Disclaimer : Vous n'êtes pas au courant ? Harry Potter et tous ses personnages appartiennent à JKR. Et pour ajouter à mon malheur, l'histoire appartient à Emma Lipardi, vu que c'est la traduction de la fic An Aunt's Love.


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- Pour ceux qui ont laissé une review signée, je vais utiliser leur nouveau système pour répondre, et vous devriez recevoir cette réponse dans votre boite mail (si j'ai tout compris comment ça marche)

- Pour ceux qui ont laissé une review anonyme mais m'ont mis leur adresse e-mail, je répondrai par e-mail.

- Pour les autres, je vais faire les réponses dans ma bio mais je les enlèverai quand je posterai autre chose.


« Je t'avais dit qu'il n'était pas encore prêt » dit Paul à Joe, alors que tous les deux se précipitaient dans le couloir après Harry. Paul secoua la tête et regarda autour de lui à la recherche de son patient. Il s'était attendu à une sorte de réaction émotionnelle, mais pas à cette fuite. Lui et Harry avaient parlé des barrières plus tôt, cette semaine. Il semblait qu'Harry ne soit pas encore prêt à les laisser tomber.

« Je ne pensais pas qu'il réagirait d'une telle manière à la présence de sa tante » répondit Joe, alors que lui et Paul tournaient à un coin. Les deux thérapeutes et Pétunia avaient parlé de la manière dont ils allaient briser quelques-unes des barrières d'Harry vu qu'il ne s'ouvrait pas comme il aurait dû. En fait, Paul et Joe avaient tous les deux remarqué que le garçon se refermait. Briser une barrière leur donnerait l'appui dont ils avaient désespérément besoin. « Je pensais qu'il lui ferait assez confiance pour au moins marcher à côté d'elle ! » Paul et Joe regardèrent dans deux couloirs différents pour voir s'ils pouvaient trouver Harry. « Allons vérifier dans sa chambre. » Paul acquiesça et désigna les escaliers.

« Tu sais ce que ça veut dire ? » demanda Paul en grimpant au troisième étage.

« Nous allons devoir commencer à avoir plus d'une session par semaine si nous voulons arriver quelque part » répondit Joe, soufflant derrière Paul dans les escaliers. Il avait besoin de faire du sport plus souvent. « Il n'est pas dans sa chambre » dit-il en vérifiant la pièce. Paul le dépassa et regarda sous le lit, dans le placard et dans la salle de bain, en particulier derrière le rideau de douche.

« Où a-t-il pu aller ? » demanda Paul dans le vide. Joe sursauta et se dirigea vers la porte.

« Sensei ! » lança-t-il par-dessus son épaule. Paul le considéra. Harry pourrait définitivement être avec lui vu qu'il semblait se sentir très en sécurité près de l'instructeur taciturne. Il avait trouvé Harry assis dans le bureau de celui-ci plus d'une fois. Ils atteignirent le gymnase pour ne pouvoir que grogner de frustration. Harry n'était pas là et Sensei ne l'avait pas vu.

« Deshi a disparu ? » demanda-t-il une fois qu'il vit leurs visages agités.

« Nous pensons qu'il est quelque part dans l'école, lui dit Paul. Il était un rien bouleversé. » Les yeux de Sensei s'étrécirent et son visage perdit toute expression. Si Paul n'avait pas vu Harry faire la même chose avant de rencontrer Sensei, il aurait juré que le professeur d'arts martiaux lui avait passé ce trait particulier. Peut-être qu'Harry avait montré à Sensei comment faire ça ?

« Si vous avez fait du mal à deshi… » Sensei laissa sa phrase en suspens en passant la porte, sa voix promettant des méthodes de douleurs que Paul ne voulait jamais expérimenter. « Deshi aime être seul. Vous avez vérifié sa chambre ? »

« A l'instant » répondit Paul. Sensei ne fit que grogner.

« Toi, le théâtre, dit Sensei à Paul. Toi, la salle d'art, dit-il à Joe. Je vais voir à la bibliothèque. Rendez-vous à l'escalier principal après, avec ou sans le garçon » ordonna-t-il. Joe et Paul détalèrent pour suivre leurs instructions. Ils devaient trouver le garçon.


Harry s'accrocha à son arbre, essayant de deviner ce qu'il devrait faire. Snape était juste là. Il pourrait le rattraper et, bien que Snape ne l'aime pas, il le ramènerait à Poudlard, sans poser de question. Il attendit trop longtemps. Snape disparut dans le bâtiment, laissant Harry dans l'arbre et seul avec ses pensées. S'il voulait retourner à Poudlard, pourquoi avait-il hésité quand Snape était apparu ? Pourquoi ne s'était-il pas montré, au lieu de rester dans l'arbre ? Pourquoi était-il si confus ? Il appuya sa tête contre le tronc et eut un sourire un peu narquois en se souvenant de la règle de son enfance. Ils ne regardent jamais en l'air. Il savait que Paul le cherchait probablement et il savait qu'il devrait rentrer, mais il savait que Pétunia pouvait prendre soin d'elle, même si elle voyait Snape. L'homme n'aurait pas une chance contre elle.

« Harry ? » Harry ouvrit les yeux et regarda en bas pour voir sa tante se tenir sous l'arbre. « Veux-tu descendre, s'il te plait ? » Harry se frotta les yeux, jura quand sa lentille glissa et soupira.

« Comment as-tu su que j'étais là ? » demanda-t-il. La lentille se remit enfin à sa place et il cligna plusieurs fois des yeux. Pétunia lui adressa un regard étrange avant de lui adresser ce qu'Harry appelait son sourire 'je t'ai élevé.'

« Tu finissais toujours dans des arbres quand tu étais plus jeune » lui dit-elle.

« Seulement parce que Dudley me chassait là-haut » lui dit-il sèchement, un peu de sa colère précédente revenant à la surface.

« Un point pour toi, lui dit-elle. Dudley, pourtant, a toujours été jaloux de ta capacité à grimper dans les arbres. » Harry changea de position pour pouvoir pendre de la branche et la regarder en même temps. Elle le regarda avec un regard étrange. « S'il te plaît, descends. » Harry sécurisa son sac de livres et glissa le long des branches jusqu'à ce qu'il atteigne la dernière (il n'avait aucune idée de la manière dont il avait même réussi à l'atteindre pour pouvoir grimper) et se laissa tomber.

« Je suis en bas » lui dit-il, tenant ses bras à ses côtés comme pour essayer de dire 'Me voilà, et maintenant ?'

« Merci. » Harry acquiesça. Et bien, c'est assez gênant. « Je veux juste que tu saches que le coussin était mon idée. » Il la regarda d'une manière qui disait 'et alors ?'

« Pourquoi ? » demanda-t-il. Il s'appuya contre l'arbre, un pied sur le tronc et l'autre au sol. Il croisa les bras et la regarda de haut.

« Les barrières. » Harry comprenait ce qu'elle voulait dire par ça. Paul, Joe et lui avaient brossé le sujet plusieurs fois.

« J'aime mes barrières où elles sont, merci, lui dit-il d'un ton égal. S'il te plaît, reste loin d'elles. » Harry se demanda si ce serait le bon moment pour lui dire que Snape était entré dans le bâtiment. Plus important, comment Pétunia était-elle sortie sans que Snape ne la voie ?

« Je comprends ça, mon chéri. » Harry s'immobilisa au terme d'affection de sa tante. Ce n'était juste pas supposé arriver. Avait-il glissé dans une dimension alternative ? « Tu veux marcher un peu ? » Elle fit un geste vers les arbres. Harry étendit ses sens, mais ne sentit rien. Il n'y avait pas d'intention mauvaise dans sa suggestion d'une balade. Il aimait être dehors. Ca pourrait marcher. Il acquiesça et prit le rythme de sa tante, gardant cinquante centimètres de distances entre eux deux. Il pouvait courir si besoin, mais sa tante ne lui avait jamais fait de mal au-delà de la tape sur sa main quand elle était quelque part où elle n'était pas supposée être. C'est vrai qu'il en avait eu plus que Dudley, mais même la main de son cousin avait été tapée une ou deux fois quand ils grandissaient. Ils marchèrent en silence pendant un moment. Harry n'allait pas faire le premier pas.

« Peut-être que nous avons fait ça de la mauvaise manière » médita Pétunia. Harry ne lui répondit pas. « Nous avons essayé de réparer quelque chose que nous n'avons jamais vraiment eu. » Harry lui adressa un regard. Elle marcha quelques minutes de plus avant de s'arrêter. Harry remarqua qu'elle mâchouillait sa lèvre inférieure, quelque chose qu'Harry ne l'avait jamais vu faire. Ca lui rappelait un peu Hermione. « Tu n'as rien à dire ? » lui demanda-t-elle.

« Pas vraiment. »

« Il doit y avoir quelque chose que tu aimerais dire sans audience » répliqua-t-elle. Oh, si seulement elle savait ! « C'est le cas. Je peux le voir sur ton visage. » Elle lui adressa un sourire narquois. Harry fit disparaître toute expression de son visage avant de lui rendre son regard.

« Ca ne veut pas dire que tu entendras jamais ce que j'aimerais dire » lui dit-il, sa voix impassible et sans expression.

« J'aimerais que tu me le dises » dit-elle en tendant la main pour prendre la sienne. Harry se recula un peu et elle laissa tomber sa main. « J'aimerais que tu me cries dessus, que tu hurles, ou quelque chose. Ce serait mieux que ce masque que tu portes. » Elle permit à sa frustration de filtrer dans sa voix.

« Peut-être que je ne veux pas que tu saches ce que je ressens. » Il s'arrêta et regarda une plante que son professeur de sciences lui avait montrée la semaine précédente. « En plus… » Harry se coupa. Il ne voulait pas qu'elle sache !

« En plus quoi ? » Elle avait remarqué qu'il était sur le point de dire quelque chose et avait bondi dessus.

« Rien. » Harry avança un peu. Les mots que sa tante prononça ensuite l'arrêtèrent net.

« 'En plus tu t'en fiches de toute façon ?' » demanda-t-elle. Ce n'était pas tout à fait ce qu'Harry avait voulu dire, mais c'était proche. De manière terrifiante. Il allait dire 'en plus, tu t'en ficherais de toute façon. Tu ne t'en es jamais soucié auparavant' avant de s'arrêter.

« Tu ne t'en es jamais soucié auparavant » gronda-t-il. Il décida que cette petite virée en famille devenait un peu tendue et qu'il devait retourner à l'école. Snape était là, après tout. Harry devait protéger ses camarades du langage râleur. Pétunia ne lui répondit pas. C'était juste comme il le pensait. Elle ne tenait pas vraiment à lui. Elle faisait juste ça pour se sentir bien. Il eut un reniflement et recommença à marcher.

« Où vas-tu ? » demanda-t-elle.

« Loin de toi » répondit-il avant d'aller à grands pas vers le bâtiment, essayant de couper à travers les broussailles. Il pourrait réparer tout accroc dans ses vêtements par de la magie sans baguette. Ce qui se passa ensuite le choqua tellement qu'il ne put parler pendant quelques secondes. Pétunia tendit les bras et l'attrapa autour de la taille, le soulevant presque. Il savait qu'il était maigre, mais il avait gagné quelques centimètres et gagné un peu de poids depuis qu'il était à St Jude. C'était ridicule ! « Lâche-moi ! » commanda-t-il. Sa déclaration fut ignorée alors que Pétunia le ramenait dans la petite clairière parmi les arbres. Elle se laissa tomber au sol, l'attirant avec elle. Il essaya immédiatement de se remettre sur pied, mais elle le tint. « Laisse-moi tranquille ! » Pétunia l'attira plus près et passa un bras autour de ses épaules. Harry découvrit que sa tante était plus forte qu'elle semblait alors qu'il essayait plusieurs fois de s'éloigner d'elle. Ce n'était pas juste ! Il voulait juste retourner dans le bâtiment. « Laisse-moi partir ! » Il sentit une sensation familière grimper dans son estomac et sa gorge. La dernière fois qu'il avait ressenti ça c'était quand il avait craqué au sujet de Sirius. « Juste… juste… » Sa gorge se serra et il hoqueta pour respirer. Son cœur commença à battre la chamade et sa poitrine lui fit mal. Pourquoi cela faisait-il mal ?

« Ca va Harry » dit une voix près de lui. Ce n'était pas Paul. Harry ne put que secouer la tête. « Ca va aller. » Un étrange sentiment l'entoura. Qu'était-ce ?

« Ca ne va pas aller ! » Il repoussa la personne le tenant. Elle avait l'air vaguement familière. Sa tante ! C'était sa tante ! Il essaya de se lever, mais se sentit vidé et ne put finir sa tentative. « Pourquoi fais-tu ça ? » Il pouvait entendre la prière dans sa voix. Il voulait juste qu'elle le lâche.

« Parce que je m'inquiète pour toi » lui dit-elle. Il rit un peu, ce qui sonna hystérique à ses propres oreilles. Il se demanda si ça semblait pareil pour elle.

« Tu ne t'ais jamais inquiété pour moi ! » Il la poussa, essayant d'avoir de l'espace pour bouger, mais ça ne permit à sa tante que de l'attirer plus près. « Tu me détestais ! Tu ne voulais pas de moi ! Tu n'étais pas fière de moi. Tu m'as gardé dans un placard. Tu m'as transformé en esclave. Tu m'as traité comme un fardeau. Je n'ai certainement pas demandé à être né ! Je ne voulais pas que mes parents meurent, je ne voulais pas que Voldemort revienne et essaie de me tuer, et je ne voulais certainement pas ça ! » Il fit un geste vers sa cicatrice. « Je déteste être célèbre. Je déteste être un sorcier quelques fois, à cause de la manière dont ils me regardent tous. Je déteste être Harry Potter, Le-Garçon-Qui-Ne-Meurt-Pas, le sauveur du Monde Sorcier, le Petit Chien de Dumbledore. Je déteste vivre avec vous, parce que vous ne me comprenez pas et que vous n'avez jamais essayé de me comprendre. Je me déteste pour essayer d'avoir votre approbation toutes ces années, espérant juste que vous m'aimeriez, parce que vous ne m'avez jamais aimé ! » Harry perdait de son énergie à ce moment et arrêta de lutter contre les bras qui le tenait en place. « Ma famille ne m'aime pas. Personne ne m'aime » murmura-t-il. Il donna une dernière poussée symbolique avant de s'effondrer contre le corps à côté du sien. Il savait, intellectuellement, que c'était sa tante et pas une bonne personne sur qui s'appuyer, mais il ne pouvait pas se forcer à s'en soucier. Elle pouvait le bouger si elle voulait. Elle l'avait prouvé il y a quelques minutes. Il se frotta le visage, repoussant avec colère les larmes qui avaient d'une manière ou d'une autre émergées. Trois crises de nerfs en une journée. Il pensa que ça devait être quelque sorte de record à St. Jude.

« Ca va aller » lui chuchota-t-elle. Il secoua la tête. « Tout ira bien. Je ne laisserai personne te faire du mal. Plus maintenant. »

« Même Oncle Vernon ? » demanda-t-il d'une voix timide. Sa tante ne lui avait jamais vraiment fait de mal à part les tapes sur la main que même Dudley avait reçues, mais Vernon avait la main plus lourde que Pétunia. Celle-ci se raidit à côté de lui, ce qui le fit se tendre, se préparant à courir.

« Est-ce que Vernon t'a fait mal ? » demanda-t-elle, caressant ses cheveux. Harry ne s'embêta pas à lui dire que Rick serait contrarié si c'était mal coiffé.

« Une ou deux fois. Pas trop fort. » Oh, c'était agréable. Ses yeux se fermèrent de plaisir. Sa tante pouvait continuer comme ça pour le reste de la journée si elle voulait. C'était différent de la manière dont Voldemort lui avait caressé les cheveux avant que les leçons ne commencent.

« Il ne te fera plus de mal. Pas plus que Dudley » lui dit sa tante. Harry en doutait.

« Tu n'es pas en colère ? » demanda-t-il. Il n'avait pas réalisé qu'il aurait pu facilement se lever s'il avait voulu.

« Non Harry. Je ne suis pas en colère. Pourquoi le serais-je ? » dit-elle en lui prenant la main.

« Je t'ai dit toutes ces choses… » lui rappela-t-il. Elle haussa les épaules.

« Je t'ai demandé de le faire » dit-elle avec un sourire.

« C'était un coup bas ! » se plaignit-il un peu. Pétunia ne fit que lui sourire narquoisement.

« Ca a marché, n'est-ce pas ? » Harry dut concéder que ça avait marché. Ca ne voulait pas dire qu'il aimait ça. « Je suis d'accord avec quelques-unes de tes déclarations. Nous n'avons jamais essayé de te comprendre. Nous t'avons traité horriblement. Tu n'as pas demandé à être né et tu n'as pas demandé tout ce qui t'est arrivé. » Harry acquiesça. Il savait qu'il avait raison. « Mais » Harry savait qu'il y aurait un 'mais' « j'aimerais pouvoir te demander ton pardon. Je ne peux pas me résoudre à le faire. Je ne le mérite pas. » C'était foutrement vrai qu'elle ne le méritait pas ! « Je ne te demande pas d'oublier tout ce que je t'ai fait. Je ne pourrais pas. » Elle serra un peu sa main et continua à lui caresser les cheveux. « Je ne peux que demander que tu me donnes une chance d'essayer de fixer une très grosse erreur que j'ai faite. Tu n'as pas à me donner cette chance. J'espère seulement que tu le feras. » Elle s'arrêta là, comme si elle mesurait sa réaction.

« Quoi ? » demanda-t-il quand il réalisa qu'elle l'attendait. Elle tourna la tête de son neveu pour qu'il lui fasse face.

« J'espère que tu me donneras une chance de te montrer combien je t'aime. » Harry regarda dans ses yeux et vit quelques scènes qu'il savait ne pas devoir voir. Il n'avait même pas pensé à un sort ! Il la vit lui sourire quand il était bébé, un souvenir de Vernon lui disant ce qu'il ferait, et elle le regardant dormir. Il était jeune alors, il ne savait pas quel âge il avait, mais il n'était plus un bébé. Pourrait-elle vraiment dire la vérité ? Pourrait-il lui faire confiance ? Il regarda autour de lui, désespéré que quelqu'un vienne le secourir. Il ne pouvait pas faire ça. Il ne pouvait pas s'ouvrir à elle, seulement pour lui permettre de le détruire plus tard. Pouvait-il ? Elle attendait toujours sa réponse. Il acquiesça, des larmes apparaissant dans ses yeux. Qu'est-ce qu'il se passait avec ses émotions ? Il était tout chamboulé aujourd'hui. Pétunia l'attira vers elle et Harry enfouit son visage dans son épaule.

C'était… différent. Il se demanda si sa mère aurait été comme ça, si elle avait vécu. Un sentiment chaleureux s'installa dans sa poitrine alors qu'il pleurait. Elle lui frotta le dos, quelque chose que seule Madame Weasley avait fait quand il s'était réveillé d'un cauchemar une fois au Terrier. Quelque chose en lui lui dit que c'était ce qui lui avait manqué toute sa vie. Ses larmes se calmèrent et le sentiment chaleureux grandit. Crise numéro quatre faite. Aurait-il une plaque pour le plus grand nombre de crises ? Il espérait. Ca avait été beaucoup de travail. Il s'éloigna et elle le laissa faire cette fois-ci. « Ca va mieux ? » demanda-t-elle. Harry acquiesça un peu. « Bien. » Elle se leva et s'épousseta avant de tendre la main pour l'aider à se relever. Harry la regarda une seconde avant de la prendre. Il se remit sur pied et regarda partout sauf sa tante. Il n'était qu'un peu embarrassé par ce qu'il s'était passé. Ok, il était extrêmement embarrassé ! « Retournons voir Paul. Il doit être hystérique. Il a perdu deux patients maintenant. » Il ricana à l'image d'un Paul hystérique. Paul devenait hystérique s'il n'y avait plus de spaghetti à la cafétéria.

Ils commencèrent à rentrer tous les deux vers le bâtiment. « Tante Pétunia ? » Elle le regarda. « Tu ne diras rien de tout ça à Oncle Vernon, n'est-ce pas ? » Il savait qu'il avait l'air d'avoir pataugé dans une flaque de boue à ce moment, entre le fait d'avoir pleuré plus d'une fois et les bois.

« Je ne lui dirais pas, aussi longtemps que tu ne lui dis pas comment mon derrière s'est sali. » Harry la fixa.

« Tu as dit 'derrière' » dit-il avec incrédulité. Elle ne fit que secouer la tête.

« Et comment crois-tu que je l'appelais quand tu était petit ? Quand je t'entraînais au pot ? »

« Que devrais-je faire pour m'assurer que tu ne mentionnes plus jamais un sujet aussi embarrassant en public ? Particulièrement autour de mes amis ? » Elle lui adressa un sourire qui lui rappela Hermione quand elle se sentait particulièrement malicieuse.

« Je ne suis pas sûre. Humm ? » Elle eut l'air plongée dans ses pensées. « Et si nous faisions un marché ? Si je fais quelque chose qui te bouleverse, qu'importe ce que c'est, tu me le diras. En échange, je ne mentionnerai rien à personne de tes jours de bébé. »

« Etends-le à toute l'enfance et nous avons un marché. »

« Je ne sais pas, éluda-t-elle. Il y a cette fois où tu as coloré les cheveux de ta maîtresse en bleu. Je pense que c'est une histoire particulièrement amusante. Je suis sure qu'Hermione l'aimerait. »

« Hermione est juste une amie. En plus, ma maîtresse était mieux avec les cheveux bleus de toute façon. » Harry réfléchit à la tentative de négociation de Pétunia. Elle avait dit personne. Il supposait que ça incluait la presse. « Très bien, je suis d'accord. Je te ferais savoir ce que je ressens, mais tu devrais faire la même chose si je fais quelque chose qui t'émeut. »

« Est-ce que ton utilisation de l'argot compte ? » Il secoua la tête.

« Pas moyen. Tu ne peux pas toucher à l'argot. » Pétunia acquiesça.

« Marché conclu. » Elle lui adressa un sourire. Il lui ouvrit la porte et lui permit d'entrer la première. Il fit un signe à l'employé de l'accueil, qui sembla choqué de voir Harry si sale. Donc les broussailles avaient une couche de boue sur elles. La belle affaire. Sa tante avait l'air presque aussi mal. Des voix venant du couloir le fit s'immobiliser.

« Vite » lui dit-il en la poussant vers la cafeteria vide. Pétunia lui permit de la conduire hors du Hall principal et de la cacher avant de demander ce qui n'allait pas. « J'ai oublié de te dire que Snape était arrivé quelques minutes après que je sois monté dans l'arbre. » Pétunia haussa les sourcils mais ne dit rien.

« Deshi ! » Harry se retourna en entendant la voix de Sensei. Celui-ci arriva en se précipitant hors des cuisines avec un pot de la glace préférée d'Harry, menthe avec des morceaux de chocolat, dans les mains et un employé de cuisine irrité sur les talons. « C'est pour deshi ! » expliqua-t-il, évitant l'homme en colère. « Deshi ! Attrape ! » Sensei envoya le récipient en lob et s'en alla vers le couloir principal. L'employé, qui s'appelait Richard si Harry s'en souvenait bien, haussa simplement un sourcil dans sa direction. Le garçon lui rendit la glace.

« Vieux fou » grommela Richard dans sa barbe. Harry eut un reniflement et alla vers la fenêtre. Snape s'éloignait sur le chemin et loin du bâtiment de l'école. Phew. C'était chaud.

« Est-ce qu'il est parti ? » demanda Pétunia. Snape transplana à ce moment là.

« Oui. Il vient juste de s'en aller. » Harry relaxa un peu ses épaules et se tourna pour faire face à sa tante.

« Bien. J'aurais eu du mal à venir te voir à Poudlard, lui dit-elle avec un sourire. Allons retrouver Paul. »

« Trop tard, dit celui-ci du pas de la porte. Je vous ai trouvé. » Paul entra dans la pièce et se mit sur un genou devant Harry. « Je ne voulais pas te bouleverser, Harry, ou te donner l'impression que je n'aimais pas ta… » Il s'immobilisa et regarda autour de lui. Il n'y avait que Joe, Pétunia et Harry. « magie. Je suis assez intrigué par ça. Je ne sais juste pas comment t'aider si quelque chose devait t'arriver pendant que tu l'utilises, expliqua-t-il. Je ne veux pas qu'il t'arrive quelque chose. » Harry regarda Paul quelques secondes avant de répondre.

« Tu vas juste devoir me faire confiance. Je te traduirai mon livre pour que tu saches ce que je lis, si tu veux. Je n'essaierai pas encore quelque chose comme le Chemin de Traverse. Quoi que je fasse, ce sera quelque chose de petit. Je sais que tu ne me croiras pas quand je dirai ça, mais je hais l'infirmerie. » Paul sourit un peu.

« Très bien. Je te ferai confiance là-dessus. Mais s'il te plait ne me provoque pas une nouvelle crise cardiaque comme quand… » Il s'arrêta et regarda Harry de haut en bas. « Qu'est-ce qui t'est arrivé ? »

« Heu… Des bois. Des arbres. De la saleté. Rien de grave » répondit-il à Paul. Celui-ci regarda alternativement Pétunia et lui.

« Très bien. Pétunia, comment l'avez-vous trouvé ? » L'interpellée ne fit que secouer la tête.

« C'est notre secret, lui dit-elle. Le mien et celui de Harry. » Paul haussa les épaules et écarta les mains désespérément.

« Qui suis-je pour me tenir au milieu de vos secrets ? Harry, pourquoi ne vas-tu pas te nettoyer ? » Harry acquiesça et s'éloigna. Pétunia le serra brièvement dans ses bras quand il passa. Il allait lui falloir quelque temps pour s'habituer à cette version affectueuse de Pétunia. Il lui adressa un sourire embarrassé et s'éloigna. Il allait lui falloir longtemps. Les sentiments chaleureux étaient de retour. Il se sourit à lui-même et se précipita vers sa chambre. Il se demanda si sa tante savait jouer aux échecs. Il ouvrit sa porte et s'immobilisa quand il vit un rouleau de parchemin posé sur son lit, attaché par un ruban vert. Il tendit une main tremblante et le prit, tirant sur le ruban pour relâcher le rouleau.

Potter,

J'ai promis au directeur que je vous ramènerai à Poudlard si je vous voyais. Félicitation pour ne pas avoir été vu. Je ne peux que supposer que nous nous sommes juste manqués. Vous pouvez rester assuré que votre sanctuaire parmi les Moldus n'a pas été révélé, ni que je ne le révèlerai à moins que ce ne soit une urgence. En fait, si ce n'avait pas été pour le livre de sorts laissé sur votre bureau, je n'aurais jamais su que c'était votre chambre. Heureusement, le guide m'a laissé un moment dans le couloir, moment que j'ai prolongé à l'aide d'un petit sort pratique pour pouvoir écrire cette note. Poudlard est si paisible sans vous pour y causer des problèmes. Les jumeaux Weasley, pourtant, ont été remplacés par un assez bon groupe d'élèves dont l'identité est toujours inconnue. Ce groupe d'élèves a réussi à faire annuler les classes pendant toute une journée à cause des blagues qu'ils ont mises en place. Je suis sûr que vous le savez déjà parfaitement. S'il vous plaît, dites à Mademoiselle Granger que les feux d'artifices dans les cachots étaient parfaits et que je ne descendrai pas ses notes vu qu'aucun de mes ingrédients n'a été contaminé. Je devrai trouver un autre moyen. Essayez de rester loin des ennuis. J'ai beaucoup d'expériences importantes à venir et je ne veux pas qu'elles soient interrompues.

SS.

Harry ne put s'empêcher de répondre à la lettre. Il attrapa un stylo et écrivit un court message.

-Les ennuis me trouvent habituellement. Je ne les cherche pas.

Il eut le choc de sa vie quand la lettre lui répondit.

-J'en ai bien conscience.

Les yeux d'Harry s'écarquillèrent devant la réponse.

-Professeur Snape ?

-Non, Potter. C'est le Père Noël.

-C'est une image dérangeante.

-A présent, je saurais ce qui vous donne des cauchemars.

-En fait, non. Je connais une meilleure image (frissonne)

-Quoi ?

-Voldemort en tutu.

-Vous avez l'esprit dérangé, Potter.

-Ce doit être toutes ces fumées de potions.

-Ha, ha.

-Je pense que je viens de mourir. Le Professeur Snape vient de rire.

-Oh, j'ai accompli le rêve du Seigneur des Ténèbres. J'ai réussi à tuer le Survivant.

-Depuis quand sommes-nous capables d'avoir une conversation civile ?

-Vous avez des standards de conversation très bas.

-Et bien comment appelez-vous ça ?

-Des commentaires spirituels de ma part, des phrases sans sens de la votre.

-Vous avez déjà dit que j'avais un esprit.

-Mon erreur.

-Hey !

-Ah, de l'indignation adolescente. Je savais que vous aviez ça quelque part en vous.

-Pourquoi avez-vous laissé ce parchemin ici, enchanté comme ça ?

-Au cas où vous auriez besoin d'un sorcier. A présent, aussi éblouissante que soit cette conversation, j'ai peur d'avoir d'autres sujets qui m'attendent. N'utilisez PAS ceci pour autre chose que pour une urgence.

-Oui, monsieur. Merci. Vous savez ce que ça veut dire ?

-Vous êtes capable de suivre des instructions simples ?

-Ca et vous êtes un peu inquiet pour moi.

-Je n'ai pas dit ça.

-Je sais.

Harry enroula le parchemin et le mit dans le tiroir de son bureau. En cas d'urgence. C'était une idée géniale. Snape avait eu une idée géniale. Harry jeta un rapide coup d'œil en l'air, juste pour s'assurer que le ciel ne tombait pas. Il était en sécurité. Le ciel était toujours à sa place.


Et un grand merci à Cyzia qui a eut l'extrême gentillesse de se proposer pour être ma bêta.