isclaimer : Vous n'êtes pas au courant ? Harry Potter et tous ses personnages appartiennent à JKR. Et pour ajouter à mon malheur, l'histoire appartient à Emma Lipardi, vu que c'est la traduction de la fic An Aunt's Love.


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- Pour ceux qui ont laissé une review signée, je vais utiliser leur nouveau système pour répondre, et vous devriez recevoir cette réponse dans votre boite mail (si j'ai tout compris comment ça marche)

- Pour ceux qui ont laissé une review anonyme mais m'ont mis leur adresse e-mail, je répondrai par e-mail.

- Pour les autres, je vais faire les réponses dans ma bio mais je les enlèverai quand je posterai autre chose.


Harry fit une dernière fois signe d'au revoir à sa tante et entra à St Jude avec Paul. C'était bon de revenir. Il dit à son thérapeute qu'il allait dans sa chambre une minute et se précipita dans les escaliers. Une fois là, il rangea rapidement ses uniformes, mit ses livres sur les étagères et son costume élégant dans le placard. Il regarda ce qui restait dans son carton. Voldemort avait respecté sa parole. Harry était à présent "l'heureux" propriétaire de robes de Mangemort et du masque qui allait avec.

Ils avaient l'air inoffensif sur son lit. Enfantin, presque. Il se sortit de ses pensées, plia les robes en un petit carré et les cacha sous ses pantalons d'uniforme. Son masque alla sous ses chemises. Il toucha l'anneau qui était à présent sur sa main droite, son portoloin pour ses leçons. Voldemort avait été assez malin à propos du mot de passe. Leçons – en fourchelangue. Personne d'autre ne pouvait utiliser le portoloin, sauf Harry et Voldemort. Ca voulait dire qu'Harry serait seul si ça tournait mal.

Il décida d'arrêter d'y penser. La petite note sèche de Voldemort avait dit qu'il saurait quand il était attendu pour ses leçons. Attendu pour ses leçons ? Il supposa que sa vie avait toujours eu une part d'étrange… de très étrange. Pourquoi cela changerait-il maintenant ?

Harry quitta sa chambre et descendit. Il était l'heure du déjeuner et ses camarades d'étage l'attendaient. Il entra dans la cantine sous les cris de « 007 ! » C'était bon d'être de retour.


« Je suis très fier de toi, Harry » dit Paul alors que le jeune homme ouvrait la porte du bureau. Harry se laissa tomber sur le canapé et adressa un regard confus à Paul.

« Hein ? » demanda Harry. Pas très éloquent aujourd'hui.

« Tu as fait exactement comme tu l'as promis et tu as laissé les adultes s'occuper de tout. Je suis très fier de toi » expliqua Paul. Il regarda Harry rosir au compliment.

« Merci, Paul » dit-il en se détendant sur le canapé. « Je me suis quand même un peu amusé. Cette fontaine ne sera jamais la même. » Harry eut un grand sourire au souvenir de la tête du sorcier volant dans les airs, obligeant un Maugrey assez irrité à l'éviter d'une manière assez indigne.

« Alors, comment vas-tu ? » demanda Paul en allumant le dictaphone.

« Ca va, répondit honnêtement Harry. Ces deux crises d'angoisse hier m'ont assez énervé quand même. J'aimerai savoir pourquoi je les ai. Je me suis sorti de situations potentiellement fatales et je décide d'avoir une crise d'angoisse en pensant à toi et Sensei en danger. Pire, une crise d'angoisse quand Fudge attrape mon bras. Je veux dire, qu'est-ce qui ne va pas avec moi ? » demanda Harry en levant les mains de frustration.

« Il n'y a rien qui ne va pas avec toi, dit Paul après une pause. Les crises d'angoisse sont des choses compliquées et pas toujours évidentes à comprendre d'un cas à l'autre. Tu as pu en avoir pendant des moments où tu te battais pour ta vie, mais ne pas l'avoir réalisé car tu ne savais pas ce que c'était. Il y a plusieurs causes, mais nous ne sommes jamais vraiment sûrs. » Paul vérifia qu'Harry suivait ses explications. « Il y a quelques causes physiques, des facteurs génétiques. Les femmes ont plus de probabilités de faire des crises d'angoisse, mais les hommes en font également. Nous avons découvert qu'elles sont souvent provoquées par des évènements stressant. » Paul sourit à la réaction d'Harry.

« Pas de surprise, là » grommela-t-il en croisant les bras.

« A quoi penses-tu quand tu commences à faire une crise d'angoisse ? » demanda Paul.

« A combien je ne veux pas faire de crise d'angoisse » dit Harry avec un reniflement.

« C'est également un symptôme commun. Tu es complètement normal ici. » Paul n'avait pas pensé que le visage d'Harry s'éclairerait comme ça.

« Enfin ! Normal en quelque chose ! » Harry jeta son coussin en l'air pour célébrer.

« Oui. Normal » répéta Paul.

« Comment je m'en débarrasse ? » Paul le regarda avec surprise. Le ton qu'Harry avait utilisé... « Je n'en veux pas au mauvais moment. »

« C'est compréhensible. Surtout quand on considère ce à quoi tu dois faire face à chaque fois que tu mets un pied dans le monde magique. » Paul ouvrit son cahier. « Nous avons déjà commencé le traitement. Nous avons la méditation et les exercices de respiration. Il y a d'autres techniques que nous pourrions essayer. Les médicaments pourraient aussi être une option. »

« Ce sont les pilules joyeuses que prends Insecte pour son anxiété, pas vrai ? » demanda Harry.

« Insecte t'a parlé de son traitement ? » Paul était surpris. Le thérapeute d'Insecte et lui avait plusieurs fois discuté pour déterminer qui avait le patient le plus difficile. « Etonnant. Il doit vraiment te faire confiance. »

« On parlait en coulisse et il l'a mentionné après que je lui ai dit pour mes besoins occasionnels de somnifère à cause de mes cauchemars. » Harry haussa les épaules. « Ce n'est pas grand-chose. »

« Ainsi dit le garçon qui a bavardé avec l'équivalent magique du premier ministre. » Paul se retourna et fouilla dans son frigo. Harry demanda son jus de fruit favori. « Ok, une autre technique que tu fais déjà est le journal. » Paul tendit le jus de fruit à Harry mais s'arrêta en voyant l'expression de son visage. « Quoi ? »

« J'ai en quelque sorte oublié » dit Harry, étonné d'avoir pu oublier un truc comme ça. « Ca fait des semaines que je n'ai pas écrit dedans. »

« Je n'avais pas conscience que tu voulais commencer la thérapie de groupe. C'était notre marché, pas vrai ? » Paul regarda Harry.

« J'ai été occupé, d'accord ? » grogna Harry de frustration. « Il y a eu un sorcier maniaque qui a essayé de déchirer mon esprit. N'oublions pas le coma, la pièce, et cette nouvelle aventure où j'ai été poursuivi par mon propre gouvernement. » Harry s'arrêta. « Paul, tu crois que c'est pour ça que mes crises d'angoisse ont augmenté ? »

Paul eut l'air pensif pendant une seconde avant de se passer une main dans les cheveux. « Peut-être. » Il s'arrêta. « Et peut-être que non. » Paul eut un sourire narquois et haussa les épaules. « Pourquoi ne voyons-nous pas ce qui va se passer une fois que tu l'auras repris ? »

« D'accord » accepta Harry. Ca ne pouvait pas faire de mal et ça pourrait aider.

« Bien sûr, je vérifierai que tu écris. » Paul leva une main alors qu'Harry ouvrait la bouche pour protester. « Je ne lirai rien hormis la date. Je serai content de voir de l'écriture et c'est tout. Je ne le lirai pas à moins que tu ne le veuilles. »

« Merci, Paul. » Harry et Paul sursautèrent tous les deux quand un sifflement visiblement en colère se fit entendre du terrarium de l'autre côté de la pièce.

« C'est ça ! J'ai attendu, assez patiemment je devrais ajouter, de t'accueillir à nouveau parmi nous, où que tu sois allé, et tu m'ignores ! Tu n'as même pas regardé dans ma direction quand tu es entré ! Je me sens si mal-aimé ! »

Harry se leva et alla vers la cage. « Je suis désolé, Zen. J'ai été très occupé. Des gens ont essayé de me ramener chez les sorciers » expliqua Harry à son ami reptile.

« Quoi ? Qui sont-ils ? Où sont-ils ? Je les mordrai ! » Zen s'enroula sur lui-même avec agitation. « Comment osent-ils essayer de faire du mal à l'enfant éclair ? »

« Harry, est-ce que mon serpent est en train de faire une crise cardiaque ? » demanda Paul avec inquiétude. Les bruits que Zen faisait ne pouvaient pas être considérés comme normaux.

« Hum, non, répondit Harry. Il est juste bouleversé. » Harry se retourna vers le serpent qui continuait sa tirade. « S'il te plait, Zen. Calme-toi. Veux-tu que je te sorte ? »

Zen tomba promptement dans un cercle calme et regarda Harry. « Oui, s'il te plaît. » Harry leva le haut de la cage et permit à Zen de se tortiller dans sa main. Harry retourna vers le canapé et s'installa une fois de plus.

« Joli serpent que tu as là » remarqua Paul alors que Zen essayait une figure en huit.

« Ouais. Fais attention, c'est un serpent d'attaque. » Harry eut un grand sourire et passa un doigt le long du dos de Zen.

« Sais-tu ce qui rendrait cela parfait ? » demanda Zen sur le ton de la conversation. « Une souris ; oui, une souris rendrait ça parfait, mon enfant éclair. »

« Qu'est-ce que ça veut dire ? » demanda Harry, toujours un peu contrarié de ne toujours pas avoir reçu de réponse claire du serpent.

« Ca ne veux dire que le sens que tu donnes. Et maintenant, cette souris ? »


Quatre semaines passèrent rapidement pour Harry à St Jude. Ses amis n'avaient pas réfléchi trop en détail au fait que le visage d'Harry soit aux informations. Insecte l'avait résumé : « Nous sommes tous bizarres. Tu es juste un peu plus bizarre que la plupart » et ça avait été la fin de la question. C'était comme s'ils ne s'en souciaient honnêtement pas. Ils pensaient tous qu'Harry devrait être pareil… comme si ça ne faisait rien. Aucun autre sorcier n'apparut à St Jude et le Ministre n'envoya pas de message demandant à Harry de retourner dans le monde sorcier. Le sanctuaire d'Harry était sauf… pour le moment.

Harry et Paul discutèrent pour intégrer Vernon dans les sessions de famille. Harry mit son veto à toutes les suggestions pendant trois semaines entières avant d'accepter à contrecœur qu'essayer une session serait raisonnable. Aussi longtemps que Paul était là tout le temps et qu'Harry choisissait où il voulait s'asseoir. Les conditions avaient surpris Paul et avaient titillé son instinct. Harry n'aimait visiblement pas l'idée, mais voulait essayer aussi longtemps qu'il contrôlait la situation et qu'il avait quelqu'un de non biaisé à ses côtés. Paul avait le sentiment qu'il y avait plus au sujet de l'antipathie d'Harry envers son oncle que ce qu'il laissait paraître. Harry l'avait sous-entendu dans le passé et il donnait à présent juste un peu plus de preuves, mais il ne les donnait pas de bonne grâce. Toutes les questions qui allaient dans ce sens étaient fermement reniées. Harry ne souhaitait pas parler de son oncle.

« Est-ce qu'ils sont déjà là ? » demanda Harry de sa place préférée sur le canapé. Paul lui sourit et acquiesça.

« Ils sont en train de monter. » Paul s'arrêta et regarda Harry. On aurait dit que le garçon n'avait pas dormi de la nuit. Pire, on aurait dit qu'il tremblait ! « Es-tu sûr d'être prêt pour ça ? » demanda Paul, inquiet pour l'état mental de son protégé. On aurait dit que la coupe était pleine pour Harry.

« Je vais bien » répondit Harry. Oh-oh. C'était cette vieille réponse qui voulait dire je suis sur le point de me briser en morceaux, mais merci d'avoir demandé.

« Nous pouvons couvrir ça d'abord dans ta thérapie habituelle, si tu veux. » Harry était tenté de dire oui, mais il savait qu'il ne serait pas capable d'en parler. Il ne voulait jamais en parler, mais il pouvait dessiner. Paul lui avait demandé plus de dessins de sa vie avec les Dursley et Harry avait rempli tout un cahier. Quelques-uns étaient ok, et d'autres non. Tous avaient donné au thérapeute une meilleure compréhension de son patient.

Vernon était toujours dépeint comme « plus large, tu meurs » dans les dessins d'Harry et menaçait celui qui le regardait grâce à un type de perspective forcée. Paul pouvait presque entendre la tirade qu'il semblait dire dans quelques-uns des dessins. Pétunia était presque cachée dans le décor et était toujours occupée par une tâche ménagère. Le garçon, Dudley, apparaissait souvent devant la télé ou son ordinateur, corpulent et bouffi, entouré de nourriture, boissons et possessions matérielles. Paul suspectait presque que les dessins de Dudley avaient été créés à travers quelque rivalité fraternelle, mais l'honnêteté évidente d'Harry à propos de tout ce qui avait trait à sa famille (à part le déni initial que quoi que ce soit n'aille pas) disait que tout ce qu'Harry dessinait était la vérité sur sa vie.

« Souviens-toi de respirer » dit Paul, alarmé par un Harry plutôt pâle. « Tu es en sécurité ici, Harry. »

« Je sais » dit Harry en tapotant son bras droit. « Je me sens juste plus en sécurité en sachant que ma baguette est juste là. » Il tapota à nouveau son bras. « Et que mon dos est contre le mur. » Il grommela la dernière partie mais Paul l'entendit.

« Harry, tu n'as pas à faire ça si tu n'es pas prêt » dit Paul. C'était un autre problème que Paul pensait qu'Harry avait laissé derrière : le besoin de vivre selon les attentes des autres.

« Je sais . » Harry haussa les épaules. « Je pense que ça ira. Il ne peut pas me faire de mal ici. » Harry sursauta alors, comme s'il réalisait qu'il venait juste de révéler quelque chose qu'il aurait dû garder secret.

Le cœur de Paul se coinça dans sa gorge. Est-ce qu'Harry parlait vraiment de son oncle ? Paul ferma la porte.

« Tu as dit 'il' » dit Paul en tournant son attention vers Harry. « Qui est 'il' ? » Paul voulut crier de frustration quand Harry haussa les épaules. « Etais-ce ton oncle, Harry ? » Paul savait que 'juste une question de plus' était tout ce qu'il fallait pour qu'Harry s'ouvre un peu.

Harry semblait peser les conséquences diverses de la question dans sa tête. Paul remarqua que la température commença à baisser dans la pièce alors qu'Harry commençait un autre exercice respiratoire. Sensei avait mentionné que les capacités magiques d'Harry s'étaient manifestées plusieurs fois, principalement sans qu'Harry ne le remarque, sous la forme de lumière ou de brise. Sensei n'avait remarqué qu'une seule fois le phénomène avec lequel Paul était le plus familier. Les changements de température étaient déconcertants mais ils ne semblaient pas faire de mal à Harry. « Quelques fois » murmura la voix d'Harry. Paul regarda le nuage de buée due à la respiration de Harry. Celui-ci ne le remarqua pas. « Il n'était jamais gentil avec moi. Sauf une fois, mais c'est tout ce dont je peux me rappeler » admit Harry en remontant ses jambes contre sa poitrine. Paul sut que c'était un mauvais signe quand Harry délaissa sa première étape de réconfort dans la forme du coussin. Harry s'était à présent transformé en « Harry la balle. »

« Comment agissait-il envers toi ? » demanda Paul. Il regarda le langage corporel d'Harry changer légèrement. La température tomba encore plus bas. Il y aurait des glaçons bientôt.

Harry haussa les épaules. Paul attendit. Harry répondrait tôt ou… « Il ne m'aimait pas » Ah, voilà. « Ni ne me voulait. » Harry commença un autre exercice de respiration et la température augmenta de quelques degrés. « Il n'était pas… » Harry s'arrêta et secoua la tête comme pour se débarrasser de quelque souvenir ou image mentale.

« N'était pas quoi ? » demanda rapidement Paul. Harry parlait et Paul savait qu'il pourrait ne pas en dire beaucoup plus sur ce sujet particulier.

« Tante Pétunia était un peu mieux, dit soudain Harry. Elle ne m'a jamais vraiment fait mal. D'accord, elle a fait tourner une poêle vers moi. » Harry releva la tête et vit Paul le regardant. « Une fois. Je pense qu'elle plaisantait, pourtant. Le mouvement n'était pas vraiment sincère. Ca ne s'est même pas approché. »

« Est-ce que Vernon plaisantait jamais ? » demanda Paul. Il essayait de ramener la conversation sur la cause de l'anxiété d'Harry.

« Seulement avec Dudley . Il était toujours sérieux avec moi. » Harry prit une profonde inspiration et ferma les yeux.

« Dirais-tu que Vernon t'a fait du mal, Harry ? » Les yeux du garçon s'ouvrirent brusquement et il secoua la tête en dénégation.

« Non. » Harry secoua à nouveau la tête. « Je n'ai jamais vraiment été blessé. Je guérissais vraiment rapidement enfant. J'aimerais avoir un peu de ça maintenant. Moins de temps à l'infirmerie, ajouta-t-il comme explication. Je pouvais être assez insolent quand je voulais et il corrigeait ça… » Harry sursauta quand une main lourde frappa à la porte. Une voix forte demanda pourquoi la porte était verrouillée et la même main lourde fit trembler la porte sur ses gonds.

« Est-ce que ta tante le sait ? » demanda Paul. Il jura que si c'était le cas, Pétunia Dursley ne s'en sortirait pas avec cette farce de tante aimante.

« Non. » Harry secoua la tête. « Il m'ignorait quand Tante Pétunia était dans le coin. » La température chuta brusquement et Harry trembla. « Je ne devais pas le dire, murmura-t-il. Personne ne peut savoir. » Harry se referma sur lui et se transforma presque en balle. La porte trembla encore et Harry se repoussa dans le canapé. Il respirait aussi calmement qu'il le pouvait dans son état légèrement paniqué. Comment cet enfant avait-il pu vivre aussi longtemps avec ça en lui ? Paul comprenait à présent comment certaines personnes pouvaient partir dans une rage folle et tuer quelqu'un. Le cou de Vernon Dursley entre ses mains aurait été particulièrement bienvenu.

Paul se leva de son siège et ouvrit légèrement la porte. « Donnez-nous quelque minute, s'il vous plaît. » Paul ferma fermement la porte au visage de Vernon, retenant une légère note de plaisir en lui-même. Il était presque sûr que la porte avait touché le nez de Vernon. Paul alla vers le canapé et s'assit à côté d'Harry, posant une main légère sur les épaules raides du garçon. Celui-ci sursauta mais ne s'écarta pas. « Harry. Ca… » Non, ça n'allait pas. « Tu es en sécurité. Je suis là avec toi. » Paul répéta qu'il était en sécurité jusqu'à ce qu'Harry commence à se détendre. Harry quitta sa position en boule et regarda Paul avec des yeux vides. Il se redressa et s'appuya contre le thérapeute. Celui-ci enroula ses bras autour d'Harry et attendit que la température monte et qu'Harry arrête de trembler avant de parler à nouveau.

« Harry ? » Paul entendit un bruit qui voulait dire que le garçon faisait attention. « Je veux que tu m'écoutes attentivement. D'accord ? » Le même bruit encore. « Qu'importe ce qu'il t'a dit, qu'importe la raison qu'il a donnée, ce qu'il t'a fait n'est pas de ta faute. C'était mal et il n'avait pas le droit de le faire. » Paul lissa les cheveux d'Harry de la main. « Est-ce que tu le sais ? »

« Oui. Hermione me l'a dit en deuxième année. » Harry haussa les épaules. « Je ne sais pas comment elle a su. »

« Bien. Souviens-toi juste de ça. Ce n'était pas ta faute. » Paul tint Harry jusqu'à ce que celui-ci s'écarte. « J'annule les sessions avec Vernon pour le moment. » Harry était prêt à discuter, mais il s'arrêta quand Paul leva une main. « C'est quelque chose sur quoi tu vas devoir me faire confiance. Peux-tu faire ça, Harry ? »

« Tu es le psy. Je te ferai confiance. » Paul n'eut pas besoin d'entendre les mots non prononcés qui suivaient habituellement cette phrase. Il semblait qu'Harry voulait céder de l'autorité aux adultes. « Maintenant, salle d'art ou salle de repos ? »

« Hein ? » demanda Harry. Paul sautait du coq à l'âne.

« Tu prends le reste de la journée. Pas d'arguments. » Harry ferma la bouche. Comment Paul savait-il qu'il allait discuter ? Et bien, un jour sans classes normales lui permettrait de lire le livre que Voldemort lui avait envoyé… « Pas de livre d'école. » Voilà où partait cette idée. « Pas de répétitions, pas d'entraînement. Juste des trucs typiques d'adolescents, clarifia Paul. Donc, la salle d'art ou celle de repos ? » Harry pouvait lire entre les lignes. Paul ne voulait pas qu'il soit seul pour le moment.

« La salle de repos » répondit Harry. S'il ne pouvait pas étudier, peut-être qu'il pourrait regarder un peu la télévision et ignorer le reste du monde. Peut-être que quelqu'un jouerait un peu avec lui plus tard. Quelque chose qui ne prenait pas la tête.

« La salle de repos, alors » dit Paul en appuyant sur un bouton sur son bureau. « Je veux que tu t'amuses aujourd'hui. Tu ne t'es pas amusé depuis longtemps. » Harry décida que toute tentative pour le contredire convaincrait Paul qu'il faisait exprès d'être têtu. Il laissa donc passer le commentaire. « Tu penses que tu peux faire ça ? »

Harry sourit. « Je peux faire ça, dit-il en tirant son sac vers lui. D'autres dessins, dit-il en sortant plusieurs feuilles de papier. Je sais que tu voulais les voir. »

« Merci, Harry, dit Paul en les acceptant. Je suis très fier de toi. Ca a dû être difficile d'en parler. »

Un coup plus joyeux à la porte surpris Harry. Paul se leva et sortit sa tête. « Salut, Jack. Harry, prêt à y aller ? » Harry se leva et mit son sac sur son dos. « Jack va t'escorter. » Harry acquiesça et remercia Paul.

« 007 ! » Jack passa le bras autour des épaules d'Harry et le guida, le faisant passer devant sa famille. Harry ne le remarqua même pas. « Où allons-nous ? » demanda-t-il en souriant.

« La salle de repos » dit Harry, se détendant déjà à la perspective d'une journée de libre.

« La salle de repos ? C'est génial. Etincelle y est en ce moment et il a l'air un peu seul. Il a mentionné quelque chose sur le fait de regarder le Retour du Jedi. »

« Vraiment ? » demanda Harry, presque prêt à courir. « Allons-y ! »


Paul était assis dans son bureau sombre et regardait la bougie qu'il avait allumée. Les fabricants de bougies déclaraient que la bougie était une détente et que les bougies calmantes avaient pour but d'apaiser une personne après une longue journée. Paul n'était pas calme. Il était furieux. Son regard passa de la bougie à son verre. Il souhaita qu'il y ait quelque chose d'un peu plus fort dedans que du jus de pomme. Paul ne buvait jamais d'alcool par nature et n'en avait pas besoin comme part quotidienne de sa vie, mais ce soir, et bien, il accueillerait une boisson forte, au moins pour enlever ou masquer le goût horrible laissé dans sa bouche pour avoir fait face à Vernon Dursley.

Le seul nom lui faisait monter de la bile dans la gorge. Cette pathétique imitation d'homme avait vraiment fait du mal à Harry… pour sa propre protection, bien sûr. Vernon Dursley était un homme qui aimait avoir une audience et il avait volontiers livré des détails une fois que Paul l'avait confronté. Paul, Joe et Pétunia étaient restés choqués alors qu'il expliquait beaucoup d'aspects de l'enfance d'Harry – de son placard dans sa petite enfance à son hésitation à chercher l'aide d'un adulte. Paul avait le sentiment que Vernon Dursley et Albus Dumbledore s'entendraient si Pétunia n'était pas là.

Pétunia Dursley était restée assise pendant toute l'histoire, complètement stoïque jusqu'à ce que Vernon utilise les mots « pour son bien » en rapport avec le fait d'avoir frappé le garçon. Les actions de Pétunia lui assureraient pour toujours d'avoir son nom dans sa liste de « Gens Merveilleux. » Elle s'était tournée vers son mari et l'avait giflé. Pas juste une tape polie ; cette claque avait tout son corps derrière elle. La tête de Vernon avait presque fait demi-tour sous la force du coup. La trace pâle de la main de Pétunia devenait lentement rouge. Paul dut se retenir de toutes ses forces de ne pas applaudir. Joe avait l'air pareil, bien qu'il n'ait pas vraiment pu cacher son sourire.

« Pétunia, que… ? » Pétunia fit taire son mari d'un regard noir. Paul savait à présent comment Dumbledore se sentait quand il faisait face à une Pétunia enragée. Pétunia Dursley furieuse n'était pas quelqu'un que Paul pouvait espérer vaincre.

« Ca t'irait bien si je portais plainte, siffla Pétunia. Tu ne mérites même pas le confort d'une cellule de prison. Comment mon neveu a réussi à ne pas t'attaquer une fois qu'il a sut ce qu'il était… » Elle laissa sa phrase en suspens, s'abandonnant dans un moment de furie silencieuse. « Comment oses-tu ? » Paul n'avait jamais entendu cette phrase prononcée avec autant de mépris. « Tu ne toucheras plus jamais Harry. Jamais. » Dursley eut en fait la grâce d'avoir l'air de se recroqueviller sous le regard noir de sa femme. « Tu ne lui parleras plus sans que je sois dans la pièce. Si tu ne fais que le regarder de la mauvaise manière, je prendrai les garçons et partirai. Je m'assurerai que Dudley sache exactement quel genre d'homme tu es. Tu ne verras plus jamais ton fils. Est-ce que j'ai été claire ? »

Vernon Dursley gémit. Il baissa la tête et Paul put presque voir une queue repliée entre ses jambes. Vernon semblait prêt à aller furtivement dans un coin comme le sale chien qu'il était. « Va m'attendre dans le couloir. Tu ne t'approches pas d'Harry, ni ne lui parles s'il est là dehors. » Vernon se leva et sortit de la pièce, le regard ferme de sa femme le suivant tout du long. Paul résista à l'instinct de faire une standing ovation à Pétunia.

Pétunia se laissa glisser dans le fauteuil à côté d'elle. Elle ferma les yeux et soupira. « Ma mère m'avait prévenue, dit-elle avec lassitude. Elle m'a dit qu'il n'était pas un homme bien. » Elle eut un reniflement peu féminin (Paul sut de qui Harry avait hérité de ce trait particulier.) « Je ne l'ai pas écoutée. J'étais amoureuse. » Elle soupira. « Je pensais que je pourrais le changer. C'était idiot de ma part et maintenant quelqu'un que j'ai promis de protéger a été blessé. »

Joe se pencha et la conseilla calmement sur ses options. Porter plainte n'était que l'une d'entre elles. Il lui conseilla d'y réfléchir. « Vous n'avez que le futur à penser. » Pétunia regagna lentement son air de confiance et fut prête à se battre à nouveau en quittant le bureau.

« Comme j'aurais aimé avoir un appareil photo pour ça » dit Joe à Paul, surprenant ce dernier. Joe était habituellement un homme gentil. « Je parie qu'Harry aurait aimé voir ça. »

« Oui, agréa Paul. Il aurait peut-être aimé. » Il jeta un coup d'œil à la pendule. « Allons voir ce qu'il fait. » Joe n'eut pas besoin d'explications. Il semblait prêt à serrer le garçon dans ses bras lui-même.


-Mi, tu es là ?

-Je suis là, Skywalker. Qu'est-ce qui ne va pas ?

-Comment sais-tu que quelque chose ne va pas ?

-Heu… Je n'en ai aucune idée. Quelque chose ne va pas, pas vrai ?

-J'ai vu Le retour du Jedi.

-Ca va ?

-Comment Luke a pu faire quelque chose comme ça ? Il a juste dit à sa sœur qu'ils étaient de la même famille (ce qui m'a vraiment foutu les jetons, au fait) et puis il est parti affronter son père.

-Il a fait ce qu'il avait à faire.

-Pourquoi cela incluait-il faire face à son père ?

-Et bien, Yoda a dit qu'il devrait faire face à son père pour compléter son entraînement de Jedi, pas vrai ? C'est pour ça qu'il l'a fait.

-Il aurait pu mourir.

-Oui.

-Il est presque mort. Tout le monde est presque mort. Ils auraient pu juste partir pour la planète la plus lointaine possible et vivre leurs vies.

-Ils pensaient tous que la liberté le valait.

-Oh. Mi ?

-Oui ?

-Tu es d'accord avec ce qu'ils ont fait ?

-Ils ont fait ce qu'ils avaient à faire. La liberté de l'Empire le valait. J'aurais rejoint la Rébellion si j'avais été à la place de Luke ou de Leia.

-Ouais. Tu crois au destin ?

-Tu sais ce que je pense de la Divination, Harry.

-Le destin est différent. Tu y crois ?

-Je crois que nous sommes destinés à faire certains choix. Rien d'autre.

-Des choix comme aller ou pas à Poudlard à onze ans ?

-Exactement.

-Certains choix sont difficiles à faire.

-Si la vie était facile, elle ne serait pas très drôle, n'est-ce pas ?

-Je suppose que non. Mi, certains choix sont vraiment durs à faire sans soutient.

-Qu'essaies-tu de dire ?

-Mi, je devrais peut-être prendre une décision vraiment importante. Vraiment importante. Cette décision pourrait avoir des conséquences assez, euh, dérangeantes.

-Je n'aime pas où ça a l'air d'aller.

-Ecoute-moi juste, d'accord.

-Et bien, je lis, mais d'accord.

-Tu es une marrante, Hermione.

-J'essaie. Maintenant, tu disais ?

-Si le pire devait arriver, si j'en venais à cette décision, puis-je te faire confiance pour me permettre de la prendre ? Que tu garderas ceux qui me protégeraient « pour mon propre bien » loin de moi ?

-Je sais que je n'aime pas où ça va. Harry, tu n'as pas à devenir héroïque ici. Voldemort ne durera pas aussi longtemps. Tu n'as pas à devenir Luke Skywalker et je refuse de le permettre.

-Je pense que c'est trop tard. Je pense que j'y suis déjà.

-Non, tu ne l'es pas.

-J'ai grandi avec un oncle et une tante qui ont essayé de me cacher mon héritage. J'ai été contacté par un 'sorcier' et amené dans un tout nouveau monde. On m'a donné des tests et des aperçus du passé de mes parents. J'ai vu Voldemort, monVador, la première année à l'école, un endroit où j'étais supposé être en sécurité. Les challenges ont continué à grandir, Hermione. Je suis à l'entraînement et dans un sanctuaire comme Dagobah. Quand je partirai d'ici, quand j'en aurais fini avec tout cet entraînement, je n'aurai pas d'autre choix que de faire face au Seigneur des Ténèbres.

-Ce n'est pas une histoire, Harry ! Tu n'as pas à faire quoi que ce soit de la sorte !

-Je sais . Juste comme Luke n'avait pas à faire face à son père quand il l'a fait. Ca, je choisis de le faire.

-Non. Absolument pas.

-Hermione, s'il te plait. Je ne te demande pas d'aide. Je demande juste que tu me permettes de prendre les décisions que je dois prendre quand le moment sera venu, de partir quand j'aurais besoin de partir, et que tu empêches les autres de me suivre.

-Harry, s'il te plaît. Je ne veux pas me disputer avec toi. Tu n'es pas un héros de livre forcé de faire face à son ennemi encore et encore sans personne à ses côtés. Tu as des amis qui peuvent t'aider.

-J'ai été seul la plupart du temps avec Voldemort. En fait, j'ai été seul à chaque fois que je lui aie fait face.

-Ce n'est pas vrai !

-Si ça l'est. Première année, je t'ai laissée derrière parce que tu as dit qu'un seul d'entre nous pourrait avancer. En deuxième année, Ron est resté derrière parce qu'il a été bloqué par un éboulement. Quatrième année, je n'étais pas seul dans ce cimetière, mais personne là-bas ne m'aurait aidé. Cinquième année, et bien, vous étiez là, mais j'ai fait face à Voldemort tout seul jusqu'à ce que Dumbledore se montre.

-Donc, qu'es-tu en train de dire ? Que tu es destiné à le rencontrer seul à chaque fois ? Que ton destin est toi ou lui ?

-En gros. Je ne souhaite pas tuer, Hermione, mais si ça nous donne notre liberté, si ça me donne ma liberté, je le ferai.

-Tu n'as pas à te battre là-dedans, Harry. Dumbledore peut battre Voldemort.

-Non. Dumbledore m'entraîne depuis le premier jour. Il m'a permis de faire comme je voulais pour la majeure partie. Il y avait des moyens d'être préservé du danger, mais il m'a laissé continuer. Je dois me poser des questions sur ce qui est arrivé. Trois gamins de onze ans ont traversé des pièges conçus pour empêcher un sorcier intelligent, pleinement entraîné de surcroît, d'approcher de la Pierre. Est-ce que ça ne t'est jamais venu à l'esprit ?

-Tu penses que Dumbledore t'a piégé en première année ?

-J'ai l'impression que c'est vrai. Je ne le sais pas avec certitude. Je ne fais plus beaucoup confiance à Dumbledore.

-Oh, crois-moi. Je ne l'aime pas vraiment non plus. Et en seconde année ?

-Je ne suis pas sûr. Le truc, c'est qu'il ne s'est pas interposé sauf pour me 'sauver.' A moins que le non-sauvetage n'est servi ses buts.

-Il t'a protégé en cinquième année.

-En me cachant des informations. Si j'avais su ce que je sais maintenant, je n'aurais pas pris la moitié des décisions que j'ai prises. Il ne réalise pas que je n'ai jamais été traité comme un enfant par ma famille (bien que ma tante fasse une incursion dans ce domaine à une vitesse alarmante… elle me demandera si je veux des biscuits avec mon lait à tout moment maintenant… c'est effrayant) et il n'a fait que me blesser en me traitant comme un enfant.

-Ca semble familier. Tu parles comme avant la cinquième année.

-Sans la colère.

-Oui, sans la colère. Skywalker, tu n'as pas à devenir Luke. Le destin, les prophéties, c'est inutile.

-Ce sont mes choix qui me définissent, Hermione. J'ai choisi de me dresser contre Voldemort en première année. Je ne regrette pas cette décision.

-Ca ne veut pas dire que tu dois te livrer à lui !

-Que voudrais-tu que je fasse d'autre ?

-Je voudrais qu'on t'envoie en Sibérie et qu'il y ait quelqu'un qui s'assied sur toi !

-Au moins cette personne me tiendrait chaud.

-Sois sérieux, Harry.

-Hermione, je ne dis pas que ça va arriver bientôt. Ca pourrait être demain. Ca pourrait être dans quarante ans. Tout ce que je demande, c'est que quand je devrais prendre cette décision, tu me permettes de faire ce que je pense être le mieux. Si ça veut dire lui faire face, bien. Si ça veut dire aller en Sibérie pour que quelqu'un puisse s'asseoir sur moi, d'accord. Puis-je te faire confiance pour me permettre de prendre la décision que j'aurais besoin de prendre ?

-Je le promets si tu me promets quelque chose en retour.

-Quoi ?

-Que tu t'arrêteras pour réfléchir à tout. Que tu ne prendras pas de décisions hâtives basées sur tes émotions. Que tu iras chercher de l'aide si tu en as besoin avant de partir faire le héros. Que tu feras tout ce que tu peux pour trouver un autre moyen plutôt que de devenir Luke Skywalker.

-C'est une promesse que je fais librement et facilement.

-Très bien. Alors je te promets de te laisser prendre ta décision quand le moment sera venu.

-Merci, Mi. Ca veut dire beaucoup pour moi.

-Harry, si tu meurs, je me tournerai vers la Nécromancie et je te ramènerai, juste pour pouvoir te tuer à mains nues.

-Aw. Merci Hermione. Je ne savais pas que tu tenais tant à moi.

-Je laisserai Madame Weasley t'avoir quand j'en aurai fini avec toi.

-Maintenant, c'est terrifiant.

-Puis ta tante.

-Maintenant, c'est juste vicieux.

-C'est la vérité. Promets-moi que tu ne mourras pas.

-Je ne peux pas promettre quelque chose comme ça.

-Pas de promesse, pas de garantie que je ne te livrerai pas à ta tante.

-Tu n'as pas une once de pitié dans ton corps.

-Non. Maintenant, promets !

-Très bien, si seulement pour sauver mon âme du tourment éternel connu comme étant Pétunia Dursley furieuse.

-Bien.

Hermione ferma violemment son messager et le lança à travers la pièce. Elle releva ses genoux et y enfouit son visage pour crier de frustration.

Snape baissa son livre de quelques millimètres pour regarder la Gryffondor. Merveilleux. Elle était bouleversée. Cela, Snape le savait, était la raison pour laquelle il n'avait jamais tenté d'avoir sa progéniture. Il n'avait aucune idée de la manière d'être compréhensif ou de faire preuve de compassion quand les enfants en avaient besoin. Il le laissait habituellement à sa Préfète-en-Chef ou à un des préfets. « Je vous aiderai à le tenir si vous voulez le tuer, Mademoiselle Granger » lui dit-il prudemment. Potter avait son comportement habituel si Snape évaluait correctement la situation.

« Non, merci, Professeur » grommela Hermione, la tête toujours sur ses genoux.

« Je comprends que Potter est fidèle à lui-même ? » commenta-t-il plus qu'il ne demanda.

« Ce n'est pas ça » dit-elle. Oh, Merlin tout puissant. Faites que ce ne soit pas un de ces trucs femelles dont je ne connais que les simples mécanismes. « Il est stupide. »

« Ce n'est pas surprenant. Je suis assez habitué à sa stupidité, dit-il d'une voix traînante en fermant son livre. Quel aspect de son idiotie est apparut en lumière ce soir ? »

Hermione reposa ses pieds au sol et soupira. « Je ne suis pas vraiment sûre, admit-elle. Il m'a juste demandé de promettre que je lui permettrai de prendre les décisions qu'il devra prendre quand 'le moment sera venu.' »

« Ah » Snape posa son livre et se leva. « Draco, des idées sur le fonctionnement de l'esprit adolescent mâle ? »

« Tu l'aimes, n'est-ce pas ? » demanda Draco. Hermione répondit en lui jetant son verre. Snape sortit sa baguette et l'attrapa facilement. Ce devait être un truc femelle, ce fait de lancer des objets quand elles étaient bouleversées.

« Il est comme mon frère, Drake ! »

« Je demandais juste, dit Draco en retournant à son essai. Désolé, Severus. Je ne peux pas t'aider, là. »

« Traître » siffla Snape. Comment le garçon osait-il le laisser gérer une adolescente émotive ? Elle avait perdu tout son bon sens.

« Ca va, dit-elle la seconde suivante. Frustrée et bouleversée, mais je vais gérer à la fin. Je suis désolée d'avoir jeté ce verre sur toi, Drake » dit Hermione en se levant et en lissant les plis de sa robe.

« Pas de problème. Ma mère jetait des choses quand elle était en colère, dit Draco de son tas de livres. Dis-moi juste quand tu auras besoin que je m'assois sur lui. »

« Comment sais-tu que je pensais ça ? » demanda Hermione.

« Tu avais cette expression 'c'est pour ton bien' sur le visage, commenta Draco. Tu es prête à retourner à la Tour Gryffondor ? » demanda-t-il en marquant sa place.

« Oui, s'il te plaît » répondit Hermione.

« Ne vous inquiétez pas, mademoiselle Granger. Potter reviendra à la raison. Ca lui prendra juste un peu plus longtemps qu'à la plupart » dit Snape alors qu'Hermione rangeait ses livres et faisait venir son messager.

« Vous savez, c'est le truc bizarre. » Hermione lutta avec les fermetures de son sac. « Il était complètement logique ce soir. Il a contré tous les arguments que je lui présentais sur les raisons pour lesquelles il n'avait pas besoin de prendre la décision qu'il sous-entendait. »

« Potter est capable de logique ? » Le visage de Snape menaçait de se fendre d'un sourire. L'idée était juste… ridicule. « Et quelle décision 'sous-entendait-il' ? » Maudite curiosité.

« Il avait cette étrange idée que ce serait seulement entre lui et le Seigneur des Ténèbres à la fin » dit Hermione en mettant son sac sur l'épaule. Que ce serait soit lui soit le Seigneur des Ténèbres. » Hermione haussa les épaules et remercia Snape alors qu'elle et Draco partaient. Aucun des enfants ne vit Snape se laisser tomber dans son fauteuil et porter une main tremblante à sa tête. Merlin tout puissant. La prophétie. C'était vrai. Potter allait l'accomplir


Harry se réveilla dans un sursaut et porta une main à sa cicatrice. Voldemort appelait. Voldemort avait appelé Harry au moins une fois par semaine pendant le dernier mois. Il protégea son esprit et sortit du lit. Il s'habilla rapidement et sortit sa robe et son masque. Il avait croisé très peu de Mangemorts et aucun ne l'avait encore questionné. Il se concentra sur sa magie et agita la main, souriant quand une illusion d'un Harry inconscient apparut dans son lit. Il devenait assez bon en illusion. Celle-là pouvait se tourner et grogner quand quelqu'un lui parlait. Heureusement, Voldemort lui avait toujours dit de rentrer avant l'aube et le portoloin le déposait pile dans sa chambre. Personne ne saurait jamais. Il baissa son masque et siffla son mot de passe. Il détestait les portoloins.

Il atterrit avec quelque semblant de grâce et regarda autour de lui. Personne n'était vraiment aux alentours. Il fit son chemin à travers le cimetière (il resta à une distance respectueuse de la pierre tombale sur laquelle il avait passé du temps attaché) et entra dans la maison. Il avait assez bien appris son chemin de par ses expériences passées ici. Voldemort le rencontrait toujours dans ce qu'il appelait le salon. Harry ne s'asseyait pas là-bas (NdT : salon sitting room en anglais. Littéralement, salle pour s'asseoir.) Il s'effondrait, plus souvent que le contraire, mais ne s'asseyait pas. Il était sur le point de frapper à la porte quand une voix bourrue l'arrêta et lui glaça les sangs. « Nous sommes là. » Harry se tourna. Il semblait que Voldemort recrutait à nouveau. Harry ne connaissait pas cette personne.

Comment expliquer qu'il était là pour des leçons ? L'homme rirait de lui. Il fit signe à Harry de le suivre. Quel choix avait-il ? Harry traversa le couloir et entra dans la pièce. Voldemort était devant, caressant Nagini et chuchotant à quelqu'un vêtu, comme par hasard, d'une robe et d'un masque de Mangemort. Cette personne s'inclina et quitta Voldemort. « Mes Mangemorts, siffla Voldemort, bienvenue à vous tous. » Harry dut se demander si tous les maniaques pouvaient faire de si gentils discours. « Tant ont été perdus à Azkaban mais vous vous êtes tous levés pour relever le défi qui vous était présenté et m'avez rejoint pour un monde meilleur. » Harry essaya de ne pas avoir de sourire narquois. Vraiment. « Je vous ai tous appelés ce soir pour vous présenter quelqu'un » dit Voldemort en posant Nagini au sol. « Mon élève, appelle Nagini à toi. » Donc, Voldemort savait qu'Harry était là. Harry n'avait fait face à Nagini qu'une fois et il n'était pas trop sûr de l'aimer. Zen était beaucoup plus gentil.

« Je suis là, Nagini » siffla Harry avec obéissance. L'homme à côté de lui sursauta, surpris, et s'éloigna un peu d'Harry. Nagini glissa à travers la foule et alla vers lui. Il lui offrit son bras et elle s'enroula autour.

« Mes Mangemorts, permettez-moi de vous présenter mon élève » dit Voldemort en lui faisant signe d'avancer. Harry n'avait pas su que Voldemort planifiait de faire une annonce. Harry avança à travers la foule (d'où venaient ces gens ?) et s'approcha de Voldemort. « Son identité doit rester secrète pour le moment, pour sa protection, bien sûr. J'ai besoin de quelques volontaires pour l'instruire mais nous pourrons arranger ça plus tard. » Voldemort agita sa baguette et un autre fauteuil apparut à côté de lui, bien que plus petit que le sien. Il fit signe à Harry de s'asseoir et se retourna vers les Mangemorts. « Comment les géants ont-ils reçu notre dernière offre ? » demanda-t-il à la foule.

Harry s'assit et permit à Nagini de retourner près de Voldemort. Etait-ce une bonne ou une mauvaise chose, cette annonce de l'élève de Voldemort ?


William Zareh monta les escaliers jusqu'au bureau de Dumbledore et frappa violement à la porte. Il continua à frapper jusqu'à ce qu'elle s'ouvre. « William, mon enfant, qu'y a-t-il ? Etes-vous blessé ? »

« Non, monsieur le directeur, je vais bien » dit Zareh en luttant pour reprendre sa respiration. « Je reviens juste d'une réunion de Mangemort. Voldemort a présenté quelqu'un ce soir. Il l'a appelé son 'élève'. » Zareh déclina les offres de thé et de sucreries d'un revers de la main.

« Un élève ? » dit Dumbledore, vaguement troublé. « Que peux-tu me dire de lui ? »

« L'élève n'a rien dit qui ne soit pas en Fourchelangue. »

« Quoi ? » Le directeur ne connaissait qu'un seul autre Fourchelangue et ce garçon était extrêmement têtu dans son instance à rester dans le monde Moldu. « As-tu vu le visage de l'élève ? »

« Non, Monsieur le directeur. Il était bien couvert, mais ses manières criaient 'sang-pur'. Il se tenait comme Lucius Malfoy » admit Zareh.

« Bien, ça ne peut pas être Harry, alors » dit Dumbledore avec un grand soulagement.

« Harry ? Comme dans Harry Potter ? » demanda Zareh.

« Oui. Harry est le seul autre fourchelangue que je connaisse. »

« Quelqu'un de l'étranger alors ? Un nouveau joueur ? » demanda Zareh avec confusion. Harry Potter devenant Noir ? Devenant l'élève du Seigneur des Ténèbres ? Impossible.

« Ca semble la possibilité la plus probable. Que s'est-il passé d'autre ? »

« Les géants ont refusé la proposition de Voldemort. En fait, ils ont soulevé le messager et l'ont lancé à une belle distance. » Dumbledore sourit à l'image d'un Mangemort volant. « Il a envoyé une délégation en France pour réveiller des supports là-bas. Il a aussi demandé un professeur pour son élève. » Zareh vit le visage de Dumbledore et sourit. « Je vous ai dévancé. Je lui ai offert mes services « dans toutes les capacités » que le Seigneur des Ténèbres pourrait désirer. Il semblait presque étourdi par l'idée qu'un professeur de Poudlard enseigne à son élève. »

« Essaies de connaître cet élève. Vois si tu peux le faire parler ou se confier à toi. Nous ne pouvons pas écarter la possibilité que cet élève n'est pas volontaire. Aide-le si tu peux, William » lui ordonna Dumbledore.

« Certainement, Monsieur le Directeur. » Zareh prit congé et Dumbledore retourna au lit. Un élève ? Le Seigneur des Ténèbres avait un élève ? La situation s'agravait. Harry devait rentrer dans le monde magique.


Sensei se tenait dans le coin de la chambre de son élève et attendait. Le garçon dormait dans son lit mais Sensei savait que quelque chose n'allait pas. Deshi dormait différemment. Il connaissait son élève. L'aube commençait juste à colorer le ciel quand Sensei vit quelqu'un apparaître. Il était habillé dans un lourd vêtement noir et quelque chose cliqua au sol quand il tomba à genoux. La silhouette se pencha et haleta légèrement. Il frissonna quelques minutes avant de se redresser. Un masque tomba au sol avant que la capuche ne tombe de son visage. Deshi. Son élève se leva lentement, utilisant le lit comme support jusqu'à ce qu'il regagne son équilibre. Les mains du garçon tremblaient alors qu'il détachait la cape et la pliait. Il alla vers le placard et fourra le cape sous des vêtements et le masque dans un autre placard.

Deshi retourna à son lit et enleva ses tennis. Il avait juste enlevé sa chemise et inspectait quelques nouvelles coupures quand Sensei fit connaître sa présence. La tête du garçon se redressa vivement et sa baguette vola du sol à sa main alors qu'il faisait face à l'inconnu. « Du calme, deshi » dit Sensei en sortant des ombres.

« Sensei ? » Harry eut assez de temps pour demander avant que son corps ne s'arque de douleur et qu'il tombe en arrière sur le lit. Il semblait que son corps ait décidé de perdre conscience. Sensei réalisa alors que Deshi gardait beaucoup de secrets en lui. Il regarda l'illusion se dissiper. Il attrapa la couverture du lit et l'enroula autour de son élève. Le garçon ne le quitterait pas tant que Sensei ne serait pas satisfait.


Et un grand merci à Lys qui a eut l'extrême gentillesse de se proposer pour être ma bêta.