Bonsoir tout le monde!

Je suis sincèrement désolée pour le petit retard! J'espère que vous ne m'en voudrez pas trop...

Je me suis retrouvée à couper ce chapitre en 2 parties parce qu'il aurait été beaucoup trop long sinon (et aussi parce que je n'aurais pas pu publier la suite aujourd'hui ^^). Je vais essayer de terminer le prochain pour ce dimanche, mais je ne vous garantie rien!

Sinon, je sais que je le répète toutes les semaines, mais merci pour tous vos retours! Merci de prendre la peine et le temps d'écrire vos avis chaque semaine, c'est toujours un plaisir de vous lire! Bon, je n'ai pas eu le temps de vous répondre cette semaine mais promis, je me rattrape au prochain!

Et, je vous ai quand même fait un petit teaser pour le prochain chapitre dispo à la fin de celui-ci!

Bonne soirée et bonne lecture à vous!

LSAfor

PS: As usual, un grand merci à jenkus pour sa correction!


Chapitre 12:

Alors que les chuchotements autour d'elle se faisaient de plus en plus nombreux, Lexa détourna les yeux des doubles portes derrière lesquelles Clarke venait de disparaitre et fit volte-face pour remonter dans l'ascenseur. Elle appuya sur le bouton du 58ème et serra du poing tout au long de l'ascension. Arrivée à l'étage, elle sortit de la cabine et s'avança d'un pas décidé sans accorder la moindre importance aux gens qui l'entouraient et qui la fixaient curieusement. Elle passa devant son bureau sans s'arrêter et ne s'immobilisa que lorsqu'elle arriva devant la porte de celui de son assistante. Sans prendre la peine de toquer, elle actionna la poignée et pénétra à l'intérieur. Costia, qui se trouvait derrière son bureau, se leva immédiatement en la voyant, une expression penaude sur le visage.

- Je suis vraiment désolée, déclara-t-elle.

- Pourquoi tu es là? questionna Lexa froidement, ignorant délibérément ses excuses.

Costia fronça des sourcils et pencha légèrement la tête sur le côté, illustrant ainsi une confusion évidente.

- Pardon?

Lexa sentit sa rage augmenter de plus en plus. Le regard un peu plus perçant, elle se mordit l'intérieur de la joue et s'avança à l'intérieur.

- Qu'est-ce que mes parents t'ont demandé de faire? demanda-t-elle lentement. Qu'est-ce qu'ils t'ont promis?

La confusion de Costia s'accentua un peu plus. Elle secoua légèrement la tête avant de regarder de nouveau Lexa d'une expression perdue.

- Je ne comprends vraiment pas, répondit-elle. Qu'est-ce que tes parents viennent faire dans l'histoire?

- Tout! s'exclama Lexa en colère. C'est eux qui sont derrière ton embauche! Ils ont tout calculé! Ils savaient que ta présence foutrait le bordel entre Clarke et moi, j'en suis sûre! Alors dis-moi ce qu'ils t'ont promis!

Il était évident pour Costia que cette histoire atteignait énormément Lexa. Elle le voyait parfaitement. Elle fit un pas hésitant dans sa direction avant de s'arrêter, ne voulant pas la braquer plus.

- Lexa… prononça-t-elle doucement. Je te jure que je ne suis complice de rien du tout. Je n'ai jamais eu affaire à tes parents et on ne m'a jamais rien proposé d'autre que le travail d'assistante personnelle… Je ne te ferais jamais ça…

Elle glissa une main dans ses cheveux avant de la laisser retomber d'un geste défaitiste et d'ajouter:

- Si ma présence t'apporte des problèmes, je peux partir… Ton amitié compte beaucoup plus que ce travail et je n'ai jamais voulu te causer de soucis avec Clarke…

Lexa la dévisagea pendant de longues secondes, cherchant le moindre indice qui montrerait qu'elle lui mentait. Mais la seule chose qu'elle trouva dans les yeux de Costia, ce fut une sincérité indiscutable et il ne lui en fallut pas plus pour la croire.

- Okay… se contenta-t-elle de répondre.

Elle poussa ensuite un profond soupir saccadé avant de se laisser tomber sur un des sièges face au bureau. Puis, elle enfouit son visage dans ses mains d'un geste dévasté, sa colère ayant laissé place à ses remords. Ses épaules s'affaissèrent, sa gorge se serra un peu plus et son cœur se fit un peu plus douloureux.

- Elle m'en veut à mort… murmura-t-elle d'une voix étouffée.

Costia sentit son cœur se briser légèrement face au supplice qu'elle voyait face à elle. Elle hésita avant de venir s'asseoir à côté de Lexa puis, après de longues secondes sans rien dire, elle se décida à rompre le silence.

- Si je peux me permettre… déclara-t-elle d'un ton légèrement incertain. Pourquoi est-ce que tu lui as caché que je travaillais pour toi?

Lexa redressa la tête et la secoua légèrement avant de répondre:

- Parce que je suis une idiote. Parce que, justement, j'espérais éviter cette situation…

- Je suis désolée, s'excusa de nouveau Costia.

Lexa tourna la tête vers elle et lui adressa un mince sourire.

- Ce n'est pas de ta faute, assura-t-elle. C'est de la mienne…

Elle se redressa du siège, lui souhaita une bonne fin de journée et quitta le bureau. Elle se dirigea ensuite vers le sien où dès lors qu'elle arriva à l'intérieur, elle s'empressa de refermer la porte pour se laisser tomber sans cérémonie dans son fauteuil. Un nouveau soupir douloureux s'échappa de ses lèvres tandis qu'elle réfléchissait à ses prochains agissements. Son cerveau sembla déjà le savoir car d'un geste mécanique, elle attrapa son téléphone portable, composa le numéro de Clarke et porta le combiné à son oreille. Sans surprise, elle tomba directement sur messagerie et, alors que la voix mélodieuse de Clarke lui expliquait qu'elle n'était pas joignable et qu'elle la rappellerait si elle laissait un message, Lexa savait pertinemment que ce ne serait pas le cas. Elle ferma les yeux et attendit tout de même que la messagerie automatique se termine.

- Clarke… prononça-t-elle d'une voix tremblotante lorsque le bip de signal retentit. Je – je suis désolée… Je sais que tu m'en veux et que j'ai merdé et – et que tu ne veux pas me parler mais je… Laisse-moi juste t'expliquer, s'il-te-plait…

Elle se mordit l'intérieur de la joue et prit une profonde inspiration avant d'ajouter d'une voix un peu plus brisée:

- Je t'aime, Clarke… Plus que tout…

Ses doigts se serrèrent autour du téléphone et elle eut l'impression de puiser au plus profond d'elle-même pour réussir à l'éloigner et à raccrocher.

Elle fixa ensuite l'écran puis, sans réellement réfléchir, parcourut la liste des contacts jusqu'à trouver celui qu'elle cherchait. Elle appuya sur « Appeler » et reporta le téléphone à son oreille.

- Alexandria…

- Pourquoi avoir embauché Costia? demanda Lexa de but-en-blanc.

Elle n'avait ni la force ni la patience d'échanger la moindre politesse avec sa mère. Elle avait besoin de réponses.

Maintenant.

Mais sa mère ne semblait pas vouloir lui donner ce qu'elle voulait car la seule chose qu'elle lui répondit fut:

- Pardon?

Cherchant à garder son calme, Lexa serra le poing qui ne tenait pas le téléphone et expira fortement.

- Costia Mills, ma nouvelle assistante, dit-elle lentement. Pourquoi l'avez-vous engagée?

- Ce n'est pas plutôt une question que tu devrais poser aux Ressources Humaines? lui répondit sa mère sarcastiquement.

Et il n'en fallut pas plus à Lexa pour perdre le peu de sang-froid qui lui restait.

- Je sais que vous êtes derrière tout ça! s'écria-t-elle, hors d'elle. Depuis le temps que vous vouliez que Clarke et moi rompions, vous saviez que recruter Costia en serait l'occasion parfaite!

- Clarke et toi avez rompu? s'enquit Mme Woods, ne semblant pas le moins du monde déconcertée par la colère de sa fille.

Et cela ne fit qu'énerver un peu plus Lexa qui s'empressa de s'écrier un « Non! » catégorique.

La simple idée de ne plus être avec Clarke avait le don de la rendre nauséeuse.

Non, elles n'allaient pas rompre. Elles ne pouvaient pas rompre. Pas à cause d'une histoire aussi débile...

Elle ferma les yeux et prit une nouvelle inspiration saccadée.

- Clarke et moi allons très bien, déclara-t-elle entre ses dents.

- Alors quel est le problème?

- Cesse de faire semblant de ne pas savoir! fulmina Lexa.

- J'ai beaucoup mieux à faire que t'écouter parler de tes histoires de cœur, Alexandria! commença à s'impatienter Mme Woods. Je ne connais pas ta nouvelle assistante, ton père et moi n'avons rien à voir dans son recrutement. Tu nous as très bien fait comprendre que tu ne voulais pas que l'on se mêle de tes affaires et c'est ce que nous faisons!

Son ton se faisait de plus en plus menaçant mais Lexa ne se démonta pas pour autant. Sentant une adrénaline nouvelle la gagner, elle se redressa de son siège et commença à faire les cent pas avant de répondre.

- Une semaine seulement après notre altercation au sujet de mon couple, mon assistante est promue et obtient la mutation à LA qu'elle demandait sans succès depuis deux ans, énonça-t-elle. On lui demande de venir sur-le-champ si elle veut vraiment ce poste et par conséquent, abandonner celui qu'elle occupait ici, me laissant ainsi me débrouiller toute seule pendant plus d'une semaine. Et, bien sûr, quand on en trouve une nouvelle pour la remplacer, il s'agit de la seule personne susceptible de faire douter ma petite-amie… Et vous voulez me faire croire que tout ceci est le simple fruit d'un grand hasard?

- Il est évident qu'il y a eu des disfonctionnements d'organisation, répondit sa mère dans un soupir agacé. Si tu avais des difficultés, tu aurais dû nous appeler dès le début. Ton père et moi aurions pu rectifier la situation au plus vite et te trouver une nouvelle assistante immédiatement…

Le poing de Lexa se serra un peu plus autour de son téléphone tandis qu'elle se mordait l'intérieur de la joue, sa colère s'agrandissant au fur et à mesure des propos de sa mère.

- Et puis, reprit Mme Woods, s'il suffit qu'une autre femme arrive pour que ton couple soit mis en péril, c'est peut-être qu'il n'est pas aussi solide que tu le penses…

Cette fois-ci, Lexa vit rouge. Ses poings commencèrent à trembler et sa respiration se fit de plus en plus saccadée tandis que sa rage atteignait son summum. Mais elle tenta tant bien que mal de la contenir et serra la mâchoire avant de se décider à répondre.

- Il n'y a rien de plus solide que mon couple avec Clarke, assura-t-elle d'un ton sec.

Elle aimait Clarke et Clarke l'aimait. Il n'y avait rien qui pouvait se mettre entre elles, c'était une des seules choses dans sa vie dont elle était complètement sûre et certaine.

Certes, Clarke lui en voulait et elle le méritait amplement. Elle avait merdé. Clairement.

Mais ce n'était pas pour autant que leur couple était mis en péril, comme était en train de lui dire sa mère.

N'est-ce pas?

Cette pensée l'amena à secouer brusquement la tête. Il était hors de question qu'elle laisse une telle chose se produire. Elle se battrait s'il le fallait.

Et il était hors de question qu'elle laisse sa mère la faire douter.

- Tu sais quoi? déclara-t-elle avant que sa mère ne puisse lui répondre et l'agacer encore plus. Oublie que je t'ai appelée.

- Alexandria – commença Mme Woods.

Mais Lexa l'interrompit.

- Bonne journée, mère… souhaita-t-elle.

Puis sans attendre de réponse, elle raccrocha. Le cœur battant la chamade, elle laissa son téléphone tomber sur son bureau avant d'enfouir son visage dans ses mains et de fermer les yeux. Elle prit une profonde inspiration, bloqua sa respiration pendant quelques secondes puis la relâcha. Elle recommença une fois, deux fois, trois fois. Jusqu'à ce que son cœur retrouve un rythme presque normal. Elle finit par redresser la tête et jeta immédiatement un coup d'œil à la montre se trouvant à son poignet.

Clarke était sûrement arrivée à l'hôpital maintenant et elle se retrouva à faire preuve d'une volonté presque hors norme pour ne pas s'y rendre et lui parler.

C'était une envie qui avait envahi chaque parcelle de son corps, une envie presque lancinante. Mais Lexa savait qu'elle ne pouvait pas y céder.

Elle savait qu'elle ne pouvait pas aller à l'hôpital, déranger sa petite-amie en plein travail et l'obliger à l'écouter.

Elle n'avait aucun autre choix que d'attendre tortueusement.


- Effectivement, tu as bien merdé… déclara Octavia.

Lexa grogna en laissant sa tête tomber contre le comptoir face à elle.

Elle se trouvait en compagnie d'Octavia dans la cuisine de son appartement et venait de passer le dernier quart d'heure à lui expliquer ce qu'il s'était passé le matin même.

- C'est de la faute de mes parents, marmonna-t-elle contre la surface lisse du bar. Je reste persuadée qu'ils sont derrière tout ça…

Octavia, se trouvant de l'autre côté du comptoir, posa ses coudes dessus et poussa un léger soupir.

- Lexa, prononça-t-elle doucement, tu viens de me dire que la DRH t'avait expliquée comment s'était passé le recrutement de Costia et il est évident qu'il s'agit d'un pur hasard…

Lexa tourna la tête de sorte à ce que ce soit sa joue qui soit désormais contre le comptoir et poussa un soupir défaitiste face à la véracité des mots.

Après avoir raccroché avec sa mère, elle avait voulu vérifier ses propos. Elle était donc partie voir la DRH qui lui avait expliqué que Costia avait été recrutée via Columbia.

Effectivement, il arrivait souvent que l'entreprise se rapproche d'universités pour avoir les listings des derniers diplômés à qui elle envoyait des offres d'emplois. Et, pour ce poste-là, la DRH lui avait expliqué qu'elle avait trouvé intéressant de se rapprocher plus particulièrement de son ancienne promo. C'était donc de cette façon qu'elle avait contacté Costia qui s'était tout de suite montrée intéressée. Et vu que son profil avait été un des plus intéressants, elle avait décidé de la recruter.

Et, même si ça l'énervait, Lexa ne pouvait s'empêcher d'admettre que c'était tout à fait plausible et que, peut-être, elle avait été un peu trop parano. Mais il demeurait encore trop de coïncidences pour qu'elle y croie complètement.

- Et puis je suis désolée de te le dire, reprit Octavia la sortant ainsi de ses réflexions, mais, même si tu as raison et que tes parents sont derrière tout ça, tu sais très bien que Clarke ne t'en veut pas pour le recrutement de Costia en lui-même…

Les mots l'interpellant violemment, Lexa releva la tête vers Octavia qui la fixait avec un regard légèrement provocateur. Ses épaules s'affaissèrent et elle acquiesça doucement, sentant une nouvelle boule d'émotion se former au fond de sa gorge.

- Elle m'en veut parce que je ne lui ai pas dit, comprit-elle d'une petite voix.

- Exactement, affirma Octavia.

Ce qui ne fit qu'accentuer le sentiment nauséeux au creux de son estomac.

Peut-être que chercher absolument à accuser ses parents était sa façon d'éviter de faire face à sa propre culpabilité.

Et pourtant les faits étaient bien là, elle était la seule et unique responsable de la situation.

Si Clarke lui en voulait, c'était de sa faute à elle et elle-seule.

- J'ai merdé… soupira-t-elle.

- Tu as merdé, confirma Octavia avec un hochement de la tête.

Ce qui découragea un peu plus Lexa qui posa de nouveau sa tête sur le comptoir contre lequel elle la cogna plusieurs fois.

- Bon sang O! Qu'est-ce que je dois faire?

- Attendre qu'elle daigne t'écouter… répondit Octavia. Et quand ce sera le cas, tu la supplieras de te pardonner, tout simplement.

- Et si elle ne veut pas? demanda Lexa en levant les yeux vers elle.

La frayeur qu'Octavia lut dans son regard lui provoqua un pincement au cœur. La seule fois où elle l'avait vue aussi vulnérable c'était plusieurs mois plus tôt lorsqu'elle l'avait suppliée, sur le palier de sa porte, de la laisser voir Clarke après l'énorme dispute qu'elles avaient eue.

Mais cette fois-ci, contrairement à la dernière fois, Octavia était persuadée que les choses allaient s'arranger.

- Je t'en prie Lexa, c'est de Clarke qu'on parle, déclara-t-elle avec un sourire. Tu as merdé, c'est vrai. Mais tu n'as rien fait d'inexcusable et surtout, tu n'avais aucune mauvaise intention et ça, elle finira par le voir… Et puis, le fait qu'elle soit dingue de toi ne va pas jouer en ta défaveur…

- Tu ne l'as pas vue, répondit Lexa en secouant la tête de droite à gauche. Tu n'as pas vu son regard… C'était comme si – comme si elle ne supportait même pas de – de… me regarder…

Sa voix se brisa en prononçant les derniers mots, ce qui poussa Octavia à se mettre sur la pointe des pieds pour pouvoir poser une main réconfortante sur son épaule.

- Crois-moi, si Lincoln m'avait fait quelque chose dans le genre, j'aurais réagi beaucoup plus violemment. Mais ce n'est pas pour autant que je ne lui aurais pas pardonner… Laisse-lui le temps, elle reviendra…

- Je suis censée la récupérer demain à l'hôpital pour aller passer le week-end avec sa famille dans les Hampton, fit remarquer Lexa. Comment suis-je censée lui laisser le temps?

Octavia se pinça les lèvres et lui répondit par un haussement d'épaules qui la découragea un peu plus. Elle réfléchit pendant de longues secondes avant de pousser un soupir défaitiste et dire:

- Peut-être que je ne devrais pas y aller…

- Tu es folle ou quoi?! s'exclama immédiatement Octavia.

Sa réaction prit Lexa légèrement par surprise. Elle leva les yeux vers elle et lui adressa un regard confus.

- Pourquoi?

- Parce que ça ne ferait qu'empirer la situation! s'insurgea un peu plus O.

- En quoi? répondit Lexa. Je suis sûre qu'elle ne veut pas me voir. Et comme ça je pourrais lui laisser le temps, comme tu m'as dit…

Sa réponse ne fit qu'exaspérer un peu plus Octavia qui hocha la tête de droite à gauche.

- Ma pauvre petite lesbienne inexpérimentée… prononça-t-elle en soupirant.

- Hé! s'indigna Lexa. Je suis loin d'être inexpérimentée!

- En termes de relation si, rétorqua Octavia.

Elle lui adressa un petit sourire avant de reprendre la parole d'une voix lente, comme si elle parlait à un enfant de cinq ans.

- Si tu te défiles, tu ne feras que lui montrer que tu fuis la situation – ce qui n'est pas vrai, je sais, s'empressa-t-elle d'ajouter lorsqu'elle vit Lexa ouvrir la bouche pour protester – mais c'est comme ça qu'elle le percevra et à juste titre… Tu dois lui montrer que tu es réellement investie dans votre relation et que tu ne prends pas la poudre d'escampette à la première dispute… Elle va te faire la tête, c'est sûr. Il y a même de grandes chances qu'elle t'envoie baladé et tu l'auras amplement mérité. Mais, au moins, elle verra que tu es là et c'est exactement ce dont elle a besoin…

Lexa la fixa avec un regard lointain, pondérant longuement ses paroles.

Octavia avait raison, elle ne pouvait pas rester à New-York et laisser Clarke partir chez sa grand-mère seule. Ce serait fuir la situation et elle avait promis à Clarke qu'elle ne le ferait plus…

Elle l'avait fait souffrir et elle allait tout faire pour se faire pardonner, quitte à passer plusieurs jours avec une Clarke l'ignorant complètement et les Griffin qui voudront sûrement lui faire la peau pour avoir fait souffrir leur fille.

- Ce week-end promet… grommela-t-elle.

Ce qui fit rire Octavia qui lui tapota l'épaule d'un geste réconfortant.

- Dis-toi que tu ne seras pas seule, tenta-t-elle de rassurer. Raven vient avec vous demain et Anya, Linc et moi vous rejoignons samedi… Tout va bien se passer…

- J'en doute, répondit Lexa. Mais, tu l'as dit toi-même, quoi qu'il se passe, je l'aurais mérité…

- Effectivement, confirma O dans un nouveau rire. En réalité, celle que je plains le plus dans cette histoire, c'est Raven…


- Vous allez vous faire la tête pendant longtemps encore? lança Raven.

Elle n'obtint aucune réponse.

- Est-ce que je peux au moins savoir pourquoi vous ne vous parlez plus?

Toujours pas de réponse…

- O a bien choisi son jour pour me lâcher… marmonna-t-elle dans sa barbe en croisant ses bras sur sa poitrine d'un geste boudeur.

Elle se trouvait sur la banquette arrière du Range Rover de Lexa avec cette dernière qui conduisait et Clarke à côté d'elle. Elles étaient venues la récupérer chez elle trente minutes plus tôt pour prendre la route pour les Hampton et ni Clarke ni Lexa n'avaient décroché un mot l'une à l'autre depuis, ce qui commençait à réellement lui taper sur le système. Il était évident que le couple était en froid et elle en venait presque à regretter les moments où elles passaient leur temps à s'embrasser…

Décidant qu'essayer d'obtenir la moindre réponse était une cause perdue, Raven s'enfonça un peu plus dans son siège et tourna la tête vers la fenêtre, loupant ainsi le regard furtif que Lexa lança à sa petite-amie.

Clarke, elle, malgré le fait qu'elle avait ses yeux ancrés sur la route, pouvait parfaitement le sentir. Mais elle continua de l'ignorer, même si ça la tuait intérieurement…

Elle détestait cette distance. Elle la haïssait. Mais elle était nécessaire… Ses émotions, ses pensées, ses sentiments étaient tellement en conflit qu'elle ne pouvait faire autrement…

Depuis la veille, elle avait dû écouter le message vocal de Lexa des dizaines de fois. Et, à chaque fois, elle avait été à deux doigts de la rappeler pour lui dire qu'elle lui pardonnait et qu'elle l'aimait aussi. Puis, elle s'était souvenue des paroles de Costia, de la colère et du sentiment de trahison qu'elles avaient causé en elle et elle s'était sentie de nouveau triste et énervée. Elle n'avait pas réussi à se concentrer tout au long de son service, donnant ainsi un prétexte supplémentaire à sa résidente pour la détester plus et lui assigner des tâches aussi désagréables les unes que les autres.

Elle était mal. Vraiment mal. Et la seule et unique personne qui pouvait la faire se sentir mieux était celle responsable de son état.

L'amour... Quel bel oxymore…

Pour ce qui lui semblait être la centième fois depuis qu'elles avaient pris la route, Lexa détourna le regard de la route pour le poser sur Clarke à côté d'elle. Et comme pour toutes les fois précédentes, son cœur se serra douloureusement face à l'ignorance de sa petite-amie.

Elle l'avait récupérée à l'hôpital et avait tenté de lui parler, mais elle n'avait eu aucune réponse et elle se sentait complètement impuissante. Elle avait à peine fermé l'œil de la nuit, se jouant et rejouant inlassablement ce qu'il s'était passé et s'imaginant ce qu'elle pouvait bien faire pour arranger les choses.

Si elle s'écoutait, elle verrouillerait les portes de sa voiture et ne laisserait Clarke sortir que lorsqu'elle lui aurait pardonné. Mais elle savait parfaitement qu'elle ne pouvait pas faire ça. Si Clarke ne voulait pas lui parler, elle se devait de le respecter et d'attendre…

Même si ce n'était pas son genre. Même si elle détestait attendre. Même si elle détestait ne pas avoir le contrôle d'une situation…

Elle allait le faire. Il fallait juste qu'elle apprenne à supporter un peu plus longtemps le trou béant au creux de sa poitrine qui semblait s'agrandir à chaque minute qui passait.

Le reste du trajet jusqu'aux Hampton se passa dans un silence aussi pesant que les trente premières minutes.

Lorsque Lexa gara son 4x4 devant la maison de Mama Griffin, Raven s'exclama un « Dieu merci!» avant de se dépêcher de quitter la voiture. Lexa, elle, resta complètement immobile parce que Clarke n'avait pas bougé non plus. Elles restèrent de longues secondes à leur place sans dire quoi que ce soit. Jusqu'à ce que Clarke rompe le silence.

Sans regarder dans la direction de Lexa, elle déclara d'une voix calme et détachée:

- Je préfèrerais qu'on ne dise rien à ma famille…

Lexa sentit son cœur s'accélérer. D'une, parce qu'il s'agissait de la première fois qu'elle entendait Clarke s'adresser directement à elle depuis la veille et de deux, parce qu'elle ne savait pas si le fait que cette dernière ne veuille rien dire à ses parents et à sa grand-mère était une bonne ou une mauvaise chose. Mais elle garda ses pensées pour elle et se contenta de répondre d'une voix avenante « d'accord… ».

Clarke acquiesça et posa une main sur la poignée de la porte pour l'ouvrir. Lexa se mordit la lèvre et grimaça alors qu'une bataille sévissait à l'intérieur d'elle. C'était peut-être le moment ou jamais… Après une fraction de seconde d'hésitation en plus, elle se décida à tenter le coup.

- Clarke… prononça-t-elle doucement.

L'interpellée ferma les yeux à l'entente de son prénom. Elle adorait l'entendre sortir de la bouche de Lexa. Elle le disait avec une telle révérence qu'elle donnait l'impression à Clarke d'être unique.

- Pas maintenant… se contenta-t-elle de répondre en déglutissant difficilement.

Ses épaules s'affaissant de déception, Lexa laissa échapper la respiration qu'elle avait inconsciemment retenue. Elle fixa le dos de Clarke, impuissante, puis finit par acquiescer avant de se rendre compte qu'elle ne pouvait pas la voir.

- Okay… déclara-t-elle simplement, la boule au fond de sa gorge rendant sa voix légèrement rauque.

Clarke n'ajouta rien de plus et sortit de la voiture, laissant derrière elle une Lexa complètement démunie.


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Prochainement: Jake qui fait une petite gaffe, le Clexa toujours en froid et Mama Griffin qui décide de s'en mêler...