Disclaimer : Vous n'êtes pas au courant ? Harry Potter et tous ses personnages appartiennent à JKR. Et pour ajouter à mon malheur, l'histoire appartient à Emma Lipardi, vu que c'est la traduction de la fic An Aunt's Love.


Ce site n'autorise plus les auteurs à mettre les réponses aux reviews dans les chapitres, et vu comme on sait comme ils peuvent être pointilleux... Voila comment je vais faire :

- Pour ceux qui ont laissé une review signée, je vais utiliser leur nouveau système pour répondre, et vous devriez recevoir cette réponse dans votre boite mail (si j'ai tout compris comment ça marche)

- Pour ceux qui ont laissé une review anonyme mais m'ont mis leur adresse e-mail, je répondrai par e-mail.

- Pour les autres, je vais faire les réponses dans ma bio mais je les enlèverai quand je posterai autre chose.


Note de la traductrice : On m'a posé des questions sur un précédent chapitre (le 55). J'ai demandé à Emma, mais après, j'ai oublié de transmettre les réponses…

'Dulce et decorum est, pro patria mori' veut dire : « Il set normal et juste de mourir pour sa patrie » C'est issue d'un poème sur la seconde guerre mondiale.

Pour l'attaque du théâtre par Voldemort, c'était par pure coïncidence qu'Harry y soit à ce moment là. Voldemort ne savait pas qu'il y était il souhaitait simplement attaquer la foule pour faire un maximum de dégâts en un minimum de temps.

Quant à la manière dont Voldemort a découvert qu'Harry avait envoyé le moldu à Poudlard, ça n'a rien à voir avec des espions. Voldemort a le potentiel d'un Magus, même s'il s'est handicapé en écoupant son âme. Néanmoins, il y a quand même un peu accès, ce qui lui permet de savoir certaines choses.


Harry regarda Bleys et lui sourit. Ils avaient effectué leur leçon de magie dehors aujourd'hui. Tous les deux avaient naturellement gravité autour de la rivière qui courrait derrière le cottage et étaient à présent assis sur la berge, leurs pieds dans l'eau comme des enfants. Bien sûr, le corps d'Harry avait dix ans, mais il n'était pas concerné par ça. Il était plus fasciné par le concept que Bleys venait juste d'introduire.

« Donc la magie influence les autres magies ? » dit l'enfant en donnant un coup de pied dans l'eau.

Bleys étudia l'eau une minute avant d'acquiescer. « D'une certaine manière, Harry. » Il tendit la main et désigna les ronds sur la surface. « Qu'arrive-t-il à l'eau, Harry ? »

« Je la frappe et des ricochets se forment » dit Harry, le démontrant en donnant un coup de pied.

« La magie est assez semblable » admit Bleys en prenant un bâton proche et en commençant à le pousser dans l'eau. « Tu lances un sort et il voyage en partant de toi et en se répandant dans le monde. Tôt ou tard, la magie revient vers toi, que ce soit par la terre, par un autre sort qui t'est lancé, etc. C'est un équilibre. »

« Donc, tous les sorts que je lance me reviendront un jour ? »

« Oui, répondit Bleys. Tous les sorts qui te sont lancés retourneront au lanceur, tôt ou tard, même indirectement. » Bleys devint silencieux quelques minutes, un pied jouant négligemment avec l'eau.

Harry regarda les ricochets à la surface pendant une minute et fronça les sourcils. Il leva une main pour frotter sa cicatrice. Sa main hésita puis retomba sur l'herbe. « Bleys ? »

« Hum ? » Celui-ci regarda l'enfant.

« Et pour ce sort ? » L'enfant leva sa frange et désigna sa cicatrice.

« Ah, le sort de la mort. » Bleys fixa ses pieds. « C'est la même chose. » Il croisa ses mains dans sa robe et ferma les yeux.

Harry soupira et regarda l'eau à nouveau. « Et pour la connexion que nous partageons ? »

Bleys ouvrit un œil et fronça les sourcils. « J'avais peur que tu me le demandes. »

« Je veux savoir » dit Harry et il regarda son professeur.

« Es-tu sûr de vouloir savoir ? »

« Non. Je ne veux pas savoir » dit Harry avec un haussement d'épaules et un sourire triste.

« Ah, bien. » Bleys ferma les yeux et apparut prêt à commencer à faire la sieste au soleil.

Harry tendit une main et arracha un long brin d'herbe. Il le plia entre ses pouces et commença à siffler. Il jeta l'herbe au loin et soupira en sortant ses pieds de l'eau. Il croisa ses jambes et soupira encore. « Mais j'ai besoin de savoir. »

« Merde » jura Bleys et il ouvrit à nouveau les yeux. « Les dieux se moquent de moi, tu sais. »

« Ca pourrait être pire, grommela Harry. Tu pourrais être moi. »

Bleys eut un reniflement amusé puis sourit à son élève. « C'est vrai, mon enfant. » Il se leva et regarda l'eau quelques minutes alors qu'elle chutait et dégringolait sur les petites pierres au fond.

Harry le regarda et sourit. Il savait que Bleys expliquerait dès qu'il aurait trouvé comment il voulait le dire. Ce n'était qu'une question de temps pour lui.

« La cicatrice du sort est différente du sort de la mort, Harry » dit Bleys en croisant ses pieds sous lui et en s'asseyant. « En fait, elle est de la plus profonde magie qui existe dans le monde. »

« La plus profonde magie ? » demanda Harry avec confusion.

« S'il te plaît. » Bleys leva la main, interrompant la question. « Ca va être extrêmement difficile pour moi de te l'expliquer. Peux-tu retenir tes questions jusqu'à la fin ? »

« Bien sûr. » Harry décida que sa question n'était pas trop importante. Il pourrait demander ce que Bleys voulait dire par « profonde magie » plus tard dans la journée si nécessaire.

« Il y a de la magie que nous faisons instinctivement » commença Bleys en luttant visiblement pour formuler ses pensées en mot. « De la magie que nous n'avons même pas conscience de faire jusqu'à après les faits. » Il s'arrêta un moment avant de continuer. « Par exemple, quand ta mère a donné sa vie pour la tienne, elle n'a pas dit de sort ou d'incantation, ne s'est pas arrêtée pour faire un rituel ou pour invoquer un autre pouvoir que son profond amour pour toi. » Bleys s'arrêta encore. « Tu as fait la même chose quand Voldemort a essayé de te tuer. »

Bleys leva une pierre et la laissa tomber dans l'eau, regardant les ricochets qu'elle fit en silence. « C'et très difficile à expliquer, Harry. Quand ta mère est morte, elle a utilisé sa plus profonde magie, la chose qui faisait sa magie, pour te protéger. Quand Voldemort a lancé le Sort de la Mort, tu as utilisé ta magie primaire pour protéger ta vie, parce que tu savais déjà que ta mère était morte et pourquoi elle était morte. »

Harry ouvrit sa bouche pour protester et Bleys le coupa à nouveau. « Crois-moi, Harry. Les enfants aussi jeunes savent quand leur mère meurt, avant même que la plupart des autres personnes ne le sachent. Je l'ai vu arriver. Donc, quand tu as protégé ta vie à un âge où l'innocence aurait dû être la seule chose que tu connaisses, tu as abandonné une partie de toi-même. »

Harry fronça les sourcils de confusion. Il avait abandonné une partie de lui-même ? Comment était-ce possible ? Est-ce que Bleys voulait dire littéralement ? Ou métaphoriquement ?

Le sourire de Bleys était triste quand il regarda Harry. « Oui, le sacrifice était si grand qu'il a laissé sa marque. » Il tendit un doigt rugueux et tapota la cicatrice sur le front d'Harry. « Tu as abandonné une partie de toi pour survivre, te liant immanquablement à Voldemort pendant aussi longtemps qu'il survivra. » Bleys lissa les cheveux de Harry et retint la frange que l'adolescent utilisait pour cacher la cicatrice des yeux curieux. « Ce n'est pas une marque de honte. C'est une marque de survie. »

« J'ai donné quelque chose de moi-même à Voldemort ? demanda Harry avec incrédulité. Comment j'ai fait ça ? Je n'étais qu'un bébé ! »

« Ta mère a donné sa vie pour que tu sois capable d'avoir assez de pouvoir pour te défendre. Sa magie est allée vers toi. Combiné avec le fait que tu sois déjà un sorcier avec d'immenses pouvoirs et ça a été suffisant pour assurer ta survie. » Bleys caressa encore les cheveux d'Harry et sourit. « Cette cicatrice que tu as est le signe que tu as eu besoin de te défendre et que tu as réussi. »

« Donc, comment je récupère cette part de moi ? se demanda Harry à voix haute. Est-ce que je peux la récupérer ? »

« Oh, oui. C'est possible » lui assura Bleys en attirant Harry plus près de lui et en enroulant un bras autour de lui. « C'est extrêmement possible. C'est juste une question d'amener Voldemort à te donner quelque chose de lui. Ca complète les ricochets, si tu me permets d'utiliser l'analogie. »

« Le fouchelangue… » Harry s'arrêta quand il vit Bleys secouer la tête.

« C'est à toi et à toi seul, Harry. Un cadeau des dieux, je dirai. Ou une blague à tes dépends, considérant que ton ennemi a le même talent. »

Harry s'assit entre le cercle des bras de Bleys et soupira. « Donc, ma cicatrice ne veut pas dire ce que tout le monde pense qu'elle veut dire. »

« Non, tout le monde pense que ça veut dire que tu as survécu au Sort de la Mort, ce que tu as fait. Simplement, pas de la manière dont tout le monde pense. »

« Oh, dit Harry avec perplexité. Donc, Voldemort doit me donner quelque chose de lui-même. » Harry eut presque un reniflement amusé à la pensée que Voldemort ne ferait jamais quelque chose comme ça.

« Il le doit, dit calmement Bleys. Le Sort de la Mort est un de ses sorts qui doit avoir un retour. Il donnera quelque chose de lui à la fin. »

« Pourquoi ? S'il sait ce qu'il a fait puis ce que j'ai fait… »

« Il n'a pas le choix, Harry. Il devra finir ce que tu as commencé il y a si longtemps » dit Bleys en se levant et en remettant Harry sur ses pieds. « Ca a commencé un cercle. Ce cercle doit être fermé avant qu'aucun de vous ne puisse espérer continuer avec sa vie. Certains de tes talents sont drainés en le supportant et il ne peut pas vivre seul. Vous deux êtes connecté, mais c'est grandement étiré et l'un ou l'autre devra fermer ce cercle. »

« Il essaiera probablement de me tuer tôt ou tard » dit sombrement Harry.

« Il ne pourra pas te tuer » dit Bleys en tendant à Harry ses chaussettes et ses bottes. « Les protections que tu as mises en place contre lui te protègent toujours. » Bleys pointa la cicatrice et eut un sourire narquois. « Cette protection continuera aussi longtemps qu'il survivra. »

« Oh. » Harry commença à mettre une chaussette et sautilla pour garder l'équilibre.

« Ferme le cercle, Harry. C'est tout ce que tu as besoin de faire, puis tu auras achevé ce que tu as commencé quand tu étais juste un bébé. »

« Qu'est-ce que j'ai commencé ? »

« Le Sort de la Mort. Il a essayé de te tuer, donc tu as utilisé la magie de ta mère et un peu de toi-même pour créer un bouclier si puissant que tu as réussi à lui renvoyer le sort. Malheureusement, le lien que tu partages avec lui l'a également empêché de mourir. »

« C'est de ma faute s'il est toujours en vie ? » Harry sentit le sang se drainer de son visage.

« Non » dit Bleys si fermement qu'Harry ne put que le croire le croire. « Ce n'est pas de ta faute. »

Harry étudia son professeur avec curiosité. « Comment peux-tu en être aussi sûr ? »

« L'autodéfense est juste ça. S'il n'avait pas essayé de te tuer, s'il t'avait laissé tranquille, son âme n'aurait pas été arrachée de son premier corps. » Harry frissonna un moment en se souvenant du rituel que Voldemort avait utilisé pour revenir à une forme corporelle.

« Je lui ai donné quelque chose d'autre de moi-même quand il a eu un nouveau corps. » Harry remonta sa manche et montra à Bleys la cicatrice qu'il avait de cette nuit-là. « Il a pris un peu de mon sang pour créer un nouveau corps. »

« Alors lui et toi êtes plus liés que je ne le pensais. La magie du sang est très puissante. » Bleys serra les lèvres et soupira. « La partie qu'il te donne, Harry, devra être une magie très profonde, venant également de ce qui le rend magique. Penses-tu que tu pourras l'amener à faire ça ? »

« Je ne suis pas sûr, dit Harry avec confusion. Je vais devoir y penser. Que pourrait-il possiblement me donner ? »

« Hum, nous devrons y penser, n'est-ce pas ? » dit Bleys d'un ton pensif. « Viens maintenant. Il est presque l'heure de notre prochain repas et je sais que ton estomac n'oubliera pas quelque chose comme ça ! »


Khalid se leva et étudia le garçon sur le lit. Quelque chose se passait avec l'enfant. Les robes de Mangemort et un masque lui dirent tout ce qu'il avait besoin de savoir. La seule chose qui le rendait confus dans tout ça était que l'enfant n'avait pas la Marque des Ténèbres. Khalid renifla et lutta contre une pulsion de faim. Oui, le sang l'appelait, mais il ne voulait pas violer la confiance que le garçon lui portait. Très peu de personnes faisaient confiance à un vampire quand ils étaient conscients, encore moins quand ils étaient inconscients. Harry ne dormirait pas s'il ne se sentait pas en sécurité avec lui.

Khalid se baissa et lutta pour enlever les robes de Mangemort du garçon oublieux. Il étudia les marques à moitié guéries devant lui et grimaça. Il apparaissait que quelqu'un s'en était pris à l'adolescent avec une ceinture ou quelque chose de similaire. Le petit ne mérite pas des choses comme ça après son enfance.

Le vampire tendit une main et la tint au-dessus du dos de l'enfant, permettant à un peu d'énergie guérisseuse d'aller dans ses blessures. Khalid avait dit au garçon qu'il se fichait de ses secrets, quand il avait été dans son esprit, mais il avait remarqué des choses. L'enfant était extrêmement protecteur de ses émotions ; seuls les enfants qui avaient souffert de maltraitance protégeaient aussi efficacement leurs émotions des autres. La partie de l'esprit associée à la famille avait presque complètement enlevé toute présence masculine en dehors des mentors du garçon.

Quelques questions à un Harry à demi-conscient sur sa vie de famille avaient révélé que l'adolescent était une personne très fragile enveloppée par des couches de force et de défense. C'était admirable qu'une personne aussi jeune qu'Harry soit si préparée à donner sa vie pour les autres et à se battre pour ce qu'il pensait être juste. Admirable et à vous briser totalement le cœur. Khalid avait été tenté de changer le garçon ici et maintenant, dans la Chambre des Secrets, et de l'emmener loin des mortels insignifiants qui ne savaient pas quel précieux cadeau Harry était pour le monde. Il avait tenu Harry dans la bonne position et avait eu ses crocs découverts, l'enfant grommelant tout du long, jusqu'à ce qu'il entende les mots « Tante Pétunia » tomber des lèvres du garçon. Une rapide question sur sa tante avait révélé la relation naissante qu'ils partageaient tous les deux et combien Harry voulait cette relation maintenant qu'il l'avait. Qui était Khalid pour lui dénier une telle joie ?

Il évalua l'enfant et ses actions. Harry rejoindrait-il réellement le Seigneur des Ténèbres ? Et dans quel but ?

Les yeux d'Harry papillonnèrent et s'ouvrirent et Khalid se pencha en avant pour le regarder en face. « Bonjour, petit mage ! » dit-il brillamment.

« Où ? » Où étaient partis Bleys et le cottage ? Ils avaenit été juste là. Harry regarda autour de lui quelques secondes avant que son esprit ne le rattrape. « Oh, c'était un rêve » dit Harry pour lui-même en luttant pour s'asseoir avec Khalid si près de lui. « Pourquoi êtes-vous là ? »

« Oh, j'étais dans les parages et j'ai décidé de passer, seulement je n'ai pas trouvé un petit mage dormant paisiblement, mais un lit froid et vide. » Khalid se redressa et essaya d'avoir l'air des plus intimidant. « Voudriez-vous me dire où mon petit mage était et pourquoi il s'est montré habillé en robes et masque de Mangemort, flagellé sur le dos, et à peine conscient ? »

« Pas vraiment, répondit Harry. Merci d'avoir fini de guérir mon dos. »

« Vous n'avez pas répondu à ma question » dit Khalid, vraiment gêné de voir ses réponses lui être refusées. « J'ai peur de devoir peut-être aller chercher votre thérapeute et vous pourrez lui expliquer… ou à votre tante. Je ne suis pas sûr duquel recevrait une réponse de votre part. »

« Khalid, s'il vous plaît. Pas Paul, ni ma tante. Je ne reverrai jamais la lumière du jour si l'un d'eux découvrait ça. »

Celui-ci renifla. « Ce n'est pas si mal, d'être dans le noir. J'ai assez aimé au début où j'ai été changé » dit-il en boudant.

« Ce n'est pas ce que je voulais dire ! Ils vont juste me couver ou quelque chose comme ça. Ils sont surprotecteurs. » Harry se leva et rassembla ses robes et son masque dans ses bras. Il traversa la pièce jusqu'à son armoire et plia le vêtement avant de le remettre à sa place. Il cacha le masque à nouveau et couvrit son visage de ses mains une brève seconde avant de nouer ses doigts derrière sa tête et de les laisser là. « C'est vraiment difficile à expliquer et j'apprécierai si vous ne parliez à personne de ça. »

« Hum, très bien. Je suis d'accord pour garder votre secret si vous acceptez d'en parler à Paul ou à votre tante. »

Harry pensa à ce que Khalid avait dit pendant une seconde avant d'acquiescer. « Je suis d'accord avec vos termes, dit calmement Harry. S'il vous plait, asseyez-vous. Je vais me changer avant de retourner au lit. »

« Très bien. » Khalid se percha sur la chaise du bureau d'Harry et attendit pendant que celui-ci emmenait un pyjama dans la salle de bain et se changeait. Il sourit quand l'adolescent revint. « Dites-moi maintenant. Je veux vraiment savoir. »

« Tout a commencé après que mon parrain soit mort. » Harry dit tout à Khalid. Les combats dans sa tête, Voldemort l'épuisant pour qu'il soit plus facile à gérer, les mots gentils, les offres, le thé, le début des leçons involontaires, le portoloin et les leçons requises, Zareh lui enseignant. Tout.

« Oh, William adorerait savoir qu'il vous a enseigné tous ces mois ! Il serait tellement embarrassé qu'il deviendrait rouge comme du sang ! »

« Vous ne pouvez pas lui dire ! dit Harry avec brusquerie. Mon plan a besoin d'être tenu secret. Voldemort me fait de plus en plus confiance avec chaque jour qui passe. Il n'arrête pas de me dire des choses. Tôt ou tard, il laissera passer une faiblesse ou quelque chose qui nous donnera un avantage. »

« Est-ce que ça en vaut la peine ? »dit Khalid, apparaissant soudain derrière Harry alors qu'il avait été juste devant lui une seconde auparavant. Le vampire posa une main douce sur le dos de l'adolescent. « Est-ce que ça vaut la douleur que vous souffrez ? »

« Ca en vaut plus que la peine, dit enfin Harry. Je ferais presque tout pour voir cet homme disparaître de cette terre. »

« Très bien. » Khalid croisa les bras et renifla. « Vous avez dit que ce Sensei est au courant. »

« Oui, il m'a surpris. Autrement, il ne saurait rien du tout » admit Harry.

« Et vous lui faites confiance pour soigner toutes les blessures qui pourraient arriver pendant vos petites promenades en tant que Mangemort. »

« Oui, répondit calmement Harry. Il n'est pas d'accord avec ce que je fais, mais il comprend pourquoi je dois le faire. »

« Bien. Je ne le dirai à personne. Souvenez-vous juste d'en parler à votre thérapeute ou à votre tante, d'accord ? »

« Certainement » dit Harry. Il bailla soudain et cligna des yeux de surprise.

« Vous devriez dormir encore. Je sais qu'ils aiment vous réveiller tôt. Vous avez un petit moment avant que l'aube ne se lève » dit Khalid en allant vers le lit et en relevant les couvertures. « Au lit » ordonna-t-il avec un large sourire.

« Pas de problème. » Harry se glissa dans son lit et s'allongea. Khalid le recouvrit des couvertures et le borda.

« Ne quittez pas ce lit avant le lever du soleil ou je vous emmènerai en Transylvanie et permettrai à Dracula en personne de vous surveiller » dit le vampire en bordant les couvertures sous le matelas.

« Ca ne semble pas très rassurant »s'aventura Harry.

« Ce n'était pas censé l'être, dit Khalid avec un sourire. C'est une menace des plus sérieuses. » Il tendit un doigt et toucha le front de l'enfant. « Dormez, maintenant, mon petit mage. »

« Je déteste quand » Harry bailla « vous faites ça » finit-il d'un ton fatigué.

« Contentez-vous de dormir. » Le vampire caressa les cheveux sur la tête du sorcier et celui-ci se trouva à glisser dans le sommeil. Un faible fredonnement atteint ses oreilles et il aurait rougi s'il n'avait pas été aussi fatigué : Khalid fredonnait ce qui ne pouvait être qu'une berceuse.


Un léger coup à la porte fut le seul avertissement qu'Harry eut pour défaire les sorts qu'il avait lancés la nuit précédente. Il leva vivement une main en l'air et descella la porte. « Etrange. La porte a collé, dit la voix de Paul de l'autre côté. Bonjour, Harry. Prêt pour la première ce soir ? » demanda-t-il en entrant dans la chambre, un peu trop gaiement au goût de l'adolescent.

Celui-ci se laissa retomber en arrière et tira ses couvertures au-dessus de sa tête avant de gémir. « Va-t'en, Paul. Les grands acteurs ont besoin de leur sommeil réparateur. » Il essaya d'avoir l'air sérieux mais il finit par avoir l'air d'un adolescent irrité. « Est-ce que Sensei n'est pas sensé me réveiller aux aurores ? » demanda-t-il de sous sa couverture.

« Oui, mais j'ai décidé de prendre sa place aujourd'hui. Il est temps de te lever. Le petit-déjeuner va être servi dans une demi-heure.

« J'ai pu rester dormir ? » demanda Harry en baissant un peu la couverture.

« Jusqu'à sept heures du matin sans être dérangé. Il fait déjà jour dehors. Etonnant, n'est-ce pas ? » demanda Paul avec bonne humeur.

« Ouais. » Harry devait être plus fatigué qu'il le pensait. Bien sûr, c'était normal après une leçon avec Voldemort. « Je suppose que je devrais me lever. »

« De plus, mettre un écriteau à ta porte qui dit 'Du calme s'il vous plaît – les garçons ont besoin de sommeil' était une idée géniale. Tu as époustouflé tes gardes du corps quand ils n'ont pas pu deviner comment le signe était arrivé ici. »

« Je n'ai pas mis d'écriteau… Khalid ! »

« Pardon ? » demanda Paul avec confusion.

« Khalid était là hier soir. Il a dû le faire.

« Est-ce qu'il s'est enregistré sur le registre des visiteurs ? » demanda Paul avec la bouche menaçant de sourire.

« Très drôle, Paul. Vraiment hystérique. Je ne peux pas respirer, je ris trop fort. Ha ha ha. » Harry lança un regard noir à son thérapeute.

« Tu veux savoir quelque chose, Harry ? » demanda Paul en se tournant vers la porte.

« Qu'est-ce que c'est ? » répondit celui-ci en luttant pour se libérer des couvertures et se lever.

« Tu as besoin de caféine. Tu n'arrives pas à bien prendre une plaisanterie le matin ! » Paul s'enfuit alors que l'oreiller d'Harry lui était lancé dessus.


Harry s'assit devant un des énormes miroirs et alluma les lumières qui l'entouraient. Le maquillage était déjà étalé devant lui et il grimaça. C'était la partie qu'il aimait le moins dans le théâtre. Le maquillage. Il tendit la main pour saisir le premier pot de fond de teint qu'il était supposé utiliser et l'ouvrit. La chose géniale au sujet du maquillage de Dracula était que Bevie avait fait venir un ami maquilleur à lui qui avait enseigné à Harry comment faire les effets spéciaux dont il avait besoin pour avoir l'air mort et vivant en même temps. Ce n'était qu'une question d'ombres subtiles et de traits. Ca avait été très amusant de travailler avec Sarah et maintenant, il savait comment tout appliquer tout seul.

Il prit une éponge et commença à appliquer la base. Elle allait partout : son visage, son cou, ses mains jusqu'aux poignets, sa nuque. Il avait besoin d'une douche chaude pour en enlever toutes les traces, mais c'était toujours très marrant. Il avait l'air complètement différent juste avec ça. Il eut un sourire narquois et commença ses lignes. Il les fit sombres pour le moment, sachant qu'elles se fondraient avec le reste de ce qu'il avait à mettre. « Les ombres » allèrent dans le creux de ses joues, sous ses yeux et son menton. Il était déjà maigre et ces ombres lui donnaient un air émacié. « Je suis… le Professeur Snape » grommela-t-il, pratiquant un des regards noirs de l'homme devant la glace. Il souligna ses yeux et regarda dans le miroir pour voir Bevie se tenir derrière lui. « Je vais bien, Bevie. Je ne suis pas nerveux, mon maquillage est presque fini et je connais toutes mes répliques. Ne vous inquiétez pas. »

« Ah, bien. Bien. Une chose qui se passe bien. » Bevie s'éloigna et Harry ricana. Bevie ne gérait jamais très bien la première. Il était toujours une énorme boule de nerfs et avait pris trop de café et de thé.

Harry finit avec l'eyeliner et évalua le reste du maquillage qu'il était obligé d'utiliser. Il détestait le rouge à lèvre mais il devait admettre que le visage avait l'air étrange sans. Il soupira et le prit.

« Evan ! » Il se tourna vers sa droite et eut juste assez de temps pour sourire avant qu'un appareil photo ne lui flashe au visage. « Je t'ai eu ! » annonça Insecte, triomphant d'avoir capturé une photo d'un Harry souriant.

« Très bien, tu m'a eu, Insecte. Maintenant va faire ce que tu es supposé faire et laisse-moi finir mon maquillage » lui dit Harry en agitant une main impériale.

Insecte leva les yeux au ciel et s'inclina rapidement devant Harry. « Bien sûr, Seigneur Dracula. Tout ce que vous dîtes, Seigneur Dracula. » Il continua à s'incliner jusqu'à ce qu'il soit hors de vue.

« Quel garçon étrange » dit un des gardes du corps d'Harry de sa place dans un coin.

« Il a été pire, dit Harry en se retournant vers le miroir. Si vous voulez aller vous asseoir dans le public, vous pouvez. Je ne pense pas que qui que ce soit m'attaque ici » dit Harry à voix basse. Le garde du corps ne lui adressa qu'un regard et l'adolescent soupira. Ils devenaient trop bons au jeu du « Débarrassons-nous des gardes du corps. » C'était assez frustrant.

L'appel pour les costumes vint et Harry sourit. Son maquillage était terminé juste à temps. Il quitta le miroir et alla chercher son costume. Des murmures venant des sièges lui indiquèrent que la taille du public commençait à augmenter et il espéra que tout le monde resterait calme. Susan lui tendit ses vêtements et Harry se glissa derrière une des cabines d'essayage. Il entendit les filles glousser à nouveau et sortit la tête pour leur faire face. « Ah, mesdames, dit-il avec son accent. Je vous attendais. Dînons, oui ? » Il tendit la main et toucha légèrement le poignet d'une fille. Elle et les autres s'enfuirent et Harry put entendre leurs gloussements de là où elles atterrirent. Etre Dracula appelait juste les filles à lui. Maintenant, si seulement il pouvait réussir à les attirer comme ça quand il n'était pas dans un costume…


Harry se glissa entre les arches de pierre, se fondant dans le brouillard qui drapait le jardin de son amour. Ca convenait à ses buts et masquait son arrivé à tous sauf elle. Il s'arrêta sous sa fenêtre et la regarda avec envie, circonspect à l'idée de s'avancer et de la surprendre, mais aussi effrayé de ne pas continuer et de rater sa compagnie pour la soirée. Il leva une main vers le verre et lui fit signe. Il pouvait entendre ses battements de cœur chanter dans la nuit. Il fit un geste à nouveau, impatient de voir son visage et de la tenir dans ses bras, de nourrir sa fascination grandissante pour la nuit.

La fenêtre s'ouvrit et les rideaux se séparèrent pour révéler son visage. Elle était confuse, comme si elle n'était pas sûre de ce qui l'avait appelé à la fenêtre. Son sourire transforma son visage et Harry sentit son cœur silencieux se soulever ; elle était contente de le voir. Elle se détourna de la fenêtre et baissa les lumières avant de grimper à l'extérieur. Il se précipita pour l'aider afin qu'elle ne se blesse pas et l'attira à lui aussitôt qu'elle fut stable sur ses pieds.

« Bonsoir, ma Lucie » dit Harry en repoussant les cheveux de la jeune fille de son visage. Lucie lui sourit alors qu'il drapait sa cape autour d'elle et il la guida vers une arche en pierre. Des loups hurlèrent au loin et le sourire d'Harry s'effaça au bruit. Il resserra sa prise sur la fille dans ses bras. « Ecoute les, les enfants de la nuit. Quelle triste musique ils font. »

« Vous pensez que c'est triste ? » demanda Lucie en passant un doigt le long de la cape alors qu'elle se contorsionnait pour lui faire face.

Harry acquiesça. « Si seul, comme des pleurs. »

« Je pense que c'est un son merveilleux » dit Lucie, son visage s'illuminant une fois de plus. Harry fut surpris et ravi. Il y avait toujours quelque chose de nouveau à découvrir quand il était avec elle. « J'aime vraiment la nuit. C'est si simple… »

« Si trompeur. » lui dit Harry en l'attirant contre lui.

« Si excitant. » Lucie passa ses mains le long des bras du vampire et les lia derrière son cou.

Harry sourit et saisit ses mains. Il les ramena entre eux et les tint dans les siennes. Il les leva vers sa bouche et déposa un léger baiser sur le dos de chacune. « Vous prenez l'aube pour acquise » lui dit-il, laissant tomber une main et passant un doigt à l'intérieur du poignet de la jeune femme. « Le soleil chaud et doux. » Il embrassa la paume de la main de la jeune fille et esquissa un sourire. « Ah, mais la nuit… »

« Est faite pour qu'on en profite » dit Lucie, retirant sa main de la sienne et la posant sur le côté gauche de son visage. Il s'appuya sur le toucher avec un petit soupir et ferma les yeux.

« Oui » dit-il joyeusement, presque surexcité par les sentiments qu'il éprouvait en ce moment. Elle comprenait. Elle comprenait la nuit, non, c'était plus que ça. Elle voulait la nuit. Elle en avait besoin comme il avait besoin de sang. « Oui, elle l'est. Elle est faite pour qu'on profite de la vie, murmura-t-il, et de l'amour. » Il ouvrit ses yeux et put presque lire ce qu'elle voulait dans son regard. Celui-ci se fit hésitant et s'abaissa sur le sol à leurs pieds. « Regardez-moi. » Il mit un doigt sous son menton et essaya de relever son visage vers le sien. « Regardez » demanda-t-il, donnant des petits coups à son menton. Ses yeux se relevèrent finalement pour rencontrer les siens. Harry demanda en roumain qu'elle lui sourie. Elle lui adressa un léger sourire. « Voilà, vous comprenez. »

« Non, vraiment. Je n'ai aucune idée de ce que vous avez dit » lui répondit Lucie à voix basse.

« J'ai dit : ce serait agréable de vous voir sourire. »

Elle lui sourit de ce sourire qui lui faisait penser au dernier lever de soleil qu'il avait vu.

« Vous devez me pardonner » lui dit Harry en lui rendant son sourire.

« Pour quoi ? » demanda-t-elle avec un léger rire dans ses mots.

« Pour m'être introduit dans votre vie » lui dit Harry en enveloppant une de ses mains délicates dans la sienne.

Le sourire de Lucie s'agrandit et elle secoua la tête. « Je suis venue de mon propre gré. » A eux seuls, ces mots firent que tout ce qu'il avait fait en valait la peine.

Il sourit à nouveau, de pur contentement, et l'entoura de ses bras. Elle s'appuya contre lui, se protégeant sous sa cape et dans son étreinte. Il ouvrit sa chemise et coupa une ligne pour qu'elle se nourrisse. Il la serra plus près de lui alors qu'elle prenait son sang, heureux qu'elle devienne si proche de lui, si proche d'être immortelle comme lui. Ils se tinrent tous les deux là pendant un moment, enveloppés dans le brouillard et leurs propres pensées silencieuses. Il se redressa après un moment et s'éloigna. « Vous devriez peut-être y aller. »

« Non, je préfèrerais rester » dit-elle avec un peu d'obstination colorant sa voix.

Harry passa un bras autour de ses épaules et commença à la ramener vers sa fenêtre. « Il fera bientôt jour » lui dit-il en la hissant vers sa fenêtre.

« Pas avant des heures » cajola-t-elle alors qu'il embrassait sa main et s'inclinait.

« Je vous reverrai. A présent, vous devez continuer encore un peu à être une créature du soleil, seulement jusqu'à ce que nous ayons laissé derrière nous ceux qui nous détruiraient. »

« Et ensuite ? » demanda-t-elle en se penchant sur le rebord de sa fenêtre avec anticipation.

« Ensuite, vous me rejoindrez sur un plan plus haut, vous nourrissant d'eux. Nous en créerons plus de notre race, Lucie » lui dit-il avant de s'effacer dans le décor et de disparaître dans le brouillard.


Harry reposait dans son cercueil avec sa nouvelle fiancée à ses côtés. Il sourit et la serra contre lui. Lucie lui adressa un regard étrange mais se détendit contre lui. Le couvercle s'ouvrit violemment et quelqu'un la lui arracha. Il bondit hors du cercueil et fit face aux intrus. « Vous êtes à présent dans mon domaine, messieurs. Et vous ne le quitterez pas. »

Il s'avança vers les deux hommes, seulement pour voir des objets saints brandis vers son visage. Il s'éloigna de ces objets et vit Lucie se blottir dans un coin, loin d'eux. « Fous ! » Il fit signe à Lucie de sortir par l'autre passage. Il la vit commencer à longer lentement le mur et décida de distraire les hommes en les provoquant.

« Pensez-vous pouvoir me détruire avec vos croix et votre eau ? Moi ! » Il enroula sa cape autour de lui et eut un rictus méprisant. « Vous ne savez pas combien d'hommes sont venus après moi. Je suis le roi de mon espèce. » Il se tourna vers l'homme qui avait été son fléau pendant les dernières décennies. « Vous n'avez rien accompli, Van Hellsing. » Il cracha le nom comme il le ferait d'une malédiction. « Le temps est de mon côté. Dans un siècle, quand vous serez poussière, j'appellerai Lucie, ma reine, de sa tombe. »

« Non ! » Harry ne fit que hausser un sourcil au jeune mortel solennel devant lui. Si jeune, si fou.

« Oui, affirma Harry. J'ai eu beaucoup de fiancées en mon temps, Monsieur Harker, mais j'élèverai Lucie au dessus d'elles. » Ca devrait mettre le plus jeune en colère.

« Vous n'aurez pas Lucie » dit Harker avec fureur.

Harry se pencha vers lui et lui adressa le regard le plus suffisant qu'il put réussir. « Elle est déjà à moi. »

« Non ! » cria Harker et il se précipita vers lui avec un pieu et un marteau. Harry se tordit sur le côté, seulement pour découvrir Van Hellsing directement derrière Harker et prêt pour lui. Une croix fut brandie à son visage ; un mouvement de la main du vampire lança une table sur l'attaquant. La croix tomba au sol avec fracas et il avança à nouveau, déterminé à finir la traque de Van Hellsing. Ca devenait fatigant. Il sentit Harker venir derrière lui, donc il envoya valser Van Hellsing d'un coup et se tourna pour faire face au plus jeune. Il attrapa les revers de la veste du mortel et le leva dans les airs pour décider quel côté de son cou était plus à même de fournir du sang plus vite.

Une lumière vive le frappa au visage et il laissa tomber Harker pour se protéger les yeux. Il cria d'agonie alors que la lumière du soleil lui brûlait la peau.

« Non ! » entendit-il Lucie crier quelque part sur sa droite. Il glissa furtivement vers les ténèbres près de son cercueil. Il avait besoin de reposer dans sa terre pour guérir, pour se préparer à la prochaine confrontation. Il frappa les deux hommes qui s'avançaient et les envoya sur le côté. Il entendit quelque chose craquer dans l'un de leurs corps et fut satisfait qu'ils soient gênés pour le moment. Il rampa dans son cercueil. « Lucie, viens à moi. » Il tendit une main vers elle. « Viens, toi qui m'appartiens. »

Lucie rampa à côté de lui et enroula ses bras autour de son cou. Il sourit d'un air forcé contre la douleur et ferma les yeux. Il avait besoin de quelques minutes. Le couvercle s'ouvrit violemment et il cria sa fureur quand le pieu lui perça le corps. Lucie lui fut arrachée. Il tendit sa main en une prière, suppliant n'importe quel pouvoir qui existait de ne pas lui enlever son soleil. Elle quitta son champ de vision et le pieu fut tourné. Harry agrippa le côté du cercueil alors qu'il luttait contre les ténèbres imminentes. Une dernière torsion causa un spasme à son corps et il perdit sa prise. Sa main tomba et il ne bougea plus.

Van Hellsing se leva et prit une profonde inspiration alors qu'il se tournait et s'éloignait. Des voix discutèrent alors qu'ils conduisaient Lucie, qui pleurait à présent, loin de « cette horrible aventure. » Il n'entendit rien quand il leva une main et agrippa le côté du cercueil. Ils étaient vraiment des fous, pour penser qu'il pouvait être si facilement vaincu.


Le rideau tomba et Harry s'extirpa du cercueil pour disparaître en coulisse. Il fit signe à la fille qui jouait Lucie de l'autre côté de la scène et elle lui tira la langue. Il leva les yeux au ciel quand Insecte lui dona une tape sur le dos. La troupe alla sur scène pour le premier salut et Harry attendit son tour. Il entendit les applaudissements augmenter à chaque nouvelle partie du casting et s'écroula presque de rire alors que Lucie trébucha presque quand l'augmentation des applaudissements la surprit.

Finalement, ce fut le tour d'Harry. Il sauta sur place pendant une seconde avant de monter sur scène. Son sourire ne fit que s'élargir quand les applaudissements explosèrent dans l'auditorium. Il alla sur la marque au centre et s'inclina, incapable de contrôler le sourire se répandant sur son visage. Il entendit quelques filles crier dans le public et en identifia avec hésitation une comme étant Hermione, bien qu'il ne puisse en être sûr. Il s'inclina à nouveau et fit signe en direction de toute la troupe et l'équipe. Les applaudissements augmentèrent encore et ils s'inclinèrent tous. Il rit un peu et fit un signe de la main. Tout le monde sur la scène le rejoignit avant que le rideau ne tombe.

Harry n'eut pas besoin qu'on lui dise de courir dans le hall principal. Lui et le reste de la troupe descendirent de scène à la vitesse de l'éclair et sortirent pour s'aligner dans le hall. Les gardes du corps d'Harry apparurent derrière lui et mirent en place leurs visages intimidants.

Il eut un grand sourire en direction du reste de la troupe, presque trop excité pour se tenir tranquille. C'était un rush, ce spectacle, ces répliques. Il adorait ça. Les portes de l'auditorium s'ouvrirent et Harry se prépara pour une foule de gens. Il prit une profonde inspiration et plaqua un sourire. « Tu as si bien joué ! dit une femme. Tu m'as donné des frissons ! » Elle tressaillit théâtralement et partit.

Harry salua chaque personne qui s'arrêta devant lui et répondit aux mêmes questions et compliments encore et encore. Il acquiesça plusieurs fois et serra beaucoup de main. Ce n'était pas aussi amusant que de jouer, mais c'était pas mal. C'était agréable de voir que son jeu était apprécié.

« Le voilà ! » entendit-il Khalid dire sur sa droite. Harry se tourna et eut à peine le temps de comprendre le fait que Khalid soit là avant d'être soulevé et de tourbillonner. « Voilà mon petit ! »

« Bonjour, Khalid » dit Harry en se tortillant hors des bras du vampire. « Est-ce que vous avez aimé le spectacle ? »

« Est-ce que j'ai aimé le spectacle ? demanda Khalid avec incrédulité. C'était étonnant. Simplement étonnant. Oh? Il y a quelqu'un que je veux que vous rencontriez ! » Khalid fit signe à un homme et Harry sentit ses yeux s'écarquiller. « Puis-je vous présenter le garçon dont je vous ai parlé ? » dit Khalid à l'homme. Celui-ci acquiesça et la bouche d'Harry s'assécha. « C'est… » Khalid regarda aux alentours avant de se pencher et de murmurer quelque chose à l'homme. « C'est Vlad Tepes, Voivos de Wallachia. » Khalid murmura la phrase dans l'oreille d'Harry.

« C'est un honneur de vous rencontrer, monsieur »dit faiblement Harry alors que Dracula lui-même serrait sa main.

« Moi de même, dit Dracula en souriant à Harry. Je n'ai pas vu de spectacle aussi bon depuis un moment. » La voix légèrement accentuée dit à l'adolescent que ce n'était pas du tout un faux Dracula. C'était le vrai Dracula. « Vous devez venir me voir bientôt. J'aimerais vous montrer ma maison, mon enfant. Vous apprendriez la réalité sur la Transylvanie là-bas. »

« J'adorerai » se trouva à répondre Harry. « Aussi longtemps que ma tante est d'accord. »

« Oh, je suis sûr qu'elle le sera, avec le temps. Je suis impatient de vous revoir. » Dracula eut un sourire narquois et tapota Harry sur l'épaule. « Khalid, nous avons d'autres acteurs à féliciter. » Khalid choisit de tapoter rapidement la tête de l'adolescent avant de disparaître le long de la file.

« Evan ! » Harry n'eut même pas le temps de se préparer ; Hermione lui rentra dedans de toutes ses forces et commença à l'étrangler. « Evan ! Pourquoi tu ne me l'as pas dit ? Pourquoi ne m'as tu pas donné un indice ? C'était étonnant ! » Hermione sautilla d'excitation puis se remit à lui couper tout air.

« Mi ! » Harry décrocha les mains de la jeune fille et mit les siennes sur ses épaules pour la maintenir en place. « Calme-toi. »

« Me calmer ? Après avoir vu la meilleure pièce de tous les temps ? Impossible ! » Hermione poussa vraiment un cri aigue et le serra dans ses bras à nouveau.

« Bien, je suis content que tu ais aimé. As-tu vu Tante Pétunia ? » demanda-t-il en lui tapotant le dos.

« Elle était juste derrière moi » dit Hermione alors que son bon sens se réaffirmait. Elle s'éloigna et regarda autour d'elle. « Ah, la voilà ! »

Pétunia et Remus se frayèrent un chemin entre les gens entourant Harry. « Excusez-moi, oui, mon neveu, pardon » chanta Pétunia alors que Remus trouvait une ouverture et la poussait entre les personnes et vers Harry.

« Salut, Tante Pétunia ! » dit joyeusement Harry.

« Oh, mon dieu ! » Pétunia attira Harry dans ses bras et parvint à faire une assez bonne imitation de l'Opération 'Supprimons tout l'air d'Harry' menée par Hermione. « C'était si bon ! Tu as fait un boulot tellement merveilleux et je ne peux pas dire à quel point c'était merveilleux ! » Tous ses mots furent précipités alors qu'elle tenait le visage de son neveu pour pouvoir le voir. « Je ne pouvais pas croire que c'était toi là-bas ! Tu avais l'air tellement différent, dans ton apparence et dans ta manière de parler ! » Harry se détendit dans l'embrassade et sourit alors qu'il posait sa tête contre l'épaule de sa tante. C'était agréable.

« Doucement, Pétunia, dit Remus avec un gloussement. Le garçon a besoin de respirer. »

Pétunia relâcha Harry avec un sourire et Remus s'avança pour le serrer dans ses bras. « Nous sommes tous les deux très fiers de toi, Harry, murmura Remus à son oreille. Tu as un talent étonnant. »

« Merci, Remus » dit joyeusement Harry.

Un groupe de filles qui gloussaient s'arrêta à sa droite. L'une d'entre elles avait l'air extrêmement nerveuse pendant que le reste la poussait à avancer. Remus adressa à Harry un regard significatif avant de faire un pas en arrière. Hermione leur adressa un regard noir et Pétunia ne fit que hausser les épaules. Elle n'avait aucune idée de ce qu'il se passait.

La première fille s'avança et prit une profonde inspiration. « Est-ce qu'on peut prendre une photo avec toi ? » dit-elle avec précipitation.

Harry adressa un rapide coup d'œil à ses gardes du corps et l'un d'eux acquiesça. Les filles étaient juste ça : des filles.

« Bien sûr. » Harry lui sourit. Tout le groupe poussa un cri aigue quand elles virent ses crocs toujours dans sa bouche. Il leur fit signe de s'approcher et Pétunia prit l'appareil photo de l'une d'elles pour prendre un cliché. Le flash ne l'aveugla qu'une seconde avant que Pétunia ne dise qu'ils pouvaient y aller.

Quelques mercis et une embrassade volée plus tard, Harry fut laissé seul pour saluer les autres membres du public. Pétunia, Remus, Hermione et ses parents (ils s'étaient perdus dans un coin… Harry suspecta qu'ils étaient en train de se bécoter) se tenaient près de lui, le défendant contre les membres les plus enthousiastes de l'auditoire.

« Brillant, Potter » entendit-il une voix dire légèrement sur sa droite. Il se retourna et vit Draco Malfoy vêtu d'un costume Moldu. « Je n'aurais jamais cru que tu trouverais quelque chose en quoi tu es doué. »

« Est-ce que c'est un compliment, Malfoy ? » demanda brusquement Harry.

« Quelle idée idiote, moi, complimenter un Gryffondor » dit Malfoy étendant sa main.

Harry ne fit que lever les yeux au ciel et serra la main de Draco. « Que fais-tu là, Malfoy ? »

« Julie m'a invité, dit Draco avec un sourire narquois. Juste pour te le faire savoir, je comprends que tu ais eu besoin de la toucher de manière familière ce soir. Fais attention de ne pas le refaire. » Draco sourit à Harry d'une manière « Maître de l'univers. »

« Drake ! » Julie dépassa Harry et se jeta dans les bras de Draco. « Tu es venu ! »

« Oui, je te l'avais promis » dit Draco en lui rendant son embrassade et en balayant une mèche de cheveux du visage de la jeune fille.

Le cerveau d'Harry se déconnecta. « Mi, suis-je en train de voir Draco Malfoy embrasser une fille ? » murmura-t-il à Hermione.

« Hum ? demanda Hermione. Oh, ça. Oui, c'est ce que tu vois, dit-elle d'un air absent. Ca fait des semaines que Drake sort en cachette pour la voir. »

« Comment ça se fait que je ne le sache pas ? » demanda Harry.

« Oh, ça a dû me sortir de la tête. Ca et tu étais extrêmement occupé avec tout ce que faisait Dumbledore. »

« Comment sort-il de Poudlard ? »

« Le Professeur Snape a un très haut niveau de concentration quand il travaille sur une potion. Drake a un pas très léger. Tu fais le calcul » lui dit Hermione avec un sourire.

La foule commença à diminuer et Bevie fit signe à tout le monde d'aller dans la salle à manger. L'équipe des cuisines avait mis en place des rafraîchissements pour les acteurs… et pour leurs amis et leurs familles. Harry avait le sentiment que la glace à la menthe avec des pépites de chocolat serait au menu.

Il sourit quand il sentit un des bras de Pétunia s'enrouler autour de ses épaules et serrer un peu. Donc, Draco Malfoy sortait avec une Moldue ? Ce ne faisait rien, aussi longtemps que lui et Pétunia pouvait passer un peu de temps en famille. Il sourit. La famille était bien.

« Skywalker, hurla Hermione d'une voix aigue. Ils ont ta glace préférée ! » appela-t-elle.

Oui, la vie était bien.


Et un grand merci à Lys qui a eut l'extrême gentillesse de se proposer pour être ma bêta.