Bonsoir tout le monde!

Avec un peu de retard, voici enfin le chapitre 21! J'espère qu'il vous plaira!

Pour le prochain, je suis désolée mais je n'ai vraiment pas d'idée de quand je pourrais le poster. Mais je vous rassure, il est bien avancé donc je ne pense pas que vous aurez un mois à attendre pour l'avoir! Je sais que ça change de la première partie, lorsque je publiais tous les dimanches, et j'espère que vous restez malgré tout intéressés par l'histoire!

Merci pour tous vos messages et vos reviews! Toujours un plaisir de lire vos avis! Vous représentez vraiment ma plus grande source de motivation donc encore et toujours, un grand merci!
Je suis désolée de n'avoir par pris le temps de répondre à chacun de vous cette fois-ci encore mais je voulais vraiment publier ce soir!

Je pense avoir tout dit donc je n'ai plus qu'à vous souhaiter une bonne soirée et une bonne lecture!

LSAfor'

PS: Un grand merci à jenkus, qui malgré ses soucis de net, a pris le temps de me corriger le chapitre!


Chapitre 21:

Lexa était assise derrière son bureau lorsque la porte s'ouvrit pour laisser apparaitre Titus qui pénétra à l'intérieur sans prendre la peine de toquer.

- Mais je vous en prie, faites comme chez vous! lui dit-elle sarcastiquement en lui adressant un regard noir par-dessus ses lunettes.

Titus l'ignora et, après avoir refermé la porte derrière lui, il s'approcha du bureau et vint se poster devant elle.

- Que faites-vous Alexandria? questionna-t-il sans préambule.

- Je travaille, répondit simplement Lexa. Donc si vous le voulez bien…

Elle ponctua ses mots en lui faisant un signe de main en direction de la porte, l'invitant clairement à s'en aller. Mais Titus ne bougea pas et secoua la tête d'un geste frustré.

- Vous devriez être à Los Angeles…

- J'ai quelques affaires à terminer ici, dit Lexa.

Sa réponse ne fit qu'agacer un peu plus Titus qui s'exclama:

- Une semaine! Une semaine que vous avez fui Los Angeles et que vous repoussez le Conseil d'Administration qui doit valider officiellement votre élection!

- Quelle élection? rétorqua sèchement Lexa en se redressant en position debout. Ce n'est même pas comme s'ils avaient leur mot à dire! Mon père s'en est parfaitement assuré!

Titus ne lui répondit pas immédiatement. Il prit une grande inspiration et la fixa longuement avant de reprendre la parole.

- Vous êtes le nouveau Commandant, prononça-t-il lentement. Vous avez accepté de l'être. Il est temps que vous assumiez vos choix, que vous preniez vos responsabilités et que vous arrêtiez de vous cacher…

Lexa se retrouva à serrer la mâchoire face à ses mots. Parce qu'elle savait qu'il avait raison.

Elle avait quitté LA en informant sa mère et son oncle qu'elle acceptait de remplacer son père à la tête de W&C mais qu'elle rentrerait d'abord à New-York pour choisir un nouveau Chef des Opérations et s'assurer qu'elle laissait son ancien poste entre de bonnes mains. En réalité, elle savait déjà qui allait la remplacer, et ce depuis le moment où elle avait accepté son nouveau rôle. Il s'agissait juste d'un prétexte pour tenter de gagner du temps, pour tenter de se faire à l'idée que sa vie allait irrémédiablement changer, et tout le monde le savait. Mais ils l'avaient laissée partir et une semaine après, elle en était toujours au même stade, elle n'arrivait toujours pas à s'y faire.

Pendant que sa mère, son oncle et son désormais conseiller s'étaient occupés de gérer les retombées liées à la mort du Commandant – auprès des actionnaires, auprès des employés, auprès du monde entier – elle, s'était cloitrée dans son bureau de New-York qui n'était même plus à elle et s'était obstinée à occuper un rôle qui n'était plus le sien, tentant d'ignorer le nouveau poids qui pesait sur ses épaules.

Une semaine que son père était mort, une semaine qu'elle avait quitté Los Angeles, et elle avait passé chaque minute à éviter d'y penser. À éviter d'en parler.

À éviter Clarke…

Mais Titus avait raison, il était temps qu'elle arrête de fuir et qu'elle assume la décision qu'elle avait prise. Elle leva donc de nouveau les yeux vers lui, prit une profonde inspiration et déclara:

- Vous pouvez mettre en place le conseil, je serais là…

Titus laissa échapper un soupir soulagé avant d'acquiescer vigoureusement.

- Je pense qu'il pourra se réunir d'ici deux jours, informa-t-il.

Lexa se contenta de lui répondre en opinant la tête.

- Vous prenez la bonne décision, ajouta Titus avant de pencher la tête respectueusement et de tourner les talons pour quitter le bureau.

Lexa le regarda disparaitre derrière la porte et, tentant d'occulter du mieux qu'elle pouvait la boule de détresse au creux de sa poitrine, elle attrapa son téléphone portable, écrivit rapidement un message à Anya lui demandant si elle pouvait la rejoindre. Elle n'attendit pas de réponse, verrouilla son téléphone puis après de longues secondes d'hésitation, elle se tourna vers le fixe de son bureau et appuya sur le bouton qui la mettait en lien avec son assistante.

- Oui? prononça la voix de Costia.

Lexa ne répondit pas immédiatement. Elle n'avait aucune envie de le faire mais il fallait qu'elle mette de l'ordre avec tout le monde avant de partir. Et Costia en faisait partie.

Elle ferma donc les yeux une fraction de seconde, poussa un soupir imperceptible et s'obligea à demander:

- Tu pourrais venir s'il te plait?

- Oui bien sûr, répondit Costia. J'arrive…

Moins d'une minute plus tard, un bruit de petit coup retentit contre la porte qui finit par s'ouvrir sur Costia. Cette dernière pénétra à l'intérieur du bureau en adressant un petit sourire chaleureux à Lexa.

- Qu'est-ce que je peux faire pour toi? demanda-t-elle poliment.

- J'ai besoin que tu m'aides à organiser mon départ à LA, répondit Lexa. Pour après-demain…

Les yeux de Costia s'écarquillèrent légèrement à l'entente de la nouvelle mais elle retrouva rapidement contenance et se contenta d'acquiescer.

- Je m'en occupe, assura-t-elle.

- Merci, déclara Lexa.

Costia lui répondit par un sourire. Sourire qui disparut peu à peu pour laisser place à une mine inquiète.

- Je sais que c'est une question débile, commença-t-elle prudemment, mais comment tu vas?

Lexa leva les yeux vers elle et se demanda quelle serait la réponse appropriée à la question. En colère? Impuissante? Dévastée? Effrayée?

Les quatre à la fois?

Elle se contenta de lui répondre par un haussement d'épaules. Elle n'avait pas envie d'en parler, elle n'avait pas envie d'y penser. Parce que si elle commençait à y penser, si elle commençait à s'y attarder, elle penserait à Clarke, elle penserait à tout ce qu'elle s'apprêtait à laisser derrière elle et elle n'était pas sûre de réussir à être assez forte pour ça. Costia sembla le comprendre car elle acquiesça et ne chercha pas à creuser plus.

Un silence légèrement gênant suivit, ce qui amena Lexa à s'éclaircir la gorge et essayer, une nouvelle fois, d'oublier son mal-être. Elle décida donc de se concentrer sur autre chose, sur ce qu'elle pouvait maitriser.

- On devrait parler de la suite pour toi, déclara-t-elle d'une voix qu'elle s'efforça de garder contrôlée.

- La suite? répéta Costia, légèrement confuse.

- Oui, confirma Lexa.

Elle lui fit un signe, l'invitant à s'asseoir sur un des sièges face à elle puis attendit qu'elle le fasse avant de reprendre la parole.

- Je vais te demander quelque chose de vraiment égoïste, lui dit-elle. Et tu as le droit de refuser et je te promets que je ne t'en voudrais pas. Au contraire, je ferais tout ce que je peux pour t'aider à trouver ce qui te conviendrait le mieux et –

- Lexa, l'interrompit Costia en esquissant un petit sourire. Dis-moi…

Lexa poussa une longue expiration avant d'acquiescer.

- J'aimerais que tu restes mon assistante et que tu viennes avec moi à Los Angeles, déclara-t-elle. Tu es une des rares personnes en qui j'ai confiance dans cette entreprise et je sais que je peux me reposer sur toi… Mais je sais aussi que ce serait un énorme sacrifice que je te demanderais de faire. Donc tu peux refuser et je m'assurerais que tu gardes ton job ici ou même que tu trouves quelque chose de beaucoup plus intéressant. Je pourrais même t'aider à trouver un poste au service juridique –

Costia hocha immédiatement la tête avant de lui répondre d'une voix pleine de conviction:

- Je te suis…

Lexa, qui avait ouvert la bouche pour continuer ses déblatérations sur les potentiels jobs qu'elle pouvait lui trouver, s'interrompit immédiatement et lui adressa un regard surpris. Elle ne s'était pas du tout attendue à une réponse positive et encore moins une réponse aussi rapide.

- Tu devrais y réfléchir, dit-elle doucement. Ce n'est pas une décision que tu peux prendre à la légère…

- J'y ai déjà réfléchi, assura Costia. Toute la semaine...

Lexa fronça des sourcils à l'entente de l'information et pencha la tête sur le côté en la regardant curieusement.

- Tu es mon amie Lexa et je sais que ce qui est en train de se passer est dur à gérer alors si je peux t'aider, je le ferais…

- Tu réalises que je te demande de déménager à 4000km d'ici?

- Je sais, répondit Costia en souriant. Et ça ne me dérange pas… Je te rappelle qu'avant de venir vivre ici à New-York, j'ai été dans plusieurs villes différentes et puis je sais que si je veux revenir, tu m'en laisseras l'opportunité…

- Et Niylah? questionna Lexa. Après tout, vous commencez tout juste à sortir ensemble…

Le sourire de Costia diminua légèrement avant qu'elle n'acquiesce.

- Elle comprend, répondit-elle. On en a beaucoup parlé et elle sait que mon travail est très important pour moi et qu'il est trop tôt pour que je fasse ce genre de sacrifice pour notre relation… On s'est donc mise d'accord pour essayer une relation longue distance.

Le cœur de Lexa se serra et, sans qu'elle ne puisse s'en empêcher, elle se retrouva à dire amèrement:

- Faut croire que tu es beaucoup plus courageuse que moi…

Costia fronça immédiatement des sourcils à l'entente des mots.

- Tu parles de Clarke et toi? questionna-t-elle candidement.

Lexa se retrouva à déglutir difficilement en détournant les yeux sans répondre. Elle laissa passer quelques secondes avant de s'éclaircir la gorge, mal-à-l'aise, et changer de sujet.

- Prends le temps d'y réfléchir, dit-elle d'une voix beaucoup plus stoïque qu'elle ne l'aurait voulu. S'il te plait… ajouta-t-elle beaucoup plus chaleureusement en reportant son regard sur Costia. Je ne veux pas que tu en viennes à regretter ta décision…

Costia ouvrit la bouche pour contester et lui dire que sa décision était déjà prise, qu'elle ne se sacrifiait pas vraiment parce qu'elle savait que malgré tout, ce job représentait une véritable opportunité qui ne s'offrirait surement plus jamais à elle. Mais elle décida de ne rien dire parce qu'elle savait que ce n'était pas ce que Lexa voulait entendre et se contenta d'acquiescer.

Quelqu'un toqua à la porte et elles levèrent toutes les deux les yeux pour voir Anya entrer à l'intérieur.

- Je vais vous laisser, déclara Costia en se redressant de son siège.

Elle adressa un dernier sourire à Lexa, salua Anya d'un signe de tête respectueux puis quitta la pièce en refermant la porte derrière elle, laissant les deux cousines seules.

Anya se tourna vers Lexa qui s'était également redressée de son siège et lui adressa un regard interrogateur.

- Tu voulais me voir?

- Yep, répondit Lexa en s'efforçant d'esquisser un mince sourire. Ça te tente d'aller boire un verre?


En l'espace de seulement quelques secondes, Lexa descendit son deuxième verre de whisky d'une traite, ce qui eut le don d'inquiéter considérablement Anya. Elle observa silencieusement sa cousine assise à côté d'elle au comptoir d'un des bars les plus chics de New-York et eut l'impression de revenir des mois en arrière, lorsque Lexa avait demandé à Clarke d'emménager avec elle et que cette dernière avait refusé.

Et il n'en fallut pas plus à Anya pour comprendre pourquoi sa cousine l'avait attirée ici.

- Quand est-ce que tu pars? questionna-t-elle.

Un silence de quelques secondes passa avant que Lexa ne lui réponde.

- Après-demain, dit-elle en reposant son verre désormais vide devant elle.

Elle fit un signe à la barmaid face à elle lui signifiant de lui en servir un nouveau – ce qu'elle s'exécuta à faire – causant un nouveau soupir chez Anya qui ne quittait pas sa cousine des yeux.

- Je sais que je te l'ai déjà dit mais tu n'es pas obligée de le faire, tu ne dois rien à personne…

Lexa se retrouva à fermer les yeux à l'entente des mots. Mots qui faisaient horriblement échos à ceux que Clarke lui avait dits au bord de la plage. Et elle ne pouvait pas penser à sa petite-amie. Ça avait le don de créer une boule douloureuse au creux de sa poitrine qui la faisait suffoquer.

Mais, comme toujours lorsqu'elle tentait d'occulter Clarke de la tête, elle échoua. Elle vivait constamment en elle, c'était un fait devenu indiscutable.

- Tu sais que je ne peux pas faire ça, répondit Lexa.

Elle s'efforça de retrouver un minimum de contenance et se tourna vers Anya pour lui adresser un petit sourire rassurant.

- Mais tout devrait bien se passer, certifia-t-elle, après tout, j'y ai été préparée toute ma vie…

Ce n'est pas pour autant que c'est facile, pensa Anya. Mais elle garda les mots pour elle et se contenta d'acquiescer avant de faire face au bar pour boire une gorgée de son verre à son tour.

- Alors je viens avec toi, finit-elle par dire après quelques secondes de silence.

- Tu ne peux pas, lui répondit simplement Lexa.

- Et pourquoi? rétorqua Anya d'un ton plein de défi.

- Parce que j'ai besoin de toi ici…

Lexa se tourna de nouveau vers elle et lui adressa un nouveau sourire morne.

- Je ne fais ni confiance à ma mère ni à ton père et encore moins à Titus. Ils pensent qu'ils vont faire de moi leur pantin mais je n'ai aucune intention de les laisser faire et pour ça, j'ai besoin de toi, An'. J'ai besoin que tu me remplaces…

- Que je te remplace? répéta Anya, surprise. Tu veux dire en tant que Chef des Opérations?

Le sourire de Lexa s'agrandit légèrement.

- Oui, confirma-elle. Et pour ça, il faut que tu restes à New-York…

- Tu es sûre?

- Certaine… assura Lexa. Sauf si ce n'est pas ce que tu veux…

Bien sûr que si! aurait voulu crier Anya. Mais elle avait également envie de refuser pour pouvoir la suivre et assurer ses arrières à Los Angeles.

Elle voulait dire à Lexa qu'elle n'avait pas besoin d'y aller seule, qu'elle n'avait pas à porter ce fardeau seule. Elle voulait lui dire qu'elle était là pour elle et qu'elle la suivrait sans hésiter. Mais elle comprenait ce que Lexa lui demandait. Elle comprenait que c'était plus judicieux qu'elle reste ici et veille sur l'antenne de la compagnie la plus importante après celle de Los Angeles.

Même si elle se doutait que Lexa lui proposait ce nouveau poste également pour lui éviter d'avoir à faire les mêmes sacrifices qu'elle-même s'apprêtait à faire.

Ce qui se vérifia lorsque Lexa ajouta en plaisantant:

- Et puis je n'ai pas envie de me faire tuer par Raven parce que je t'aurais emmenée avec moi à l'autre bout du pays…

Anya ne répondit pas et la regarda grimacer amèrement avant de boire une grosse gorgée de son verre.

- Tu devrais rentrer, lui dit-elle prudemment. Le service de Clarke ne devrait pas tarder à se terminer, tu devrais aller la retrouver…

- Et pourquoi? rétorqua Lexa dans un rire jaune. Pour lui dire que je dois partir et qu'il y a de grandes chances que je gâche notre relation? Je préfère encore rester ici et boire jusqu'à ce que je n'y pense plus…

Elle ponctua ses mots en terminant son verre d'une traite, sous le regard impuissant d'Anya.


D'un geste mécanique, Clarke ouvrit son casier et y déposa son stéthoscope et sa blouse avant d'attraper son téléphone portable. Ayant passé toute la journée au bloc, elle n'avait pas pu le consulter et maintenant, elle n'avait qu'une idée en tête, c'était de voir si elle n'avait pas reçu d'appels ou de messages. Et effectivement, elle en avait reçu de nombreux mais pas de la personne qu'elle voulait. Et cette constatation l'amena à soupirer tristement.

Elle savait que Lexa l'évitait, elle en avait parfaitement conscience. Mais elle avait espéré qu'en lui laissant un peu de temps et d'espace, elle finirait par lui revenir. Sauf que, plus les jours passaient, plus le départ pour Los Angeles se faisait imminent, et plus Lexa s'éloignait d'elle. Et si Clarke était complètement honnête avec elle-même, elle admettrait qu'elle était complètement effrayée.

Lexa mettait de plus en plus de distances entre elles et elle se retrouvait complètement impuissante face à la situation.

Clarke voulait être là pour elle, elle voulait l'aider dans son deuil, dans ses nouvelles responsabilités. Elle voulait la soutenir et lui montrer qu'elle était là pour elle. Mais Lexa ne lui en laissait pas la possibilité.

Elle lui donnait même l'impression de ne pas vouloir d'elle à ses côtés et c'était exactement ce qui lui faisait peur.

Hormis le moment sur la plage, Lexa avait mis un point d'honneur à se montrer impassible, détachée. Même avec elle. Et c'était quelque chose qui n'était jamais arrivée depuis qu'elles étaient ensemble...

Mais il y avait aussi des moments, des petits moments, qui l'amenait à garder espoir. Qui lui montrait que, malgré tout ce qui se passait, leur amour n'était pas le problème…

La nuit dernière…

Alors qu'elle sombrait de plus en plus dans son sommeil, Clarke sentit le lit s'affaisser à côté d'elle.

- Lexa? prononça-t-elle d'une voix endormie.

Mais elle ne reçut aucune réponse et mit la sensation sur le compte de son imagination. Surtout que Lexa lui avait envoyé un sms quelques heures plus tôt pour lui signifier qu'elle resterait tard à la compagnie et donc de ne pas l'attendre, ce qui voulait dire, qu'à l'instar de plusieurs nuits cette semaine, il y avait de grandes chances qu'elle ne rentre pas du tout.

Sauf que, une fraction de seconde plus tard, elle sentit un corps plus que familier se coller à son dos et un bras se glisser sous son bras pour lui enlacer la taille avant qu'un baiser ne vienne se poser sur l'arrière de sa nuque.

- Je t'aime… murmura Lexa contre sa peau d'une voix pleine de vulnérabilité. Plus que tout au monde…

Clarke se retrouva à fermer les yeux pour tenter de s'empêcher de pleurer. Son sommeil l'avait complètement quittée et elle n'avait qu'une envie c'était de se perdre dans l'étreinte et oublier tout le reste. Oublier les jours qui venaient de s'écouler. Oublier son appréhension, sa peur pour ceux qui arrivaient.

Mais Lexa avait besoin d'elle.

La poitrine lourde, elle se tourna dans le lit pour lui faire face et, même si elle ne pouvait pas bien la voir dans le noir, elle décelait parfaitement sa détresse. Elle prit donc son visage entre ses mains et l'embrassa tendrement avant de souffler un « je t'aime aussi ». Lexa acquiesça plusieurs fois contre son front avant de se coller un peu plus contre elle et d'enfouir son visage contre sa nuque qu'elle caressa du bout du nez.

Clarke était à deux doigts de la supplier de lui parler, de se confier. Mais elle savait que ce dont sa petite-amie avait besoin en cet instant, c'était de réconfort. Alors, elle le lui donna. Elle entremêla ses jambes aux siennes, glissa ses bras autour de sa nuque et se colla un peu plus à elle jusqu'à ce qu'elles finissent par s'endormir toutes les deux.

Et ce matin, lorsqu'elle s'était réveillée, Lexa était déjà partie et Clarke avait l'impression qu'elles étaient revenues à cette période pleine d'incompréhension qui avait failli les détruire.

Sauf que, cette fois-ci, elle n'avait aucune intention de laisser un manque de communication se mettre entre elles…

La porte des vestiaires s'ouvrit, la sortant ainsi brutalement de ses pensées. Elle secoua légèrement la tête et se tourna pour voir Monroe et Murphy, les deux autres internes avec qui elle était le plus proche, rentrer à l'intérieur en rigolant.

- Griffin, lança Murphy lorsqu'il remarqua sa présence. On va boire un verre, tu viens avec nous?

Clarke secoua la tête de gauche à droite avant de répondre:

- Non désolée, je ne peux pas, j'ai des choses à faire…

Comme rentrer chez moi et obliger ma petite-amie à me parler…

- Allez, ne fais pas ta rabat-joie! s'indigna Murphy. Tu ne sors jamais avec nous!

- Laisse la tranquille Murphy, la défendit Monroe. Elle a de la chance d'avoir une vie en dehors de cet hôpital, elle a raison de vouloir en profiter…

Elle adressa un clin d'œil complice à Clarke qui lui répondit par un petit sourire reconnaissant tandis que Murphy grimaçait.

- Oui bon okay, concéda-t-il. Mais j'accepte seulement parce que j'aime bien ta petite-amie…

- Tu as surtout peur d'elle, railla Monroe.

Et Clarke ne put s'empêcher d'esquisser un sourire lorsqu'elle réalisa à quel point ce que disait Monroe pouvait être vrai. Elle se souvenait parfaitement de la toute première rencontre entre Lexa et ses collègues.

Pendant des semaines ils l'avaient tannée au sujet de sa mystérieuse petite-amie dont elle ne cessait de parler mais qu'ils n'avaient encore jamais vue. Ils en étaient même venus à la taquiner en lui demandant si elle existait réellement.

Puis, un jour, Lexa était venue déjeuner avec elle à l'hôpital et Murphy s'était complètement décomposé lorsqu'il s'était rendu compte que la Lexa dont elle ne cessait de leur parler n'était personne d'autre qu'Alexandria Woods, l'héritière de l'empire Woods, détail que Clarke avait volontairement omis de leur donner. Et lorsqu'elle avait vu Murphy perdre tous ses moyens, elle avait été plus que fière d'elle.

Jusqu'à ce qu'il commence à l'embarrasser devant sa petite-amie en lui contant les nombreuses choses qu'elle avait pu leur confier sur son couple…

- En même temps, Lexa sait se montrer vraiment intimidante quand elle le veut, rétorqua Murphy. Vous l'avez vue lors de sa dernière conférence de presse? Elle donnait l'impression qu'elle allait buter la journaliste…

Il reçut un coup de coude la part de Monroe qui l'amena à s'exclamer un « aïe! » avant de se tourner vers elle et lui lancer un « quoi? » indigné auquel elle répondit en lui faisant un signe de tête en direction de Clarke.

- Désolé, marmonna Murphy lorsqu'il comprit qu'il avait sûrement manqué de tact avec tout ce qui se passait dernièrement.

Mais Clarke ne les écoutait plus. Son attention était désormais focalisée par l'écran de son téléphone qui affichait un appel entrant venant d'Anya.

Elle se détourna de ses collègues et décrocha le téléphone. Son oreille fut immédiatement assaillie par un brouhaha et un fond de musique.

- Anya?

- Hey Clarke, salua cette dernière par-dessus le bruit. Je suis désolée de te déranger, tu es toujours à l'hôpital?

- Oui, répondit Clarke. Mais j'ai terminé... Tout va bien?

Anya ne répondit pas immédiatement et Clarke sentit un léger stress la gagner. La cousine de sa petite-amie ne l'appelait jamais et elle se doutait que si là, elle l'avait fait, c'était qu'il se passait quelque chose.

Et que ce quelque chose concernait Lexa.

- Je suis dans un bar avec Lexa et disons qu'elle est complètement saoule, finit par dire Anya d'un ton hésitant. Je suis vraiment désolée de t'appeler mais elle refuse de rentrer et s'il y a bien une personne qui peut la faire bouger d'ici, c'est toi…

Un « tournée générale! » retentit dans le téléphone de Clarke et elle se retrouva à ouvrir de grands yeux ronds lorsqu'elle reconnut la voix de sa petite-amie.

- Clarke… soupira Anya, désespérée.

- Vous êtes où? questionna la nommée en attrapant sa veste et son sac.

- Bemelman's, répondit immédiatement Anya.

- J'arrive…

Elle raccrocha, enfila sa veste et se dirigea vers la porte de sortie en souhaitant une bonne soirée à Murphy et Monroe, ignorant volontairement leurs regards curieux...


- Tu as vraiment une tête bizarre, bredouilla Lexa.

Anya se tourna vers elle et leva les yeux au ciel lorsqu'elle la vit la regarder à travers son verre de shot vide.

- On dirait que tu as une patate à la place du nez, poursuivit Lexa dans un gloussement.

Et avant qu'Anya n'ait le temps de répondre quoi que ce soit, elle se tourna brusquement vers la barmaid qui l'avait servie toute la soirée et qui se trouvait juste devant elle et lança d'une voix forte:

- Michelle! Un autre whisky s'il te plait!

Ladite Michelle la fixa incertaine avant de se tourner vers Anya qui secoua immédiatement la tête de gauche à droite.

- Tu devrais vraiment arrêter de boire, déclara cette dernière à l'adresse de sa cousine.

- Nope! répondit Lexa avec un grand sourire niais. C'est ma dernière soirée de liberté et j'ai bien l'intention d'en profiter comme il se doit!

Elle reporta de nouveau son attention sur la barmaid et s'exclama:

- Tu sais quoi? Sers une tournée de la bière la plus chère que tu as à tout le monde, c'est moi qui offre!

- Lexa! s'exclama Anya. C'est la troisième tournée que tu offres!

- Relax, An! lui répondit Lexa dans un rire. Je suis immensément riche! Ce n'est pas quelques verres qui vont y changer quelque chose!

Anya leva une nouvelle fois les yeux au ciel avant que son attention ne soit attirée par la porte d'entrée du bar qui venait de s'ouvrir sur Clarke. Elle ne perdit pas une seconde avant de descendre de son tabouret et se diriger directement vers elle.

- Tu en as mis du temps! lui reprocha-t-elle lorsqu'elle arriva à sa hauteur.

- Désolée, répondit Clarke, il y avait un peu de circulation…

Son regard se posa immédiatement sur le bar derrière Anya et plus particulièrement sur sa petite-amie qui, occupée à discuter de manière exubérante avec la barmaid, n'avait toujours pas remarqué son arrivée, et poussa un profond soupir.

- Je crois que je ne l'ai pas vue réellement saoule depuis le lycée, commenta-t-elle sans la quitter des yeux.

Le regard d'Anya s'assombrit immédiatement lorsqu'il retrouva sa cousine.

- Elle vit vraiment mal tout ce qui se passe…

- Je sais, se contenta de répondre Clarke.

Elles échangèrent un regard lourd de sens puis, sans ajouter quoi que ce soit, elles s'avancèrent en direction de l'objet de leur discussion.

Clarke se rapprocha du dos de Lexa et posa une main délicate sur son épaule avant de prononcer doucement son prénom. Lexa se tourna et esquissa un énorme sourire lorsqu'elle la vit.

- Clarke! s'écria-t-elle.

Elle se leva brusquement et manqua de trébucher de son tabouret mais, ne semblant même pas s'en rendre compte, elle demeura imperturbable et se pencha vers sa petite-amie pour l'embrasser. Cependant, son manque de coordination l'amena à louper ses lèvres et embrasser son menton.

Clarke laissa échapper un léger rire lorsqu'elle la vit se reculer légèrement en fronçant des sourcils, confuse, et ne put s'empêcher de la trouver vraiment adorable. Elle glissa donc ses deux mains sur sa nuque et l'attira vers elle pour l'embrasser proprement, ce qui sembla grandement satisfaire Lexa qui retrouva son sourire.

- Qu'est-ce que tu fais là? lui demanda-t-elle en posant ses mains sur ses hanches.

Clarke lança un regard furtif en direction d'Anya avant de reporter son attention sur Lexa qui s'était tournée vers la barmaid sans attendre de réponse.

- C'est ma copine! s'exclama-t-elle en désignant fièrement Clarke qu'elle continuait de tenir contre elle.

- Je n'avais pas du tout deviné, se moqua légèrement Michelle-la-barmaid avec un sourire amusé.

Mais Lexa ne releva pas le sarcasme évident et poursuivit.

- Elle est chirurgien, informa-t-elle. Elle sauve des vies tous les jours et c'est la plus belle femme au monde!

Clarke sentit ses joues la brûler de gêne et adressa un sourire crispé à la barmaid qui la regardait toujours aussi amusée. Elle la salua avec un petit « hey… » avant de tirer sur le bras de Lexa pour capter son attention.

- Lexa, bébé, on devrait vraiment rentrer…

- Pas maintenant, répondit Lexa avec une moue boudeuse. Tu sais quoi? ajouta-t-elle en retrouvant immédiatement un grand sourire. Tu devrais boire un verre!

Et, là aussi, elle n'attendit pas de réponse avant de se tourner vers le bar.

- Michelle! appela-t-elle pour ce qui semblait être la centième fois de la soirée. Tu pourrais préparer un Mojito à ma petite-amie s'il te plait? Tu vas voir, ils sont délicieux, assura-t-elle à l'adresse de Clarke.

- Lexa… soupira cette dernière.

- Tu préfèrerais peut-être autre chose? questionna Lexa en fronçant légèrement des sourcils. Je suis désolée, j'ai l'habitude de te voir prendre toujours ça mais on peut changer…

De nouveau, elle reporta son attention vers la barmaid avec l'intention de changer sa commande mais Clarke l'en empêcha en posant ses mains de part et d'autre de son visage pour l'obliger à la regarder.

- Merci mon amour mais je ne veux rien, assura-t-elle.

Lexa esquissa une nouvelle grimace boudeuse qui l'amena à fondre un peu plus de tendresse. Elle fit remonter une de ses mains jusqu'à son front et lui décala une mèche de cheveux qui s'était mise devant ses yeux.

- On devrait vraiment rentrer à la maison, tu as beaucoup bu…

- Mais je n'ai pas fini de célébrer, se lamenta Lexa.

Clarke n'avait aucune idée de ce dont elle pouvait bien parler mais ne chercha pas à savoir pour le moment et répondit:

- On finira de célébrer à la maison, juste toi et moi, d'accord?

Le visage de Lexa s'illumina presque immédiatement et elle esquissa un grand sourire.

- Tu veux dire avec du sexe? demanda-t-elle de manière pas du tout discrète.

Tandis qu'Anya explosait de rire à côté d'elle, le visage de Clarke prit une nouvelle teinte de rouge. Décidément, elle n'avait vraiment pas l'habitude d'avoir à faire à la langue déliée d'une Lexa complètement saoule.

- Quoi – je – non! balbutia-t-elle.

Mais Lexa s'était déjà détournée d'elle pour attraper sa veste sur le dossier de sa chaise.

- Je vous laisse, lança-t-elle en regardant tour à tour la barmaid et sa cousine, je rentre m'envoyer en l'air!

Tandis que Clarke laissait échapper un grognement embarrassé sous les nouveaux rires d'Anya et de la barmaid, Lexa s'éloigna de quelques pas en direction de la porte avant de se tourner de nouveau vers Clarke lorsqu'elle remarqua qu'elle ne l'avait pas suivie.

- Tu viens? demanda-t-elle impatiemment.

Clarke secoua légèrement la tête pour retrouver un minimum ses esprits et répondit « Je – j'arrive… » sans pour autant bouger, toujours mortifiée par ce qui venait de se passer. Anya laissa échapper un nouveau rire avant de se lever, d'enfiler sa veste et de se diriger à la suite de Lexa.

- Comme d'habitude c'était un plaisir Michelle, déclara-t-elle en direction de la barmaid. Mets toutes les consos de ce soir sur mon compte s'il te plait…

La barmaid lui répondit par un acquiescement et la regarda s'éloigner en secouant la tête amusée.

Clarke suivit également Anya du regard et, lorsqu'elle la vit attirer Lexa de force à l'extérieur, elle sortit de sa torpeur et esquissa un geste dans leur direction.

- Bonne soirée, souhaita-t-elle à la barmaid en s'éloignant à reculons.

- À vous aussi, répondit Michelle. Quelque chose me dit que ce sera le cas…

Le sous-entendu ne passa pas inaperçu auprès de Clarke qui sentit ses joues la brûler un peu plus. Elle se demandait d'ailleurs si elles allaient un jour retrouver une température normale.

- Non – je – elle est saoule, répondit-elle en bégayant. On va juste rentrer et – et dormir, rien de plus…

Sa gêne ne fit qu'agrandir le sourire de la barmaid qui finit par rigoler. Clarke lui dit au revoir et se dépêcha de s'en aller, n'ayant aucune envie de prolonger son embarras. Elle retrouva l'air frais de l'extérieur et s'arrêta quelques secondes pour fermer les yeux et reprendre ses esprits. Cependant, le calme fut de courte durée car, une fraction de seconde plus tard, elle entendit des cris à quelques mètres d'elle. Clarke tourna la tête et vit Anya et Lexa du côté passager de sa voiture qu'elle avait garée en trombe juste à côté du bar, Anya tentant de faire monter Lexa à l'intérieur tandis que cette dernière se débattait.

- Lexa, monte dans cette satanée voiture avant que je t'y oblige de force! s'exclama la voix d'Anya.

- J'aimerais bien voir ça, rétorqua Lexa avec un sourire arrogant.

Clarke leva les yeux au ciel avant de s'empresser de les rejoindre. Elle avait passé près de 24 heures à l'hôpital, dont la moitié au bloc, et pourtant ces dernières minutes avaient été les plus fatigantes de sa journée. Malgré tout, elle ne put s'empêcher de laisser échapper un léger rire lorsqu'elle arriva à la hauteur des deux cousines et que Lexa lui adressa un énorme sourire en s'exclamant un « Clarke! ».

- Qu'est-ce qui se passe? demanda Clarke.

Anya leva les yeux au ciel avant d'adresser un regard noir à sa cousine.

- Elle ne voulait pas monter dans la voiture tant que tu n'étais pas là, expliqua-t-elle en perdant de plus en plus patience.

Clarke esquissa un sourire et s'approcha de Lexa jusqu'à lui faire face.

- Mon amour, il faut que tu montes dans la voiture si tu veux qu'on rentre, lui dit-elle patiemment, comme si elle parlait à un enfant.

- Bien, marmonna Lexa en soupirant.

Elle se laissa guider par sa petite-amie qui l'aida à s'installer à l'intérieur de la voiture avant de lui attacher sa ceinture et de refermer la porte derrière elle.

- Incroyable… prononça Anya en secouant la tête. J'avais oublié qu'elle perdait 20 ans d'âge mental lorsqu'elle était complètement bourrée.

Clarke fixa Lexa à l'intérieur de la voiture, désormais concentrée sur le poste radio sur lequel elle n'arrêtait pas d'appuyer pour changer de station, et ne put s'empêcher de laisser échapper un rire attendri.

- Moi je la trouve adorable, déclara-t-elle sans la quitter des yeux.

- L'amour rend débile, répondit Anya en soupirant dramatiquement.

Clarke rigola de nouveau avant de s'arracher à la contemplation de sa petite-amie pour se tourner vers elle et perdit immédiatement son sourire lorsqu'elle la vit la fixer avec un air contemplateur.

- Je pense que ce qui l'inquiète le plus dans toute cette histoire, prononça lentement Anya, c'est votre relation…

- Elle n'a aucune raison de s'en inquiéter, assura Clarke. Et elle le sait…

- Elle ne sait plus rien maintenant, répondit Anya avec un sourire triste.

Elle laissa passer quelques secondes et ajouta:

- Vous devriez vraiment parler…

- Je sais… soupira Clarke.

- Alors faites-le, rétorqua Anya.

Clarke s'apprêta à répondre mais fut interrompue par Lexa qui toqua contre la fenêtre de la voiture avant de lui adresser une moue triste lui signifiant de se dépêcher. Clarke la regarda et eut l'impression de fondre de l'intérieur.

Comme s'il était possible que la distance puisse représenter un risque quelconque lorsqu'elle ressentait ce genre de choses. Il pouvait y avoir des centaines de milliers de kilomètres entre Lexa et elle et elle était persuadée qu'elle ressentirait toujours cet amour intense et sans limites.

Elle lui adressa donc un sourire en acquiesçant avant de reporter son attention sur Anya.

- Je ferais mieux d'y aller…

- Yep, répondit Anya. Rentrez bien…

Elle adressa un dernier sourire à Clarke avant de tourner les talons pour s'éloigner en direction de sa propre voiture.

- Anya! l'interpella Clarke après qu'elle ait fait quelque pas.

Elle attendit qu'elle se tourne vers elle avant de lui adresser un sourire plein de reconnaissance.

- Merci…

Anya lui répondit par un hochement de la tête avant d'ajouter:

- Prends soin de ma cousine…

- Toujours, promit Clarke.

Elles échangèrent un dernier regard puis Anya s'en alla et Clarke monta dans la voiture. Elle referma la porte derrière elle et laissa échapper un rire sonore lorsqu'elle vit que Lexa avait fini par s'endormir. Pendant de longues secondes, elle ne bougea pas et la regarda dormir paisiblement à côté d'elle, sa poitrine lui donnant l'impression d'être sur le point d'exploser.

- Comment est-ce que je vais bien pouvoir faire sans toi? murmura-t-elle doucement.


Lorsque Clarke stationna sa voiture dans le parking privé que Lexa et elle possédaient dans le bâtiment où se trouvait leur appartement, Lexa dormait encore paisiblement à côté d'elle. Et elle eut énormément de difficultés à la réveiller, perdant plus d'une quinzaine de minutes dans la voiture à tenter de l'en faire sortir. Mais, dès le moment où Lexa s'était décidée à s'en extirper, elle semblait avoir perdu tout son sommeil.

Ce qui amenait Clarke dans la situation dans laquelle elle se trouvait actuellement, face à la porte de leur loft, tentant d'insérer la clé dans la serrure. Ce qui, en soi, n'était pas censé être une tâche difficile sachant qu'elle n'avait pas bu une seule goutte d'alcool et qu'elle était relativement en forme. Sauf qu'elle n'y arrivait pas. Parce que Lexa était collée à son dos, ses mains se faisaient de plus en plus baladeuses sous ses vêtements et ses lèvres étaient en train de lui ravager la nuque.

- Lex arrête… grogna Clarke.

- Tu sens bon… répondit Lexa en lui mordillant la nuque.

Un petit gémissement s'échappa de la bouche de Clarke qui ne put s'empêcher de fermer les yeux et de se laisser aller un peu plus contre elle.

Une semaine. Ça faisait une semaine que Lexa ne l'avait pas embrassée de cette façon, qu'elle ne l'avait pas touchée, tenue comme elle était en train de le faire. Et même si Clarke savait pertinemment que sa petite-amie n'était pas du tout dans l'état de faire quoi que ce soit, elle ne pouvait empêcher son corps de la vouloir.

Elle s'efforça donc de se ressaisir, secoua la tête pour tenter de faire disparaitre la brume de désir qui l'avait envahie et, puisant au plus profond de sa volonté, elle se dégagea des bras de Lexa et obligea cette dernière à faire quelques pas en arrière en appuyant ses mains contre son abdomen.

- Arrête! lui intima-t-elle d'un ton qu'elle tenta tant bien que mal de garder sévère.

Elle pointa un doigt de mise en garde dans sa direction mais il ne fit qu'amener un sourire goguenard à se dessiner sur les lèvres de Lexa qui, malgré son état d'ébriété, voyait parfaitement qu'elle n'était pas indifférente à ses avances.

Finalement, Clarke réussit à ouvrir la porte de leur appartement et, non sans difficultés, attira Lexa jusqu'aux escaliers.

- Je suis fatiguée! se plaignit Lexa alors que Clarke l'obligeait à monter les dernières marches.

- Tu ne disais pas ça il y a quelques minutes, fit remarquer Clarke à bout de souffle.

Elle portait pratiquement tout le poids de sa petite-amie et, n'étant pas la personne la plus sportive au monde, l'action s'avérait plus difficile qu'elle ne le pensait.

Elles finirent tout de même par arriver dans leur chambre et Lexa s'écroula immédiatement sur le lit.

- Lex, tu dois te changer…

- Plus tard, grommela Lexa d'un ton somnolent.

Clarke posa sa veste sur un des fauteuils face à la cheminée et se retint de lever une nouvelle fois les yeux au ciel lorsqu'elle se tourna vers Lexa et vit qu'elle commençait à se rendormir.

- Lexa… s'exaspéra-t-elle.

Elle s'avança jusqu'à elle et l'attira par les mains pour l'obliger à se redresser.

- Clarke… geignit Lexa.

Elle se redressa malgré tout en position assise mais n'esquissa aucun autre geste pour se lever ou se déshabiller. Clarke la regarda quelques secondes avant de pousser un profond soupir et venir s'accroupir devant elle.

- Tu es vraiment infernale, lui dit-elle en lui enlevant ses chaussures.

Elle les posa à côté du lit puis lui retira son pantalon et se redressa pour en faire de même avec sa veste et son chemisier.

- On va faire l'amour? questionna Lexa.

Malgré elle, Clarke laissa échapper un rire tandis qu'elle lui déboutonnait sa chemise.

- Je suis désolée bébé mais je ne pense pas que tu sois en état…

Lexa lui adressa une moue boudeuse.

- J'adore te faire l'amour, déclara-t-elle en glissant ses bras autour de sa taille.

Clarke rigola de nouveau.

- Je sais, répondit-elle en posant un baiser sur son épaule désormais nue, et moi aussi...

La moue de Lexa se transforma en grand sourire flâneur.

- Je t'aime…

Un petit sourire triste se dessina sur les lèvres de Clarke. Elle leva les yeux vers Lexa et la vit la fixer avec une adoration sans restriction, ce qui eut le don de faire violemment battre son cœur.

- Je t'aime aussi, répondit dans un souffle en lui caressant tendrement le visage.

Lexa ferma les yeux et laissa son visage aller contre ses mains.

- Tu m'as manqué, murmura-t-elle les yeux toujours fermés.

Clarke se figea légèrement à l'entente des mots. Elle savait qu'elle faisait référence à la semaine qui venait de s'écouler. Elle déglutit donc difficilement et lui répondit d'une petite voix:

- C'est toi qui m'as évitée…

- Je sais, soupira Lexa.

Elle retira ses bras de la taille de Clarke et se laissa retomber dans le lit avant de lever de nouveau les yeux vers elle.

Clarke sentit son souffle se couper face à l'émotion qui s'affichait dans son regard. Toute trace de l'euphorie que l'alcool lui avait fait ressentir avait disparu et seule une profonde affliction marquait ses traits.

- J'essayais juste de m'habituer à ton absence, finit par avouer Lexa d'une voix pleine de vulnérabilité.

- Oh Lexa… souffla Clarke en s'asseyant sur le lit à côté d'elle.

Elle glissa ses doigts dans ses cheveux et commença à les lui caresser en se demandant ce qu'elle pouvait bien répondre à ça. Lexa la regarda en ouvrant et fermant ses yeux de plus en plus paresseusement.

- Je n'ai pas envie de te perdre, dit-elle d'une voix à peine audible en fixant Clarke droit dans les yeux.

- Tu ne me perdras pas, assura Clarke tout doucement.

- Tu ne peux pas le promettre…

Elle finit par fermer complètement les yeux, bercée par les doigts dans ses cheveux. Clarke poussa un soupir lorsqu'elle comprit qu'elle s'était endormie mais ne bougea pas pour autant et continua ses caresses sans la quitter des yeux.

- Et pourtant si… finit-elle par répondre.


Le lendemain matin, ce fut avec une horrible migraine que Lexa descendit les escaliers de sa chambre. Elle arriva au bas des marches et poussa un grognement en grimaçant lorsqu'elle se retrouva confrontée à la luminosité qui se reflétait à travers les grandes baies vitrées du loft. Clarke, qui se trouvait dans la cuisine et lui tournait le dos jusque-là, se tourna vers elle lorsqu'elle l'entendit et lui adressa un sourire amusé.

- Tu es réveillée!

- Je crois, grommela Lexa.

Elle s'avança d'un pas trainant jusqu'à elle, posa un baiser sur sa joue en guise de salut puis se laissa tomber dramatiquement sur un des tabourets face au bar en enfouissant son visage dans ses bras.

- Plus jamais je ne boirais, marmonna-t-elle d'une voix étouffée.

Alors qu'elle était en train de remplir une grande tasse avec le café qu'elle venait de faire couler, Clarke laissa échapper un léger rire. Elle reposa le récipient de la cafetière à sa place puis attrapa l'assiette d'œufs brouillés et de bacon qu'elle venait de préparer et s'avança jusqu'à Lexa pour les poser devant elle.

- Tiens, mange ça, ça va te faire du bien, lui dit-elle en veillant à parler doucement.

Lexa redressa la tête et lança un regard furtif au petit-déjeuner devant elle avant de lever les yeux vers Clarke et lui adresser un petit sourire reconnaissant.

- Merci…

Clarke lui répondit par un mince sourire avant de revenir sur ses pas pour ranger la vaisselle qu'elle venait d'utiliser. Un léger silence s'installa pendant lequel Lexa attrapa la fourchette que Clarke avait posée à côté de son assiette et commença à triturer distraitement la nourriture qui s'y trouvait. Nourriture qui sentait divinement bon – comme à chaque fois que Clarke cuisinait – mais qui ne lui donnait pas vraiment faim. Non pas parce qu'elle avait une gueule de bois horrible mais parce que les évènements de la veille n'arrêtaient pas de se rejouer dans sa tête et qu'elle se sentait coupable. Sans compter le fait qu'elle était nerveuse à l'idée de parler à Clarke.

Mais elle savait que c'était indispensable. Elle avait repoussé pendant trop longtemps cette conversation. Elle leva donc les yeux vers sa petite-amie et fixa son dos de longues secondes avant de se décider à prononcer doucement son prénom. Les mouvements de Clarke se stoppèrent immédiatement et lorsque Lexa la vit prendre discrètement une profonde inspiration avant de se tourner vers elle, elle se maudit intérieurement de tous les noms.

- Je suis désolée pour hier soir, déclara-t-elle doucement. Je n'aurais jamais dû boire autant…

- Ce n'est pas grave, répondit Clarke en esquissant un petit sourire morne. Je pense que tu en avais besoin et, même si je ne pense pas que l'alcool soit la solution, je peux le comprendre…

Lexa déglutit difficilement et acquiesça.

- Je suis quand même désolée, je – j'ai eu un comportement plus que déplacé et –

- Ne t'en fais pas pour ça, l'interrompit Clarke dans un rire. Tu as été plus qu'adorable…

Elle posa le chiffon qu'elle tenait à la main et se tourna pour lui faire complètement face avant d'ajouter d'une voix beaucoup plus sobre:

- Et puis, pour la première fois cette semaine, tu m'as réellement parlé, donc ne t'en fais vraiment pas pour ça…

Pendant une fraction de seconde, Lexa entraperçut une once de déception dans les yeux de Clarke. Mais cette dernière se détourna de nouveau d'elle pour reprendre ce qu'elle était en train de faire et Lexa se retrouva à se maudire de nouveau.

Elle savait qu'elle était la responsable de cette tension, de cette distance qui se faisait de plus en plus grande entre elles et qu'elle détestait plus que tout au monde mais qui lui avait semblé irrémédiable. Dès lors qu'elle avait accepté de remplacer son père à la tête de Woods & Co, elle avait su que sa relation avec Clarke allait s'en retrouver menacée et cette simple pensée l'avait insupportée.

Elle avait eu peur. Que ses sentiments ne soient pas suffisants. Que leur amour ne soit pas suffisant. Donc elle avait fait ce qu'elle faisait de mieux, ce qu'elle n'avait pas fait depuis longtemps.

Elle avait fui.

Pas indéfiniment. Pas définitivement. Parce qu'il s'agissait de Clarke et que même toute la volonté du monde n'arriverait pas à lui faire vouloir rester loin d'elle. Il n'existait sûrement rien qui réussirait à la séparer d'elle.

Elle avait juste eu besoin de prendre du recul pour tenter de s'adapter à la situation et de s'habituer à la sensation douloureuse qu'elle ressentait à chaque fois qu'elle s'imaginait loin de la personne qu'elle aimait.

Mais ça n'avait pas marché. Ça n'avait rien changé. La douleur était toujours aussi présente. Et la seule chose que sa prise de recul avait amené c'était une perte de temps loin de Clarke.

Et il était temps que ça se termine. Il était temps qu'elle affronte ses peurs et ses démons.

Il était temps qu'elle parle enfin.

Elle se leva donc du tabouret et s'avança silencieusement jusqu'à Clarke. Arrivée juste derrière elle, elle hésita une fraction de seconde puis glissa délicatement ses bras autour de sa taille avant de poser son menton sur son épaule. Lorsqu'elle sentit Clarke se laisser aller contre elle, elle ne put s'empêcher de pousser un soupir soulagé et de fermer les yeux en enfouissant son nez dans sa nuque, les bras la serrant un peu plus contre elle.

- Je suis vraiment désolée, murmura-t-elle contre sa peau. Je ne savais pas comment gérer et j'ai juste peur de –

Elle s'interrompit, incapable de prononcer les mots que, saoule, elle avait eu le courage de dire.

Mais Clarke le fit pour elle. Elle prit une profonde inspiration et se tourna dans ses bras de sorte à lui faire face avant de dire doucement:

- Tu as peur de me perdre…

Lexa serra la mâchoire avant d'acquiescer doucement.

- Je pars à LA, s'obligea-t-elle à articuler. Demain…

- Oh… prononça Clarke, ses épaules s'affaissant immédiatement.

Elle sentit une boule désagréable se créer au creux de sa poitrine où son cœur se mit à tambouriner brutalement. Mais elle tenta de l'ignorer parce que, même si c'était soudain, elle avait su que ça allait arriver. Depuis que Lexa avait décidé d'être altruiste et faire passer le bien de l'entreprise et de ses employés avant son bonheur à elle, elle avait su que ce n'était qu'une question de temps avant qu'elle ne s'en aille.

- Je m'en vais Clarke, continua Lexa, faisant ainsi écho à ses pensées. Et je ne sais pas pour combien de temps…

- Je sais, répondit Clarke.

- Il se peut même que ce soit définitif…

- Je sais…

Serrant inconsciemment ses mains sur les hanches de Clarke, Lexa pencha légèrement la tête sur le côté pour pouvoir la regarder droit dans les yeux et ajouta d'une voix où une pointe de désespoir pouvait se faire entendre:

- Il y aura 4000 kilomètres, trois fuseaux horaires, un internat en médecine et une place de PDG entre nous…

Clarke déglutit difficilement, sa gorge lui donnant l'impression de se resserrer un peu plus à chaque mot de Lexa, et acquiesça.

- Je sais, souffla-t-elle à nouveau.

- Arrête de dire que tu sais, intima Lexa de façon frustrée, ça ne m'aide pas du tout.

- Je sais, répondit Clarke.

Et malgré l'horrible peine qu'elle ressentait, elle laissa échapper un léger rire face au regard exaspéré que lui adressa Lexa et ne put s'empêcher de glisser ses bras autour de sa nuque pour l'attirer un peu plus vers elle.

- Par contre, je ne sais pas ce que tu es réellement en train d'insinuer en me disant tout ça Lex, finit-elle par dire en glissant ses doigts le long de l'arrière de sa nuque jusqu'à les enfouir dans ses cheveux, mais il est hors de question qu'on rompe...

- Non Clarke, s'empressa de répondre Lexa, se sentant tout de suite nauséeuse. Je ne veux pas rompre. Jamais de la vie… Je – la simple idée de vivre sans toi me tue… Mais, en partant, c'est exactement ce qui va se passer et honnêtement, je ne sais pas si j'y arriverais…

Le cœur de Clarke se brisa un peu plus et elle dut puiser au plus profond d'elle-même pour s'empêcher de laisser couler les larmes qui ne demandaient qu'à s'échapper.

Même si elle-même avait quelques craintes, quelques doutes, elle ne pouvait pas les laisser parler. Elle avait besoin d'être forte, infaillible, si elle voulait réellement montrer à Lexa que leur histoire ne risquait rien.

- C'est vrai qu'on va être loin l'une de l'autre et que nos emplois du temps respectifs ne vont pas nous aider, concéda-t-elle, mais ce sera temporaire et jusque-là on pourra toujours se rendre visite quand on le pourra…

- Tu ne comprends pas, répondit Lexa, je ne sais pas si je pourrais revenir ici… Le QG de l'entreprise est à LA et je suis le nouveau Commandant et je –

- Je sais tout ça, la coupa doucement Clarke avant qu'elle ne se lance dans des déblatérations sans queue ni tête. Je savais très bien ce qui nous attendait lorsque tu as accepté de te sacrifier et ça ne change rien…

Lexa fronça des sourcils, confuse, ce qui poussa Clarke à s'expliquer.

- J'y ai beaucoup réfléchi moi aussi et je me suis renseignée et, si j'ai mon année, je pourrais demander mon transfert dans un autre hôpital, expliqua-t-elle. Et vu que ma mère est la Chef de Chirurgie d'un des plus gros hôpitaux de Los Angeles, je suis sûre d'être prise. Donc oui, notre séparation restera temporaire, juste le temps que je passe mes examens en juillet…

- Tu veux dire que…

- Si tu ne reviens pas à New-York alors c'est moi qui te suivrais à Los Angeles, confirma Clarke avec un mince sourire.

- Je ne peux pas te demander de faire ça, répondit Lexa en secouant la tête. Tu as toujours voulu rester loin de l'ombre de ta mère, c'est pour cette raison que tu as choisi New-York pour ton internat…

Clarke ouvrit la bouche pour la contredire mais elle la devança et ajouta d'une voix un peu plus déterminée:

- Ta carrière est ici, Clarke. Ta vie est ici.

Cette fois-ci ce fut au tour de Clarke de secouer la tête avant de lui adresser un nouveau sourire éblouissant.

Décidément Lexa avait du mal à comprendre ce qu'elle était en train de lui dire.

- Mon amour, ma vie est avec toi, affirma-t-elle d'un ton plein de conviction. Je n'ai aucun intérêt à rester ici si tu n'es plus là…

Une vague d'émotion frappa violemment Lexa qui dut faire preuve d'une énorme volonté pour ne pas se laisser pleurer. Elle était émue et bouleversée. Parce qu'elle savait à quel point Clarke tenait à l'hôpital où elle se trouvait actuellement. Elle savait que sa petite-amie avait toujours voulu y construire sa carrière.

Et le fait qu'elle soit prête à le sacrifier pour la suivre avait le don de le toucher plus qu'elle n'aurait pu l'imaginer.

- Non, prononça-t-elle en hochant la tête de gauche à droite.

Prise au dépourvu, Clarke recula légèrement la tête pour pouvoir la regarder.

- Non? répéta-t-elle en levant un sourcil incrédule.

- Non, confirma Lexa. Tu vas rester ici et devenir l'extraordinaire chirurgienne que tu dois devenir. Et moi, je vais revenir. Je ne sais pas encore comment et ça risque de prendre un peu de temps mais je vais revenir. Après tout, je suis la Commandante, je fais ce que je veux…

Clarke laissa échapper un rire avant de rapprocher son visage du sien jusqu'à ce que leurs nez se touchent. La sensation désagréable au creux de son estomac n'avait pas faibli et elle ne pensait pas qu'elle faiblirait de sitôt avec le départ imminent de Lexa, mais elle se sentait soulagée. Soulagée d'avoir enfin pu parler à Lexa, de l'avoir enfin vu s'ouvrir à elle.

Elle était soulagée de voir qu'elles allaient bien et qu'elles continueraient d'aller bien.

- Quoi qu'il se passe, quoi que tu décides de faire, lui dit-elle dans un souffle, je serais là… J'étais sincère quand je disais que tu n'étais pas seule, on est une équipe maintenant…

Lexa laissa son front aller contre celui de Clarke et poussa un petit soupir en fermant les yeux.

Depuis que son père était décédé, elle avait eu l'impression de vivre dans une obscurité qui lui était impossible de quitter et dans laquelle elle ne faisait que s'enliser un peu plus, à chaque seconde qui passait, sans en voir la fin. Elle s'était avancée dans le noir en se sentant complètement perdue.

Jusqu'à maintenant.

Jusqu'à ce que Clarke lui apporte la lumière dont elle avait besoin et lui rappelle que, contrairement à ce qu'elle essayait de se persuader, elle n'avait pas à traverser cette obscurité seule. Certes, elle n'en voyait toujours pas la fin, mais elle avait la personne qu'elle aimait à ses côtés et, seulement par ce fait, le chemin devant elle ne lui paraissait plus aussi effrayant.

Son avenir ne lui faisait plus aussi peur. Il ne lui paraissait plus aussi désespérant.

Il était solvable. Il était plein d'espoir.

Il était avec Clarke…

Et pour la première fois depuis que son père était mort, Lexa se sentait apaisée.

Elle glissa ses bras autour de la taille de Clarke et enfouit son visage dans sa nuque en la serrant contre elle.

- Je ne sais pas ce que je deviendrais sans toi… murmura-t-elle contre la peau de Clarke.

- Comme je te l'ai dit un millier de fois tu ne le sauras jamais, alors, une bonne fois pour toute Lex, arrête de te poser la question, répondit Clarke d'un ton léger.

Lexa acquiesça contre son cou mais n'esquissa aucun autre geste pour rompre leur étreinte et garda ses bras fermement autour de Clarke, ce dont cette dernière était loin de se plaindre. Elle glissa de nouveau ses doigts dans ses cheveux et les lui caressa délicatement.

- On va y arriver, assura-t-elle doucement.

Lexa se laissa bercer par les mots et acquiesça de nouveau.

- On va y arriver…


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