Bonsoir, bonsoir!
Euh que dire... Un mois sans update... J'ai légèrement abusé, je le reconnais ^^ et j'en suis vraiment désolée! Mais honnêtement, j'ai pas vu le temps passé...
Bon cela dit, je suis enfin là avec ce chapitre 18! J'espère que vous êtes encore là et intéressés! Bon, malheureusement, du fait que ma bêta n'ait pas pu me le corriger, je le publie sans correction, j'ai fait de mon mieux mais il y a des chances que vous trouviez quelques fautes par-ci par-là.
Le prochain chapitre devrait mettre beaucoup moins de temps à arriver! Promis!
N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé, j'attends vos avis avec impatience!
Bonne lecture et bonne soirée à vous!
LSAfor
Chapitre 18:
Au siège de Woods & Co de New-York, ce lundi matin était, en apparence, des plus normaux. Hormis le bruit de la pluie torrentielle qui frappait violemment contre les vitres, rien ne sortait de l'ordinaire. Les employés vaquaient aux mêmes occupations, traitaient la suite du travail qu'ils avaient laissé en suspens pour le week-end et échangeaient leurs ragots devant la machine à café.
Cependant, une chose en particulier amenait ce lundi matin à se différencier des autres jours. Ou plutôt un sujet de conversation qui semblait se trouver sur les lèvres de tout le monde. Le même sujet qui faisait la Une de tous les journaux qui étaient étalés sur la table de la grande salle de conférence du dernier étage où se déroulait en ce moment même une réunion de crise au sommet.
Le Directeur du service Com' était lancé dans un débat véhément avec le Directeur du service juridique qui n'était autre que Titus.
Des membres du staff des deux services étaient également présents. Certains étaient focalisés sur leurs ordinateurs portables pendant que les autres regardaient, incertains, la discussion houleuse entre leurs boss respectifs.
Les seuls personnes qui semblaient relativement calmes et qui demeuraient silencieuses étaient les quatre membres de la famille Woods présents. Gustus, Edward, Alexandria et Alexandria II.
Et, alors que les deux directeurs de service continuaient de se disputer, Lexa avait son regard ancré sur les journaux posés au milieu de la table devant elle.
CHOC: Alexandria II Woods, héritière de Woods & Co, en vient aux mains avec un serveur!
SCANDALE: L'Héritière de W&C agresse un de ses employés!
Lexa Woods cède-t-elle enfin au cliché de la riche héritière?
- Nous n'avons aucune raison de nous inquiéter pour Collins, déclara sèchement Titus à l'adresse du directeur de com. J'ai fait le nécessaire pour qu'il ne fasse aucune déclaration.
- Il est tout de même nécessaire que nous, nous en fassions une! s'exaspéra l'autre homme. Si nous ne disons rien, les choses ne feront qu'empirer!
- Non, répondit Titus. La seule chose que nous allons faire c'est poursuivre ces satanés journaux pour diffamation!
Le Directeur de Com' glissa son visage dans ses mains d'un geste excédé avant de lever de nouveau les yeux vers Titus.
- Vous ne comprenez donc pas? s'exclama-t-il. La mauvaise pub est faite! Ils ne connaissent pas les véritables faits donc ils spéculent! Et leurs spéculations sont pires que ce qu'il s'est réellement passé!
Titus s'apprêta à répondre mais, commençant à en avoir assez, M. Woods ne lui en laissa pas le loisir et le coupa avant qu'il ne puisse dire quoi que ce soit.
- Ça suffit! déclara-t-il sèchement.
Il se tourna ensuite vers son frère et lui adressa un regard interrogateur.
- Qu'est-ce que tu en penses Gustus? demanda-t-il.
Le nommé regarda en direction de Lexa qui avait son regard toujours sur les journaux.
- Pour l'instant, aucune conséquence n'est à déplorer, répondit-il précautionneusement. La valeur de notre action a même accrue depuis l'annonce de samedi soir…
- Mais? comprit M. Woods.
Gustus lança un nouveau regard concerné à sa nièce. Il savait que la situation dans laquelle elle se trouvait la pesait plus qu'elle ne le montrait et il voulait la protéger. Il voulait la préserver.
Mais il voulait aussi préserver la compagnie. L'entreprise qu'il avait aidé à bâtir, pour laquelle il avait tellement sacrifié.
Il poussa un soupir imperceptible avant de reporter son attention sur son frère et le fixer d'un regard déterminé.
- Je suis du même avis que Michael, déclara Gustus en faisant référence au Directeur de Com. Même s'il ne s'agit que de ragots apparaissant dans la presse people, je pense qu'il serait judicieux d'adresser le problème dès maintenant et arrêter leurs spéculations qui, mine de rien, font beaucoup parler…
- Tu as raison, répondit M. Woods en acquiesçant. On ne peut pas se permettre de laisser un stupide incident détruire les avancés que nous avons eus…
Lexa sentit tous les regards se poser sur elle mais garda ses yeux volontairement sur la 1ère page du journal se trouvant sur le dessus de la pile.
Elle avait lu les différents articles et effectivement, le directeur de communication avait raison: les journalistes n'avaient aucune idée de ce qu'il s'était réellement passé. Un d'entre eux avait mis sa violence sur le compte de l'alcool tandis qu'un autre s'était demandé si elle n'avait pas tout simplement craqué sous la pression de son nom.
Oui, bizarrement, aucun des journaux n'avait réussi à obtenir la vérité. Il fallait croire que les invités du Gala avaient été assez respectueux, ou plutôt assez craintif, pour ne faire aucune déclaration. Et Lexa en était ravie. Elle préférait ces spéculations à la vérité.
Elle se fichait de son image, de sa réputation tant que le plus important restait protégé.
Mais elle savait que ce n'était pas le cas de son père. Lui, accordait de l'importance à son image à elle. Pas pour son bien-être, non, mais pour celui de la compagnie…
Avoir la réputation de la Chef des Opération, qui n'était personne d'autre que la fille du PDG, mise en péril n'était pas du tout bénéfique pour l'entreprise.
De plus, avec le risque qu'il venait de prendre en décidant de revendre une partie de ses actions, le timing était loin d'être parfait. C'était d'ailleurs une des raisons qui faisait que Lexa était aussi conciliante.
Même si elle ne regrettait pas son geste, elle savait qu'elle avait merdé. Et elle était prête à tout faire pour réussir à minimiser les conséquences de son acte.
- Que proposez-vous? demanda le Commandant à l'adresse du directeur de com'.
- Une conférence de presse, répondit l'autre homme. De vous mais aussi et surtout de Mlle Woods… clarifia-t-il en opinant la tête d'un geste respectueux à l'adresse de Lexa. Je pense pouvoir réunir les journaux les plus influents de la ville en une heure…
Lexa sentit son cœur s'accélérer mais ne dit rien et serra la mâchoire.
- Et qu'est-ce que nous devrions dire pendant cette conférence de presse? questionna M. Woods.
- La vérité, tout simplement, répondit le Directeur de Com. Que Mlle Woods tentait de protéger sa petite-amie assaillit par le serveur… Si on pouvait également avoir une interview de Mlle Griffin, ce serait –
- Il en est hors de question, le coupa Lexa.
Il s'agissait de la première fois qu'elle parlait depuis le début de cette réunion. Elle était venue avec l'intention d'accepter tout ce qu'ils demanderaient d'elle. Tout.
Mais Clarke n'était pas une concession qu'elle était prête à faire.
Jamais.
Elle leva donc les yeux vers son père qui la fixait de son regard calculateur habituel et ajouta d'une voix ferme:
- Clarke reste en dehors de ça…
Ayant pris son service à l'hôpital la veille au soir, sa petite-amie n'était même pas au courant de ce qu'il se passait. Et Lexa avait bien l'intention de garder les choses telles quelles jusqu'à ce que la situation soit arrangée.
- Tu n'es pas vraiment en position d'avoir la moindre exigence, répondit son père.
- J'ai fait une erreur et je ferais ce qu'il faut pour la corriger, prononça lentement Lexa. Mais il est hors de question que ma petite-amie se retrouve mêlée à ça…
- Pourtant, elle en est la responsable, déclara durement Mme Woods.
Lexa tourna la tête vers sa mère et lui adressa un regard perçant.
- Je suis la responsable, dit-elle en haussant légèrement la voix. Je suis celle qui a cogné ce type, pas Clarke. Elle n'a rien fait et elle ne fera rien…
Elle reporta son attention sur son père avant de regarder d'un air défiant son oncle et les deux autres directeurs de service.
- Est-ce clair?
Elle reporta son regard sur son père et le fixa sans baisser les yeux, lui montrant clairement qu'elle n'accepterait aucun compromis là-dessus.
M. Woods la fixa attentivement. Bizarrement, c'était dans ce genre de situation, lorsqu'elle lui tenait tête et qu'elle parlait avec autant de conviction qu'il voyait la personne qui allait lui succéder.
Si seulement elle pouvait oublier ses lubies et cette Griffin pour se concentrer sur l'énorme potentiel qu'elle possédait…
- Très bien, concéda-t-il. Nous garderons ta petite-amie en dehors de ça. Mais tu feras et dira exactement ce qu'on te dit…
Lexa le fixa longuement avant de finir par acquiescer, la mâchoire serrée.
Le regard braqué sur la horde de journaliste qui s'installait dans le grand hall adjacent à la salle de réunion où elle se trouvait, Lexa sentait sa nervosité croitre de seconde en seconde.
Heureusement que les vitres qui les séparaient ne leur permettaient pas de voir à l'intérieur de la pièce, sinon elle était persuadée qu'ils auraient été ravis de la voir aussi déstabilisée et émotive.
- Contente toi de dire exactement ce que t'as dit Michael et tout devrait bien se passer, déclara son père derrière elle.
Elle ferma les yeux une fraction de seconde avant de tourner la tête vers lui. Il était assis sur le même siège que plus tôt, n'ayant pas bougé une seule fois depuis que les autres les avaient quittés, et semblait parfaitement détendu.
Enfin aussi détendu que le Commandant pouvait l'être.
Lexa se demanda vaguement comment il faisait. Comment arrivait-il à garder son stoïcisme, son visage fermé, qu'importe la situation?
Elle reporta son attention quelques secondes sur les journalistes, poussa un soupir puis se détourna complètement d'eux pour faire de nouveau face à son père.
- Où est passé mère? questionna-t-elle dans une volonté de changer de sujet. Je pensais qu'elle voudrait assister à la conférence…
- Elle avait une course importante à faire, répondit vaguement son père sans la quitter du regard.
Il la fixa longuement d'un air contemplatif, sa main caressant distraitement son menton. Lexa se renfrogna légèrement face à son regard scrutateur mais tenta de faire comme si de rien était et ignora comme elle pouvait la sensation désagréable au creux de son estomac.
- Réalises-tu ce que tu as fait, Alexandria? finit par prononcer lentement M. Woods.
Lexa leva les yeux vers lui et se rendit compte que ni son ton ni son regard n'était accusateur. Il continuait de l'observer mais de manière contemplatrice, curieuse.
- Est-ce que tu comprends les conséquences que tes actes peuvent avoir? poursuivit-il.
Lexa hésita à répondre. Elle ne voulait pas d'une nouvelle confrontation, elle en était fatiguée d'avance. La seule chose qu'elle voulait c'était rentrer, retrouver sa petite-amie et oublier cette journée une bonne fois pour toute.
Mais son père semblait beaucoup moins sur la défensive que plus tôt. Sa question n'était pas un défi, elle le voyait parfaitement. Elle laissa donc ses épaules s'affaisser d'un geste défaitiste, poussa un petit soupir et acquiesça lentement.
- Je ferais tout ce qu'il faut pour arranger la situation, déclara-t-elle sincèrement.
- Ce n'était pas ma question, répondit M. Woods.
Face au ton calme et posé qu'il employa, Lexa fronça légèrement des sourcils, méfiante.
- J'ai conscience que mes agissements ne m'impactent pas moi seulement, dit-elle précautionneusement. Je sais que ce que j'ai fait pourrait avoir des conséquences irrémédiables… Mais je n'ai pas vraiment réfléchi sur le moment…
- C'est bien ce que je te reproche, lui dit son père toujours aussi calme. Tu as laissé tes émotions parler sans prendre la peine de penser aux répercussions que cela pouvait avoir…
- Père –
- Tu n'es pas n'importe qui, Alexandria, l'interrompit M. Woods en la fixant droit dans les yeux. Tu es ma fille. Tu es une Woods. Et de ce fait, le moindre de tes agissements impacte directement des milliers de personnes… Et ce que tu as fait samedi soir en est le parfait exemple…
Lexa le fixa longuement, comprenant peu à peu ses mots.
- Tu veux dire que la mauvaise presse autour de ma confrontation avec Finn pourrait avoir un impact sur la décision que tu as prise au sujet de tes actions? questionna-t-elle. Je pensais que l'opération n'était pas risquée?
M. Woods resta silencieux. Il laissa passer quelques secondes en continuant de la dévisager, semblant hésiter, puis se redressa de son siège et finit par répondre:
- C'est le cas…
Il fit le tour de la table et s'avança jusqu'à se poster à côté d'elle, faisant directement face au mur de vitres qui les séparait et les gardait à l'abri des photographes. Et Lexa n'eut d'autre choix que d'adopter la même position et de se tourner à son tour pour faire face au cauchemar qui l'attendait.
- Il n'empêche que je suis à la tête d'une des plus grandes entreprises du monde, reprit M. Woods. Sais-tu combien d'employés nous avons?
- À peu près 45000, répondit Lexa.
- Exactement. Et je suis responsable de chacun d'entre eux… Mes agissements, mes choix, mes décisions peuvent impacter chacun d'eux... Et par conséquent, tes actes à toi les impactent également…
Il se tourna pour la regarder et elle se retrouva plongée dans ces yeux identiques aux siens mais tellement différent par ce qu'ils affichaient.
- Le monde dans lequel on évolue est un perpétuel champ de bataille, ajouta-t-il gravement. Et nos ennemis restent à l'affut de chaque faille, chaque erreur, de notre part pour causer notre perte. On ne peut donc se permettre d'en commettre…
Lexa le trouva légèrement dramatique mais acquiesça tout de même en déglutissant la boule désagréable qui venait de se créer au fond de sa gorge.
Elle comprenait le point de vue de son père, la perspective avec laquelle il abordait les choses. Et elle se demanda si c'était pour cette raison qu'il n'affichait jamais le moindre sentiment, qu'il restait détaché, désintéressé par tout ce qui n'était pas en lien direct avec son entreprise. Y compris sa propre famille…
Était-ce pour cette raison qu'il voyait l'amour comme une faiblesse? Comme un handicap? Était-ce pour ça qu'il avait toujours gardé de la distance entre eux? Par peur qu'on exploite ce qu'il considérait comme étant des failles contre lui?
Il devait tout de même tenir un minimum à sa compagnie, à ses employés, pour les faire passer avant tout le reste…
Était-ce du pur égocentrisme ou du véritable altruisme? Lexa n'en avait aucune idée. Elle n'avait pas vraiment de certitude lorsqu'on en venait à son père.
La seule chose qu'elle savait c'était qu'elle n'était pas comme lui et n'avait aucune envie d'être comme lui.
Elle n'avait jamais été aussi heureuse que depuis qu'elle avait appris à laisser son cœur la dicter. Elle aimait Clarke. Elle aimait ses amis.
Elle aimait même sa famille.
Et elle avait appris à l'accepter et à le montrer.
Mais oui, dans un sens, et surement pour la première fois de sa vie, elle comprenait le point de vue de son père. Elle était peut-être même prête à se faire une raison et l'accepter une bonne fois pour toute.
- Qu'est-ce que tu aurais fait à ma place? demanda-t-elle lentement.
Elle leva de nouveau les yeux vers lui et ajouta:
- Si ça avait été mère et que quelqu'un lui avait complètement manqué de respect, qu'il en était même venu à la toucher… Qu'aurais-tu fait?
M. Woods détourna les yeux vers la vitre en glissant ses mains dans sa poche. Il resta silencieux à fixer les journalistes et Lexa se demanda s'il allait lui répondre. Après quelques secondes, alors qu'elle se résignait à ne pas avoir de réponse, il reprit la parole.
- J'aurais agi de façon plus subtile, déclara-t-il simplement.
Il reporta son regard sur elle et ajouta:
- Il y a des manières plus efficaces de punir quelqu'un que par la violence physique…
Lexa aurait juré l'avoir vu sourire pendant un bref instant. Mais lorsqu'elle cligna des yeux et qu'elle se retrouva de nouveau face au visage impassible de son père, elle mit ce qu'elle pensait avoir vu sur le compte de son imagination.
Mais cette conversation n'était pas le fruit de son imagination. Son père et elle venait d'avoir une véritable discussion. Sans reproche, sans déception. Une discussion sincère et presque… complice?
Elle était arrivée à la conclusion, il y avait des années de cela maintenant, qu'elle n'aurait jamais de véritable relation avec ses parents. Et maintenant qu'elle comprenait un peu mieux pourquoi, peut-être qu'elle arriverait à passer outre et à avoir un semblant de lien avec eux.
Peut-être…
En attendant, il lui restait à survivre à cette conférence de presse et à tenter de rattraper les conséquences de ses actes. Au combien même elle ne les regrettait pas.
Comme son père venait très justement de le dire, sa vie n'était pas la seule affectée…
Depuis qu'elle avait pris son service la veille au soir, Clarke était en pédiatrie, ce qui était loin de lui déplaire. Elle avait pu assister à deux opérations et s'occupait dorénavant des post-op de son titulaire.
La pédiatrie était surement un des services les plus difficiles à gérer émotionnellement mais Clarke s'était vite rendu compte qu'elle aimait beaucoup y être. Il n'existait pas plus courageux et solide qu'un enfant. Ils avaient la capacité de se montrer patient et tolérant à la douleur, beaucoup plus que la majorité des adultes, ce qu'elle ne pouvait s'empêcher de trouver admirable.
Comme ce petit garçon qu'elle était en train d'examiner. Nate.
Il avait tout juste 5 ans et avait subi une opération très lourde deux jours auparavant, une opération que beaucoup d'adulte n'aurait peut-être pas supporté. Et pourtant, elle ne l'avait pas entendu se plaindre une seule fois depuis qu'elle s'occupait de le surveiller depuis la veille.
- Tu as encore mal au ventre? questionna-t-elle doucement à l'adresse de son petit patient en écoutant le rythme régulier de son cœur.
- Non, répondit le petit garçon avec un hochement de la tête.
Clarke retira le stéthoscope en lui adressant un petit sourire qu'elle espérait rassurant puis examina avec le plus de délicatesse possible le pansement qui se trouvait tout le long de sa poitrine. Elle resta attentive à ses réactions puis, lorsque son examen se retrouva satisfaisant, elle l'aida à réajuster ses draps et lui adressa un nouveau sourire chaleureux.
- Et bien, mon grand, tout à l'air de bien aller, lui dit-elle d'un ton enthousiaste. Tu es surement un des garçons les plus courageux que j'ai rencontré.
Son cœur exulta lorsqu'elle le vit esquisser un grand sourire à son tour. Le premier vrai sourire qu'il lui adressait depuis la veille.
- Merci Dr Clarke, remercia-t-il timidement.
Clarke laissa échapper un léger rire à l'entente du nom et, tout en lui ébouriffant délicatement les cheveux, elle lui expliqua qu'elle repasserait le voir en fin de journée. Puis, après un dernier au revoir, elle quitta la chambre, l'humeur beaucoup plus légère.
Arrivée dans le couloir, elle passa devant quelques infirmières qu'elle salua poliment et se dirigea vers la cafétéria. Nate étant le dernier patient qu'elle devait voir de la matinée, elle avait quelques minutes devant elle avant de devoir retrouver sa résidente et elle avait bien l'intention de les passer à savourer le café dégueulasse qu'il servait ici. Mais elle savait qu'après presque 24h sans sommeil, il allait avoir un goût de paradis.
Cependant, ses plans tombèrent à l'eau lorsqu'elle sentit son téléphone vibrer dans la poche de sa blouse. Elle grogna et l'attrapa mais oublia immédiatement sa mauvaise humeur ou tout idée de café lorsqu'elle vit le prénom de Lexa s'afficher sur l'écran.
- Coucou toi, salua-t-elle en décrochant, un immense sourire se dessinant sur ses lèvres.
Sourire qui disparut lorsqu'un silence de quelques secondes suivit ses mots avant qu'elle n'entende un faible « hey… » résonner dans son oreille.
- Lexa? prononça-t-elle, légèrement inquiète. Tout va bien?
- Oui, oui, s'empressa de répondre Lexa.
Elle marqua une petite pause avant d'ajouter doucement:
- Je voulais juste entendre ta voix…
Clarke n'était pas complètement convaincue. Elle connaissait Lexa, elle savait lorsque quelque chose la tracassait et là, il était évident que c'était le cas. Mais elle savait aussi que si Lexa l'avait appelée et qu'elle ne lui disait pas clairement ce qu'elle avait, c'était qu'elle voulait juste se changer les idées. Et Clarke se maudirait si elle ne lui offrait pas exactement ce dont elle avait besoin.
- Je te manque déjà? taquina-t-elle donc, en espérant lui décrocher au moins un petit rire.
Et lorsqu'elle obtint exactement ce qu'elle voulait et qu'elle entendit le son mélodieux du rire à Lexa, elle se retrouva à fermer les yeux de soulagement.
- Ne t'emballe pas trop non plus mon amour, finit par répondre Lexa dont le sourire s'entendait.
Ce qui amena Clarke à sourire également.
- Qu'est-ce que tu fais? questionna-t-elle.
- Rien en particulier, répondit évasivement Lexa.
Clarke fronça légèrement des sourcils.
- Je pensais qu'avec tes parents encore à New-York jusqu'à ce soir, je n'aurais pas trop de tes nouvelles aujourd'hui… poursuivit-elle, espérant la faire parler un peu plus.
Un léger silence se fit à l'autre bout du fil avant que Lexa ne reprenne la parole.
- Oui – hum – ils sont occupés, déclara cette dernière. Et j'avais un peu de temps pour t'appeler donc je me suis dit que j'allais essayer…
Sa voix n'était pas vraiment convaincante et Clarke se demanda si elle lui disait la vérité.
- Lex, tu es sûre que tout va bien?
Elle entendit un petit soupir puis:
- Oui Clarke... Je… J'aurais juste aimé être avec toi, là maintenant…
Clarke ferma les yeux à l'entente des mots. Elle appuya son dos contre un des murs du couloir dans lequel elle se trouvait et posa l'arrière de sa tête dessus.
- Je termine mon service dans quatre heures, souffla-t-elle, et après je rentre à la maison…
- Je sais… répondit Lexa dans un murmure.
Un léger silence suivit. Silence qui, malgré tout, était suffisant. Réconfortant.
Silence qui fut interrompu par quelqu'un qui arriva auprès de Lexa. Clarke entendit un « Mlle Woods, c'est bientôt à vous… » qui la rendit un peu plus confuse.
Bientôt à elle pour faire quoi? Que se passait-il?
Quoi que ce soit, Lexa n'en était pas des plus heureuses et cette simple pensée avait le don d'agacer Clarke.
- Clarke?
- Tu dois y aller… comprit Clarke.
- Oui, désolée, répondit Lexa.
- Aucune raison de l'être, assura Clarke. On se voit tout à l'heure…
- Yep. Seulement quelques heures à tenir…
Clarke laissa échapper un léger rire à l'entente de son ton blasé avant de retrouver presque immédiatement sa mine concernée.
- Lex? prononça-t-elle doucement.
- Hmm?
Clarke marqua une pause, hésitante. Elle voulait creuser un peu plus, elle voulait lui demander ce qu'il se passait vraiment, mais elle connaissait Lexa et elle savait qu'il ne fallait pas lui mettre la pression pour qu'elle se confie. Si quelque chose la travaillait réellement, elle n'avait pas besoin que sa petite-amie en rajoute. Clarke poussa donc un petit soupir abdiquant avant de finir par répondre:
- Je t'aime…
Elle ne pouvait pas le voir mais elle pouvait parfaitement imaginer le petit sourire que Lexa esquissa à ce moment-là. Le même qui étirait ses lèvres à chaque fois qu'elle lui disait ces mots…
- Je t'aime aussi, répondit Lexa dans un murmure avant de raccrocher.
Clarke retira son téléphone de son oreille et le fixa, pensive et inquiète. Mais elle n'eut pas le temps de s'attarder plus longtemps sur la conversation qu'elle venait d'avoir car un « Griffin! » sonore retentit de l'autre côté du couloir. Elle se tourna et vit Murphy s'avancer vers elle.
- Que puis-je faire pour toi, John? questionna-t-elle avec un sourire moqueur.
- Je serais toi, je ne ferais pas trop la maligne, répondit Murphy en esquissant un sourire mesquin à son tour. Le Chef demande après toi…
Clarke perdit immédiatement son sourire et le fixa avec des yeux écarquillées, une légère panique la gagnant.
- Qu'est-ce qu'il veut?
Murphy répondit par un haussement d'épaules.
- Il est dans son bureau et il t'attend maintenant…
Il n'attendit pas de réponse, tourna les talons et lui fit un signe de la main en s'exclamant un « content de t'avoir connu! » qui n'aida en rien à apaiser l'anxiété de Clarke.
Pourquoi le Chef de Chirurgie voulait la voir? Qu'est-ce qu'elle avait bien pu faire?
Elle prit une profonde inspiration et, au lieu de reprendre le chemin qui menait à la cafétéria, elle suivit les pas de Murphy et s'avança jusqu'aux ascenseurs de l'étage. Lorsqu'elle se retrouva dans l'une des cabines, elle appuya sur le bouton menant au niveau administratif où se trouvait le bureau du Chef de Chirurgie.
Plusieurs minutes s'écoulèrent – plusieurs minutes qui lui paressèrent s'étendre indéfiniment – avant qu'elle n'arrive enfin à destination. Lorsqu'elle se retrouva face à la porte du bureau du Chef, elle prit une nouvelle grande inspiration pour tenter de calmer ses nerfs et toqua doucement. Elle entendit un « entrez! » étouffé et pénétra à l'intérieur de la pièce.
Cependant, au moment où elle referma la porte et qu'elle se tourna pour faire face au chef, ce n'était pas le Dr Vie qui se trouvait assis sur le gigantesque fauteuil derrière le bureau mais quelqu'un d'autre.
Surement la dernière personne qu'elle s'était attendue à trouver ici…
- Mme Woods? prononça-t-elle sans réussir à cacher la surprise dans sa voix.
La nommée lui adressa un mince sourire calculateur avant de répondre d'une voix calme:
- Mlle Griffin…
La confusion de Clarke s'accentua de plus en plus. Elle fronça des sourcils et pencha légèrement la tête sur le côté.
- Je ne comprends pas… Qu'est-ce que vous faites dans le bureau du Dr Vie?
- Je me suis permise de vous faire convoquer ici pour qu'on ait une petite conversation, déclara Mme Woods d'un ton toujours aussi flegmatique.
Face à l'ébranlement toujours présent sur le visage de Clarke, elle ajouta:
- Woods & Co est un des actionnaires majoritaires de l'hôpital. Donc, lorsque j'ai demandé au Dr Vie si je pouvais lui emprunter son bureau quelques minutes pour qu'on puisse avoir une discussion à l'abri des oreilles indiscrètes, il a tout de suite accepté…
La confusion de Clarke se transforma rapidement en méfiance. Elle savait que la présence de l'autre femme dans le bureau du chef était loin d'être anodine. Elles auraient pu discuter n'importe où dans l'hôpital sans avoir à s'inquiéter des « oreilles indiscrètes » mais Clarke comprenait très bien qu'en la faisant venir ici, dans le bureau de la personne qui avait sa carrière entre ses mains, était une manière pour Mme Woods de lui montrer l'énorme pouvoir qu'elle avait.
Malheureusement pour elle, Clarke n'avait aucune intention de se laisser intimidée. Elle s'éclaircit la gorge, croisa ses bras sur sa poitrine puis fixa la mère de sa petite-amie droit dans les yeux.
- J'ai de nombreux patients à voir, je –
- Ne vous inquiétez pas pour ça, la coupa Mme Woods. Je me suis assurée que notre petit entretien ne vous retarderait pas dans votre travail. Je sais à quel point il peut être prenant…
Elle esquissa un petit sourire en coin qui ne fit que conforter Clarke dans l'idée que la remarque était loin d'être avenante, puis fit un geste de la main l'invitant à s'asseoir sur l'un des sièges face au bureau.
- Je vous en prie, Mlle Griffin…
Clarke ne bougea pas immédiatement et serra la mâchoire. Elle finit tout de même par s'avancer avec réticence jusqu'une des chaises indiquées et s'assit dessus.
Elles restèrent de longues secondes silencieuses à se jauger du regard, la tension entre elle se faisant de plus en plus palpable, jusqu'à ce que Clarke finisse par s'éclaircir la gorge, mal-à-l'aise.
- Vous vouliez me parler? demanda-t-elle, le plus poliment possible.
- Oui, répondit Mme Woods. Je pense qu'il est temps que vous et moi ayons une véritable conversation…
- À quel sujet?
Mme Woods esquissa de nouveau son petit sourire en coin.
- Je pense que vous le savez très bien, Mlle Griffin…
Effectivement, après ce qu'il s'était passé lors du Gala deux jours plus tôt, Clarke avait une idée très claire des motivations qui avaient amené la mère de sa petite-amie à se trouver face à elle en cet instant précis. Mais il était hors de question qu'elle lui donne la satisfaction de le reconnaitre à voix haute. Elle resta donc silencieuse et se contenta de regarder Mme Woods qui ne sembla pas le moins du monde déstabilisée par son manque de réponse.
- Je veux parler d'Alexandria, finit-elle par dire. Ou plus particulièrement de la relation que vous entretenez avec elle…
Et même si elle s'en était parfaitement doutée, Clarke ne put s'empêcher d'être agacée à l'entente des mots.
- Sauf votre respect, Mme Woods, répondit-elle lentement, je pense que notre couple ne nous concerne que toutes les deux…
- Pas lorsqu'il affecte la vie de ma fille et met en péril sa carrière, rétorqua Mme Woods.
Clarke sentit son agacement la quitter. Ses épaules s'affaissèrent et ses yeux affichèrent immédiatement la culpabilité qu'elle ressentait.
- Je suis vraiment désolée pour ce qui s'est passé lors du gala, assura-t-elle. Mais je vous assure que je ne mettrais jamais volontairement en péril la carrière de Lexa…
- Et, malgré tout, c'est exactement ce que vous avez fait…
Révoltée, Clarke ouvrit la bouche pour contester mais Mme Woods ne lui en laissa pas le loisir.
- Vous vous êtes confronté à votre ex petite-amie en plein milieu de la salle de réception, énonça-t-elle. Vous l'avez provoqué, vous l'avez poussé à vous toucher parce que vous saviez pertinemment que Lexa interviendrait…
- C'est complètement faux! s'indigna Clarke en se redressant de son siège.
Mais Mme Woods resta parfaitement calme et la suivit du regard sans bouger de sa place.
- Vos agissements montrent tout le contraire, Mlle Griffin, répondit-elle stoïquement. Quel était votre but? Vous vouliez montrer que vous étiez importante? Que vous aviez l'héritière Woods à vos pieds?
Elle se redressa du dossier de son siège pour poser ses coudes sur le bureau sans quitter Clarke des yeux.
- Que voulez-vous? continua-t-elle. De l'argent? Du pouvoir?
- Je ne veux rien de tout ça! s'exclama Clarke, hors d'elle. J'aime Lexa! Plus que tout! Et la seule chose que je veux, contrairement à vous et votre mari, c'est son bonheur!
Elle ne prit conscience de ses mots que lorsqu'elle les prononça et se sentit tout de suite craintive à l'idée d'être partie trop loin.
Elle se fichait de ce que pouvait bien penser Mme Woods. Elle n'avait pas peur d'elle.
Mais elle ne voulait pas non plus apporter à Lexa des problèmes supplémentaires…
Cependant, Mme Woods ne sembla pas le moins du monde perturbée par son explosion de rage. Elle demeura immobile et fixa Clarke pendant de longues secondes.
- Et pourtant, prononça-t-elle lentement, ce n'est ni mon mari, ni moi, qui l'ai mise dans la situation dans laquelle elle se trouve aujourd'hui…
Clarke oublia momentanément sa colère et fronça des sourcils, se retrouvant une nouvelle fois confuse par les propos de la femme face à elle.
- De quoi parlez-vous? demanda-t-elle avec une pointe d'agacement dans la voix.
Mme Woods ne lui répondit pas. Elle baissa les yeux vers la montre à son poignet puis attrapa une télécommande qui se trouvait sur le bureau et la pointa en direction de la TV derrière Clarke. Cette dernière se tourna et sentit son corps entier se figer lorsque l'écran s'alluma et qu'elle se retrouva à fixer l'image de sa petite-amie.
Lexa, vêtue d'un de ses tailleurs les plus classes et d'un visage complètement fermé, se tenait derrière un pupitre, de nombreux micro se trouvant face à elle et Clarke comprit immédiatement qu'elle était en train de donner une conférence de presse.
- Mlle Woods! lança la voix d'un journaliste. Est-ce que vous allez enfin nous parler de ce qu'il s'est passé samedi soir? Est-il vrai que vous en êtes venue aux mains avec un de vos employés?
Clarke regarda sa petite-amie agiter de façon imperceptible sa mâchoire de droite à gauche à l'entente de la question – chose qu'elle faisait toujours lorsqu'elle était bouleversée – et sentit son cœur se serrer douloureusement. Elle aurait tout donné pour éviter à Lexa de se retrouver confronter à cette situation mais elle ne pouvait rien faire.
Elle était complètement impuissante…
- J'aimerais vous dire que la rumeur est fausse, déclara Lexa d'une voix grave. J'aimerais vous dire qu'il s'agit de pures élucubrations visant à me nuire… Mais ce serait vous mentir…
Un murmure parcourut la horde de journaliste mais elle les ignora et poursuivit:
- Il est vrai que pendant la soirée de Gala que Woods & Co donnait samedi soir, j'ai eu un comportement des plus condamnables envers un des serveurs –
- Mais pour quelles raisons? l'interrompit un journaliste.
- Il s'est montré agressif auprès d'un de mes proches, répondit mécaniquement Lexa.
Clarke la vit ensuite secouer légèrement la tête avant de s'empresser de dire:
- Je ne suis pas là pour justifier mon geste ou me trouver des excuses. Ce que j'ai fait n'est aucunement acceptable et j'en suis sincèrement désolée. Je suis prête à assumer mon geste et les conséquences qui en découleront…
- Êtes-vous aussi prête à assumer les conséquences que votre geste pourrait avoir sur votre entreprise? questionna un autre journaliste, une femme cette fois-ci.
Lexa ne répondit pas immédiatement. Elle jeta un coup d'œil à côté d'elle et, même si l'écran du téléviseur ne montrait pas ce qu'elle regardait, Clarke comprit qu'il s'agissait de son père. Elle la regarda prendre une profonde inspiration avant de reporter son attention sur les journalistes se trouvant devant elle.
- Pendant le Gala de samedi, notre PDG a annoncé qu'il était prêt à sacrifier de ses propres capitaux pour s'assurer que la prospérité de l'entreprise perdure. Et j'aime penser que Woods & Co représente ce genre de sacrifice, celui qui permet le bien général avant de se concentrer sur les gains personnels de chacun, déclara-t-elle finalement. Avec toutes les avancées que Woods & Co a eues cette année, il serait dommage de laisser les agissements d'une seule personne y faire barrage…
- Mais vous n'êtes pas n'importe quelle personne, insista la journaliste. Vous êtes la Chef des Opérations, vous êtes la future PDG. Certains disent même que vous représentez le futur de l'entreprise…
Clarke sentit son cœur s'accélérer et fixa l'image de Lexa en retenant son souffle. Le visage de cette dernière garda son stoïcisme à toute épreuve tandis qu'elle continuait de fixer la journaliste qui venait de parler.
- Je ne représente pas Woods & Co, finit-elle par répondre. Ses milliers d'employés, ses centaines de filiales à travers le monde, sa place de leader dans notre économie, oui…
Ses mots amenèrent un nouveau murmure à parcourir la foule. Mais Lexa resta imperturbable. Du moins, jusqu'à ce que la question d'après soit posée...
- Pouvons-nous savoir qui était la personne que vous défendiez ce soir-là? demanda la même journaliste que précédemment. Était-ce votre petite-amie?
À l'instar de Lexa, Clarke se figea complètement. Elle observa, impuissante, une multitude d'émotion passée sur le visage de sa petite-amie et se retrouva dans l'incapacité de détourner les yeux.
Lexa retrouva rapidement sa contenance et, avec un éclaircissement de gorge, elle déclara:
- Je pense avoir dit tout ce que j'avais à dire à ce sujet… Merci pour le temps que vous venez de m'accorder…
Elle ne perdit pas de temps après ça pour quitter l'estrade malgré les nombreuses interpellations des journalistes à son égard. Après ça, l'image à l'écran changea, le présentateur du journal télévisé local qui venait de diffusé en direct la conférence prenant le relai.
- Nous venons d'assister à la première conférence de presse d'Alexandria Woods, fille du grand Edward Woods, déclara-t-il à l'adresse de la caméra. Qu'en avez-vous pensé Stella? demanda-t-il ensuite à l'adresse de sa co-présentatrice à côté de lui.
- Je pense que sa réponse était très mature, répondit cette dernière. Je trouve juste dommage que sa première apparition télévisée soit pour répondre à un scandale…
- Il faut croire qu'elle remplit parfaitement le cliché de l'héritière de grosses fortunes, plaisanta le présentateur. Espérons juste qu'on n'ait pas affaire à une nouvelle Paris Hilton…
L'écran devint subitement noir et il fallut quelques secondes à Clarke pour réaliser que la télévision s'était éteinte. Le cœur battant la chamade, elle se tourna lentement pour faire face à Mme Woods qui reposait la télécommande sur le bureau.
- Et bien, Mlle Griffin, à votre avis qui est responsable de cette situation dans laquelle se trouve Alexandria? questionna Mme Woods en levant les yeux vers elle. Mon mari et moi? Ou vous?
Clarke se trouva dans l'incapacité de répondre mais Mme Woods ne sembla pas attendre de réponse. Son regard se durcit et elle ajouta:
- Elle a perdu toute crédibilité et ce, par votre faute…
Clarke aurait aimé nier. Elle aurait aimé lui dire qu'elle se trompait, qu'elle n'était pas la responsable. Mais clairement, si.
C'était sa faute.
Lexa se trouvait dans cette situation à cause d'elle.
Elle s'efforça de déglutir l'énorme boule qui se trouvait dans sa gorge et cligna plusieurs fois des yeux pour tenter de retenir les larmes qui menaçaient de couler.
- Ma fille a un grand cœur, poursuivit Mme Woods. Je le sais, je le vois… Je sais qu'elle vous aime et je n'ai aucun doute sur le fait que ce soit réciproque… Mais je sais aussi que c'est exactement ce qui la mènera à sa perte…
Elle fit le tour du bureau et s'avança vers Clarke qui était restée figée au même endroit, le regard de nouveau sur l'écran de télévision noir.
- Elle sacrifierait tout pour vous et malheureusement, je ne pense pas que vous seriez capable d'en faire de même… Vous n'êtes pas ce qu'il faut pour Alexandria, Mlle Griffin. Elle est destinée à de grandes choses mais vous l'en empêchez. Et il est temps que quelqu'un agisse avant qu'il ne soit trop tard…
À l'entente des derniers mots, Clarke tourna brusquement la tête vers elle, les larmes qu'elle avait tenté de retenir coulant dorénavant le long de ses joues, et la regarda s'approcher un peu plus d'elle pour lui tendre une enveloppe blanche qu'elle avait manqué de remarquer auparavant.
- Qu'est-ce que c'est? questionna-t-elle.
- Ouvrez-là, se contenta de répondre Mme Woods en continuant de la lui tendre.
Clarke hésita avant de l'attraper prudemment. Elle fixa longuement Mme Woods qui garda son visage impassible avant de baisser les yeux vers l'enveloppe. Elle prit une profonde inspiration et l'ouvrit d'une main tremblante. Ce qu'elle trouva à l'intérieur la rendit tout de suite nauséeuse.
Il s'agissait d'un chèque établi à son nom et dont le montant ferait fantasmer le plus riche des chirurgiens.
Elle sentit une immense colère la gagner et ne tenta même pas de la cacher lorsqu'elle leva de nouveau les yeux vers la mère de sa petite-amie pour la darder d'un regard noir.
- Vous pensez vraiment que je peux être achetée? Que mon amour pour Lexa peut être acheté? questionna-t-elle entre ses dents.
- Bien sûr que non, répondit Mme Woods en esquissant un petit sourire en coin. Je sais très bien que l'argent ne sera pas suffisant, sinon j'aurais réglé le problème il y a bien longtemps…
Elle fit un nouveau pas vers Clarke, amenant seulement quelques dizaines de centimètres à les séparer, et la fixa d'un regard menaçant.
- Vous allez quitter Lexa justement parce que vous l'aimez. Parce que vous venez de voir exactement ce que cet amour lui faisait… Le chèque, vous pouvez le voir comme une sorte de… compensation… Pour vous aider à construire votre nouvelle vie loin de ma fille…
Les mains de Clarke se faisaient de plus en plus tremblantes autour du chèque qu'elle tenait fermement. Elle était complètement paralysée – de rage, de haine et de culpabilité – qu'elle ne savait pas quoi faire, quoi dire.
Elle continua donc de fixer Mme Woods d'un regard assassin qui ne semblait pas le moins du monde la perturber.
- Bien sûr, si ce n'est pas suffisant pour vous convaincre, ajouta cette dernière d'une voix trainante, sachez que j'ai le pouvoir de détruire complètement votre carrière. Que ce soit ici ou ailleurs. Et croyez-moi, je n'hésiterais pas à le faire… Alors réfléchissez bien, Mlle Griffin, êtes-vous prête à sacrifier votre avenir en tant que chirurgienne pour une relation vouée à l'échec? Une relation où vous détruisez peu à peu la personne que vous clamez aimer?
Lorsqu'elle n'obtint aucune réponse de la part de Clarke, elle se recula et lui adressa un petit sourire satisfaisant sans la quitter des yeux.
- C'est bien ce que je pensais…
Elle attrapa son sac qui était sur le bureau et s'avança vers la porte. Ce ne fut que lorsqu'elle l'entendit s'ouvrir que Clarke retrouva sa voix.
- Pourquoi faites-vous ça? demanda-t-elle. C'est votre fille…
Elle tourna la tête et regarda dans la direction de Mme Woods qui s'était arrêtée dans l'embrasure de la porte. Elle la vit lever les yeux à son tour vers elle et la fixer longuement avant de répondre:
- Croyez-le ou non, c'est pour elle que je le fais…
Elle n'ajouta rien de plus et quitta la pièce.
Clarke ferma les yeux lorsqu'elle entendit la porte se refermer. Elle prit une profonde inspiration puis les rouvrit et les posa sur le chèque qu'elle tenait fermement contre ses doigts.
Elle savait que, quoi qu'il se passe, quoi qu'elle décide de faire, la personne qui en pâtirait le plus était Lexa…
