Disclaimer : Vous n'êtes pas au courant ? Harry Potter et tous ses personnages appartiennent à JKR. Et pour ajouter à mon malheur, l'histoire appartient à Emma Lipardi, vu que c'est la traduction de la fic An Aunt's Love.
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« Papa ? » demanda Harry avec surprise. Khalid et Dracula étaient de la même famille ?
« J'ai élevé Khalid après la mort de ses parents » répondit Dracula à la question muette de l'adolescent. « Il est devenu un vampire à cause d'un ancien ami. » Il fit glisser ses griffes sur la table basse. Ancien. Oh.
« Pas de masque, petit mage. Il peut savoir. » Khalid s'approcha d'Harry et passa une main dans les cheveux de l'adolescent. « Tu peux lui dire. » Le jeune homme s'enfonça dans son fauteuil et repoussa la main du vampire. Il avait découvert que celui-ci aimait prodiguer une affection physique à ses amis et envahissait souvent leur espace personnel sans leur demander leur avis. La plupart du temps, ça allait mais pour le moment, Harry voulait penser sans que Khalid ne lui caresse les cheveux.
Dracula se pencha et remplit de nouveau le verre de son invité. Il lui donnait visiblement le temps de réfléchir sans « l'écouter »… ou c'est ce que pensa Harry.
« Voldemort et moi partageons une connexion mentale. Personne ne sait quand c'est arrivé ou pourquoi, mais elle existe. Il a envahi mes rêves et a commencé… je ne sais pas comment l'appeler. Il n'arrêtait pas de m'offrir les trucs habituels, vous savez, pouvoir et respect et tout ce que je voulais, tant que je le rejoignais. Puis il m'a offert l'égalité, d'être son semblable. J'ai dit non. Il a offert encore et encore. Sans cesse. Finalement, il a arrêté d'accepter mes réponses négatives. Il a commencé à m'enseigner. J'ai cédé. C'était plus facile que de faire face à sa colère. J'ai créé un masque et une apparence pour détourner les soupçons et les porter sur un garçon qui n'existe pas. Je veux dire, vous pouvez imaginer les gros titres ? « Le Garçon qui a Survécu est le Garçon qui a Trahi ! » C'est mieux que personne ne sache. Et bien maintenant, vous, Khalid et Sensei Leonard savez. C'est tout. » Harry prit son verre. Cette boisson fruitée était bonne. Il se demanda s'il pourrait en emmener à la maison avec lui. Ce serait sympa à Poudlard après une longue journée.
« Est-ce qu'il vous a blessé ? » demanda Dracula.
« Physiquement ? Oui. » Le grondement des deux vampires fut simultané. « Ce n'était pas aussi mauvais, rien que je ne pouvais guérir. » Harry entendit Khalid avoir un reniflement moqueur derrière lui.
« Le petit mage n'est pas totalement sincère sur ses 'leçons' mais c'est une explication correcte. » Khalid se servit de la boisson fruitée. « Oui, il a été blessé mais il survivra, comme il le fait toujours. »
« Mais le but ! » demanda Dracula en frappant les accoudoirs de sa chaise. « Quel est le but ? Pourquoi supporter tout ça ? »
« J'apprends beaucoup. J'apprends plus que la magie. J'apprends aussi ses plans, ses tactiques, son mode de pensée. Je peux prédire ce qu'il fera dans presque toutes les situations. Je peux aider tout de suite ses victimes, si elles en ont besoin, empêcher les choses vraiment horribles d'arriver, des choses comme ça. »
Dracula fronça les sourcils et soupira avant de se renfoncer dans son fauteuil. Il croisa les mains sur ses genoux et étudia Harry. « Je ne peux pas vous convaincre d'arrêter ? »
« Non. Pas tant que ce ne sera pas fini. »
« Ah. Je suppose que tout ce que je peux faire est de vous offrir un sanctuaire ici si vous en aviez besoin. » L'adolescent sourit, sachant qu'il avait gagné cette discussion. « Vous prendrez soin de vous ? »
« Tout ce que je peux sans éveiller les soupçons » promit l'adolescent.
« Très bien, concéda Dracula. Vous me le ferez savoir si mon nouvel ami a besoin d'aide ? »
« Bien sûr. » Harry finit sa boisson fruitée et permit à Dracula de le resservir.
« Quand vous dites ça, que voulez-vous dire ? » demanda Khalid depuis un coin. Il aimait traîner dans des endroits étranges, comme les coins, les lieux sombres, les poutres, en fait, partout où il pourrait surprendre quelqu'un. Tant de stéréotypes sur les vampires doivent venir de lui. Il a certainement l'air de s'amuser.
« Je veux dire quand Voldemort sera vaincu, quand la guerre sera fini et que je pourrais redevenir 'juste Harry'. » L'adolescent se laissa tomber dans son fauteuil et ferma les yeux.
« Les maux de tête que vous avez… ils empirent ? » dit Khalid plus qu'il ne demanda.
« Comment êtes-vous au courant ? » Harry n'en n'avait parlé à personne. Pas à Paul, pas à Hermione, ni même à Tante Pétunia ou Remus !
« Je peux le dire. » Khalid posa son verre et avança sur Harry. « Les maux de tête, les rêves, les épaules tendues : tout désigne un élément de stress, quelque chose que vous cachez. » Khalid s'arrêta et tapota un doigt sur ses lèvres. « Je me demande ce que c'est. »
Harry regarda le plus jeune vampire et secoua la tête. « Ce serait trop en dire. » Il prit son verre et le finit une nouvelle fois.
« Et vous devriez nous le dire, commenta Dracula. Juste au cas où. »
Harry regarda les deux vampires alternativement et tendit son verre. Khalid et Dracula échangèrent un regard et l'aîné remplit à nouveau le verre de l'adolescent.
« Qu'est-ce que vous voulez savoir ? »
Les rideaux du lit s'ouvrirent et Harry essaya d'échapper à la lumière. Il gémit en essayant d'enfouir sa tête parmi les oreillers sans que son mal de crâne n'explose.
« Harry ? Vous devriez être debout depuis un moment » dit Lucian en approchant un plateau avec le petit-déjeuner vers le lit.
L'adolescent ramena les couvertures au-dessus de sa tête et gémit à nouveau. « Lucian, vous me rendriez un service ? Coupez juste ma tête de mes épaules. »
« Euh… Pourquoi ? » demanda le serviteur en essayant de trouver Harry sous les couvertures.
« Pas si fort » gémit celui-ci en repoussant les mains de Lucian.
« Est-ce que vous avez bu une boisson fruitée la nuit dernière ? » demanda le Roumain en se retenant d'agiter son doigt. Il décida de garder son agacement pour le maître. Sérieusement, donner à un garçon de l'alcool aussi fort.
« Hum, ouais » répondit Harry dans un murmure.
Lucian leva les yeux au ciel et jura. « Ne bougez pas. » Il quitta Harry et alla dans la salle de bain. Il trouva l'aspirine et revint dans la chambre. Il prit deux comprimés et les tint. « Des anti-douleurs pour ce monstrueux mal de tête que je suis sûr que vous avez. »
« Je bouge pas » grommela Harry.
« Ok. Je vais juste vous laisser souffrir alors. » Lucian commença à ranger les pilules quand il vit une des mains de l'adolescent émerger des couvertures. Il y plaça les comprimés et tendit une tasse de thé. L'adolescent émergea assez longtemps pour prendre les anti-douleurs puis il ressombra dans son lit.
« Je vais vous laisser un peu d'eau. Assurez-vous de la boire. Vous êtes déshydraté et c'est pour ça que vous avez l'impression que votre cerveau fait des claquettes. Je vais informer le maître que vous êtes souffrant. »
« 'k. » Harry disparut promptement sous les couvertures. Lucian secoua la tête et partit à la recherche de Dracula. Il dévala les escaliers tel une tornade et trouva le vampire dans l'entrée principale, parlant à un petit homme à l'air de fouine et faisant de grands gestes avec ses mains.
« Nous voulons que ce soit grand, donc, autour du chandelier. Ca conduirait dans la salle de bal, naturellement, et ferait le tour de celle-ci » expliquait Dracula pendant que Lucian approchait. « Comment va-t-il ce matin, Lucian ? » demanda-t-il complètement nonchalant devant l'expression littéralement agacée de son serviteur.
« IL est assommé par les anti-douleurs et essaye de faire passer en dormant ce que vous lui avez donné hier soir. Maître, je suis rarement exaspéré par les manières des vampires mais pourquoi lui avez-vous fait subir la boisson fruitée ? Je pensais que vous l'aimiez bien ! »
« C'est le cas, Lucian. Je devais juste m'assurer qu'il serait à un endroit pendant la majeure partie de la matinée pendant que je fais des plans. » Dracula signa quelque chose sur l'écritoire de l'homme à tête de fouine et lui fit signe de s'éloigner. « J'ai beaucoup de choses à faire en ce moment, Lucian. Informe-moi quand il se sentira mieux. » Sur ces mots, le vampire partit.
« Stupides vampires ! » grommela le serviteur pour lui-même avant de retourner vers les appartements d'Harry. Il s'arrêta au milieu des escaliers. « QUELS PLANS ? » cria-t-il, sachant que Dracula l'entendrait, qu'importe l'endroit où il soit dans le château. Il revint à un grommellement agacé et alla aux cuisine pour leur faire savoir que l'adolescent ne se sentait pas bien et qu'il ne prendrait pas son petit-déjeuner avec les autres et pour faire préparer un plateau pour le milieu de la matinée, en espérant qu'Harry serait réveillé d'ici là.
« Tu prépares cette fête sans qu'il le sache, papa. Ca ne lui plaira pas. »
« Il doit commencer à rencontrer du monde de notre milieu. C'est bientôt son anniversaire, quel meilleur moyen de célébrer cet événement qu'une fête ? »
« Une fête formelle. Un bal. Est-ce qu'il sait même comment danser ? » Khalid repoussa le menu. « Il n'aime pas vraiment ce plat-là. Essaie quelque chose d'autre. »
« Peut-être un rôti ? » Dracula secoua la tête. « Pourrais-tu t'assurer que la cuisinière approuve ceci ? Je suis sûre qu'elle n'aimerait pas que je marche sur ses plates-bandes. »
« Certainement, Papa. Tu devrais lui mentionner tes plans à un moment. » Khalid rassembla les papiers devant lui et se leva.
« Merci, Khalid. Je tiendrai compte de tes idées. » Le jeune vampire fit un signe de tête à son père et disparut.
Dracula retourna au modèle d'invitation devant lui.
Vlad Tepes, Voivod of Wallachia
sollicite le plaisir de
votre compagnie à sa résidence d'été dans les Carpates
le 12 juin pour sa Réunion Estivale annuelle.
Réponse souhaitée.
« Très bien, dit-il pour lui-même. Vraiment très bien. »
Harry dormit, béatement inconscient de ce qui se passait dans le château. Il se réveilla vers dix heures, ayant toujours un peu mal derrière les yeux mais capable de s'asseoir tout seul. Il eut un petit gémissement et commença le long processus pour sortir du lit. Avant qu'il puisse faire plus que pousser les couvertures, Lucian apparut et commença à s'activer, en grommelant sans discontinuer sur les vampires stupides.
« Bonjour, Lucian » dit doucement Harry en faisant attention à sa tête.
« Vous vous sentez mieux ? » demanda le serviteur en tenant le peignoir du sorcier. Ce dernier permit à Lucian de l'aider à sortir du lit et vacilla sur ses pieds.
« Un peu. Ma tête me fait toujours un peu mal » admit Harry.
« Quand vous aurez mangé et bu, la migraine devrait disparaître. Allons vous mettre sous la douche. »
« Ca semble super. » Harry était tellement à côté de la plaque que ça ne l'embêta pas que ce soit Lucian qui commence à faire couler l'eau et qu'il l'aide avec son pyjama. Il ne se soucia que de l'eau et combien c'était agréable. Je ne boirai plus jamais se jura-t-il.
Harry parvint à finir de se doucher sans anicroche majeure et s'enroula dans son peignoir. Il s'arrêta pour se regarder dans la glace et n'en crut pas ses yeux. Il avait l'air horrible mais il y avait aussi une surprise qui l'attendait. Il trouva des poils au-dessus de sa lèvre supérieure. Quand est-ce arrivé ? Il se regarda. Je vais devoir demander à Remus de m'apprendre à me raser. En y réfléchissant, un sort de rasage, je pense.
Il s'arrêta assez longtemps pour mettre ses sous-vêtements, sachant que Lucian avait probablement préparé ses vêtements. Il entra dans sa chambre et fut abordé par un homme très petit qui tenait un mètre à couture.
« Ah, Harry. Sur le tabouret, s'il vous plaît » dit plaisamment Dracula en feuilletant une brochure.
« Que se passe-t-il ? » demanda l'adolescent en s'exécutant.
« Juste quelques mesures » dit Dracula d'un air absent.
« Des mesures pour quoi ? » l'interrogea le sorcier en laissant le couturier enrouler son mètre autour de lui.
« Faites juste plaisir à un vieux vampire, voulez-vous ? » répondit Vlad en feuilletant une sorte de catalogue. Harry ne pouvait pas lire la langue, donc il eut un haussement d'épaules mental et permit au petit homme de faire son travail.
Lucian entra dans la pièce avec un plateau de nourriture, s'arrêta et lança un regard noir à son maître. « Je pensais que vous alliez faire ça APRES son petit-déjeuner. »
« Ca ne prendra pas longtemps. Tu pourras le nourrir, Lucian, ne t'inquiètes pas tant. » Lucian se contenta de grogner avant de sortir de la pièce. Harry l'entendit poser des choses violemment dans la salon et il se demanda si les objets inestimables (il supposait qu'ils étaient inestimables ; ils avaient l'air extrêmement vieux) étaient en danger face au tempérament de Lucian.
« Merci, j'ai fini. » Le couturier se glissa hors de la chambre.
Harry se tint sur le tabouret un moment avant de descendre. « Merci, Harry. Etes-vous toujours d'accord pour une sortie aujourd'hui ? »
« Ca semble super. C'était quoi tout ça ? »
« Je n'en ai aucune idée, répondit Dracula avec légèreté. Je vous verrai dans une heure, Harry. » Sur ces mots, il disparut.
Lucian revint dans la chambre et en fit le tour du regard. « Parti, n'est-ce pas ? »
« Oui. Savez-vous ce qui se passe ? » demanda Harry alors que son serviteur disparaissait dans le placard.
« J'ai peur que non. C'est plus facile de céder mais pas aussi amusant, admit ce dernier. Chemise et pantalon, je pense » dit-il pour lui même. Il posa les vêtements de l'adolescent et acquiesça pour lui-même. « Le petit-déjeuner vous attends dans le salon. Vous feriez mieux de vous dépêcher. »
« Ah, Pétunia ! Puis-je vous prendre un moment de votre temps avant que vous ne partiez ? » demanda Dracula en se glissant vers elle. Celle-ci sursauta mais se remit vite. Elle avait découvert que faire face à des vampires était semblable à faire face à son neveu. Des choses étranges arrivaient et c'était plus facile de les accepter et de passer à autre chose que de s'énerver.
« Oui ? Que puis-je faire pour vous ? » demanda-t-elle alors que le vampire prenait une de ses mains.
Dracula fit demi-tour et commença à éloigner Pétunia du groupe qui était près de la voiture. « L'anniversaire de Dudley vient juste de passer et l'anniversaire d'Harry approche, n'est-ce pas ? » affirma le vampire plus qu'il ne demanda
« C'est exact. L'anniversaire d'Harry est le 31 juillet. »
« Je me demandais si Dudley, Remus et vous aimeriez m'aider à planifier une fête pour lui le week-end prochain. Ca lui donnerait la chance d'être introduit dans la société, la haute société, si vous voyez ce que je veux dire. Il a une place très importante à prendre et il serait mieux qu'il soit présenté à tous ici, parmi des amis, plutôt qu'il soit balancé là-dedans par quelqu'un de moins désirable. »
« Je pense que c'est une bonne idée ! » Remus et Pétunia avaient parlé du fait qu'Harry fasse une fête pour son dix-septième anniversaire. Remus lui avait dit que les associés d'Harry en avaient déjà prévu une mais Pétunia avait le sentiment que son neveu préfèrerait la faire avec ses ami, plus comme les fêtes d'anniversaire de Dudley, plutôt qu'avec de vieux encroûtés. « Comment puis-je vous aider ? »
« Oh, quelques petites choses. Je vous ferai parvenir une liste plus tard. Pour le moment, je crois que je vous empêche de profiter de votre visite. Je prendrai bien soin d'Harry aujourd'hui pendant que vous serez dehors. Je prévois de lui montrer quelques endroits agréables des campagnes alentours. Vous prévoyez de faire les magasins, n'est-ce pas ? »
« C'est exact. Dudley a trouvé quelque chose pour s'occuper… Remus et moi allons sortir et voir ce que la ville a à offrir » lui dit Pétunia avec enthousiasme.
« Alors je vais vous laisser à votre journée. » Dracula s'inclina profondément sur la main de Pétunia avant de disparaître.
« Quel homme agréable » soupira celle-ci avant de rejoindre Remus.
Harry s'installa dans son siège et sourit à son hôte. Dracula fit un signe de tête et tapota un doigt sur l'épaule du chauffeur. Celui-ci mit la voiture en marche et s'éloigna de la maison. « Alors, où allons-nous ? »
« La petite ville un peu plus bas. Les habitants l'appellent 'Tepes'. »
« Je peux voir pourquoi » répondit Harry.
« Hum, oui. » Dracula adressa un son invité un grand sourire puis se lança sur l'histoire de la ville. Harry regarda le paysage défiler en posant des questions ici ou là. Sa connaissance de l'histoire roumaine était terriblement incomplète pour suivre tout ce que racontait le vampire. Je devrais rechercher un peu l'histoire du pays ce soir après dîner.
« J'enverrai Lucian vous apporter quelques livres. » La voix de Dracula tira Harry de ses pensées.
« Merci. » L'adolescent vit quelque chose et se retourna vers son hôte. « L'église a l'air très vieille. »
« Oui. Elle a près de 400 ans. L'église originale a été détruite par un incendie donc celle-ci fut construite. » Dracula se pencha vers l'avant. « Voyez-vous les sculptures là-bas ? Voyez-vous l'histoire ? »
« Adam et Eve ? » devina Harry, voyant ce qu'il pensait être une personne se cacher derrière une sorte de plante.
« Exact. Beaucoup de personnes ne pouvaient pas lire quand cette église a été construite. Ils comprenaient les histoires grâce aux dessins. » Dracula recula pour qu'Harry ait une meilleure vue. « Ah, c'est quelque chose qu'on ne voit pas tous les jours. » Le vampire désigna un homme ratatiné assis sur le pas de la porte d'une maison. Il jouait du violon. « Un musicien qui joue juste pour le plaisir. » La voiture s'arrêta et Dracula baissa la vitre. Un petit air enjoué se fit entendre et Harry se trouva en train de sourire. « Je pense que ce morceau parle d'une fille qui a deux soupirants. »
« Il semble qu'elle papillonne de l'un à l'autre » commenta Harry après avoir écouté un moment.
« C'est exactement ce qu'elle fait » répondit Dracula. Il releva la fenêtre et la voiture repartit. « Aimeriez-vous voir le marché ? »
Harry acquiesça et la voiture se dirigea vers le centre ville. Elle s'arrêta et le chauffeur ouvrit la portière. Il tendit un panier à Dracula. « Nous allons acheter quelques friandises ici. Mon cuisinier m'a dit que je ne devrais pas les offrir à des garçons. » Le vampire quitta la voiture et conduisit son invité vers le marché. « J'aime toujours venir ici. La plupart des vendeurs prétendent qu'ils ne me connaissent pas, ce qui rend tout beaucoup plus agréables. »
« Je comprends, répondit Harry. Croyez-moi, je comprends. »
Dracula se contenta de glousser et passa un bras autours des épaules de l'adolescent. Il y avait un peu de tout au marché et le vampire traduisit joyeusement ce que tout le monde disait alors qu'ils exposaient leurs marchandises. Il acheta quelques trucs qu'Harry reconnut, comme des friandises, et d'autres dont l'adolescent n'était pas sûr mais il supposa qu'il essaierait tout au moins une fois. Quelques petites bouteilles rejoignirent le panier et Dracula fit signe à son invité de se rapprocher d'une femme sur un étal particulier.
« Harry, voici Mama Anica. C'est la doyenne des environs. Elle souhaite vous saluer. » Dracula plaça une main sur l'épaule de l'adolescent et le guida afin qu'il se tienne devant la femme. Celle-ci l'étudia et lui adressa un sourire édenté avant de tendre une main arthritique pour lui tapoter la joue. Elle grommela quelques mots en direction de l'adolescent, tapota son épaule puis se détourna abruptement.
« Allons pique-niquer maintenant » dit Dracula en éloignant Harry.
« Qu'a-t-elle dit ? » demanda celui-ci.
« Oh, juste que vous êtes un jeune homme charmant… et que vous avez beaucoup de choses qui vous attendent. »
« Est-ce une voyante ? » demanda Harry s'arrêtant presque pour regarder derrière lui.
« Vous savez, nous ne l'avons jamais vraiment su. Nous préférons dire qu'elle est sage. » Le vampire le ramena vers la voiture. Harry se contenta de secouer la tête et de suivre son hôte.
Harry était allongé contre des coussins et regardait le ciel. Les nuages glissaient au-dessus de sa tête et il se sentait parfaitement détendu. Bien sûr, le léger vin que Dracula lui avait offert y était peut-être pour quelque chose. Il n'en avait pris qu'un verre mais c'était un complément agréable au déjeuner qu'ils avaient partagé. D'accord, englouti serait peut-être un terme plus approprié. Ils avaient mangés les sandwichs ainsi que les petits gâteaux que Dracula avait achetés au marché. Il restait quelques fruits mais Harry les mangeait peu à peu. Il tendit la main et trouva une autre grappe.
« Vous avez l'air heureux. »
« Je suis heureux, admit Harry. C'est relaxant. »
Ils redevinrent tous les deux silencieux et le jeune homme permit à ses yeux de se fermer. Ils écoutèrent le chant des oiseaux pendant à peu près un quart d'heure avant que Dracula ne s'éclaircisse la gorge. Harry ouvrit un œil et le regarda. Le vampire regardait son hôte avec un air étrange. Il semblait réfléchir à quelque chose de particulièrement absorbant.
« Vous devez le tuer, n'est-ce pas ? »
Harry n'eut pas besoin de demander à Dracula ce qu'il voulait dire.
« Oui, je dois le tuer » admit-il doucement.
Dracula ne fit qu'acquiescer comme s'il l'avait déjà su. Il se leva et aida Harry à se remettre debout. Il fit signe à ce dernier de le suivre. « J'ai quelque chose à vous montrer, mon ami. » Il le conduisit à travers des arbres maigres vers un énorme champ. « Que connaissez-vous de mon histoire ? »
« Seulement ce que vous m'avez dit et les choses que j'ai entendues » admit Harry.
« Quand j'étais un jeune homme, encore mortel, j'étais l'équivalent d'un seigneur ou d'un prince. C'est difficile de donner une définition exacte. J'étais responsable du bien-être de tous les habitants de ma province. C'était des temps différents, des temps plus difficiles. Ce vernis de politesse que je présente aujourd'hui est un nouveau développement. J'étais un homme très dur. »
« Mon pays était entouré de deux empires puissants. D'un côté les Hongrois, de l'autre les Turques Ottomans. J'ai passé quelque temps 'invité' des Turques, quatre ou cinq ans, je pense. Ils m'ont aidé à prendre le pouvoir, croyez-le ou non. Je n'avais que dix-sept ou dix-huit ans. »
« Je suis sûr que vous connaissez déjà toutes les atrocités gores que j'ai commises. Selon les standards d'aujourd'hui, je suis conscient qu'elles semblent barbares, dégoûtantes et honteuses. Je n'ai pas d'excuses à donner. Sachez seulement que je comprends qu'on doive quelques fois faire ce qui est de mauvais goût pour accomplir quelque chose de plus grand. Pour protéger mes gens et mes terres, j'ai dû devenir brutal, craint et abhorré. Le sang est devenue une vue commune. »
Dracula regarda le champ. « Dehors, les hommes mourraient par milliers. Je les conduisais à la mort. J'en ai tué tant de mes propres mains. Je peux sentir leurs gorges céder, leurs corps arrêtant momentanément ma lame, puis fléchissant. Regarder l'étincelle de vie disparaître de leurs yeux est une chose terrible et merveilleuse. Cette force massive appelée la vie, qui disparaît en un instant, c'est effrayant. Si fragile dans cette force. »
Dracula s'approcha d'Harry et posa une main sur son épaule. L'adolescent le regarda. « Je sais ce que vous devez faire. Plus, je sais pourquoi vous devez le faire. »
Harry regarda le vampire, incapable de dire quoi que ce soit. Les lèvres de Dracula tiquèrent et il attira son invité vers lui.
« Tant que vous et moi vivrons, Magus, vous aurez une maison chez moi. »
« Merci » dit Harry dans la veste de Dracula. « Merci. »
Et un grand merci à Lys qui a eut l'extrême gentillesse de se proposer pour être ma bêta.
