Disclaimer : Vous n'êtes pas au courant ? Harry Potter et tous ses personnages appartiennent à JKR. Et pour ajouter à mon malheur, l'histoire appartient à Emma Lipardi, vu que c'est la traduction de la fic An Aunt's Love.
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« Je pense que tu sais exactement ce qui est arrivé pendant ton coma » dit lentement Paul en ouvrant le tiroir de son bureau. Il en sortit une bougie et des allumettes et les posa sur son bureau. « Plus que ça, en fait » commenta Paul en grattant une allumette. Il jeta un coup d'œil à Harry et approcha la flamme de la mèche. « Je crois que non seulement tu sais exactement ce qui s'est passé, mais que tu nous as volontairement égarés. » Il se renfonça dans son siège et regarda son patient. « Pourquoi… Je ne sais pas. Peut-être pour te protéger, pour nous empêcher de te voir comme différent. Lequel est-ce, Harry ? » Paul devint silencieux, permettant à son regard de communiquer sa patience et sa résolution.
« Je ne sais pas ce que tu veux dire » dit rapidement Harry. Son esprit travaillait secrètement à plein régime, relevant brusquement ses barrières d'Occlumencie et organisant ses pensées.
« S'il te plaît, n'insulte pas mon intelligence » dit calmement Paul alors qu'il se déplaçait pour baisser un peu les lumières. « Pourquoi ne commences-tu pas par le cauchemar que tu as fait ? » Paul attendit qu'Harry réponde.
Harry était assis sur le sofa, se demandant quoi dire exactement à Paul. Lui parler de Bleys et d'une personne qui n'existe qu'entre les couvertures d'un livre, et à présent dans la tête d'Harry, n'était pas une option. Ca ne pouvait pas être une option. Paul penserait qu'il était fou. Fou à lier. Fou du type de Lockhart. « Harry ? » Harry releva la tête de ses mains et rencontra presque le regard de Paul. « De quoi parlait ton cauchemar ? demanda-t-il calmement. Celui qui a causé ton attaque de panique ? »
Le regard d'Harry se déplaça vers la bougie sur le bureau. Il pouvait parler à Paul des cauchemars. Ca prendrait un moment pour en discuter et donnerait à Paul quelque chose sur quoi réfléchir. Harry décida de s'autoriser à parler des cauchemars et espéra que cela suffirait. « J'étais seul. Il n'y avait pas vraiment de pièce ou quoi que ce soit. Juste un espace ouvert, mais je savais ce qu'il y avait dedans. » Harry s'arrêta et regarda la chandelle. La flamme lui rappelait la cheminée dans sa salle commune. « J'ai entendu une voix demander 'Qui es-tu ?' » Il s'arrêta et fixa la bougie, regardant la cire couler d'un côté pour se rassembler en une flaque au fond du bougeoir. « J'ai regardé autour de moi et ai dit mon nom. La réponse a semblé amuser la voix parce qu'elle a gloussé. Elle a ajouté une question. Elle a aussi demandé : 'Que fais-tu ?' » Harry reposa sa tête contre les coussins et commença quelques-unes de ses techniques respiratoires pour rester calme. « Je ne me souviens pas si j'ai répondu cette fois. Alors, il y a eu des miroirs, et même si je pouvais me voir dedans, je pouvais aussi voir des images de moi faisant des choses dans le passé. Il y avait un masque sur mon visage… de mon visage, si ça a du sens. » Paul acquiesça. Oui, ça avait parfaitement un sens. Paul repensa au dessin de la boule de cristal et réprima un frisson. Harry avait beaucoup de masques. La voix d'Harry ramena l'attention de Paul sur le garçon. « Je ne pouvais pas l'enlever. J'ai essayé ma baguette, mais elle s'est cassée en deux et a roulé sous les miroirs. Les glaces ont disparu et Voldemort et Dumbledore étaient tous les deux là, et ils avaient tous les deux leurs supporters. Dumbledore et l'Ordre ; Voldemort et ses Mangemorts. Les deux côtés de la pièce et moi juste au milieu. Ils n'étaient pas en opposition, pourtant… juste tous mélangés ensemble comme s'ils ne savaient pas qu'ils étaient supposés être des ennemis. Dumbledore et Voldemort se sont avancés et ont commencé à me tirer. La voix est revenue et a commencé… à me provoquer, je suppose, dit Harry avec un haussement d'épaules. Il a dit que je causais ce que Dumbledore et Voldemort faisaient. » Paul réprima un sursaut. La voix était un il et Harry le lui avait dit. Bien. Harry continua sans remarquer la réaction de Paul. « Il a dit que j'aimais être le Survivant et encourageais la flatterie autour de moi et les foules de gens. » Harry secoua la tête avec regret et eut un sourire narquois. Il s'arrêta une minute et ne fit que respirer, se demandant comment procéder. Ce n'était pas le rêve qui avait causé son attaque de panique et il n'avait aucune idée de la raison pour laquelle il avait commencé à parler de ça.
« J'ai nié ses déclarations, bien sûr. Il m'a dit quelque chose là-dessus. Le masque se resserrait chaque fois que je lui parlais. Dumbledore me parlait de… quelque chose. Je ne me souviens pas quoi maintenant. Voldemort me faisait la leçon sur les sorts silencieux. La voix continuait de parler à travers tout ça ; il a dit que j'aimais toute l'attention, la presse, être le Petit Golden Boy de Gryffondor, le Petit Chien de Dumbledore. » Harry était parti dans une colère et ne semblait pas capable d'arrêter. Ca convenait bien à Paul, vu qu'il avait besoin de savoir ce qui était arrivé. « Je l'ai nié. Je déteste toute l'attention que je reçois. Je ne veux pas être le Survivant et je lui ai en gros dit que je ne voulais rien de ça. Il m'a dit de faire quelque chose à ce sujet. Quelque chose est arrivée alors. » Paul se demanda si Harry savait qu'il avait juste réussi un jeu de mot intelligent. « De la magie sans baguette. Le masque est tombé, la chaise et les chaînes » quoi ? « qui me retenaient ont disparues, et Voldemort et Dumbledore étaient partis. J'étais épuisé et restais juste allongé là, ne me souciant pas vraiment de ce qui se passait. » Harry refusa d'aller plus loin dans ses rêves. Il avait déjà le sentiment d'en avoir trop dit. Il se détendit un peu et remit ses pieds au sol. Peut-être que Paul le laisserait partir maintenant.
« Qui est-il ? » demanda Paul d'une voix calme.
« Ble… » Harry se coupa.
Paul haussa un sourcil et adressa un regard assez intéressé sur Harry. « Désolé. Je n'ai pas compris. »
Harry secoua la tête et haussa les épaules. « Rien » dit-il à Paul. Il ramena ses jambes à nouveau pour se rouler en boule.
« Qui était-ce, Harry ? pressa Paul. Qui était dans ton rêve ? » Paul rapprocha sa chaise plus près pour être directement devant son patient. « Qui était-ce ? »
« Je ne sais pas » grommela Harry dans sa barbe. Il s'éloigna de Paul et alla au fond du canapé. Il serra ses jambes et essaya de son mieux de disparaître.
« Harry, tu insultes encore mon intelligence. » Harry redressa vivement la tête et fixa Paul. Paul lui adressa un regard. « Tu mens. »
« Je ne mens pas ! » nia Harry. Il détourna les yeux de Paul. Il le savait. Il en avait trop dit et était coincé ici avec Paul essayant d'obtenir des réponses. Il voulait vraiment retourner au lit. Juste se blottir sous les couvertures et ignorer le reste du monde.
« Je te connais suffisamment pour le dire, Harry. Je peux dire quand tu mens, déclara calmement Paul. Pourquoi ne veux-tu pas me le dire ? » Harry ne fit que secouer la tête en réponse à la question de Paul. « De quoi as-tu peur, Harry ? »
La réponse quitta la bouche d'Harry avant même qu'il n'ait conscience qu'elle existe. « Que tu ne me crois pas. » Sa main vint à sa bouche de surprise. Paul lui adressa un regard compréhensif qui aida Harry à se détendre un peu. Il baissa sa main et secoua la tête d'étonnement. « Ce n'est même pas normal dans le monde magique. Comment pourrais-tu comprendre. Tu es un Moldu. »
Paul se renfonça dans son siège aux mots d'Harry. Quelque chose de gros, alors. Quelque chose de gros embêtait Harry. Peut-être quelque chose du genre de ces visions avec Voldemort. « Harry, regarde moi, s'il te plaît » dit Paul aussi calmement qu'il put. Les yeux d'Harry se levèrent pour rencontrer ceux de Paul. « Je te croirai. J'ai appris à m'attendre à l'inattendu de ta part. Je ne vais pas croire que tu es fou, ou cinglé, ou bon à enfermer ou quoi que ce soit de ce genre, expliqua-t-il. Je dois savoir, juste au cas où quelque chose comme ça arrive encore. » Paul mesura Harry du regard et décida de le laisser réfléchir avant de dire quoi que ce soit.
Harry mit son coussin devant lui et réfléchit à ce que Paul avait dit. Il avait dit qu'il le croirait. C'était une promesse, pas vrai ? Il haussa les épaules et soupira. Quel était le pire qui pouvait arriver ? Enfermé comme Lockhart pour le reste de ma vie, le contredit son cerveau. Paul ne ferait pas ça. Harry secoua la tête. Génial. Je me parle à moi-même et me réponds ! Fou à lier, voilà ce que je suis. « J'espère que tu le crois, dit Harry calmement. La vérité est plus fantastique que la fiction. »
Paul sourit à Harry. « Avant de te rencontrer, je ne croyais qu'en la science » lui rappela Paul. « Fais de ton mieux. »
Harry lui adressa un sourire assez malicieux. « Croirais-tu que quelqu'un a vécu dans un de mes livres pendant quelques milliers d'années ? Qu'il m'a possédé et emmené dans ma tête pour m'entraîner à la magie sans baguette ? »
« Oui » dit Paul après une seconde.
Harry cligna des yeux. « Et bien, c'était facile. Pourquoi me croirais-tu ? »
« La dernière fois que tu m'as dit quelque chose de cette manière, non seulement ça s'est avéré vrai, mais j'ai aussi pu voir des Mangemorts. » Paul eut un sourire ironique. « De plus, le professeur Snape a mentionné quelque chose au sujet d'un livre. » Paul eut un air pensif sur le visage. « Un livre t'a vraiment possédé ? »
« Je ne suis jamais normal, dit Harry avec un sourire. Pourtant, je ne suis pas sûr de la manière dont fonctionne ce truc avec le livre » admit Harry.
« Donc, cette personne qui vit dans un livre t'a possédé et emmené dans ta tête pour t'entraîner à la magie sans baguette » imita Paul.
« Ouais, c'est à peu près ça. » Harry haussa les épaules. « Je suis étonné que tu me crois. » Harry évalua Paul du regard.
« Tu vas devoir me faire confiance. » Paul lui adressa un sourire. « Peux-tu me montrer quelque chose que tu as appris ? » Paul regarda Harry se couper un peu du monde. Il ferma les yeux un moment et tendit sa main. Paul sursauta quand des flammes bleues apparurent sur la main du garçon. Il était sur le point de verser le contenu de sa bouteille d'eau dessus quand la voix d'Harry le stoppa.
« Ca ne me brûle pas, dit Harry avec monotonie. C'est une flamme enchantée. Ca produit de la lumière et de la chaleur, mais ça ne me brûle pas. » Harry ferma la main et les flammes disparurent. « J'ai un peu plus de contrôle dessus, maintenant » lui dit Harry avec un sourire léger. « Ca me donne un coup de fouet, une énergie sage. » Paul acquiesça. Harry leva un peu de ses boucliers mentaux pour contrôler ses émotions.
Paul se détendit dans son siège et regarda Harry. « Alors, dis-moi tout ce que tu as fait. Je suis intéressé pour savoir comment on enseigne la magie sans baguette. » Paul sourit alors qu'Harry se détendait sur le canapé et se lançait dans sa dernière aventure.
Harry semblait avoir apprécié son temps avec son « mentor », comme il appelait Bleys. Il lui raconta des histoires de son premier « jour » avec Bleys, riant de lui-même pour être tombé du lit. Paul avait du mal à imaginer Harry en petit enfant, particulièrement vu qu'il agissait toujours avec tellement de maturité, et il le lui dit. « Oh, non, répondit Harry. J'étais adorable enfant. Bleys le disait et tout ce que j'avais à faire était le regarder pour avoir ce que je voulais » confia Harry.
« Je noterai ça : 'Harry : adorable enfant'. » Paul sourit. Harry se détendit et posa sa tête sur son bras. Paul regarda son visage quelques secondes. « Tu t'es souvenu de quelque chose. » Harry releva la tête et haussa les épaules.
« Je suppose que mes émotions se montrent plus facilement maintenant qu'avant que Bleys ne mette la main sur moi. Il m'interdisait de réprimer mes émotions. J'étais supposé exprimer tout ce que je ressentais au moment où je le ressentais. Ca a donné quelques moments intéressants. J'étais comme des montagnes russes… haut et bas, haut et bas. »
« Il se trouve que je suis d'accord avec lui » dit Paul, tendant le bras pour ébouriffer les cheveux d'Harry. Il reçut un regard noir pour sa peine. Ne jamais toucher aux cheveux d'un adolescent.
« Je le pensais, aussi. Je l'ai fait, une fois qu'il en a expliqué la raison. Ca rend la magie sans baguette beaucoup plus facile. Les émotions deviennent le vaisseau, plutôt que la baguette. Tu peux perdre ta baguette, mais les émotions font parties de toi et personne ne peut te les enlever. » Harry devint silencieux et ses yeux retournèrent vers la chandelle. « Bleys a fait quelque chose. Je l'ai haï pour ça, d'autant plus quand j'ai réalisé ce que je pensais de lui. » Harry secoua la tête et la baissa sur ses genoux qui avaient retrouvé leur chemin contre sa poitrine.
« Tu l'aimais ? » Harry redressa vivement la tête avec un regard d'horreur.
« Pas comme ça ! » se hâta de dire Harry pour rassurer Paul. Le thérapeute sourit à la réponse typique d'adolescent qu'Harry lui avait donnée.
« Je ne voulais pas dire ça comme ça, dit-il avec un sourire. Que ressens-tu pour lui ? » Il regarda Harry hésiter, luttant visiblement avec une réponse.
« Je… ressentais. » Harry s'arrêta. Il ne voulait vraiment pas dire ça, vu que ça ne ferait que ramener la douleur dont il ne voulait pas se souvenir. « Il était comme un, heu… » Harry s'arrêta encore. « Tu vas penser que c'est stupide » dit-il avec un rire. Paul ne fit que hausser un sourcil. Harry gagnait du temps et il le savait. « Bien. » Paul sourit. Il connaissait Harry par cœur. « Il était comme un père. Ou ce que je pense qu'un père devrait être en tout cas » admit Harry et il baissa les yeux vers ses pieds. « Je t'ai dit que c'était stupide. »
« Non, lui dit Paul. C'est parfaitement normal. » Il s'avança et tapota Harry sur le genou. Harry releva à nouveau la tête. « C'est parfaitement normal. Je suppose que Vernon n'était pas tellement une figure paternelle. »
« Comment tu sais ça ? » demanda Harry. Paul lui donna un moment pour penser. « Tu es Paul. Tu sais tout. »
Paul sourit et écarta les mains. « Que puis-je dire ? Je suis juste vraiment bon. » Harry eut un reniflement amusé et leva les yeux au ciel. « Maintenant, revenons à Vernon. Comment était votre relation ? »
« Nous n'en avions pas, dit honnêtement Harry. Il hurlait. J'esquivais. C'est à peu près tout. »
« C'est tout ? Tu esquivais ? Qu'est-ce que ça veut dire ? » Paul posa ses questions rapidement, espérant obtenir au moins une réponse d'Harry.
« Pouvons-nous parler de quelque chose d'autre ? » demanda Harry, un peu mal à l'aise avec le sujet. Il ne voulait vraiment pas parler de Vernon pour le moment.
« Très bien. » Paul lança un autre sujet. « Tu as dit que Bleys a fait quelque chose. Qu'a-t-il fait ? » Paul regarda le visage d'Harry passer par plusieurs émotions. Il alla de la peine à la colère et de retour à la peine juste en quelques secondes. Harry ramena à nouveau ses jambes contre sa poitrine et posa sa tête dessus. « Qu'y a-t-il, Harry ? »
« Il m'a enseigné beaucoup de choses sur la magie sans baguette. Je n'ai plus besoin de mot, de geste ou de baguette. Il a essayé de m'apprendre quelque chose et je n'étais pas d'accord avec la méthode. »
« Vas-tu me dire ce qu'il a fait ? » demanda doucement Paul, essayant de s'accorder au ton d'Harry. Celui-ci ne répondit pas. « Harry ? »
« Il voulait que j'apprenne à rejeter le Doloris. » Harry regarda Paul. « Le sort de douleur. »
« Pouvez-vous ? Les sorciers je veux dire. »
« Non. Personne ne peut bloquer le sort. Ou le rejeter. Ce n'est pas censé être possible. »
« J'entends un 'mais' venir » dit Paul avec un brin de perspicacité. Harry haussa à nouveau les épaules et passa ses mains dans ses cheveux. Paul lui accorda un moment. Il savait qu'Harry continuerait à parler, si on lui donnait assez de temps pour trouver ses mots.
« Mais je peux le rejeter, dit Harry avec précipitation. Quelque chose d'autre pour me rendre différent de tout le monde. » Il soupira et s'appuya contre le dossier du sofa.
« Ca semble être une compétence utile, commenta Paul. Comment t'a-t-il appris ? » Paul sursauta presque à l'expression sur le visage d'Harry. Harry avait changé en l'espace de cette question.
« Il me l'a lancé ! » gronda Harry. « J'étais là, acceptant tout ce qu'il m'enseignait, traînant derrière lui comme un chiot perdu, et il était… » Harry s'arrêta. « J'étais stupide, finit-il. Je lui faisais confiance. J'étais stupide et il m'a eu à cause de ça. » Harry frappa le coussin du canapé à côté de lui.
Paul regarda Harry pendant la durée de sa tirade. Harry avait changé, presque en une nuit. Ses émotions n'étaient plus cachées derrière un masque. Il les ressentait vraiment, ne les réprimant pas, et plus que ça, il les exprimait ! Paul se laissa presque glisser au sol quand il réalisa à qui exactement il parlait : il parlait à Harry. Le vrai Harry. Pas de masque. Pas de couverture. Pas de persona. Harry. Il retourna son attention sur lui. « Je pense que je rate quelque chose, dit lentement Paul. Pourquoi est-ce que ce sort, outre le fait que ce soit un sort de douleur, t'affecte-t-il autant ? » Paul regarda Harry devenir rigide. Uh-oh.
« Ce n'est pas un sort normal. Pour certains sorts, tu dis les mots et ils marchent, expliqua Harry. C'est comme ça qu'on commence à Poudlard, tu sais. Des sorts faciles qui n'ont pas besoin de beaucoup de volonté, juste des mots. Le Doloris est différent. Tu as besoin de volonté. Le sort ne peut pas marcher sans. » Harry arrêta de parler et fixa le canapé. « La volonté est importante. Très peu réalisent ça sur le Doloris. Tu dois vouloir que la personne ressente la douleur. Tu dois vouloir causer à la personne la pire douleur possible. »
« Je comprends maintenant » dit Paul en posant une main sur le genou d'Harry.
« Ouais. » Harry regarda Paul pendant une seconde. Il était encore stupide et il le savait. Il avait seize ans, pour l'amour de dieu ! Il ne devrait pas vouloir qu'on le prenne dans ses bras comme un enfant ! Il ne bougea pas, mais Paul sembla sentir quelque chose. Il se leva de son fauteuil et s'installa sur le canapé à côté d'Harry. Il passa un bras autour des épaules d'Harry et tira. Harry fit le reste du chemin et se détendit contre lui. « Ca fait mal » murmura le garçon.
« Je sais » lui dit Paul, souhaitant pouvoir avoir ce Bleys devant lui pour pouvoir venger la confiance brisée d'Harry.
Hermione monta les escaliers pour aller dans le bureau du directeur. Elle ne savait pas vraiment pourquoi elle avait été convoquée, mais elle avait le sentiment que ça avait à voir avec Harry. Elle avait un plan, cependant. Les Protecteurs de Potter se tenaient tous prêts avec une série de blagues à chaque étage, ainsi que le groupe de Sophie, la société des Comédiens de Poudlard. S'ils n'avaient pas de nouvelle d'ici une heure, le Chaos s'abattrait sur les couloirs de Poudlard. Elle leva la main pour savoir et fut surprise d'entendre le Directeur l'accueillir avant qu'elle ne frappe. « Entrez, Hermione. » La jeune fille sut que quelque chose n'allait pas juste par ces mots. Dumbledore l'avait toujours appelée "Mademoiselle Granger" ; il n'utilisait presque jamais Hermione. Elle entrouvrit la porte et passa sa tête dans l'embrasure. Dumbledore releva la tête et lui sourit. « S'il vous plaît, entrez. » Hermione ouvrit la porte plus grand et s'avança.
« Vous vouliez me voir, monsieur ? »
« Oui, Hermione. S'il vous plaît, fermez la porte. » Hermione obéit et prit le siège que Dumbledore lui indiquait. Il lui tendit ses friandises. Hermione le remercia, mais secoua la tête. « Je me demandais comment allaient les choses cette année. Comment tenez-vous, avec Harry absent ? » Dumbledore posa sa tête sur ses mains.
« Hum, je vais bien. Harry me manque, mais je sais qu'il va bien. Il doit aller bien. » Elle haussa un peu les épaules et repoussa ses cheveux de son visage. « Pas vrai ? » demanda-t-elle.
« Harry a eu une chance étonnante jusqu'à maintenant. Je suis sûr qu'il ira bien avec cette chance avec lui, agréa Dumbledore. Monsieur Weasley me dit que vous et lui – quelle phrase a-t-il utilisé ? – ne 'traînez' plus comme vous le faisiez ? » dit Dumbledore d'une voix spéculative. « Est-ce qu'il y a eu une dispute dont je ne serais pas au courant ? »
Hermione secoua la tête. « Non, monsieur. Il effrayait juste des premières années et je n'allais pas le laisser faire. Il n'est pas avec eux quand ils ont des cauchemars. Moi oui. Je le lui ai expliqué et il s'est vexé. » Elle croisa les bras et regarda par la fenêtre. Dumbledore gloussa un peu et caressa sa barbe.
« Je suis sûr que Monsieur Weasley entendra raison avec le temps, Hermione, dit Dumbledore d'une voix apaisante. Monsieur Potter, cependant, présente un autre problème » dit Dumbledore, sa voix changeant très légèrement. Hermione lui lança un coup d'œil.
« Pourquoi ça, Monsieur ? » demanda-t-elle malgré elle.
« Il a disparu, Mademoiselle Granger, déclara pleinement Dumbledore, et vous savez où il est. » Hermione fut surprise de trouver Dumbledore juste devant elle quand elle se retourna pour le regarder. Leurs yeux se croisèrent et elle sentit la plus étrange sensation derrière ses yeux. Elle sortit sa baguette et invoqua un sort de protection de l'AD.
« Je suis sûre que le Conseil d'Administration aimerait entendre parler de ça ! » dit sèchement Hermione alors que Dumbledore se redressait. « Ou le Ministère ? » Elle croisa les bras et eut son meilleur regard « joue avec moi et teste ma fureur. » « La Gazette du Sorcier adorerait ! » Elle fit venir à elle son sac de cours et le mit sur son épaule. « Je réalise que vous êtes inquiet pour Harry, monsieur, mais restez hors de ma tête ! » Elle tourna les talons et se dirigea vers la porte. « Vieux fou de sorcier ! » grommela-t-elle pour elle-même.
« Mademoiselle Granger ? » Hermione s'arrêta, mais ne se retourna pas. « Où avez-vous appris l'Occlumentie et la Légilimentie ? » demanda-t-il d'une voix assez curieuse.
« A votre avis ? demanda Hermione d'un ton pétulant. Un livre. » Elle eut un sourire narquois. Où d'autre aurait-elle pu apprendre ça ? Ca ne faisait rien que le livre était à la limite de la légalité.
« Ce genre de livre n'existe pas dans la librairie de Poudlard » commenta Dumbledore. Celui-ci sursauta quand il entendit Hermione faire une remarque qui ne seyait pas vraiment à une jeune fille alors qu'elle ouvrait violemment la porte et descendait les escaliers à grands pas. « Restez hors de mon esprit ! » cria-t-elle par-dessus son épaule. La gargouille se ferma derrière elle et elle parcourut les couloirs comme une furie. Elle vit un des Protecteurs de Potter et lui fit un signe de tête. « Fais-le. Dumbledore mérite d'avoir mal à la tête. » dit-elle avec un sourire. Ernie Macmillan sourit à son tour et sortit son galion. Il tapa sa baguette dessus et Hermione vit le message changer. Elle le remercia et s'éloigna. Elle devait se calmer.
Harry était assis à son bureau, travaillant sur ses devoirs Moldus. Il essayait de comprendre son espagnol. Pourquoi le pronom avait-il disparu ? Il faisait juste tourner son esprit autour d'un autre virage quand son Mini-Messager sauta littéralement de son bureau. Il l'attrapa et l'ouvrit pour trouver un message de Mi.
-Tu ne croiras jamais ce que Dumbledore a juste essayé de faire !
-Quoi ?
-Oh, bien ! Tu es réveillé. Tu te sens mieux ? Que s'est-il passé ?
-Rien que je ne puisse gérer. Dis-moi ce que Dumbledore a essayé de faire d'abord.
-Oh, il a juste décidé de faire une virée dans ma tête sans ma permission.
Tout le corps d'Harry devint gelé et la peur s'installa dans le creux de son estomac. Il ne pouvait pas encore retourner à Poudlard. Il n'était pas prêt. La presse seule le mangerait. Dumbledore l'étoufferait. Snape… Il repoussa toutes les pensées paniquées de sa tête et retourna son attention vers Mi.
-Quoi ?
-Juste ce que j'ai dit. Il a essayé d'utiliser la Légilimentie sur moi !
-Qu'est-ce que tu as fait ?
-Je me suis protégée, bien sûr ! Il n'a pas franchi mes premières défenses. Tout ce qu'il a vu était mes pensées superficielles. Mon agacement contre Ron Weasley, principalement. Quelques spéculations sur le monde. Rien sûr toi, ça c'est sûr. Il essayait, vraiment, de me faire penser à toi. Ca n'a pas marché.
-Mi, est-ce que je t'ai jamais dit que tu es la meilleure sœur qu'un gars peut avoir ?
-Pas aujourd'hui ! Merci Skywalker. Je ne donnerai pas ton Degobah à l'Empire. Ton sanctuaire est St Jude. Oh, papa a dit qu'il avait apporté ton costume. De quoi ça a l'air ?
-Disons juste que c'est mon destin.
- Eculé, Skywalker. Très éculé.
-C'est moi. C'est bientôt la pièce.
-Je sais.
-Tante Pétunia va venir.
-Je sais.
-Tu viens toujours, pas vrai ?
-Bien sûr qu'oui ! Tu es excité, n'est-ce pas ?
-Excité ? Non. Terrifié. Extrêmement nerveux.
-Bien.
-Bien ?
-La manière dont tu agis est complètement normale. Je serai inquiète si tu n'étais pas nerveux.
-J'ai fait face à Voldemort et aux Mangemorts, mais j'ai peur d'aller devant des gens et de réciter un texte.
-Oh, l'ironie. Souviens-toi juste. Tu n'es pas Harry là-bas. Tu es Edmond.
-Oui, c'est vrai. J'espère juste que je m'en souviendrai encore.
-Tu le feras. Tu seras un grand acteur. Je suis impatiente de voir la pièce.
-Je suis impatient que tu vois la pièce. Les costumes sont fantastiques. Nous avons une répétition en costume le jour avant la première représentation. C'est le jour du bal d'Halloween.
-Est-ce que tu as demandé à quelqu'un ?
-Oui.
-Ne fais pas durer le suspens. Qui ?
-Julie.
-Cris heureux C'est génial !
-C'est juste un truc 'd'amis'. Aucun de nous n'a besoin d'une relation pour le moment. Ne t'excite pas trop.
-Pas d'inquiétude. Félicitation, Harry. A présent, Seigneur Vador, qu'allez-vous faire ?
-Danser. Quoi d'autre ?
-C'est une bonne chose que tu saches.
-Ouais. Note à soi-même : 1,2,3 et 1,2,3 et 1,2,3.
-C'est 3,2,1.
-Cligne des yeux Quoi.
-3,2,1. Pour la musique plus rapide. Les nombres sont plus courts quand tu vas en arrière. Tu ne penses pas vraiment que tu vas valser, n'est-ce pas ?
-Ce n'est pas le cas ? Qu'est-ce que je suis supposé faire ?
-Juste te laisser emporter par la musique. Pense juste que c'est comme les arts martiaux appliqués à la musique.
-Je suis perdu.
-rire Mais non. Détends-toi juste et sois toi-même.
-Perdu. Perdu.
-Harry, arrête ! Tu sais ce que je veux dire.
-Ouais, je sais. sourire insolent Je me moquais juste.
-Les garçons !
-Les filles !
-Les frères !
-Les sœurs !
-Jedi !
-Sith !
-Je te blesse. Grandement. Avec beaucoup de douleur.
-Pas si tu ne peux pas m'attraper. Même Dumbledore ne peut pas m'attraper.
-Bien sûr que non. Dumbledore ne peut pas t'attraper parce qu'il est battu par ses élèves. Il y a des blagues qui ont lieu partout dans Poudlard en ce moment. Le pauvre Directeur court partout en essayant de les bannir toutes, seulement pour trouver son travail défait quand il retourne à son point de départ.
-Les jumeaux doivent gagner beaucoup d'argent cette année.
-Oui. Le groupe dédié à ta protection contre le Directeur leur a passé beaucoup de commandes. J'espère seulement qu'ils peuvent suivre la demande.
-C'est Gred et Forge. Je suis sûr qu'ils peuvent.
-Vrai. Oh, merde. Je dois y aller. Quelqu'un a des ennuis et nous devons faire une diversion. Je veux des photos de toi dans ton costume !
-Pas de promesse, mais Paul pourra peut-être remplir ta demande.
-Merci. Salut.
-A plus tard.
Harry secoua la tête et ferma son livre. Qui aurait cru qu'Hermione deviendrait une telle briseuse de règles ? Il se demanda combien de temps durerait la corruption. Plus important, que penserait-elle d'un marais portable installé dans la tour de Divination ? Il pesa la probabilité d'en introduire un là-haut. Il n'eut qu'une seconde pour enregistrer la terrible douleur dans sa cicatrice avant de s'avachir sur son bureau.
Et un grand merci à Cyzia qui a eut l'extrême gentillesse de se proposer pour être ma bêta.
