Bonsoir la Kru!
Comme promis, voici le chapitre 10 après ce petit hiatus de trois semaines! J'espère qu'il vous plaira! Je fais mon possible pour vous publier la suite au plus vite (mais malheureusement je pense que vous allez quand même avoir à attendre deux semaines :/)
Bon, j'ai eu beau réfléchir au teasing que je pourrais vous laisser à la fin du chapitre pour le suivant mais rien ne m'est venu à l'esprit pour ne pas trop en dévoiler. Donc, j'espère que vous ne m'en voudrez pas trop de ne pas en avoir ^^
Sinon, un grand merci d'être toujours aussi présent, de prendre la peine de me laisser vos avis et d'être toujours aussi patients malgré ces nouveaux délais de publications... J'attends vos avis sur ce chapitre avec impatience! Et je promet que la prochaine fois, j'y répondrais!
Bonne lecture à vous!
LSAfor'
PS: As usual, un grand merci à jenkus pour la correction du chapitre!
Chapitre 10:
Se tournant et se retournant dans le lit, Clarke poussa un profond soupir agacé avant de retrouver sa position initiale. Elle était allongée depuis près de deux heures et n'arrivait toujours pas à faire assez taire son cerveau pour réussir enfin à trouver le sommeil.
Elle gigota un peu plus, amenant ainsi le corps qui se trouvait derrière elle à bouger à son tour.
- Clarke? prononça la voix endormie de Lexa.
- Désolée, s'excusa la nommée. J'arrête de bouger, promis…
Elle sentit Lexa s'approcher un peu plus d'elle jusqu'à se coller à son dos avant de glisser un bras autour de sa taille et de poser un baiser sur sa nuque.
- Pourquoi tu es réveillée? demanda-t-elle d'un ton étouffé.
Clarke hésita une fraction de seconde avant de se tourner et lui faire face. Elle sentit les habituels papillons lui envahir la poitrine lorsque son regard se posa sur le visage de Lexa qui arborait une expression ensommeillée adorable.
- Rien d'important, tenta-t-elle de rassurer. Rendors-toi, tu as une grosse journée demain…
Effectivement, c'était vrai, une grosse journée attendait Lexa le lendemain. En réalité, c'était le cas de toutes ses journées depuis près d'une semaine maintenant.
Depuis qu'elle n'avait plus d'assistante.
Mais pour l'instant, ça n'avait pas vraiment d'importance car Clarke n'arrêtait pas de s'agiter et que, pour quelqu'un qui dormait toujours comme un poids mort, ça signifiait clairement que quelque chose clochait et Lexa pensait savoir quoi.
- Qu'est-ce qui ne va pas? souffla-t-elle.
- Je n'arrive pas à dormir, répondit Clarke après quelques secondes d'hésitation. Je n'arrête pas de penser à tout ce qui m'attend demain…
Lexa comprit qu'elle avait eu raison. Clarke stressait.
Elle stressait parce que le lendemain était son premier jour d'internat. Elle allait enfin commencer sa carrière de chirurgien au New-York Presbyterian Hospital et elle appréhendait.
D'un geste qu'elle espérait apaisant et rassurant, Lexa porta une main jusqu'à la joue de Clarke et la lui caressa du bout du pouce.
- Je reste persuadée que tu vas très bien t'en sortir...
- Et si je tuais quelqu'un? questionna Clarke, légèrement paniquée.
Lexa ne put s'empêcher d'esquisser un sourire paresseux en refermant les yeux.
- Ce n'est pas drôle, bougonna Clarke.
Et Lexa n'avait même pas besoin d'ouvrir les yeux pour savoir qu'elle abordait une moue boudeuse.
Elle reporta son bras autour de sa taille puis se colla un peu plus à elle et posa un baiser à l'aveugle sur sa mâchoire.
- Mon amour, ce sera ton premier jour, fit-elle remarquer. Tu ne seras pas livrée à toi-même… Tu seras super bien encadrée et guidée. Tu auras ton résident et tes titulaires avec toi…
Elle posa un autre baiser sur la nuque de Clarke puis s'éloigna de sorte à pouvoir rouvrir les yeux et la regarder.
- Et puis, continua-t-elle lorsqu'elle se retrouva plongée dans la paire d'yeux qu'elle adorait plus que tout au monde, je continue de penser que tu es extraordinaire et que tu vas gérer, comme à ton habitude…
Clarke esquissa un léger sourire, se sentant légèrement mieux. Elle glissa ses doigts sur le visage de Lexa qui ferma les yeux face à la sensation et les fit remonter jusqu'à ses cheveux.
- Ton opinion n'est pas vraiment fiable Lex…
- Et pourquoi ça? demanda Lexa en ouvrant un œil.
Le sourire de Clarke s'agrandit un peu plus et elle ne put s'empêcher de poser un baiser plein de tendresse sur son nez.
- Parce qu'elle est biaisée par ton amour, répondit-elle d'un ton taquin.
Lexa laissa échapper un léger rire avant d'enfouir son visage dans sa nuque et de la lui mordiller d'un geste joueur.
- Ce serait vrai si j'étais la seule à le penser, fit-elle remarquer, ce qui est loin d'être le cas…
Elle poussa ensuite un soupir et redressa légèrement la tête pour la regarder de nouveau.
- Sérieusement Clarke, j'ai entièrement confiance en toi, assura-t-elle. Il faut que tu apprennes à en faire de même…
Clarke la fixa quelques secondes droit dans les yeux, se laissant envelopper par ses paroles et sa présence qui avaient le don de l'apaiser considérablement. Elle finit par acquiescer puis se resserra un peu plus contre Lexa. Elle entremêla leurs jambes ensemble, glissa une main dans son dos et posa sa tête contre sa poitrine avant de se décider à fermer les yeux.
Ce fut avec la sensation des battements de cœur de Lexa contre son oreille qu'elle finit par s'endormir.
Prenant une profonde inspiration, Clarke attrapa le stéthoscope dans son nouveau casier qui se trouvait dans le vestiaire des internes et le glissa autour de sa nuque en prenant soin de bien l'arranger sous le col de sa blouse blanche.
Elle baissa les yeux vers sa tenue médicale composée d'une tunique bleue marine et d'un pantalon assorti et sentit ses doigts trembler autour du stéthoscope.
- Prête Griffin? demanda une voix à côté d'elle.
Elle leva les yeux et vit Zoe Monroe, une de ses anciennes camarades de l'école de Médecine, se tenir à côté d'elle dans une tenue identique à la sienne. Monroe avait également été acceptée dans le même programme qu'elle, ce qui avait le don de la rassurer légèrement. Clarke était heureuse d'avoir un visage familier à ses côtés pour ce jour qui devait être le plus excitant et terrifiant de sa vie.
- Aussi prête que possible, finit-elle par répondre honnêtement. Et toi?
Monroe lança un regard circulaire à la pièce où s'affairaient les autres internes puis reporta son attention sur elle et lui répondit par un haussement d'épaules et un sourire crispé qui indiquèrent à Clarke qu'elle stressait sûrement autant qu'elle.
- Tu es assignée à quel résident? demanda Clarke.
- Dr Ryder. Toi?
- Lewis…
Monroe grimaça.
- Ouch, bon courage. Il parait qu'elle est horrible…
La sensation nauséeuse au creux de l'estomac de Clarke s'intensifia. Lors de sa journée d'orientation, elle avait entendu parler du Dr Lewis et de sa réputation de « mégère despotique » mais elle ne s'en était pas vraiment inquiétée.
Mais maintenant, c'était une tout autre histoire. Maintenant elle était sur le point de passer toute une année sous la coupelle de cette femme dont la réussite de son internat dépendait grandement. Et elle n'était pas vraiment sereine.
Bon sang, ce qu'elle ne donnerait pas pour avoir Lexa à ses côtés en cet instant précis. C'était sûrement la seule personne qui pouvait réussir à la calmer et lui faire oublier son envie de vomir. Sauf qu'elle n'était pas là. Elle était à son travail à elle, à gérer son stress et ses responsabilités quotidiennes de Chef des Opérations d'une des plus grandes entreprises au monde et Clarke n'avait pas d'autre choix que de se débrouiller seule.
Elle prit donc une nouvelle inspiration, referma la porte de son casier d'un geste un peu trop brutal et suivit les autres internes à l'extérieur des vestiaires où étaient censés les attendre leurs résidents. Les choses s'enchainèrent rapidement à partir de là. Les quatre médecins qui les attendaient à l'extérieur ne perdirent pas de temps avant d'appeler les internes un par un.
- Bon courage, souhaita Monroe lorsque son nom fut prononcé par son résident.
Clarke, ne se sentant pas capable de prononcer quoi que ce soit, se contenta de lui adresser un petit sourire avant de la regarder s'éloigner.
- Griffin!
La personne qui venait de scander son nom était un des résidents et elle comprit immédiatement que c'était le Dr Lewis. Celle avec qui elle était affectée.
Et elle était loin de correspondre à l'image à laquelle Clarke s'était faite d'elle.
Rousse, svelte et un peu plus grande qu'elle, le Dr Lewis avait un visage angélique et donnait l'impression d'être incapable de faire du mal à une mouche. Mais son regard disait tout autre chose. Il était froid et perçant.
Clarke s'avança vers le petit groupe qui s'était formé autour de la rousse et se posta à côté d'un jeune homme aux cheveux bruns et à l'air blasé. Le Dr Lewis leur intima par un signe de tête de la suivre et commença un petit discours où elle leur stipula clairement qu'en tant qu'interne, ils représentaient le bas de l'échelle alimentaire et Clarke se demanda vaguement si elle n'avait pas copié son discours d'un des épisodes de Grey's Anatomy. Elle essaya de ne pas sourire à cette pensée et s'efforça de rester concentrée sur la personne qui, elle était sûre, allait leur faire vivre un calvaire pendant l'année qui allait suivre. Le Dr Lewis continua son discours tout en s'avançant de plus en plus vite dans les couloirs de l'hôpital, les obligeant ainsi à accélérer le pas pour rester à son niveau.
- Elle n'a pas l'air vraiment commode celle-ci, murmura le type à l'air blasé à côté d'elle lorsque la résidente s'arrêta pour leur expliquer le fonctionnement des Urgences.
Service devant lequel ils se trouvaient.
- Mais bon sang, ajouta-t-il doucement, je la laisserais volontiers faire ce qu'elle veut de moi…
Clarke se contenta de renifler moqueusement, amenant ainsi le jeune homme à poser son regard sur elle et à se vêtir d'un sourire en coin.
- Ne sois pas jalouse, déclara-t-il à son adresse, il y en a assez pour vous deux.
Une grimace se dessina sur le visage de Clarke qui tourna la tête dans sa direction pour le darder d'un regard empli de dégoût.
- Sérieusement, ce genre de tentative de drague foireuse marche vraiment? s'enquit-elle à voix basse.
- Tu serais surprise de savoir à quel point, lui répondit-il sans se dépêtrer de son sourire. Les filles ont un faible pour les mecs désespérés.
Clarke esquissa un sourire avant de secouer la tête entre l'exaspération et l'amusement. Ce type était abject, c'était un fait. Mais elle ne pouvait s'empêcher de le trouver drôle.
- Tu t'appelles comment? demanda-t-elle.
- John Murphy, répondit l'autre interne. Mais tu n'as pas intérêt à m'appeler John si tu tiens à ta vie…
- D'accord John, c'est noté…
Murphy lui adressa un regard exaspéré qui l'a fit rire, amenant ainsi tous les autres internes et la résidente à porter leur attention sur elle.
- Je peux savoir ce qu'il y a de drôle Dr Griffin? lui demanda cette dernière en s'approchant d'elle d'un air menaçant.
Clarke perdit immédiatement son sourire. Elle retrouva son sérieux et croisa ses bras derrière son dos avant de répondre, embarrassée:
- Rien Dr Lewis. Excusez-moi…
L'autre femme continua de la fixer de son regard perçant dont Clarke était sûre qu'elle espérait l'intimider avec. Et elle n'avait qu'une envie, c'était de le maintenir. Elle voulait lui montrer qu'elle était loin de lui faire peur. Mais Clarke savait pertinemment qu'elle n'avait aucun intérêt à faire ça. Son insolence ne ferait que lui attirer des ennuis.
Que ça lui plaise ou non, le Dr Lewis était son supérieur et elle devait s'écraser devant elle. Elle finit donc par baisser les yeux en espérant de tout cœur que la résidente en reste là et reprenne son petit discours de présentation.
Mais le Dr Lewis ne sembla pas en avoir terminé avec elle car, tout en continuant de la regarder d'un œil noir, elle se posta juste devant elle et déclara d'une voix forte:
- Beaucoup ont la prétention de penser que, parce qu'ils ont réussi à arriver jusque-là, ils ont tout réussi. Mais vous n'avez encore rien vu, vous n'avez encore rien expérimenté et vous êtes encore loin d'être de véritables médecins. Vous êtes juste de simples internes arrogants qui vont devoir faire leurs preuves pour survivre chaque jour… Et ce n'est pas parce que vous avez un parent Chef de Chirurgie, ou que sais-je, que vous pouvez espérer avoir un traitement de faveur…
La dernière phrase amena Clarke à redresser brusquement la tête. Elle fixa le sourire goguenard qu'arborait sa résidente et se mordit l'intérieur de la joue pour tenter de contenir la rage intérieure qui était en train de l'envahir.
Si elle en était arrivée jusque-là aujourd'hui, c'était parce qu'elle avait travaillé dur. Elle avait sacrifié de nombreuses soirées, de nombreuses nuits pour être sûre de donner le meilleur d'elle-même et réussir à devenir médecin.
- Est-ce clair, Dr Griffin? questionna le Dr Lewis, son sourire narquois toujours sur les lèvres.
Il était évident qu'elle la provoquait, Clarke le voyait parfaitement. Mais elle n'allait pas lui donner la satisfaction de lui montrer qu'elle l'atteignait. La seule chose qu'elle allait montrer à cette garce, c'était qu'elle n'était pas là parce qu'elle s'appelait Clarke Griffin mais parce qu'elle le méritait.
- Oui Dr Lewis, se contenta-t-elle donc de répondre.
Le rictus de la résidente se transforma en un sourire satisfait.
- Bien, déclara-t-elle en se reculant. Maintenant que ça c'est réglé, nous allons enfin pouvoir commencer la journée…
Elle retrouva sa place à l'avant du groupe d'internes qui fixèrent Clarke quelques secondes de plus, avant de reporter leur attention sur leur résidente. Clarke poussa une profonde expiration en tentant de retrouver un rythme cardiaque normal. Elle reçut un petit coup de coude et se tourna pour voir Murphy lui adressait un petit sourire mutin.
- Il faut croire que tu as énervé le dragon, lui chuchota-t-il.
Clarke ne lui répondit pas et se contenta de lui mettre un coup de coude à son tour avant de suivre docilement les autres.
Ces deux prochains jours allaient être très longs…
Au moment où Anya quitta son bureau, l'étage était désert. Plus aucun employé n'était présent, les lumières étaient toutes éteintes et il régnait un silence de cathédrale. Ce qui était complètement normal vu que la soirée était déjà bien entamée et qu'elle devait être la seule encore présente.
Cependant, alors qu'elle s'avançait mécaniquement en direction des ascenseurs, elle remarqua que le bureau du Chef des Opérations était encore éclairé. Avec un froncement de sourcils, elle se demanda ce que Lexa pouvait bien faire encore là. Habituellement, à cette heure-ci, elle était déjà rentrée.
Anya s'arrêta donc et changea de direction pour se diriger vers le bureau encore éclairé. La porte était grande ouverte et laissait apparaitre une Lexa concentrée sur l'écran de son ordinateur, une multitude de dossiers éparpillés à côté.
- Je sais que tu adores ton boulot cousine, lança-t-elle, mais il est tard. Même pour toi…
Lexa sursauta légèrement avant de lever les yeux vers elle et de pousser un profond soupir.
- Je peux te retourner la remarque, répondit-elle.
- J'étais en conférence téléphonique avec Singapour sinon je serais déjà chez moi, rétorqua Anya en s'appuyant nonchalamment contre l'embrasure de la porte. C'est quoi ton excuse à toi?
- Une tonne de dossiers à valider avant demain…
Elle fit un signe de main pour désigner les nombreux documents qui se trouvaient devant elle. Anya fronça de nouveau des sourcils. Elle se redressa de la porte et s'avança à l'intérieur pour regarder un peu mieux les dossiers qu'elle lui indiquait.
- Ce n'est pas un boulot pour ton assistante ça? questionna-t-elle en s'installant sur un des sièges face au bureau.
- Si, répondit Lexa. Mais je n'en ai plus…
- Comment ça?
Lexa retira ses lunettes et poussa un profond soupir.
- Emory demandait une promotion en tant que manager à LA depuis deux ans, expliqua-t-elle en se massant les tempes d'un geste las. Elle l'a obtenue il y a une semaine et depuis je me retrouve sans assistante…
- Et elle n'avait pas de préavis? demanda Anya, légèrement confuse. Au moins, jusqu'à ce que quelqu'un la remplace. Habituellement, c'est ce qui est fait…
- Effectivement, confirma Lexa. Mais j'ai eu la DRH et elle m'a expliqué qu'ils avaient besoin d'elle immédiatement à LA donc elle ne pouvait pas attendre si elle voulait sa place… Et je ne pouvais pas lui demander de rester, ça aurait été égoïste…
Anya leva un sourcil sceptique face aux explications.
- Tu ne penses pas que tes parents sont derrière ça? lui demanda-t-elle. Après ce qu'il s'est passé la dernière fois, ils seraient bien du genre à tenter un coup foireux de ce style…
Lexa ne lui répondit pas immédiatement, réfléchissant à ses mots.
Aussi curieux que ça pouvait l'être, depuis l'altercation qu'ils avaient eue durant leur dernière visite à New-York, ses parents ne lui avaient plus reparlé de Clarke. Le meeting qu'elle avait eu avec eux le jour même s'était parfaitement passé et ils étaient rentrés à Los Angeles sans ré-aborder le sujet, dans une ambiance relativement bonne.
Peut-être qu'ils avaient pris conscience qu'elle avait raison, peut-être qu'ils réalisaient enfin qu'ils n'avaient aucun besoin de contrôler chaque aspect de sa vie.
Mais Lexa était loin d'y croire.
Elle connaissait parfaitement ses parents et ce silence plus qu'anormal n'avait pour effet que de l'inquiéter. Et c'était exactement pour cette raison que lorsque son assistante était venue la voir, toute contente, en lui disant que sa mutation à Los Angeles avait enfin été acceptée, et ce seulement quelques jours après sa confrontation avec ses parents, Lexa s'était dit que ça ne pouvait pas être une simple coïncidence.
- J'ai pensé la même chose, finit-elle par avouer. Je me dis que c'est un moyen parfait de me déstabiliser après que je leur ai clamé haut et fort que mon travail était parfait et qu'ils n'avaient par conséquent rien à me dire…
- Et qu'est-ce que tu vas faire?
Lexa répondit par un haussement d'épaules avant de poser sa tête contre la surface lisse du bureau.
- Rien du tout, marmonna-t-elle d'une voix étouffée. Hormis m'occuper de la tonne de papiers que j'ai à traiter et dont la plupart, je ne sais même pas à quoi ils servent… Je ne sais même pas comment faisait Emory pour y comprendre quelque chose, j'ai une admiration nouvelle pour elle ces derniers jours. Dommage que ce soit terni par mon envie de l'étriper pour m'avoir abandonnée…
Ses déblatérations délirantes amenèrent Anya à esquisser un sourire compatissant. Il était évident que sa cousine était complètement extenuée et il était rare de la voir dans cet état.
- Rentre chez toi Lex, lui dit-elle doucement. Ta pile de dossiers sera toujours là demain…
- Peux pas. Il faut absolument que je termine ça aujourd'hui…
- Pourquoi?
Lexa redressa la tête et laissa ses épaules s'affaisser avant de répondre:
- Je viens de te le dire, je ne veux pas donner la satisfaction à mes parents de me voir échouer…
- Tu vas te tuer à la tâche, protesta Anya.
- Je n'ai qu'un jour à tenir encore, rassura Lexa. Ils ont enfin embauché quelqu'un qui est censé commencer demain.
Elle se redressa un peu plus dans son fauteuil et reporta son attention sur l'écran devant ses yeux.
- Si nos spéculations sont bonnes, tu réalises que ce quelqu'un aura sûrement été choisi par tes vieux, fit remarquer Anya.
Un nouveau soupir s'échappa de la bouche de Lexa qui acquiesça doucement.
- Je sais et ils peuvent installer tous les espions qu'ils veulent, je m'en fiche… assura-t-elle. Ils sont tellement tendus depuis que je suis avec Clarke que j'espère qu'en voyant qu'elle ne me gêne pas dans mon boulot, ils me lâcheront un peu…
Anya poussa une profonde inspiration, pas vraiment convaincue.
- En parlant de Clarke, tu devrais vraiment rentrer chez toi. Elle ne va pas être contente si tu rentres tard, lui dit-elle en espérant qu'en invoquant sa petite-amie, Lexa se laisserait convaincre.
Mais cette dernière ne quitta pas son ordinateur des yeux et se contenta de lui répondre:
- Elle n'est pas là…
Et, lorsqu'elle leva les yeux vers sa cousine et qu'elle vit son regard confus, elle s'empressa d'expliquer:
- Elle a commencé son internat aujourd'hui et son premier service dure 40 heures.
- Oh, prononça Anya en comprenant enfin.
Un sourire charrieur se dessina sur ses lèvres.
- Je comprends maintenant pourquoi tu es aussi réticente à l'idée de rentrer chez toi, poursuivit-elle, tu as peur de te retrouver triste et pathétique parce que ta chérie te manquerait trop…
- Anya… s'exaspéra Lexa.
Ce qui ne fit qu'accentuer l'amusement de sa cousine qui lui adressa un regard sceptique.
- Ose me dire que c'est faux, taquina-t-elle un peu plus.
Lexa resta silencieuse, ce qui en soit constituait une réponse.
Hormis quelques textos à l'heure du déjeuner, elle n'avait pas parlé à Clarke de la journée. Chose qui n'était jamais arrivée depuis qu'elles étaient en couple. Et, à l'idée de rentrer et de trouver leur appartement dépourvu de la présence de sa petite-amie, elle n'avait aucune envie de quitter son bureau, ce qui en soit été une bonne chose vu la quantité de travail qui lui restait à terminer.
- Ma petite-amie est en train d'apprendre à sauver des vies, répondit-elle après quelques secondes. Donc oui, peut-être qu'elle va me manquer, mais je ne suis pas triste. Je suis fière…
Et le grand sourire qui illumina son visage et qui fit disparaitre complètement sa fatigue montra clairement à Anya qu'elle était sincère.
- Wow, elle t'a vraiment transformée en guimauve, se moqua cette dernière.
Lexa laissa échapper un léger rire en secouant de nouveau la tête d'un geste excédée.
- Sors de mon bureau! scanda-t-elle en arborant un faux air sérieux.
- Avec grand plaisir, rigola Anya.
Elle appuya sur ses mains et se redressa du siège en position debout.
- Tu es peut-être assez dingue pour rester ici jusqu'à pas d'heure mais moi non…
Lexa esquissa un nouveau sourire et la regarda s'éloigner vers la porte.
- Bonne soirée An'.
- À toi aussi, répondit Anya. Ne t'endors pas ici…
- Je ne vais pas tarder, assura Lexa. Je termine juste ce que je fais et je m'en vais.
Anya acquiesça avant de tourner les talons et quitter la pièce.
Deux heures plus tard, Lexa entra à l'intérieur de son appartement d'un geste las et fatigué. La première chose qu'elle remarqua lorsqu'elle posa ses clés et son sac sur le meuble du hall, ce fut le silence de plomb qui régnait. Elle ne perdit pas de temps à s'appesantir sur la sensation désagréable et monta directement dans sa chambre. Après un regard circulaire autour d'elle, elle s'avança dans la pièce, jeta négligemment son téléphone sur le lit et se dirigea mécaniquement jusqu'au dressing où elle se débarrassa de ses vêtements pour enfiler un pyjama. Elle revint ensuite dans la chambre et se laissa tomber dans le lit tout en poussant un profond soupir.
Elle était fatiguée mais elle savait d'avance qu'elle allait avoir un mal fou à s'endormir.
Parce que Clarke n'était pas là.
Pour la première fois depuis qu'elles avaient emménagé ensemble en tant que couple, elle allait dormir sans Clarke.
Et c'était sûrement pathétique, surtout après moins de 24 heures de séparation, mais son corps avait vraiment pris l'habitude d'avoir la blonde à ses côtés, au moins la nuit, et elle savait qu'elle allait avoir du mal à s'y faire.
Son téléphone sonna à côté d'elle, la sortant ainsi de ses réflexions. Elle tâtonna sur le matelas jusqu'à l'attraper et esquissa un énorme sourire lorsqu'elle vit qui l'appelait.
- J'étais justement en train de penser à toi, déclara-t-elle en décrochant.
Le rire de Clarke résonna à travers le combiné et elle sentit les habituels papillons dans son estomac se réveiller subitement.
- Tu penses toujours à moi Lex…
- Pas faux, répondit Lexa.
Son sourire s'agrandit un peu plus au moment où elle ajouta:
- Je ne pensais pas pouvoir te parler avant demain soir…
- Je suis en salle de garde, lui expliqua Clarke. J'ai une heure devant moi avant de devoir y retourner donc je me suis dit que j'allais en profiter pour t'appeler.
Lexa hocha la tête de haut en bas, même si elle savait pertinemment que Clarke ne pouvait pas la voir.
- Comment ça se passe?
Un léger silence se fit au bout du fil avant qu'elle n'entende un soupir. Elle ne la voyait pas mais elle pouvait parfaitement s'imaginer Clarke arborait une moue boudeuse, ce qui la fit sourire un peu plus.
- C'est aussi dur que je me l'imaginais mais c'est super intéressant, finit par dire Clarke. Le seul problème c'est que ma résidente est une véritable garce et qu'elle me déteste. Elle m'a fait faire des touchers rectaux toute l'après-midi.
- Beurk, prononça Lexa en grimaçant.
Clarke laissa échapper un léger rire avant de reprendre la parole.
- Sinon, il y a un interne dans mon groupe, un véritable crétin, poursuivit-elle. Mais je l'aime bien, il me fait rire.
- Est-ce que je dois m'inquiéter? fit-mine de demander sérieusement Lexa.
Ce qui fit de nouveau rire Clarke. Lexa ferma les yeux et se laissa envahir par l'euphorie que provoqua en elle l'entente du son.
- Je t'en prie Lex, tu insulterais mes goûts…
- Donc tu n'aimes pas les médecins crétins? s'enquit Lexa.
- Non, je préfère les Commandants sexy, rétorqua Clarke d'un ton taquin.
Lexa grogna à l'entente du surnom. Elle ne comprenait vraiment pas pourquoi Clarke adorait lui donner ce surnom alors qu'elle-même le détestait. Il lui faisait penser à son père. Et juste ça… c'était un motif suffisant pour le mépriser.
- Ah et j'ai été au bloc! s'exclama Clarke d'un ton surexcité.
- C'est vrai? demanda Lexa, impressionnée.
- Oui! J'ai réussi à apporter le bon diagnostic à un enfant qui était aux urgences donc le titulaire m'a demandé d'aller au bloc avec lui! Bon je n'ai rien fait à part observer mais c'était trop cool Lex! Tu aurais dû voir la tête de ma résidente quand elle a appris que j'allais assister!
Lexa laissa échapper un léger rire, tout en secouant la tête entre l'amusement et l'exaspération.
- Ma petite-amie la dure à cuire, prononça-t-elle d'un ton empli d'affection. Tu aurais pu tout de même attendre quelques jours avant de te faire remarquer…
- Je n'ai rien fait! s'indigna Clarke. C'est elle qui a décidé au bout de cinq minutes qu'elle ne m'aimerait pas parce que ma mère est un Chef de Chirurgie! Mais j'ai bien l'intention de lui prouver que je ne suis pas juste la fille d'Abigail Griffin…
La passion avec laquelle elle parlait amena Lexa à esquisser un nouveau sourire attendri. Bon sang, ce qu'elle donnerait pour voir son visage s'illuminer en parlant de cette chirurgie à laquelle elle avait assisté, pour voir la grimace qu'elle devait sûrement arborer en parlant de sa résidente. Pour la serrer dans ses bras et glisser ses doigts dans ses cheveux pendant qu'elle lui raconterait tout ça.
- Tu es beaucoup plus que ça… assura-t-elle doucement.
Elle reçut un soupir en réponse et se demanda si c'était un soupir de reconnaissance ou de fatigue.
- Tu devrais dormir un peu, conseilla-t-elle. Profite de ta pause pour faire une petite sieste…
Clarke ne lui répondit pas immédiatement et elle se demanda si elle ne s'était pas endormie au bout du fil. Mais, après quelques secondes, sa voix s'éleva de nouveau dans son oreille.
- Ça va sûrement paraitre stupide mais je n'y arrive pas, finit par avouer Clarke d'une petite voix. Pas quand tu n'es pas à côté de moi…
Un grand sourire se dessina sur les lèvres de Lexa.
- C'est ta façon de me dire que je te manque? taquina-t-elle.
- La ferme Woods, marmonna Clarke.
Un nouveau rire s'échappa de la bouche de Lexa qui ferma les yeux une fraction de seconde avant de les rouvrir et de tourner la tête de sorte à pouvoir regarder l'autre côté du lit vide qui, en temps normal, était occupé par sa petite-amie.
- Clarke?
- Hmm?
- Tu me manques aussi…
Clarke resta silencieuse et Lexa se l'imaginait clairement en train de se mordre la lèvre pour s'empêcher de sourire, ce qui accentua son sentiment de manque. C'était une de ses manies qui avaient le don de la rendre dingue.
Ce fut le bruit d'un biper qui les sortit de leur silence. Lexa entendit Clarke prononcer un « merde » avant d'entendre des bruits qui lui indiquèrent qu'elle se levait sûrement du lit sur lequel elle était allongée.
- Il va falloir que j'y aille, informa Clarke quelques secondes après.
- Okay, répondit simplement Lexa.
- Bonne nuit, mon amour. Je t'aime…
- Bonne nuit, déclara Lexa à son tour.
Elle se racla la gorge et ajouta:
- Je t'aime aussi…
Elle attendit que Clarke raccroche avant d'éloigner son téléphone de son oreille. Elle verrouilla l'écran puis laissa tomber l'appareil à côté d'elle avant de pousser un soupir de bien-être et d'esquisser un grand sourire.
Le lendemain, la première fois que Lexa regarda sa montre, l'heure affichait déjà 16h. Comme à l'accoutumée, elle n'avait pas vu la journée passer et se demandait si elle allait encore tenir longtemps avec un rythme aussi effréné. Elle n'avait pas eu de nouvelles des RH de la journée concernant le ou la nouvelle employée qu'ils étaient censés envoyer pour remplacer son assistante et la situation commençait réellement à l'agacer.
Décidant d'abandonner le mail qu'elle était en train d'écrire pour le moment, elle s'étira de fatigue et se leva de son fauteuil. Elle en fit ensuite le tour pour se positionner face à la grande baie-vitrée de son bureau. Enfonçant ses mains dans la poche de son pantalon, elle posa son regard sur l'horizon composé des nombreux buildings de Wall-Street et commença, mentalement, à se récapituler la liste de toutes les tâches qu'elle avait accomplies et celles qu'il lui restait encore à faire. Elle se rejoua l'emploi du temps de ses rendez-vous du lendemain et réfléchit à la stratégie avec laquelle elle allait amener les prochains investissements de la compagnie.
Ce fut des coups à la porte qui la firent sortir de ses réflexions. Elle scanda un «entrez» avant de tourner sur ses talons, prête à faire face à n'importe laquelle des situations qu'un de ses employés allait sûrement lui présenter. Cependant, au moment où la porte s'ouvrit et qu'elle laissa apparaitre la personne qui venait de toquer, Lexa se figea brusquement tandis que le stoïcisme sur son visage disparut pour laisser place à une immense surprise.
- Bonjour Lexa, prononça la personne en pénétrant d'un pas hésitant dans le bureau.
Lexa cligna des yeux, n'en croyant pas la vision qui s'offrait à elle. Cette peau mate, ces cheveux frisés, ce sourire chaleureux…
Elle ne pensait pas les revoir un jour…
- Costia?!
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