Disclaimer : Vous n'êtes pas au courant ? Harry Potter et tous ses personnages appartiennent à JKR. Et pour ajouter à mon malheur, l'histoire appartient à Emma Lipardi, vu que c'est la traduction de la fic An Aunt's Love.


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- Pour ceux qui ont laissé une review signée, je vais utiliser leur nouveau système pour répondre, et vous devriez recevoir cette réponse dans votre boite mail (si j'ai tout compris comment ça marche)

- Pour ceux qui ont laissé une review anonyme mais m'ont mis leur adresse e-mail, je répondrai par e-mail.

- Pour les autres, je vais faire les réponses dans ma bio mais je les enlèverai quand je posterai autre chose.


« Dites-moi encore ce qui est arrivé » demanda Madame Pomfresh en agitant sa baguette au dessus du lit d'Harry et en fronçant les sourcils.

Snape soupira en rassemblant ses forces. Il était las de raconter cette histoire. « Je n'ai pas vu grand-chose. Potter a lancé quelques sorts, principalement des Patroni, puis a commencé à crier. C'était des cris hystériques. Comme rien de ce que je n'avais entendu de la part du garçon auparavant. Il est tombé, a crié un peu plus puis s'est détourné de nous. Il semblait qu'il essayait d'atteindre quelque chose. Son cœur et sa respiration se sont complètement arrêtés. Dumbledore m'a dit de le ramener à Poudlard. Son cœur et sa respiration ont repris directement après que nous soyons arrivés ici. »

Pomfresh lui adressa un regard sceptique. « Le cœur et la respiration ne s'arrêtent ni ne repartent sans raison. » Elle arrêta de lancer des sorts avec un grognement de dégoût. « Ca n'explique pas d'où vient cet étrange bouclier. » Pomfresh remit sa baguette dans sa poche et secoua la tête.

Snape regarda le lit et se demanda d'où venait le bouclier. Il était apparu après que Pomfresh ait dirigé Snape vers une des chambres privées. Le bouclier opaque cachait Potter et empêchait tous les sorts, potions ou traitements médicaux. La seule chose que Pomfresh pouvait dire était que le bouclier n'avait pas la signature magique de Potter. Ce n'était pas de la faute de Potter, pour une fois.

« Qu'est-ce qui est dans ce sac, là ? » demanda Pomfresh. Le garçon avait réussi à garder une prise sur le sac pendant toute la bataille et Snape n'avait pas eu de choix que de l'amener avec lui. Faire redémarrer son cœur était beaucoup plus important que de s'inquiéter d'un sac qui bouge. Snape haussa les épaules et ouvrit l'attache, pour bondir en arrière de surprise alors qu'un serpent surgissait hors du sac en montrant ses crochets.

« Je protégerai les affaires de l'enfant éclair ! » siffla Zen.

« Il a l'air en colère » dit calmement Pomfresh alors que Zen s'enroulait sur le sac et sifflait.

« Tiens, tiens. Potter s'est procuré un serpent domestique. » Snape eut un rictus méprisant face à la créature lui faisant face. « Le monde magique va tomber dans la panique et le chaos. » Il leva les yeux au ciel et sortit sa baguette. « Je vais m'occuper de ça. » Il la leva et fronça les sourcils de consternation quand un autre bouclier, presque comme celui de Potter, sauf qu'il était transparent, apparut autour du serpent et du sac.

« Nananère ! Vous ne pouvez pas me toucher, sorciers débiles ! » se moqua Zen en commençant une danse de la victoire. « Je suis le champion ! »

Snape leva les yeux au ciel. Faites confiance au serpent de Potter pour faire preuve d'aussi peu de coopération que le garçon.


Harry dormait. Il savait inconsciemment qu'il dormait et n'avait absolument aucun désir de se réveiller. Il était à l'aise sans les interférences du monde. Il pouvait rêver ici sans s'inquiéter pour les autres. Il était libre de s'autoriser toutes les fantaisies sous le soleil et le faisait souvent. La plupart était centrée sur lui étant sur scène devant un public, délivrant une tirade parfaite ou bougeant d'une telle manière qu'il gardait son public captivé par sa performance.

Le monde réel s'introduisait dans ses rêves de temps en temps, habituellement juste quand Harry saluait une dernière fois devant des applaudissements chaotiques. Il pouvait entendre quelqu'un appeler doucement son nom ou lui chanter quelque chose. Son corps enregistrait les sensations d'être bercé ou de quelqu'un qui lui caressait le dos ou qui jouait avec ses cheveux. Il goûtait tout, du thé amer qui apaisait une douleur fantôme quelque part dans son corps au jus de fruit sucré qui lui faisait penser à l'enfance. Mais ça ne pouvait pas être ça, n'est-ce pas ?

Il se réveilla lentement. C'était douloureux alors qu'il reprenait une fois de plus conscience du fait que son corps et son système nerveux étaient reliés. Il avait mal partout et nulle part à la fois. Il était fatigué et la fatigue allait loin dans ses os et à travers lui. Il avait le sentiment de ne pas être à sa place mais se trouvait aussi à la maison en même temps. Ca n'avait pas de sens du tout et Harry évita de le reconnaître pendant aussi longtemps qu'il le put. Le déni du problème ne dura pas longtemps. Harry poussa un grognement sourd alors que ses sens s'accordaient avec son corps pour la première fois depuis qu'il avait repris conscience.

« De retour à la réalité, fils ? » demanda quelqu'un alors qu'Harry se sentit soulevé et bercé. Une tasse toucha ses lèvres. « Ca va aider avec la douleur » dit gentiment la voix chaleureuse alors qu'il bougeait Harry pour qu'il ait une meilleure position pour boire. Harry ouvrit lentement la bouche et but un peu du liquide amer. Il s'étrangla à cause du goût mais but tout ce qui lui était offert. « Oui, ça a un goût désagréable, accorda la voix. Du jus de fruit. » Une tasse différente toucha ses lèvres et Harry but avec enthousiasme. Ca avait un goût familier. Pomme ? Poire ? Quelque chose comme ça.

La personne qui le tenait l'assit sur quelque chose de doux et chaud. Des couches supplémentaires furent enroulées autour d'eux et Harry soupira de contentement. La douleur se dissipait, il avait chaud et il était en sécurité. Il ne pouvait rien y avoir de mieux. Il se permit de dodeliner pendant un moment, errant dans ses rêves de carrière sur scène. Il se réveilla quand il entendit un bruit étrange qu'il savait avoir entendu avant. Il l'entendit encore et son cerveau l'identifia. C'était du bois craquant dans le feu. Il n'y avait pas de feu ici, n'est-ce pas ? Ca ne pouvait pas être ça. Il était… heu. Il était à… hum. Où était-il ?

Harry essaya d'ouvrir les yeux pour voir où il était mais l'effort lui prit un long moment et le fatigua. Ses paupières papillonnèrent pendant quelques minutes avant qu'il ne parvienne à ouvrir complètement les yeux. Il leva la tête et vit un visage familier. Qui était-ce ? Des cheveux poivre et sel. Des yeux bruns foncés. Un gentil sourire. Des petites rides aux yeux que Tante Pétunia appelait "pattes d'oie." Il vit les yeux d'Harry s'ouvrir et commença à lui caresser les cheveux. « Es-tu vraiment réveillés, petit ? » demanda Bleys d'une voix douce.

« Ouais. » Harry fronça les sourcils quand il entendit sa voix. Il bougea la tête pour regarder une de ses mains et résista à l'envie de faire un caprice qui correspondrait à son âge physique actuel. Il était encore petit. Vraiment petit. « Quel âge j'ai ? » demanda-t-il en bougeant pour avoir une meilleure vue de l'homme qui le tenait.

« Trois ans. Tu es là depuis déjà deux semaines. Ta magie t'a causé pas mal de dommage. » Bleys fit bouger Harry pour qu'il n'ait plus à tendre le cou pour le regarder.

« Tu as pris soin de moi bébé ? » demanda Harry. Ca ne pouvait pas être possible.

« Ne t'inquiètes pas. Je ne t'embarrasserai pas en me souvenant, promit Bleys. Qu'importe combien tu étais adorable. » Harry se sentit rougir et décida d'ignorer ce commentaire. Il n'avait jamais été adorable.

« Bleys ? » Harry hésitait à poser cette question. Il se disait qu'il ne voulait pas approcher ce sujet. Il n'avait pas besoin de savoir. « Tu as vraiment voulu me faire du mal avant ? » La question sortit avant qu'Harry puisse l'arrêter. Il s'enfouit plus profondément dans les couvertures et regarda Bleys. Peut-être qu'adorable marcherait en sa faveur là, qu'importe qu'il ait toujours seize ans dans sa tête.

« Non, fils » dit Bleys avec de la douleur dans la voix. « Ca n'a jamais été mon intention. La seule raison pour laquelle je t'ai fait ça était pour que tu puisses apprendre que les Impardonnables n'étaient rien de plus que des sorts, bloqués aussi facilement que les autres sorts » justifia Bleys.

Harry étudia Bleys quelques secondes avant de bailler et de fermer les yeux. « D'accord, dit-il avec fatigue. Nous pourrons parler plus tard ? » demanda-t-il en se blottissant contre son professeur et en s'endormant.

« Certainement, Harry » répondit Bleys en regardant son protégé déjà endormi. Il n'admettrait jamais qu'il avait passé toute cette nuit juste à tenir Harry et à le regarder dormir. Son élève était revenu et il n'allait pas le laisser repartir maintenant.


Harry ouvrit les yeux et roula sur le côté dans son lit. Ca faisait deux semaines qu'il s'était retrouvé avec Bleys et il avait à présent cinq ans d'un point de vue physique. Il était toujours petit et il en haïssait chaque seconde. Il avait cependant découvert que la petite taille avait ses avantages. L'un d'entre eux était la capacité de manipuler Bleys plus facilement que n'importe quelle autre tache rencontrée au cottage. Il donna un coup de pied aux couvertures et sortit du lit. Il alla vers celui de Bleys et permit à ses pieds de rester sur le sol froid quelques minutes avant de se glisser sous les couvertures de Bleys. Il tendit les pieds et les colla au bas du dos de son professeur. Celui-ci poussa un cri étonné avant de chercher Harry.

Il le regarda de haut, essayant d'avoir l'air sévère et vindicatif, mais incapable de vraiment réussir l'expression. Harry ne put s'en empêcher. Il gloussa à la vue d'un Bleys très ébouriffé de sommeil et de son regard noir fatigué. « Tu aurais pu juste appeler mon nom, tu sais » grommela Bleys en se redressant.

« Où serait le plaisir ? » demanda Harry. Il vit l'expression de Bleys changer et hurla face à la vengeance qu'il vit étalée sur le visage de son mentor. « Je vais m'habiller ! » dit Harry rapidement en se laissant tomber du lit et en se précipitant dans la salle de bain. Peut-être que Bleys serait mieux disposé une fois qu'Harry lui aurait laissé le temps de se réveiller et de devenir plus cohérent et moins meurtrier.

Harry sortit discrètement de la salle de bain un peu plus tard pour voir Bleys préparer le petit-déjeuner devant la cheminée. Il décida que le petit-déjeuner semblait être une excellente idée pour son corps en pleine croissance. Il alla sur le « canapé » et se blottit dessus. Il agita une main et un livre apparut. Il eut un sourire narquois. Bleys avait raison. Sa magie se développait en quelque chose de moins analytique et de plus instinctif. Harry découvrait qu'il n'avait même pas besoin de former plus d'une pensée ou d'un souhait pour voir quelque chose arriver et que sa magie lui obéissait sans question. Il ouvrit son nouveau script et commença à mémoriser quelques répliques pour la prochaine pièce à St Jude.


Le Professeur Bevington avait une légère obsession avec la littérature victorienne et avait aimé Dracula quand il l'avait lu adolescent. Une fois qu'il eut trouvé une version théâtrale de Dracula, elle devait être jouée, n'est-ce pas ? Harry n'avait pas eut besoin de faire des essais une nouvelle fois. Bevie lui avait dit qu'il savait qu'il pouvait jouer. Le garçon avait quand même joué un monologue, sans prendre en compte les sentiments de Bevie. Il ne voulait pas que des élèves disent qu'il était favorisé ou était le chouchou du prof. Il voulait un rôle à la loyale. Il voulait Renfield, mais avait dû se tenir au mur quand il avait découvert qu'il avait le rôle de Dracula. Harry avait confronté son professeur, se demandant pourquoi il avait le rôle principal et pourquoi il ne pouvait pas avoir Renfield.

Bevie avait souri à Harry et avait secoué la tête. « Tu peux jouer Dracula, avait-il dit à Harry avait un sourire suffisant. Tout le monde est d'accord pour dire que tu peux le jouer. Personne ne pense que tu ne devrais pas. » Harry avait dû se concentrer pour comprendre ce que Bevie venait de dire et avait froncé les sourcils.

« Pourquoi Dracula ? » avait-il insisté.

« Evan, tu es un jeune homme intense. » Harry eut presque un reniflement méprisant. Il savait que Bevie n'avait aucune idée de comment il était en dehors du théâtre. « Le rôle appelle un acteur intense. Après avoir vu ce que tu as fait avec Edmond, et bien, il n'y avait rien à faire. Tu as besoin de jouer Dracula. Il est connu pour être un rôle très demandant. Ca t'aidera à grandir en tant qu'acteur, lui promit Bevie. Je peux trouver une doublure, si ça te fait te sentir mieux » ajouta-t-il avec une expression indulgente.

« Ce serait agréable. J'essaierai Dracula. Voir s'il m'inspire. » Harry avait remercié Bevie pour son temps et était retourné dans sa chambre. Il semblait qu'il avait le rôle. Tout ce qu'il avait à faire maintenant était de comprendre les vampires.


« Pourquoi lis-tu toujours ce livre ? » demanda Bleys en servant le petit-déjeuner. Il fit signe à Harry de venir à table. « Ne devrais-tu pas l'avoir fini maintenant ? »

« Ce sont mes répliques pour ma prochaine pièce » dit calmement Harry.

« Pièce ? »

« Le théâtre. Je t'en ai parlé avant. Tu te souviens ? » Harry se demanda comment un homme comme Bleys pouvait vraiment oublier. C'était un peu effrayant et ça lui faisait se demander s'il allait commencer à oublier des choses. Alden vint vers Harry et lui adressa un regard perçant avant de sauter sur le canapé et de mettre sa tête sur la jambe d'Harry. Celui-ci commença automatiquement à le caresser.

« Ah, oui. Je me rappelle que tu m'en as parlé avant » dit Bleys en poussant le chaudron loin du feu. « Viens manger. Nous avons beaucoup à faire aujourd'hui. »

Harry poussa Alden de ses genoux et se leva, s'époussetant automatiquement, juste au cas où des poils de chien auraient réussi à s'accrocher à ses vêtements. « Que faisons-nous aujourd'hui ? » demanda Harry en amenant son bol de céréales chaudes vers lui et en commençant à ajouter tout ce qu'il pouvait pour enlever le goût fade.

« Un peu de ci, un peu de ça » répondit Bleys de manière cryptique. « Rien de trop fatiguant » assura-t-il à l'adolescent rétréci.

« Allons-nous toujours courir ? » demanda Harry avec impatience. Il ne savait pas pourquoi mais la course lui faisait quelque chose.

« Oui » répondit Bleys avec une expression étrange. « Pourquoi aimes-tu autant ça ? »

« Je ne sais pas, admit Harry. Je veux dire, je le fais avec Sensei tout le temps. Il me fait courir presque tous les matins avant les cours, en augmentant la durée et la distance encore et encore » expliqua Harry en prenant une cuillère de céréales. Il prit un muffin dans le panier et le coupa. « Ca me fait me sentir mieux de courir. »

« Je me demandais comment tu avais tenu aussi longtemps » dit Bleys en versant du jus de fruit à Harry.

« Qu'est-ce que ça veut dire ? » demanda Harry en relevant la tête du muffin qu'il était en train de beurrer.

« J'étais étonné que tu ais tenu aussi longtemps que ce que tu l'as fait avec ta magie. Je m'attendais à te revoir juste quelques semaines après que tu m'ais quitté, mais tu as duré jusqu'après ta nouvelle année. C'était beaucoup plus longtemps que ce que je pensais » lui dit Bleys avec un sourire narquois. Il retourna son attention vers ses céréales avant de continuer. « Le jogging, ou les exercices physiques, nous sont vitaux. Tu es plus qu'un sorcier et, en tant que tel, tu ne peux pas espérer bien aller avec la même quantité d'effort. Tu dois prendre bien soin de toi. L'exercice est vital pour garder une bonne santé, et la bonne santé est vitale pour contrôler ta magie. » Bleys jeta un coup d'œil à Harry et grimaça en voyant son expression confuse. « Permets-moi d'essayer encore. Ton corps et ta condition physique sont directement liés à ta magie. Plus ta condition physique serra bonne, mieux ta magie répondra à tes désirs » Bleys regarda son élève. « Est-ce que tu comprends ? »

« Es-tu en train de dire que s'entraîner physiquement influencera ma magie ? » demanda Harry avec inquiétude. Bleys n'était pas très clair.

« Oui, c'est exactement ça. Plus tu es en forme, plus ta magie répondra bien. Plus tu seras fort, plus ta magie sera forte. » Bleys soupira de soulagement. « Je suis tellement content que tu ais compris. Je n'étais pas sûr de la manière de l'expliquer » admit-il.

« D'accord. J'ai compris. » Harry sirota son jus de fruit et fronça les sourcils un moment. « Est-ce que ça veut dire que ma magie va continuer à devenir plus forte en même temps que je deviens plus fort ? » demanda-t-il avec inquiétude.

« Jusqu'à un certains point. Tu as des limites à ta force. Penses-y de cette manière. Ton corps ne peut gagner de la force que jusqu'à un certain niveau. Ta magie grandira pour aller avec ce niveau. Pas plus que ce niveau et elle restera là aussi longtemps que tu maintiendras ce niveau de force. » Bleys regarda Harry et y vit de la compréhension. « Tu es plus qu'un sorcier, Harry. Le terme exact pour ça est 'magus' mais très peu de personne utilise ce terme, même à mon époque, dit Bleys avec un grand sourire. Ils aimaient m'appeler un enchanteur. » Bleys eut un léger reniflement et recommença à manger.

« Je suis un magus ? » demanda Harry.

« Magus, mage, enchanteur. Ils veulent tous dire la même chose pour tes sorciers mais ils sont différents, lui expliqua Bleys. La hiérarchie n'est pas difficile à comprendre. En bas, il y a ce que tu appelles les 'Moldus', ou les personnes non-magiques. Le terme est impropre. Tous les Moldus ont de la magie. Ils sont juste incapables d'y avoir accès, sauf dans certains cas. » Bleus adressa à Harry un regard rusé. « Une idée de quand ce pourrait être ? » demanda-t-il à son élève.

Harry baissa sa cuillère et réfléchit. Quand les Moldus seraient-ils capables d'accéder à ce pouvoir caché ? Il se souvint de quelque chose qu'il avait lu dans le journal et sourit. « Dans des cas de grand stress? » répondit-il, pas vraiment sûr de lui-même mais voulant quand même essayer. « Comme quand on lève un objet lourd d'un enfant ? » Harry avait été impressionné quand il avait entendu parler d'une femme plus petite que lui qui avait soulevé un arbre tombé sur une fillette.

« C'est exactement ça. Donc, nous avons les Moldus, les animaux normaux et les Cracmols en bas. Ils ont de la magie mais ne peuvent pas y accéder. A l'étage au-dessus, nous avons les sorciers et sorcières communs, avec les créatures qui peuvent accéder et utiliser la magie pour leurs propres désirs. Ca inclut les elfes de maisons, centaures, trolls, dragons, gobelins, etc. »

Harry fixa son professeur puis tomba de sa chaise de rire. Les sorciers et sorcières ordinaires étaient groupés avec les elfes de maison ? Oh, il pouvait entendre les cris de certains des sang-purs d'ici ! Ombrage devrait être réadmise à Sainte Mangouste. C'était trop bon pour être vrai ! « Si tu as fini ? » demanda Bleys après quelques minutes.

« Désolé. Je connais beaucoup de monde qui serait extrêmement bouleversé par ça, dit Harry avec un sourire. Je ne peux pas attendre de les éclairer. » Il eut un sourire mauvais en reprenant son siège.

« Ca t'amuse, ça, lui dit Bleys. La prochaine étape est les magiciens. Ce sont des personnes capables d'utiliser facilement une baguette mais qui peuvent quelques fois se trouver capable d'utiliser la magie sans baguette, habituellement en cas de grand stress. » Bleys poussa un autre muffin vers Harry. « Hum, je pense que ton ami Ron pourrait être une des ces personnes. » L'adolescent acquiesça. Ca semblait comme son ami.

« Au niveau suivant, il y a les enchanteurs. Ce niveau est composé de ceux qui sont capable de créer des sorts que les autres peuvent utiliser. Ils ont plus que du pouvoir. Ils ont du pouvoir et de l'instinct. Ils peuvent également sentir la magie, mais ne sont pas vraiment capables de dire qu'ils peuvent la sentir. » Bleys s'arrêta devant l'expression de Harry. « Vas-y, pose ta question. »

« Créer des sorts ? Tu ne peux pas les créer. Ils existent juste. »

« Ils sont et ils ne sont pas. Ils doivent venir de quelque part, donc quelqu'un les a 'créé'. 'Découvert' serait un meilleur terme, dit patiemment Bleys. La plupart des sorts, les incantations et les mouvements de baguette, ont été 'découverts' pour ceux qui ne pouvaient pas appeler assez de pouvoir pour faire travailler leur magie par eux-mêmes. C'est pour ça que Merlin est si populaire. Il a créé l'utilisation d'un focus physique pour permettre à la magie d'agir sans le besoin d'une discipline intense. Il a permis aux sorciers d'apparaître. »

« Donc, sans Merlin, les sorciers n'existeraient pas » demanda Harry, essayant de tout comprendre.

« Oui et non. Je ne crois pas que le temps ne permettrait pas aux développements de se passer sans une certaine personne là. Ca serait juste arrivé à une époque différente et à travers une personne différente. »

« En d'autres mots, tout le monde peut être remplacé. »

« Exactement. A présent, où en étais-je ? » demanda-t-il de manière rhétorique. « Ah, oui, les enchanteurs. Ton amie Hermione pourrait en être une. Ton professeur Snape, oh, certainement. Il me frappe comme un enchanteur très fort qui se cache derrière le déguisement d'un magicien. Dumbledore aussi. » Bleys sembla méditer quelques secondes. « Je pense que c'est tout » dit-il en remplissant à nouveau le bol d'Harry de céréales.

« La dernière étape, celle sur laquelle nous sommes, est appelée 'Magus.' Nous ne nous appuyons que sur l'instinct pour utiliser notre magie. La magie est plus un partenaire dans nos vies qu'un outil. »

« Est-ce que c'est pour ça qu'elle parle ? » demanda Harry.

« Oui. Comme tout bon partenaire, la magie nous connait suffisamment pour être capable d'être entendue. Elle peut être assez amusante si elle le veut, comme un elfe de maison avec trop d'énergie. Ca ne veut pas dire qu'elle est une servante. Tu dois prendre soin de toi ; ca prendra soin de ta magie. » Bleys appuya sur cette idée une fois de plus.

« Donc, je suis le seul de mon époque ? Il doit y en avoir plus, pas vrai ? »

« J'ai peur qu'il n'y ait qu'une seule autre personne avec le pouvoir d'être appelé 'mage', dit lentement Bleys. Malheureusement, j'ai été incapable de l'atteindre à temps et il a utilisé plusieurs rituels qui ont réduit sa capacité à entendre sa magie. » Bleys adressa à Harry un regard significatif.

« Tu parles de Voldemort, n'est-ce pas ? » demanda Harry avec un ton résigné.

« Et bien, il t'a choisi comme son égal » dit Bleys avec un ton de regret.

« Donc il est responsable du fait que je sois un mage ? » demanda Harry en beurrant son deuxième muffin.

« Je pense que oui. Qui sommes-nous pour interroger les rouages du Destin ? » demanda Bleys avec un sourire.

« Le Destin est… » Harry ne put finir son commentaire sarcastique. Bleys le coupa d'un regard.

« Il y a des forces dans le monde que même moi je ne remets en question, Harry. Tu ferais bien de t'en souvenir » dit Bleys calmement mais fermement.

« Bien. » Harry était un peu sceptique mais ne poursuivit pas le sujet. Bleys pouvait être étrange de temps en temps. Il semblait que c'était une de ces fois. « Donc, c'est ça alors. Et qu'en est-il des autres créatures ? Les êtres comme les loups-garous? »

« Ils ne sont pas magiques en eux-mêmes. Ils sont malades d'une maladie magique qu'ils ne peuvent pas contrôler. Quel est le mot que tu utilises ? 'Un microbe ?' »

« Oui, mais c'est général. On utilise habituellement le terme de maladie chronique dans son cas » lui dit Harry en finissant son deuxième bol de céréales.

« Très bien. C'est la maladie qui est magique, pas la personne en elle-même. »

« Et si quelqu'un est magique et attrape la maladie ? »

« Tu penses à ton conseiller, n'est-ce pas ? »

« Oui, en fait. »

« Il peut être aidé mais pas soigné, dit calmement Bleys. Saches juste que quoi que tu fasses, cela pourrait ne pas marcher. Tu n'as pas de limites en dehors de ton physique, mais ça ne veux pas dire que ton conseiller pourra supporter ce qui arrivera » avertit Bleys.

« D'accord. » Harry n'était pas sûr que Remus voudrait essayer de changer quoi que ce soit dans sa lycanthropie. Il supposa qu'il devrait juste demander. Le pire que Remus pourrait dire serait 'non.'


« Allez, petit ! Continue ! » Bleys bondissait à travers les arbres et riait d'Harry. « Tu dois continuer ! »

Harry lança un regard noir au dos de son professeur et se demanda si ce regard était de proportion meurtrière. Bleys s'était transformé en instructeur fou et épuisait Harry. Celui-ci avait à présent quatorze ans. Il ne lui restait que deux semaines avec Bleys et celui-ci apparaissait essayer de profiter du plus de temps avec Harry qu'il pouvait. « Harry ! Tu es trop lent ! » l'appela Bleys de quelque part devant. Harry soupira et essaya de se déplacer un peu plus vite. Il était fatigué et le lit l'attendait à bras ouvert. Il était resté éveillé tard hier soir, étudiant et essayant d'apprendre ses répliques. C'était difficile quand il n'avait personne avec qui les lire. Le phrasé des répliques étaient différent de Shakespeare. Elles n'avaient pas le même rythme et celui-ci manquait à Harry. Il ne pouvait juste pas comprendre après quoi était Dracula… à part pour le sang. Même ça, ça n'avait pas de sens. Il détestait l'admettre, mais il avait besoin de l'aide de Bevie. Dracula ne devenait pas vivant comme Edmond.

« Imperio ! » Harry sentit un calme étrange s'installer sur lui. Il leva mentalement les yeux au ciel. Bleys ferait ça maintenant, quand Harry était épuisé et pas prêt à le combattre. « Tourne sur toi. »

« Non, dit Harry d'une voix ennuyée. Tu devrais le savoir Bleys, continua-t-il avec un sourire narquois. J'ai toujours… »

« Doloris ! » aboya Bleys. Harry tomba au sol avec le sort, reconnaissant que Bleys lui ait donné cette milliseconde d'avertissement avec une invocation parlée. Il ferma les yeux de concentration et sentit le sort commencer à diminuer ; la douleur qui courrait dans tout son squelette se limitant à rien de plus qu'une légère éviscération. Il tiqua à cause du sort et le sentit se dissiper. « Très bien ! » félicita Bleys alors que le garçon s'asseyait.

« Ouais, merci, dit sèchement Harry. Est-ce que c'est vraiment nécessaire ? »

« Doloris ! » dit à nouveau Bleys. Je suppose que oui. Harry se tint droit alors qu'il recommençait le processus. Il sourit quand il remarqua que le sort n'avait plus les mêmes effets. Ca devenait plus facile de déterminer où était la frontière entre sa magie et celle du Doloris et de l'Imperium. Lui et Bleys avaient travaillé sur les Impardonnables les trois dernières semaines et Harry apprenait beaucoup sur ce qui faisait essentiellement marcher la magie dans son corps et son environnement. Il finit le sort et regarda Bleys avec un sourire satisfait. « Doloris ! » Harry ferma à nouveau les yeux, sépara sa magie de celle du sort et les rouvrit une seconde plus tard. « Bien, Harry » dit Bleys avec de la fierté dans le regard. Il remit le garçon debout et le serra dans ses bras. Harry s'appuya contre son professeur et soupira.

« Ca devient beaucoup plus facile maintenant » dit Harry à son professeur.

« Bien. C'est supposé être facile » répondit celui-ci en retournant avec Harry vers le cottage.

« Tu étais toujours aussi sadique avec tes élèves ? » demanda celui-ci en marchant collé au côté de Bleys. Il n'aimait pas l'idée de partir. Ici, il était en sécurité. Pas de Voldemort. Pas de Dumbledore. Pas de monde magique avec une adoration déplacée, tombant à ses pieds. Ici, il était juste Harry et découvrait qu'il était capable d'apprécier la magie instinctive qui était une seconde nature pour lui.

« Juste ceux qui sont spéciaux » répondit le professeur avec une main affectueuse dans les cheveux de son élève.

« Je suppose que je suis vraiment spécial » dit celui-ci avec un air innocent.

« Le plus spécial. » Bleys continua la discussion légère. Harry leva les yeux au ciel. Pas étonnant que Bleys soit aussi dur avec lui. « As-tu compris la nature des Impardonnables ? »

Harry regarda son professeur et réfléchit à la question. Il était capable de rejeter tous les sorts que Bleys lui lançait. Il pouvait en ignorer la plupart en un clin d'œil. Les sorts de première année qu'il avait appris à Poudlard n'était pas grand-chose. Les sorts qu'il avait appris en cours de Défense (et en dehors des cours de Défense) ne lui prenaient pas plus d'une seconde à faire évanouir. Les Impardonnables, l'Impérium et le Doloris en tout cas, étaient rejeté avec juste quelques respirations et un moment de calme. Bleys jurait qu'Harry serait capable de les ignorer de la même manière que les sorts de première année d'ici la fin de sa visite. « Les Impardonnables sont construits de la même manière que les autres sorts et peuvent être magiquement traités de la même manière que tous les autres sorts » répondit Harry.

« Excellent, Harry. Tu as beaucoup appris depuis que tu es revenu » dit Bleys, satisfait par la réponse d'Harry.

« Merci Bleys, dit Harry avec un sourire. J'ai aimé apprendre tout ça. »

« Je n'ai plus grand-chose à t'apprendre. En fait, juste quelques jours de plus de pratique te permettront de rejeter ces Impardonnables sans y penser. Cette méthode deviendra automatique » dit Bleys avec une sorte de sourire triste.

« Nous avons encore deux semaines. Tu ne peux pas m'avoir appris tout ce que j'ai besoin de savoir » argumenta Harry. Combien d'années de magie avait Bleys derrière lui ? Il devait y avoir quelque chose en plus qu'il pouvait lui enseigner.

« Rien d'importance et rien que tu n'apprendras par toi-même avec le temps. » Bleys arrêta Harry et s'assit sur un tronc. Il tira Harry à côté de lui et passa un bras autour des épaules du garçon. Celui-ci s'appuya sur lui et sourit. Il aimait ça. « Fils, tu as une telle connaissance de la magie. Plus qu'une connaissance. Un instinct. Tout le monde n'a pas ça, pas même moi. Tout ce que je t'ai appris m'est venu de mon professeur et de mes études, études qui prennent un peu de temps et beaucoup d'efforts. Tu n'as pas besoin de tels efforts » lui dit Bleys en le regardant de bas en haut. « Tu es plus un mage que ce que je peux t'enseigner, Harry. »

Harry sentit sa respiration se coincer dans sa gorge. Il détestait être différent et maintenant Bleys lui disait qu'il l'était. « Ce n'est pas possible » protesta-t-il. Il ne voulait pas être différent !

« Si ça l'est, dit Bleys avec un regard entendu. Je te connais trop bien, fils. Tu es un mage très puissant, Harry. Très spécial. La magie te guidera après que tu m'ais quitté. Je n'ai rien de plus à te donner » dit Bleys en resserrant son étreinte sur l'adolescent. Il ne voulait pas qu'il parte, mais il devait permettre à son élève, particulièrement cet élève, de continuer pour faire face à son destin. Il pouvait seulement espérer qu'il avait réussi à le préparer avec le peu qu'il avait à offrir.


Harry se tenait à la fenêtre du cottage et regardait la forêt. Sa main caressait la tête d'Alden mais son esprit n'était pas au cottage. Il retournait à la maison aujourd'hui. Ca avait été seize semaines difficiles (desquelles il ne s'en souvenait que quatorze). Il avait étudié tous les aspects de la magie que Bleys lui avait présentés et avait maîtrisé tout ce que Bleys avait mis devant lui. Il n'avait aucun doute sur sa magie sans baguette. C'était instinctif. Il ne pouvait plus se voir jamais utiliser une baguette. C'était trop incommodant, une gêne à ce qui venait à présent naturellement. Il n'avait pas besoin de penser à la magie pour faire de la magie. Il était capable d'aller au-delà du sentiment de magie derrière ses yeux et au bout de ses doigts. Il pouvait la sentir partout maintenant, pouvait approcher une magie qui ne lui appartenait pas et lui demander de faire des choses pour lui. Il pouvait sentir la pulsation dans son environnement et la diriger où il voulait. Il n'utilisait pas la magie ; il était magique.

« Es-tu prêt à partir, Harry ? » La voix de Bleys le tira de ses pensées. Il se tourna pour faire face à son professeur avec un regard résigné. Harry savait qu'il devait partir, qu'il devait revenir à lui et finir ce qu'il avait commencé. Il savait que Voldemort attendrait son 'élève', que Tante Pétunia voudrait son neveu, que Paul serait hystérique. Il était temps pour lui de rentrer à la maison. Ca allait être dur pour tous les deux. Bleys lui avait expliqué son raisonnement derrière ses erreurs précédentes et Harry pouvait accepter qu'il veuille lui donner quelque expérience réelle. Bleys avait étudié les capacités de lanceur de sorts de Voldemort et les avait imitées pour qu'Harry combatte le 'vrai truc', d'une certaine manière de parler. En d'autres mots, Harry pouvait à présent repousser les sorts préférés de Voldemort sans un seul tressaillement. C'était une compétence utile. Harry n'aurait plus besoin de dire à Sensei que Voldemort avait utilisé certains sorts sur lui. Ceux-ci ne l'affecteraient plus si Harry ne voulait pas qu'ils l'affectent.

« Oui, répondit Harry. Je n'arrive pas à croire que je ne reviendrai pas ici. » La déclaration d'Harry était la vérité. Il ne pouvait pas comprendre que c'était ça. C'était la dernière fois qu'il trouvait refuge dans son esprit, que Bleys ne serait pas un être intelligent dans sa tête, attendant qu'Harry recherche de l'aide. Ca allait être étrange, de savoir que Bleys ne serait plus là, qu'Harry était seul.

« Tu agis comme si nous ne nous reverrons plus » dit Bleys en s'avançant et en posant ses mains en haut des bras d'Harry. Le garçon avait trop grandi pour lui permettre de poser ses mains sur ses épaules.

« Et bien, c'est le cas » dit Harry, juste un peu confus. Il regarda le visage de Bleys et fronça les sourcils. « Qu'est-ce que tu ne me dis pas ? » demanda-t-il avec suspicion.

« Il y a toujours une chance que nous nous voyions dans l'autre monde, Harry. Tu ne sais jamais. Garde espoir. Tu as été un élève excellent, fils. Ca a été un honneur de t'enseigner et de te regarder grandir » dit honnêtement Bleys en lui serrant les bras.

« Merci » dit Harry en s'avançant et en serrant son professeur dans ses bras. « Pour tout. » Il prit une profonde inspiration et essaya de ne pas avoir l'air comme s'il allait pleurer. Ca allait être assez dur.

« Il n'y a pas besoin de me remercier, dit calmement Bleys. Tu as appris ce que j'avais à apprendre. Rien de plus » rajouta-t-il en faisant un pas en arrière et en prenant la main de l'adolescent. Il le conduisit au canapé. « Tu sais que Dumbledore t'a très probablement ramené à Poudlard. » Bleys exposa le fait à Harry.

« Oui. Je ne peux pas imaginer ce qu'il ferait d'autre avec moi. » Harry savait que Dumbledore serait extatique d'avoir Harry de retour dans le monde magique, encore plus à Poudlard. Ce serait une situation gênante.

« Assure-toi qu'il ne connaisse pas le vrai toi » dit Bleys en faisant un signe au nouveau look d'Harry. « Il t'utiliserait au-delà de tes limites. Tu as atteint ce qui est connu comme étant la maturation magique. Tout le monde l'a. Tu n'as plus d'étapes à franchir pour grandir magiquement. Dumbledore pourrait essayer de t'utiliser, ou tes capacités, avant que tu les ais acquises. Laisse-le te sous-estimer. Laisse-le penser que tu es un enfant. Il aura du mal à te rattraper une fois que tu auras révélé les niveaux de ce dont tu es capable » conseilla Bleys au garçon assis à côté de lui.

« C'est une bonne idée. Hermione m'a dit quelques trucs… des trucs que j'aurais souhaité ne pas entendre. » Harry laissa le silence retomber alors qu'il regardait le cottage, puis son professeur à nouveau. « Merci encore, Bleys. Je ne pense pas que j'aurais pu faire ça sans toi » admit-il.

« Tu n'aurais pas pu, mais tu aurais trouvé un autre moyen. » Bleys se releva et soupira. « Tu dois rentrer maintenant, Harry. Il y a des gens qui t'attendent. » Harry se leva et regarda son professeur.

« Oui, Maitre Bleys, dit solennellement Harry. Il y a des gens qui m'attendent. Je suis prêt. » Bleys lui sourit et croisa juste les bras. Harry ferma les yeux et atteint sa magie. Il pouvait le faire seul. Il toucha le pouvoir en lui et sentit quelque chose changer, puis une châtaigne. Il sursauta en sentant quelque chose sous son dos plutôt que sous ses pieds.

Il ouvrit les yeux et regarda autour de lui. Le bouclier l'entourant disparut et il s'assit. Il reconnut l'endroit et se demanda pourquoi il réussissait toujours à finir dans l'Infirmerie, même quand il n'était pas allé en cours à Poudlard cette année. Il était raide alors qu'il se mettait difficilement sur pied et s'étira. Les étoiles brillaient dehors. Harry alla doucement jusqu'à la fenêtre la plus proche et regarda le parc de Poudlard et la Forêt Interdite. Il pouvait presque sentir « Harry Potter » s'installer sur lui au fur et à mesure qu'il restait là.

« Tu es réveillé ! » dit une voix de serpent contente. Harry baissa les yeux pour trouver Zen à le regarder. « Tu es si différent ! Et si puissant ! C'est merveilleux ! Pense à tout le plaisir que nous pourrons avoir maintenant ! Toutes les souris que je pourrais manger ! » Harry eut un sourire ironique et se pencha pour soulever Zen.

« Oh, tu es déterminé à devenir large et rond, n'est-ce pas ? »

« Oh, enfant éclair, ta voix est tellement plus grave. Oh ! Tu n'es plus un enfant, mais un homme ! Merveilleuses nouvelles ! Les autres vont apprécier d'entendre ça ! » dit Zen en s'enroulant autour du poignet d'Harry.

« Les autres ? » questionna vivement Harry.

« Les autres petites créatures vertes qui m'apportent une souris » expliqua calmement Zen. Oh, des elfes de maisons. Pas d'inquiétudes à avoir alors.

« Je vais prendre une douche et m'habiller » dit Harry au petit serpent qu'il tenait. « Tu restes là. As-tu causé du trouble pendant que je dormais ? »

« J'ai protégé le sac, dit fièrement Zen. Et j'ai dansé. » Harry regarda le serpent avec une expression fermée. Dansé ? Etrange.

« Tant mieux pour toi » dit Harry en bougeant son sac de sous la table de nuit. Il appela sa magie et vit un uniforme de Poudlard apparaître sur son lit. Il semblait un peu petit pour lui. Dumbledore l'aurait choisi, bien sûr, ne connaissant pas la bonne taille d'Harry. Il rassembla l'uniforme, dit à Zen de rester où il était et entra dans la salle de bain de sa chambre. Il se déshabilla rapidement et commença sa douche. Il ne voulait pas être vulnérable plus longtemps que nécessaire. Il savait qu'il serait surveillé tous les instants où il serait là. Il ne voulait pas donner à Dumbledore un accès à ce qu'il savait. Il sortit de la douche et enroula une serviette autour de sa taille. Il nettoya le miroir et s'étudia. Il était grand et plus musclé. Bleys avait dit que ceci était ceux à quoi il aurait ressemblé depuis toujours, sans le plan de Vernon d'enlever la magie du corps d'Harry. Il était bien proportionné, mais pas massif. Sa taille atteignait presque un mètre quatre-vingt et son maintient le faisait paraître plus grand, comme s'il étudiait tout le monde de haut, et pas les yeux dans les yeux. Il avait l'air plus fort et plus rapide. En d'autres mots, il ressemblait à présent au héro que tout le monde pensait qu'il était. Il fronça les sourcils et concentra sa magie. Ses os rapetissèrent, ses muscles s'amaigrirent et la confiance disparut très légèrement. Voilà, il était à présent « Harry Potter, le Garçon qui avait survécu » une fois de plus.

Il mit son uniforme et extrait ses lunettes de son sac. Il se mit presque le doigt dans l'œil quand il essaya d'enlever ses lentilles. Il détestait quand il oubliait de les enlever et dormait avec. Ses yeux lui faisaient toujours horriblement mal le matin suivant. Il cacha ses lentilles et attacha la stupide cravate. Elle ne l'embêtait pas, pas vraiment, mais pourquoi quelqu'un sain d'esprit donnerait à un groupe d'enfants hormonaux l'arme parfaite pour s'étrangler entre eux ?

Harry fit presque un bond de deux mètres quand sa porte s'ouvrit à la volée. Sa baguette (un bout de bois presque inutile à présent) fut dans sa main et pointée sur l'intrus pendant le moment que prit son cerveau pour comprendre que l'intrus n'était personne d'autre que l'infirmière de l'école elle-même. « Monsieur Potter ! Que faites-vous hors de votre lit ? » demanda-t-elle en s'agitant autour d'Harry. « C'est bien. Retournez au lit, jeune homme ! » l'informa-t-il en le repoussant vers le lit.

« Je vais bien, Madame Pomfresh. Juste un peu confus sur la manière dont je suis arrivé là » admit-il honnêtement. Il aimerait connaître les détails de son arrivée.

« Assis » ordonna Madame Pomfresh. Elle sursauta très légèrement quand Zen glissa sur la jambe d'Harry. Le garçon se pencha et caressa le serpent avec un sourire. Ce n'était pas toujours les jours que vous pouviez surprendre l'infirmière. « Le directeur a demandé au Professeur Snape de te ramener ici » dit-elle à Harry en commençant à le scanner pour des résidus de magie noire ou de blessures. « Il y avait un bouclier magique autour de vous et je ne pouvais rien faire du tout » dit-elle avec raideur en lui faisant signe de se lever. « Il ne semble pas y avoir d'effets secondaires, mais je te garde en observation jusqu'à demain. Je suppose que tu as faim ? » demanda-t-elle.

« Un peu. Est-ce que ma tante est là ? » demanda-t-il.

« Elle a été informée, dit Pomfresh en finissant ses scans. Comme toutes les autres fois. »

« Je suppose que j'ai ma réponse » dit Harry avec un sourire méprisant. Tante Pétunia serait là avec toute la cavalerie si elle savait ce qu'il s'était passé. Elle ne doit pas encore savoir, ou si elle le sait, elle ne sait pas où je suis. Harry resta sur son lit comme on lui ordonnait quand l'infirmière disparut pour commander un plateau de nourriture pour lui. Il ne voulait pas subir sa colère. Dumbledore, il pouvait gérer. Pompom Pomfresh… pas tellement.

Il avait à moitié fini son plateau quand il remarqua que le soleil s'était levé et pointait juste au-dessus des arbres. Il ne ressentait pas la même chose maintenant. Il aimait regarder le soleil se lever quand il était à Poudlard. Maintenant, il n'était pas aussi sûr de ce qu'il ressentait. Pas la même chose et c'était tout ce qu'il savait. Il sirota son jus de fruit et grimaça au goût. Le jus de citrouille était un peu trop sucré ce matin. Il remit le gobelet sur le plateau et finit les céréales et les fruits qui lui avaient été donnés. Il était sur le point de sortir son Mini-Messager pour parler à Hermione quand il sentit plus qu'il ne vit quelqu'un sur le pas de la porte. Il releva la tête pour voir le Directeur Dumbledore se tenir là.

« Bonjour, Harry » dit-il en entrant dans la pièce. Harry s'assit un peu plus droit alors que Dumbledore venait vers le lit.

« Monsieur le Directeur » répondit Harry avec seulement le minimum de respect dans la voix. Dumbledore n'était pas sa personne préférée pour le moment et il ne voulait pas que celui-ci pense avoir été pardonné.

« Tu nous as causé une sacrée peur, jeune homme, dit Dumbledore en invoquant un fauteuil à côté du lit de Harry. C'est bon de te voir, mon garçon. » Il sortit une petite boite de sa poche et le tendit à Harry. « Nid de cafard, Harry ? »

Certaines choses ne changent jamais pensa Harry en renforçant ses boucliers d'Occlumencie. Dumbledore n'était certainement pas au-dessus de jeter un coup d'œil dans l'esprit d'Harry. « Non merci, répondit calmement celui-ci. Est-ce que ma tante sait que je suis ici ? » demanda-t-il vivement.

« Elle a été informée que tu es en sécurité. »

« Elle ne veut pas que je sois là » dit le garçon d'un ton pincé. Il ne voulait pas rester à Poudlard plus longtemps que nécessaire. Il n'était pas au dessus de menacer Dumbledore avec sa tante en mode 'Mère ourse'. Il le méritait.

« Elle n'a pas son mot à dire maintenant, dit Dumbledore de manière affable. La dernière attaque de Voldemort m'a permis de m'interposer en tant que tuteur magique, Harry. Tu peux rester ici, à Poudlard, toute l'année maintenant. » Harry se demanda si le directeur voulait qu'il soit excité pour ça. « Plus de Dursley. N'est-ce pas merveilleux ? » Harry dut se demander quand Dumbledore avait perdu la dernière de ses pastilles au citron.

« Toute l'année ? demanda Harry. Je pensais que je devais retourner à Privet Drive chaque année ? » Harry n'allait pas se laisser faire sans combattre. Il ne voulait pas être à Poudlard et il allait le faire savoir à Dumbledore.

« Ce n'est pas si important. Tu es à la maison, tu es en sécurité, et c'est tout ce qui compte » dit celui-ci en se levant et en bannissant sa chaise. « Madame Pomfresh te laissera partir bientôt. Nous savons tous les deux que tu ne veux pas être là plus longtemps que nécessaire. » Les yeux de Dumbledore pétillèrent et il tapota l'épaule de l'adolescent. « Tes amis sont en chemin pour te voir et ils te montreront ton dortoir. »

« Je sais où est la tour de Gryffondor, Monsieur, dit Harry d'une voix serrée. Je veux rentrer à la maison » ajouta-t-il alors que le directeur commençait à ouvrir la porte.

« Mon cher enfant, tu es à la maison » répondit celui-ci en quittant la pièce. Harry fixa l'endroit par où était parti le directeur. Il semblait qu'il allait devoir quitter Poudlard par lui-même. Il se leva et une phrase lui revint en mémoire. Qu'est-ce que « tuteur magique » voulait dire ?


Et un grand merci à Lys qui a eut l'extrême gentillesse de se proposer pour être ma bêta.