Disclaimer : Vous n'êtes pas au courant ? Harry Potter et tous ses personnages appartiennent à JKR. Et pour ajouter à mon malheur, l'histoire appartient à Emma Lipardi, vu que c'est la traduction de la fic An Aunt's Love.


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- Pour ceux qui ont laissé une review signée, je vais utiliser leur nouveau système pour répondre, et vous devriez recevoir cette réponse dans votre boite mail (si j'ai tout compris comment ça marche)

- Pour ceux qui ont laissé une review anonyme mais m'ont mis leur adresse e-mail, je répondrai par e-mail.

- Pour les autres, je vais faire les réponses dans ma bio mais je les enlèverai quand je posterai autre chose.


Pétunia soupira alors qu'elle étudiait son environnement. Lord Dracula les renvoyait chez eux avec son jet privé et c'était un bel avion, avec des canapés et plus de place que son salon. Son souci principal était la personne endormie en face d'elle. Harry s'était effondré sur son siège avec un abandon total, complètement oublieux des autres occupants dans l'avion.

« Un sou pour tes pensées, Pet ? » Remus reposa le dossier sur lequel il travaillait. Il semblait qu'aucune des entreprises d'Harry ne puisse se gérer sans l'avis constant de leur patron maintenant qu'il arrivait à sa majorité. Merci mon dieu pour Remus. Celui-ci venait à bout de tout ça et le ramenait à de simples questions fermées pour Harry.

« Je m'inquiète pour Harry » dit prudemment Pétunia. Remus posa son stylo et lui accorda toute son attention. « J'ai l'impression que quelque chose ne va pas, qu'il se passe un truc mais je ne sais pas ce que ça pourrait être. » Elle posa ses mains l'une sur l'autre et les étudia, essayant de trouver les mots dont elle avait besoin. « Il s'est renfermé… Je n'arrive pas à faire en sorte qu'il me parle. »

« Maman ? » dit soudain Dudley de l'autre côté de l'avion. « J'ai entendu ce que tu as dit sur Harry et je pense que tu as peut-être raison. J'ai voulu lui parler hier soir et je n'ai pas réussi à le trouver nulle part. Il n'était pas dans sa chambre ou en train de faire un tour dans les couloirs. Nulle part. Il aurait pu être n'importe où dans la maison, bien sûr mais j'ai demandé à Vlad s'il pouvait trouver Harry pour moi et il a dit qu'il n'était pas dans la maison. »

« Ca ne veut pas forcément dire que quelque chose ne va pas » commenta Remus. Il passa une main dans ses cheveux et prit une profonde inspiration. « Nous savons déjà qu'il a eu le sommeil agité ces derniers temps. Ne cherchons pas les problèmes. S'il se passe quelque chose, je suis sûr qu'Harry nous le dira bientôt. Il est encore en train d'accepter tout ce qui lui est arrivé. Souvenez-vous qu'Harry réfléchit beaucoup avant de demander de l'aide. »

« Je suis quand même inquiète, dit Pétunia en levant les mains. Je vais attendre quelques jours mais je refuse que ça continue trop longtemps. » Elle se rassit et soupira. « Je sais qu'il va mal, Remus. »

« Je sais, Pet, mais il n'y a rien que nous puissions faire mis à part le surveiller de plus près. Il doit venir à nous. C'est ce que Paul nous a dit. Harry doit prendre la responsabilité de chercher de l'aide quand il en a besoin. Nous ne pouvons pas le forcer à accepter de l'aide. C'est sa décision. »

« Je peux essayer de lui parler, offrit Dudley. Il y a moins de chance qu'il me suspecte. »

« Bonne idée, Dudley ! » Remus sourit et jeune homme et acquiesça. « C'est peut-être un truc d'adolescent, Pet. Peut-être qu'il ne se sent pas à l'aise pour parler d'une fille qu'il aime bien mais il parlera peut-être à Dudley. Ils ont presque le même âge. »

« Parler des filles à Maman ? » Le dégoût de Dudley était évident. « Désolé Maman. Je vais continuer à en parler avec mes copains. » Le jeune homme essaya de ne pas frissonner mais Pétunia et Remus le virent tous les deux et cachèrent leur sourire derrière leur main.

« Vous avez peut-être raison, dit enfin Pétunia. J'espère que ce n'est rien de plus sérieux. »

« Si Harry est amoureux ou quelque chose comme ça, je le découvrirai. »

« Merci Dudley, dit Remus. Harry a de la chance d'avoir un cousin aussi attentif. Maintenant, faisons comme si nous n'étions pas en train de parler de lui parce que je pense qu'il est sur le point de se réveiller. »

Ils retournèrent tous les troits à leurs occupations, n'ayant pas conscience de ce dont Harry faisait l'expérience.


Harry grogna quand des chants d'oiseaux pénétrèrent dans ses rêves. Il roula sur le côté puis s'immobilisa quand il ne sentit pas son oreiller mais des brins d'herbe sous son visage. « Que… ? » Il leva la tête et regarda autour de lui. Des arbres l'entouraient et il était allongé sur de l'herbe « Qu'est-ce que… » Harry se remit debout et tourna sur lui-même. Il était dans une clairière dans une forêt au milieu de nulle part.

Ok, Harry. Essayons de tout reprendre… Tu étais dans l'avion de Vlad et maintenant tu es dans les bois. Est-ce que l'avion s'est écrasé ? Mais où est la fumée, les débris et le carnage ? Visiblement, il n'y a pas eu d'avion à s'écraser ici. De la magie accidentelle ? Pendant que je dormais… Pourquoi pas, allons-y avec cette théorie. Harry se laissa tomber sur un tronc commodément placé à côté de lui et soupira. Je dois réinstaurer la règle essentielle qui veut que je me réveille à l'endroit où je me suis couché.

« Harry ? » L'adolescent s'immobilisa au son de son nom. « Oh, mon garçon. » Bleys ? Je suis mort ? Harry releva la tête et regarda son mentor avec interrogation. « Mon cher enfant. »

« Bleys ? » Harry se leva pour l'accueillir. « Qu'est-ce qui se passe ? » Bleys serra le garçon dans ses bras à cette question. Il se tint là à murmurer « mon garçon » encore et encore. Harry resta là un moment, se détendant dans les bras de l'adulte avant d'essayer de reculer. « Bleys ? » demanda-t-il à nouveau.

« Je suis désolé, Harry. Je suis vraiment désolé d'avoir dû te contacter de cette manière. » Bleys ramena Harry vers le tronc et s'assit en tirant l'adolescent avec lui. « J'ai peur que tu te réveilles ensuite extrêmement malade pendant un jour ou deux mais je devais te contacter. Tu erres entre les plans maintenant et ce n'est pas bon pour ton corps. »

« Pourquoi m'as-tu contacté ? » Harry avait le sentiment que son mentor continuerait à parler encore et encore à moins qu'il ne l'interrompe. Il avait aussi un mauvais pressentiment.

« Harry, les choses ont changé. Le futur, ton futur, a changé. » Bleys le regarda, son expression était triste et ses yeux fatigués, comme si un millénaire l'avait soudain rattrapé. « Harry, quand tu as guéri l'esprit de Voldemort, tu as changé les choses. »

« Quels changements ? »

« Mon garçon » Bleys prit les deux mains de l'adolescent dans les siennes. « J'ai peur que tu me reviennes plus vite que prévu. »

La terreur saisit Harry à la gorge alors qu'une de ses mains quittait celles de Bleys et se serrait autour de la robe de son mentor. C'était une habitude qu'il avait gardée de quand il était petit, il le savait, mais il en avait besoin. « Je… » commença-t-il à dire mais il s'arrêta et ferma les yeux, incapable et ne voulant pas digérer cette nouvelle. Il ne pouvait pas… pas après… NON. Le jeune homme détourna la tête, ses yeux fermés en vain, essayant de bloquer ce qu'il ne voulait pas reconnaître.

Bleys le prit dans ses bras et Harry cacha son visage contre le torse de son professeur. L'odeur familière de bois et d'herbe chatouilla ses sens pendant qu'il luttait pour que les informations de Bleys ne prennent pas racine dans son esprit. Il couvrit ses oreilles. Il savait ce que Bleys voulait dire. Il le savait… et il ne voulait pas l'entendre. « Non. »

« Je suis tellement désolé, mon garçon » murmura l'aîné, une main sur l'arrière de la tête de l'adolescent. « J'ai essayé mais il n'y a rien que je puisse faire pour toi. »

« Non ! » dit Harry en plein déni. Il refusait simplement de l'accepter. Il n'allait pas… il n'y avait pas moyen qu'il puisse… il hoqueta alors qu'il sentait la panique s'emparer de lui. « Non. »

Un bruit de vent empli ses oreilles puis une voix impérieuse lui gronda quelque chose, bien qu'il ne puisse pas entendre ce qui était dit. Il tressaillit dans les bras de Bleys, surpris par le changement soudain. La voix reprit, plus clairement cette fois, hurlant presque. « MAGE ! REVEILLE-TOI ! »

Tout d'un coup, la clairière et Bleys disparurent, laissant Harry dans l'avion, regardant la paroi devant lui, presque paralysé par la panique. Il parvint à hoqueter pour respirer et il sentit une vague de nausée l'assaillir. Il bondit sur ses pieds et trébucha, incapable de trouver l'équilibre à cause du soudain vertige. « Harry ? Ca va ? » demanda Dudley en le rattrapant.

« Toilettes, croassa Harry. Vais être malade. » Dudley écarquilla les yeux et supporta son cousin jusqu'aux toilettes. Celui-ci tomba à genoux devant les WC et donna une nouvelle définition à l'expression « violemment malade. »

« Maman ! Harry est malade ! » Celui-ci était juste à quatre pattes sur le sol. Le monde n'était pas supposé tanguer comme ça, si ?

Il grogna quand une main divinement froide se posa sur sa nuque. « Harry ? » demanda la voix inquiète de Pétunia.

« Malade » dit-il d'une voix rauque. Il s'accrocha au rebord des toilettes et combattit un autre haut le cœur.

« Je sais, mon chéri. Allez et fait ce que tu as à faire. Tout va bien, nous atterrirons bientôt, dit-elle en lui caressant les cheveux. Remus, pourrais-tu dire au pilote qu'Harry est malade et apprécierait l'atterrissage le plus doux possible ? demanda-t-elle par-dessus son épaule. Dudley, peux-tu aller chercher de l'eau pour Harry ? » Pétunia se retourna vers son neveu et le regarda. « Comment te sens-tu ? »

« Terrible » répondit doucement l'adolescent. Il vomit à nouveau et frissonna. Rien que de la bile cette fois. Je devrais pouvoir me lever maintenant.

« Tiens, Harry. Rince-toi la bouche et recrache » dit Pétunia en lui tendant le verre d'eau que Dudley lui avait ramené. Harry n'eut pas le cœur de discuter avec elle et lui rendit le verre une fois qu'il eut finit.

« J'aimerais retourner à ma place, dit-il doucement. Je pense que ça ira maintenant. »

« Très bien. Laisse Remus t'aider. » Elle se recula pour permettre à ce dernier de s'approcher. Harry ne fit qu'acquiescer et prit la main du loup-garou. Une fois que Remus l'ait raccompagné à son siège, Harry s'endormit au son des murmures de Pétunia et Remus qui étaient quelques fauteuils plus loin. Hein. Ils parlent probablement de moi. Si Bleys n'était pas déjà mort, je le tuerais. Je me sens vraiment mal.


Harry se réveilla quelque temps plus tard, quand l'avion toucha le sol mais il garda les yeux fermés dans un effort futile pour rester endormi. Il avait presque réussi à se rendormir quand une voix douce et hésitante le surprit.

« Mon seigneur ? » Le titre était tellement peu familier qu'Harry réagit instantanément et ouvrit les yeux. « Lord Tepes ? Votre père m'envoie. »

Harry étudia l'homme qui avait parlé et essaya de deviner pourquoi il était là. Malheureusement, il semblait que son cerveau était toujours en vacances. « Pardon ? »

« Je suis le Docteur Smithson. Votre père m'a appelé quand il a entendu que vous étiez tombé malade pendant le vol. Il voulait que je vérifie que tout va bien. »

« Oh, ça va » répondit Harry en fermant les yeux.

« Pourquoi ne me laissez-vous pas en juger puisque je suis là et que je serai payé de toute façon ? » demanda le Docteur Smithson en posant sa sacoche.

« Maintenant, dans l'avion ? » Harry ouvrit à nouveau les yeux et regarda le médecin.

« Pourquoi pas ? Il n'y a personne ici et plus vite vous me laissez vous examiner, plus vite vous pourrez rentrer chez vous et plus vite je pourrais retourner à mon cabinet vide. » Le docteur sortit un stéthoscope et attendit. Il dut voir quelque chose changer dans l'expression d'Harry car il acquiesça. « Votre veste, s'il vous plaît. »

Harry l'enleva, desserra sa cravate et défit les boutons du haut de sa chemise. « Donc, mon père a appelé ? »

« Oui, il m'a appelé de Roumanie. Regardez par-là, s'il vous plait. » Le docteur dirigea sa mini lampe dans les yeux de l'adolescent. « C'est un homme très plaisant et il était très inquiet pour vous. » Le docteur continua à l'ausculter en en révélant très peu sur sa condition mais en commentant à la place le temps minable de Londres, le trafic constant sur le périphérique et la manière dont on ne prenait aucune précaution quant à la surpopulation dans le métro. Avant qu'Harry ne puisse comprendre et penser à quelque chose à répondre, le médecin avant fini son examen et prenait des notes dans un calepin. « Vous n'avez pas bien dormi ? »

« Par intermittence. » Harry se rappuya dans son fauteuil. Il voulait retourner dormir… maintenant.

« Par intermittence, hum ? » Le médecin fit une autre note. « Sur une échelle de un à dix, dix étant le pire, vous estimez votre stress à combien ? »

« Heu, trois, quatre, peut-être cinq ? Six ? » supposa Harry. Le Docteur Smithson ne dit rien mais ajouta une autre observation sur son papier.

« Vous vous sentez malade depuis combien de temps ? »

« Depuis pas longtemps. Je me sentais un peu patraque hier mais ça allait. Je veux dire que je me sentais bien ce matin. J'ai fait une sieste pendant le vol et je me suis réveillé comme ça. »

« Hum. Et bien, vous semblez avoir une petite grippe et vous êtes épuisé. Ma meilleure recommandation serait que vous rentriez et que vous vous reposiez. Pas de papier, pas de visite, rien. Vous devriez rentrer directement, vous reposer et boire beaucoup. Prenez de l'aspirine pour vos maux de tête et votre fièvre. Mangez ce que vous voulez mais gardez vos repas légers le temps que votre estomac se calme. Dormez autant que vous voulez et laissez votre tante vous materner un peu. Elle est inquiète pour vous, je peux le dire. Regardez la télé, jouez à des jeux vidéos et oubliez vos responsabilités pendant un moment. Vos entreprises et tout ça pourront se passer de vous pendant que vous récupérez. »

« Qu'est-ce que vous savez exactement sur moi ? » demanda Harry alors que ses soupçons augmentaient rapidement.

« Je suis un Cracmol, renié par une famille de sang-pur. Je reste en contact avec le monde magique. Lord Tepes a financé mon éducation Moldue et mes études de médecine. Je suis content de pouvoir lui être utile. »

« Vous allez vous intéresser à mon bien-être comme tous les autres, n'est-ce pas ? » demanda le jeune homme, résigné au fait qu'il aurait un médecin personnel.

« Absolument, Seigneur Tepes. » Harry se contenta de fermer les yeux et se renfonça dans son siège. Le nombre de personnes s'inquiétant de son bien-être grandissait de jour en jour et il commençait à se demander s'ils n'allaient pas tout prendre en charge et le laisser avec rien à faire. Le docteur se contenta de glousser.


Harry ouvrit les yeux alors que la voiture prenait l'allée de Privet drive. Pétunia et Remus parlaient à voix basses devant et Dudley ronflait dans le siège à côté. Il semblait que la nuit tardive du bal avait enfin rattrapé son cousin. Harry se redressa un peu et combattit la vague de nausée qui suivit. Il se sentait mieux après avoir dormi et il espérait donc que sa rémission serait courte et pas les quelques jours qu'avait prédits Bleys. Il tuerait son professeur la prochaine fois qu'il le verrait et ce ne sera pas non plus une mort rapide. Rien que penser à la logistique nécessaire pour aller et revenir de derrière le Voile lui donnait mal à la tête et c'était un peu trop près de la compréhension des mystères de l'univers. Il avait déjà triché avec la mort plusieurs fois, battu Voldemort dans plus d'un duel et gagné un nombre incalculable de matchs de Quidditch. Il ne voulait pas ajouter « Découvrir les mystères de l'univers » à sa liste d'accomplissements.

« Est-ce que nous sommes à la maison ? » demanda doucement Harry en se penchant vers l'avant.

« Oui, Harry. Peux-tu réveiller Dudley pour moi ? » demanda Pétunia sans que ses pensées ne transparaissent dans sa voix.

« Bien sûr, Tante Pétunia. » Harry souhaitait pouvoir faire plus que juste secouer son cousin pour le réveiller, vu que ce dernier avait trouvé toutes sortes de manières créatives de le sortir du sommeil au fil des années mais le cœur n'y était pas. Tout ce qu'il voulait vraiment était monter dans sa chambre, voir Hedwige et Alden, envoyer un message à Hermione pour lui dire qu'il était à la maison et aller se coucher. Il espérait que ce serait précisément dans cet ordre et avec aussi peu de retard que possible.

« Dud, réveille-toi. » Harry secoua légèrement son cousin et sourit quand celui-ci se réveilla en sursaut en clignant des yeux de confusion. « Nous sommes à la maison. »

Dudley grommela quelque chose d'inintelligible et sortit de la voiture. Harry leva les yeux au ciel et le suivit. Son cousin n'était jamais agréable au réveil et il semblait que c'était pire quand il était fatigué après un voyage. Harry laissa les adultes s'occuper des bagages après qu'ils l'aient chassé quand il avait voulu les aider. « Va te reposer, dit fermement Remus. Je suis sûr que ton cousin peut s'occuper de tes affaires. » Harry céda et entra dans la maison.

Un aboiement le surprit sur le pallier de l'escalier et il vit Alden qui passait sa tête poilue par la porte de sa chambre. « Salut, Alden. » Si les chiens avaient des regards noirs, Alden serait sans aucun doute celui qui aurait le plus effrayant et ce regard était dirigé sur Harry. « Ne me regarde pas comme ça, dit l'adolescent en entrant dans sa chambre. Je n'avais pas le droit de t'emmener. Vlad a dit qu'il n'aime pas vraiment les animaux. »

Harry ferma la porte de sa chambre et se laissa tomber sur son lit. Alden s'assit devant lui et gémit pitoyablement. « Je n'avais pas le choix ! » dit Harry.

Tu aurais pu m'emmener, entendit Harry en enlevant ses chaussures. J'aurais été sage.

« Je sais que tu aurais été… Oh, génial. Maintenant j'entends des choses » grommela Harry.

Tu peux m'entendre ? Alden se leva et commença à agiter la queue. Bien ! J'espérai que tu puisses. Bleys a dit que ça pourrait prendre du temps et ça a vraiment pris looongtemps ! Tu n'as pas facilité les choses en partant comme tu l'as fait. Je n'arrive pas à croire que tu m'ais laissé seul avec une chouette et un elfe de maison ! Hedwige hulula dans un coin. Alden jeta un coup d'œil dans sa direction. Pas que tes conversations ne soient pas fascinantes, Hedwige. C'est juste que les familiers doivent être auprès de leur sorcier. C'est tout. Alden pencha la tête sur le côté, écoutant visiblement quelque chose qu'Harry ne pouvait pas entendre.

Hedwige dit d'arrêter de t'attirer autant de problème. Tu vas lui faire perdre toutes ses plumes prématurément. Alden se retourna vers son maître et sa queue arrêta de s'agiter. Harry, est-ce que ça va ?

« Oh, bien. Excusez-moi une minute. » Harry se leva et descendit au rez-de-chaussée. « Tante Pétunia ? »

« Ici, Harry. Je te prépare du thé. » Harry alla dans la cuisine et vit sa tante près de l'évier, remplissant la bouilloire, et Remus déjà installé à la table de la cuisine et parcourant une autre pile de papiers. A quelle fréquence une entreprise avait-elle besoin de son avis de toute façon ? Est-ce qu'ils n'y avaient pas un poste spécial pour que quelqu'un gère tout sans son opinion ? Comment avaient-ils survécu ces dernières années pendant qu'il grandissait ? La voix de Pétunia le sortit de ses pensées. « Est-ce que tu as une préférence ? »

« Heu, non. Ce que tu fais ira. » Le jeune homme s'assit à la table et regarda pensivement ses mains. Comment expliquer ça de telle manière à ce qu'ils ne pensent pas qu'il avait finalement perdu l'esprit ?

« Harry ? » Celui-ci regarda Remus. « Qu'est-ce qu'il y a ? »

L'adolescent étudia un peu plus sa main puis la passa dans ses cheveux. « Comment dire ça ? » Il s'ébouriffa un peu plus les cheveux avant de reposer sa main sur la table et d'appuyer sa tête dessus. « Alden me parle. »

« Alden, le chien, te parle ? » demanda Remus d'une voix vraiment confuse.

« Oui, Alden me parle » répéta Harry d'un ton neutre.

« Remus, il délire » dit Pétunia en s'approchant et en plaçant une main sur le front de son neveu.

« Je ne pense pas délirer. » Le jeune homme repoussa la main de sa tante. « Je pense simplement qu'Alden me parle. »

« C'est peut-être juste la manifestation du délire, Harry, dit Remus. Testons-ça. Je vais monter et dire quelque chose à Alden puis tu vas aller lui demander ce que je lui ai dit. S'il peut te le dire, alors tu l'entends parler. Autrement, tu délires. » Remus posa son stylo et alla à l'étage.

« Voilà, Harry. Bois un peu de thé. » Pétunia posa la tasse devant son neveu. Celui-ci ne voulait pas vraiment de thé pour le moment mais il prit la tasse et en sirota un peu, juste pour que sa tante soit contente. Remus revint quelques minutes plus tard et fit un signe de tête à Harry.

« Je reviens. » L'adolescent laissa son thé derrière lui et remonta. Alden l'attendait en remuant la queue. « Qu'est-ce que Remus t'a dit ? »

Qu'il était très fier que tu sois venu leur signaler quelque chose comme ça, à ta tante et à lui. Maintenant, tu devrais vraiment te coucher. Tu n'as pas l'air très en forme.

« Mon chien me parle » grommela Harry en faisant demi-tour.

Je suis un familier, humain stupide ! dit Alden derrière lui. Harry entendit Hedwige et Alden faire un drôle de bruit derrière lui. Il était presque sûr qu'ils riaient de lui. Il retourna dans la cuisine et vit Pétunia et Remus l'attendre.

« Tu es fier que je t'ai signalé ça » dit Harry en prenant sa tasse de thé. « Merci, Remus. Maintenant que j'ai été rassuré que je ne délire pas et que je ne suis pas fou, je vais aller dormir un peu. »

« Très bien, Harry. Appelle si tu as besoin de quelque chose » ordonna Tante Pétunia alors que son neveu passait la porte.

« Bien sûr, Tante Pétunia. Merci pour le thé. » Harry laissa les deux adultes dans la cuisine et retourna dans sa chambre. Il se changea avant de s'écrouler sur son lit confortable. Sagement, Alden resta silencieux pendant les actions de son maître. Celui-ci ferma les yeux une seconde avant de les rouvrir et de grogner.

Qu'est-ce qui ne va pas ? demanda Alden en venant renifler Harry.

« Je dois écrire à Hermione. Elle est probablement en train… Tu sais Alden, c'est vraiment bizarre d'avoir une conversation civilisée avec toi. »

Habitues-toi. Je suis là pour un bout de temps l'avertit Alden d'une étrange voix philosophique.

« J'ai besoin de mon Mini-Messager » dit Harry. Puis, très subtilement, il ajouta : « Il est sur le bureau. »

Alden quitta le chevet de l'adolescent puis leva ses pattes avant sur le dessus du bureau pour atteindre le petit livre. Il le prit entre ses dents avec précaution et revint vers le lit. Il laissa tomber l'objet sur les couvertures à côté de l'adolescent pour retourna chercher un stylo.

« Et bien, c'est pratique. Merci Alden. »

Je ne le fais que pour l'amour d'Hedwige. Elle ne veut pas que tu sortes du lit. Alden renifla et éternua. Ecris à ton amie.

Harry eut un grand sourire et ouvrit le livre pour voir que le dernier message d'Hermione était toujours sur la page : « amuse-toi pendant tes vacances, Harry. On se parlera quand tu reviendras. » Il tourna la page et commença son message.

Salut Mi,

Les vacances ont été fantastiques. Oui, Dracula est tout ce que nous avons imaginé qu'il serait et même plus. Beaucoup plus. Je suis impatient de te donner tous les détails sordides concernant sa bibliothèque. Si tu es gentille, je pourrais peut-être faire en sorte que tu vois les éditions originales de tous tes préférés. Vlad nous a organisé à Dudley et à moi un bal d'anniversaire pour finir les vacances et il y avait plein de personnes intéressantes. Il y avait des diplomates de partout, des gens qui viennent d'anciennes familles nobles et plein de gens d'influence. Si je voulais prendre du temps après Poudlard, je pourrais probablement voyager pendant un ou deux ans grâce à toutes les invitations que j'ai reçues pour visiter divers pays. Une noble italienne m'a vraiment menacé de m'emmener chez elle. De manière permanente. Je ne suis pas exactement sûr de ce qu'elle a dit après ça mais Vlad m'a dit qu'il ne permettrait pas qu'elle me garde. Avoir la protection d'un vampire est une expérience à la fois plaisante et dérangeante. Je pense que le voyage a eu un impact sur moi parce que je me sens totalement mal. Je vais dormir un peu. Je te parlerai plus tard.

Harry ferma le mini-Messager et le posa sur la table de chevet à côté de lui. Il se réinstalla contre ses oreillers et ferma les yeux. Vlad lui avait dit qu'il était son fils à présent et c'était super. Malgré tout, l'adolescent gagnait des titres à un rythme alarmant quand tout ce qu'il voulait vraiment était être Juste Harry. Il se demanda ce qu'en dirait Paul. Il avait prochainement un rendez-vous de suivi avec son thérapeute. Il voulait lui dire absolument tout ce qu'il s'était passé, particulièrement avec Voldemort, mais il savait que s'il lui disait, Paul ferait tout ce qui était en son pouvoir pour l'empêcher de continuer de poursuivre ses plans.

Harry ferma les yeux et prit une profonde inspiration. Il sentit Alden sauter sur son lit et s'installer à côté de lui. « Bonne nuit Alden. »

Bonne nuit, Harry. Dors bien. Hedwige dit que tu as l'air malade. Le chien posa son menton sur l'estomac de l'adolescent. Je vais te garder là.

« Fais ça, Alden. A demain matin. » Un ronflement doux répondit à l'adolescent. Hum, Alden dormait déjà. Le chien avait eu une bonne idée. La respiration régulière d'Alden était apaisante et Harry sentait ses yeux qui commençaient à se fermer. Il le va une main et les lumières s'éteignirent.


Harry passa deux jours de plus à se reposer à la maison. Son esprit continuait de repasser ce que Bleys lui avait dit. C'était étrange de connaître son destin à l'avance, de savoir ce qui allait arriver dans quelques brefs mois. C'était ça. Juste quelques petits mois.

Harry avait un rendez-vous avec Paul la semaine suivante et c'était agréable de revoir St Jude. Remus avait enfin acheté une voiture et avait offert d'emmener l'adolescent à son rendez-vous. Y aller avec Remus était différent d'y aller avec Tante Pétunia. Remus laissait Harry jouer avec la radio et faisait l'idiot avec lui. Pétunia lui disait souvent de se calmer pour qu'ils n'aient pas d'accident. C'était amusant et bien. Normal.

Les choses étaient les mêmes à St Jude mais elles étaient aussi différentes. Quelques-uns des mêmes élèves étaient là mais il y en avait d'autres qu'Harry ne connaissait pas et il trouvait ça un peu triste. Il avait aimé rester à St Jude même s'il avait juré que ce ne serait pas le cas. Il en était venu à aimer cette étrange petite école où les séances de thérapie et les classes étaient dans le même bâtiment, ainsi que les dortoirs. C'était étrange mais il avait aimé ça.

« Harry ! » Le jeune homme releva la tête pour voir Paul arriver du couloir qui menait à son bureau. « Allez, viens, petit. C'est bon de te voir. » Paul passa le bras autours des épaules de l'adolescent comme s'ils étaient de vieux potes.

« C'est bon de te voir aussi, Paul. » Harry sourit alors que son thérapeute ne semblait pas vouloir le lâcher. Il se détendit en voyant le bureau familier et alla directement vers la cage de Zen.

« Bonjour, enfant éclair » dit Zen en faisant une sorte de révérence serpentine. « C'est bien de te voir. » Harry sourit et regarda Paul pour avoir la permission de sortir le serpent de sa cage. Le thérapeute ne put que lever les yeux au ciel et acquiescer. L'adolescent leva le couvercle de la cage et baissa son poignet pour que Zen s'y enroule.

« Salut, Zen. Je ne peux te tenir que quelques minutes, vu que je ne suis pas là pour le plaisir » lui dit Harry en le caressant.

« Je comprends, mon enfant éclair. As-tu une souris ? » En entendant cette demande familière, Harry rit et traduisit à Paul.

« Il a déjà eu une souris, objecta ce dernier. Dis-lui qu'il sera malade s'il en mange une autre aussi vite. »

L'adolescent s'exécuta et Zen se renfrogna de déception. « Pas même une petite souris ? »

« J'ai peur que non. » Le jeune homme remit le serpent dans sa cage à la demande de Paul en promettant de lui envoyer une souris dans un futur proche. Il se retourna et se laissa tomber sur le sofa. Il avait l'impression de n'être jamais parti. C'était agréable de voir que certaines choses ne changeaient pas. Paul ouvrit son mini-frigo et fouilla dedans. Il en sortit deux Coca et lui en tendit un. Harry ne fit que faire un mouvement du doigt et le sien flotta vers lui.

« Il semble que tu ais enfin tout sous contrôle avec ça » dit Paul en observant son patient ouvrir son soda.

« Complètement et totalement sous contrôle, l'informa ce dernier. Rien ne peut perturber ma magie maintenant, Paul. C'est instinctif. »

Paul l'étudia une minute avant de poser son soda. « Harry, malgré ton contrôle total, tu n'as pas l'air bien. Pourquoi ne me dis-tu pas ce qu'il se passe ? »

Harry gloussa un peu et sirota son soda. « C'est marrant, Paul. Je suis supposé être un bon acteur mais je ne peux pas te tromper quand quelque chose m'embête. » Le jeune appuya sa tête en arrière et soupira, essayant de deviner comment dire ça sans ressembler à l'imposteur qu'il était réellement.

« Commence au début, Harry, dit doucement Paul. C'est habituellement le meilleur endroit. »

Le jeune homme regarda dans un coin en essayant de trouver les mots qu'il voulait dire à Paul. « Je… » Il s'arrêta et passa les mains sur le visage puis soupira. « Je ne sais pas comment te le dire » dit-il pour gagner du temps. Que devrait-il dire à Paul pour calmer ses soupçons ? Il ne pouvait pas dire quelque chose comme : « Oh, tu te souviens de l'homme qui essayait de me tuer ? Je suis son élève secret… » ou « Tu te souviens de Bleys ? Oui, il m'a dit le truc le plus drôle l'autre jour… » Tout ce qui n'était pas normal le ferait réadmettre ici ou ailleurs… probablement avec des méthodes de sédation forcée et des murs capitonnés. Harry réprima un frisson. Il savait que des endroits comme ceux-ci existaient. Il remit sans y penser ses mains sur son visage et sentit quelqu'un lui tapoter le genou. L'adolescent enleva ses mains et regarda Paul.

« Arrête de te cacher. »

« Je ne me cache pas ! » répondit Harry d'un ton sec. Il grimaça et baissa la voix. « Désolé. Je ne sais honnêtement pas comment commencer et ça me rend irritable. » Harry tapota du pied et regarda autour du bureau dans un effort pour rassembler les mots dont il avait besoin pour expliquer.

Paul regarda son patient gigoter pendant quelques secondes de plus avant d'ouvrir un tiroir de son bureau et d'en sortir les bougies et allumettes familières. Il en craqua une, alluma la mèche de la bougie et la posa où Harry pourrait la voir. Celui-ci la remarqua et regarda la flamme, heureux de pouvoir regarder quelque chose d'autre pour le distraire, vu comme il était angoissé.

Paul attendit, pouvant presque voir les rouages dans l'esprit de son patient se calmer. Celui-ci devint immobile, tellement immobile que cela fit peur au thérapeute. Ses yeux devinrent flou et son cou se détendit, ce qui fit que sa tête pencha d'une manière qui criait l'épuisement. « Je… » Harry fut surpris du son de sa propre voix. Puis il réessaya : « Je suis coincé, Paul. Je suis coincé. »

Paul se pencha en avant, ayant peur de faire le moindre bruit qui dérangerai son patient et qui ferait que son celui-ci arrête de parler. Alors il attendit.

« Je suis coincé. Il n'y a pas moyen de s'en sortir. J'ai commencé ça et ça va me finir. » La respiration d'Harry se coinça dans sa gorge. Paul attendit mais Harry ne dit rien de plus.

« Comment ce sera la fin de toi ? » demanda enfin le thérapeute.

Le jeune homme cligna des yeux. Son regard quitta lentement la bougie pour se poser sur le visage de Paul. Ce que vit celui-ci n'était pas encourageant et il sentit quelque chose en lui lui dire que son patient était en danger. « L'élève de Voldemort attaque des villes moldues avec les Mangemorts. Etrangement, il y a une corrélation directe entre les attaques de l'élève et les moldus confus. Il y a aussi une relation indéniable entre les moments que l'élève de Voldemort passe à tout saccager avec les Mangemorts et mes nuits d'insomnie. »

Paul étudia ses mains alors que les pièces s'emboîtaient entre elles. Des corrélations directes… des relations… Il s'immobilisa, ayant peur de finir cette dernière étape logique. « Oh, Harry, dit-il tristement. Il t'a eu. »

« Il m'a, répondit l'adolescent d'une voix calme. Il n'y a rien à faire, Paul. Pas moyen de l'arrêter. Je dois traverser ça, que ça me plaise ou non. Je ne sais pas ce qu'il va se passer après ça mais je dois le traverser. »

« Il doit sûrement y avoir un moyen de changer ça » dit Paul, sa détermination semblant faible et vide à ses propres oreilles.

« J'ai essayé. Crois-moi, j'ai essayé. Bleys a essayé. Rien ne changera ça. Rien ne peut l'arrêter. Ca va arriver et quand ça arrivera, ce sera ma fin. » Harry s'arrêta, considérant les mots qu'il allait dire : « Tu veux savoir ce qui est réellement étrange à propos de tout ça, Paul ? La partie réellement malade et tordue ? » Il rit un peu et dit : « Je m'en fiche. Je suis prêt à ce que ça finisse. »


Et un grand merci à Lys qui a eut l'extrême gentillesse de se proposer pour être ma bêta.