient de couleur et fronça les sourcils. Un millier de choses défilèrent devant ses yeux quant aux raisons pour lesquelles il était tellement en colère contre son cousin. Il n'était pas sûr de pouvoir dire à Paul tout ce qu'il voulait dire. Ce serait trop dur de tout raconter. Ca faisait mal rien que d'y penser. Il souhaita pouvoir juste montrer à Paul ce qu'il avait subi. Il prit plusieurs profondes inspirations pour se calmer. Mais chaque inspiration ne sembla qu'alimenter sa colère. Il ne vit pas Zen s'enrouler sur son rocher chauffant, ni ne l'entendit murmurer qu'il avait froid.
« Petit ? » Paul mit une main sur l'épaule d'Harry et le fit se retourner. Le garçon regarda dans les yeux de Paul. Celui-ci y vit la douleur de ce que son cousin avait fait. « Qu'as-tu besoin de me dire ? » Quelque chose se passa à cet instant, comme si quelque sorte de permission avait été donnée à Harry. C'était comme une projection de diapositives jouant juste devant ses yeux. Il vit des images d'un garçon blond assez gros tourmentant un enfant au moins trois fois plus petit que lui. Il devina que le plus grand était Dudley, alors que le petit était… Harry ! Que voyait-il ? Et, plus important, comment ? Plusieurs autres images passèrent devant ses yeux avant qu'il ne sente une petite poussée derrière ses yeux. Il cligna des yeux et les images disparurent. Etrange.
Une respiration tremblante le ramena à lui. Il baissa les yeux pour trouver Harry à genoux s'enlaçant les épaules. Il prenait de lourdes et profondes respirations. Paul hoqueta quand il sentit l'air froid l'entourant et il réalisa qu'il pouvait voir la respiration d'Harry. Il se mit sur un genou et prit Harry dans ses bras. « Ca va, Harry. Ca va » murmura-t-il au garçon tremblant. Harry ne fit que secouer la tête et fermer les yeux contre la lumière se déversant par la fenêtre. « Ca va. »
« Pourquoi devait-il me faire du mal ? » murmura Harry alors qu'il luttait pour retrouver le contrôle de son propre corps. Que se passait-il ? « J'ai essayé d'être gentil avec lui ! Il m'insultait et s'assurait que je ne pouvais pas me faire d'ami à l'école ! Il me faisait faire ses devoirs. Il me faisait mal. » Paul resta silencieux. Que pouvait-il dire ? L'autre garçon était un tortionnaire fini. Il ne blâmait pas Harry pour ressentir ce qu'il ressentait. « Je voulais juste être son cousin et il m'a marché dessus. Une famille. » Harry serra à nouveau les poings alors que sa colère remontait. « Il m'a fait mal. Pourquoi ? Qu'est-ce que je lui ai jamais fait ? » Paul savait qu'Harry avait juste posé une question rhétorique et n'attendait pas de réponse.
Paul tint Harry jusqu'à ce que sa respiration se calme et que de légères larmes coulent de ses yeux. Le froid commença à disparaître alors qu'Harry luttait pour se contrôler. « Lâche-toi, petit. Tu as le droit d'être bouleversé et tu as le droit d'être en colère. Il n'y a pas de mal à ressentir ça. » Harry acquiesça contre l'épaule le Paul et prit une profonde inspiration. Il resta contre Paul quelques secondes avant de se pousser.
« Je pense que ça va maintenant » dit-il à Paul en se redressant. « Merci. »
« Toujours en colère ? » demanda Paul. Il ouvrit la bouteille de jus de fruit d'Harry, lui faisant signe qu'il devrait en boire un peu. Harry prit une longue gorgée et acquiesça.
« Toujours en colère » confirma Harry en s'essuyant le visage. « C'est plus gérable maintenant, expliqua Harry. Plus calme d'une certaine manière. » Paul sourit et acquiesça. « Je pense que je sais quoi lui dire. »
« Bien. Assure-toi de lui dire que tu es en colère contre lui. Vous deux ne serez pas capables d'avoir une bonne relation, ou une relation de quelque sorte, sans que tu lui dises tes sentiments et vice versa. » Paul fit signe à Harry de boire plus.
« Je suis sensé lui dire ça ? » Harry eut un reniflement amusé. « Dudley ne va pas aimer. » Harry prit une gorgée de sa boisson.
« Oui, et bien, s'il veut être ton ami, il apprendra à vivre avec. » Paul se leva et aida Harry à faire de même. « On dirait que Zen est très contrarié après toi. » Harry regarda la cage avec un sourire de regret. « Je pense qu'il s'égaiera si tu lui offres une souris. »
« Vraiment ? » demanda Harry. Paul ne fit que sortir une petite boite et la tendre à Harry. Celui-ci ouvrit la cage et sourit à Zen.
« J'attends que mon numéro arrive. » Si les serpents pouvaient renifler de dédain à quelqu'un, Zen parvint à le faire à Harry. Le garçon sourit à son ami serpent.
« Je voulais m'excuser. Je suis désolé de t'avoir crié dessus. » Zen prétendit ignorer Harry. « J'ai une souris pour toi. » Les yeux rouges de Zen se portèrent sur Harry. Il semblait que tout pouvait être réglé par l'offre d'une souris.
« Une souris ? » demanda-t-il d'une voix excitée. « Vraiment ? » Harry ouvrit la boîte et relâcha la souris dans la cage.
« S'il te plaît, ne la mange pas devant moi » dit Harry en replaçant le couvercle de la cage. Paul mit un linge dessus et murmura : « Juste au cas où »
« Ici, souris, souris, souris. »
Harry luttait pour rester éveillé sur son devoir d'Enchantement. Oui, il savait que les sorts d'animations étaient une série importante de sorts dans des domaines très variés, mais il n'arrivait pas à rassembler l'enthousiasme nécessaire pour finir la dissertation. Les sorts d'animation semblaient vides après avoir fait face à Voldemort. Merde, tout semblait inutile après avoir fait face à Voldemort. Ses yeux se fermèrent sans son accord et sa tête descendit lentement pour venir reposer sur son bureau.
« Où étais-tu ? » demanda Voldemort. Harry ouvrit les yeux et lutta pour s'empêcher de tressaillir devant la colère dans la voix de Voldemort. Il espéra qu'il se sortirait de ce rêve en vie. Il se releva.
« Je n'avais pas le choix, dit Harry en faisant face à Voldemort. Ils m'ont drogué. Je me suis juste endormi avant que les médicaments du soir n'arrivent. » Voldemort sembla considérer pendant un moment ce qu'Harry avait dit.
« Les professeurs moldus te droguent ? » demanda Voldemort, regardant Harry de manière spéculative. Il agita sa baguette et la cheminée dans la pièce s'alluma.
« Mes cauchemars 'dérangent les autres élèves.' » cracha-t-il en croisant les bras. Harry mit un peu de colère dans sa voix. Il était un acteur et il avait besoin de convaincre Voldemort qu'il était contrarié par le traitement qu'il recevait entre les mains des professeurs Moldus. « Maintenant, ils m'enfoncent les pilules dans la gorge toutes les nuits pour s'assurer que je ne rêve pas. » Harry se frotta le visage et soupira. « J'ai essayé de leur dire que j'allais bien et que je n'en voulais pas, mais ils ne m'écoutent pas. Je n'avais pas vraiment le choix. »
« Dois-je te rappeler notre arrangement ? » siffla Voldemort. Harry n'avait pas besoin qu'on lui rappelle. Il savait ce dont était capable Voldemort et ce qu'il était prêt à faire. Ils avaient une trêve tacite. Harry se soumettrait aux leçons de Voldemort et celui-ci laisserait ses amis tranquilles… pour le moment. Harry pouvait vivre avec cet accord, bien qu'il ne l'aimât pas du tout. Faire un marché avec Voldemort était comme faire un marché avec les forces de la nature. Vous ne saviez jamais ce qui allait arriver. Il s'était fichu là dedans et il pensait qu'il pourrait apprendre quelque chose d'utile pour vaincre Voldemort. Il n'avait pas pensé que Voldemort lui ferait du chantage pour qu'il accepte des leçons complètes.
« Non, Monsieur, répondit Harry. Je trouverai un moyen d'éviter les médicaments » promit-il. En vérité, il n'avait pas pris un somnifère depuis quelques semaines maintenant, pas depuis que Sensei l'avait initié à la mère de toutes les leçons d'Occlumencie sans le savoir. Si Voldemort voulait croire qu'Harry n'avait pas été absent par choix, alors Harry voulait bien le laisser croire. Voldemort le regarda, mais accepta la déclaration comme étant vraie.
« Très bien, commençons. Sors ta baguette. » Harry sortit sa baguette et la tint. « Je crois que tu es prêt à commencer les sorts silencieux. Les mots ne sont pas nécessaires pour ce type de magie. Penses-y juste. Ne dis aucun sort. » Harry acquiesça et remarqua qu'une table et des chaises apparurent à côté de lui. Voldemort produit une plume et la mit sur la table. « Commençons petit. Fais léviter la plume. Pas de sort. » Voldemort prit une place et Harry s'assit en face de lui. Il pouvait faire ça, pas vrai ?
Harry avait appris quelques trucs sur Voldemort pendant ces petites leçons. Il avait la même patience que Snape envers ses élèves et aimait réprimander Harry autant que le Maître des Potions. Il aimait aussi vraiment enseigner, vu comme il devenait de plus en plus excité alors qu'Harry continuait à atteindre les buts qu'il lui avait fixés à chaque fois qu'ils se voyaient. Il ne retenait aucune punition si Harry échouait, mais ses compliments en cas de succès compensaient presque sa cruauté.
Presque. Harry continuait à se guérir avec sa magie sans baguette, mais il devenait incapable de guérir toutes ses blessures juste après. Ca, ou Voldemort reportait toute sa frustration à cause du fiasco du Chemin de Traverse sur Harry.
Ce fut pendant ces leçons qu'il commença à comprendre pourquoi certains trouvaient que Voldemort était un leader séduisant. Ses compliments étaient rares, mais quand ça arrivait, cela vous donnait un tel sentiment de fierté d'avoir réussi pour un maître tellement exigeant. C'était intoxiquant, une expérience presque grisante de savoir que quelqu'un avait été poussé à ses limites encore et encore et continuait à les dépasser.
Harry leva sa baguette et la pointa vers la plume, essayant de la faire léviter. Wingardium Leviosa pensa-t-il dans sa tête. Rien ne se passa. Un rapide coup d'oeil à Voldemort lui révéla qu'il était très impatient aujourd'hui. Wingardium Leviosa. Nan. Ce n'était pas bon. Il ferma les yeux et se concentra pendant quelques secondes, imaginant la plume s'élevant de la table. Il leva sa baguette à nouveau et ouvrit les yeux à temps pour voir la plume s'élever. « C'est ça ! » Voldemort abattit sa main sur la table. « Tu l'as fait. »
Harry fixa la plume avec étonnement. Avait-il réellement fait ce que Voldemort voulait ? Il remarqua que Voldemort semblait attendre quelque chose. Harry permit à la plume de vaciller, bien qu'il avait l'impression de pouvoir la tenir toute la nuit. Il ne voulait pas réussir trop, trop rapidement. Une majeure partie de ce jeu consistait à convaincre Voldemort qu'Harry n'avait pas de capacité extraordinaire du tout, qu'il était juste un enfant moyen jeté dans des circonstances étranges par l'interférence de tiers et un peu de chance. La première leçon avait été une sorte de hasard extraordinaire et Voldemort avait dit à Harry, quand il lui avait demandé au sujet de la lumière vive, que la magie fluctuait quelque fois et qu'il ne fallait pas s'en inquiéter puisque ce n'était plus arrivé. Harry n'avait pas dupliqué la couleur de la cible, mais quand il était dans sa salle mentale, loin de Voldemort, il l'avait fait à chaque fois avec peu d'efforts. Harry ne savait toujours pas ce que voulait dire la couleur, mais il pouvait toujours produire la même, seulement ça augmentait en luminosité et en intensité. Ses cibles ne supportaient pas très bien le traitement. Il se demanda ce que ça voulait dire.
Sa plume trembla dans les airs, probablement en résultat à ses pensées, avant de descendre doucement sur la table laquée. « Comment te sens-tu ? » La tête d'Harry se redressa vivement à la question. Voldemort n'avait jamais demandé après son état de santé sans un motif ultérieur. L'homme était un Serpentard après tout, et il utilisait toutes les bribes d'informations pour planifier. Harry décida de répondre honnêtement.
« Je suis un peu fatigué. » C'était vrai. Ces leçons l'épuisaient toujours et il avait été fatigué pour commencer.
« Il fallait s'y attendre. Tu viens juste d'accomplir de la magie très avancée » expliqua patiemment Voldemort. Harry avait l'impression de parler à un Remus Lupin psychotique. « La fatigue disparaîtra avec la pratique. Plus tu deviendras bon, moins tu te fatigueras. » Harry acquiesça et bailla un peu. « As-tu entendu au sujet du Chemin de Traverse ? » demanda Voldemort sur le ton de la conversation.
« Non » répondit Harry. Il savait de quoi parlait Voldemort. Il ne voulait juste pas l'admettre. « Est-ce qu'il s'est passé quelque chose ? » C'était mieux d'avoir l'air concerné. Le monde magique était la maison de Harry aussi.
« Quelque chose est arrivé à tous mes hommes, sauf Pettigrow et un autre. Il m'a rapporté que quelque chose était arrivé qui avait immobilisé tous mes Mangemorts et c'est tout ce qu'il a pu me dire. » Voldemort fixa la cheminée de la pièce. « La personne responsable découvrira pourquoi je suis tellement craint quand je le trouverai » jura Voldemort. Harry pensa à une question pour divertir les pensées de Voldemort. Il ne voulait pas faire face à un Seigneur des Ténèbres assoiffé de vengeance.
« Pourquoi les sorciers utilisent-ils une baguette ? Si nous pouvons faire des sorts silencieux, pourquoi avons-nous besoins d'une baguette ? » Voldemort adressa un regard suspicieux à Harry avant de décider que la question avait du mérite.
« Les baguettes nous aident à canaliser notre pouvoir. Les sorciers sans baguettes sont très rares. Je crois que Dumbledore est capable de faire un ou deux sorts sans sa baguette. Les enfants font de la magie accidentelle sans baguette. La différence entre les deux est que la deuxième n'est pas contrôlée du tout, alors que la première est lourdement maîtrisée. Personne n'est capable de fonctionner correctement sans baguette. Si nous faisions juste des sorts silencieux sans baguette, ces sorts réagiraient beaucoup comme la magie accidentelle de l'enfant. La magie ferait ce qu'elle voudrait sans canal. » Harry acquiesça pour montrer qu'il comprenait et fit un pacte mental avec lui-même que Voldemort ne découvrirait ni le livre de Bleys, ni le talent de magie sans baguette d'Harry. Harry avait appris une chose principale de Voldemort qu'il appliquait à chaque session : Ne pas révéler les avantages que vous pouviez avoir sur votre adversaire. « Tu as l'air éreinté. » Voldemort agita sa baguette et incanta un sort de sommeil. « Je te verrai bientôt. » Harry s'effaça vers sa chambre.
Harry se réveilla en sursaut, étonné de s'en être sorti sans un seul sort. Il compta ses bonnes étoiles qui avaient veillé sur lui aujourd'hui et retourna à sa dissertation. Il voulait la finir avant sa session avec sa tante aujourd'hui.
Harry leva la main pour toquer sur la porte de Paul quand il entendit la voix de Joe venant du couloir. Qu'est-ce qu'ils faisaient déjà là ? Tante Pétunia et Joe ne devaient pas arriver avant un moment. Il regarda sa montre et soupira. Oh, ils devaient arriver maintenant. « Pétunia, je n'arrête pas de vous le dire. Il ne va pas commencer à répondre avant un moment. Vous lui avez fait du mal quand il était enfant. Vous l'avez repoussé de manière répétée quand il avait besoin d'un adulte. Il ne va pas vous accepter sans le même nombre, voir plus, de répétitions que vous le voulez. Vous allez devoir être patiente. » Harry frappa rapidement à la porte et entra quand Paul répondit.
« Je suis là depuis quelques minutes » lui dit Harry en envoyant son sac dans un coin et en allant vers la cage de Zen. Paul ne fit que hausser un sourcil quand Harry sortit Zen et commença à bavarder.
« Bonjour Harry ! Qu'est-ce qui te trouble ? » demanda Zen alors qu'Harry s'installait sur le canapé. « Tu as un air sombre et je peux le sentir. » Zen lui adressa un regard assez intense pour un serpent.
« Zen, que ferais-tu si quelqu'un te disait que tu n'étais pas voulu toute ta vie, puis changeait d'avis et disait qu'il te voulait ? » demanda Harry. La porte s'ouvrit et Joe entra, pour ressortir immédiatement. Harry eut un sourire narquois.
« Je me demanderais pourquoi il a changé d'avis. Sais-tu pourquoi ? » demanda Zen en s'enroulant autour de la main d'Harry et soupirant alors que celui-ci commençait à le caresser. Paul regarda la porte close, puis Harry comme s'il demandait pourquoi Harry n'avait pas remis le serpent dans sa cage.
« Oui » répondit Harry.
« Ta tante ? » Harry acquiesça. « Tu dois oublier le passé. Elle veut prendre soin de toi maintenant. Laisse-la. » Harry soupira et caressa Zen à nouveau.
« Hey, petit ? » Harry regarda Paul. « Joe veut vraiment rentrer, mais Zen le terrifie. Tu veux bien le remettre à sa place ? » Harry acquiesça, se leva et alla vers la cage de Zen.
« Désolé, dit Harry en remettant le serpent dans son terrarium. J'avais juste besoin de lui parler pendant une seconde. »
« Je comprends. Il y a quelque chose dont tu as besoin de parler avant que Joe et ta tante ne rentrent ? » demanda Paul alors qu'Harry prenait une place sur le canapé et ramenait ses jambes contre sa poitrine. Position confuse et remplie de doute. Ce n'était pas bon
« Oui. Non, répondit Harry. Je ne sais pas. Il y a quelque chose. Rien. » Il haussa les épaules. « Peut-être plus tard. » Paul acquiesça et appela Joe.
« Bonjour, Harry » le salua Joe. Harry lui adressa un sourire.
« Bonjour, Harry » dit Pétunia. Harry la regarda quelques secondes avant de lui adresser un signe de tête.
« Ok, commençons. Devons-nous revoir les règles ? » demanda Paul alors qu'Harry se réarrangeait en une boule plus compacte. Paul tendit la main et remit les pieds d'Harry au sol. Harry lui adressa un regard noir. Il avait été confortable dans cette position, merci beaucoup !
« Non, je m'en souviens » répondit Pétunia. Harry acquiesça pour montrer qu'il s'en souvenait aussi. Il commença à remonter ses pieds, mais Paul l'arrêta avec une main rapide sur le tibia. Harry soupira et attira son coussin à lui. Paul le lui arracha et le lança dans un coin. Harry devrait passer entre Joe et Pétunia pour aller le chercher. L'adolescent manqua le regard que Joe et Paul échangèrent pendant qu'il réfléchissait à la manière de récupérer son coussin.
« Très bien, commençons, dit Joe. Nous avons parlé des règles que vous avez mises en place pour Harry, quand il était plus jeune. Harry, pourquoi ne nous dis-tu pas quelles règles tu aurais aimé avoir ? » Harry était toujours en train de deviner comment récupérer son coussin. Il essaya de remonter ses jambes, mais Paul le stoppa encore. Qu'est-ce que c'était, le jour du complot contre Harry ? Sa frustration éclata et il tendit une main et appela le coussin. Paul fronça les sourcils, Pétunia sursauta alors que Joe tomba de sa chaise.
« Est-ce que je ne t'ai pas dis que je ne voulais plus de magie sans baguette avant que tu n'ais compris les paramètres de ta capacité ? » demanda Paul, mais ça sonnait plus comme un ordre. Harry serra le coussin contre lui.
« Je l'ai compris. Je vais bien. » Paul prit une profonde inspiration avant de parler à nouveau.
« Comment ? » demanda-t-il. Harry sortit le livre de Bleys et le tendit à Paul. « Qu'est-ce qu'il y a écrit ? »
« C'est en fourchelangue. » Paul regarda le livre avant de secouer la tête.
« Je ne veux pas que tu fasses de la magie sans baguette pour le moment » dit Paul à Harry. Celui-ci le regarda avant de sauter et d'attraper son sac à dos. « Harry ! » Il se précipita hors du bureau et le long du couloir. Il vit Paul venir après lui. Il fit la seule chose qu'il pouvait faire : il courut. Il dit à l'employé où il allait et se dirigea vers le petit bois qui s'étendait sur un côté de la propriété. Il ajusta son sac à dos et grimpa à un arbre parmi les autres. Paul ne regarderait pas en l'air, n'est-ce pas ? Harry atteint la branche la plus haute qui avait l'air sûre et se blottit dessus. Il sortit le livre de Bleys et l'ouvrit.
Ne te soucie ni du passé, ni du futur. Ne te concentre que sur le présent. Le passé t'a façonné, mais il ne contrôle pas qui tu es ou ce dont tu es capable. Le passé ne te contrôlera que si tu le permets. Ne te concentre que sur le présent. Le futur change avec chaque moment qui passe. D'un moment à l'autre – qui sait ce que contient le futur ? Tu ne peux pas le contrôler. Ne te concentre que sur le présent.
Il ferma le livre et remonta ses jambes. Il ferma les yeux et appuya sa tête contre le tronc de l'arbre. Pourquoi tout était-il si bizarre ? Il avait pensé savoir où il se tenait. Maintenant, il n'en était pas trop sûr. Il se demanda si ce ne serait pas juste plus facile de retourner dans le monde magique. Tout ce que cela prendrait est un simple sort avec sa baguette. Des sorciers se montreraient si vite qu'il n'aurait pas le temps de changer d'avis. Il pourrait retourner là où il appartenait et serait en sécurité de Voldemort à Poudlard. Pourquoi avait-il fait ce choix ? Avait-il même réfléchi quand il avait pris sa décision ?
Il sortit son Mini-Messager et dit le mot de passe.
-Mi ? Tu es là ? Je pense que j'ai fait une horrible erreur. Je veux revenir à l'école. Je ne veux plus être là. J'ai fait de la magie sans baguette devant Paul et il s'est mis vraiment en colère et m'a dit qu'il ne voulait pas que j'en fasse. Je pensais qu'il comprendrait ! Il a toujours eu l'air fasciné quand je parlais fourchelangue, mais il n'aime pas la magie sans baguette. Pourquoi ? Il… il… ne comprend pas !
Harry ferma le livre et soupira en posant la tête sur ses genoux. Il ne sut pas combien de temps il resta assis là-haut jusqu'à ce que sa respiration se calme et que ces petits trucs mouillés (il refusait de les nommer pour pouvoir prétendre que ce n'était pas arrivé) finissent de tomber de ses yeux. Il se redressa et laissa pendre ses pieds. Il tomba presque de sa branche quand il entendit le bruit caractéristique de quelqu'un qui transplanait. Remus ne transplanerait pas ici. Il prenait habituellement le bus ou un taxi. Qui était-ce ?
Un visage familier fit qu'Harry s'accrocha au tronc et essaya de se fondre dans le feuillage avec sa chemise bleue. Le Maître des Potions de Poudlard marcha à travers le parking et sur la propriété de l'Académie St Jude.
Et un grand merci à Cyzia qui a eut l'extrême gentillesse de se proposer pour être ma bêta.
