Disclaimer : Vous n'êtes pas au courant ? Harry Potter et tous ses personnages appartiennent à JKR. Et pour ajouter à mon malheur, l'histoire appartient à Emma Lipardi, vu que c'est la traduction de la fic An Aunt's Love.


Ce site n'autorise plus les auteurs à mettre les réponses aux reviews dans les chapitres, et vu comme on sait comme ils peuvent être pointilleux... Voila comment je vais faire :

- Pour ceux qui ont laissé une review signée, je vais utiliser leur nouveau système pour répondre, et vous devriez recevoir cette réponse dans votre boite mail (si j'ai tout compris comment ça marche)

- Pour ceux qui ont laissé une review anonyme mais m'ont mis leur adresse e-mail, je répondrai par e-mail.

- Pour les autres, je vais faire les réponses dans ma bio mais je les enlèverai quand je posterai autre chose.


Harry se réveilla par palier. En premier fut le sens de l'ouïe alors qu'un feu craquait près de lui. Il entendit des chants d'oiseaux quelque part pas loin et il entendit sa propre respiration. Le second sens fut le sens du toucher. Il réalisa qu'il était très à l'aise. Il avait l'impression de reposer sur un oreiller et se fit la note mentale d'en parler à Paul. Des couvertures lourdes, chaudes et épaisses le recouvraient et sa tête reposait sur un oreiller moelleux blanc. Il avait l'impression que son lit était énorme comparé à son corps. Son nez tiqua alors qu'il sentait quelqu'un cuisiner. Qu'était-ce ? Son esprit d'adolescent donna un coup de pied à son estomac, demandant de la nourriture à tout prix, quitte à sacrifier son confort, ainsi que son voyage matinal quotidien vers les toilettes. Harry força son corps dans une position assise alors qu'il repoussait les couvertures à coup de pieds. Il s'assit au bord du lit et commença à se lever, mais il ne fut jamais sur ses pieds. Il n'avait pas remarqué que ses pieds ne pouvaient pas toucher le sol depuis le lit. Il tomba en tas sur le côté. Le sol froid était un réveil dur pour son corps engourdi de sommeil.

« Oh, tu es réveillé » dit une voix alors qu'Harry entendit une chaise bouger et des bruits de pas s'approcher. « As-tu l'habitude de tomber du lit ? » Des bras forts soulevèrent Harry du sol et le replacèrent sur le lit. Harry fit alors le serment qu'il grandirait un peu et gagnerait au moins cinq kilos supplémentaires. Il était fatigué d'être transporté comme si son poids ne faisait aucune différence ! Il n'était pas un première année ! Harry ouvrit les yeux quand il sentit quelqu'un le regarder. Il sursauta de surprise quand il ne vit pas quelqu'un de familier. « Bonjour, Maître Potter » dit l'homme alors qu'il glissait les lunettes d'Harry dans ses mains. Etrange. Harry aurait pu jurer qu'elles s'étaient cassées dans un passé récent.

« Qui êtes-vous ? » demanda Harry. L'homme lui adressa un sourire amusé.

« Tu ne te souviens vraiment pas du dernier rêve que tu as eu ? » demanda-t-il alors qu'il allait vers la cheminée et commençait à servir quelque chose d'un… Etais-ce un chaudron ? Harry renvoya ses pensées vers son rêve. Le masque. Dumbledore. Voldemort. Des chaînes. Quelque chose derrière ses yeux. La liberté. La forêt. LUI. Le visage d'Harry dut montrer ses souvenirs retrouvés, car l'homme eut un sourire secret alors qu'il retournait vers Harry avec un bol en bois et une tasse de quelque chose.

« Vous n'avez pas répondu à ma question » dit Harry à l'homme alors que celui-ci lui offrait le bol et la tasse qu'il portait. Harry ne prit pas la nourriture offerte. L'homme plaça le bol et la tasse sur une petite table calée entre le lit et un mur proche, s'assit sur un fauteuil qui vint à sa rencontre et considéra Harry avec des yeux voilés.

« Qui penses-tu que je sois ? » demanda-t-il à Harry en mettant ses pieds sur le lit. Harry fila sur le côté pour faire de la place pour ses jambes.

« Si je le savais, je n'aurais pas demandé. Je ne pose pas habituellement des questions inutiles » lui dit Harry essayant de trouver un moyen de quitter ce… cottage fou. L'homme sembla grandement amusé par le commentaire d'Harry. Il acquiesça et regarda autour de lui.

« Il semble que j'ai fait le bon choix. » Il se leva et la chaise reprit sa place. « Mange, puis nous te trouverons des vêtements différents. J'ose dire que ceux avec lesquels tu es arrivé sont trop grands pour toi maintenant. » Harry cligna des yeux alors qu'il réfléchit à ce que l'homme avait dit. Trop grands pour lui ? Il portait son pyjama de St Jude qui lui allait assez bien. Il s'arrêta et regarda ses mains, pour ne faire que s'immobiliser, choqué. Qu'est… que… c'était ? « Ne panique pas. Je te l'ai dit. »

« Quoi ? demanda Harry d'une voix suraiguë. Vous m'avez dit quoi ? » Il fixa ses mains ridiculement minuscules avec horreur. Cet homme sentirait des douleurs sérieuses si Harry devait grandir à nouveau. Il venait juste de s'habituer à son corps ! Il voulait avoir seize ans à nouveau. Il fut surpris de sentir des larmes lui piquer les yeux. Oh, non ! Il pouvait se permettre ça avec Paul, et même avec Tante Pétunia, mais pas avec cet homme ! Il commença à les combattre, seulement pour être surpris quand l'homme apparut devant son lit et lui donna une légère claque sur la joue. Ca ne lui fit pas mal, mais ce fut suffisant pour le choquer.

« Tu ne contiendras pas tes émotions pendant que tu es là. Tu t'es saboté toutes ces années, Maître Potter. Je ne le tolèrerai pas. » Harry regarda l'homme alors qu'il s'éloignait. « Je t'ai fait rajeunir, si tu acceptes ce terme ? » Il s'arrêta, comme s'il cherchait l'approbation d'Harry. Celui-ci acquiesça et il continua. « Je t'ai fait rajeunir pour que tu n'ais pas tous ces blocages et barrières que tu as acquis en apprenant la magie seulement avec une baguette. » L'homme s'arrêta, comme s'il attendait quelque chose. « Tu resteras là jusqu'à ce que tu ais appris tout ce que j'ai à t'enseigner. »

Harry digéra l'information. Très bien, il avait un autre psychopathe voulant être son professeur et il était retenu prisonnier par le dit homme. Pourquoi sa vie ne pouvait-elle pas être normale ? « Qui êtes-vous ? » demanda-t-il en prenant une profonde inspiration pour se calmer.

« Tu n'as toujours pas deviné ? » demanda l'homme avec étonnement alors qu'il se servait son propre bol de nourriture du chaudron. « J'aurais pensé que tu aurais assemblé les indices ensemble maintenant. »

Harry fixa l'étranger alors que celui-ci s'asseyait et commençait son repas sans autre commentaire pour Harry. Quels indices ? Qu'est-ce qu'Harry était déjà supposé connaître ? Quelque chose qu'il avait dit plus tôt cliqua dans son esprit. Il s'immobilisa et regarda l'homme. « Maître Bleys ? »


Severus Snape s'interrogea sur sa malchance quand il ouvrit les portes de l'infirmerie moldue déjà familière qu'il avait vue beaucoup trop ce soir là. « Qu'est-ce qui ne va pas avec Potter ? » demanda-t-il en entrant. Le docteur Moldu ne fit que le regarder une brève seconde avant de retourner vers son patient, ses yeux sur l'électrocardiogramme comme s'il allait lui donner la réponse à la question la plus importante de sa vie.

« Vous êtes ce spécialiste ? » demanda le Docteur Lansky à Snape alors qu'il notait le rythme cardiaque d'Harry sur un tableau. Snape lança un coup d'œil à Paul avec une expression illisible, avant de taper le sac qu'il portait avec sa baguette.

« Oui. Que s'est-il passé ? » demanda-t-il en enlevant sa robe et en la tendant à Paul alors qu'il s'approchait du lit. Si Potter jouait la comédie, que Dieu lui vienne en aide ou…

« Il a arrêté de respirer. » Snape cligna des yeux. Oubliez. Pas de comédie là. Potter ne ferait jamais quelque chose comme ça. « Je ne suis pas sûr du comment ni du pourquoi. Il s'est juste arrêté. Une fois que nous avons réalisé ça, en fait, c'était Monsieur Lupin là-bas » le docteur fit un vaste signe de la main avec son écritoire vers l'endroit où Remus se tenait, « qui a remarqué qu'Evan avait arrêté de respirer. » Snape acquiesça. « Ils m'ont appelé et j'ai trouvé Paul en train de lui faire du bouche à bouche. » Snape grimaça. Il se demanda si Potter saurait jamais. « Nous avons travaillé sur lui pendant deux bonnes minutes avant qu'il ne commence à respirer par lui-même. Il aura de la chance de ne pas avoir de dommages cérébraux quand il se réveillera. Une fois qu'il a recommencé à respirer, nous l'avons relié à l'électrocardiogramme et à l'oxygène, juste au cas où. Ses signes vitaux sont forts, mais il ne s'est pas encore réveillé. Et il n'a pas bougé. Ou fait quoique ce soit de normal. » Snape acquiesça. Ca semblait assez normal, aussi loin que Potter était concerné.

« Vous avez bien travaillé, Docteur Lansky. Allez prendre une pause. Je pense que nous pourrions tous profiter d'un peu de café, si vous vouliez bien. Je vais commencer mon examen. » Un léger mouvement de baguette convainquit le docteur que du café serait la meilleure chose à faire, toute chose considérée, bien qu'il n'avait aucune idée de la raison pour laquelle l'autre docteur voulait se débarrasser de lui. Il s'éloigna alors que l'autre docteur le soulageait du dossier médical du patient. « Un homme si intelligent » dit Snape d'une voix déçue. « Oh, bien. » Il lut les rapports du dossier de Potter, écoutant l'électrocardiogramme tout le temps. Qu'avait-il raté ? Il secoua la tête et agita sa baguette vers Harry. Il fronça les sourcils quand il vit les résultats du sort de diagnostic. « Lupin, contacte sa famille. » Remus pâlit, mais alla faire ce qu'on lui avait dit. Snape se tourna vers Paul.

« Est-ce que Potter a été blessé dernièrement ? Particulièrement à la tête ? » Paul sembla réfléchir en un moment.

« Pas que je sache » dit Paul en se frottant les yeux. « Sensei devrait savoir. » Snape fit signe à Paul d'aller chercher l'homme alors qu'il se retournait vers Harry. Il sortit une autre fiole de sels et commença la préparation. « Nous avons déjà essayé ça » l'informa Paul du coin de la pièce où était le téléphone.

« Ca ne fera pas de mal d'essayer encore. J'ai découvert qu'il a quelques fois besoin de plus d'un traitement pour répondre. »

« Sensei sera là aussi vite qu'il pourra, mais il a dit qu'il n'avait pas connaissance de blessures qu'Harry pourrait avoir eues. » Snape eut un reniflement.

« Ca ne veut pas dire grand chose, avec Potter. Il peut garder beaucoup de chose pour lui quand il veut. » Snape pointa sa baguette vers Harry. « Enervate. » Potter ne répondit pas. Lupin revint à ce moment là, ayant l'air d'avoir couru un marathon. Pétunia et Vernon Dursley traînaient derrière lui, Pétunia avait l'air effrayée et Vernon hébété.

« Dis-moi que tu ne les as pas amenés tous les deux en une fois ? » demanda-t-il à Lupin. Remus se laissa tomber sur une chaise et secoua la tête.

« L'un après l'autre. Madame Dursley a insisté. » répondit-il en fermant les yeux. Snape prit pitié de lui et lui lança un léger sort de sommeil. Remus ne fut pas réveillé longtemps.

« Qu'est-ce qui ne va pas avec Harry ? » demanda Pétunia en venant près du lit. « Il était en forme plus tôt » expliqua-t-elle.

« Nous ne savons pas exactement ce qui ne va pas », lui dit Paul. Snape fronça les sourcils à quelque chose qu'un autre sort lui indiqua. Si c'était ce qu'il pensait que c'était, Potter ne pourrait pas rester dans le monde Moldu. Il aurait besoin de soins à Sainte Mangouste pour ça, si ce n'est d'un spécialiste. Dans quoi s'était fichu le garçon cette fois-ci ? Il se tourna pour demander quelque chose à Remus quand il réalisa qu'il avait mis le loup-garou à dormir.

« De tous les moments… » grommela-t-il après avoir regardé Remus qui ronflait gentiment. « Juste quand j'ai besoin d'un autre sorcier. »

Draco apparut à côté de lui dans un frissonnement. « De quoi as-tu besoin, Severus ? » Vernon Dursley sursauta et dit à sa femme qu'il allait juste s'asseoir de l'autre côté de la pièce. Snape regarda Draco avec une expression illisible. Comment l'avait-il suivi ? Il avait utilisé le passage… Oh, Draco n'allait pas être content quand il lui dirait.

« De toutes ses affaires magiques qui sont dans sa chambre. L'aiderez-vous ? » demanda-t-il à Paul. Paul ne fit qu'acquiescer et se dirigea vers le couloir. « Nous parlerons de ça quand nous rentrerons, Monsieur Malfoy. » Draco lui adressa un sourire insolent et suivit Paul hors de la salle. Snape remarqua que Pétunia lui adressait un regard qui ressemblait beaucoup à celui qu'avait Molly Weasley quand il avait menacé de faire échouer Fred et George Weasley à cause de leur manque d'application dans sa classe. Elle avait su qu'il lui cachait quelque chose (principalement que ses fils étaient de brillants élèves en Potions, ou qu'ils auraient pu l'être s'ils s'étaient un peu appliqués). Pétunia Dursley avait ce regard à présent.

« Professeur Snape, je ne sais pas comment vous êtes arrivé ici puisque vous êtes parti cet après-midi et qu'Harry m'a dit qu'il serait toujours en sécurité ici. Ce qui est évident, c'est que vous savez quelque chose de la raison pour laquelle mon f… neveu est comme ça, et j'aimerais savoir pourquoi ! » Vernon fit un bruit abstrait qui semblait dire qu'il était d'accord avec elle, mais Snape ne pouvait pas être sûr. Les Moldus avaient des méthodes de communication étranges entre mari et femme.

« Je ne souhaite pas me prononcer avant d'avoir tous les faits, Madame Dursley. Une fois que j'aurais examiné quelques-unes de ses affaires, je serai capable de vous donner un avis ferme ainsi que la manière dont il peut être aidé. » Ses mots n'avaient aucun effet apaisant, pas qu'il ait essayé de le faire. La compassion ne pouvait que faire mal à long terme. La vérité était meilleure. Elle tira une chaise près du lit de Harry et prit la main du garçon dans la sienne. Elle murmura quelque chose au garçon et ignora sa présence.

« Je t'ai dit que je pouvais la porter, Drake » dit la voix de Paul alors qu'il luttait avec une large boite à travers la porte. Le Serpentard fantomatique marcha derrière lui, boudant très légèrement. Il semblait que Draco et Paul s'étaient liés d'amitié à un moment ces cinq dernières minutes. « Voilà ce que vous avez demandé » dit-il à Severus. Snape se mit sur un genou et fouilla à travers la boîte. Au-dessus, il y avait un Mini-Messager. Il haussa un sourcil et jeta un coup d'œil à Draco. Celui-ci prétendit l'ignorance de ce qu'était le petit objet. Il avait été un bon professeur pour le garçon. Laissons le feindre l'ignorance. Il serait capable de surprendre Draco plus tard avec sa propre connaissance de l'objet. Il chercha à travers les livres d'école, la baguette de Potter, et quelques boîtes de bonbons sorciers (ses dents pourriraient à la fin). Quelque chose vers le fond de la boîte lui fit sortir sa baguette. Qu'est-ce que c'était et pourquoi y avait-il autant de sorts dessus ? Il fit léviter l'objet, seulement pour découvrir que c'était un livre. Un livre très vieux, très magique et potentiellement dangereux. Il l'abaissa sur le sol et demanda aux autres :

« Est-ce que quelqu'un sait ce que c'est ? »

Paul le regarda et acquiesça. « C'est le livre qu'Harry a étudié cette semaine. Quelque chose au sujet de la magie sans baguette ou quelque chose dans ce genre. » Snape le regarda avec choc. De la magie sans baguette ? Sans la supervision d'un maître ? A seize ans ? Potter avait vraiment des pulsions suicidaires !

« Où l'a-t-il eu ? » demanda-t-il à Paul.

« Remus l'a acheté pour lui » dit Paul en faisant un signe au loup-garou endormi. « Il a dit que c'était sur l'histoire de la magie sans baguette. Il pensait que ça pourrait aider Harry à maîtriser ses capacités. » Snape haussa à nouveau un sourcil.

« Quelle capacité ? » demanda-t-il avec un rictus méprisant en rabaissant le livre vers le sol. Si Potter avait de la chance alors toutes les capacités qu'il avait montrées étaient dues à l'influence du livre et rien d'autre. Si non… il hésitait à penser à ce que la magie sans baguette pourrait signifier pour Harry Potter, et ceux qui cherchent à l'utiliser.

Il agita sa baguette vers Potter et grogna pour lui-même quand ses soupçons furent confirmés. Le garçon et le livre étaient liés. Il ne pourrait rien faire pour Potter jusqu'à ce que le garçon ou le livre abandonne le combat pour le contrôle. Ce dernier développement confirmait l'idée que Snape avait eue quand il avait examiné l'esprit de Potter et l'avait trouvé vide de toute personnalité. Quelque chose ou quelqu'un était là avec Potter, et Potter est caché de sa propre conscience. Merveilleux. « C'est une répétition de sa seconde année » grommela Snape en se redressant et en posant le livre sur la table à côté du lit du garçon.

« Que voulez-vous dire ? » demanda Pétunia.

Severus la considéra une minute. C'était une Moldue très brave. « Votre neveu, Madame Dursley, est en ce moment possédé par ce livre. Ils sont liés. » Draco sursauta. Il avait confié à Snape que la possession était une des choses dont il avait peur quand il s'agissait du Seigneur des Ténèbres. Il avait subi l'Imperius une fois de trop pour se sentir en sécurité avec ses propres capacités. Snape lui adressa un regard noir avant de se retourner vers Pétunia. Draco devait maîtriser cette peur. Oh, la Moldue attendait toujours. « Il y a beaucoup de protections sur ce livre en ce moment. La plus puissante est Harry lui-même. Si nous essayons de détruire ce livre, nous pourrions également lui faire du tort » expliqua Snape d'une voix calme.

« Donc que faisons-nous ? » demanda Pétunia en essayant de garder son calme.

« Nous attendons. Il se réveillera éventuellement. » Snape n'eut pas à dire quelle était l'autre option. Tout le monde semblait déjà le savoir sans qu'il ait besoin de l'articuler.

Pétunia regarda son neveu avec une expression inquiète. Harry allait se réveiller, pas vrai ? Elle jeta un coup d'œil à Snape et celui-ci sembla connaître sa question. Il ne fit que hausser les épaules. Quel réconfort c'était.

Les portes s'ouvrirent avec fracas pour révéler Sensei. « Qu'est-ce qui ne va pas avec Deshi ? » demanda-t-il. Snape fit signe à Paul d'expliquer, vu qu'il semblait que tout le monde dans la pièce connaissait le secret de Potter. Il s'immobilisa quand il entendit le prochain mot de Sensei : « Hadrian ? » Il commença à se retourner quand il remarqua que Potter pleurait.


« Je savais que tu étais intelligent » dit Bleys en adressant à Harry un sourire narquois digne de Snape. « Tu l'as deviné. Maintenant, tu as besoin de manger et nous pourrons parler. Rien jusqu'à ce que tu ais mangé. » Harry fixa l'homme.

« Comment est-ce que je sais que je peux vous faire confiance ? » demanda Harry alors qu'il combattait pour descendre du lit ridiculement haut. Vraiment, ne pouvait-il pas regagner sa taille normale ? Cette petitesse devenait agaçante.

« Tu ne sais pas. Pas vraiment. Nous sommes dans ton esprit après tout. Devine. » Bleys s'installa à un bureau et ignora Harry. Celui-ci ne put que regarder l'homme, choqué. D'abord, il avait des cauchemars et maintenant, un de ceux-ci devenait vrai ! Quelqu'un lui devrait vraiment quelque chose ! Son estomac le frappa à nouveau. Et bien, il y avait de la nourriture et Bleys ne souffrait d'aucun dommage de sa cuisine. Harry goûta et trouva que c'était assez bon, quoi que ce soit. Il supposa que c'était un civet de quelque sorte. Du poisson ? Non, ce n'était pas possible. C'était trop bon. Bleys agita une main quand Harry eut fini et le bol et la tasse disparurent. « Je suppose que tu aimerais te laver à présent ? » demanda-t-il à Harry alors qu'une porte apparaissait. « Et voilà. » Il fit signe à Harry d'entrer dans la pièce.

Harry jeta un coup d'œil et découvrit une salle de bain à l'air moderne préparée pour lui. Il poussa un vivat mental à son inconscient. Il pourrait avoir un bain chaud. « Je vais te laisser. Des vêtements t'attendront quand tu auras fini. » Bleys commença à fermer la porte, mais s'arrêta et sourit à Harry. « Essaie de ne pas trop penser. Ca te rendra confus. Accorde-moi quelque temps pour t'expliquer. » Harry acquiesça et fit signe à Bleys de fermer la porte. Il s'occupa de quelques affaires urgentes, grimpa dans le bain immédiatement après avoir enlevé ses vêtements à présent ridiculement trop grands et vida son esprit. Il avait des questions, oui, mais elles pouvaient attendre. Il ne semblait pas qu'il irait quelque part bientôt. Bleys l'avait rajeuni pour lui enseigner la magie sans baguette. Ca, il l'avait compris. Mais quel âge avait-il, exactement ?

Bleys le transportait comme s'il ne pesait rien. Il l'avait soulevé sans effort auparavant. Harry essaya de se souvenir quand ses mains avaient eu l'air si petites la dernières fois. A huit ans ? Neuf ? Il n'en avait aucune idée. Il plongea sous l'eau pour mouiller ses cheveux et commença à les laver. Il se demanda s'il pourrait d'une manière ou d'une autre trouver du gel pour apprivoiser ses cheveux jusqu'à ce qu'il trouve un moyen de sortir de son propre esprit. C'était différent, bien qu'il ne puisse pas dire comment c'était différent. Il plongea sous l'eau pour rincer ses cheveux et secoua l'eau hors de ses yeux. Il fut surpris de trouver des bulles dans sa baignoire. L'eau avait dû être charmée pour rester chaude, car il traîna très longtemps avant de décider qu'il devrait sortir. L'eau était toujours aussi chaude que quand il avait commencé.

Les vêtements que Bleys avait promis reposaient sur un tabouret bas, bien qu'il ne soit pas sûr de quand c'était arrivé. Tout ressemblait aux robes que portaient Bleys. Il y avait une paire de pantalon en lin qui tenait grâce à un cordon, une chemise lâche (il la rentra dans son pantalon, car les vêtements lâches lui donnaient l'impression d'être négligé) et une lourde robe d'extérieure. Des bottes en cuir lâches complétaient l'ensemble, bien qu'elles soient aussi confortables que des tennis. Harry décida que ses cheveux étaient une cause perdue. Il quitta la salle de bain et ré-entra dans la pièce du cottage. « Ah. Beaucoup mieux » dit Bleys en se levant pour accueillir Harry. « A présent, nous pouvons parler. Quelles questions as-tu pour moi ? »

Harry grimpa dans une chaise et fit face à Bleys. Ce sorcier avait intérêt à avoir de très bonnes explications parce qu'Harry en avait marre que tout le monde essaie de diriger sa vie. S'il ratait le bal d'Halloween à cause de ça, il allait montrer à tout le monde autour de lui ce que ça voulait dire d'être un adolescent grincheux. S'il ratait la pièce, et bien, Bleys pourrait ne pas survivre. « Je comprends que vous êtes Bleys et que vous êtes là pour m'apprendre quelque chose. » Bleys acquiesça d'une manière sage et sourit. Qu'est-ce qu'il y avait avec tous ces sourires ? « Ce que je ne comprends pas c'est comment vous êtes là. Vous êtes mort, et bien, il y a très longtemps. Vous devriez être poussière. » Bleys eut un grand éclat de rire à la déclaration d'Harry.

« Tu as raison, Maître Potter. Je devrais être poussière. Je le suis, dans un sens » lui dit Bleys alors qu'il versait de l'eau bouillante dans des tasses. « Je crois que tu as eu une aventure concernant un livre avec un esprit propre. » Harry acquiesça. Il avait fait quelque chose de la sorte en seconde année. « Je suis un souvenir laissé dans un livre. C'est un peu compliqué, donc essaie de ne pas m'interrompre jusqu'à ce que j'aie fini d'expliquer. » Harry lui fit signe de continuer.

« C'est juste après mon troisième élève, Zendal, que j'ai remarqué que je devenais vieux. Mes élèves étaient partis faire leurs propres accomplissements. Plus personne n'avait besoin d'enchanteur, pas depuis que Merlin avait popularisé l'utilisation de baguettes et de bâtons. J'ai utilisé la Vue pour trouver ceux qui auraient éventuellement besoin de mon art. Ca m'a pris un long moment. Je t'ai trouvé, et quelques autres, si loin dans le futur. Il n'y avait aucun moyen pour que je puisse t'amener à moi, et aucun pour que je voyage jusqu'à toi. J'ai créé mon livre et scellé une partie de mon âme à l'intérieur, pour que toi, et de nombreux autres à travers ton histoire, soient capables d'apprendre la magie sans baguette avec un guide. » Bleys stoppa son histoire et fit signe à Harry de poser sa question.

« Il y en a d'autres ? D'autres qui peuvent faire de la magie sans baguette ? » Harry espérait entendre des choses sur les autres qui avaient ses talents incontrôlables.

« Aucun aussi puissant que toi. » Oh, putain. Harry Potter ne pouvait même pas être normal parmi les anormaux. Il voulut pleurer à nouveau, mais retourna son attention sur Bleys. « Ils peuvent faire quelques tours. Allumer une bougie, faire flotter une plume. Toi, cependant, tu es différent, lui dit Bleys avec un large sourire. Tu es une énigme. »

« C'est l'histoire de ma vie » grommela Harry pour lui-même. Il détestait sa vie. Sauf quand il faisait du théâtre. Ou quand il dessinait. Ou quand il travaillait avec Sensei. Ou quand il regardait Star Wars. Ok, donc peut-être que ce n'était pas entièrement mauvais, mais ce n'était pas parfait, ou normal dans aucun sens du terme. Il ressentit le besoin d'une glace menthe avec des morceaux de chocolat avec Sensei. Et un gâteau. Ce devait être un truc d'enfant, car il avait envie de choses sucrées.

« Oui. Une énigme. Tu n'es même pas encore totalement adulte et tu as déjà une telle maîtrise de la magie. Tu as de l'instinct et c'est quelque fois plus important que n'importe quoi d'autre. » Bleys se leva et tendit une tasse à Harry. Oh, c'était du thé. Mieux que rien, supposa Harry. Il en prit une gorge et soupira. C'était du thé à la menthe.

« Je ne veux pas être différent. » La mentalité d'Harry lui disait que différent était la pire chose qu'il pouvait être. « Si vous pouviez juste me ramener à la conscience et me laisser tranquille, j'en serai reconnaissant. Je suis sûr que Paul est inquiet pour moi » dit Harry au sorcier excentrique. Harry s'arrêta à ce point. Paul devenait hystérique quand il n'y avait plus de spaghetti. Il détestait penser à ce que l'homme faisait en ce moment.

« Tu devrais accepter ce que tu es. Tu seras beaucoup plus heureux de cette manière » dit Bleys en nourrissant le hibou qu'il gardait dans un coin. Harry leva les yeux au ciel et se laissa tomber sur ses pieds. Il détestait être petit.

« Bien. C'est un gentil sentiment, mais je suis prêt à retourner dans mon propre esprit, merci » dit Harry d'un ton qui ne permettait pas de contestation. Il ne reçut pas de contestation. Il reçut un ultimatum.

Bleys se tourna vers Harry avec un regard étrange. « Le garçon ne comprend vraiment pas » murmura-t-il pour lui-même. Ce fut au tour d'Harry de lui adresser un regard étrange. « Tu ne comprends pas pourquoi je suis là. »

« Non, répondit Harry. Je ne comprends pas. » Bleys le regarda avec un air inquiet.

« La magie sans baguette ne peut pas être pratiquée par n'importe qui, Maître Potter. » La voix de Bleys descendit en un murmure menaçant alors qu'il s'approchait d'Harry. « Ce n'est pas comme l'autre magie. Cette magie peut te détruire. » Oh, dieu. « Ce peut être lent, léchant ta force de vie comme une sangsue, ou ça peut être aussi rapide que l'éclair. » Bleys claqua des doigts pour illustrer son propos. « Tu ne réalises pas combien cette magie est volatile, ou combien tu étais proche d'être détruit. »

Harry n'était pas sûr que ce soit les mots en eux-mêmes, ou la manière dont Bleys les avait prononcés, mais il découvrit qu'il tremblait très légèrement. « Tu n'as pas le choix maintenant, Maître Potter. Tu as besoin de moi beaucoup plus que ce que tu peux savoir, juste pour t'assurer de ta survie. Les portes que tu as ouvertes vont continuer de te drainer jusqu'à ce qu'il ne reste rien. » Harry fixa Bleys, ne voulant pas l'écouter plus, mais incapable de s'arrêter. « Tu ne peux plus te permettre de prétendre que tout ira bien sans prendre quelques mesures pour t'assurer de ta survie. Sans ces mesures, tu te sacrifies… ainsi que ceux qui tiennent à toi. » Les visages de ses amis lui vinrent à l'esprit. Il attrapa sa chaise et s'y agrippa comme à une ancre. « Tu as besoin de mon entraînement plus que de n'importe quoi d'autres en ce moment. J'ai enlevé tous les obstacles vers la magie sans baguette. Ton corps, à cinq ans, est assez vieux pour s'adapter à tous les changements physiques qui pourraient arriver. Ton esprit est assez flexible à l'intérieur. Le seul obstacle qui reste… est toi. Le Survivant. » Bleys se mit sur un genou devant Harry pour pouvoir le regarder dans les yeux. « Je vais déchirer ton masque, seulement pour te reconstruire, et pas le masque, avec une telle vitalité que ce sera palpable dans l'air autour de toi. » Bleys agrippa les épaules d'Harry et le tint à bout de bras. « Tu seras puissant, plus que tu ne pourrais jamais espérer imaginer. Voldemort lui-même te craindra. » Harry trembla plus fort à ces mots. Il n'en voulait pas. Il ne voulait rien de ça.

Bleys avait dû savoir combien ses mots avaient terrifié Harry, car il le prit dans ses bras et le tint. Harry ne protesta pas. Il aurait préféré Paul, ou Tante Pétunia, vu qu'il avait craqué dans ses bras, mais c'était mieux que rien. « C'est pour ça que tu es là. Ton pouvoir se serait manifesté, à la fin, à pleine puissance, et plus probablement pendant un moment de grande détresse. » L'esprit embrumé d'Harry eut des flashs des moments étranges dans le bureau de Paul où il avait pu voir sa respiration. Est-ce que c'était ce que c'était ce que Bleys voulait dire ? « Ca aurait pu te détruire, mon enfant. Je suis là pour t'aider. » Pourquoi est-ce que Bleys semblait si familier ? C'était comme quand Paul le tenait dans ses bras. Bleys faisait des petits cercles avec une main dans le dos de Harry, le détendant vers ses larmes. « Tout ira bien, petit. »

Harry secoua la tête de façon déterminée. « Je n'en veux pas, murmura-t-il à travers ses larmes. Je ne veux pas être puissant, dit-il avec colère. Je veux juste être normal. » Bleys s'installa sur un objet qui ressemblait à un canapé et qui aurait fait grimacer Tante Pétunia. Bleys semblait préférer la fonctionnalité à la mode. Il serra Harry fort et celui-ci sentit des vagues de calme l'entourer. C'était… agréable. Il ne voulait pas que ça s'arrête.

« Je sais. Je sais que c'est effrayant, murmura Bleys d'une voix apaisante. Merlin était pareil, tu sais » dit-il à Harry avec un air conspirateur.

Harry prit une profonde inspiration pour calmer ses larmes (d'où étaient-elles venues, de toute façon ?) et regarda Bleys comme seul un enfant de cinq ans pouvait le faire. « Vraiment ? » demanda-t-il.

Bleys se rappela que les sorciers de l'époque et de l'âge d'Harry vénéraient presque son ancien élève. Ca pourrait marcher. Il acquiesça et sourit. « Oh, oui. Je l'ai trouvé très jeune, un peu plus jeune que toi maintenant. Il était un bon élève, attentif et curieux, et était comme un fils pour moi. Son premier acte de magie sans baguette lui a tellement fait peur qu'il a refusé de quitter la maison. Il s'est caché sous ce lit » il fit un geste vers le lit sur lequel s'était réveillé Harry, « et a refusé de sortir, même pour les repas. Il m'a supplié de juste le reprendre, de le rendre normal, juste Merlin. » Bleys s'arrêta un moment. « Si j'avais eu le pouvoir, je l'aurais fait. Malheureusement, c'est une des rares choses qui m'ont été refusées » dit-il au garçon qui s'était installé sur ses genoux.

« Juste Merlin ? » demanda Harry en enveloppant sa robe autour de lui.

« Juste Merlin, confirma Bleys. Toi et lui êtes très semblables. » Bleys enveloppa un bras autour de Harry et le rapprocha pour qu'il s'appuie contre lui. Harry ne protesta pas et se détendit. « Vous avez le même air. Vous êtes tous les deux adorables quand vous êtes jeunes. » Harry se renfrogna. Bleys prétendit ne pas le remarquer. « Vous voulez tous les deux être normaux, seulement vous avez quelque chose de grand posé sur vos épaules sans que vous ne puissiez partir. » Bleys sourit et Harry remarqua que la peau autour de ses yeux se fripa très légèrement. « Est-ce que ça va mieux maintenant, Maître Potter ? » demanda-t-il.

« S'il vous plaît, appelez-moi juste Harry » dit le garçon en jouant avec le bord de sa robe. Le sourire de Bleys rida à nouveau ses yeux.

« Si tu m'appelles Bleys. » Harry acquiesça alors que Bleys tapotait son dos. Harry réalisa alors qu'il était toujours assis sur les genoux de l'homme et que celui-ci le traitait comme un enfant de l'âge auquel il avait régressé, mais il découvrit qu'il ne pouvait pas s'en soucier. C'était agréable, cette camaraderie qu'il ressentait avec quelqu'un qui comprenait ses pouvoirs et les acceptait. Pour la première fois depuis qu'il avait découvert ces pouvoirs, il n'avait pas peur de ce qu'ils pourraient apporter. Il avait de l'aide à présent.


Et un grand merci à Cyzia qui a eut l'extrême gentillesse de se proposer pour être ma bêta.