Bonsoir les amis!

Je me doute que vous désespériez un peu de voir ce chapitre arriver (quoi que vous devez avoir l'habitude maintenant ^^). J'espère que la très longue longueur (très français je sais!) du chapitre compensera l'attente! J'ai vraiment hâte de lire vos avis dessus!

Sinon, cette fois-ci j'ai réussi à tenir ma promesse! Vous trouverez donc en fin de chapitre les réponses à vos superbes reviews (merci encore!)

Vous trouverez également le teaser!

Bon... trêve de blabla et bonne lecture à vous!

LSAfor

PS: Un grand merci à Debo pour son travail de correction sur ce chapitre qui m'a permis de pouvoir publier aujourd'hui!


Chapitre 23:

Ses yeux jonglant entre l'endroit où elle mettait les pieds et le planning qu'elle tenait fermement entre les mains, Costia tenta tant bien que mal de maintenir l'allure de sa patronne qui s'avançait d'un pas rapide à travers le grand hall du QG de Woods & Co. Les personnes qui s'y trouvaient s'écartèrent immédiatement de leur chemin et lancèrent quelques regards craintifs à l'adresse de Lexa mais cette dernière ne les remarqua pas, trop occupée à consulter son téléphone portable qui n'arrêtait pas de vibrer dans ses mains.

- Le rendez-vous avec la compta? questionna-t-elle sans lever les yeux de son écran.

- Dans 15 minutes, informa Costia en jetant un coup d'œil à son planning. Il est censé durer une heure…

- Et après, j'ai rendez-vous avec le Sénateur, c'est ça?

- Non, répondit Costia en continuant de parcourir l'emploi du temps sous ses yeux. Ton rendez-vous avec le Sénateur est à 11h. Après la Compta, tu as la conférence téléphonique avec Londres et celle avec New-York juste après…

Lexa laissa échapper un grognement mais n'ajouta rien de plus. Elles arrivèrent devant les ascenseurs et, après avoir appuyé sur un des boutons pour en appeler un, Lexa reporta son attention sur Costia.

- Autre chose pour ce matin? lui demanda-t-elle.

Costia baissa de nouveau les yeux vers son planning et répondit:

- Le Comité souhaiterait valider quelques points avec toi concernant le Gala de demain.

- Et par Comité tu entends ma mère? comprit Lexa.

Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent, les amenant à s'y engouffrer sans attendre. Ce ne fut que lorsqu'elles se refermèrent et que la cabine commença son ascension que Costia répondit par un petit «oui».

- Dis-lui que je lui donne carte blanche, déclara Lexa dans un soupir. Qu'elle fasse ce qu'elle veut, je m'en fiche…

- Tu en es sûre? demanda Costia, incertaine.

Elle regarda Lexa se masser la nuque d'un geste las et sentit une petite inquiétude la gagner. La même inquiétude qu'elle ressentait depuis un mois et qui lui donnait l'impression de croître de jour en jour, au fur et à mesure qu'elle voyait son amie s'enliser de plus en plus dans son nouveau rôle.

- Certaine, finit par répondre Lexa.

Elle redressa la tête et la tourna pour pouvoir regarder Costia et lui adresser un sourire.

- Si j'en avais la possibilité, je n'assisterais même pas à ce gala, poursuivit-elle. Donc je peux facilement te garantir que quoi que le « Comité » souhaite valider avec moi concernant les détails de cette soirée, je n'en ai strictement rien à faire…

Un rire s'échappa de la bouche de Costia qui secoua la tête avant de reporter son attention sur son planning et y noter quelque chose.

- Okay, déclara-t-elle. Mais tu ne te plaindras pas si la couleur des nappes ne te plait pas…

- Promis, répondit Lexa d'un ton faussement solennel.

Ce qui causa un nouveau rire de la part de Costia.

L'ascenseur finit par s'immobiliser au dernier étage et Lexa ne perdit pas de temps pour en sortir. Elle salua de la tête les quelques employés qu'elle croisa sur son chemin puis, Costia toujours sur ses pas, elle se dirigea directement vers le couloir qui menait à son bureau.

Elle passa devant le grand box où se trouvait l'espace de travail de Costia et arriva enfin devant les doubles portes de son bureau. Inconsciemment, elle marqua un temps d'arrêt – comme à chaque fois qu'elle s'apprêtait à pénétrer à l'intérieur de ce qui avait longtemps représenté l'endroit le plus intimidant qu'elle connaisse – avant de retrouver rapidement ses esprits et ouvrir les portes. Elle ignora la pesanteur qui vint lui écraser la poitrine et s'avança jusqu'au bureau qui se trouvait devant les gigantesques baies-vitrées donnant sur Downtown L.A.

- On a eu des nouvelles de Shanghai? demanda-t-elle par-dessus son épaule à l'adresse de son assistante.

- Non toujours pas, répondit Costia.

- Et merde, jura Lexa en glissant une main frustrée dans ses cheveux. Il faut absolument qu'ils acceptent si on veut empêcher la fermeture de l'antenne chinoise…

Elle s'immobilisa devant son bureau et posa ses deux mains dessus. Le regard perdu devant elle, elle réfléchit de longues secondes avant de redresser la tête pour reporter son attention sur Costia qui était restée près de l'entrée.

- Essaye de me programmer une conférence téléphonique avec Li Jun après mon rendez-vous avec le Sénateur, lui demanda-t-elle en faisant référence au responsable de la filiale chinoise de Woods & Co.

- Tu déjeunes avec plusieurs actionnaires après ton rendez-vous avec le Sénateur, lui fit remarquer Costia.

Lexa ferma les yeux et poussa un soupir lorsqu'elle se souvint que c'était le cas.

- J'avais complètement oublié…

Elle se laissa ensuite tomber sur son siège, posa ses coudes sur son bureau et enfouit son visage dans ses mains, réfléchissant à une solution pour réussir à accomplir tout ce qu'elle avait à accomplir. Et, hormis développer une capacité à se trouver à deux endroits à la fois, elle ne voyait pas comment elle pouvait s'y prendre.

- Je pourrais appeler Shanghai et leur proposer une conférence téléphonique pour lundi, offrit Costia. Ils seront peut-être plus enclins à te suivre après ta nomination officielle de demain…

Lexa redressa la tête pour la regarder et lui adressa un mince sourire en acquiesçant.

- C'est une bonne idée, on va faire comme ça. Merci…

Costia lui répondit par un sourire et la regarda ouvrir son ordinateur portable tout en glissant une main sur sa nuque. Elle l'observa silencieusement taper sur le clavier et remarqua que l'exténuation qu'affichait son visage ne cessait de s'intensifier. Plus les jours passaient, plus les cernes sous ses yeux s'accentuaient. Son teint était de plus en plus pâle, ses épaules donnaient l'impression de porter le poids du monde et son regard se faisait de plus en plus vide…

Elles étaient à Los Angeles depuis près d'un mois maintenant. Un mois durant lequel Costia avait regardé Lexa travailler avec un rythme acharné et à la limite du dangereux.

La nouvelle « Commandante » avait enchainé les voyages d'affaire à travers le monde entier pour tenter de résoudre la crise de l'Entreprise à l'internationale. Et, lorsqu'elle était de retour à Los Angeles, son rythme ne diminuait pas.

Au contraire…

Lexa était toujours la première à arriver le matin et la dernière à partir. Elle n'avait pas pris un seul jour de repos depuis qu'elle était là et se donnait corps et âme à son nouveau rôle.

Elle faisait un travail exceptionnel et obtenait des résultats qui dépassaient les attentes de tout le monde. Et vu que les résultats étaient là, personne ne s'inquiétait pour elle.

Et pourtant, sa réussite se faisait au détriment de son bien-être et Costia n'était pas sûre qu'elle puisse tenir encore longtemps avant de s'effondrer…

- Lexa? prononça-t-elle précautionneusement.

La nommée détourna brusquement les yeux de son ordinateur pour les poser sur elle et Costia remarqua un éclair de surprise s'y afficher, lui faisant comprendre qu'elle avait surement oublié qu'elle était encore là.

- Oui?

Costia hésita quelques secondes avant de prendre une profonde inspiration et faire quelques pas vers elle d'un geste déterminé.

- Quand est-ce que tu as réellement dormi pour la dernière fois? demanda-t-elle.

Lexa se figea brusquement à l'entente de la question. Elle regarda Costia et s'efforça de garder un visage impassible face à l'inquiétude évidente qu'affichait celui face à elle, comme si la question n'avait pas causé une décharge douloureuse au creux de sa poitrine.

Parce qu'elle savait très bien de quand datait sa véritable dernière nuit de sommeil. C'était la veille de sa venue à Los Angeles. Lorsqu'elle s'était endormie pour la dernière fois avec sa petite-amie dans ses bras.

Mais elle ne pouvait pas dire ça à Costia. Alors elle se contenta de hausser les épaules et de répondre un simple « je ne sais pas » avant de s'empresser de changer de sujet.

- Je ferais mieux de me mettre au travail, déclara-t-elle en reportant son attention sur l'écran de son ordinateur.

Et Costia comprit qu'elle venait de lui donner congés. Mais elle ne se démonta pas et fit de nouveau quelques pas dans sa direction.

- Tu es surmenée, lui fit-elle remarquer.

- Comme chaque dirigeant d'entreprise, rétorqua Lexa sans se tourner vers elle.

Ce qui ne fit qu'excéder un peu plus Costia qui ne put s'empêcher de soupirer. Elle savait que d'un point de vue extérieur, elle était face à son employeur, à une des femmes les plus puissantes du monde, une femme qui avait le pouvoir de détruire la carrière, la vie, de n'importe qui. Et pourtant, lorsqu'elle regardait Lexa, elle voyait avant tout une amie. Une amie qui risquait de se mettre en péril face à la pression qu'elle s'obligeait à supporter…

- Lexa… souffla-t-elle doucement, d'un ton avenant.

- Je dois faire retrouver sa stabilité à l'entreprise Cos', répondit Lexa. Et ce n'est pas en rentrant à 16h tous les jours et en prenant mes week-ends que j'y arriverais…

- Ce n'est pas non plus en te tuant à la tâche, rétorqua Costia.

- Je vais bien! rétorqua sèchement Lexa en se tournant brusquement vers elle.

Elle vit Costia grimacer légèrement et regretta immédiatement de s'être laissée emporter. Elle passa une main lasse sur son visage et poussa un profond soupir.

- Je suis désolée, s'excusa-t-elle en reportant son regard sur Costia. Je sais que tu t'inquiètes seulement pour moi mais je t'assure que je vais bien. Je connais mes limites…

Costia avait du mal à le croire mais ne dit rien. Elle savait qu'elle n'arriverait pas à lui faire entendre raison donc elle décida d'abandonner pour l'instant. Elle finit par acquiescer, répondit un « bien » et tourna les talons pour s'en aller.

Cependant, avant qu'elle ne puisse se tourner complètement, Lexa prononça doucement son prénom, ce qui l'amena à lui faire face de nouveau.

- Merci, souffla Lexa. Je ne sais pas comment je réussirais à gérer sans toi…

Costia esquissa un mince sourire et opina légèrement de la tête.

- Je t'en prie…

Après un dernier regard, elle lui tourna de nouveau le dos et quitta le bureau. Elle referma la porte derrière elle et la fixa pendant de longues secondes sans bouger, son inquiétude toujours présente.


À plus de 4000km du QG de Woods & Co, c'était une tout autre personne qui luttait contre la fatigue. Venant tout juste de terminer une longue opération qui avait duré une grande partie de la nuit, Clarke s'avançait d'un pas trainant dans les couloirs du service de Neurologie jusqu'au bureau des infirmières où elle laissa tomber les dossiers qu'elle tenait dans les mains. Elle adressa un mince sourire d'excuse – sourire dont elle était persuadée qu'il ressemblait plus à une grimace qu'à autre chose – à l'infirmière qui se trouvait devant elle et qui la dardait d'un regard réprobateur.

- Je vais les ranger, assura-t-elle à son adresse en faisant référence à sa pile de dossier. Il faut juste que je termine de les remplir.

L'infirmière lui lança un regard dubitatif avant de se détourner d'elle sans lui dire quoi que ce soit et de se reconcentrer sur son écran d'ordinateur. Clarke ouvrit la bouche pour lui rétorquer qu'elle allait réellement le faire mais se retrouva à la place à bailler jusqu'à s'en décrocher la mâchoire.

- Wow, t'as une sale tête Griffin, lança une voix à côté d'elle.

Clarke se tourna pour voir Monroe lui adresser un sourire amusé.

- Merci, c'est toujours agréable à entendre, répondit-elle sarcastiquement.

Ce qui ne fit qu'agrandir le sourire de Monroe.

- Non sérieusement on dirait un zombie, déclara cette dernière. Depuis combien de jours es-tu là au juste?

Clarke fit mine de se reconcentrer sur ses dossiers pour éviter de répondre. Parce qu'il n'était que vendredi matin et qu'elle savait pertinemment qu'elle avait dépassé son quota d'heures de la semaine. Mais elle ne voulait pas rentrer chez elle, elle ne voulait pas se retrouver une nouvelle fois confrontée à un appartement beaucoup trop grand et trop vide pour elle. Donc, depuis qu'elle avait pris son service en début de semaine, elle n'avait pas quitté l'hôpital, se douchant et dormant ici.

Et elle aurait aimé dire qu'il s'agissait là de la première fois que ça se produisait. Mais ça aurait été faux.

Depuis que Lexa était partie, elle n'avait quitté l'hôpital que lorsqu'elle s'y était retrouvée obligée. Aucun de ses jours de repos n'avait concordé avec ceux où Lexa n'était pas en voyage d'affaire à l'étranger et avec cette dernière qui n'avait toujours pas pu venir à New-York, elle n'y avait pas trouvé grand intérêt.

Raven et Octavia avaient essayé de la faire sortir un peu de sa routine maussade mais à chaque fois qu'elle les avait vu, surtout lorsqu'elles avaient été avec Lincoln et Anya, elle n'avait fait que ressentir un peu plus l'absence de Lexa.

Alors elle s'était concentrée sur son internat, tentant de combler le manque terrible de sa petite-amie par l'adrénaline du bloc. Parce que, clairement, la seule chose qui lui permettait de tenir le coup, c'était la chirurgie.

- Clarke? insista Monroe.

- Je ne sais pas, finit par répondre la nommée.

- Moi je sais, lança Murphy qui arriva à cet instant précis, et dont il était évident qu'il avait entendu leur conversation. Elle était déjà là quand j'ai quitté mon service hier matin!

Clarke ignora le visage scandalisé de Monroe pour se tourner vers lui et le darder d'un regard perçant.

- Oui bon… finit-elle par concéder. Que voulez-vous, j'aime être au bloc…

- Comme nous tous, rétorqua Monroe. Mais tu sais qu'on n'a pas le droit de dépasser 80h par semaine et plus de 48h de service d'affilé!

- Oui officiellement, répondit Clarke. Mais tant que je ne me fais pas prendre, je ne risque rien et vous avez vraiment intérêt à ne rien dire!

Elle termina sa phrase en leur adressant un regard menaçant qui amena Murphy à se recroqueviller légèrement et Monroe à lever ses mains en signe de retrait.

- Relax Griffin, on ne va rien dire! assura cette dernière. On s'inquiète juste pour toi…

Clarke perdit immédiatement son air menaçant et poussa un soupir las.

- Je sais, assura-t-elle. Je suis désolée, c'est juste que –

Elle s'interrompit brusquement lorsqu'elle sentit son portable vibrer dans sa poche.

- Désolée, s'excusa-t-elle auprès des deux autres en attrapant le téléphone.

Elle fronça des sourcils lorsqu'elle vit un numéro qu'elle ne connaissait pas s'y afficher et s'éloigna de quelques pas avant de répondre.

- Allo, prononça-t-elle précautionneusement.

- Clarke?

La voix était familière mais elle ne réussit pas à la reconnaître.

- Qui est-ce?

- Hey, c'est Costia...

Clarke sentit un vent de panique l'envahir immédiatement à l'entente du nom.

- Costia? répéta-t-elle. Tout va bien? Lexa va bien?

Et elle détesta l'éraillement avec lequel elle prononça ces derniers mots. Mais elle ne put l'empêcher. Parce qu'elle était en ligne avec l'assistante de sa petite-amie qui se trouvait à des milliers de kilomètres d'elle et qu'elle savait pertinemment qu'elle était la raison de cet appel.

- Oui, oui, elle va bien! s'empressa de répondre Costia qui sembla réaliser l'état de panique dans lequel elle venait de la mettre. Enfin… aussi bien qu'elle peut aller…

- Qu'est-ce que ça veut dire? demanda Clarke en fronçant les sourcils.

Monroe et Murphy échangèrent un regard curieux mais elle ne leur prêta aucune attention, trop occupée à être inquiétée par l'appel de Costia.

Costia, qu'elle entendit soupirer à travers le combiné, ce qui ne fit qu'accentuer la sensation nauséeuse au creux de sa poitrine.

- Lexa va surement me tuer si elle apprend que je t'ai appelé, déclara nerveusement Costia. Et peut-être, qu'effectivement, je dépasse les bornes avec cet appel mais je m'inquiète vraiment pour elle…

- Costia… prononça lentement Clarke. Je te jure que si tu n'arrêtes pas de tourner autour du pot et que tu ne me dis pas immédiatement ce qui se passe, c'est moi qui vais te tuer…

Costia laissa échapper un léger rire et Clarke se sentit légèrement soulagée à son entente. Si elle rigolait, c'était qu'il n'y avait rien de grave.

Du moins rien d'aussi grave que ce que son cerveau fatigué et stressé était en train de s'imaginer…

- Je t'assure qu'elle va bien Clarke, promit Costia. Je m'inquiète juste pour elle parce qu'elle se noie de plus en plus dans son travail… Depuis qu'elle est arrivée à Los Angeles, elle n'a pas pris un seul jour de repos. Elle ne prend jamais de pause, elle est toujours la première à arriver et la dernière à partir, et ça, quand elle daigne à partir, parce que plusieurs fois, je l'ai surprise en train de dormir ici…

Clarke se retrouva à fermer les yeux, un léger sentiment d'impuissance la gagnant. Elle savait que Lexa avait beaucoup de travail mais elle n'avait jamais réellement pris conscience à quel point. Parce qu'elle lui avait parlé tous les jours depuis son départ. Au téléphone, par SMS, via Skype, Facetime… Elles n'étaient pas restées un jour sans être en contact et à chaque fois, Lexa lui avait assuré qu'elle allait bien et que tout se passait bien. Et Clarke l'avait cru. Malgré ses inquiétudes, malgré son appréhension, elle l'avait cru.

Parce qu'elle l'avait entendu lui parler avec passion de ses différents voyages d'affaire, parce qu'elle l'avait entendu rigoler comme à son habitude, parce que son sourire derrière son écran semblait être le même et qu'elle avait mis son emploi du temps chargé sur le même compte que le sien.

Sauf qu'il fallait croire que ce n'était pas le cas d'après ce que lui disait Costia. Son emploi du temps n'était pas juste chargé, il était prenant, contraignant, éreintant. Et la différence était là…

Pour la première fois depuis des mois, Clarke ressentit une petite pointe de jalousie envers Costia.

Non pas parce qu'elle se sentait menacée par elle ou qu'elle n'avait pas confiance en elle ou en sa petite-amie, elle savait pertinemment qu'il ne se passait et ne se passerait strictement rien entre elles… Non, la raison pour laquelle elle se sentait jalouse c'était que, contrairement à Costia, elle se trouvait à des milliers de kilomètres de Lexa.

Contrairement à Costia, elle n'avait même pas remarqué que quelque chose n'allait pas avec sa petite-amie…

- Et avec la pression qu'elle subit quotidiennement, je ne suis pas sûre qu'elle puisse tenir longtemps avant de faire un burnout… poursuivit Costia. J'ai essayé de lui parler mais elle ne veut rien entendre, surtout avec sa nomination de demain… Donc, je ne sais pas, je pensais que tu pourrais peut-être lui parler, Dieu sait que tu es la seule personne qui peut la raisonner…

Clarke ne répondit pas immédiatement. Elle n'était plus du tout concentrée sur la conversation, son cerveau orchestrant déjà une multitude de plans.

- Je m'en occupe, finit-elle par dire d'un ton déterminé.

Elle entendit Costia pousser un soupir soulagé dans le combiné et esquissa un mince sourire, se sentant quelque peu coupable pour la jalousie stupide qu'elle ressentait à son égard. Il était vrai qu'elle était légèrement envieuse du fait que Costia soit auprès de Lexa alors qu'elle non, mais si cet appel lui confirmait une chose, c'était qu'elle devait surtout se montrer reconnaissante de savoir qu'avec toutes les mauvaises personnes qui entouraient Lexa à Los Angeles, il y en avait au moins une qui était là pour elle.

- Costia?

- Oui?

- Merci de m'avoir appelé…

- Je t'en prie, répondit sincèrement Costia. J'espère juste que Lexa ne m'en voudra pas de l'avoir fait…

- Ne t'inquiète pas pour ça, rassura Clarke.

Elle la remercia de nouveau et lui souhaita une bonne fin de journée avant de raccrocher, son regard se faisant de nouveau songeur.

- Tout va bien? demanda Monroe.

Ayant complètement oublié qu'elle n'était pas seule, Clarke sursauta légèrement avant de reporter son attention sur elle et Murphy qui la fixaient tous les deux d'un regard concerné.

- Oui, oui, répondit-elle distraitement. C'était juste l'assistante de Lexa…

- L'assistant de Lexa? répéta Monroe, confuse.

Mais elle n'obtint aucune réponse car Clarke avait de nouveau détourné son attention d'elle et fixait quelque chose dans son dos.

- Timing parfait, murmura Clarke plus à elle-même qu'aux deux autres.

Murphy et Monroe se tournèrent pour voir ce qu'elle pouvait bien regarder et virent le Dr Lewis sortir de l'ascenseur.

- Qu'est-ce que – commença Monroe en se tournant de nouveau vers Clarke.

Mais cette dernière, un sourire sur les lèvres qui ne présageait rien de bon, ne lui laissa pas le loisir de terminer sa phrase et esquissa un geste en direction de leur résidente.

- Clarke! lui lança Monroe sur un ton de mise en garde.

De nouveau, Clarke l'ignora et continua de s'avancer vers le Dr Lewis en s'efforçant de perdre son sourire.

- Dr Lewis, je pourrais vous parler? demanda-t-elle doucement lorsqu'elle arriva à sa hauteur.

- Je suis assez occupée, Griffin, répondit Lewis sans lui lancer le moindre regard.

- C'est assez important, insista Clarke.

Le Dr Lewis poussa un soupir impatient avant de se tourner enfin vers elle en la fixant de haut en bas d'un regard plein de condescendance.

- Qu'est-ce que tu veux?

Si elle n'avait pas été aussi déterminée à obtenir ce qu'elle voulait, Clarke aurait surement répondu avec son impertinence légendaire. Après tout, si elle avait appris quelque chose au court des derniers mois, c'était de ne plus se laisser faire par sa résidente qui donnait l'impression de n'avoir qu'un but dans cette hôpital: lui pourrir la vie.

Mais justement, Clarke voulait quelque chose. Et elle savait que pour que son plan fonctionne, elle devait jouer la carte de l'interne subordonnée. Alors elle fit mine de baisser les yeux et de se dandiner nerveusement de gauche à droite avant de déclarer d'une petite voix:

- Je me suis rendue compte tout à l'heure que j'avais dépassé mon quota d'heures pour la semaine – elle entendit Monroe derrière elle pousser un petit cri scandalisé mais s'efforça de l'ignorer et continua – mais je suis encore de service jusqu'à demain soir et j'ai une opération très importante avec le Dr Scott cet après-midi. Donc j'aurais voulu savoir s'il était possible de faire une exception pour que je reste quelques heures de plus…

Le Dr Lewis resta de longues secondes à la scruter du regard, un sourire mesquin se dessinant petit à petit sur ses lèvres.

- Tu es réellement en train de me demander d'enfreindre le règlement de l'hôpital et donc par conséquent, risquer ma place ici, pour que tu puisses faire ton intéressante au bloc? questionna-t-elle lentement.

Clarke se pinça les lèvres mais ne répondit pas et garda son regard ancré sur sa supérieur, ce qui ne sembla qu'accentuer l'expression jouissive sur le visage de cette dernière.

- Alors voilà ce que tu vas faire, Griffin, prononça le Dr Lewis, son sourire prédateur toujours présent sur ses lèvres. Tu vas immédiatement quitter l'hôpital et tu n'as pas intérêt à revenir avant lundi matin…

- Mais mon service n'est pas terminé! contesta Clarke. Je vais louper énormément d'opérations d'ici là!

- Tâche d'y penser la prochaine fois que tu te penseras au-dessus du règlement, lui rétorqua sournoisement la résidente.

Puis, sans laisser à Clarke la possibilité de contester de nouveau, elle fit volteface et s'en alla, une expression victorieuse sur le visage.

- Ça va Griffin? demanda Murphy derrière son dos.

Clarke attendit que le Dr Lewis disparaisse complètement avant de tourner sur ses talons pour leur faire face. Son air déçu avait complètement disparu et avait laissé place à un énorme sourire qui amena Murphy et Monroe à se retrouver la bouche grande ouverte, incrédules.

- Bon et bien, il faut que j'y aille, déclara-t-elle en commençant à s'éloigner d'un pas légèrement bondissant.

- C'était exactement ce que tu voulais! comprit Monroe. Tu savais qu'en lui disant que tu voulais rester elle te dirait de partir!

Clarke se tourna de nouveau vers eux et, tout en continuant de marcher à reculons, elle répondit:

- Je ne vois pas du tout de quoi tu parles!

Mais le clin d'œil qu'elle leur adressa juste avant de leur tourner une nouvelle fois le dos indiquait tout le contraire, ce qui amena les mâchoires de Monroe et Murphy à se décrocher un peu plus.

- Tu es une horrible peste manipulatrice, Griffin! lança ce dernier à l'adresse de son dos.

Clarke laissa échapper un léger rire et lui adressa un signe de la main sans prendre la peine de se retourner ou de ralentir.

Peut-être qu'effectivement, elle avait légèrement manipulé le Dr Lewis. Mais elle savait pertinemment qu'elle n'aurait pas pu faire autrement. Cette femme la détestait tellement qu'elle faisait tout pour faire de sa vie un enfer. Donc Clarke savait pertinemment que si elle avait été la voir en lui demandant de la libérer les prochains jours, le Dr Lewis aurait trouvé le moyen de la garder à l'hôpital malgré «le règlement», juste pour aller à l'encontre de ce qu'elle voulait.

Donc oui, Clarke avait joué de l'aversion de sa résidente à son égard pour obtenir ce qu'elle voulait et elle ne le regrettait pas une seule seconde.

Même si, effectivement, elle allait surement louper énormément d'opérations intéressantes…

Mais il y avait des choses beaucoup plus importantes dans sa vie que le bloc opératoire. Sa petite-amie étant la première.

Ce fut sur cette pensée qu'elle attrapa son portable dans sa poche. Elle le déverrouilla, fit glisser les différents contacts qui s'y trouvaient avant d'appuyer sur le nom qu'elle cherchait et porter le combiné à son oreille. Il ne sonna que deux fois avant que la voix de Raven ne résonne dans son oreille.

- Yo Griffin, salua-t-elle moqueusement. Que me vaut le plaisir?

Le sourire de Clarke s'agrandit un peu plus.

- Ça te tente une petite virée?


Sa mère et Titus, tous les deux assis face à elle dans son bureau, continuaient d'expliquer à Lexa les chiffres qu'ils allaient présenter le lendemain durant le Gala pendant lequel sa nomination devait se faire. Mais elle n'écoutait que la moitié de ce qu'ils disaient, un énorme mal de crâne l'empêchant de leur accorder l'attention qu'elle aurait dû.

- Il y a une chose que je ne comprends pas, déclara Titus en fronçant des sourcils alors qu'il parcourait des yeux le dossier qu'il tenait dans les mains, il est indiqué une nouvelle entrée d'investissement de vingt-cinq millions de dollars de la part du Prince Hakim…

Lexa leva les yeux vers lui et le fixa d'un air complètement apathique.

- Qu'est-ce que vous ne comprenez pas?

- Il doit y avoir une erreur, répondit Titus sans quitter le document des yeux. Le Prince a refusé de signer toutes les propositions que votre père l –

- Il a signé la mienne, l'interrompit Lexa.

Ce qui amena Titus à redresser brusquement la tête pour pouvoir la regarder, et si sa tête ne lui donnait pas l'impression qu'elle allait exploser d'une seconde à l'autre, Lexa aurait surement rigolé face à celle qu'il tirait.

- Je vous demande pardon? prononça-t-il, interloqué.

- J'ai rencontré le Prince lors de ma visite au Qatar la semaine dernière, expliqua Lexa. Nous avons longuement discuté depuis et nous avons réussi à monter un projet financier qui l'intéressait. Il a donc accepté de faire confiance à Woods & Co pour une partie de ses investissements et en fonction des bénéfices qu'il en tirera, il décidera s'il veut investir plus ou non…

Un silence suivit ses explications pendant lequel les deux personnes face à elle la fixaient d'un regard stupéfait.

- Tu es en train de nous dire qu'en seulement une semaine, tu as réussi à convaincre un des plus grands hommes d'affaire du Proche et Moyen-Orient de faire affaire avec Woods & Co alors que jusqu'à maintenant il avait toujours refusé? questionna Mme Woods.

- Je n'ai fait que lui offrir ce qu'il voulait… lui répondit stoïquement Lexa.

Mais les deux personnes face à elle ne semblaient pas du même avis car ils échangèrent à nouveau un regard incrédule qui eut le don de l'agacer avant de reporter son attention sur elle.

- Tu ne sembles pas réaliser ce que tu viens d'accomplir, lui dit sa mère. Avec ce deal, il y a de grandes chances qu'on arrive à sauvegarder une majorité des postes qui était en danger…

Comme si je ne le savais pas, pensa Lexa. Mais elle se retint de le dire et se contenta d'acquiescer.

- Sans compter le fait qu'il tombe parfaitement, ajouta Titus. Avec le Conseil se réunissant demain pour votre nomination définitive, il n'y a aucun doute que les actionnaires seront de votre côté. Ils ne discuteront plus jamais votre légitimité…

Le regard de Lexa passa de Titus à sa mère qui la fixait de son air toujours perplexe.

Elle était impressionnée et ça, Lexa le voyait parfaitement. Quelques mois plus tôt, elle aurait donné n'importe quoi pour voir ce regard dans les yeux de sa mère. Cette vision l'aurait faite planer de fierté. Mais aujourd'hui, alors qu'elle continuait de regarder la personne qui l'avait mise au monde, la personne de qui elle avait attendu l'approbation presque toute sa vie, elle réalisait qu'elle n'en avait plus rien à faire…

Durant tout le mois qui venait de s'écouler, elle avait voyagé aux quatre coins du monde, avait rencontré les plus grands, les personnes les plus influentes de la planète, avait pris des décisions digne de ceux qui détenaient le plus de pouvoir et elle n'en avait eu strictement rien à faire…

La seule chose qui l'avait concernée avait été de faire son travail. Et c'était exactement ce qu'elle avait fait. Elle avait travaillé. D'arrache-pied.

Pour sauver les milliers d'emplois qui étaient menacés. Pour être assez prise au sérieux pour y arriver. Par la presse, par les actionnaires, par ses employés. Par les personnes qui se trouvaient face à elle en cet instant précis.

Elle avait fait ce qu'on attendait d'elle, ce pourquoi elle avait accepté de remplacer son père. Sans orgueil, sans soif de pouvoir, sans chercher de gain personnel. Et c'était peut-être pour ça qu'elle avait si bien réussi…

Tout le monde pensait que si elle s'investissait autant, c'était par orgueil, pour faire ses preuves, pour montrer qu'elle était digne d'être le nouveau Commandant. Et peut-être qu'une partie d'elle le faisait pour ça.

Mais elle était infime, complètement dérisoire…

Lexa était là parce qu'il le fallait, parce que c'était son devoir et qu'elle n'avait pas d'autre choix que de l'accepter. Et peut-être que Costia avait raison, peut-être qu'elle était en train de se tuer à la tâche. Mais elle n'avait pas le choix. Parce que lorsqu'elle ralentissait, lorsqu'elle se retrouvait avec elle-même, ses pensées dérivaient immédiatement vers de magnifiques yeux bleus, vers des cheveux blonds dans laquelle elle adorait enfouir son visage, vers une peau douce qu'elle ne se lassait pas de parcourir avec ses doigts ou sa bouche, vers un sourire angélique qui avait le don de déployer une multitude de papillon au creux de sa poitrine.

Et c'était juste… douloureux.

Penser à Clarke était douloureux.

Être loin d'elle était douloureux.

Plus douloureux que le stress de son travail. Plus douloureux qu'une fatigue prononcée.

Plus douloureux qu'un manque de sommeil.

Et pourtant, elle essayait de dormir. Chaque nuit, elle tentait de lutter contre ses insomnies. Mais, chaque nuit, elle se retrouvait à compter celles qui s'étaient écoulées depuis la dernière véritable nuit de sommeil qu'elle avait eue. Un jour sans Clarke s'était transformé en une semaine, puis deux et trois, et le temps passé n'y changeait rien.

Que ce soit dans le lit de la suite d'hôtel qu'elle occupait depuis qu'elle était à Los Angeles ou sur le canapé de ce bureau, chaque soir, elle se retrouvait à contempler le plafond au-dessus d'elle, les yeux grands ouverts, à penser à Clarke. Au manque douloureux qu'elle ressentait lorsqu'elle se remémorait la sensation de son corps contre le sien, de son parfum, du son de sa respiration.

Quelques fois, si elle était chanceuse, elle finissait par s'endormir. Deux à trois heures. Les autres fois, elle attendait, pensait, se remémorait. Jusqu'à ce que le manque devienne insupportable et qu'elle ne puisse rien faire d'autre pour y lutter que de se lever et de s'obliger à penser à autre chose.

Donc oui, peut-être qu'elle avait réussi à obtenir un deal qui ferait gagner des millions à l'entreprise, peut-être qu'elle avait réussi à prouver sa légitimité, peut-être qu'elle avait enfin réussi à impressionner sa mère, mais aucune de ces choses n'avaient de véritable valeur lorsqu'elle se trimballait avec un trou béant en plein milieu de la poitrine…

Son manque de réaction amena Mme Woods et Titus à échanger un nouveau regard avant que ce dernier ne s'éclaircisse la gorge et dise:

- Je vais m'assurer que l'information soit connue de tout le monde avant demain…

Lexa se contenta de lui répondre par un acquiescement qui sembla lui suffire pour prendre congés. Elle le regarda se lever de son siège, attraper la multitude de dossiers qu'il avait apportée avec lui et, après un dernier salut respectueux de la tête, quitter le bureau.

Un léger silence suivit son départ pendant lequel Lexa fit mine de se concentrer sur l'écran de son ordinateur en attendant que sa mère s'en aille également. Mais cette dernière ne bougea pas de sa place et continua de la regarder, ce qui l'obligea à reporter son attention sur elle.

- Je pense qu'on a fait le tour de tout, lui dit Lexa, lui indiquant implicitement qu'elle n'avait plus aucune raison de rester.

Mais Mme Woods ne lui répondit pas et continua de l'observer longuement, donnant l'impression de l'étudier. Lexa se sentit de plus en plus mal-à-l'aise face à son regard scrutateur mais elle le masqua tant bien que mal et maintint son regard.

Depuis le jour où elle avait dit à sa mère qu'elle ne voulait plus rien avoir à faire avec elle, Lexa avait tenu parole. Elle l'avait évitée le plus possible, ne la voyant que dans le cadre du travail ou pour régler la succession de son père. Même si, à plusieurs reprises, elle s'en était sentie coupable, même si, à plusieurs reprises, elle s'était surprise à vouloir lui demander comment elle allait, comment elle tenait le coup, elle s'en était retenue. Sa rancœur continuait de surpasser sa culpabilité et elle n'était pas sûre qu'un jour, il en serait autrement.

Elle en voulait à sa mère et elle n'arriverait surement jamais à y passer outre.

- Tu as l'air fatiguée, finit par dire Mme Woods.

Et si elle ne connaissait pas un tant soit peu sa mère, Lexa aurait pu jurer déceler une pointe d'inquiétude dans sa voix.

- Rassure-toi, je serais prête et en forme pour faire face au Gala de demain, assura-t-elle en reportant son attention sur son ordinateur.

- Ce n'était pas ce que je voulais dire, répondit Mme Woods.

Lexa ne répondit pas et continua de taper sur son clavier, amenant sa mère à pousser un soupir capitulard.

- Je te laisse retourner à ton travail, lui dit-elle en se redressant de son siège.

Lexa garda son regard ancré sur son ordinateur, la voyant du coin de l'œil se diriger vers la porte du bureau. Ce ne fut que lorsqu'elle quitta la pièce et qu'elle referma la porte derrière elle que Lexa daigna lever les yeux. Elle abandonna ses faux semblants et se laissa aller contre le dossier de son fauteuil en poussant un profond soupir. Elle ferma les yeux puis, après de longues secondes à tenter de se vider assez l'esprit pour se reconcentrer sur son travail, elle abandonna. Elle se redressa de son siège et s'avança lentement jusqu'à la petite table qui se trouvait entre les deux canapés et sur laquelle était posé une carafe de bourbon. Elle l'attrapa d'une main légèrement tremblante, s'en versa une quantité généreuse dans un des verres qui se trouvaient à côté et en but plusieurs gorgées d'une seule traite. La sensation de brulure dans sa gorge l'amena à grimacer légèrement mais elle se sentit tout de suite beaucoup plus détendue. Elle prit donc une nouvelle gorgée, beaucoup plus lentement cette fois-ci, et, son verre toujours à la main, revint jusqu'à son bureau.

Cependant, au lieu de retrouver sa place face à son ordinateur et d'essayer de se remettre au travail, elle se posta devant le mur de verre qui se trouvait derrière et observa la vue majestueuse de Los Angeles qui s'offrait à elle. Et pour la énième fois de la journée, ses pensées dérivèrent à des milliers de kilomètres de là où elle se trouvait.

Quatre milles plus précisément.

À New-York. Là où se trouvait sa petite-amie.

Lexa se demanda vaguement ce qu'elle pouvait bien faire en cet instant précis. Elle savait qu'elle était à l'hôpital, c'était ce qu'elle lui avait dit le matin-même au téléphone. Et elle avait surement ses deux mains plongées dans les entrailles de quelqu'un.

Cette pensée l'amena à esquisser un mince sourire. Sourire qui disparut presque immédiatement lorsque son amusement finit par se transformer en l'habituelle affliction qu'elle ressentait à chaque fois qu'elle pensait à Clarke et elle se demanda combien de temps allait encore s'écouler avant qu'elle ne la revoit.

Combien de temps allait-elle encore tenir?


À plusieurs mètres de là, derrière son bureau, Costia était occupée à écrire un des nombreux mails qui lui restait à envoyer avant la fin de la journée. Son regard passait de son écran à son clavier d'ordinateur sur lequel elle tapait frénétiquement. Lorsqu'elle entendit le gong de l'ascenseur résonner et une personne en sortir, elle jeta un coup d'œil rapide dans sa direction sans réellement y prêter la moindre attention et se reconcentra sur son travail. Mais aussitôt que ses yeux se reposèrent sur son écran, elle les reporta brusquement sur la nouvelle arrivante et se retrouva à les écarquiller de surprise. Parce que, devant elle, se tenait personne d'autre que –

- Cl – Clarke? prononça-t-elle en se redressant brutalement de son siège.

Elle ne rêvait pas, la personne qui venait d'arriver n'était personne d'autre que la petite-amie de sa patronne.

La nommée, qui jusque-là était occupée à regarder autour d'elle d'un œil impressionné, se tourna vers elle, faisant ainsi légèrement voleter la jupe qu'elle portait, et lui adressa un grand sourire.

- Bonjour Costia, la salua-t-elle joyeusement.

D'un air complètement incrédule, Costia la regarda s'avancer dans sa direction et secoua la tête pour retrouver ses esprits.

- Qu – qu'est-ce que tu fais là?

- Je viens m'assurer que ma petite-amie prenne le temps de se reposer, répondit Clarke avec un sourire enjoué. Ce n'est pas pour ça que tu m'as appelé?

Elle prononça sa dernière phrase d'un ton taquin mais Costia, toujours sous le choc, n'y prêta pas la moindre attention et continua de la fixer comme si elle avait deux têtes.

- Quand tu m'as dit que tu t'en occupais, j'avais plus en tête un coup de téléphone, déclara-t-elle.

Ce qui fit rire Clarke qui secoua la tête mais ne dit rien. Et face à son manque de contestation, Costia lui demanda d'une voix perplexe:

- Tu es réellement venue de New-York parce que je t'ai appelée?

Clarke perdit légèrement son sourire lui répondit par un acquiescement.

- Je m'inquiète vraiment pour elle, expliqua-t-elle d'un ton beaucoup plus sérieux. Et un appel n'aurait pas suffi à me rassurer, surtout après tout ce que tu m'as dit et – et j'avais prévu d'attendre ce soir avant de venir la voir mais je n'ai pas réussi à patienter…

Un grognement s'échappa de la bouche de Costia qui posa une main sur son visage d'un geste exaspéré.

- Elle va me tuer…

- Je suis sûre que non, répondit Clarke dans un rire.

Elle s'arrêta peu à peu de rire et, avec un sourire beaucoup plus doux, elle posa une main sur l'avant-bras de Costia et le serra d'un geste reconnaissant avant de le lâcher.

- Tu es une très bonne amie Costia et – je n'aurais jamais pensé dire ça un jour – mais je suis contente que Lexa t'ait auprès d'elle…

Costia laissa échapper un rire à son tour avant d'acquiescer humblement et souffler un « merci ». Elles restèrent à se regarder silencieusement pendant de longues secondes, ayant du mal à réaliser toutes les deux le chemin qu'elles avaient parcouru depuis la première fois qu'elles s'étaient rencontrées. Clarke adressa un nouveau sourire à Costia avant de s'éclaircir légèrement la gorge et porter son regard sur la double porte qu'elle supposait mener au bureau de Lexa.

- Elle est disponible? questionna-t-elle. Je peux revenir plus tard sinon, je ne veux surtout pas la déranger…

- Elle est toute seule pour l'instant, rassura Costia. En réalité, tu as loupé Mme Woods de peu…

- Quelle tristesse, répondit sarcastiquement Clarke.

Elle regarda Costia rigoler de nouveau et ne put s'empêcher de sourire également. Il fallait croire qu'elle n'était pas la seule à ne pas porter la matriarche Woods dans son cœur.

- Je vais t'accompagner, lui dit Costia en lui faisant un signe de tête en direction du bureau.

Clarke esquissa un mince sourire et se contenta de lui répondre un simple « merci » avant de la suivre, sentant tout de suite son cœur s'emballer un peu plus à chaque pas qu'elle faisait.

Après un mois de séparation, elle allait enfin retrouver sa petite-amie. Elle allait enfin pouvoir la voir, la toucher et, même si elle le savait depuis qu'elle avait quitté l'hôpital le matin même, qu'elle était rentrée à leur appartement pour préparer son sac et qu'elle avait pris le premier avion pour Los Angeles, elle ne semblait le réaliser pleinement qu'en cet instant précis alors qu'elle se trouvait à seulement quelques mètres de Lexa.

Elle prit une profonde inspiration et tritura nerveusement ses mains tandis que Costia donnait quelques coups contre la porte. La voix familière de Lexa lança un « entrez », amenant son cœur à faire un nouveau soubresaut dans sa poitrine. Et, lorsque Costia ouvrit les portes pour s'avancer à l'intérieur, elle se retrouva le souffle coupé.

Parce que Lexa était là.

Vêtue d'une de ses tenues professionnelles qui avaient le don de la rendre dingue et qui aujourd'hui se composait d'une chemise bleue ciel, d'un pantalon marine qui dessinait parfaitement les courbes de ses jambes, elle leur tournait le dos et se trouvait debout face à l'extérieur. Une de ses mains tenait un verre et l'autre était refermé en poing le long de son corps.

- Lexa? prononça Costia. Il y a quelqu'un qui souhaiterait te voir…

Elle vit les épaules de Lexa s'affaisser et l'entendit pousser un soupir avant de hocher imperceptiblement la tête de gauche à droite sans pour autant se retourner.

- Pas maintenant…

- Lex –

- Qui que ce soit, l'interrompit Lexa sans quitter la vue devant elle des yeux, ça attendra…

Légèrement exaspérée, Costia se tourna vers Clarke pour lui demander du regard un peu d'aide. Mais cette dernière avait les yeux braqués sur Lexa et donnait l'impression d'avoir complètement oublié tout le reste, ce qui arracha à Costia un rire malgré elle.

- Je ne pense vraiment pas que tu veuilles attendre…

Fronçant des sourcils, Lexa se décida enfin à se tourner vers elle.

- De qu –

Elle s'interrompit brusquement lorsque son regard se posa sur Clarke. Les traits de son visage s'adoucirent immédiatement et elle se retrouva à la fixer avec un regard où l'ahurissement et la tendresse se mélangeaient parfaitement.

- Clarke… prononça-t-elle dans un souffle.

Et il n'en fallut pas plus à la nommée pour esquisser un énorme sourire éblouissant.

- Hey… lui dit-elle doucement avec un petit signe timide de la main.

Lexa ne répondit pas et pendant de longues secondes, elles ne dirent rien, ne bougèrent pas et continuèrent à se regarder. Le regard de Costia passa de l'une à l'autre et elle commença à se sentir légèrement mal à l'aise. Elles ne se parlaient pas, ne se touchaient pas, elles étaient même à plusieurs mètres l'une de l'autre et pourtant, elle avait l'impression de s'immiscer dans un moment des plus intimes.

La manière qu'elles avaient de se regarder… C'était comme si le reste du monde avait cessé d'exister dès le moment où elles s'étaient retrouvées. Et Costia se retrouva à se demander si un jour elle allait connaitre un amour identique. Un amour aussi pur, aussi intense.

S'agissait-il de Niylah? La regarderait-elle un jour comme Lexa était en train de regarder Clarke en cet instant? Comme si l'univers tout entier gravitait autour d'elle?

Elle ne savait pas, elle n'en était pas sûre et elle se demandait si ce n'était pas une réponse en soit…

- Je vais vous laisser, finit-elle par dire après s'être éclaircit dramatiquement la voix. Je garde tes visites et tes appels en standby Lexa, ajouta-t-elle à l'adresse de sa patronne, quelque chose me dit que tu vas être occupée…

Elle ne reçut aucune réponse de la part de sa patronne qui continuait de regarder Clarke comme si elle était un rêve et elle se demanda si elle l'avait écoutée. Elle secoua la tête d'un geste excédé et laissa échapper un rire en tournant sur ses talons pour sortir du bureau.

Ce fut le bruit de la porte se refermant derrière elle qui sortit Clarke de sa torpeur. Elle cligna des yeux et retrouva immédiatement sa nervosité lorsqu'elle remarqua que Lexa n'avait toujours rien dit. Cette dernière était trop occupée à la fixer de haut en bas, dessinant de ses yeux chaque centimètre de son corps, de ses jolies boucles blondes qui lui retombaient sur les épaules à ses pieds qui étaient enfermés dans des chaussures à talons plus que sexy. Elle portait un adorable chemisier blanc dont le col retombait sur ses clavicules et une somptueuse jupe rouge bordeaux qui s'arrêtait au-dessus des genoux et qui donnait envie de faire parcourir ses mains tout le long de ses jambes.

- Je sais que j'aurais dû te prévenir avant d'arriver ici comme je l'ai fait, prononça doucement Clarke, mais je savais que tu tenterais de m'en dissuader et – et j'étais vraiment inquiète et je voulais vraiment te voir et –

Elle s'interrompit et laissa ses épaules s'affaisser face au silence qui continuait à se prolonger. Finalement, peut-être qu'elle aurait dû s'en tenir à son plan initial et attendre d'être sûre que Lexa était libre de ses obligations avant de chercher à la voir. Après tout, même si elle voulait vraiment s'assurer qu'elle lève le pied, elle ne pouvait pas débarquer sur son lieu de travail comme bon lui semblait et exiger son attention. Et elle le savait pertinemment.

Mais, dès lors qu'elle avait mis les pieds sur le sol de Los Angeles, elle avait oublié toute raison. Elle avait tout abandonné, ses bagages, ses amies, ses parents, pour venir directement ici et elle ne semblait le réaliser qu'en cet instant précis alors que Lexa continuait à la fixer d'un regard qu'elle n'arrivait pas à déchiffrer.

- Tu es beaucoup fâchée? questionna-t-elle en se mordant nerveusement la lèvre. Lex?

Ce ne fut que lorsqu'elle entendit son prénom que Lexa sortit à son tour de sa léthargie. Elle redressa brusquement la tête et, sans prononcer le moindre mot, posa le verre qu'elle tenait sur le bureau avant de combler les quelques mètres qui les séparaient pour glisser ses bras autour de sa taille tout en enfouissant son visage dans sa nuque.

Clarke laissa échapper un léger rire en lui enlaçant la nuque et elle se retrouva à pousser un soupir de bien-être alors que Lexa la serrait un peu plus contre elle.

- Clarke… prononça cette dernière d'un ton plein d'adoration en frôlant sa peau avec son nez.

- Hey… répéta Clarke pour la seconde fois.

Elle sentit un sourire se dessiner contre sa peau avant que Lexa ne recule son visage pour pouvoir la regarder.

- Hey… répondit-elle à son tour.

Et effectivement un magnifique sourire illuminait son visage. Mais l'attention de Clarke fut rapidement attirée par la fatigue qu'il affichait. Elle retira ses mains de la nuque de Lexa et les fit remonter jusqu'à son visage où elle caressa du bout des doigts les cernes qui se trouvaient en dessous de ses yeux. Cependant, elle n'eut pas le temps de s'y attarder car Lexa se pencha vers elle pour capturer vélocement ses lèvres dans un baiser passionné qui lui donna l'impression qu'elle se consumait sur place. La première chose qu'elle réalisa c'était que ses lèvres avaient le goût du whisky. Mais cette pensée se volatilisa très rapidement et elle se perdit complètement dans l'étreinte. Elle n'avait pas eu les lèvres de Lexa contre les siennes depuis très longtemps, trop longtemps. Et beaucoup trop tôt à son goût, elles se retrouvèrent de nouveau séparées.

- Qu'est-ce que tu fais là? lui demanda Lexa.

Clarke ouvrit la bouche pour répondre mais elle ne lui en laissa pas l'opportunité et l'embrassa de nouveau passionnément, lui arrachant ainsi un gémissement. Elle posa ensuite un baiser sur sa joue puis sa mâchoire et son cou, lui donnant l'impression de vouloir l'embrasser partout à la fois. Clarke ferma les yeux lorsqu'elle sentit ses lèvres puis son nez lui caresser la nuque.

- Bon sang, même ton parfum m'a manqué, marmonna Lexa en prenant une profonde inspiration.

Clarke s'apprêtait à répondre mais se retrouva une nouvelle fois interrompue par la bouche de Lexa qui l'embrassa de façon beaucoup plus urgente cette fois-ci. Et lorsque Clarke étouffa un gémissement contre ses lèvres, Lexa perdit le peu de contrôle qui lui restait.

Depuis le moment où elle s'était tournée pour la trouver face à elle, elle avait l'impression de s'être retrouvée plongée dans une transe. Une transe où la seule et unique chose dont elle avait conscience, c'était Clarke.

Juste Clarke.

Plus elle la sentait contre elle, plus elle goutait à ses lèvres, à sa peau, plus elle la touchait, plus la douleur au creux de sa poitrine disparaissait. Un mois était passé depuis qu'elle avait vu Clarke et c'était la première fois depuis tout ce temps qu'elle avait l'impression de réellement respirer.

Alors elle laissa parler son euphorie et continua de l'embrasser désespérément.

- Lexa… souffla Clarke d'une voix haletante.

La tendresse et le désir avec lequel elle prononça son prénom ne fit que décupler la ferveur que Lexa ressentait. Sans réellement se rendre compte de ce qu'elle faisait et sans quitter une seule seconde ses lèvres, elle glissa ses bras en dessous des hanches de Clarke et la souleva. Clarke entoura immédiatement ses jambes autour de sa taille et resserra son étreinte sur sa nuque. Lexa les fit avancer aveuglément et ce ne fut que lorsque le dos de Clarke heurta la porte du bureau qu'elle rompit leur baiser. Mais elle ne le fit que pour pouvoir faire descendre ses lèvres le long de sa nuque et lui embrasser le haut de sa poitrine. Clarke se cambra immédiatement face à la sensation et laissa échapper un nouveau gémissement qui s'accentua lorsque Lexa lui agrippa un peu plus les fesses en dessous de sa jupe pour la coller un peu plus à elle.

- Lexa… prononça-t-elle dans un rythme saccadé. Lex… il faut qu'on… ralentisse…

Lexa secoua la tête de gauche à droite et continua d'embrasser chaque partie de son corps que ses lèvres pouvaient atteindre.

- Quelqu'un va nous entendre, tenta de raisonner Clarke.

- M'en fiche, grommela Lexa en faisant remonter ses lèvres jusqu'à sa nuque.

Elle la lui mordilla délicatement et appuya son pelvis un peu plus contre son entrejambe tout en l'attirant un peu plus contre elle par les hanches pour augmenter la pression, l'amenant ainsi à étouffer un grognement.

- Lexa… répéta Clarke, cette fois-ci d'un ton où la mise en garde était décelable.

Elle sentit les lèvres de Lexa s'immobiliser avant que cette dernière n'éloigne son visage de sa nuque pour pouvoir la regarder.

- Clarke… souffla-t-elle. S'il te plait…

L'intensité avec laquelle ces magnifiques yeux verts la fixaient fit croître la chaleur dans son bas ventre jusqu'à en devenir presque douloureuse. Mais ce fut ce qui se cachait derrière qui amena Clarke à oublier le peu de réticence qui lui restait. Ce mélange de tendresse, d'amour et surtout de vulnérabilité avec laquelle Lexa la regardait lui montrait clairement que sa requête allait au-delà de l'envie. Elle avait besoin de la sentir et au vu de la réaction de son propre corps, Clarke avait pleinement conscience que c'était réciproque.

Alors, elle fit glisser ses doigts le long de l'arrière de la nuque à Lexa jusqu'à ce qu'ils se retrouvent dans ses cheveux et posa son front contre le sien avant d'acquiescer imperceptiblement, amenant leurs nez à se frôler légèrement.

Lexa laissa échapper un petit souffle saccadé avant de combler de nouveau la distance entre leurs lèvres. Elle y posa un baiser beaucoup plus soft, beaucoup plus tendre que le précédent puis vint enfouir son visage dans sa nuque. Elle relâcha une des jambes de Clarke qui vint se refixer au sol et, tout en maintenant l'autre fermement contre elle, elle ramena dans une caresse sa main libre jusqu'à sa culotte qu'elle décala lentement pour y glisser ses doigts. Clarke rejeta sa tête en arrière lorsqu'elle entra en contact avec son sexe et se cogna brutalement. Mais elle ne ressentit aucune douleur, elle avait l'impression que chaque nerf qui composait son corps s'étaient concentrés à l'endroit où les doigts de Lexa se trouvait.

Cette dernière s'immobilisa et redressa la tête pour lui adresser un regard inquiet.

- Ça va… tenta de rassurer Clarke dans un râle. Juste… continue…

Lexa esquissa un léger sourire et après un petit «okay», elle l'embrassa à pleine bouche tout en accentuant la pression de ses doigts qu'elle fit descendre jusqu'à sa fente. Puis, sans grande difficulté, elle la pénétra.

Clarke se retrouva à étouffer un grognement contre sa bouche et resserra un peu plus ses bras autour de sa nuque, ses jambes lui donnant l'impression de s'être transformées en gelés, ce qui ne fit qu'encourager un peu plus Lexa qui commença un va et vient dont elle augmenta rapidement le rythme.

C'était rapide, brut, intense.

Et il ne fallut pas longtemps à Clarke pour atteindre le summum de son plaisir.

Lexa la regarda se tendre et fermer les yeux tandis qu'un cri silencieux quittait ses lèvres et cette simple vision lui donna l'impression qu'elle-même avait été frappée par l'extase.

Elle sentit le corps de Clarke se détendre complètement contre elle ce qui l'amena à la coller un peu plus contre la porte. Puis, d'un mouvement plein de délicatesse, elle lâcha son autre jambe et retira ses doigts avant de poser ses deux mains de part et d'autre d'elle. Clarke laissa retomber sa tête contre son épaule et prit une profonde inspiration.

- Je crois bien que tu viens de me tuer, grommela-t-elle d'une voix étouffée.

- Je ne t'ai pas fait mal? demanda Lexa, tout de suite beaucoup plus soucieuse.

Ce qui eut le don de faire rire Clarke qui fit remontrer son nez le long de son épaule pour l'enfouir dans sa nuque et y poser un petit baiser. Elles étaient ensemble depuis de nombreux mois et pourtant, elle continuait de trouver surprenant que Lexa puisse lui faire l'amour de manière presque primitive et redevenir douce et attentionnée la seconde d'après.

- Non mon amour, rassura-t-elle. Tu sais très bien qu'il m'en faut plus…

Lexa laissa échapper un léger rire et posa un baiser sur sa tempe.

- Tu vas enfin me dire ce que tu fais là? questionna-t-elle.

- J'allais le faire mais tu ne m'en as pas vraiment laissé l'opportunité, répondit Clarke contre sa nuque.

Elle sentit la vibration du rire de Lexa contre elle et se retrouva à soupirer de contentement.

- J'aimerais te dire que j'en suis désolée mais ce serait te mentir…

Clarke esquissa un sourire à son tour avant de lui mordiller la nuque d'un geste joueur. Lexa posa un nouveau baiser sur sa tête en signe de réponse puis esquissa un geste pour s'éloigner. Mais Clarke resserra immédiatement son étreinte autour d'elle en secouant la tête de gauche à droite.

- Attend, lui intima-t-elle doucement, laisse-moi retrouver l'usage de mes jambes…

Un nouveau rire s'échappa de la bouche de Lexa, amenant Clarke à redresser la tête pour la regarder. Elle affichait un sourire et un regard goguenard qui réussirent à créer malgré elle une vague de bonheur au creux de sa poitrine. C'était juste fou à quel point elle avait pu lui manquer. Peut-être que quatre semaines ne représentaient pas une grande période pour beaucoup mais, pour elle, après avoir passé tous ces mois sans être séparée de Lexa plus de vingt-quatre heures, elle avait l'impression qu'il s'agissait d'une éternité et elle était vraiment heureuse de la retrouver enfin. Elle se pencha donc vers elle et l'embrassa doucement du bout des lèvres.

- Inutile de fanfaronner, murmura-t-elle.

- Jamais, répondit Lexa dont le sourire la contredisait clairement. D'ailleurs, j'ai même une idée…

Elle fit passer une main sur son visage pour lui remettre les cheveux qui étaient tombés devant ses yeux en arrière puis, avant que Clarke ne réalise ce qu'il se passait, elle glissa de nouveau ses mains sous ses hanches et la porta sans prévenir, lui arrachant ainsi un petit cri de surprise. Elle s'avança ensuite jusqu'aux deux canapés qui se faisaient face et l'allongea sur l'un d'entre eux avant de se glisser entre ses jambes et venir s'étendre sur elle. Lorsqu'elle posa sa tête sur la poitrine de Clarke, elle ne put s'empêcher de pousser un grognement de bien-être, lui arrachant ainsi un petit rire. Elle esquissa un léger sourire à l'entente du son mais ne trouva pas la force de bouger ou dire quoi que ce soit.

Il lui restait énormément de travail à faire. Elle avait encore plusieurs meetings à honorer avant la fin de la journée et elle savait qu'elle n'avait pas de temps à perdre, surtout avec la Gala qui se préparait pour le lendemain. Mais là, maintenant, elle s'en fichait. Complètement.

Dès le moment où Clarke était entrée dans son bureau, elle avait occultée tout le reste et au vu de la sérénité qu'elle ressentait en se trouvant dans ses bras, elle n'était pas prête à retrouver la réalité. Elle se sentait calme et extenuée et était persuadée qu'il lui suffirait de quelques secondes à écouter le cœur de Clarke battre contre son oreille pour s'endormir.

Clarke glissa une main dans ses cheveux et commença à les caresser distraitement en regardant autour d'elle d'un air curieux.

- C'est donc ça le bureau du Commandant? demanda-t-elle.

Lexa redressa la tête à l'entente de la question. Elle jeta un coup d'œil autour d'elle avant de poser son menton sur Clarke et la regarder.

- Yep… répondit-elle dans un murmure.

Clarke reporta son regard sur elle et esquissa un sourire.

- Un peu austère, non?

- C'était le bureau de mon père je te rappelle, répondit Lexa. Des fois, j'ai l'impression que ça l'est toujours…

- Ça ne t'a pas empêché de me faire ce que tu viens de me faire contre la porte, rétorqua Clarke en coinçant sa langue entre ses dents d'un petit air taquin.

Lexa rigola avant de soupirer de nouveau sans la quitter du regard. Clarke perdit petit à petit son sourire taquin pour se vêtir d'une expression beaucoup plus soft, beaucoup plus douce. Elle fit remonter une de ses mains jusqu'au visage de Lexa et le lui caressa du bout des doigts, les faisant passer tout doucement sur chaque centimètre qui le composait... Lexa se retrouva à fermer les yeux malgré elle. La tendresse avec laquelle elle la touchait avait le don de causer en elle une multitude d'émotions qu'elle n'était pas sûre de pouvoir expliquer.

- Tu es vraiment là hein? demanda-t-elle doucement. Je ne suis pas en train de rêver…

La question créa une boule d'émotion dans la gorge de Clarke qui dû déglutir plusieurs fois pour pouvoir répondre.

- Je suis là, assura-t-elle dans un tremblement de voix.

- J'ai pensé à ce moment chaque seconde du mois qui vient de passer...

- Moi aussi…

Clarke suivit le mouvement de ses doigts avec ses yeux et les regarda caresser les lèvres entrouvertes de Lexa. Et elle n'avait qu'une envie, c'était de les sentir de nouveau contre les siennes. Ce qui semblait être également le cas de Lexa car elle se redressa légèrement sur ses mains et rapprocha son visage du sien jusqu'à ce que leurs bouches se retrouvent. Elle l'embrassa lentement, tendrement, ses lèvres traitant les siennes avec révérence, comme si elles étaient la chose la plus précieuse au monde. Puis, lorsque le souffle lui manqua, elle rompit le baiser avec réticence, prit une inspiration saccadée et après un dernier petit bisou, elle posa le côté de sa tête sur l'épaule de Clarke et enfouit son visage dans sa nuque en fermant les yeux. Le geste amena le cœur de Clarke à s'arrêter momentanément. Parce qu'il était plein de vulnérabilité, plein de fragilité et qu'il s'agissait de deux mots qu'elle n'associait que très rarement à Lexa. Alors elle fit glisser ses bras autour de son corps et la serra contre elle d'un geste protecteur, ce qui sembla être exactement ce que voulait Lexa qui laissa échapper un profond soupir.

- S'il te plait dis-moi que tu n'as pas abandonné l'hôpital pour venir, murmura-t-elle.

Elle lui avait parlé le matin même et Clarke lui avait dit que son service ne se terminait que le lendemain. C'était donc la seule explication qu'elle pouvait trouver à son arrivé soudaine.

Ce que démenti immédiatement Clarke.

- Nope, lui répondit-elle. Le Dr Lewis m'a renvoyé chez moi jusqu'à lundi parce que j'avais dépassé mon quota d'heures pour la semaine.

Lexa redressa la tête pour la fixer et lui adressa un regard sceptique.

- Je t'assure que c'est vrai! jura Clarke.

- À trois jours de la fin de la semaine? rétorqua Lexa.

- Que veux-tu, je suis douée.

Lexa continua de la regarder d'un air douteux et elle se retrouva à lui adresser un sourire crispé, tentant tant bien que mal d'essayer de faire taire la culpabilité qui ne cessait de croître en elle.

Mais elle ne pouvait pas dire la vérité à Lexa. Du moins, pas maintenant… Elle savait que si elle lui disait qu'elle était venue parce que Costia l'avait appelée et qu'elle s'inquiétait pour elle, elle se braquerait immédiatement. Et, pour l'instant, elle voulait juste profiter de leurs retrouvailles avant que Lexa ne soit obligée de se remettre au travail.

Ce qu'elle ne semblait d'ailleurs pas pressée de faire...

- En plus de ça, je ne suis pas la seule à être venue, informa-t-elle dans une volonté évidente de détourner légèrement le sujet. Raven, O et Anya sont là aussi, ajouta-t-elle lorsqu'elle vit la curiosité qu'affichait le regard de Lexa.

- Sérieusement? demanda cette dernière avec un grand sourire.

- Oui, elles ne voulaient surtout pas louper ton couronnement de demain, railla Clarke.

Ou plutôt, elles s'étaient également inquiétées pour elle lorsque Clarke les avait appelées pour les informer de l'appel de Costia et de son intention de venir à Los Angeles et avaient immédiatement décidé de la suivre.

Mais là aussi, Clarke garda la vérité pour elle et lui adressa un nouveau sourire taquin.

Lexa grogna avant de laisser retomber sa tête et d'enfouir de nouveau son nez dans la nuque de Clarke.

- Où est-ce qu'elles sont?

- Avec mes parents. Je – hum – disons qu'elles n'avaient pas vraiment envie d'assister à nos retrouvailles…

- Je peux comprendre pourquoi, répondit Lexa dans un petit rire.

Elle sentit Clarke rigoler également et esquissa un sourire en fermant de nouveau les yeux. Un nouveau silence s'installa pendant lequel Lexa se retrouva à lutter de plus en plus pour rester éveillée. La sensation du corps de Clarke en dessous d'elle, de ses bras autour d'elle, de sa main dans ses cheveux et de son parfum qui remplissait parfaitement ses poumons, elle avait l'impression qu'elle avait atteint la quiétude absolue et elle n'avait aucune envie de la quitter.

Clarke, elle, se demandait si son cœur allait finir par retrouver un rythme normal. Elle le sentait battre contre sa poitrine à une allure folle et il n'avait pas l'air de vouloir ralentir. Elle savait qu'il ne ralentirait pas, du moins pas tant qu'elle aurait Lexa contre elle, et elle n'en avait aucune envie. Il s'agissait surement de la sensation la plus exaltante qui lui était arrivé de ressentir.

Alors elle laissa sa tête aller contre celle de Lexa et continua de faire parcourir ses doigts dans ses cheveux de la manière que sa petite-amie adorait. Cependant, le bruit d'une vibration de téléphone incessante retentissant quelque part dans la pièce la sortit de sa bulle et elle se souvint de l'endroit où elle se trouvait.

Elle était dans le bureau de Lexa en plein milieu d'un vendredi après-midi. Lexa, qui était désormais la PDG d'une des plus grandes entreprises au monde. Lexa, qui avait surement des milliers de choses à faire.

Clarke tourna légèrement son poignet où se trouvait sa montre et réalisa qu'une vingtaine de minutes étaient déjà passées depuis qu'elle était arrivée.

- Je devrais peut-être te laisser retourner au travail, déclara-t-elle doucement.

Elle sentit Lexa secouer légèrement la tête contre elle avant de répondre d'une voix paresseuse:

- Encore quelques minutes…

Clarke hésita mais finit par répondre un petit «okay…» avant de décaler légèrement sa tête pour pouvoir poser un baiser sur le front de Lexa. Et, lorsque quelques minutes plus tard, elle réalisa que cette dernière avait fini par s'endormir, elle ne trouva pas la force de la réveiller.

Au contraire, elle se retrouva à prier pour que Costia réussisse à gérer assez longtemps sans qu'elles ne soient interrompues.

Parce que Lexa, sa Lexa, celle pour qui elle continuait à s'inquiéter considérablement, se reposait enfin et elle n'avait aucune intention de l'en priver.

Le reste pouvait très bien attendre…


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Prochainement: Clarke qui tombe sur une ancienne connaissance, Raven qui a l'impression d'atterrir au paradis, un petit regain de tension et Lexa qui fait une confession à Clarke


Réponses aux reviews:

Faberry45: Bon c'était un tout petit bond dans le temps et puis c'était pour vite qu'elles se retrouvent ^^. Pour Mme Woods, je crois bien que tu es la seule à éprouver de la peine pour elle mdr mais je te comprends… Elle a peut-être mal agit mais elle aussi a beaucoup perdu mine de rien…

J'espère que tu es plus rassurée pour Costia lol.

Rosiie09 : Mdrrr mais qui exactement aime Nia? Je crois que c'est le personnage qui doit faire l'unanimité qu'importe le ship mdrr. Après, est-ce qu'elle prépare quelque chose, on verra ça ^^
Bien sûr que ça ne l'excuse pas pour tout ce qu'elle a fait subir à Lexa et elle va grandement devoir ramer si elle veut un jour retrouver un minimum de relation avec sa fille… Pour Costia, je pense que vous vous attendiez tous au pire, mais au final pas vraiment ^^. J'espère que ce nouveau chapitre t'a plu!

BOOX21: Je ne peux pas vraiment répondre à ta review sans trop en dire mais ce que je peux confirmer c'est que Lexa n'a pas fini d'évoluer… Mais elle reste et restera malgré tout la Lexa qu'on adore!

Edas44: Et malheureusement ce n'est que le début de leur relation longue distance… Mais c'est le Clexa hein, elles ne peuvent pas vraiment rester loin l'une de l'autre ^^ et tu vois, les retrouvailles se sont fait plus vite que ce que tu t'imaginais je suis sûre ;)

Kren: Merci, merci, merci! Je ne sais pas vraiment quoi dire d'autre à la première partie de ta review à part ça lol. Pour le reste, je t'avoue que le moment de la séparation est surement celui que je préfère dans le chapitre avec le règlement de compte Woods lol. Et je pense qu'à part le Clexa, la relation mère/fille est une des celles que j'ai le plus hâte de voir se développer!

McFly76: Et tu avais raison ^^ en même temps je ne sais pas si je pourrais écrire beaucoup de chapitre sans qu'elles ne soient ensemble mdrr après tout c'est une fic Clexa! Pour Mme Woods, la pauuuvre mdr t'es pas tendre avec elle ! Mais je le comprends complètement!

Lilou: Mdrrr merci! Je ne sais pas si toute ta review est juste mais je suis complètement d'accord pour une chose, le Clexa fait rêver!

Elooo: Et malheureusement je pense que ce petit combat raison/cœur n'a pas fini de sévir pour Lexa… J'espère que la suite te plaira!

surf'up: Nia méchante? Je vois pas du tout pourquoi tu penses ça mdrr. Je pense que c'est quand même le point négatif des fanfics, vu qu'on reprend des personnages qui existent déjà, on sait déjà à l'apparition de chaque perso à peu près le rôle qu'il va jouer lol. Donc là pour Nia, y'a pas vraiment de suspens mdrr

haylE15: Ahhh tu es enfin arrivée au niveau de tout le monde ^^ Bienvenue à bord xD
J'imagine qu'effectivement, après avoir enchainé les deux fics, ça va te paraitre frustrant d'attendre chaque chapitre maintenant! (surtout que je ne publie plus aussi souvent qu'avant:/) Mais j'espère malgré tout que tu continueras d'apprécier la fic!
Pour le reste de ta review, je ne peux pas vraiment y répondre sans spoiler donc excuse-moi ^^

Artemis972: Elles sont Clarke et Lexa, pour répondre les mots de Clarke, ce n'est pas 4000km qui vont les séparer ! ^^ Bon je ne dis pas non plus que tout va être rose hein mais il faut se dire que, quoi qu'il arrive, elles sont endgame J

MissHarpie: Merci pour ton petit message de soutien! J

CamPotter13: Contente que l'histoire t' ait plu jusqu'à maintenant! J'espère que ça continuera avec la suite. J'ai hâte de lire ce commentaire constructif ^^ et rassure toi, jusqu'à maintenant j'ai toujours fini mes fics donc il n'y a aucune raison que ce ne soit pas le cas de celle-ci aussi ;)