Hello Everyone!

J'espère que tout le monde se porte bien en ces temps toujours aussi compliqués!

Bon, comme promis, je vous poste un petit chapitre avant la fin de l'année! Et je fais mon maximum pour vous publier le prochain dès que possible ;)

Je vous remercie pour vos retours toujours aussi précieux qui me font toujours aussi chaud au cœur!

J'espère que ce chapitre vous plaira!

Bonne lecture tout le monde!

Et bon dimanche!

LSAfor

PS: As usual, un grand merci à Debo pour sa précieuse correction!


Chapitre 36:

Les volets s'ouvrirent brutalement et Lexa se retrouva réveillée par la lumière de l'extérieur qui pénétra dans la pièce. Une douleur lancinante envahit son crâne, l'amenant à pousser un grognement loin d'être élégant.

Elle esquissa un geste à tâtons pour attraper sa couette et la remonter jusqu'à son visage mais elle lui fut retirée sans ménagement. Elle ouvrit un œil et grogna de nouveau lorsqu'elle vit qui était à l'origine de son supplice.

- Va-t'en! lança-t-elle en posant son bras sur ses yeux.

Anya ne répondit pas et jeta un regard circulaire autour d'elle.

La chambre était dans un sale état, il y avait des vêtements et des cadavres de bouteilles de différents alcools qui trainaient un peu partout et elle se demanda depuis combien de temps sa cousine n'était pas sortie.

Elle savait que Lexa allait mal. Cette dernière avait beau lui affirmer le contraire lorsqu'elle daignait lui répondre au téléphone, Anya savait qu'elle mentait.

Il ne pouvait en être autrement. Pas lorsqu'elle avait sacrifié l'amour de sa vie.

Mais Anya ne s'était pas attendue à ce que ce soit à ce point-là.

- Qu'est-ce que tu fou là? demanda Lexa lorsqu'elle vit qu'Anya n'avait pas bougé.

De nouveau, Anya ne répondit pas. Elle attrapa quelque chose qui se trouvait dans la grande poche de son manteau et le lui balança avec toujours autant de délicatesse.

Lexa sursauta lorsque l'objet entra en collision avec son visage. Elle n'eut pas d'autre choix que de se redresser pour regarder ce que c'était et elle sentit son cœur se serrer lorsqu'elle vit qu'il s'agissait d'un magazine avec une photo d'elle en couverture.

Une photo d'elle et Ontari Queen.

Et malgré le fait qu'elle s'y attendait – après tout elle en était à l'origine, elle était celle qui avait demandé à Roan d'organiser le rendez-vous, celle qui avait fait appeler les paparazzis – elle ne pouvait empêcher de ressentir de la honte en fixant la couverture.

- Tu es une idiote, lui dit Anya d'une voix dure.

C'était les mots qu'elle avait voulu dire à sa cousine dès le moment où Raven lui avait montré le magazine. Les mots qui l'avaient amené à faire 5h de vol pour venir les lui dire de vive voix.

Elle ne savait pas à quoi jouait sa cousine mais c'en était trop.

- Il ne s'est rien passé, assura Lexa. C'était juste une stratégie pour déstabiliser Nia.

Elle avait voulu montrer à l'autre femme qu'elle aussi pouvait l'atteindre, qu'elle aussi pouvait s'en prendre à ce qu'elle avait de plus cher au monde, tout en l'éloignant un peu plus de Clarke.

Elle avait donc utilisé le faible qu'Ontari avait pour elle lors d'un rendez-vous galant innocemment orchestré. Roan lui avait communiqué l'emploi du temps de sa petite sœur et elle avait fait en sorte de tomber sur elle par hasard. Elle l'avait ensuite invité à boire un café. Puis, elle avait flirté avec la jeune femme tout le long tout en lui glissant subtilement des informations qu'elle voulait que sa mère ait en sa possession. Comme le fait que son histoire avec Clarke était beaucoup trop prenante pour ce qu'elle représentait, c'est-à-dire pas grand-chose. Que ce qui comptait réellement pour elle c'était son travail et de rencontrer quelqu'un qui le comprenait. Elle avait accentué ces derniers mots avec un sourire très suggestif en ignorant la douleur et la culpabilité qu'elle ressentait. Puis elle avait parlé de la Coalition et du fait qu'elle hésitait à poursuivre ce projet qui était peut-être beaucoup trop ambitieux pour elle.

Elle avait joué le jeu toute l'après-midi, veillant à être charmeuse et souriante. Pour Ontari Queen et pour les paparazzis.

Et surtout pour Nia Queen.

Pour la faire douter. Pour la faire se questionner. Pour la faire vaciller entre la confiance et la crainte.

Oui, elle avait fait en sorte de faire le nécessaire pour la déstabiliser.

Puis elle avait retrouvé sa chambre d'hôtel et s'était noyée dans le whisky et sa honte.

C'était il y a deux jours.

- Ça, Clarke ne le sait pas! s'exclama Anya, la forçant ainsi à sortir de ses pensées. Tu penses qu'elle l'a pris comment lorsqu'elle a vu l'article?

Lexa serra des dents.

Elle n'avait pas pensé à ça.

Elle n'avait pas pensé que Clarke pouvait voir le magazine.

- Avec un peu de chance, elle me déteste encore plus, répondit-elle lentement.

Avec un peu de chance, ça l'éloignera un peu plus.

Anya secoua la tête de gauche à droite, de plus en plus exaspérée. Elle n'avait qu'une envie, c'était de saisir Lexa et de la secouer violemment jusqu'à ce que toutes ses idées idiotes disparaissent.

- Non, elle a juste le cœur un peu plus brisé, lui dit-elle. Elle dort sur le canapé de Raven parce qu'elle ne veut pas retourner dans l'appartement qu'elle partageait avec son ex-petite-amie! Tu sais, l'amour de sa vie? Celle avec qui elle pensait passer le reste de sa vie et qui, au lieu de ça, se tape quelqu'un d'autre!

- Arrête, lui intima fermement Lexa en quittant le lit.

Sa tête lui faisait un mal de chien mais ce n'était rien comparé à la douleur qu'elle ressentait au creux de sa poitrine.

- Quoi? Tu ne supportes pas d'entendre la vérité? demanda Anya d'un ton provocateur.

- Je cherche juste à la protéger! Et tu le sais très bien!

- En lui faisant du mal? En lui brisant le cœur?

- Si c'est ce qu'il faut… répondit Lexa en se servant un verre d'eau.

Anya se retrouva complètement désarçonnée par ces mots.

- Tu parles comme ton père…

Lexa s'immobilisa pendant quelques secondes avant de se tourner vers sa cousine.

- Peut-être qu'il avait raison depuis le début, déclara-t-elle lentement. Être Commandant, c'est être seul.

De nouveau, Anya eut du mal à croire que ces paroles sortaient de la bouche de sa cousine. Elle sentit une puissante vague de colère la gagner et fit un pas vers elle.

- Il avait tort ! prononça-t-elle d'une voix forte et dure. Il s'était refermé sur lui-même et a passé toute sa vie à négliger les personnes qui étaient censés être les plus importantes de sa vie, toi la première! Il t'a fait énormément de mal! Énormément! Tu veux réellement faire ressentir ce que tu as ressenti toutes ces années aux personnes que tu aimes?!

Lexa détourna le regard sans rien dire, ce qui eut le don d'agacer un peu plus Anya.

- Je t'ai toujours soutenu, poursuivit-elle. Je ne comprends pas toujours tes choix mais je les soutiens. Je les respecte. Toujours… Mais là, je ne peux plus. Je ne peux plus rester là à rien dire alors que je te vois faire n'importe quoi… Lorsque tu as accepté de devenir PDG, lorsque tu as accepté de remplacer ton père, l'une des premières choses que tu m'as dites c'est que tu ne deviendrais jamais comme lui. La simple pensée te dégoutait. Et maintenant? Maintenant, tu es en train de suivre le même chemin que lui !

Anya se retrouva de nouveau confrontée au silence de Lexa qui ne la regardait toujours pas et elle se retrouva complètement déstabilisée.

Elle ne savait pas à quoi elle s'était attendue en venant ici. De la colère, de la tristesse peut-être. Mais pas à un tel niveau d'indifférence, de froideur.

Elle voyait que sa cousine souffrait mais le fossé que cette dernière était en train de creuser autour d'elle ne lui ressemblait pas et Anya ne savait plus quoi faire. Elle ne pouvait pas obliger Lexa à l'écouter. Elle ne pouvait pas l'obliger à changer d'avis.

Alors, elle décida qu'il était temps qu'elle s'en aille.

Elle était venue, elle avait dit ce qu'elle avait à dire. Maintenant, il ne tenait qu'à Lexa de l'écouter ou non.

Elle fit donc quelques pas vers la porte par laquelle elle était entrée puis s'arrêta.

- Lincoln et Octavia se marient demain, rappela-t-elle au dos de Lexa. Tu sais, ton cousin et ta meilleure amie. Ils organisent leurs enterrements de vies de célibataires ce soir. Je rentre sur New-York dans deux heures avec un jet de la compagnie. J'espère que tu seras là…

Elle poursuivit son chemin et ouvrit la porte. Mais, avant de sortir, elle s'immobilisa une nouvelle fois pour se tourner vers Lexa qui n'avait toujours pas bougé. Elle la fixa pendant de longues secondes et poussa un profond soupir.

- Tu n'es pas comme lui, Lexa, lui dit-elle avec un léger tressaillement dans la voix. Et, contrairement à ce que tu penses, c'est exactement ce qui fait ta force…

Elle n'ajouta rien de plus et quitta la pièce, refermant la porte derrière elle.

Ce ne fut qu'à ce moment-là que Lexa bougea. La mâchoire serrée, elle sentit une larme couler le long de sa joue qu'elle essuya d'un revers de main.

Son regard se posa sur le magazine posé devant elle. Elle l'attrapa et le balança de toutes ses forces à l'autre bout de la pièce avant de se laisser tomber sur le lit.


Clarke termina de s'habiller et jeta un coup d'œil à son reflet dans le miroir qui se trouvait sur la porte de son casier. Elle avait coiffé ses cheveux et, avec du maquillage, elle avait tenté de camoufler du mieux qu'elle pouvait ses cernes et son teint blafard qui la suivaient depuis quelques temps.

Et malgré tout, elle continuait de voir la fatigue et la tristesse se refléter sur son visage.

Elle poussa un soupir et détourna le regard. Elle ouvrit ensuite son casier pour y ranger sa blouse et attraper son sac à main et son téléphone lorsqu'une feuille pliée en deux tomba au sol. Elle se pencha pour l'attraper et prit une inspiration saccadée lorsqu'elle comprit de quoi il s'agissait.

Elle l'ouvrit tout de même et dessina de ses yeux les lettres qui composaient les mots « Formulaire de transfert ».

Il était là son plan. Depuis que Lexa était partie, c'était là qu'avait résidé son espoir.

Lexa lui avait dit qu'elle ne pouvait pas remplir ses deux rôles, qu'elle devait repartir à Los Angeles, alors elle avait décidé de la suivre. De la même manière que Lexa avait essayé de revenir sur New-York.

C'était le plan qu'elle avait eu depuis le début. Depuis que Lexa était devenue PDG.

Pour elle, la distance qui les séparait n'était que ça: une épreuve, un obstacle à surmonter.

Elle avait donc entreprit toutes les démarches pour retrouver Lexa et lui montrer qu'elles pouvaient remplir leurs rôles respectifs tout en étant ensemble. Comme elles l'avaient prévu depuis le début.

Elle avait fait toutes ses recherches, elle avait demandé de l'aide à sa mère qui lui avait confirmé que sa demande à l'UCLAH serait acceptée et elle n'attendait plus que de passer ses examens de première année pour soumettre officiellement sa candidature.

Ce qu'elle avait pu être idiote.

Une véritable idiote.

Lexa était passée à autre chose. Aussi simplement que ça.

Elle était passée à autre chose et Clarke en venait à se demander si elle ne pouvait réellement plus être avec elle ou si, tout simplement, elle n'en avait plus envie…

Son téléphone vibra dans sa main, l'amenant à sortir de ses pensées et de sa contemplation du formulaire. Elle baissa les yeux vers l'écran et vit que Raven l'appelait.

- Oui?

- Je suis là, l'informa Raven. Je t'attends dans le hall de l'hôpital.

- D'accord, j'arrive, répondit simplement Clarke avant de raccrocher.

Elle rangea son téléphone dans son sac qu'elle mit autour de son épaule puis elle baissa de nouveau les yeux vers la feuille qu'elle tenait toujours entre ses doigts.

Après quelques secondes à la fixer, elle la déchira en deux puis la jeta dans la poubelle qui se trouvait à proximité. Elle tourna ensuite les talons et sortit des vestiaires.

Elle retrouva Raven dans le hall du rez-de-chaussée et leva les yeux au ciel tout en souriant lorsque cette dernière lui lança son habituel « Yo Griffin! » plein d'exubérance. Elle se dépêcha de combler les quelques mètres qui les séparaient et la tira vers l'extérieur avant qu'elle ne l'embarrasse un peu plus devant ses collègues.

- Comment tu te sens? lui demanda Raven lorsqu'elles se retrouvèrent à l'intérieur de sa voiture.

Sa voix était beaucoup plus soft, beaucoup plus délicate que quelques secondes plus tôt et Clarke avait l'impression que son amie lui avait déjà posé la question un millier de fois depuis qu'elle avait débarquée chez elle sans prévenir quelques jours plus tôt, en larmes et le cœur meurtri par son ex-petite-amie.

Et son état ne semblait pas vouloir changer.

La pensée du formulaire qu'elle venait de déchirer revint à l'esprit de Clarke et, de nouveau, son cœur se serra douloureusement. Mais elle se força à esquisser un sourire.

- Je me sens prête à faire la fête toute la nuit ! répondit-elle d'une voix enjouée. Et à faire passer LA soirée d'enterrement de jeune célibataire de leur vie à Octavia et Lincoln!

Raven poussa un léger grognement.

- Ça, ça va être compliqué avec les deux au même endroit, se lamenta-t-elle. Quelle idée sérieusement?!

Clarke esquissa un sourire amusé, tout en secouant la tête d'un air excédé.

- C'est leur soirée Raven, fit-elle remarquer, s'ils veulent la passer ensemble sans strip-teaseur ni autres extras de ce genre, c'est leur choix.

- Oui mais même… soupira Raven.

Elle démarra la voiture puis se tourna de nouveau vers Clarke.

- Promet-moi que, plus tard lorsque ce sera mon tour, quoi que je puisse te dire, tu me prépareras un enterrement de vie de jeune fille sans ma future épouse, lui dit-elle d'un ton empli de sérieux. Et avec une tooooooonne de strip-teaseurs et de strip-teaseuses!

Clarke éclata de rire et Raven ne put s'empêcher d'esquisser un sourire ravi à l'entente du son.

Bon sang, elle avait l'impression qu'une éternité était passée depuis qu'elle avait entendu son amie rigoler.

- Promis, assura Clarke entre deux éclats de rire.

- Et je te promets d'en faire de même pour toi! promis à son tour Raven.

Mais sa plaisanterie amena le rire de Clarke à s'évanouir peu à peu. Elle esquissa un mince sourire et la remercia doucement mais toute trace d'amusement l'avait quittée.

- On y va? proposa-t-elle avant que Raven ne puisse ajouter quoi que ce soit. Mieux vaut ne pas prendre le risque d'arriver en retard si on ne veut pas se faire trucider par Octavia.

Raven, qui ne s'était pas rendue compte de son changement d'humeur, laissa échapper un petit gloussement avant de manœuvrer la voiture pour sortir du parking et Clarke tourna la tête pour regarder par la fenêtre, se sentant de nouveau submergée par sa tristesse.

Elle avait perdu toute idée de mariage avec Lexa depuis que cette dernière lui avait dit qu'elle ne le voulait pas.

Mais, et elle le réalisait amèrement à cet instant précis, sans Lexa, l'idée lui paraissait encore moins imaginable…


- Mlle Woods, le commandant de bord attend votre accord pour décoller.

Anya baissa les yeux vers sa montre et constata qu'il était quatorze heures passé. Elle avait dit à Lexa qu'elle repartait à treize heures. Avec plus d'une heure de retard, il était temps qu'elle se rende à l'évidence, sa cousine ne viendrait pas.

Elle jeta un coup d'œil à travers le hublot puis reporta son attention sur le steward qui se tenait droit devant elle en attendant ses instructions et elle poussa un profond soupir.

- Dites-lui qu'on peut y aller, intima-t-elle sans pouvoir cacher son énorme déception.

Elle avait été persuadée que Lexa se montrerait. Elle avait été persuadée que, quelque part derrière son masque d'indifférence, sa cousine avait entendu ce qu'elle lui avait dit.

Il fallait croire qu'elle avait eu tort.

Son humeur morose l'accompagna tout le long du vol et fut toujours présente lorsque, quelques heures plus tard, elle pénétra dans l'appartement de son frère où la fête battait déjà son plein. Elle poussa un énième soupir et s'efforça de mettre son amertume de côté.

Après tout, Lincoln se mariait.

Elle s'enfonça donc dans le grand appartement à la recherche de son frère ou de sa petite-amie et tomba nez à nez avec Clarke.

- Hey, la salua cette dernière avec un sourire. Tu es enfin là! Raven te cherche partout!

Anya la fixa sans rien dire pendant quelques secondes, un sentiment de culpabilité la gagnant.

- Oui je – j'étais coincée au travail, mentit-elle.

Elle savait qu'en lui disant la vérité, qu'elle était allée voir Lexa à Los Angeles pour tenter de la ramener et que cette dernière avait préféré rester, elle ne lui ferait que plus de mal.

Clarke perdit légèrement son sourire en acquiesçant doucement.

- Je vais essayer de la trouver, ajouta Anya de plus en plus mal à l'aise.

Elle s'efforça d'étirer ses lèvres dans un mince sourire puis s'empressa de s'éloigner avant que Clarke ne puisse ajouter quoi que ce soit.

C'était devenu une habitude, remarqua une nouvelle fois Clarke. Depuis que Lexa était partie, depuis leur conversation à Woods & Co, elle avait l'impression qu'Anya passait son temps à l'éviter et elle ne savait pas quoi en penser. Elle avait espéré, peut-être naïvement, que l'autre femme allait l'aider.

À quoi? Elle n'en avait aucune idée. Mais elle avait espéré que l'autre femme serait présente pour elle.

Au lieu de ça, elle se retrouvait à lui parler encore moins que lorsque Lexa était là.

Mais Clarke ne lui en voulait pas. Elle savait que l'absence de Lexa affectait également Anya.

En réalité, son absence affectait tout le monde. Et elle le constatait à l'instant même.

Ils étaient chez Lincoln et Octavia, à célébrer la fin de leur célibat. Ou le début de leur nouvelle vie, comme ils aimaient le dire.

Ils auraient pu fêter ça n'importe où, ils auraient pu privatiser un bar ou un club s'ils l'avaient voulu, le faire dans une grande salle mais ils avaient demandé à leurs amis une petite fête chez eux, en toute intimité, comme ils l'aimaient.

Et alors que Clarke regardait autour d'elle et voyait les gens discuter, danser, rire et s'amuser, elle constatait que la fête était à l'image du couple. Pleine de gaieté et de chaleur.

Mais elle ne pouvait s'empêcher de ressentir l'absence de Lexa.

Lorsqu'elle vit Anya retrouver Lincoln et lui faire une tape sur le dos, elle ne put s'empêcher d'imaginer Lexa au milieu des deux à titiller son cousin également.

Lorsque son regard bifurqua sur Raven à quelques mètres sur le point de démarrer une partie de beer-pong, elle voyait Lexa lever les yeux au ciel tandis qu'elle tentait d'esquiver le jeu.

Lorsqu'elle vit Octavia discuter avec des amis de ce qui était certainement son mariage, elle voyait clairement Lexa à côté d'elle en train de la taquiner avec un sourire, heureuse pour son amie.

Et, alors qu'elle continuait de regarder autour d'elle, Clarke la sentait là, juste derrière elle. Elle sentait ses bras autour de sa taille, son nez dans sa nuque tandis qu'elle lui murmurait des mots doux ou salaces – ou les deux à la fois – à l'oreille.

Comment était-il possible de ressentir l'absence et la présence de quelqu'un à la fois? Comment pouvait-on ressentir la présence de quelqu'un par son absence?

- Hé princesse!

Clarke cligna des yeux et se focalisa sur Bellamy qui venait d'arriver devant elle, un grand sourire aux lèvres. Elle décida de ne pas relever le surnom qu'elle détestait toujours autant – après tout, elle savait que Bellamy ne le disait jamais méchamment – et lui adressa un sourire.

- Salut Bellamy, comment vas-tu? demanda-t-elle poliment.

- Ça va et toi? répondit Bellamy. Ça fait longtemps que je ne t'ai pas vu!

Clarke esquissa un petit sourire mal-à-l'aise avant de répondre:

- Oui j'ai pas mal été prise par le travail.

Elle savait que son excuse était foireuse et que Bellamy allait le comprendre, après tout, lui-même travaillait à l'hôpital, si elle avait voulu le voir, elle aurait pu. Au lieu de ça, elle avait passé son temps à l'éviter parce qu'elle n'avait aucune force de sociabiliser avec qui que ce soit. Parler, sourire, faire comme si de rien n'était, c'était terriblement usant.

- Je t'ai appelé et écrit à plusieurs reprises, lui dit Bellamy. Pour te proposer de te récupérer, je sais que tu n'as toujours pas de voiture et vu que je suis encore à l'hôpital pour plusieurs semaines…

Il marqua une légère pause et ajouta d'un ton plaisantin:

- Mais je peux comprendre que tu ne veuilles plus monter avec moi en voiture.

Oui, il avait dit ces mots sur le ton de l'humour mais Clarke pouvait déceler l'amertume dans sa voix.

Sentant une légère culpabilité la gagner, elle s'empressa de lui répondre.

- Non Bel, ça n'a strictement rien à voir avec notre accident ou avec toi, assura-t-elle sincèrement. Je suis vraiment désolée, c'est juste que ces derniers temps, avec ce qui s'est passé entre – hum – entre Lexa et moi, je ne me sens pas très bien…

Bellamy la fixa d'un air empli de compassion qui eut le don de l'agacer légèrement.

- Oui, j'ai entendu parler de votre rupture, déclara-t-il. C'était aussi une des raisons pour laquelle j'essayais de te joindre… Si tu as besoin de parler ou de te changer les idées, n'hésite surtout pas, je suis là pour toi…

Clarke sentit le picotement dans ses yeux revenir. Voilà pourquoi elle avait cherché à éviter tout le monde de son entourage ces dernières semaines, parce qu'à chaque fois qu'on lui parlait de sa rupture, elle n'avait qu'une envie c'était de pleurer.

- Merci, répondit-elle avec un tremblement dans la voix. C'est gentil.

Bellamy lui adressa un grand sourire.

- Et si on allait danser? proposa-t-il ensuite. Rien de mieux pour penser à autre chose!

Clarke lança un regard par-dessus l'épaule de Bellamy en direction du living-room où de nombreuses personnes dansaient au rythme de la musique.

Peut-être que c'était ce dont elle avait besoin? Bellamy avait raison, il n'y avait rien de mieux que l'alcool et la musique pour oublier ses soucis.

Elle reporta son attention sur le jeune homme face à elle et, avec un mince sourire, elle lui répondit:

- Peut-être plus tard…

Le regard déçu de Bellamy ne lui échappa pas, même si ce dernier tenta de le dissimuler avec un nouveau sourire. Clarke le vit ouvrir la bouche mais, avant qu'il ne puisse lui proposer une alternative, elle s'empressa de parler avant lui.

- Excuse-moi, je – hum – il faut que j'aille récupérer quelque chose, lui dit-elle.

Là aussi, elle savait que son excuse était lamentable. Et elle savait que Bellamy n'était pas dupe. Mais elle s'en fichait, elle avait besoin de couper court à cette conversation. Elle avait besoin de s'isoler.

Elle n'attendit donc pas de réponse et passa devant lui. Sans réellement réfléchir, elle se dirigea vers la chambre de Lincoln et Octavia et pénétra à l'intérieur pour rejoindre la terrasse.

Il faisait un froid glacial – rien de bien étonnant pour le milieu du mois de décembre – mais elle s'avança tout de même jusqu'à la rambarde sur laquelle elle s'accouda. Elle ferma les yeux quelques secondes puis les rouvrit pour se focaliser sur la vue face à elle.

L'appartement de Lincoln et Octavia se trouvait au dernier niveau d'un bâtiment d'une vingtaine d'étages et il devait être l'un des plus hauts du quartier. Ce qui était assez rare en plein New-York.

Mais il permettait d'avoir une vue dégagée et Clarke se retrouva à contempler les multiples décorations de Noël qui illuminaient les rues.

Elle adorait New-York en cette période. Ce côté féérique et festif qui rendait les fêtes de fin d'année magiques. Elle n'avait jamais connu ça à Malibu. Peut-être parce qu'il y faisait toujours chaud et beau et qu'il n'y avait jamais neigé.

Ce soir, il ne neigeait pas. Mais le vent glacial indiquait que cela ne saurait tarder. Avec un peu de chance, Octavia allait avoir le mariage de ses rêves sous la neige.

Son regard fut attiré par un brouhaha de conversation qu'elle entendit au bas de l'immeuble. Elle baissa les yeux et vit deux jeunes femmes discuter et rigoler tout en marchant. Et elle ne put s'empêcher de sourire.

Parce que cette image la renvoyait à un an plus tôt, à la même période, dans les mêmes rues de New-York.

Lexa et elle jouant et se chamaillant dans la neige après leur sortie à la patinoire. Clarke savait que cette soirée resterait gravée dans sa mémoire à tout jamais. Durant quelques heures, elle avait eu l'impression que le temps était suspendu et qu'il n'existait rien d'autre au monde qu'elle et la fille dont elle était follement amoureuse.

L'année d'avant, à cette même période, dans ces mêmes rues de New-York, elle prenait conscience que son cœur appartenait à Lexa Woods.

Et aujourd'hui, ce même cœur se retrouvait complètement brisé par cette même personne.

- Tu sais que si tu tombes malade à même pas vingt-quatre heures de mon mariage, je t'assassine Griffin? lança une voix derrière elle.

Clarke se tourna pour voir Octavia sortir à son tour sur le petit balcon. Elle la vit se frotter les bras pour se réchauffer et laissa échapper un léger rire.

- Il ne faudrait pas que ce soit toi qui tombe malade le jour de ton mariage, lui fit-elle remarquer en souriant. Tu devrais retourner à l'intérieur célébrer tes derniers moments de liberté!

- J'ai besoin de prendre un peu l'air aussi, confia Octavia.

Elle vint s'appuyer sur la rambarde à côté d'elle et observa à son tour la vue extérieur.

- Tu sais que c'est ici que j'ai demandé à Lexa d'être ma demoiselle d'honneur? déclara-t-elle doucement après quelques secondes de silence. C'était à notre soirée de fiançailles, on était dans une position identique à la nôtre actuellement…

Elle esquissa un petit sourire nostalgique qui se transforma en quelque chose de plus morne.

- Je n'arrive pas à croire que je vais me marier sans elle…

- Je suis désolée, souffla Clarke.

Octavia tourna son regard vers elle.

- Si moi je suis triste, je ne peux qu'imaginer ce que toi tu ressens, lui dit-elle.

Clarke ne répondit pas. Elle ne savait pas quoi répondre.

Comment pouvait-elle expliquer ce qu'elle pouvait ressentir alors qu'elle-même n'arrivait pas à le comprendre?

- Elle viendra, déclara-t-elle à la place. Lexa ne loupera jamais ton mariage, quoi qu'il puisse se passer…

- Après tout ce qui a pu arriver, tu as encore foi en elle, lui dit Octavia avec un sourire affectueux.

Clarke laissa échapper un léger rire sans joie tout en détournant le regard vers le ciel.

- Je sais, je suis une idiote.

- Non, tu l'aimes, tout simplement…

Clarke acquiesça doucement – il n'y avait aucune utilité à nier l'évidence – avant de répondre:

- J'aurais juste aimé que ce soit suffisamment réciproque…

- Je suis sûre que ça l'est, assura Octavia. Il n'y a aucun doute là-dessus.

- Et pourtant, voilà où on en est, rétorqua Clarke avec un mince sourire.

Octavia se décala de la rambarde pour se tourner complètement vers elle.

- Je suis sûre que cette fille n'est pas importante, lui dit-elle. Lexa t'aime, c'est évident. Et, même si en ce moment elle est complètement paumée, ça, ça ne changera pas.

La conviction avec laquelle elle avait dit les mots, avec laquelle elle la regardait en les prononçant, amena Clarke à baisser les yeux.

Elle aurait aimé partager la certitude de ses meilleures amies mais elle n'y arrivait pas. Qu'elle le veuille ou non, ces photos voulaient dire quelque chose.

La baie-vitrée s'ouvrit à nouveau et laissa apparaître Raven et Anya qui furent suivi de près par Lincoln.

- Ah c'est ici que vous vous cachez! lança Raven. On vous cherche depuis tout à l'heure!

Reconnaissante face à la distraction, Clarke esquissa un petit sourire avant de répondre:

- On prenait l'air.

- En plein mois de décembre? rétorqua Raven d'un air sceptique.

Malgré tout, elle s'avança un peu plus vers la rambarde pour faire de la place à Anya et Lincoln qui sortirent à leur tour à l'extérieur. Le balcon était petit et ils se retrouvèrent très rapidement à l'étroit mais ils ne semblèrent pas le moins du monde dérangés.

Lincoln vint enlacer Octavia qui posa sa tête contre son épaule et Raven se colla un peu plus à Anya qui enroula également ses bras autour d'elle.

Clarke regarda les deux couples et esquissa un petit sourire attendri avant de détourner le regard, le cœur serré en pensant encore et toujours à la personne qui demeurait absente.

Et elle n'était pas la seule à la ressentir cette absence. Ils étaient là tous les cinq, à rigoler tous ensemble en discutant du mariage qui allait se dérouler le lendemain, mais chacun d'entre eux sentait l'absence pesante de Lexa.

Ils n'en parlèrent pas. Ils ne l'évoquèrent pas.

Mais ils pensèrent tous à elle.


C'était le Jour J pour Lincoln et Octavia. The Big Day, comme ils ne cessaient de le qualifier.

Le jour où ils allaient enfin se dire oui.

Ils se trouvaient tous dans le chalet qui se situait aux abords de New-York où allait se dérouler le mariage. Un majestueux et immense chalet très romantique qui était surplombé d'un magnifique parc actuellement enseveli sous des centimètres de neige et pour lequel Octavia avait eu un énorme coup de cœur. Un coup de cœur tellement énorme qu'elle en avait immédiatement oublié le Plaza.

Ils avaient dû faire des pieds et des mains pour l'avoir mais ils avaient réussi. Et maintenant, dans une heure seulement, ils allaient pouvoir échanger leurs vœux et lier leurs vies à tout jamais.

Clarke qui, avec Raven, tenait compagnie à Octavia dans la salle où elle se préparait, pouvait sentir la nervosité s'intensifier chez cette dernière.

- Mes parents viennent d'arriver, dit-elle sur le ton de la conversation en lisant sur son téléphone le message qu'elle venait de recevoir de sa mère. Ils sont dans la salle, ça y est.

Elle leva les yeux vers Octavia qui se faisait coiffer devant un grand miroir et lui adressa un grand sourire.

- Elle m'a dit que tout le monde semblait installé, ajouta-t-elle.

Octavia lui adressa un sourire crispé à travers le miroir.

- Bien, souffla-t-elle.

- Je vais aller jeter un coup d'œil, déclara Raven qui semblait également sentir la nervosité de sa meilleure amie, et m'assurer que tout est prêt pour ton entrée de princesse d'accord?

Elle et Clarke étaient déjà prêtes, toutes les deux dans leurs tenues de demoiselles d'honneurs.

Raven attendit qu'Octavia lui adresse un petit acquiescement avant de quitter la salle. Clarke la regarda disparaître avant de reporter son attention sur la mariée.

- Est-ce que je t'ai dit que tu étais magnifique? lui demanda-t-elle.

Octavia laissa échapper un rire qui lui valut un regard réprobateur de la part de la coiffeuse. Elle lui adressa un petit sourire d'excuses avant de regarder dans la direction de Clarke en veillant à ne surtout pas bouger la tête.

- Au moins une dizaine de fois, répondit-elle. On peut dire que tu remplis parfaitement ton rôle de demoiselle d'honneur.

Un rire s'échappa de la bouche de Clarke.

- Allez, plus que quelques minutes et tu seras officiellement Mme Lincoln Woods, ajouta-t-elle d'un ton légèrement taquin.

Le visage d'Octavia s'illumina un peu plus, chose que Clarke ne pensait pas possible, et elle poussa un léger soupir rêveur.

- Je me demande comment il se sent, déclara-t-elle en fronçant des sourcils. Tu crois qu'il est nerveux?

Clarke ouvrit la bouche pour lui répondre mais Octavia ne lui en laissa pas la possibilité et reprit immédiatement la parole, sa nervosité reprenant le dessus.

- Je suis sûre qu'il l'est un peu, poursuivit-elle. J'aimerais tellement le voir. Je trouve cette tradition de ne pas se voir avant vraiment nulle!

Clarke se pinça les lèvres pour ne pas rigoler et lui répondit de sa voix la plus rassurante:

- Je l'ai vu tout à l'heure, il allait très bien.

- C'était il y a une heure! lança Octavia d'un ton légèrement cinglant.

Un sourire amusé se dessina sur les lèvres de Clarke.

- Tu veux que je retourne le voir? demanda-t-elle doucement.

Octavia lui répondit par un petit acquiescement.

- Okay, répondit Clarke dans un rire. Tu veux que je lui fasse passer un message en particulier?

- Oui, dis-lui qu'il n'a pas intérêt à se défiler et m'abandonner devant l'autel sinon je le tue.

Le rire de Clarke s'accentua et, tandis qu'elle se reculait pour quitter la pièce à son tour, elle lança moqueusement:

- Que c'est beau et romantique!

Octavia se tourna et lui balança une barrette à cheveux qui termina sa course à plusieurs mètres de Clarke.

- Mlle Blake! s'agaça la coiffeuse.

- Oui pardon, s'excusa penaudement Octavia en retrouvant sa posture.

Clarke secoua la tête, amusée, avant de tourner les talons et de sortir.

Son regard se posa sur la porte qui se trouvait en face et derrière laquelle était Lincoln. Lincoln qui, elle le savait, était beaucoup plus calme et serein qu'Octavia.

Qui l'aurait cru?

Esquissant un nouveau sourire, elle s'avança en direction de la porte. Mais elle eut à peine le temps de faire quelques pas qu'elle entendit des pas retentir dans le couloir.

- Clarke… prononça-t-on d'une voix pleine d'hésitation.

Et elle se retrouva à se figer complètement.

Parce qu'elle n'avait pas besoin de se tourner vers la personne qui avait dit son prénom pour savoir de qui il s'agissait.

Cette voix était ancrée en elle. Elle la hantait depuis des semaines.

Dans ses rêves. Lorsqu'elle était éveillée.

Tout le temps.

Elle finit par se tourner et sentit son souffle se couper lorsqu'elle constata qu'effectivement, il s'agissait de –

- Lexa… prononça-t-elle doucement.


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Okaaaay, je sais que la fin est un tout petit peu frustrante! Mais promis, je me rattraperais avec le prochain chapitre qui sera loooooong xD