Disclaimer : Vous n'êtes pas au courant ? Harry Potter et tous ses personnages appartiennent à JKR. Et pour ajouter à mon malheur, l'histoire appartient à Emma Lipardi, vu que c'est la traduction de la fic An Aunt's Love.


Ce site n'autorise plus les auteurs à mettre les réponses aux reviews dans les chapitres, et vu comme on sait comme ils peuvent être pointilleux... Voila comment je vais faire :

- Pour ceux qui ont laissé une review signée, je vais utiliser leur nouveau système pour répondre, et vous devriez recevoir cette réponse dans votre boite mail (si j'ai tout compris comment ça marche)

- Pour ceux qui ont laissé une review anonyme mais m'ont mis leur adresse e-mail, je répondrai par e-mail.

- Pour les autres, je vais faire les réponses dans ma bio mais je les enlèverai quand je posterai autre chose.


Dumbledore était à son bureau et fixait le vide avec colère. Il était perdu quant à la manière de trouver son élève. Harry Potter était en Angleterre, oui. Cette partie de la recherche avait été très facile. Un simple sort de recherche lui avait dit ça. Découvrir quelque chose d'autre s'était avéré un petit peu plus dur. Il avait fait rechercher en profondeur toutes les écoles moldues, internats et externats. Aucune n'abritait son élève. Madame Dursley avait bien caché le garçon et à présent Dumbledore ne pouvait pas trouver son étudiant ! Il y avait un élément inconnu qui agissait, gênant tous ses gestes. Quelque chose bloquait ses efforts. Il hésitait à dire que c'était ses propres protections (comme c'était embrassant qu'elles ne l'écoutent pas), mais il devenait de plus en plus probable que les protections qu'il avait mis en place pour garder une trace d'Harry travaillaient à présent contre lui.

Fudge devenait de plus en plus exigeant chaque jour. Il voulait voir Harry Potter et était prêt à prendre des mesures draconiennes pour le faire. Dumbledore avait réussi à le contrecarrer pour le moment, mais il devenait plus difficile de le faire. Il avait gagné le soutien du Magenmagot et ils étaient eux aussi anxieux de voir Harry Potter et de lui parler, s'ils le pouvaient. Leur excuse ? Son bien-être. Il semblait penser que Dumbledore mettait d'une certaine manière en danger son bien-être en « l'isolant de ses pairs et du soutien mental supplémentaire. » Dumbledore eut un sourire narquois et laissa tomber la lettre de l'organe dirigeant sur son bureau. Le Magengamot créerait une émeute s'ils savaient que le jeune Potter avait disparu. Des Aurors seraient lâchés sur les moldus et écoles qui ne soupçonnaient rien, juste pour localiser l'enfant. Un enfant profondément agaçant que Dumbledore ne pouvait pas trouver !

Dumbledore tourna sa carte de Chocogrenouille et dit un sort. Les industriels l'enlèveraient des cartes s'ils savaient à quel but il employait ses images tous les jours. Il avait entendu les rumeurs de son omniscience. Il était épaté de découvrir que personne n'avait encore deviné comment il savait ce qu'il savait sur ses élèves quand ils arrivaient à Poudlard. Il tapota sa baguette sur la surface de sa carte et commença à feuilleter à travers les images que ses représentations avaient prises pour lui. Il n'utilisait seulement ça qu'en des circonstances extrêmes, mais c'était un moyen de garder un œil sur ses enfants. Si Harry Potter avait touché une carte de Chocogrenouille, ou même s'il avait été dans une grande proximité ces derniers mois, Dumbledore aurait une image avec laquelle travailler. Il fit le chemin en arrière à travers les images, laissant tomber chacune quand il ne voyait la signature d'Harry dans aucune d'elle.

Presque une heure passa avant qu'il ne vienne sur une image possible. Il y avait une signature qui semblait similaire à celle d'Harry. Elle différait juste très légèrement de celle du garçon, mais la différence pouvait être expliquée par presque n'importe quoi qui dérangeait le petit, du stress à la faim ou même une joie extrême. Le visage qui tenait la carte ferma l'affaire. Le visage d'Hermione Granger apparut devant les yeux de Dumbledore. Il apparaissait qu'elle parlait à quelqu'un. Elle savait où était Harry ! Dumbledore se renfonça dans son fauteuil et se sourit à lui-même. « Je pense que nous pourrons peut-être le trouver, Fumseck » dit Dumbledore à son compagnon. Le phœnix poussa quelque note et remit son bec sous son aile.

Dumbledore écrivit une note pour Minerva avec une requête de la voir le plus tôt possible au matin. Elle était la Directrice de Maison du garçon après tout et elle devrait le connaître mieux que tous les autres professeurs. Elle saurait si le garçon essayait ou non de revenir à Poudlard et, si c'était le cas, comment ils pourraient l'aider. Il était prêt à tout essayer pour trouver le garçon. Il s'était tant appuyé sur Remus ces derniers temps qu'il ne voulait pas trop l'épuiser. Remus avait l'air particulièrement fatigué récemment et n'était pratiquement jamais à la maison. Bien qu'il reçoive un petit salaire pour ses services dans l'Ordre, ce n'était pas assez pour le supporter et il s'était trouvé un emploi à temps partiel dans le monde Moldu qui lui permettait de prendre en compte ses demandes de pleine lune. Il était content pour le loup-garou, il l'était vraiment, mais Remus était tellement occupé que c'était une gêne pour l'Ordre.

Dumbledore s'éloigna de son bureau et alla vers les étagères qui portaient ses instruments. Il les regarda un long moment avant de décider que rien ne pouvait être fait pendant le reste de la nuit. Il envoya sa note à Minerva et décida d'aller se coucher. Il se sentait optimiste sur la situation à présent. Harry serait à la maison bientôt et tout irait bien.


« Je veux que tu reviennes si tu commences à te sentir faible ou fatigué » dit le Docteur Lansky une fois qu'il eut fini d'examiner Harry.

« Oui, monsieur » agréa Harry. Tout pour sortir de l'infirmerie ! Il se sentait bien et voulait juste retourner en classe et avec ses amis. Etait-ce trop demander ?

« Très bien. Sors d'ici. » Le Docteur Lansky ébouriffa les cheveux d'Harry et le poussa légèrement vers la porte. C'était toute l'invitation dont avait besoin Harry. Il mit son sac à dos sur ses épaules et courut presque le long des couloirs pour s'éloigner du médecin. Ce n'était pas qu'il n'aimait pas le Dr Lansky. Loin de là. L'homme avait d'excellentes manières pour s'occuper de lui et pouvait voir ce dont il avait besoin sans beaucoup d'efforts. Il semblait aussi savoir jusqu'où pousser Harry et quand le laisser tranquille. Harry n'aimait juste pas être à l'hôpital.

Le petit-déjeuner venait juste de finir à la cafétéria et Harry fut relâché à temps pour participer à ses classes comme d'habitude. Il avait manqué ses classes pendant qu'il était avec Bleys. Harry déplaça ses pensées de son vieux mentor et se concentra plus sur où il devait être. Mardi ? Espagnol à neuf heures. Il tourna dans le bon couloir et rentra presque dans quelqu'un. « Evan ! » Harry tendit la main et attrapa Julie alors qu'elle trébuchait.

« Désolé, s'excusa-t-il en la redressant. Je réfléchissais. » Ce n'était pas la meilleure excuse qu'il avait jamais utilisée, mais c'était mieux que rien.

« Ca va, dit-elle en lui adressant un petit sourire. J'ai entendu que tu étais encore à l'infirmerie. Je suis contente que tu ailles bien. »

Harry acquiesça et lui adressa un sourire penaud. « J'ai passé la moitié de ma vie entre les mains des médecins, confia-t-il. Merci quand même. » Le silence tomba à nouveau entre eux deux. Il y avait quelque chose qu'Harry voulait dire, mais il ne pouvait pas s'en rappeler.

« Et bien, il est presque l'heure d'aller en cours. Je te verrai plus tard ? » demanda-t-elle en reculant d'un pas.

« Hein ? » Arrête de rêvasser ! « Oh, bien. Je te verrai plus tard. » Harry fit deux pas avant de s'arrêter et de se retourner. « Julie ? » Julie s'arrêta et se retourna. « Heu, je… » Il laissa sa phrase en suspens et la fixa quelques secondes. Tu es un idiot, Harry Potter ! Demande-lui juste ! Le pire qu'elle peut dire est non ! « Je me demandais si tu avais un cavalier pour le bal d'Halloween ? » Voilà. C'était à elle maintenant.

« Non, pas encore. Pourquoi ? » Bien. Potter, tu dois lui demander !

« Aimerais-tu venir avec moi, dans ce cas ? » Harry croisa mentalement les doigts. Il regarda le visage de Julie devenir pensif. Est-ce qu'on apprenait à toutes les filles comment faire ça, comme un moyen de s'assurer qu'un homme leur demandant de sortir soit aussi nerveux que possible ?

« Je ne suis pas intéressée par une relation en ce moment » dit-elle lentement, comme si elle avait peur de blesser ses sentiments.

« Oh ! Moi non plus, honnêtement. Tu sais, j'ai juste pensé qu'y aller en tant qu'amis serait amusant. Tu as toujours quelqu'un avec qui danser comme ça » admit-il.

« Bien sûr, dit-elle avec un grand sourire. J'aimerais y aller en tant qu'amis. » Elle jeta un coup d'œil à sa montre et soupira. « Je dois y aller. »

« Rendez-vous vendredi à sept heures et demie devant le gymnase ? » demanda Harry en commençant à reculer.

« Oui. A vendredi Evan. » Julie se dépêcha de partir avec un sourire et un signe de la main alors qu'Harry se tournait et allait dans sa classe. Il essaya de se dire que ce n'était qu'un truc 'd'amis' et qu'il ne devrait pas être aussi excité. Il voulait être très calme à ce sujet. Il ne pouvait juste pas empêcher le sourire cruche sur son visage ni son pas léger. Il arriva en classe et dansa presque sur sa chaise.

« Qu'est-ce qui te rend si heureux ? » demanda Insecte avec sa mauvaise humeur du matin.

« J'ai une cavalière pour le bal » admit Harry, toujours un peu hébété à cette idée. C'était tellement facile d'inviter quelqu'un. Qu'est-ce qui avait été si dur en quatrième année ?

« Quoi ? Qui ? » Insecte se réveilla et fixa Harry.

« Julie. C'est juste un truc 'd'amis', mais au moins comme ça, nous aurons tous les deux quelqu'un avec qui danser. »

« Tu sais danser ? » demanda Insecte dans un murmure.

« Pas toi ? » répondit Harry avec étonnement.

« Non. Je n'ai jamais appris » admit Insecte.

Harry combattit son amusement (il ne se souvenait que trop bien de sa quatrième année) et sourit à son ami. « Ce n'est pas dur. C'est juste différent. » Leur professeur entra dans la salle à ce moment et finit les conversations. « Je te donnerais quelques trucs plus tard » murmura Harry en sortant son cahier. Insecte lui adressa un sourire reconnaissant et retourna son attention vers son professeur. Il avait un rendez-vous pour le bal de l'école et était impatient d'avoir son costume de Dark Vador. Danser serait un peu dur avec le costume, mais il espérait intimider tous ceux qui disaient que Dark Vador ne pouvait pas danser. Il essaya d'imaginer un Dark Vador valsant et explosa presque de rire. Dark Vador valsant. C'était une image que Paul apprécierait.


« Vas-tu me dire ce qu'il s'est passé ? » demanda Paul à l'adolescent en face de lui. Harry arrêta de regarder ses mains. « Ou dois-je deviner ? »

« Que veux-tu dire ? » Harry venait juste de s'asseoir. Que s'était-il passé que Paul voulait savoir ?

« Tu ne te souviens pas avoir eu un cauchemar plutôt intense la nuit dernière ? » demanda Paul avec incrédulité.

« Ah, ça. » Harry haussa les épaules. « Ce n'était rien de grave. J'ai déjà eu des cauchemars… » Harry laissa sa phrase en suspens et regarda par terre.

« Depuis combien de temps est-ce que cela dure, Harry ? » demanda Paul en se déplaçant pour s'asseoir à côté du garçon sur le canapé.

« Euh… Ce n'est rien. Je vais bien. »

« Harry, tu ne vas pas bien, dit Paul en secouant la tête. Loin de là, particulièrement si tu gardes pour toi des choses comme ça. »

« Ce n'est pas un gros problème, insista Harry en se levant. Est-ce que je peux prendre Zen ? » Paul étudia Harry et acquiesça. La distraction pourrait aider Harry à s'ouvrir. Harry sortit le serpent de sa cage et lui permit de s'enrouler autour de son bras.

« Est-ce que tu te souviens avoir eu un cauchemar hier soir ? » essaya à nouveau Paul.

« Je me souviens avoir rêvé » lui dit Harry en caressant le serpent. Zen poussa un sifflement qui sonnait comme s'il était incroyablement heureux et ne voudrait pas quitter les bras et les caresse d'Harry. « C'était effrayant, mais c'était tout. »

« Juste effrayant ? » Paul sortit une cassette et la montra à Harry. « Puis-je te faire entendre quelque chose ? » demanda Paul en tenant la cassette. Harry acquiesça. Paul mit la cassette dans un magnéto et appuya sur play.

Harry fixa le magnéto en entendant sa propre voix sortir du haut-parleur. Il finit sur le canapé à côté de Paul. Il secoua la tête et détourna les yeux du magnéto. Il ramena ses jambes vers lui et mit sa tête sur ses genoux. Zen quitta le bras d'Harry et s'installa sur le canapé à côté de lui, lui sifflant quelque chose. « Je comprends pourquoi tu es inquiet maintenant. Je ne me souviens pas du rêve. Je sais juste que je rêvais et que j'étais bouleversé. Je ne me souviens pas des détails » admit Harry.

« Aucun détail ? » Paul supposa que ça avait du sens. Il y avait des fois où il ne pouvait pas non plus se souvenir de ses rêves. « Juste ce rêve ou tous tes rêves ? »

« Je ne me souviens pas de la plupart de mes rêves, confessa Harry. Quelques fois je me souviens d'une phrase ou d'une scène, mais c'est tout. » Harry prit Zen et le caressa. Quelques fois, je me souviens du rêve en entier. La plupart du temps, je ne peux pas me souvenir d'une seule chose. »

« Hum. Je comprends pourquoi tu n'avais pas l'air inquiet, offrit Paul comme compromis. Est-ce que tu te souviens avoir eu ces sentiments sur le tournoi ? »

« Je savais que j'étais hors de ma catégorie. Je ne voulais vraiment pas participer. C'était déjà assez difficile de m'intégrer avec les enfants des autres écoles qui me fixaient. Je t'ai dit que nous avions des élèves étrangers à ce moment là ? »

« Oui, tu me l'as dit, le rassura Paul. Donc, tu ne voulais pas participer ? »

« Des gens sont morts pendant ce tournoi. C'est pour ça qu'ils avaient arrêté de l'avoir au début. L'année où j'ai participé était la première depuis un moment et ils n'en ont pas eu d'autres depuis. » Harry haussa les épaules. « L'âge limite était là pour s'assurer que personne ne serait sérieusement blessé. Je suppose qu'ils se sont dits que tous ceux qui avaient dix-sept ou dix-huit ans connaissaient autant de magie qu'ils le pouvaient. Je n'avais que quatorze ans. Je savais que je ne pouvais pas rivaliser avec la magie de quelqu'un qui avait au moins trois ans d'éducation de plus. »

« Ca a dû être beaucoup de pression » dit Paul d'une voix calme.

« C'était horrible. J'étais proche comme ça » Harry tint deux doigts distants d'un millimètre « de quitter Poudlard, juste pour ne pas avoir à participer. Mais ce n'était pas vraiment une option. »

Paul remit son stylo sur son bureau et ferma son cahier. « Pourquoi pas ? »

Harry adressa un étrange regard à Paul avant de caresser Zen. Il haussa les épaules et laissa le silence s'installer. Paul attendit patiemment qu'Harry en vienne à une réponse et sa patience fut récompensée. « J'aurais dû retourner chez les Dursley et ils n'auraient pas aimé ça du tout. Ca aurait été dur d'aller dans une école Moldue après tant de temps à Poudlard et Oncle Vernon aurait été très en colère contre moi. »

« Pourquoi ton oncle serait-il en colère contre toi ? » Paul étudia Harry pendant que le garçon réfléchissait à sa réponse. Il était tendu, oui, et prudent, mais il voulait toujours parler et c'était la seule chose importante pour le moment.

« Mon oncle ne m'aime pas, répondit Harry avec un soupir, ni tout ce qui est magique. Je suis les deux. » Il eut un drôle de sourire. « Je suis moi. » Il secoua la tête et se mit à nouveau en boule sur le canapé. « Je ne pouvais pas retourner à ça. »

« Que penses-tu de lui maintenant ? »

Harry lui adressa un autre regard étrange avant de détourner les yeux. Il haussa les épaules et passa un doigt sur la tête de Zen. Celui-ci poussa un sifflement doux et ferma les yeux de plaisir. Harry eut un sourire narquois à quelque chose que le serpent dit et il lui répondit avant de reporter son attention vers Paul. « Il est toujours le même homme. Tante Pétunia a dit qu'il allait essayer. Je suppose que c'est ce qui est important, pas vrai ? »

« Que penses-tu ? » rétorqua Paul.

Harry regarda dans le vide plusieurs minutes avant de parler. « Pouvons-nous discuter d'autre chose ? » Paul acquiesça et chercha un sujet. Il savait qu'Harry détestait parler de sa famille. C'était la plus longue discussion qu'il avait avec Harry sur un membre de sa famille qui n'était pas Pétunia. C'était un progrès. Pas un gros, mais un progrès. Peut-être qu'Harry voudrait s'ouvrir plus tard.

« J'aimerai parler un peu plus de tes rêves. » Il observa la réaction d'Harry. Il était prudent, mais acceptant. Paul continua : « Je pense qu'ils peuvent être un signe que quelque chose ne va pas dont tu n'as même pas conscience, expliqua-t-il. Ca pourrait être pourquoi tu n'es pas capable de t'en souvenir quand tu es réveillé. » Le visage d'Harry était pensif et concentré. « Je doute que tu ais une réaction aussi étrange dans un rêve si ce n'était pas quelque chose que tu n'exprimais pas alors, quelque chose que tu avais besoin d'exprimer. »

« D'accord. Qu'est-ce que ça veut dire ? » demanda Harry alors que Zen s'enroulait sur ses épaules.

« Tu as tendance à intérioriser tes émotions, pas vrai ? » dit Paul en se tournant vers le mini-frigo pour en sortir de l'eau. Il tendit une bouteille à Harry et en prit une pour lui. Harry acquiesça en signe d'agrément à la déclaration de Paul. « Ca revient tout plus tard en un coup, n'est-ce pas ? »

« Quelques fois » dit lentement Harry, attirant les mots presque comme s'il n'était pas d'accord avec eux. Paul haussa un sourcil et regarda Harry. Harry vit le regard et capitula. « Tout le temps » répondit-il honnêtement.

Paul lui adressa un sourire. « Imagine qu'une partie de ces sentiments intériorisés se séparent du reste et s'enterrent, suggéra Paul. Tu les as oubliés et donc as oublié les sentiments et circonstances sous lesquelles tu les as ressentis. »

« C'est possible » dit doucement Harry avant de se transformer en Harry la Balle. Paul le laissa tranquille. C'était un sujet assez difficile et il voulait Harry aussi à l'aise que possible. Les barrières ne lui feraient pas de mal pour le moment.

« Et bien, ce que je pense est que tu as des parties de ton passé qui étaient trop pour toi, auxquelles il était trop difficile pour toi de faire face, et que tu as simplement réprimé ces sentiments pour survivre » dit Paul, faisant signe à Harry de boire un peu d'eau. Harry obéit à l'instruction de Paul.

« Qu'est-ce que ça veut dire ? »

« Tu as des sentiments et des choses comme ça que tu as oublié et dont tu ne peux à présent plus te souvenir, parce que tu as choisi de ne pas te souvenir d'eux » expliqua Paul.

« Est-ce que je pourrais avoir oublié quelque chose d'important ? » demanda Harry en abandonnant son étude des écailles de Zen pour regarder Paul.

« Tu te souviens de choses de ta quatrième année, correct ? » Harry acquiesça et se rassit un peu plus droit. « Combien de détails as-tu ? »

« Que veux-tu dire ? » demanda Harry, les sourcils froncés de confusion.

« Est-ce que tu te souviens, par exemple, de ce que tu as mangé le jour de la première tâche ? »

« J'ai tendance à y aller sans m'alimenter quand je suis nerveux. Je ne pense pas avoir mangé du tout » admit Harry. En quoi se souvenir ce qu'il avait mangé avait à voir avec quoi que ce soit ? Il ne pouvait pas se souvenir ce qu'il avait mangé ce matin, encore moins un matin il y a plus d'un an !

« De quoi te souviens-tu ? » le pressa Paul.

« D'un dragon avec d'immenses griffes, de grandes dents acérées, une queue, et qui pouvait voler, expliqua Harry. Je ne vois pas ce que ça a à voir avec quoi que ce soit. » Il remit ses pieds par terre et soupira. Que diable essaie de dire Paul ?

« Est-ce que tu te souviens de quoi que ce soit d'autre ce jour là en plus du dragon ? » demanda calmement Paul, essayant d'atteindre un ton apaisant pour aider Harry. « Ou après ? Directement après ? »

Harry permit à ses yeux de se fermer et essaya de se souvenir ce que Paul lui avait demandé. Qu'avait-il fait ce matin là avant de faire face au dragon ? Hermione et lui avaient parlé pendant un moment… des élèves excités… n'y avait-il pas eu une fête ce soir-là ? Ou étais-ce après la seconde tâche ? Rita Skeeter n'avait-elle pas été là ? Cette horrible interview ? Quand était-ce arrivé ? Pourquoi ne pouvait-il pas se souvenir ? Réfléchis, Potter ! Tu peux te souvenir de ça ! Harry lutta au travers ses souvenirs jusqu'à ce qu'il ait mal à la tête. Il ouvrit les yeux et secoua la tête. « Pourquoi est-ce que je ne peux pas me souvenir ? » murmura-t-il. Il avait presque peur d'entendre la réponse.

« Tu as réprimé des choses qui étaient trop pour toi. La tâche, tu t'en souviens, parce que c'était le point central. C'était renforcé par ceux autour de toi. Tes propres sentiments, colère, peur, ressentiments, toutes les choses comme ça, ont été réprimés pour te permettre de répondre comme les autres espéraient que tu le ferais. Tu es très bon pour lire ce que les autres veulent de toi et réagir comme ils le veulent. Ce qui est important maintenant est de retrouver ces souvenirs pour que tes sentiments sur les évènements passés aient du sens pour toi. »

« Comment faisons-nous ça ? » demanda Harry, entièrement emballé par l'idée. Il aimerait savoir pourquoi il avait tant de colère contre ce qui était arrivé cette année là. Et comprendre pourquoi Dumbledore était aussi prudent en cinquième année et pourquoi il n'avait pas vraiment parlé avec moi. Il a dit qu'il avait des raisons, mais elles ne peuvent pas toutes avoir été mauvaises, pas vrai ? Il aurait pu prendre quelques minutes pour expliquer les choses mieux qu'il ne l'a fait !

« Nous avons plusieurs options disponibles. Nous aurons juste besoin d'en essayer une et de voir ce qui arrive » dit Paul avec un sourire rempli d'espoir.

« Quelles sont-elles ? » demanda Harry en se levant pour remettre Zen dans sa cage. « Les options ? » clarifia-t-il.

Paul attendit jusqu'à ce qu'Harry se rassoie. « Hum. Il y a plusieurs moyens d'aborder le problème. Nous pouvons parler et j'essaierai de réveiller les souvenirs, les petits détails, par des questions. Quelques fois, c'est la seule chose nécessaire et tu te souviendras de tout par toi-même. Les rêves en eux-mêmes vont aider. Je pourrais mettre un enregistreur dans ta chambre pour que tu puisses entendre les choses que tu dis dans tes rêves. Il y a même l'hypnose, mais j'aimerais garder ça comme dernier recours. L'esprit humain, malgré toutes les études faites dessus, reste toujours un mystère, et je n'aime pas aller cabrioler dans la tête de quelqu'un sans une idée précise de ce que je dois faire. »

« Que recommandes-tu ? »

Paul se renfonça dans son siège et secoua la tête. « Ca ne m'importe pas. Tu vas être celui qui fera tout le travail, tu te souviens ? C'est ta thérapie. Qu'est-ce qui serait le plus facile pour toi ? » Paul voulait qu'Harry décide par lui-même sur ce sujet. Personnellement, il aimerait voir ce qu'Harry gardait derrière son masque (et ainsi répondre aux nombreuses questions qu'il avait actuellement), mais il resterait dans ce qu'Harry voulait. Il ne dirait pas non pour jeter un œil dans la tête de l'adolescent mais il résista à l'envie de diriger le garçon vers le chemin le plus facile. Si c'était même le plus facile. En fait, peu de personnes réussissaient une thérapie avec l'hypnose et certains ne pouvaient pas être hypnotisés du tout. Il était curieux de savoir à quel groupe appartenait Harry.

« Si nous parlons, comment le ferons-nous ? » demanda Harry en cherchant dans son sac. Il sortit son cahier et fit cliquer son stylo pour pouvoir écrire.

« Juste comme nous le faisons maintenant, mais nous nous concentrerions sur des évènements et je dirigerais la discussion sur les détails. Les choses dont tu ne te souviens que vaguement ou les évènements pour lesquelles tu as des sentiments contradictoires mais dont tu ne peux pas te souvenir pourquoi. Je suppose qu'il y a plusieurs évènements ? » Harry acquiesça avec enthousiasme. « C'est ce que je pensais. Ce serait principalement des questions réponses jusqu'à ce que tu te souviennes de tout ce que tu peux. »

Harry acquiesça et écrivit plusieurs choses dans son cahier. « Et les enregistrements ? Comment cela marcherait-il ? »

« Je placerais un magnéto dans ta chambre la nuit, quelque part près de ton lit. Nous écouterions tes cauchemars et tout ce que tu dis pendant la nuit. Nous écouterions la cassette le lendemain et essaierions de comprendre ce qu'étaient tes sentiments et ce dont tu ne te souviens pas là-dessus » expliqua Paul.

« Et l'hypnose ? » demanda Harry.

« L'hypnose est une technique très ancienne. Il y a des personnes qui ne peuvent pas être hypnotisées, l'avertit Paul. Une technique commune de l'hypnose est la régression. Ce que ça veut dire c'est, qu'une fois hypnotisé, je te ramènerais à ton état d'esprit au moment de l'évènement et là j'inclurais un déclencheur pour que quand tu te 'réveilles', tu te souviennes non seulement de tout, mais aussi de tes sentiments impliqués. C'est dur, parce que tu auras tous ces souvenirs et sentiments qui te sembleront nouveaux. Ca pourrait prendre un peu de temps pour complètement accepter les souvenirs et les sentiments. »

« Pourquoi certaines personnes ne peuvent-elles pas être hypnotisées ? »

« Nous ne sommes pas sûrs. » Paul se passa une main dans les cheveux. « Certains psychologues pensent que c'est parce que la personne n'y croit pas. D'autres ont le sentiment que le sujet a une volonté particulièrement forte, et d'autres encore pensent que seul un certain type de personne est capable de suivre la procédure. » Il vérifia l'heure. Il leur restait encore quelques minutes, et il y avait tellement plus qu'il voulait couvrir avec Harry aujourd'hui.

« Penses-tu que je pourrais être hypnotisé ? » demanda Harry, juste comme Paul pensait qu'il le ferait.

« Je ne vais pas répondre à ça » dit Paul en secouant légèrement la tête. « Je ne veux pas que tu ais d'idées préconçues à ce sujet si c'est notre option, expliqua-t-il. J'ai peur que notre temps soit écoulé, petit. » Harry acquiesça et ferma son cahier. « Tu dois aller en classe. Arts martiaux, n'est-ce pas ? »

« Oui. Sensei va être dur à l'entraînement aujourd'hui, se plaignit Harry. Il n'a pas pu se défouler sur moi pendant deux jours. »

« Oui, ce truc étrange de coma, acquiesça Paul. Ce doit être un de ces rêves dont tu ne te souviens pas » commenta-t-il. Il vit le visage d'Harry changer, comme s'il avait quelque chose à dire. « Ca va Harry ? » Il tressaillit presque de choc quand il vit le vieux masque d'Harry glisser en place.

« Bien, répondit le garçon avec un petit sourire. Je te verrai plus tard ? » demanda-t-il en se levant et en mettant son sac à dos sur ses épaules.

« Assieds-toi » demanda Paul. Harry s'arrêta et regarda le visage de son thérapeute. « Ce drôle de petit coma est quelque chose dont nous devons parler. Il y a quelque chose que tu ne me dis pas. »

Harry se laissa glisser sur le canapé avec une seule pensée en tête. Et maintenant ?


Et un grand merci à Cyzia qui a eut l'extrême gentillesse de se proposer pour être ma bêta.