Bonsoir tout le monde!

J'espère que vous êtes encore nombreux à être là malgré la looongue attente! Merci, comme toujours, pour tous vos retours, les petits messages que vous m'écrivez pour m'encourager, etc... Je ne le dirais jamais assez mais vous êtes vraiment ma première source de motivation! J'ai les meilleurs lecteurs au monde! x)

Sinon, comme vous avez pu le constater en lisant le titre du chapitre, j'ai du le diviser en deux parties. Les raisons? Parce qu'il était très (trop) long et que si je ne le faisais pas, je vous aurais fait attendre une semaine (voir deux) supplémentaire pour l'avoir... Mais je vous rassure, cette 1ère partie est presque aussi longue que les chapitres habituels et, point positive supplémentaire: la deuxième partie sera disponible le week-end prochain (ou au plus tard celui d'après) donc pas besoin d'attendre deux mois pour l'avoir ^^

D'ailleurs, du fait de ces longues périodes entre les publications et d'une suggestion d'une lectrice, je vous met un petit résumé de ce qui s'est passé précédemment pour que vous n'ayez pas à reprendre le chapitre précédent à chaque fois...

Bon trêve de blabla et place à la lecture!

Bonne soirée à vous et à très vite!

LSAfor'

PS: Merci à Debo sans qui le chapitre serait encore truffé de faute d'étourderie et d'orthographe ^^


Précédemment: Suite au décès de son père, Lexa se retrouve à la tête de l'entreprise familiale et se voit donc obligée de déménager à Los Angeles, ce qui l'amène à se retrouver séparée de Clarke. Arrivée là-bas, elle fait face à ses premières difficultés et se retrouve PDG temporaire. Ce qui la pousse à travailler sans relâche pour faire ses preuves. Inquiète par son rythme de vie, Costia décide de contacter Clarke qui n'hésite pas un seul instant avant de prendre le premier vol pour Los Angeles, l'amenant à retrouver Lexa après un mois de séparation...


Chapitre 24: Partie I

Lorsqu'elle émergea de son sommeil, Lexa se demanda si elle n'était pas encore en train de rêver. Elle était légèrement désorientée et avait l'esprit complètement embrumé. Mais il y avait une chose dont elle avait parfaitement connaissance au vu de la sensation de bien-être qui occupait la totalité de son corps, c'était qu'elle se trouvait dans les bras de Clarke.

Et, au fur et à mesure que la chaleur du corps de cette dernière l'enveloppait, au fur et à mesure qu'elle sentait ses doigts lui caresser les cheveux, elle se remémora ce qu'il s'était passé. L'arrivée inattendue de Clarke, leurs baisers, le «plus»-que-baiser qui avait suivi et la plénitude qui l'avait gagnée en se retrouvant allongée sur elle, plénitude qui avait été tellement présente qu'elle n'avait pas pu s'empêcher de dormir. Et elle trouvait ça juste incroyable qu'après toutes ces nuits à tenter de s'endormir sans succès alors qu'elle manquait terriblement de sommeil, il lui avait fallu seulement deux minutes auprès de Clarke pour enfin y parvenir.

Les yeux toujours fermés, elle colla un peu plus son nez à la nuque de Clarke et la lui caressa affectueusement, amenant cette dernière à poser un baiser sur son front.

- Hey… souffla doucement Clarke.

Lexa lui répondit par un petit son entre le gémissement et le soupir.

- Tu ne sais pas à quel point je peux bénir tes parents là en cet instant précis… marmonna-t-elle d'une voix endormie.

- Mes parents? répondit Clarke avec une pointe de confusion dans la voix.

Lexa acquiesça contre elle avant de dire:

- Yep, pour le corps qu'ils t'ont offert… Je suis persuadée qu'il a été conçu pour apporter confort et bien-être au mien…

Ne s'étant pas du tout attendu à cette réponse, Clarke éclata de rire, amenant le corps entier de Lexa à bouger. Cette dernière esquissa un sourire avant de daigner enfin ouvrir les yeux. Elle redressa la tête pour pouvoir la regarder et eut l'impression de recevoir un coup violent dans la poitrine lorsqu'elle se retrouva à fixer le magnifique visage de sa petite-amie riant aux éclats. Sans vraiment réaliser ce qu'elle faisait, elle appuya sur ses deux mains qui se trouvaient de part et d'autre de la taille de Clarke pour se redresser et l'embrasser. Le rire de Clarke se fana contre ses lèvres et elle ramena immédiatement ses mains sur son visage pour l'approcher un peu plus d'elle.

- Il est quelle heure? questionna Lexa entre deux baisers.

- 18h, répondit distraitement Clarke avant d'esquisser un geste pour approfondir leur baiser.

Cependant, elle se retrouva à se pencher dans le vide car Lexa s'éloigna brusquement d'elle.

- 18h? répéta Lexa d'une voix légèrement paniquée.

Et, juste comme ça, la petite bulle dans laquelle elles n'avaient été que toutes les deux éclata et elles se retrouvèrent de nouveau confronter au monde réel.

Lexa se dégagea de l'étreinte de Clarke qui la fixa d'un air confus et se redressa en position debout avant de s'avancer jusqu'à son bureau sur lequel elle attrapa son téléphone portable d'un geste agité.

- Et merde! jura-t-elle en fixant l'écran où s'affichait une multitude d'appels et de notifications.

- Qu'est-ce qui se passe? questionna Clarke.

Elle se leva à son tour du canapé et s'avança de quelques pas précautionneux vers Lexa qui continuait de lui tourner le dos, occupée à tapoter frénétiquement sur le clavier tactile de son téléphone.

- Je n'aurais jamais dû dormir autant, déclara Lexa.

- Tu en avais besoin, répondit Clarke.

Lexa se tourna enfin vers elle et lui adressa un regard où la frustration était évidente.

- Tu ne comprends pas… soupira-t-elle. À cause de ça j'ai posé un lapin à un gros client avec qui j'avais rendez-vous il y a plus d'une heure.

Clarke s'efforça de garder son calme et lui répondit doucement:

- Je sais, Costia est passée tout à l'heure pour te le rappeler.

- Quoi?! s'exclama Lexa, complètement incrédule. Pourquoi tu ne m'as pas réveillé?!

- Parce qu'elle m'a dit que ta présence n'était pas requise et que ta mère pouvait très bien s'en occuper sans toi donc j'ai décidé de te laisser dormir…

La réponse de Clarke ne fit qu'énerver un peu plus Lexa qui la regarda comme si elle avait perdu la tête.

- Tu n'avais aucun droit de décider ça pour moi!

Clarke ne répondit pas immédiatement, pas sûre du tout de ce qu'elle pouvait bien dire pour tenter de désamorcer la situation.

En décidant de ne pas réveiller Lexa, elle avait parfaitement eu conscience qu'elle se mêlait de quelque chose qui ne la concernait pas et qu'elle prenait le risque de la mettre en colère. Mais elle n'avait pas pu se résoudre à faire autrement. Surtout lorsque Costia lui avait garanti que l'absence de Lexa ne mettrait rien en péril.

- Tu as raison, déclara-t-elle doucement, je n'en avais aucun droit… Mais tu – tu étais fatiguée Lexa… Et, honnêtement, le simple fait que tu ne te sois même pas réveillée lorsque Costia est venue, montre à quel point tu avais besoin de te reposer…

Lexa serra la mâchoire et se tourna de nouveau vers son bureau sans répondre. La sérénité qui l'avait gagnée en se réveillant avait complètement disparu et maintenant elle se sentait tiraillée. Entre sa joie d'avoir retrouvé Clarke et la frustration qu'elle ressentait à l'idée que cette dernière ait pu faire annuler un de ses rendez-vous sans son accord. Elle savait que sa petite-amie pensait bien faire mais elle en avait plus qu'assez que tout le monde prenne des décisions pour elle.

Clarke la regarda s'affairer autour de son bureau en prenant soin de ne pas regarder dans sa direction et poussa un petit soupir résigné.

- Je suis désolée, s'excusa-t-elle sincèrement. Je voulais juste…

Elle marqua une pause, déglutit difficilement et souffla:

- Je suis juste inquiète pour toi…

Lexa sentit ses entrailles se serrer et sa colère la quitter légèrement à l'entente du tremblement dans sa voix.

- Tu n'as aucune raison de l'être, assura-t-elle en se tournant vers elle. Tout va bien…

Elle tenta de lui adresser un petit sourire rassurant mais il n'eut le don que d'agacer Clarke.

Lexa voulait peut-être continuer à faire comme si tout allait bien mais il était évident que ce n'était pas le cas et s'il y avait bien quelqu'un d'aussi buté qu'elle, c'était Clarke. Elle fit donc quelques pas dans sa direction pour lui faire complètement face et la darda d'un regard perçant.

- Tu veux rire j'espère !? s'emporta-t-elle. Tu passes tes journées ici! Tu n'as pas pris un seul jour de repos depuis que tu es ici, contrairement à ce que tu m'as dit! Tu restes toujours très tard et il t'arrive même de dormir ici! Et tu me dis que tout va bien!?

Elle termina son discours légèrement essoufflée et fixa Lexa sans la quitter des yeux. Cette dernière laissa quelques secondes passer, intégrant peu à peu les reproches qu'elle lui faisait.

- Tu as parlé à Costia… comprit-elle.

- Est-ce réellement important? rétorqua Clarke. On sait toutes les deux que c'est vrai!

- Clarke, tu fais exactement la même chose! s'exaspéra Lexa. Et je ne te vois pas t'en inquiéter pour autant!

Sa réponse prit Clarke légèrement au dépourvu et elle se retrouva à froncer des sourcils confusément.

- Je ne vois pas de quoi tu p –

- Tu passes tout ton temps à l'hôpital! l'interrompit Lexa qui s'agaça de plus en plus. Tu as un emploi du temps beaucoup plus chaotique que le mien! Bon sang, on t'a carrément obligé à partir parce que tu avais fait trop d'heures! S'il y a bien quelqu'un qui devrait me comprendre c'est toi!

Clarke comprit enfin où elle voulait en venir. Elle ouvrit la bouche puis la referma et prit quelques secondes de plus pour chercher les mots qui l'aideraient à lui faire entendre raison et non pas la braquer encore plus.

Elle était là pour l'aider avant tout, elle ne voulait surtout pas lui apporter des soucis supplémentaires. Elles ne s'étaient pas vues depuis près d'un mois et elle n'avait qu'une envie c'était de retrouver la légèreté de leurs retrouvailles et non pas être la cause de cette expression d'agacement sur le visage de Lexa. Elle voulait profiter de chaque minute avec elle avant de devoir retourner à New-York et de se retrouver de nouveau séparée d'elle.

Mais elle tenait avant tout à son bien-être et si pour ça, il fallait qu'elle lui tienne un tant soit peu tête et perde quelques minutes de leur temps plus que précieux, alors elle était prête à le faire.

- C'est vrai, je passe le plus clair de mon temps à l'hôpital… finit-elle par admettre. Mais contrairement à toi, je sais où sont mes limites. Contrairement à toi, je ne vis pas sous une pression constante. Contrairement à toi, je ne suis pas pesée par le poids de mon travail…

Elle hésita quelques secondes puis ajouta d'une voix un peu plus brisée:

- Contrairement à toi, je ne me retrouve pas à boire en pleine journée pour alléger mon stress…

Un nouveau silence se fit durant lequel Clarke regarda le visage de Lexa se décomposer légèrement de culpabilité lorsqu'elle sembla réaliser qu'elle avait décelé l'odeur du bourbon dans son haleine. Elle se laissa aller contre son bureau derrière elle et posa ses mains de part et d'autre d'elle avant de baisser les yeux d'un air penaud.

- C'est pour ça que tu es là, souffla-t-elle doucement.

Sa visite surprise s'expliquait mieux maintenant. Son assistante avait dû lui faire part de ses inquiétudes démesurées et Clarke étant Clarke, la personne qui essayait toujours d'aider tout le monde, elle n'avait pas hésité à sauter dans le premier avion pour venir.

Légèrement hésitante, Clarke s'approcha doucement d'elle jusqu'à combler le reste de la distance qui les séparait. Elle se posta entre ses jambes et glissa une main sous son menton pour l'obliger à la regarder. Elle se retrouva plongée dans les yeux émeraude de Lexa et son cœur se serra face à l'affliction et l'incertitude qu'elle pouvait y lire.

- Je suis là parce que je t'aime, répondit-elle d'une voix pleine de conviction.

Le regard de Lexa s'adoucit immédiatement et elle sentit toutes ses réticences, tous ses faux semblants, toutes ses barrières la quitter.

Après tout, il s'agissait de Clarke. Elle n'en avait pas besoin avec elle…

- Je bois rarement, finit-elle par avouer doucement. C'est vraiment quand je me sens un peu –

Elle ne termina pas sa phrase, avala difficilement sa salive et ajouta:

- Et je – je ne dépasse jamais deux verres…

La vulnérabilité était présente dans sa confession et elle ne fit qu'accentuer un peu plus l'inquiétude de Clarke qui ne put s'empêcher de se coller un peu plus à elle pour tenter de la rassurer et se rassurer en même temps. De quoi? Elle n'en était pas vraiment sûre.

Elle voulait juste que Lexa ait conscience que, malgré ce qu'elle pouvait penser, malgré le nombre de kilomètres qui les séparait, elle était et demeurait présente pour elle. Elle était là, pour l'aider, pour la soutenir, pour prendre soin d'elle, peu importe ce qui pouvait bien arriver.

- Je ne peux qu'essayer d'imaginer ce que tu vis comme pression depuis que tu es ici, souffla-t-elle en posant son front contre le sien tout en glissant ses doigts le long de l'arrière de sa nuque jusqu'à les glisser dans ses cheveux.

Elle savait que Lexa adorait quand elle faisait ça et, lorsqu'elle la sentit se détendre un peu plus contre elle, Clarke sentit une certaine fierté la gagner, celle même qu'elle ressentait à chaque fois qu'elle réalisait à quel point elle pouvait connaitre sa petite-amie.

- Je sais que ce n'est pas facile, Lex, poursuivit-elle. Je sais qu'on attend beaucoup de toi et que ça doit être dur à gérer… Mais mon amour, ce n'est pas la solution. Ce n'est pas toi

- Je sais, assura Lexa. C'est juste que –

Elle s'interrompit de nouveau et poussa un soupir, une nouvelle fois frustrée de ne pas réussir à trouver les mots pour expliquer ce qu'elle ressentait, avant de se reculer légèrement pour pouvoir regarder Clarke droit dans les yeux.

- Tous les jours, je me réveille avec ce sentiment de manque horrible, tenta-t-elle d'expliquer. Tu me manques Clarke, les filles me manquent, mes cousins me manquent. Ma vie à New-York me manque… Tous les jours… Et – et j'ai juste… J'ai juste besoin de savoir que je ne suis pas partie pour rien…

- Et donc tu te donnes corps et âme pour en être sûre, en conclut Clarke.

Lexa se contenta d'acquiescer et Clarke lui adressa un mince sourire. Elle comprenait parfaitement son raisonnement, elle comprenait sa volonté de se prouver qu'elle avait fait le choix qu'il fallait, même s'il était dur. Mais sa manière de faire, sa manière de le subir… Elle ne pouvait pas la laisser continuer comme ça…

- Lex… prononça-t-elle dans un murmure. Je ne vais pas prétendre savoir ou comprendre ce que c'est que d'être à ta place et diriger une immense entreprise comme Woods & Co'. Je sais que tu ne peux pas te permettre de trop ralentir si tu veux réussir, j'en ai conscience et je te promets de te soutenir comme je peux et de ne plus jamais faire ce que j'ai fait aujourd'hui en demandant à Costia de se débrouiller sans toi… Je n'aurais pas dû, j'en ai conscience et j'en suis vraiment désolée… Mais je ne peux pas te laisser t'user comme tu le fais sans rien dire…

Elle pencha la tête sur le côté tout en faisant redescendre ses mains qui se trouvaient toujours à l'arrière de la tête de Lexa jusqu'à ses clavicules et la fixa d'un regard plein de tendresse avant d'ajouter:

- Pour moi, Lexa passe avant Alexandria Woods. Toujours…

Lexa eut l'impression que ces mots venaient de la heurter en pleine poitrine. Elle savait qu'ils étaient vrais, elle n'en avait jamais eu le moindre doute lorsqu'il s'agissait de Clarke. Mais le fait de les entendre dits clairement, de manière aussi sincère, aussi vraie de la part de la personne qu'elle aimait le plus au monde avait le don de la bousculer plus qu'elle n'aurait pu le penser.

Un petit sourire ému se dessina sur ses lèvres et elle oublia le peu de rancœur et de frustration qui restaient en elle. D'un geste plein de vulnérabilité, elle retira ses mains de son bureau pour les glisser le long de la taille de Clarke et l'attirer un peu plus contre elle. Puis, tout en enfouissant son visage dans sa nuque, elle poussa un profond soupir soulagé.

- Je suis désolée… murmura-t-elle contre la peau de Clarke. Je – je n'ai pas l'habitude d'avoir quelqu'un pour qui mon bien-être passe avant le reste…

Clarke sentit une vague de tristesse l'envahir. Parce que, même si elle n'en avait jamais réellement pris conscience jusqu'à maintenant, elle savait à quel point ces mots pouvaient être vrais.

Lexa avait passé toute sa vie sans jamais se voir être la priorité de qui que ce soit.

Ses parents, les personnes pour qui elle aurait dû tout représenter, l'avaient toujours fait passer avant tout le reste. Leur nom, leur entreprise, leurs attentes.

Et, même si elle avait eu des personnes qui tenaient énormément à elle. Même si elle avait eu ses cousins qui auraient fait et feraient n'importe quoi pour elle et dont la loyauté était indiscutable. Même si elle avait eu ses amies, Octavia, Raven, elle et même Costia, pour qui son nom n'avait toujours été qu'un détail, Clarke savait que, pendant des années, Lexa s'était toujours vu passer en second plan. Elle s'était toujours vu passer après la position qu'elle devait occuper.

Celle d'héritière modèle. Celle de cousine indéfectible. Celle d'amie présente et loyale.

Pour elle, elle avait toujours été, avant tout, un rôle à remplir. Une place à occuper. Son bien-être, ses sentiments, ses ressentis, passaient après.

Jusqu'à Clarke.

Et même maintenant qu'elles étaient ensembles, même maintenant qu'elle savait qu'elle était aimée de manière intense, unique, immesurable, Clarke savait qu'elle avait encore du mal à intégrer le fait que quelqu'un pouvait l'aimer pour elle. Que quelqu'un pouvait vouloir la préserver et la faire passer avant tous ces rôles, toutes ces responsabilités, toutes ces attentes qui la pesaient.

Et cette constatation avait le don de la tuer. Parce que, s'il y avait bien une personne qui méritait de se rendre compte de sa valeur, de l'amour inconditionnel qu'on lui portait, c'était Lexa.

Donc, tandis qu'elle resserrait un peu plus ses bras autour de sa nuque, Clarke se jura de passer le reste de sa vie à le lui montrer.

- Tu es mon monde, Lexa Woods, déclara-t-elle d'une voix à peine audible, comme si ses mots n'étaient destinés qu'à ses oreilles.

Les bras de Lexa qui se trouvaient autour de sa taille se desserrèrent et elle la sentit se reculer légèrement, ce qui l'amena à relâcher à son tour l'étreinte qu'elle avait sur elle pour poser ses mains sur ses épaules. Elle se retrouva plongée dans son regard et sentit son souffle se couper face à l'amour et la dévotion qu'elle pouvait y lire.

Lexa fit remonter une de ses mains jusqu'à son visage et la posa sur sa joue qu'elle caressa tendrement du pouce. Ses yeux se baissèrent vers ses lèvres et, sans les détourner un seul instant, elle se pencha et l'embrassa avec une délicatesse qui la fit frissonner. Et, comme à chaque fois qu'elle l'embrassait, Clarke avait l'impression d'être la chose la plus précieuse au monde.

Elle trouvait ça juste incroyable cette capacité qu'avait Lexa de communiquer l'intensité de ses sentiments à travers ses baisers. Elle l'embrassait et Clarke savait que ses sentiments étaient réciproques, qu'elles étaient en parfaite osmose.

- Je suis désolée… souffla de nouveau Lexa en rompant leur baiser.

- Tu n'as aucune raison de l'être, lui assura Clarke avec un petit sourire. Promets-moi juste que tu lèveras un peu le pied…

Lexa esquissa un sourire à son tour et acquiesça doucement.

- C'est promis. Mais tu dois en faire de même…

Sa demande amena Clarke à perdre son sourire et froncer des sourcils, confuse.

- Comment ça?

Lexa ne lui répondit pas immédiatement. Elle pencha la tête sur le côté sans la quitter du regard puis ramena son autre main jusqu'à son visage qu'elle prit en éventail.

- Je sais que tu trouves que nos situations ne sont pas les mêmes et peut-être que tu as raison, lui dit-elle tout doucement. Mais il n'empêche que tu es également surmenée par ton travail…

- C'est un peu le principe de l'internat, répondit Clarke dans un petit rire.

Ce qui lui valut un regard sceptique de la part de Lexa.

- Ose me dire que tu n'as pas augmenté tes heures à l'hôpital depuis que je suis partie...

Elle avait eu quelques doutes à ce sujet durant le mois qui s'était écoulé. Doutes qui s'étaient intensifiés lorsque Clarke lui avait dit que la raison de sa présence ici était parce qu'elle avait dépassé son quota d'heures pour la semaine alors qu'il n'était que vendredi.

Doutes qui se confirmèrent lorsque Clarke resta silencieuse et baissa les yeux, penaude.

Lexa rapprocha immédiatement son visage du sien et poussa son nez avec le sien d'un geste joueur.

- Hey … souffla-t-elle d'une voix rassurante. Je voulais juste dire que toi aussi, tu dois faire attention à toi. Ce qui vaut pour moi, vaut pour toi aussi mon amour…

Clarke esquissa un petit sourire puis, tout en acquiesçant, elle se replongea dans son regard et affirma:

- Tu as raison, on ne peut pas continuer comme ça…

- Donc on se promet mutuellement d'apprendre à lever le pied?

- Yep.

- On scelle le deal avec un bisou? s'enquit Lexa avec un sourire espiègle.

Ce qui amena Clarke à rejeter sa tête en arrière dans un rire qui eut le don de faire exulter le cœur de Lexa. Et elle ne put attendre d'avoir une réponse pour glisser une de ses mains derrière sa tête et l'attirer vers elle dans un baiser enflammé. Baiser qui, à son grand désarroi, se retrouva presque immédiatement interrompu par de petits coups timides contre la porte.

Elles se séparèrent et Clarke esquissa un geste pour s'éloigner mais Lexa la retint immédiatement par la taille avant de lancer un «entrez» où la frustration était évidente, ce qui fit sourire Clarke qui posa un baiser sur sa joue. La porte s'ouvrit et Costia pénétra à l'intérieur d'un pas hésitant.

- Je vois que tu es réveillée, déclara-t-elle avec un petit sourire crispé.

- Yep, répondit Lexa, et pas grâce à toi traitresse...

Malgré le ton légèrement taquin avec lequel elle avait parlé, le regard perçant qu'elle adressa à Costia indiqua qu'il y avait une part d'amertume dans ses mots, ce qui la fit grimacer. Elle lança un regard impuissant à l'adresse de Clarke mais cette dernière s'était déjà tournée vers sa petite-amie pour lui mettre une tape sur l'épaule.

- Lexa! s'exclama-t-elle d'un ton plein de réprimandes.

Et il n'en fallut pas plus à la nommée pour abdiquer. Elle poussa un petit soupir et, alors qu'elle reportait son regard sur Clarke qui se trouvait toujours dans ses bras, Costia vit son visage se transformer complètement, une expression beaucoup plus soft s'y dessina, ce qui l'amena à ouvrir de grands yeux effarés.

Durant le mois qui venait de s'écouler, elle avait eu à faire à une Lexa qui dirigeait l'entreprise d'une main de maître. Une Lexa qui avait tenu tête aux personnes les plus influentes du pays et qui n'avait jamais cédé une seule seconde à la pression sous laquelle on essayait de l'ensevelir. Une Lexa qui ne laissait rien passer.

Une Lexa intransigeante, inébranlable, impitoyable.

Donc la voir céder aussi facilement à sa petite-amie était une vision qui avait le don de la surprendre et de l'amuser à la fois. Elle se demanda pendant une fraction de secondes ce que penseraient ses employés, ou même ses clients, qui étaient complètement terrifiés face à elle, s'ils la voyaient en cet instant précis, les yeux plein d'adoration et un sourire niais sur les lèvres alors qu'elle regardait sa petite-amie comme s'il s'agissait d'une des sept merveilles du monde.

- Bien, finit par concéder Lexa en se tournant de nouveau vers elle. Mais je n'oublie pas que tu as été parler à ma petite-amie derrière mon dos…

- Chose qui n'a pas vraiment l'air de te déranger, lui fit remarquer Costia avec un petit sourire railleur en faisant un signe de tête vers ses bras qui se trouvaient toujours autour de la taille de Clarke.

Ce qui fit rire la concernée qui cacha son sourire contre l'épaule de Lexa. Cette dernière fronça des sourcils et fixa Costia en esquissant une moue boudeuse qui indiquait clairement qu'elle ne pouvait pas la contredire.

- Et si tu me disais pourquoi tu es là au lieu de jouer les insolentes? lui dit-elle d'un ton faussement irrité.

Costia laissa échapper un léger rire avant de secouer la tête et baisser les yeux vers le planning qu'elle tenait entre les mains.

- Je voulais juste faire le point avec toi, expliqua-t-elle. Il te reste encore plusieurs rendez-vous et je –

- Annule-les, l'interrompit Lexa.

Là aussi, Costia se retrouva prise complètement par surprise. Et elle ne semblait pas être la seule car Clarke redressa brusquement sa tête qui se trouvait toujours sur l'épaule de Lexa et la regarda d'un air alarmé.

- Pardon? demanda Costia, incertaine.

- Annule-les, répéta Lexa.

- Lex, qu'est-ce que tu fais? questionna doucement Clarke.

Lexa tourna son regard vers elle et lui adressa un mince sourire avant de répondre:

- J'apprends à lever le pied…

Elle voulait montrer à Clarke qu'elle l'avait entendue, qu'elle l'avait écoutée, et que sa promesse n'était pas des paroles en l'air. Elle était prête à faire de réels efforts.

Mais sa réponse ne fit qu'accentuer la panique de Clarke qui se recula légèrement pour pouvoir mieux la regarder.

- Je – ce n'est pas vraiment ce que je voulais dire –

- Je sais, assura Lexa avant qu'elle ne puisse poursuivre. Mais je n'ai pas envie de passer une seule minute loin de toi pendant ce week-end si je peux l'éviter. Et là je peux…

Et avant que Clarke ne puisse lui répondre, elle se tourna de nouveau vers Costia et lui dit d'un ton déterminé:

- Reporte les rendez-vous que tu peux à la semaine prochaine et ceux que tu ne peux pas, demande à ma mère de s'en occuper. Et, concernant celui avec Queen et Wallace, appelle-les et informe-les que nous traiterons de tout ce qu'ils veulent demain durant le Gala…

Costia ne s'exécuta pas immédiatement et la fixa de son air toujours aussi hésitant.

- Tu es sûre? lui demanda-t-elle doucement.

- Certaine… certifia Lexa.

Elle adressa un sourire rassurant à son assistante qui sembla la convaincre assez pour acquiescer et tourner les talons pour s'en aller.

Lexa la regarda sortir du bureau et ce ne fut que lorsqu'elle vit la porte se refermer derrière elle qu'elle reporta son attention sur Clarke. Cette dernière continuait de la fixer d'un air loin d'être serein, ce qui la fit légèrement sourire.

- Clarke, arrête de flipper… intima-t-elle.

- Je ne flippe pas, contesta Clarke.

- Tu en as l'air.

- Oui et bien ce n'est pas le cas, nia-t-elle.

Lorsqu'elle la vit se mordiller nerveusement la lèvre, Lexa lui adressa un regard dubitatif avant de laisser échapper un léger rire qui indiquait clairement qu'elle ne la croyait pas, ce qui amena Clarke à pousser un petit soupir défaitiste.

- Je ne flippe pas, insista-t-elle tout de même. C'est juste que – il n'y a même pas cinq minutes, tu étais prête à m'arracher la tête parce que je t'avais laissé dormir et maintenant tu annules tous tes rendez-vous. Permets-moi donc d'avoir quelques doutes…

Le sourire qui se trouvait sur les lèvres de Lexa disparut et se retrouva remplacé par une grimace penaude. Elle se gratta l'arrière de la tête d'un geste embarrassé avant de prendre une profonde inspiration et de se tourner de sorte à lui faire complètement face. Les traits du visage de Clarke s'adoucirent aussitôt qu'elle se retrouva plongée dans son regard et qu'elle y vit s'y refléter l'habituelle adoration qui lui était réservée.

- Je suis désolée pour la réaction que j'ai eu, s'excusa doucement Lexa. J'ai paniqué et j'ai réagi au quart de tour et je n'aurais pas dû… Mais je te promets que je sais ce que je fais, Clarke. Ma mère s'en sortira parfaitement avec les clients que je devais voir, la présence du PDG n'est pas nécessaire…

- Et pour ton rendez-vous avec les actionnaires? s'enquit Clarke. Tu penses qu'ils vont penser quoi quand ils te verront annuler seulement quelques minutes avant?

- Que je reste celle qui dirige cette entreprise, répondit Lexa avec un petit sourire taquin.

Clarke laissa échapper un rire amusé qui eut le don de faire exulter son cœur et s'il lui restait le moindre doute concernant sa décision de tout annuler, il avait complètement disparu.

Son temps avec Clarke était compté et elle avait bien l'intention de profiter de chaque seconde. Woods & Co pouvait parfaitement passer en second plan pendant quelques jours. Après tous les sacrifices qu'elle avait faits pour cette entreprise, elle lui devait au moins bien ça.

Sur cette pensée, elle resserra inconsciemment l'étreinte qu'elle avait autour de la taille de Clarke et posa son front contre le sien.

- Maintenant, que dirais-tu qu'on aille rejoindre les trois autres? demanda-t-elle en faisant référence à Anya, Octavia et Raven.

Parce que, mine de rien, elle avait terriblement envie de les voir. Et, au vu du petit sourire plein de tendresse que lui adressa Clarke, elle savait qu'elle n'avait pas besoin de le dire pour que cette dernière ne le comprenne.


C~L


Le lendemain matin, ce fut avec la sensation de baisers contre ses épaules nues que Clarke se réveilla. Gardant les yeux fermés, elle laissa échapper un petit gémissement de contentement et se recula pour se coller un peu plus au corps nu derrière elle. Elle entendit un rire mélodieux résonner avant que la paire de lèvres qui se trouvait sur son dos ne remonte dans une caresse langoureuse jusqu'à sa nuque.

- Bonjour… murmura Lexa à son oreille.

Un sourire se dessina sur les lèvres de Clarke qui garda les yeux fermés quelques secondes de plus pour savourer pleinement la sensation de bonheur qui l'avait envahie avant de finir par se tourner. Elle ouvrit les yeux et se retrouva face à la magnifique vision de Lexa qui la fixait avec un regard attendri et un sourire heureux. Sourire qu'elle embrassa furtivement avant d'enfouir son visage sous son menton et dese serrer un peu plus contre elle.

- Trop tôt, grommela-t-elle en refermant les yeux.

Lexa laissa échapper un nouveau rire qu'elle sentit vibrer contre son corps et elle ne put s'empêcher de soupirer de bien-être. Bien-être qui ne fit que s'accentuer un peu plus lorsqu'elle sentit Lexa lui caresser son bras de haut en bas.

- Il est 9h passé, déclara cette dernière doucement.

- Ce qui veut dire qu'on a dormi à peine quatre heures, rétorqua Clarke toujours en bougonnant contre sa nuque.

- Et à qui la faute? rigola Lexa. Pour quelqu'un qui s'inquiétait de ne pas me voir me reposer assez, ça ne t'a pas dérangé de me garder éveillée une partie de la nuit…

Clarke esquissa un sourire avant de reculer un peu plus sa tête pour la regarder.

- Pas faux, répondit-elle en coinçant sa langue entre ses dents d'un air espiègle. Mais je ne t'ai pas entendu t'en plaindre…

- Un mois, Clarke, un mois d'abstinence… soupira dramatiquement Lexa. Tu t'attendais à quoi?

Clarke laissa échapper un rire sonore qui eut le don de faire perdre à Lexa son air faussement excédé pour la regarder d'un air émerveillé.

- Et moi qui pensais que les photos que je t'avais envoyé t'avaient aidé à supporter la distance… déclara Clarke en levant un sourcil suggestif.

Lexa ne répondit pas immédiatement, son esprit trop occupé à repenser aux photos en question. Photos loin d'être innocentes qui avaient eu le don de la rendre dingue.

La première fois où Clarke s'était amusée à lui en envoyer, elle avait été en pleine réunion avec les différents directeurs de services. Son téléphone avait affiché un message reçu par sa petite-amie avec une pièce-jointe qui disait « Pour t'aider à survivre à ta réunion… » et sans réfléchir, elle l'avait ouvert.

Chose qu'elle avait immédiatement regretté.

Lorsqu'elle s'était retrouvée à fixer une photo de Clarke, allongée sur leur lit à moitié nue, son cerveau s'était complètement court-circuité et elle avait manqué de faire tomber son téléphone de ses mains, attirant ainsi l'attention de toutes les autres personnes qui étaient présentes à cette réunion. Les joues écarlates et son corps s'enflammant complètement, elle avait tenté de garder un minimum de contenance et avait intimé d'une voix légèrement tremblante à la personne qui parlait à ce moment-là et qui s'était interrompu de reprendre.

Et depuis ce jour, dès lors qu'elle recevait le moindre message de Clarke, elle attendait de se retrouver seule avant de les ouvrir.

- Tu veux rire, déclara-t-elle en esquissant une moue boudeuse, elles n'ont fait qu'empirer les choses…

- Je ferais mieux d'arrêter dans ces cas-là… répondit Clarke.

Lexa la regarda se mordiller la lèvre d'un air taquin et comprit qu'elle cherchait juste à la provoquer. Mais elle ne put s'empêcher d'y répondre, lui donnant ainsi exactement ce qu'elle voulait. Elle se redressa donc sur son coude et la bascula sur le dos pour venir se positionner juste au-dessus d'elle, lui arrachant ainsi un nouveau rire qui représenta une véritable mélodie pour ses oreilles.

- Tu n'as pas intérêt, murmura-t-elle contre ses lèvres avant de les capturer vélocement entre les siennes.

Un gémissement s'échappa immédiatement de la bouche de Clarke qui oublia momentanément son manque de sommeil et tout ce qui n'avait pas de lien direct avec la personne au-dessus d'elle. Elle prit son visage entre ses mains et l'attira un peu plus contre elle pour augmenter la pression de leurs lèvres. Le baiser se fit tout de suite fiévreux et intense et Lexa n'avait qu'une envie, c'était de s'y perdre complètement. Elle voulait se perdre en Clarke et oublier tout le reste mais elle savait qu'elle ne pouvait pas, alors elle s'obligea à ralentir la cadence de leur baiser jusqu'à le rompre complètement. Le souffle saccadé, elle resta quelques secondes le front et le nez collés à ceux de Clarke avant de reculer légèrement son visage pour pouvoir fixer celui en-dessous d'elle.

- Hey… souffla-t-elle en se plongeant dans le magnifique regard de Clarke qui affichait un certain étourdissement.

Cette dernière cligna plusieurs fois des yeux avant d'esquisser un grand sourire idiot et lui caresser affectueusement le visage.

- Hey, répondit-elle à son tour avant de l'attirer de nouveau vers elle pour l'embrasser, de façon beaucoup plus soft cette fois-ci.

Lexa étouffa un petit soupir heureux avant de rompre leur baiser et poser son front contre le sien.

- Anya vient de m'envoyer un message, informa-t-elle dans un murmure en posant plusieurs baisers sur ses lèvres. O, Raven et elle nous attendent au petit café qui se trouve en face de l'hôtel.

Une moue boudeuse se dessina sur les lèvres de Clarke, ce qui la fit rire. Elle savait que ce n'était pas l'optique de retrouver leurs amies qui dérangeaient sa petite-amie mais ce qui les attendait après…

- Tu sais que je dois y aller, dit-elle. Je ne peux pas être absente au conseil…

Sa cousine et ses amies séjournaient dans le même hôtel qu'elle et lorsqu'elles avaient été sur le point de se séparer la veille pour rejoindre leurs chambres respectives après avoir passé toute la soirée ensemble, Anya avait rappelé à Lexa que le Conseil d'Administration se réunissait le lendemain matin pour valider définitivement sa nomination avant le gala et qu'il fallait absolument qu'elle y soit présente. Surtout après avoir disparu précipitamment du bureau en annulant tous ses rendez-vous.

Ce que Lexa avait accepté. Elle avait eu conscience que sa cousine avait raison et qu'elle ne devait pas trop pousser son audace. Donc sa cousine lui avait proposé de l'accompagner et lui avait donné rendez-vous au café en face de l'hôtel le lendemain. Rendez-vous qu'elle n'avait pas manqué de lui rappeler très tôt ce matin en lui envoyant le texto qui l'avait réveillé.

- Je sais, répondit Clarke. Mais ce n'est pas pour ça que je vais faire semblant d'aimer l'idée d'être séparée de toi…

Un nouveau rire s'échappa de la bouche de Lexa qui posa, cette fois-ci, un baiser sur son nez.

- Ce n'est qu'une histoire de quelques heures, assura-t-elle. Jusqu'à ce que tu me retrouves plus tard pour le gala.

- Tu es toujours sûre de vouloir que je t'accompagne? demanda Clarke.

- Oui, répondit Lexa sans une once d'hésitation.

Elle caressa tendrement son nez avec le sien avant d'ajouter:

- Je t'ai dit, je ne veux pas passer une minute sans toi…

- C'est pourtant ce qui va se passer quand tu vas devoir y aller avant moi, taquina Clarke en continuant de lui caresser le visage du bout des doigts.

Une grimace se dessina sur le visage de Lexa à l'idée de devoir, effectivement, se séparer d'elle. Même pour quelques heures. Ce qui, en temps normal, aurait pu lui paraitre pathétique.

Mais elle n'avait pas vu Clarke depuis près d'un mois. Quatre longues semaines. Donc elle avait le droit d'être un peu pathétique.

- Je veux que tu sois là, à mes côtés. Toujours…

Elle recula son visage pour pouvoir regarder Clarke dans les yeux et fronça des sourcils.

- Sauf si ce n'est pas ce que tu veux? ajouta-t-elle, incertaine.

- Si! s'empressa de répondre Clarke. Bien sûr que si! C'est ta soirée, bien sûr que je veux être là! Mais je veux surtout que tu puisses te concentrer sur cette soirée sans avoir à penser à moi…

- Crois-moi que quoi qu'il arrive, je penserais à toi, certifia Lexa le plus sérieusement du monde. si je pouvais, j'annulerais ce foutu gala et je te garderais enfermée dans cette chambre d'hôtel tout le week-end. Mais malheureusement je ne peux pas, il faut que j'y aille. Alors autant qu'on fasse en sorte d'être ensemble, non?

Clarke acquiesça mais ne sembla pas complètement convaincue, ce qui poussa Lexa à demander:

- Quel est le véritable problème?

Elle regarda Clarke se mordre la lèvre nerveusement et attendit patiemment qu'elle décide de lui répondre.

- La dernière fois que je t'ai accompagné à ce genre de soirée, les choses se sont très mal passés… finit par dire Clarke.

Le souvenir de son poing dans la figure de Finn revint en tête de Lexa et elle ressentit une pointe d'appréhension en repensant à tout ce qui en avait résulté. Les articles dans les journaux, sa conférence de presse, le chantage de sa mère envers Clarke, sa dispute avec ses parents et le décès de son père quelques heures après…

Mais malgré tout ce qui avait suivi cette fameuse soirée, malgré toutes les conséquences que son geste avait eu, elle n'arrivait toujours pas à le regretter ou à penser, ne serait-ce qu'une fraction de seconde, que Clarke en avait une part de responsabilité.

- Je suis sûre que les probabilités que je croise un de tes ex que je déteste sont très infimes, dit-elle d'un ton léger.

- Tu détestes tous mes ex, lui fit remarquer Clarke avec un sourire amusé.

Lexa se recula un peu plus, le visage vêtu d'une expression exagérément offusqué.

- C'est complètement faux! s'indigna-t-elle. Il y en avait que j'appréciais!

Ce qui amusa un peu plus Clarke qui l'a fixa en haussant un sourcil challengeur.

- Ah oui? Qui ça?

Lexa resta silencieuse quelques secondes avant de répondre incertaine:

- Niylah?

Clarke laissa échapper un rire sonore.

- Je t'en prie, tu l'aimes bien que depuis que je ne suis plus avec…

Pas faux, pensa Lexa mais elle garda les mots pour elle et se contenta de lui répondre par un bougonnement qui n'eut pour effet que d'accroître l'amusement de Clarke.

Il était vrai qu'elle n'avait jamais aimé les petits-amis de Clarke. Jamais. Du quater back idiot avec lequel Clarke était sorti au lycée à Finn, elle n'en avait apprécié aucun. Elle avait toujours pensé que c'était parce qu'elle était protectrice vis-à-vis de sa meilleure amie et qu'elle trouvait qu'elle méritait beaucoup mieux que tous ces idiots réunis. Mais maintenant qu'elle n'avait plus ses œillères qui entretenaient son déni et sa mauvaise foi, elle réalisait qu'il y avait peut-être eu une part de jalousie derrière ce manque de tolérance.

Sérieusement, comment avait-elle pu être aussi aveugle pendant toutes ces années?

Elle se reconcentra sur Clarke et son sourire goguenard qui indiquait clairement qu'elle était en train de se poser les mêmes questions.

- Oui bon… concéda-t-elle. Je te promets que je ne cognerais aucun de tes ex si jamais on en croise un ce soir… Sauf s'il s'agit de Glen Dickson, ajouta-t-elle après un moment de réflexion en faisant référence au quater back, pour lui je ne fais aucune promesse…

Un nouveau rire s'échappa de la bouche de Clarke qui lui mit une tape sur l'épaule avant de la fixer d'un regard faussement sévère.

- Tu ne vas cogner personne, intima-t-elle en pointant un index de mise en garde sur son visage.

Lexa garda un air sérieux et soupira exagérément.

- Bon d'accord, céda-t-elle théâtralement. Mais c'est bien parce que c'est toi qui le demande…

Elle esquissa un grand sourire enfantin qui amena Clarke à lever les yeux au ciel d'un geste attendri.

- Au lieu de dire des bêtises, tu ferais mieux d'aller te préparer, lui dit-elle en poussant sur ses épaules d'un geste joueur. Tu as un poste à aller faire valider…

Au lieu de se redresser, Lexa se laissa tomber un peu plus sur elle avant d'enfouir son visage dans sa nuque.

- Pas envie… bougonna-t-elle.

- Lexa… s'exaspéra Clarke en rigolant.

Mais elle ne fit aucun geste pour la repousser. Au contraire, elle glissa une main dans ses cheveux et l'autre le long de son dos nu qu'elle caressa de haut en bas. Un léger silence s'installa et, pour la première fois depuis qu'elle s'était réveillée, le regard de Clarke quitta Lexa pour s'aventurer ailleurs. Elle jeta un regard autour d'elle et observa plus attentivement la luxueuse chambre d'hôtel dans laquelle elle se trouvait. Chambre d'hôtel qui appartenait à une suite toute aussi luxueuse. Et ce ne fut qu'à cet instant précis que son esprit la rattrapa et qu'il sembla enfin réaliser l'endroit où elles se trouvaient.

- Lex? prononça-t-elle doucement.

- Hmm? répondit paresseusement la nommée.

- Tu vis dans une chambre d'hôtel…

- Bien vu Sherlock, se moqua Lexa dans un rire.

Clarke poussa un soupir en levant les yeux au ciel.

- Non – ce que je veux dire c'est pourquoi vis-tu encore ici? précisa-t-elle. C'est loin d'être pratique non? Qui plus est, ça doit te couter une fortune…

Lexa ne répondit pas immédiatement. Clarke la sentit se tendre légèrement contre elle avant de finir par dire simplement:

- Ce n'est pas comme si je n'en avais pas les moyens… Et puis c'est seulement temporaire, le temps que je me trouve quelque chose de convenable...

Clarke fronça des sourcils confusément face à la réponse.

- Ça fait déjà un mois que tu es là, fit-elle remarquer d'un ton légèrement suspicieux. Tu vas me dire qu'après tout ce temps, la PDG d'une des plus grandes entreprises du monde n'a pas trouvé un appartement assez bien pour elle…

Un nouveau soupir s'échappa de la bouche de Lexa qui resta silencieuse pendant quelques secondes avant de se redresser sur ses bras.

- Tu as raison, je ferais mieux d'aller me préparer, déclara-t-elle doucement.

Clarke la regarda se dégager de leur étreinte pour venir s'asseoir au bord du lit et elle comprit qu'elle évitait le sujet, ce qui ne fit qu'accentuer ses doutes. Elle ignora donc le poids étouffant qui envahit sa poitrine face à l'ambiance pesante qui venait d'apparaitre et, tout en attirant les draps contre sa poitrine, elle se redressa à son tour et fixa le dos de sa petite-amie qui avait déjà enfilé ses sous-vêtements et qui regardait dorénavant autour d'elle pour trouver ses autres vêtements de la veille qui étaient éparpillés un peu partout autour d'elle. Clarke savait que c'était complètement inutile vu qu'elle les retirerait dans quelques minutes pour se laver et qu'elle faisait ça pour s'occuper les mains et éviter d'avoir à la regarder. Ce qui ne la démonta pas le moins du monde et l'encouragea, au contraire, à creuser un peu plus.

- Lexa… prononça-t-elle d'une voix déterminée. Pourquoi est-ce que tu es toujours à l'hôtel?

- Parce que je n'ai pas eu le temps de me trouver autre chose, répondit Lexa d'un ton détaché en attrapant sa chemise qui trainait au pied du lit. Je te rappelle que je n'ai pas eu beaucoup de temps pour moi ces derniers temps, chose que d'ailleurs tu me reprochais pas plus tard qu'hier…

C'était une explication qui se tenait et qui était parfaitement cohérente. Mais le frénétisme avec lequel Clarke la vit glisser ses deux bras à l'intérieur de sa chemise et commencer à la boutonner lui indiquait clairement que ce n'était pas seulement ça et qu'il y avait plus.

- Lexa, répéta-t-elle donc d'un ton qui indiquait clairement qu'elle était loin de la croire.

Ce qui eut le don de frustrer un peu plus la nommée qui poussa un soupir en abandonnant le boutonnement de sa chemise.

- Pourquoi est-ce que tu insistes autant? s'agaça-t-elle. C'est loin d'être important!

- Le simple fait que tu es en train de me mentir montre clairement que c'est important! rétorqua Clarke sur le même ton.

- Je n'ai juste pas envie d'aller vivre ailleurs, tout simplement…

- Oui mais pourquoi? insista Clarke.

- Parce que je n'en ai pas envie, se contenta de répondre Lexa.

Mais une nouvelle fois, Clarke ne se démonta pas.

- Lexa… répéta-t-elle de nouveau, de manière beaucoup plus pressante cette fois-ci.

Il n'en fallut pas plus à Lexa pour perdre son calme. Elle se tourna brusquement vers elle et s'exclama d'une voix forte:

- Parce que j'aurais l'impression que c'est définitif!

Et lorsqu'elle vit Clarke sursauter légèrement et ouvrir la bouche d'un air surpris, elle le regretta immédiatement et s'en sentit terriblement coupable.

C'était la deuxième fois qu'elle s'énervait contre Clarke en deux jours et elle n'aimait pas du tout ça. Elle n'était pas du genre à s'emporter facilement, surtout avec sa petite-amie, et pourtant elle avait dorénavant l'impression de vivre avec une colère perpétuelle au creux de la poitrine. Chose qu'elle ne réalisait réellement que maintenant alors qu'elle se trouvait face à la seule personne qui n'avait pas peur de lui tenir tête et devant laquelle elle n'avait pas peur d'être elle-même.

- Tant que je reste à l'hôtel, mon installation ici à LA reste temporaire, expliqua-t-elle d'un ton beaucoup plus soft. Si je m'installe dans un appartement ou une maison, je – je perdrais le peu d'espoir qui me fait dire que je reviendrais bientôt…

Elle marqua une légère pause et ajouta d'une voix légèrement brisée:

- Je n'ai qu'un seul chez moi et il est à New-York.

Il est auprès de toi…

- Et je n'ai pas besoin d'en avoir un autre… termina-t-elle.

Un silence de plomb suivit ses mots pendant lequel elles se fixèrent longuement sans bouger jusqu'à ce que Lexa détourne le regard. Elle secoua la tête puis se laissa tomber sur le lit en position assise, tournant ainsi le dos à Clarke. Cette dernière eut l'impression que son cœur se serrait douloureusement dans sa poitrine.

- Lexa… prononça-t-elle d'une voix incertaine.

La nommée redressa la tête et la tourna de sorte à ce qu'elle puisse voir son profil. Clarke la regarda quelques secondes de plus puis, tout en relâchant les draps qu'elle tenait toujours autour de son corps nu, elle se rapprocha d'elle jusqu'à ce que sa poitrine se retrouve collée à son dos et qu'elle puisse glisser ses bras autour de sa taille et poser son menton contre son épaule.

La réaction de Lexa fut immédiate. Comme à chaque fois que Clarke la touchait, son corps agissait de lui-même et elle se retrouva à fermer les yeux et se laisser aller contre elle.

- Je comprends, déclara Clarke en posant un baiser sur sa nuque. Et si tu préfères rester à l'hôtel, je le comprends aussi et je ne t'en reparlerais plus... Mais Lex, ce n'est pas parce que tu décides de t'installer dans un appartement que ça veut dire que les choses deviennent définitives. Tu peux juste décider de vouloir vivre dans un endroit à toi, plus personnel et stable qu'une chambre d'hôtel…

Lexa acquiesça mais ne dit rien, amenant Clarke à resserrer un peu plus ses bras autour d'elle.

- Hey, souffla-t-elle à son oreille, tu sais que, quoi qu'il se passe, que ce soit à New-York ou à Los Angeles, dans un appartement ou dans une chambre d'hôtel, on se retrouvera bientôt hein?

Lexa tourna la tête de sorte à pouvoir la regarder et lui adressa un léger sourire.

- Je sais, assura-t-elle. Juste quelques mois de plus…

- Exactement, répondit Clarke en posant sa tête sur son épaule pour pouvoir mieux la regarder. Et tu verras que si je viens vivre ici avec toi, tu voudras très vite fuir l'hôtel tellement tu en auras marre de voir mes affaires traîner partout.

Un petit rire s'échappa de la bouche de Lexa qui se retrouva dans l'incapacité de détourner les yeux d'elle. Elle fixa Clarke, dessina chaque détail de son visage avec ses yeux et, lorsqu'elle ne put plus s'en empêcher, elle se pencha vers elle et posa un baiser plein de tendresse sur son front. Et, juste comme ça, le poids qui se trouvait dans sa poitrine disparut.

- Tu m'as manqué… déclara-t-elle tout doucement, comme si le simple fait de l'admettre la rendait vulnérable.

Clarke redressa la tête et lui adressa un grand sourire.

- Tu m'as manqué aussi, répondit-elle en posant un petit baiser sur sa bouche.

Elle fit redescendre ensuite ses lèvres jusqu'à sa mâchoire puis sa nuque, amenant Lexa à fermer les yeux et se laisser aller un peu plus contre elle.

- Que dirais-tu qu'on prenne une douche ensemble avant d'aller rejoindre les autres? demanda Clarke en continuant d'embrasser chaque parcelle de peau qu'elle pouvait atteindre.

Elle ponctua ses mots en ramenant ses mains par-dessus ses épaules pour les laisser parcourir le long de son corps et Lexa se retrouva dans l'incapacité de faire quoi que ce soit d'autre que d'acquiescer. Clarke posa une multitude de baisers le long de sa nuque et tira sur le col de sa chemise pour la lui retirer. Lexa la sentit lui embrasser une dernière fois les épaules avant de s'éloigner pour se redresser du lit. Et, lorsqu'elle se retrouva face à une Clarke complètement nue qui lui attrapa la main pour l'attirer en direction de la salle de bain, elle se laissa faire sans la moindre difficulté.


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