Helloooo tout le mooonde!

Et oui, je suis touuuujouuuurs lààààà ^^

Je sais, je sais, le dernier chapitre que j'ai publié remonte à 5 mois... Et j'en suis parfaitement désolée! Mais I'm back!

J'espère que vous allez tous bien en cette période compliquée... J'espère que vous êtes tous en bonne santé et que le confinement se passe du mieux possible pour chacun d'entre vous...

J'espère que ceux qui se retrouvent seuls arrivent à tenir le coup et que ceux qui se retrouvent avec leurs familles n'éprouvent pas encore des envies de meurtre...

Et j'espère que ce petit chapitre réussira à vous faire oublier pendant quelques minutes ce qui se passe...

Si jamais vous avez envie ou besoin de parler pendant cette période, que ce soit de fics, lecture ou de n'importe quoi d'autre, mes DM restent ouverts.

Je ferais mon maximum pour continuer d'écrire et de vous publier la suite pendant ces semaines difficiles!

En attendant, je vous souhaite bon courage à tous! Prenez soin de vous et de vos proches...

Et surtout, restez chez vous!

Bonne lecture ^^

LSAfor'

PS: As usual, un grand merci à Debo pour sa correction super rapide du chapitre!


Chapitre 32:

Ce fut avec une sensation de caresses froides et visqueuses parcourant son dos que Lexa émergea de son sommeil. Désorientée, elle tenta de se redresser mais se retrouva rapidement immobilisée par deux mains qui se posèrent sur ses épaules.

- Ne bouge surtout pas, lui intima la voix de Clarke quelque part au-dessus d'elle.

Ses sens s'éveillèrent petit à petit et elle réalisa qu'elle était allongée sur le ventre, à priori complètement nue, et que le poids qui se trouvait sur ses hanches était le poids de sa petite-amie qui semblait être assise à califourchon sur elle. Complètement nue également.

Elle sentit de nouveau une petite caresse froide dans son dos et réalisa qu'il s'agissait des doigts de sa petite-amie qui semblaient mouillés.

- Je peux savoir ce que tu fais? questionna-t-elle d'une voix endormie en gardant les yeux fermés.

- Je peins, fut la réponse distraite que lui offrit Clarke.

Lexa laissa échapper un léger rire.

- Et je peux savoir pourquoi tu peins sur mon dos alors que tu as une multitude de toiles vierges à ta disposition?

- Parce que je trouve ton dos plus inspirant, lui répondit Clarke.

Lexa sentit un baiser se poser entre ses deux omoplates et elle ne put s'empêcher d'esquisser un sourire idiot. Elle garda les yeux fermés et se laissa bercer par la sensation des doigts de Clarke dans son dos.

- Il est quelle heure? demanda-t-elle dans un marmonnement.

- Beaucoup trop tôt pour que tu commences à t'inquiéter de l'heure qu'il est, répondit Clarke.

- Mais pas assez pour que tu me prennes pour ta toile?

- Nope.

Un nouveau rire s'échappa de la bouche de Lexa, ce qui lui valut une petite tape sur l'épaule de la part de Clarke.

- Arrête de bouger!

- Tu veux que j'arrête de respirer aussi? s'enquit-elle d'un ton légèrement moqueur.

- Haha. Chut.

Malgré ses réprimandes, Lexa pouvait parfaitement entendre le sourire dans sa voix. Et son cœur fit le soubresaut habituel qu'il faisait à chaque fois qu'elle entendait le rire mélodieux de sa petite-amie ou qu'elle la voyait sourire. Et tout d'un coup elle n'avait plus envie de garder les yeux fermés.

Tout d'un coup elle avait envie de se tourner et de se perdre dans la contemplation de Clarke.

Mais elle se retint de le faire parce qu'elle savait que cette dernière allait la tuer si elle l'interrompait avant qu'elle ne termine son œuvre. Alors elle prit son mal en patience (de qui se moquait-elle, elle avait une Clarke nue à califourchon sur son dos, il n'y avait rien de mal là-dedans) et attendit jusqu'à ce que Clarke s'exclame un «C'est fini!» avant de se redresser sur les coudes.

- Tu me montres? demanda-t-elle.

- Yep, répondit Clarke. Attends…

Elle se pencha en avant pour attraper son téléphone portable qui trainait sur le lit. Elle en profita pour poser un baiser sur la joue de Lexa puis se redressa en position assise pour prendre une photo de son dos.

- Et voilà! lança-t-elle en tendant le téléphone à Lexa par-dessus son épaule.

Lexa sentit une nouvelle fois la poitrine nue de Clarke se coller à son dos, ce qui causa un petit court-circuit dans sa tête qui lui fit prendre deux secondes de plus pour attraper le téléphone tendu.

Et cette fois-ci, elle se retrouva avec le souffle coupé pour une toute autre raison que la sensation de sa petite-amie nue contre elle.

- Wow c'est magnifique…

Elle contempla la photo du ciel étoilé que Clarke avait peint sur son dos et elle se retrouva à se demander comment cette dernière réussissait à rendre ses peintures aussi réelles, aussi captivantes.

- Comme toujours mon amour, ton opinion est biaisée, lui répondit Clarke dans un rire.

Lexa pivota légèrement le haut de son corps de sorte à pouvoir la regarder sans avoir à se dévisser le cou.

- Tu sais que tu ne peux pas utiliser cet argument à chaque fois que je te complimente? fit-elle remarquer. Je peux tout à fait être objective avec la personne qui entretient mes orgasmes…

Clarke rejeta sa tête en arrière dans un nouveau rire.

- La personne qui entretient tes orgasmes? répéta-t-elle. J'en suis désormais réduit à ça?

- Réduit à ça? se scandalisa faussement Lexa. Tu réalises le privilège que c'est?

Clarke rigola de nouveau avant de poser un baiser furtif sur ses lèvres.

- Tu es bête…

- Et toi, très talentueuse, rétorqua Lexa. Sérieusement, si un jour tu te lasses de découper les gens, tu peux toujours utiliser tes mains autrement.

- Tu veux dire autrement qu'en entretenant tes orgasmes?

Lexa esquissa un sourire.

- Je suis sûre qu'on peut trouver un parfait compromis pour que je ne me sente pas négligée… répondit-elle. D'ailleurs –

Elle pivota son corps en dessous de Clarke jusqu'à ce que cette dernière se retrouve à califourchon sur le bas de son ventre et se redressa en position assise pour venir coller sa poitrine à la sienne.

- Maintenant que tu as fini de peindre, on peut passer à la partie entretien? poursuivit-elle avec un petit sourire espiègle.

Elle ne laissa pas à Clarke la possibilité de répondre et captura ses lèvres entre les siennes. Clarke glissa ses mains le long de sa mâchoire pour approfondir le baiser et se souvint que ses doigts étaient plein de peinture lorsqu'elle le rompit, de longues secondes plus tard, lorsqu'elle se retrouva à fixer les joues désormais bleues de sa petite-amie. Ce qui eut le don de la faire rire.

- Je suis désolée, s'excusa-t-elle entre deux éclats de rire face au regard confus que lui adressa Lexa.

Elle lui montra ses mains et vit le visage de Lexa s'éclairer de compréhension avant que cette dernière ne rigole à son tour.

- On ferait mieux d'aller se laver avant de faire quoi que ce soit, ajouta Clarke en esquissant un geste pour se décaler.

Mais Lexa resserra immédiatement l'étreinte de ses mains sur sa taille.

- Ou alors, on y va après… proposa-t-elle avant de la basculer sur le lit et venir se positionner au-dessus d'elle.

Clarke laissa échapper un petit cri surpris avant de rire.

- Lex, on va mettre de la peinture partout…

- On lavera les draps, assura Lexa en se créant un chemin avec ses lèvres tout le long de sa nuque et de ses clavicules.

Elle savoura le petit gémissement qu'elle sentit vibrer dans la gorge de Clarke avant de laisser ses lèvres retrouver les siennes et prononcer entre deux baisers:

- Faisons de l'art, bébé...

Et lorsque le son du rire de Clarke raisonna une nouvelle fois dans leur chambre, son cœur exulta de bonheur.


Lexa ne comprit pas pourquoi ce fut ce souvenir en particulier qui lui vint en tête alors qu'elle continuait à regarder le mur face à elle d'un regard complètement vide. Mais ce qu'elle savait, c'était que plusieurs mois plus tôt, ce matin-là, dans son lit avec Clarke, elle avait eu l'impression qu'elle était la femme la plus heureuse au monde.

Et maintenant…

Maintenant, elle avait l'impression que son monde tout entier était en train de s'écrouler…

Trois heures plus tôt

Alors qu'elle se trouvait face aux onze futurs membres de sa Coalition, Lexa ne put s'empêcher d'avoir une pensée pour son père. Elle s'apprêtait à changer à tout jamais l'empire auquel il avait dédié toute sa vie et, malgré tous ses efforts pour ne pas y accorder d'importance, elle se demandait ce qu'il en penserait…

- Il est temps que nous procédions à la signature des contrats, déclara-t-elle à l'adresse de son audience en s'efforçant de mettre toutes pensées de son père de côté.

Il n'était plus là. Il n'était plus là et il était la raison pour laquelle elle, elle était là. Il n'avait plus son mot à dire.

Alors qu'un murmure d'approbation parcourait la petite audience face à elle, la porte de la salle de réunion s'ouvrit brusquement. Lexa redressa immédiatement la tête et vit qu'il s'agissait d'Anya.

- Excusez-moi de vous interrompre, déclara cette dernière, mais il faudrait que je te parle, ajouta-t-elle à l'adresse de Lexa. Maintenant.

Il n'en fallu pas plus à Lexa pour comprendre qu'elle ne pouvait pas refuser. Anya n'interromprait jamais une réunion aussi cruciale si ce n'était pas important. Et le regard insistant qu'elle lui adressait lui indiquait que c'était important.

Lexa n'hésita donc pas un seul instant avant de se lever de son siège. Elle s'excusa à son tour en indiquant qu'elle revenait au plus vite, puis suivit sa cousine à l'extérieur. Elle marqua une légère pause incertaine lorsqu'elle vit que son oncle Gustus et Titus se trouvaient là et semblaient l'attendre également puis referma la porte

- J'espère que c'est vraiment important, dit-elle à leur adresse, parce qu –

- Clarke a eu un accident de voiture, l'interrompit Anya.

Lexa se pétrifia immédiatement alors que sa bouche était toujours ouverte.

- Je voulais qu'elle attende la fin de la réunion avant de te le dire, déclara son oncle Gustus.

- Je savais que tu m'aurais tué si j'avais fait ça, lui dit Anya. Je savais que tu voudrais le savoir immédiatement –

Lexa ne l'entendit plus. Un bourdonnement insupportable lui envahit les oreilles tandis que le monde autour d'elle lui donna l'impression de ralentir brutalement. Son sang sembla se glacer dans ses veines et son cœur menaçait de quitter sa poitrine d'une seconde à l'autre.

Non, c'était impossible. Clarke ne pouvait pas…

- Anya… prononça-t-elle doucement.

Elle se retrouva incapable d'ajouter quoi que ce soit de plus. Mais sa cousine sembla comprendre ce qu'elle voulait.

- Je suis désolée, je n'en sais pas plus, lui dit-elle. Octavia m'a appelée après qu'elle ait essayé de vous joindre Raven et toi mais vous étiez en réunion… C'est Bellamy qui l'a appelé alors qu'ils étaient en chemin pour l'hôpital.

Lexa fronça des sourcils, de plus en plus confuse.

Bellamy?

- Il était avec Clarke, expliqua Anya qui sembla lire dans ses pensées. De ce que j'ai compris c'est lui qui conduisait…

Lexa hocha la tête imperceptiblement, incapable de faire quoi que ce soit d'autre. Elle n'arrivait pas à comprendre, à intégrer ce qui était en train de se passer. Son cerveau semblait s'être mis en veille, laissant à l'abandon le reste de son corps.

Clarke…

Ce fut l'unique pensée cohérente qui réussit à émerger du chaos de son esprit et qui l'aida à sortir de sa léthargie.

- Il faut que j'y aille, déclara-t-elle soudainement.

Elle n'attendit pas de réponse avant d'esquisser un pas pour s'éloigner vers la sortie du service. Cependant, elle se retrouva immédiatement confrontée à son oncle qui lui barra la route.

- Lexa, tu ne peux pas partir comme ça, tenta-t-il de la raisonner. Pas en laissant derrière toi onze dirigeants qui s'apprêtent à signer un contrat aussi important.

Lexa leva les yeux vers lui et lui adressa un regard terrifiant.

- Laisse-moi passer…

- Sois raisonnable, insista-t-il. Ce projet est déjà très risqué, tu veux réellement perdre le peu de crédibilité qu'il te reste en l'abandonnant comme ça?

S'il pouvait savoir à quel point elle n'en avait strictement rien à faire de ce projet à l'heure qu'il était. La seule et unique chose qui comptait était de retrouver Clarke. De la retrouver et de s'assurer qu'elle allait bien et que tout ceci n'était juste qu'une horrible blague qu'on était en train de lui faire.

- Laisse-moi passer, répéta-t-elle d'une voix lente et menaçante.

Gustus ouvrit la bouche pour contester à nouveau mais il se retrouva interrompu par une voix qui s'éleva derrière Lexa.

- Gustus, laisse la partir, déclara Mme Woods.

Lexa regarda par-dessus son épaule et vit qu'effectivement sa mère se trouvait là. Juste devant la porte fermée derrière laquelle continuait à se dérouler la réunion. Elle, qui habituellement entendait le moindre bruit à des centaines de mètres à la ronde, ne l'avait même pas entendu sortir…

- Vas-y, lui dit sa mère. Je m'occupe de la réunion…

- Alexandria, déclara Gustus. Tu sais très bien que la Coalition ne peut être finalisée sans Lexa. Sa présence est indispensable.

- Je sais, assura Mme Woods. Mais je suis sûre que personne ne sera réticent à un report.

- Chose que nous voulions absolument éviter, lui rappela Gustus.

Mais cette fois-ci, Mme Woods l'ignora et reporta son attention sur Lexa.

- Vas-y, lui redit-elle.

Lexa sentit une vague immense de reconnaissance la gagner mais sa gorge était trop nouée pour qu'elle puisse tenter de l'exprimer. Elle se contenta donc d'adresser un léger acquiescement à sa mère puis reprit son chemin vers la sortie, cette fois-ci sans que son oncle ne l'en empêche.

- Je vais l'accompagner, déclara Anya à l'adresse de Mme Woods. Je ne peux pas la laisser conduire dans cet état-là. Est-ce que tu pourrais prévenir Raven et M. Griffin s'il te plait? J'aurais aimé les attendre mais j'ai peur que Lexa ne s'en aille…

- Oui bien sûr je m'en occupe, assura Mme Woods, merci Anya.

Anya acquiesça à son tour avant de suivre sa cousine. Elle commença à accélérer le pas lorsque sa tante l'appela, ce qui l'amena à se tourner une nouvelle fois vers elle.

- Est-ce que – est-ce que tu pourrais me tenir informée? lui demanda Mme Woods d'un ton hésitant.

La demande eut le don de prendre Anya complètement par surprise. Mais elle retrouva rapidement ses esprits et acquiesça.

- Oui bien sûr, promit-elle.

Mme Woods lui adressa un sourire reconnaissant puis la regarda s'en aller.

Anya se dépêcha de rejoindre le parking souterrain et poussa un soupir de soulagement lorsqu'elle repéra Lexa qui s'apprêtait à monter dans sa voiture.

- Lexa attend!

Elle lui courut après et vint se positionner juste entre la voiture et elle.

- Donne-moi les clés, intima-t-elle doucement.

- Anya…

- Il est hors de question que je te laisse conduire. Tu n'es pas en état et tu le sais…

Lexa hésita quelques secondes, son instinct la poussant à envoyer balader sa cousine. Mais elle savait que cette dernière avait raison. Elle laissa donc les clés tomber dans la paume tendue devant elle et fit le tour pour monter du côté passager.

Le trajet jusqu'à l'hôpital se passa dans un flou total. Anya lui expliqua vaguement ce que lui avait dit Octavia au téléphone – c'est-à-dire pas grand-chose – et, même si elle était complètement tétanisée, Lexa avait toujours du mal à l'intégrer.

C'était juste impossible. Il ne pouvait rien arriver à Clarke. Elle était beaucoup trop précieuse pour ça.

Elle avait déjà fait des milliers de fois le trajet entre l'hôpital et leur appartement. Des milliers de fois et il ne lui était jamais rien arrivé. La route n'était pas dangereuse. Elle était assez sécurisée, bien éclairée et non sujette à des excès de vitesse.

Comment un putain d'accident avait-t-il donc pu arriver?

La question tourna en boucle dans sa tête jusqu'à ce qu'Anya gare la voiture devant les Urgences de l'hôpital. Lexa bondit immédiatement de la voiture et se dirigea à l'intérieur du bâtiment sans prendre la peine de vérifier si sa cousine la suivait. Mais cette dernière était là, sur ses pas et, l'esprit moins embrumé que celui de Lexa, elle regarda attentivement autour d'elle à la recherche de la moindre indication qui pourrait les guider vers Clarke. Elle tourna la tête sur sa droite et aperçut Octavia faisant les cent pas dans un coin de la salle d'attente.

- Lex, interpela-t-elle pour l'arrêter.

Lexa, qui s'avançait d'un pas décidé vers l'accueil du service, s'immobilisa brusquement et lui lança un regard interrogateur par-dessus son épaule.

- Octavia est là, dit-elle en faisant un petit signe de tête en direction de la nommée.

Cette dernière leva les yeux au même moment et s'avança immédiatement vers elles.

- Dieu soit loué vous êtes là! dit-elle d'un ton où on pouvait facilement déceler la panique.

La gorge de Lexa se serra douloureusement et elle fut incapable de prononcer le moindre mot. Heureusement, sa cousine était là.

- Du nouveau? demanda-t-elle.

Octavia grimaça légèrement avant de secouer la tête de gauche à droite.

- Bellamy est en train de se faire examiner mais il semble allait bien, ils veulent juste s'en assurer, expliqua-t-elle. Et Clarke… Je suis désolée mais je n'en sais pas plus. Bellamy m'a expliqué qu'ils avaient perdu le contrôle de la voiture et avaient heurté un poteau. Lui s'en est sorti sans séquelles mais pour Clarke, il ne sait pas. Elle était inconsciente lorsqu'ils l'ont emmené et pour le moment, personne n'arrive à nous donner d'informations…

Cette fois-ci, la peur que Lexa avait réussi à restreindre jusque maintenant lui donna l'impression d'exploser en elle. Elle sentit son cœur s'accélérer douloureusement et ses mains trembler de plus en plus. Elle tenta tant bien que mal de ne pas céder à la panique, de ne pas s'imaginer le pire, mais son mental cédait petit à petit, la fissure qui le craquelait devenant aussi grosse qu'un cratère.

Bellamy choisit ce moment pour faire son apparition. Il s'avança distraitement dans leur direction tout en arrangeant le col de sa chemise et se figea brutalement lorsqu'il réalisa que sa sœur n'était plus seule.

Un silence pesant s'installa durant lequel le regard de Bellamy se posa sur Lexa. Et le sentiment de tétanie de cette dernière se transforma immédiatement en une haine extrême. Sans réellement se rendre compte de ce qu'elle faisait, elle se précipita vers lui.

- Je ne sais pas ce qui s'est passé, dit-il en la voyant s'approcher de lui. La voiture ne –

Elle ne le laissa pas terminer sa phrase et le plaqua contre le mur derrière elle en lui empoignant le col.

- Si jamais il lui arrive quelque chose… déclara-t-elle lentement, d'une voix pleine de menace.

Bellamy ne chercha pas à se débattre de l'étreinte. Mais son regard s'assombrit immédiatement lorsqu'il comprit que Lexa était réellement entrain de le blâmer pour l'accident.

- Qu'est-ce qui se passe ici?! lança la voix de M. Griffin derrière eux.

Lexa comprit qu'il venait enfin d'arriver. Mais elle ne répondit pas et garda son regard ancré dans celui de Bellamy, laissant toute sa colère, toute sa rage s'exprimer dans l'étreinte qu'elle exerçait sur lui. C'était beaucoup plus facile à supporter que la peur qui imprégnait chaque cellule de son corps.

Jusqu'à ce qu'elle sente une paire de bras la saisir et l'obliger à le lâcher.

- Arrête, intima Anya lorsqu'elle la sentit résister. Tu sais très bien que ce n'est pas comme ça que tu aideras Clarke…

Il n'en fallut pas plus à Lexa pour se laisser reculer de quelques pas.

- Vous réalisez que vous êtes dans un hôpital? réprimanda sévèrement une infirmière qui s'était précipitée vers eux.

- Oui nous sommes désolés, répondit M. Griffin. Ça ne se reproduira plus…

- Je l'espère, sinon je serais obligée d'appeler la sécurité, menaça-t-elle.

Jake se contenta d'acquiescer et attendit qu'elle retourne à son poste avant de se tourner vers Lexa et Bellamy.

- Je sais que vous êtes inquiets mais vous devez absolument garder votre calme, déclara-t-il, une pointe de colère dans la voix. Je n'ai aucune envie de jouer les arbitres d'un ring de boxe alors que ma fille, qui vient d'avoir un grave accident, se trouve je ne sais où dans cet hôpital…

Lexa baissa les yeux, un sentiment de honte la gagnant, tandis que Bellamy ouvrit la bouche pour dire qu'il n'avait rien fait de mal. Mais Octavia lui indiqua de se taire en secouant légèrement la tête. Face à l'injustice de la situation, il ne dit rien, poussa un profond soupir agacé et s'en alla.

Octavia le suivit et un nouveau silence pesant s'installa.

- Viens, on va sortir quelques minutes dehors, intima Anya à l'adresse de Lexa.

- Non, contesta cette dernière, il faut que je trouve quelqu'un qui pourra me dire où se trouve Clarke.

- Tu n'as pas l'esprit clair, lui fit remarquer Anya.

- Mon esprit est très clair, merci, commença à s'énerver Lexa.

- Va avec Anya, lui dit à son tour Raven. Et je m'occupe de trouver une infirmière ou un médecin qui pourra nous renseigner. Je te promets que je viendrais te chercher dès que j'aurais la moindre information.

Sentant sa colère la gagner de nouveau, Lexa ouvrit la bouche pour l'envoyer balader.

- Lexa, prononça Jake avant qu'elle ne puisse dire quoi que ce soit.

Elle tourna son regard colérique vers lui.

- Va prendre l'air quelques minutes et reviens, lui dit-il.

Face aux trois personnes face à elle qui insistaient, Lexa finit par abdiquer et Anya ne perdit pas une seule seconde pour l'attirer vers la sortie du service. Elle ne la lâcha que lorsqu'elles se retrouvèrent à l'extérieur.

Lexa ferma les yeux et prit une profonde inspiration avant de la relâcher tout doucement. Plusieurs secondes passèrent avant qu'elle n'ouvre les yeux et qu'elle ne se retrouve à fixer le regard inquiet de sa cousine.

- Vas-y dis-le…

- Quoi? demanda Anya.

- Que je n'aurais pas dû m'en prendre à Bellamy, répondit Lexa.

- Oh ce gros bébé? Il va s'en remettre je ne m'inquiète pas pour lui…

Lexa laissa échapper un léger rire qui disparut presque immédiatement. Elle déglutit difficilement et se retrouva à fermer une nouvelle fois les yeux, cette fois-ci pour contenir ses émotions.

Anya l'observa silencieusement, impuissante face à la détresse que sa cousine tentait de camoufler.

- Elle va bien, tenta-t-elle de rassurer.

- Tu n'en sais rien, répondit immédiatement Lexa. Tu n'en sais rien du tout.

- C'est vrai, je n'en sais rien, admit Anya. Mais c'est de Clarke Griffin dont on parle, une personne aussi tenace et pénible qu'elle ne peut qu'aller bien.

Lexa prit une nouvelle inspiration et pria pour que sa cousine ait raison.

- Si jamais il lui arrive quelque chose… prononça-t-elle doucement.

Encore une fois, elle se retrouva incapable de terminer sa phrase.

- Je sais, répondit Anya. Je sais…

Mais elle ne savait pas, se dit Lexa. Elle ne savait pas ce que représentait réellement Clarke dans sa vie.

Bon sang, elle était sa vie…

Elle ne peut qu'aller bien, elle ne peut qu'aller bien. Lexa se répéta les mots de sa cousine, encore et encore. Comme un mantra qui lui permettait de ne pas penser à l'alternative…

Ce fut pour cette raison que, lorsqu'elle revint à l'intérieur du bâtiment et que Jake lui indiqua que Clarke avait été transportée d'urgence au bloc, elle sentit son esprit dérailler complètement et perdit une nouvelle fois son sang-froid.

- L'infirmière n'en sait pas plus pour le moment, expliqua Jake. Elle m'a assurée que, dès lors qu'il y aura du nouveau, un médecin viendrait nous en informer.

Mais ce n'était pas suffisant pour Lexa.

- Ils n'en savent pas plus pour le moment? s'énerva-t-elle. Et ils s'attendent à quoi? À ce qu'on reste ici sans rien faire?

- On ne peut rien faire de plus, tenta de la raisonner Jake.

Mais Lexa l'ignora alors que son rythme cardiaque s'emballait de plus en plus.

- Je vais aller voir le Docteur Vie, dit-elle en faisant référence au Chef de chirurgie de l'hôpital. Et on verra si on ne peut rien faire de plus…

Elle esquissa un geste pour s'éloigner mais se retrouva immédiatement interceptée par M. Griffin qui se positionna face à elle et posa ses deux mains sur ses épaules.

- Lexa, respire, prononça-t-il d'une voix apaisante.

- Comment? lui demanda-t-elle d'une voix forte. Comment je suis censée faire ça alors que Clarke – qu'elle –

Les mots se retrouvèrent bloqués dans sa gorge.

- Je sais, assura Jake. Je sais, crois-moi. Je sais que tu as l'impression d'être impuissante, je ressens la même chose… Mais Clarke est entre les meilleures mains au monde et tu le sais. Il ne s'agit pas seulement des meilleurs médecins du pays, mais de ses collègues, de ses amis et tu sais très bien qu'ils feront tout ce qu'ils peuvent pour qu'elle aille bien… Si tu vas voir leur Chef, la seule chose que tu réussiras à accomplir, c'est de leur ajouter une pression dont ils n'ont pas besoin. Si tu veux réellement aider Clarke, tu dois laisser les personnes qui s'occupent d'elle travailler…

Son corps entier lui disait de l'ignorer et d'aller retourner l'hôpital tout entier pour s'assurer que Clarke recevait les meilleurs soins possibles. Mais face aux yeux bleus qui lui rappelaient tellement ceux de sa petite-amie, ses épaules s'affaissèrent d'un geste défaitiste et elle acquiesça doucement.

Elle savait que Jake avait raison. Elle savait que, aussi dur que ça pouvait l'être, la meilleure chose qu'elle pouvait faire, c'était d'attendre.


Elle était donc là, plusieurs heures plus tard, assise sur une des chaises inconfortables qui se trouvaient dans la salle d'attente du service d'Urgence du New-York Presbyterian Hospital, à fixer le mur blanc face à elle, complètement impuissante.

Et elle se demandait comment elle avait pu en arriver là.

Comment avait-elle pu passer d'un sentiment de total contrôle à celui de complète impuissance en seulement quelques heures?

Comment était-il possible qu'elle soit là, à attendre de savoir si elle allait devoir apprendre à vivre sans le sens même de sa vie, alors que quelques heures plus tôt, elle avait l'impression que rien ne pourrait l'atteindre?

C'était juste impossible.

Irréel.

Et pourtant elle était bien là. Et elle avait beau s'enfoncer les ongles dans la paume de sa main en espérant réaliser qu'elle était dans un horrible cauchemar – le pire de tous – elle continuait à ressentir la douleur. Dans sa main et dans sa poitrine.

Et une douleur aussi intense, aussi agonisante ne pouvait qu'être vraie, non?

Malgré tout, elle n'arrivait toujours pas à l'intégrer. Malgré le trou béant qu'elle avait en plein milieu de sa poitrine, elle n'arrivait pas à l'accepter.

Clarke ne pouvait pas réellement être là, dans un de ces blocs opératoires qui étaient devenus, au cours de ces derniers mois, une deuxième maison pour elle, à lutter pour sa vie.

Hormis Octavia qui était revenue en leur expliquant que Bellamy avait choisi de partir, personne n'était venu les retrouver jusqu'à pour leur donner des nouvelles.

Ils s'étaient donc tous assis et avaient attendus. Encore et encore.

Deux heures étaient passées depuis et ils n'avaient toujours aucune information. Et Lexa commençait à perdre réellement patience.

Elle leva une nouvelle fois les yeux de ses mains pour jeter un coup d'œil autour d'elle et remarqua que la chaise que Jake avait occupé jusqu'à maintenant était vide. Légèrement inquiète, elle se redressa doucement et lança un regard autour d'elle à sa recherche.

- Il est juste parti appeler Abby, l'informa Anya à côté d'elle, comprenant ce qu'elle cherchait.

Lexa acquiesça avant de se laisser de nouveau aller contre son siège.

- Tu ne veux pas aller te dégourdir un peu les jambes? lui proposa Anya. Tu n'as pas bougé d'ici depuis qu'on est revenu.

Lexa ne répondit pas. Elle savait que sa cousine s'inquiétait et voulait juste prendre soin d'elle. Mais elle ne savait pas comment lui expliquer qu'elle ne pouvait pas bouger d'ici sans savoir comment allait Clarke. Il était hors de question qu'elle prenne le risque de s'absenter.

Son regard se posa sur le bureau des infirmières derrière lequel deux d'entre elles étaient assises. Elle ne les connaissait pas. Pas celles-ci. Alors qu'elle savait que Clarke passait autant de temps aux Urgences que dans n'importe quel autre service.

Et elle réalisait qu'elle n'était jamais venue la voir quand elle y était. Elle réalisait qu'elle pensait tout connaître de sa petite-amie mais qu'en réalité, il y avait encore tellement de parties d'elle qui lui étaient encore inconnues.

Ces infirmières, Clarke travaillait-elle avec? Les appréciait-elle? Étaient-elles sympas avec elle?

Elle voulait réellement le savoir. Avoir des réponses à ces questions.

Et surtout elle voulait les avoir de Clarke…

Sa jambe se mit de nouveau à trépigner d'impatience et son cœur se serra d'impuissance.

On y était. Elle en avait assez d'attendre. Elle allait se diriger vers ce bureau d'infirmières et quitte à se faire détester des collègues de Clarke, elle n'allait pas bouger de là-bas tant qu'elle ne saurait pas comment allait sa petite-amie.

Cependant, au moment où elle se leva, deux personnes vêtues de blouses blanches arrivèrent à leur niveau. Elle reconnut immédiatement l'un d'entre eux comme étant Murphy, un des amis internes de Clarke, tandis que l'autre ne lui disait rien du tout. Mais au vu de sa posture pleine d'arrogance et de la couleur de sa tenue, il s'agissait d'un titulaire.

- Vous êtes la famille du Dr Griffin? questionna-t-il à leur adresse.

- Oui, s'empressa de répondre Raven. Comment va-t-elle?

Le docteur ne lui répondit pas et les regarda tour à tour d'un œil sceptique.

- Y'a-t-il un membre de sa famille parmi vous?

- C'est tout comme, rétorqua Octavia avec une pointe d'agacement.

- Il s'agit de ses meilleures amies et de sa petite-amie avec qui elle vit, expliqua Murphy à son titulaire.

Il adressa un léger sourire rassurant à l'adresse de Lexa mais cette dernière avait son regard braqué sur le docteur face à elle qui continuait à les regarder avec apathie.

- Je suis désolé mais je ne peux discuter qu'avec un membre de sa famille, déclara-t-il mécaniquement.

Lexa sentit Raven pousser un profond soupir agacé à côté d'elle et s'en aller. Mais elle n'y accorda pas vraiment d'attention, son attention complètement focalisée sur le médecin face à elle.

Elle réalisa à ce moment-là à quel point son statut de petite-amie ne représentait aucune valeur aux yeux de cet homme. Comme pour tout le reste du monde.

Les gens ne verraient jamais à quel point sa relation avec Clarke était sérieuse. À quel point elle était fusionnelle.

Aux yeux des gens, aux yeux de la loi, elle ne représentait rien de plus pour sa petite-amie que n'importe quel autre inconnu…

Un soupir saccadé s'échappa de sa bouche mais elle réussit à garder son masque de stoïcisme. Elle serra la mâchoire et fit un pas en direction du chirurgien.

- Docteur…?

- Docteur Pike. Chef du Service Traumatologie.

- Docteur Pike, répéta-t-elle lentement. Je sais que votre règlement exige que vous ne communiquiez les informations sur vos patients qu'aux membres de la famille… Mais à l'heure actuelle, je n'en ai strictement rien à faire de vos protocoles idiots.

Elle fit un nouveau pas menaçant vers lui et ajouta:

- Je peux vous jurer que si, dans les secondes qui suivent, je ne sais pas comment va ma petite-amie, enfreindre le protocole sera le cadet de vos soucis…

Elle savait que ce qu'elle faisait était détestable mais elle n'en avait strictement rien à faire. La seule chose qui comptait, là maintenant, c'était Clarke.

- Ah oui, j'ai oublié de vous préciser que la petite-amie en question était Alexandria Woods, chuchota indiscrètement Murphy à l'adresse de son titulaire.

Ce qui le fit pâlir considérablement.

- Mlle Woods… prononça-t-il d'une voix incertaine.

Il fut interrompu par le retour de Raven qui était suivit par Jake.

- Le voilà votre membre de la famille, lui lança-t-elle en indiquant Jake. Maintenant, est-ce que vous pourriez nous dire comment va notre amie?

- Et vous êtes? demanda Pike à l'adresse de Jake.

- Son père. Comment va ma fille?

Soulagé de ne pas avoir à enfreindre de règles, le Dr Pike s'empressa de se détourner complètement du regard menaçant de Lexa pour se tourner vers Jake.

- Comme vous le savez, votre fille a eu un accident de voiture. Le choc a causé une rupture de sa rate, ce qui a causé une hémorragie interne assez sévère. Nous avons dû procéder à une ablation totale. Son état est stable. Et elle est hors de danger. Elle a également quelques lésions des côtes et une commotion cérébrale, cependant elle devrait se résorber d'elle-même. Nous gardons tout de même un œil dessus mais nous sommes confiants…

Le flot d'information qu'il leur balança eu le don d'étourdir Lexa qui se retrouva à retenir sa respiration sans s'en rendre compte.

Rupture de la rate? Ablation? Commotion cérébrale ? Lésions des côtes?

Les mots tournèrent en boucle dans sa tête, lui donnant soudainement envie de vomir.

Son état est stable. Elle est hors de danger.

Elle est hors de danger. Elle est hors de danger. Elle est hors de danger.

Clarke va bien.

Un sentiment puissant de soulagement envahit sa poitrine et elle le laissa gagner la totalité de son corps.

- Elle va bien… prononça-t-elle d'une voix à peine audible.

Mais le léger tremblement dans sa voix attira l'attention de toutes les personnes autour d'elle.

- Elle va bien, lui confirma Murphy avec un petit sourire rassurant.

Un silence suivit ses mots. Un silence durant lequel chacun prit le temps de réaliser, de savourer le fait que Clarke s'en était sortie.

- Je dois vous laisser, une autre opération m'attend, reprit le Dr Pike. Le Docteur Murphy peut répondre à vos questions, si vous en avez d'autres.

Lexa reporta son regard sur lui et se demanda si elle avait plus envie de lui mettre son poing dans la figure ou de le prendre dans ses bras.

Il ne lui laissa pas le temps de choisir, tourna ses talons et s'en alla sans ajouter quoi que ce soit d'autre.

- Ne faites pas attention à lui, c'est un connard, déclara Murphy.

Jake regarda l'interne, choqué par la manière dont il parlait de son titulaire. Même Anya, Octavia et Raven se tournèrent vers lui, légèrement interloquées.

Mais Lexa, qui avait eu le loisir de le pratiquer et qui le connaissait quelque peu maintenant, ne se trouva pas le moins du monde surprise. Et puis Clarke lui avait parlé de Pike. Et, à côté des mots que Clarke avait employés pour décrire le titulaire, ceux de Murphy étaient presque des compliments.

Cependant, elle était contente que ce soit lui qui se soit occupé de Clarke. Il avait beau être un connard, elle savait qu'il était un des meilleurs chirurgiens de ce pays. Et Clarke méritait tout ce qu'il y avait de mieux…

- Est-ce qu'on peut la voir? questionna Raven à l'adresse de Murphy, ce qui sortit Lexa de ses réflexions.

La question créa en elle un besoin viscéral et elle se retrouva à fixer Murphy avec un espoir presque douloureux. Clarke allait bien mais elle avait besoin de s'en assurer de ses propres yeux.

Ce dernier grimaça légèrement avant de répondre:

- Elle est encore en soins intensifs. Une seule personne à la fois est autorisée à la voir…

Jake se tourna vers Lexa et lui adressa un petit sourire.

- Vas-y…

Lexa se força à garder les pieds ancrés au sol.

- Vous êtes sûr?

- Oui, assura Jake avec un sourire. Je dois appeler Abby pour la rassurer avant qu'elle ne prenne l'avion et je suis sûr que Clarke voudra te voir plus que moi…

Lexa savait qu'il voulait voir Clarke plus que tout au monde et qu'il était en train de se sacrifier. Mais son côté égoïste pris le dessus et elle le laissa faire. Elle prononça un petit « merci » à son adresse et suivit Murphy.

- Je suis désolé, dit ce dernier alors qu'il la guidait dans les couloirs de l'hôpital, j'aurais voulu venir vous tenir informés beaucoup plus tôt mais l'opération devait se faire très rapidement…

- Je comprends, assura Lexa.

- Il y a eu plus de peur que de mal, poursuivit-il. Elle s'en est très bien sortie et devrait être complètement remise d'ici quelques jours. Elle était même réveillée lorsque je l'ai laissée. La seule chose qui craint c'est qu'elle va être moche pendant quelques temps...

Lexa esquissa un petit sourire avant de répondre:

- Elle est toujours belle…

- Ahh Lexa… Tu viens de perdre au moins 1000 points de badassittude là.

Cette fois-ci, ce fut un petit rire qui s'échappa des lèvres de Lexa. Elle aimait bien Murphy et ce depuis la première fois où elle l'avait rencontré. Il pouvait paraître abrupt et arrogant aux premiers abords mais elle savait qu'il s'agissait d'une simple carapace et qu'une personne beaucoup complexe et intéressante se cachait derrière. Elle aimait son sarcasme et son cynisme. Et elle aimait la loyauté dont il faisait preuve envers ses amis.

Elle aimait le fait que, malgré le je-m'en-foutisme qu'il affichait constamment, il était là à tenter de la rassurer et de la faire rire.

- On y est, déclara-t-il en s'arrêtant devant la porte d'une chambre. Je vais demander aux infirmières d'attendre un peu avant de venir lui faire ses soins…

Lexa acquiesça doucement.

- Merci Murphy, lui dit-elle sincèrement. Vraiment. Pour tout…

- Je ne fais que mon travail, assura-t-il avec un haussement d'épaule. Et puis…

Il lança un regard par la petite fenêtre de la chambre avant de le reporter sur Lexa et ajouter:

- Elle aurait fait tellement plus si ça avait été moi…

Il adressa un dernier sourire à Lexa avant de la laisser seule. Elle fixa quelques secondes l'intérieur de la chambre à travers la petite vitre mais ne vit qu'un bout du lit.

Elle prit donc une profonde inspiration et ouvrit la porte.

La première chose qu'elle entendit fut le bruit des bips qui se faisaient entendre à intervalle régulière. Elle s'avança doucement dans la pièce, veillant à ne faire aucun bruit, ce qui se révéla futile car Clarke était réveillée. Lexa la vit tourner doucement sa tête vers elle et esquisser un petit sourire.

- Hey… prononça-t-elle d'une voix très faible.

À cet instant précis, tout chez Lexa sembla se figer. Ses jambes, son sang, son souffle.

Son cœur.

- He – hey… répondit-elle à son tour dans un tremblement.

Elle retrouva l'usage de ses jambes et se rapprocha doucement du lit, jusqu'à se trouver à son pied.

- Comment te sens-tu?

- Comme quelqu'un qui s'est pris un tableau de bord en pleine tête, tenta de plaisanter Clarke.

Mais Lexa n'esquissa même pas un semblant de sourire. De là où elle se trouvait, elle voyait mieux le visage de Clarke. Et la douleur qui se trouvait dans sa poitrine s'intensifia.

Ses yeux étudièrent chaque millimètre de son visage, passant des différents hématomes violâtres qui se trouvaient sur sa mâchoire, sa joue et son œil droit au pansement qui se trouvait sur son front. Et elle savait qu'il ne s'agissait là que des blessures minimes…

Clarke comprit ce qui était en train de se passer dans la tête de Lexa. Elle leva donc sa main et lui murmura un petit « Approche… »

Lexa hésita et ne bougea pas.

- Je vais bien Lex, assura Clarke. S'il te plait, j'ai juste besoin de te sentir près de moi…

Alors Lexa s'exécuta. Elle se dépêcha de faire le tour pour attraper la main que Clarke continuait à lui tendre et s'approcha jusqu'à elle.

Clarke sentit immédiatement le tremblement dans la main de Lexa, ce qui l'amena à la serrer un peu plus fort.

- Je vais bien mon amour, rassura-t-elle.

Elle entendit Lexa prendre une inspiration saccadée et le répéta à nouveau.

- Je vais bien. Tout va bien…

Lexa resta silencieuse. Elle s'agenouilla de sorte à ce que son visage se retrouve à la même hauteur que celui de Clarke et porta délicatement sa main à sa joue. Elle effleura du bout des doigts l'hématome qui s'y trouvait avant de remonter jusqu'au pansement sur son front, ses yeux suivant le geste, examinant attentivement chacune des blessures.

Clarke, elle, ne quitta pas le visage face à elle du regard. Et, lorsqu'elle vit une larme s'échapper des yeux magnifiques dont elle était amoureuse, elle sentit son cœur s'arrêter.

Parce qu'en plus de dix ans, elle n'avait jamais vu Lexa pleurer.

Jamais.

- Lex…

Elle n'avait qu'une envie c'était de se lever, la prendre dans ses bras et lui jurer que tout allait bien jusqu'à ce qu'elle la croit. Elle voulait sentir Lexa contre elle, pour la rassurer mais aussi pour se rassurer elle-même.

Mais elle ne pouvait pas. Elle était bloquée dans ce lit, complètement faible et chaque partie de son corps lui donnait l'impression de faire mal.

Elle ne savait pas quoi faire. Elle ne pouvait rien faire. Alors, elle tira un peu plus sur la main de Lexa et lui demanda doucement:

- Embrasse-moi…

Lexa pouvait entendre l'urgence dans sa voix.

- Clarke… prononça-t-elle, incertaine.

- Lex, s'il-te-plait…

Et, comme toujours lorsque Clarke lui demandait quelque chose, Lexa céda. Elle se redressa légèrement de sorte à ce que son visage se trouve juste au-dessus du sien et vint poser un baiser plein de délicatesse sur ses lèvres. Son corps se décontracta immédiatement de soulagement et de nouvelles larmes glissèrent le long de son visage. Elle sentit la main de Clarke se poser sur sa joue et posa un, puis deux, puis trois baisers de plus avant de se forcer à séparer leurs lèvres. Elle ne voulait surtout pas prendre le risque de causer plus de mal à Clarke.

Mais elle garda tout de même son front contre le sien parce que la seule chose qui réussissait à l'apaiser, là maintenant, c'était la sensation de Clarke contre elle.

Et cette dernière l'avait parfaitement compris. Elle avait parfaitement compris que c'était le seul moyen d'ancrer Lexa à la réalité, de lui prouver qu'elle allait réellement bien.

Elle allait bien. Et c'était tout ce qui comptait…