Disclaimer : Vous n'êtes pas au courant ? Harry Potter et tous ses personnages appartiennent à JKR. Et pour ajouter à mon malheur, l'histoire appartient à Emma Lipardi, vu que c'est la traduction de la fic An Aunt's Love.


Ce site n'autorise plus les auteurs à mettre les réponses aux reviews dans les chapitres, et vu comme on sait comme ils peuvent être pointilleux... Voila comment je vais faire :

- Pour ceux qui ont laissé une review signée, je vais utiliser leur nouveau système pour répondre, et vous devriez recevoir cette réponse dans votre boite mail (si j'ai tout compris comment ça marche)

- Pour ceux qui ont laissé une review anonyme mais m'ont mis leur adresse e-mail, je répondrai par e-mail.

- Pour les autres, je vais faire les réponses dans ma bio mais je les enlèverai quand je posterai autre chose.


Harry se réveilla au milieu de la nuit, le front pulsant de douleur. Pas encore. Alden s'assit avec un air inquiet. Qu'est-ce qui ne va pas, Harry ? Le jeune homme repoussa le chien qui était sur le lit et lutta pour quitter ses couvertures et s'asseoir au bord. Il enfouit son visage dans ses mains et grogna doucement, pas du tout préparé à gérer le Seigneur des Ténèbres et les Mangemorts.

« Rien, Alden. Juste quelque chose que je dois faire » dit-il au chien et tendant la main pour caresser sa tête poilue.

Tu vas voir le Seigneur des Ténèbres, n'est-ce pas ? demanda Alden en donnant des coups de museau à son maître.

« Oui, je vais voir le Seigneur des Ténèbres. Reste ici. Je devrais être revenu avant l'aube. Si ce n'est pas le cas... retarde la famille. »

Et comment suis-je censé faire cela ? Harry aurait juré qu'Alden avait invoqué Severus Snape dans sa réponse. Il parlait juste comme lui.

« Ca donne la chair de poule. Ne refais plus ça. Je suis sûr que tu trouveras quelque chose, vu que tu es un familier plein de ressources. » L'adolescent se leva et alla vers son placard. Il mit un simple pantalon noir et haussa les épaules quand la première chemise qu'il trouva fut également noire. Severus Snape semble être le thème de la soirée pensa-t-il en enfilant son masque et ses robes.

Fais attention, Harry dit Alden alors que l'adolescent activait le Portoloin qui le conduirait à Voldemort.

Il apparut dans le cimetière et s'arrêta un moment pour reprendre sa respiration. Il se sentait toujours horrible t ne voulait rien de plus que de retourner au fond du lit. Temps de découvrir qu'elles sont tes limites, Potter. Il se redressa et ferma les yeux afin de se concentrer pour faire apparaître le jeune Seigneur des Ténèbres. Ce n'était plus amusant et il espérait que bientôt… très bientôt… il serait débarrassé de ce rôle. Bien sûr, le jour où cela arriverait serait le même que celui où il mourrait mais il aurait quand même quelques moments où il serait libéré du jeune Seigneur des Ténèbres avant d'expirer, non ?

« Mon Seigneur ? » demanda une voix hésitante un instant plus tard. « Est-ce que vous allez bien ? »

« Bien, Robinson, répondit doucement Harry. J'ai été un peu malade ces derniers jours, c'est tout. » Il ouvrit les yeux et étudia le Mangemort devant lui. « Comment va le Seigneur des Ténèbres ? »

La posture de l'homme changea, comme s'il était surpris par la question de l'adolescent.

« Robinson ? » Harry le regarda, souhaitant qu'il lui réponde.

« Il est… différent » répondit l'homme avec prudence. « Très différent, mon seigneur. Je peux voir pourquoi mon père croyait tant en ses idées. C'est difficile à expliquer. »

Harry repensa à l'explication de Bleys surs les raisons pour lesquelles Harry n'aurait pas dû restaurer les souvenirs de Voldemort. Il est temps de voir les dégâts, je suppose. Il acquiesça et se dirigea vers la maison, presque effrayé de ce qu'il allait y découvrir. Robinson le suivit, surprenant un peu l'adolescent. « Pourquoi me suis-tu, Robinson ? »

« J'essaie de gagner les faveurs de l'héritier évident des pouvoirs du Seigneurs des Ténèbres ? » dit Robinson d'un ton blagueur. Harry sentit ses lèvres tiquer puis il se fendit d'un grand sourire derrière son masque.

« Très bien, Robinson. Je dois te prévenir que je suis encore un enfant et que je suis porté à l'irritabilité de temps en temps, surtout quand je ne veux pas sortir du lit. »

« Je m'assurerai que vous dormiez aussi longtemps que vous le désirez. » Il suivit Harry dans la maison et ce dernier ne put s'empêcher de réfléchir à ce développement. Est-ce que je rassemble des fidèles ? Robinson semble penser que je vais survivre au Seigneur des Ténèbres. Alors qu'ils parcouraient les couloirs, plusieurs Mangemorts, particulièrement les plus jeunes, le saluèrent avec des « Bonsoir, mon Seigneur » ou autres phrases équivalentes. C'était un peu dérangeant. Que s'est-il passé ?

Harry entra dans la pièce où était le Seigneur des Ténèbres et scruta l'obscurité. « Je suis dans le coin, mon enfant » siffla la voix de Voldemort. Harry alla vers lui. « Bonsoir, monsieur » dit-il doucement.

« Ah, Tom ! » Voldemort baissa la capuche de sa robe et Harry, choqué, dut presque faire un pas en arrière. C'était… vraiment le Seigneur des Ténèbres. Un visage jeune l'accueillit, avec des yeux dansants et cruels et des cheveux qui tombaient sur ses épaules. La seule chose serpentine qui restait de son incarnation précédente était son attitude. Il donnait l'air d'un serpent enroulé sur lui-même et prêt à frapper. Sa nature impitoyable flottait dans l'air et un sourire moqueur jouait sur ses lèvres, comme s'il défiait Harry de le questionner.

« C'est bon de vous voir en telle forme, monsieur » dit Harry, se reculant comme pour mieux l'étudier. En réalité, il luttait contre le besoin de s'enfuir.

« Merci mon enfant. Merci de m'avoir sauvé de la folie. Tu seras bientôt récompensé pour ta participation dans ma guérison totale. » Voldemort se tut un instant et étudia son élève. « A présent, nous allons réussir à vaincre nos ennemis et mettre en place nos plans. » L'adolescent eut du mal à se rappeler de quels plans il parlait mais les souvenirs lui revinrent et il tressaillit. Attirer le Ministère vers cet homme ? Non, merci. « Excité, mon enfant ? »

Il ne put qu'acquiescer, incapable de formuler une réponse correcte. Voldemort s'avança alors que les Mangemorts se rassemblaient et il vint dans la lumière. Les Mangemorts hoquetèrent comme un seul homme. Harry était sûr qu'il avait entendu quelqu'un jurer dans sa barbe. Le jeune homme comprenait très bien. Il voulait également jurer. Bruyamment et avec créativité.

« Bonsoir, mes fidèles » dit Voldemort en observant la pièce. Harry voulait rire. Peut-être que les Mangemorts étaient fidèles à cette farce d'homme pour le moment mais le jeune homme avait le sentiment qu'il pourrait les convaincre de le rejoindre. Pensées dangereuses, Harry. Je suis sûr que Dumbledore avait quelques idées similaires. Il repoussa ses bonnes intentions et se concentra sur Voldemort. Il devait faire attention à ce que celui-ci disait.

« Ce soir, mes loyaux serviteurs, nous avons une charmante cible, une qui devrait annoncer à tous que nous ne tolèrerons plus la corruption et l'inefficacité du Ministère de la Magie. Cette institution ne répond pas aux attentes de notre grande société. Ils ne font rien que débattre et mettre de côté les problèmes auxquels nous faisons face. Ils ne peuvent pas protéger nos vies, encore moins notre mode de vie. Le Ministère ne s'intéresse pas aux gens comme il le devrait, ses membres ne se soucient que de leur pouvoir personnel et de la manière de le garder. Les enfants de notre grande société sont ceux qui sont le plus blessés par cela, vu qu'ils ne peuvent pas se défendre. Mon propre apprenti a été la victime de cela. Il a été recueilli par des membres de sa famille qui ne se souciaient pas de lui ou de son héritage en tant que sorcier. »

Harry ne fit que serrer les poings dans sa robe et décida de ne pas tuer l'homme pour avoir révélé son passé. Le cercle n'est pas complet. Il ne t'a encore rien offert de lui. Pas encore. Aucun des Mangemorts ne sembla surpris. Ok, je dois découvrir les rumeurs qui courent sur le jeune Seigneur des Ténèbres.

Harry reporta son attention sur Voldemort quand il réalisa qu'il manquait quelque chose de vital. « …attaquerons la corruption à sa source et ferons avancer notre cause dans la société. Nous devons protéger la sorcellerie des influences extérieures et déraciner la corruption sous toutes ses formes, dans tous les départements, jusqu'à ce que le Ministère soit rempli par ceux qui veulent faire ce qu'ils doivent faire pour s'assurer que tous les sorciers, sorcières et enfants soient protégés. »

Mec, il est bon pensa Harry alors que Voldemort clôturait son discours. Ce dernier se tourna vers l'adolescent. « Tu dirigeras l'attaque, mon enfant. Tu conduiras les autres à la maison du Ministres et tu feras tomber sa tête. » Une frisson glacé lui traversa les épaules et il sentit toute couleur quitter son visage derrière son masque. « Tu dois faire en sorte que le Ministre quitte son poste… et de préférence son existence. »

« Ca fait un moment que je veux faire ça » répondit honnêtement Harry. Fudge faisait partie de la pire sorte de politiciens, impatient de plaire à sa clique et se souciant peu du bien-être de ceux qu'il dirigeait. Cependant, Harry ne voulait certainement pas le tuer. Ce serait un gaspillage de bonne magie de tuer une telle personne.

« Très bien, répondit Voldemort. Mangemorts, attendez dehors. Le jeune Seigneur des Ténèbres vous rejoindra dans un instant. » Les Mangemorts sortirent, trop rapidement au goût de Harry. Ils étaient tous intimidés par cette version améliorée d'un fou dangereux et l'adolescent comprenait pourquoi. Cet homme, ce monstre à forme humaine, était beaucoup plus dangereux que la version décrépie d'avant. Cet homme savait qu'il pouvait gagner… et qu'il gagnerait… avec peu d'opposition du côté de la Lumière. C'était l'homme dont Dumbledore avait craint le retour, dont il avait craint qu'il gagnerait. Harry comprit. D'un seul coup, il comprit Dumbledore plus qu'il ne l'aurait voulu. Sa colère contre le vieillard commença à se dissiper. Il essaya désespérément de se raccrocher à elle, ayant le sentiment qu'il était trop tôt pour lui pardonner, mais il ne pouvait pas. Faire face à cette version du Seigneur des Ténèbres, expérimenter son pouvoir, était assez pour enseigner à Harry qu'il ne savait pas tout. Je comprends tout, Professeur Dumbledore.

« Ah, mon enfant. Je ne peux te remercier assez » dit Voldemort en s'approchant et en prenant Harry dans ses bras. « Je ne sais pas ce que tu as fait mais soudain, tout est devenu si clair, si simple. Je n'ai plus de confusion… plus de féroces maux de tête … Je me sens à nouveau moi-même. » Il recula et mit ses mains sur les épaules de son élève, l'étudiant derrière son masque. « Comment as-tu fait ça ? »

Harry réfléchit à la réponse. « Monsieur, votre esprit était étrange. Je ne suis même pas sûr de ce que j'ai fait. »

« Enlève ton masque » ordonna Voldemort, son expression soudain devenue dure. Harry fit ce qu'on lui disait. Voldemort étudia son visage. L'adolescent lui rendit son regard, bougeant à peine. « Tu n'as pas l'air bien. Es-tu assez en forme pour ça ? »

Harry recula d'un pas et s'appuya contre le mur. « Je ne dors pas beaucoup. C'est tout. »

« Tu ne dors pas parce que je te convoque » dit Voldemort, plus pour lui-même que pour Harry. « Après ce soir, je ne t'appellerai plus pendant une semaine. » Il agita sa baguette et deux potions volèrent dans la pièce. « En attendant, prends ça. »

Le jeune homme prit les potions offertes et les étudia à travers la fiole. La première ressemblait à de la Pimentine et l'autre semblait être une potion renforçante typique. Il se demanda si c'était un test et n'hésita que brièvement avant de les avaler et de grimacer à cause du goût. « J'aimerai qu'ils les fasses meilleures » dit-il alors qu'un nuage de vapeur s'échappait de ses oreilles à cause de la Pimentine. « Je devrais y aller maintenant, monsieur. Avant que les gars ne s'agitent. »

« Va, maintenant, mon enfant. Reviens me voir quand tu auras accompli ta tâche. Fais attention, s'il te plaît. »

Harry s'arrêta à cette phrase. Il avait entendu Remus leur dire quelque chose de semblable, à Dudley et à lui, quand ils sortaient pour une journée de malice adolescente (habituellement, il s'agissait d'aller voir un film.) Oserait-il le dire ? Est-ce que Voldemort était paternaliste ? C'était un peu effrayant et il repoussa cette idée alors qu'il quittait la pièce. Il ne voulait pas y penser.


Minerva s'assit dans son lit et regarda sa chambre assombrie, se demandant ce qui l'avait réveillée. Il y avait un carillon, comme celui d'une horloge de grand-père et une lumière qui flashait sous sa porte. Elle repoussa les couvertures et mit une robe de chambre. Elle se demanda si c'était une blague que les élèves avaient laissée derrière eux, bien que de telles choses soient devenues rares après que les jumeaux Weasley aient quitté Poudlard.

Elle ouvrit la porte de sa chambre et entra dans son salon pour voir le parchemin qu'elle avait reçu de Tom éclairé d'une lumière vive qui pulsait. Elle remarque l'intelligent travail d'enchantement et prit l'objet pour voir le message en grosses lettres majuscules.

LE MINISTRE EST EN DANGER. JE FERAI CE QUE JE PEUX. ATTENDEZ-VOUS A CE QU'IL APPARAISSE A L'INFIRMERIE.

Minerva regarda les mots quelques secondes avant de fourrer le papier dans sa poche et de quitter ses appartements pour alerter Poppy. Elle voulait être là quand le ministre arriverait. Peut-être que ce dernier pourrait répondre à quelques questions… et peut-être qu'elle pourrait faire quelque chose pour aider le jeune Seigneur des Ténèbres.


Harry transplana avec les autres Mangemorts devant la maison du Ministre Fudge et se posa des questions sur l'absence de mesures de sécurité à cet endroit. Il y avait une jolie petite maison avec un jardin. Il y avait une barrière en bois l'entourant et les protections contre les Moldus chatouillaient la peau de Harry. Il prit un moment pour sonder un peu plus profondément et ne sentit rien. Pas d'anti-magie, pas d'anti-transplanage, Fidelius, rien ! Est-ce que le Ministre était si stupidement confiant en ses chances de survie contre Lord Voldemort ? Il était fou (bien qu'il devenait lentement plus sain d'esprit), oui, mais il était toujours un adversaire dangereux et une personne prompte à attaquer au hasard n'était pas à sous-estimer quelques soient les circonstances. C'était de la pure bêtise.

« Sécurisez la zone, dit Harry à Robinson. S'il y a des gardes, assurez-vous qu'ils survivent. Prendre des vies au hasard n'envoie qu'un message terroriste et n'est pas une manœuvre politique. Nous sommes là pour évincer le Ministre de son bureau. Rien de plus. »

Robinson s'arrêta un moment alors qu'il comprenait les mots de Harry. Ce dernier resta droit, essayant de ressembler à un chef par tous les pores de sa peau. A quoi ressemblaient les chefs ? Est-ce que c'était quelque chose dans la manière dont ils se tenaient, dans la manière dont ils parlaient ? Qu'est-ce qui faisaient un chef ? Robinson acquiesça soudain.

« Oui, monsieur. Evincer le Ministre. Nous comprenons, monsieur. » Il donna des ordres aux autres Mangemorts et revint à côté de Harry. « Allons évincer le Ministre, monsieur. »

« Je peux le faire seul, Robinson. » L'adolescent se renfrogna sous son masque.

« Puis-je parler librement ? » Robinson attendit qu'Harry acquiesce. « Vous avez l'air d'être sur le point de vous écrouler. Vous avez été malade et je refuse de vous laisser aller à l'inconnu dans cet état sans quelqu'un pour protéger vos arrières. De plus, tous les Seigneurs des Ténèbres ont… un bras droit et vous avez besoin de quelqu'un avec vous. »

Harry regarda les autres Mangemorts se fondre dans les ténèbres et hors de portée de voix. « Et si je fais quelque chose… d'inhabituel pour évincer le ministre ? Quelque chose que le Seigneur des Ténèbres pourrait ne pas approuver ? »

« Avec tout le respect que je vous dois, mon seigneur, bien que vous soyez plus jeune que moi, je peux également voir le côté en train de gagner sans l'aide de personne. Je pense que vous êtes le futur. Je ne plaisantais pas plus tôt. Tant que vous servirez le Seigneur des Ténèbres, je le servirai aussi. Si vous frappiez pour vous… » Robinson haussa les épaules et laissa le reste non-dit.

« Il n'y a qu'une chose qui ne va pas avec ton équation, Robinson. Je ne sers absolument personne. Je suis pris dans les circonstances, comme toi quand ta famille t'a forcé à joindre Voldemort. Je n'ai pas eu le choix. Je suis ce que je suis. » Il resserra ses robes autour de lui. « Suis-moi si tu veux. Ne sois juste pas surpris si un jour tu te réveilles et que j'ai disparu. »

« Comme vous voulez, mon seigneur » répondit Robinson. Harry ne fit que secouer la tête devant son obstination. Laissons le fou me suivre. Il a plus de chance de survivre comme ça.

Harry et Robinson entrèrent dans la maison et le plus jeune eut envie de rire devant les motifs floraux. Est-ce que la mère de Fudge a décorépour lui ? Beurk. Ce n'était pas plaisant du tout. Des napperons... il a des napperons ? Est-ce que nous sommes dans la bonne maison ? Harry et Robinson se tournèrent l'un vers l'autre au même moment et échangèrent le même regard. Des napperons. « Finissons-en, dit doucement Harry. J'ai l'impression que les napperons pourraient se rebeller à tout moment. »

« Oui, mon seigneur » acquiesça Robinson. Ils vérifièrent toutes les pièces du rez-de-chaussée puis montèrent l'escalier. Deux chambres étaient vides et avait l'air impersonnel des chambres d'amis. Dans la troisième chambre, il y a avait une vieille femme qui ressemblait un peu à Fudge. Ah, maman Fudge. Harry entra dans la pièce et la regarda. Elle sera morte d'inquiétude si elle se réveille et découvre que Fudge a disparu. Robinson sembla lui adresser un regard interrogateur et Harry leva un doigt à ses lèvres. Il regarda autour de lui pour un Portoloin acceptable et prit une pelote à épingles. Il utilisa un peu de magie et le transforma en Portoloin à destination de l'infirmerie de Poudlard. Il le mit dans la main de la femme et regarda la magie s'activer et l'emporter vers l'école.

« Vous avez un truc pour les dames, mon seigneur ? » demanda Robinson alors qu'ils quittaient la chambre et continuaient le long du couloir.

« Je commence à comprendre les mères et leur rôle, c'est tout » répondit l'adolescent en s'arrêtant. « Je ne me souviens pas de la mienne et je ne les ai pas souvent comprises… je commence à le faire maintenant. Elle aurait été folle d'inquiétude. »

« J'ai peur de ne pas comprendre, mon Seigneur. »

« Moi non plus » admit Harry. Il ouvrit la dernière porte et trouva le Ministre. Sa chambre était un peu plus masculine que le rez-de-chaussée, ce qui voulait probablement dire que Maman Fudge était celle qui imposait la décoration dans la maison. La chambre de Fudge était visiblement son sanctuaire. Ce dernier dormait dans son lit, un rouleau de parchemin sur la poitrine et une petite lumière pour lire toujours allumée. Fudge s'endormant sur du travail ? Harry s'avança et chercha la baguette du ministre. Il la prit sur la table de chevet avant de la tendre à Robinson. Hum.

« Réveillez-vous ! » siffla Harry. Fudge se réveilla en sursaut et les regarda tous les deux avec terreur.

« Que… Que vou…voulez-vous ? » parvint-il à bégayer. Il les observa tous les deux et comprit qu'ils étaient des Mangemorts. « Etes-vous là pour me tuer ? » La terreur dans sa voix augmenta un peu.

« Vous tuez ? » répéta Harry en reculant. « Non, je ne veux pas vous tuer bien que le Seigneur des Ténèbres m'en ait donné la possibilité. »

Fudge le regarda de plus près. « Qui êtes-vous ? »

L'adolescent sourit derrière son masque, le jeune Seigneur des Ténèbres s'installait plus fermement dans sa posture alors que le personnage commençait à prendre les commandes. « Je suis une rumeur, répondit-il joyeusement. Je suis le jeune Seigneur des Ténèbres. » Il se pencha vers Fudge. « J'aime n'être rien de plus qu'une rumeur et de l'imagination. Vous avez si bien aidé les journaux dans ce domaine. »

« Vous ? Vous êtes le jeune Seigneur des Ténèbres ? » Fudge regarda derrière Harry. « Est-ce que c'est… ? »

« Lord Voldemort ? compléta Harry. Non. Ce n'est pas le Seigneur des Ténèbres. C'est mon laquais. » Robinson eut un reniflement moqueur. « Quoi ? Je t'ai donné une chance de changer d'avis. A partir de maintenant, je peux dire que tu es mon laquais. »

« Je dois rêver, dit Fudge d'une voix soudain détachée. Je rêve que le jeune Seigneur des Ténèbres et son… »

« Laquais » compléta Harry avec obligeance.

« Laquais sont dans ma chambre, finit Fudge. Tous ça n'est qu'un rêve, c'est tout. »

« Si c'est un rêve, c'est le moment où vous nous demandez ce que nous voulons. » Cela amusait Harry. Qui savait que Fudge était aussi stupide ?

« Qu'est-ce que vous voulez. » dit ce dernier, entrant visiblement dans le jeu.

« C'est simple, monsieur le Ministre. Le seigneur des Ténèbres ne veut pas que vous soyez ministre. Il m'a donné deux manières de faire. Il m'a dit : 'Tu dois faire en sorte que le Ministre quitte son poste… et de préférence son existence.' Sympa, non ? Donc, les options que vous avez sont de mourir, ce qui, en y pensant, est assez bordélique, ou de quitter votre poste et de vivre. Le choix vous appartient. » Harry reporta son poids sur ses talons et attendit.

« C'est un rêve, murmura Fudge pour lui-même. Rien de plus qu'un rêve. »

Harry serra les dents et poussa un soupir silencieux. Il donna au ministre un léger coup sur l'arrière de la tête. Ce dernier lâcha le parchemin qu'il tenait et s'immobilisa. « Vous pensez toujours que c'est un rêve ? » demanda Harry. Il prit une plume sur la table de chevet, la transforma en Portoloin et la tendit au Ministre. « Deux choix, monsieur le Ministre. Le premier : vous prenez la plume, êtes transporté en toute sécurité là où votre mère attends et acceptez de démissionner, ou le deuxième : vous refusez l'offre de sécurité et je m'assurerai que vous quittiez votre poste par tous les moyens que je jugerai nécessaire. C'est à vous de choisir. Tout ce que vous avez à faire est de prendre la plume. »

Il la tendit et attendit patiemment. Robinson vint près de lui et regarda le ministre de haut. Sous le poids combiné des regards des deux Mangemorts, Fudge tendit la main et prit la plume. Une seconde plus tard, il disparut, laissant le lit vide.

« Ce n'était pas trop dur » dit Harry en reculant.

« Où l'avez-vous envoyé ? »

« C'est mieux que tu ne le sache pas. Malheureusement pour le Ministre, il y avait un léger sort de coercition sur la plume. La première chose qu'il fera demain matin sera de démissionner. »

« Bien pensé. » Harry ne fit qu'acquiescer et vit le parchemin par terre. « Qu'est-ce que c'est ? »

L'adolescent prit le papier et l'étudia. « C'est le parchemin avec lequel il s'est endormi. Il semble qu'il se soit assoupi en travaillant dessus. » Il le tourna vers la lumière et commença à lire. Il ricana et le tendit à Robinson. « Ca ressemble au début d'un roman d'amour ! » annonça-t-il. Imaginez le ministre écrivant… « Robinson, sors de là ! » Harry eut le temps de dire avant de sentir le crochet à son nombril quand le Portoloin s'activa et l'emmena hors de la maison du Ministre.


Il atterrit juste à l'extérieur du parc de Poudlard avec un bruit audible. Il resta allongé au sol, assommé alors que ses yeux lui montraient des feux d'artifices. Il tendit une main et sentit une bosse grossir à l'arrière de sa tête. Merveilleux. Je déteste vraiment les Portoloin inattendus. Il se redressa lentement, pour s'assurer que sa blessure n'était rien de plus qu'un léger coup sur la tête. Il s'assit et prit sa tête dans ses mains pendant un moment. Ma tête me fait mal. Il enleva son masque de Mangemort, le plia et le rangea dans ses robes.

Le Portoloin devait être le plan de Fudge pour s'échapper pensa Harry en mettant le feu au parchemin d'un regard. Il se remit sur ses pieds. Il vacilla un peu et grogna. Je me suis définitivement fait mal quelque part. Il s'avança pour s'appuyer contre les portes. Il fut surpris quand elles s'ouvrirent sans qu'il eut touché la poignée. Bizarre. Il s'avança et perçut d'un seul coup un sentiment distinct. C'était chaud et chatouilleux en même temps et ça lui donnait l'impression qu'il était accueilli à la maison. Il avait senti cela avant, avec les protections du cottage de Bleys. Ce dernier lui avait expliqué ce sentiment comme étant les protections le reconnaissant et lui disant bonjour de manière basique.

Poudlard ? demanda-t-il avec un fil de magie. Les sentiments qu'il reçut en retour étaient presque écrasants. De la joie et de la bienvenue le remplirent, chassant les sentiments négatifs qu'il avait ressentit plus tôt dans la soirée. Le sentiment changea et Harry sut que c'était mieux que le chant de Fumseck. La légèreté monta en lui et il ne put s'empêcher de rire un peu. La sensation se transforma en impatience au sujet de quelque chose.

Quoi ? Qu'est-ce que tu veux ? Harry sentit Poudlard l'attirer plus près de l'école. Tu veux que je rentre ? L'acquiescement rencontra sa demande. Je ne pense pas que ce soit une bonne idée.

Un seul sentiment, si fort que c'était presque une idée complète, et une voix lui répondirent. BALIVERNES

Harry sourit et secoua la tête. Très bien, je vais rentrer, très chère dame. Si un membre du personnel essaie de m'arrêter, je compte sur toi pour me sortir de là.

Les sentiments de Poudlard lui parvinrent à nouveau et Harry sourit. Elle était un château têtu. Les sentiments avaient une teinte féminine et Harry avait le sentiment distinct qu'elle se moquait de lui alors qu'il suivait le chemin vers l'école.

Quand il atteint les portes, l'une d'entre elle s'ouvrit pour lui. Tu commences à me faire peur envoya-t-il à Poudlard. A nouveau, le sentiment de rire lui répondit. Il secoua la tête et entra. La porte se ferma derrière lui. C'est comme ça que commencent les films d'horreur. A nouveau, des rires. Harry se tint là un moment, s'interrogeant sur la sagesse d'être là. Il recula quand une arche apparut à sa droite. Des passages secrets juste pour moi ? Il l'étudia et regarda le symbole au sommet. Il s'agissait d'un cercle avec un éclair au centre. Sympa. Qu'est-ce que ça veut dire ?

Harry sentit comme si la magie autour de lui se rassemblait puis un mot résonna dans sa tête si fort qu'il se couvrit les oreilles par réflexe. MAGE.

Il regarda à nouveau le symbole puis frotta sa cicatrice d'incrédulité. C'est une blague.

Entre, mage. Harry sursauta en entendant la voix dans sa tête. Poudlard. C'était Poudlard. Il haussa les épaules et entra dans le passage. Etonnement, il n'y avait pas de poussière, pas d'eau qui gouttait, ni toile d'araignées, comme les passages secrets qu'il avait vus à la télé. A la place, les murs étaient fait d'une pierre couleur crème, le sol était une dalle lisse et au-dessus de sa tête, des lampes en argent émettaient des flammes qui donnaient une lumière dansante au couloir. Tous les trente ou quarante pas, il y avait une arche avec le symbole du mage dessus.

Pourquoi n'ai-je pas vu cela avant ? ne put-il s'empêcher de demander. Une fois encore, cet étrange rassemblement de pouvoir puis sa réponse, une fois encore par des mots qu'il pouvait entendre dans son esprit.

Tu ne pouvais pas m'entendre. Les mots étaient teintés de regret et de tristesse. Trop occupé, trop effrayé, trop en colère.

Je suis désolé, dit Harry à l'école. Grandir est difficile.

Oui.

Serai-je encore capable de t'entendre après ce soir ?

Il sentit la joie flotter autour de lui. Toujours quand tu seras sur la propriété, à présent que tu m'as entendue. Il dut lutter contre une légère vague d'hystérie quand son esprit enregistra enfin le fait qu'il parlait à un château vieux de mille ans. Il bredouilla mentalement qu'il parlait à POUDLARD.

Alors, où je vais ? demanda-t-il après quelques minutes de marche. En réponse, une autre arche s'ouvrit sur une salle à peine éclairée. Harry ne reconnut pas l'endroit et s'arrêta.

Ce n'est pas dangereux, le rassura Poudlard. L'adolescent resta immobile une minute ou deux avant de passer l'arche et d'entrer. L'arche se referma derrière lui. Il observa la pièce et se dit qu'elle avait l'air confortable. C'était un salon. Il y avait des fauteuils mous dans un coin et, entre eux, un jeu d'échec attendant ses joueurs. Près de la cheminée, deux grandes chaises à haut dossier faisaient face à la lumière tamisée du feu. Dans le coin opposé, il y avait un bureau sur lequel étaient entassés des rouleaux de parchemins et des livres à l'air poussiéreux. Quelques images ornaient les murs mais aucune ne contenaient de personnes, que des animaux ou des paysages. Une porte sur sa gauche révéla une chambre sombre.

« Bonjour, jeune Seigneur des Ténèbres Tom » dit une voix provenant de l'un des sièges à haut dossiers. Harry s'immobilisa alors que Dumbledore se levait et se retournait pour lui faire face. Le vieil homme semblait un peu en meilleure forme que la dernière fois qu'Harry l'avait vu. L'adolescent se demanda ce qui avait changé en lui. Dumbledore contourna la chaise et vint se tenir devant lui. « Bonsoir, Harry. »


Et un grand merci à Lys qui a eut l'extrême gentillesse de se proposer pour être ma bêta.