Harry étudia le directeur alors que celui-ci lui souriait. L'adolescent pensa que c'était un sourire triste, comme si le vieil homme était un peu perplexe ou un peu perdu. C'était le sourire qu'il voyait dans le miroir quelques fois, quand il pensait à ce qu'il dirait à tout le monde quand ce serait fini... sauf qu'il ne serait plus là. Il fronça les sourcils, confus, quelques secondes avant de relever la tête. Quand l'avait-il baissée ?

« Tu sembles avoir le poids du monde sur les épaules » dit doucement Dumbledore. Sa voix tira Harry de ses pensées.

« Je... » Le jeune homme déglutit difficilement et secoua la tête. Poudlard, tu as promis ! Pourquoi suis-je là ?

Tu as besoin d'être là. Tu es en sécurité.

Le château s'effaça de son esprit et il regarda à nouveau le directeur. Le sourire de ce dernier avait disparu et il avait penché la tête sur le côté. « Harry, est-ce que tu vas bien ? »

L'adolescent s'éloigna pour se donner un peu d'espace. Poudlard avait dit qu'il devait être là et il lui faisait confiance. Il lui faisait confiance plus qu'à n'importe quelle autre entité pour le moment, Bleys compris. « Je vais bien » répondit-il, s'arrêtant devant une fenêtre et regardant dans la nuit.

« Je pense pouvoir affirmer que nous savons tous les deux que c'est faux » répondit doucement Dumbledore en retournant à son fauteuil. Harry observa le reflet du vieil homme dans la vitre alors qu'il s'asseyait et posait sa tête en arrière. Dumbledore se raidit en regardant Harry. « Tu réalises que tu as une bosse assez impressionnante à l'arrière de la tête ? »

« Je me suis cogné quand le Portoloin s'est activé » dit Harry dédaigneusement. Il passa ses doigts sur la vitre. « Quand j'ai atterrit, je veux dire. Je déteste les portoloins » dit-il d'un air absent, la texture froide sous ses doigts le distrayait. « Le ministre est en sécurité. »

« Je sais. J'ai entendu Madame Pomfresh crier des jurons assez intimidants une vingtaine de minutes avant que tu ne passes ce mur. Les secrets de Poudlard ne cesseront jamais de m'étonner. Je pense que c'est pour ça que je suis resté aussi longtemps. Pour garder un peu le goût de cette magie surprenante. » Dumbledore redevint silencieux et étudia Harry de son fauteuil. Harry l'étudiait dans la fenêtre.

« Le ministre ? »

« L'ancien ministre est en sécurité, dans une cachette préparée pour lui il y a quelques temps. Le nouveau ministre, Rufus Scrimgeour, s'occupera des affaires courantes à partir de demain jusqu'à ce que toutes les formalités officielles puissent être faites » expliqua Dumbledore.

Harry regarda le parc de Poudlard avec un étrange sentiment. Dumbledore semblait content d'être assis dans son fauteuil et de l'attendre. « Je t'offrirais bien du thé mais j'ai peur que mon accès aux cuisines ait été limité par ceux qui craignent que je me fasse du mal. »

« Ils pensent que vous allez vous suicider ? » demanda Harry malgré lui en se retournant pour fixer le directeur.

Le visage de celui-ci se décomposa un peu avant qu'il ne se reprenne. « J'ai peur de ne pas avoir été moi-même après que tu sois parti, Harry. Je... n'ai jamais voulu te faire de mal. Je n'étais pas... Je ne pouvais pas... » Dumbledore abandonna la lutte pour trouver ses mots et chercha dans ses robes pour sortir une enveloppe. « Je t'ai écrit une lettre mais je ne pouvais pas l'envoyer. J'aimerais avoir une explication pour toi, Harry. Des mots qui feraient partir les blessures que je t'ai causées. Toutes les erreurs que j'ai faites sont inexcusables. »

« Vous avez raison, elles sont inexcusables. » Harry essaya de rassembler la colère qu'il ressentait pour le directeur et fut surpris de découvrir qu'elle avait disparue. Dumbledore laissa tomber son visage entre ses mains et Harry se tint là, regardant la silhouette immobile devant lui. Cet homme lui avait causé de la douleur, de la peur et une perte de ce qui aurait pu être... mais il y avait quelqu'un qui méritait plus sa colère.

Il marcha vers l'homme recroquevillé dans le fauteuil et posa une main sur son épaule. Dumbledore releva la tête, un peu surpris. « Il semble que je vous ai pardonné, Monsieur le directeur. Presque contre ma volonté. »

« Contre... »

« Je ne voulais pas vous pardonner, dit Harry honnêtement. Je voulais vous haïr pour ce que vous m'aviez fait, pour ce que vous aviez fait à ma famille, vos plans, vos manipulations, même les sorts de mémoire pour me faire penser d'une certaine manière, pour rendre les choses plus faciles en me faisant oublier que mon oncle me maltraitait. Si j'avais commencé Poudlard avec ces souvenirs, je me serais effondré. A la place, j'étais fort et j'étais un Gryffondor.

« Je voulais vous haïr pour m'avoir fait oublier que Pétunia m'a dit de mourir plus d'une fois quand j'étais petit. Que Dudley a essayé de me tuer plus d'une fois. Pour avoir fait oublier à ma tante son animosité envers moi l'été dernier. »

Harry s'accroupit devant le directeur. « Je vous pardonne d'avoir essayé de rendre les choses un peu plus faciles pour moi à la maison, Professeur. Pétunia m'apprécie maintenant qu'elle a appris à me connaître, donc, je dois vous remercier pour ça. Je vous pardonne pour tout ce dont elle ne peut pas se souvenir, pour m'avoir donné une famille. J'aurais dû avoir ça depuis toujours. Je vous pardonne pour m'avoir fait passer des épreuves année après année. Je sais que vous étiez toujours là. Je sais. »

Il posa les mains sur les épaules de Dumbledore. « Je vous pardonne. Je vous pardonne tout ce que vous avez fait. Je comprends. Que dieu me me vienne en aide mais je comprends. »

Il s'étrangla sur la boule dans sa gorge et commença à reculer quand Dumbledore l'attira vers lui, enroulant ses bras autours de lui et posant une main sur la base de son cou. Il lutta une seconde avant de se détendre dans l'étreinte.

« Oh, mon garçon. Mon garçon. » Dumbledore répéta cette phrase plusieurs fois. Ses mains étaient fortes contre le dos de Harry, le tapotant quelques fois comme pour apaiser l'adolescent dans ses bras. « Je ne voulais que ton bonheur... » dit-il doucement. Harry sentit les vibrations contre ses mains. « Je voulais ton bonheur et je t'ai découvert malheureux à la place. Je voulais faire disparaître... tout faire disparaître » soupira le vieil homme, un bruit pathétique sortant de sa gorge. « J'aurais dû effacer toute ta mémoire... Je ne pouvais pas faire ça... J'aurais voulu essayer. Je voulais tellement essayer, tellement. »

« Vous n'avez pas à expliquer, lui répondit Harry, sa voix étouffée. Je comprends. Je viens de réaliser. »

« Quand as-tu réalisé ? » demanda Dumbledore d'une vois surprise... et légèrement contente. Il semblait fier.

« Ce soir. Avant l'attaque contre la maison du Ministre. Je pensais à des choses... et tout a fait clic. » Harry se recula et se tint devant le fauteuil du directeur. « Vous vouliez du thé ? »

« Comme je l'ai dit, je t'offrirais bien du thé mais mon accès aux cuisines est limité. »

Harry eut un grand sourire, se sentant comme un petit garçon sur le point de réciter son alphabet à son grand-père. « Regardez ça. » Il tendit la main vers la table basse et un service à thé apparut, avec des gâteaux, biscuits et des petits sandwiches. Le thé fumait et une tranche de citron flottait dans chaque tasse. Le visage de Dumbledore s'éclaira, ravi par la réussite d'Harry.

« Comment as-tu ...? » Les mots de Dumbledore lui firent défaut alors qu'il étudiait le service à thé.

« Beaucoup de choses se sont passées depuis l'été dernier, Professeur, dit Harry d'une voix égale. J'aimerais pouvoir tout vous dire mais le temps me manque un peu. Tout ce que je peux dire est que je pense avoir découvert le 'pouvoir' que mentionnait la prophétie. »

« Vraiment ? » demanda Dumbledore en tendant une tasse de thé à Harry. Celui-ci acquiesça en y laissant tomber du sucre.

« La magie sans baguette... je pense » admit Harry en prenant un biscuit et en en mangeant la moitié en une bouchée. C'était ses préférés. Pétunia ne le laissait pas en avoir souvent. « Je ne suis pas sûr mais je pense que c'est la magie sans baguette. » Harry s'installa dans le fauteuil en face de celui de Dumbledore.

« Harry ? » Le jeune homme releva la tête alors qu'il allait prendre un autre biscuit. « Est-ce que tu voudrait bien m'appeler autre chose que Professeur ? »

Harry sourit, le nom parfait lui venant à l'esprit. Il avait le sentiment que le directeur l'accepterait également.


A l'aube, Snape ouvrit la porte de Drago et trouva l'adolescent étalé sur son lit. Il sourit un peu et ré-arrangea les membres du jeune homme. Le fait que celui-ci ne se réveille pas dit à Snape tout ce qu'il avait besoin de savoir : le garçon continuait de se faufiler en pensant qu'il pourrait s'en sortir. Le professeur nota dans un coin de son esprit de l'attraper dans quelques jours pour qu'ils puissent discuter de ce comportement avant que ça ne devienne un problème.

Il quitta ses appartements par les passages de Serpentard et alla à l'infirmerie. Le chaos de la nuit précédente due à la visite du Ministre s'était dissipé tôt ce matin et, à cause de lui, la plupart des habitants de Poudlard avaient dormi bien plus tard que d'habitude... sauf Snape.

Il trouva le plateau avec le repas qui l'attendait quand il entra dans la pièce. Les professeurs prenaient chacun leur tour leur petit-déjeuner avec le directeur. En partie pour garder un œil sur l'homme vieillissant, en partie pour surveiller des signes alarmants de déclins ou de troubles. Il s'arrêta pour regarder le plateau. Tout était en ordre.

Il le prit et marcha vers la porte de Dumbledore, s'arrêtant pour mettre le plateau en équilibre sur une main afin de donner un coup sec contre le bois avec l'autre. Dumbledore ne pouvait pas ouvrir la porte, bien sûr, mais Snape avait le sentiment que c'était mieux d'être poli et d'annoncer son entrée en frappant.

La porte s'ouvrit et il entra. « Bonjour, Monsieur le directeur. »

« Severus... bonjour. » Le vieil homme se détourna de son bureau, laissant plumes et parchemins éparpillés sur sa surface. Aucun des employés ne savait exactement sur quoi travaillait le directeur vu que toute la paperasse concernant l'école était maintenant gérée par Minerva. Malgré tout, ces gribouillages semblaient occuper le vieux directeur dans sa retraite forcée.

Severus s'arrêta pour le regarder. Quelque chose était différent et il ne pouvait pas dire ce que c'était... Il posa le plateau sur la table et installa leur déjeuner. « Avez vous passé une bonne nuit, Directeur ? »

« Assez bonne, Severus, assez bonne. » Dumbledore rassembla quelques uns des parchemins ensemble et les rangea dans un tiroir. « Et toi ? »

« Tolérable, étant donné que mon pupille ne réalise pas que je sais qu'il fait le mur. Je le soupçonne de voir une fille. Il est rêveur et écrit des petites notes qu'il pense que je ne vois pas » dit Snape alors que Dumbledore s'asseyait en face de lui.

« Vraiment ? Le jeune Drago voit une fille ? Comme ils grandissent vite, hein ? »

« C'est vrai. J'ai déjà essayé de lui faire la leçon sur la bienséance, les règles de la cours et tout ce à quoi j'ai pu penser pour le détourner de telles idées. Je pense que je n'ai réussi qu'à l'embarrasser. »

Dumbledore répondit par un sourire fatigué et une main tremblante quand il prit sa tasse.

« Directeur, vous allez bien ? » demanda Severus, inquiet devant la fatigue évidente du vieil homme.

« Juste un peu fatigué, je suppose, admit Dumbledore. J'ai eu de la visite ce matin. Juste avant que vous ne veniez. »

Severus s'enorgueillit que sa réaction à cette phrase ne fut rien de plus que le tintement d'une cuillère. « Vraiment ? »

« Oh, oui. Je ne l'avais pas vu depuis quelque temps. Je ne l'ai presque pas reconnu mais il a si bien grandi ces dernières années. » Dumbledore se pencha en avant, comme s'il confiait des informations de très grande importance. « Il m'appelle 'grand-père.' »


« Grand-père » dit platement Minerva, presque comme si elle ne voulait pas croire ce que Severus lui disait. « Ne soyez pas bête, Severus. Albus n'a jamais eu d'enfant. Il ne s'est même jamais marié. »

« Minerva, je vous promets. Il a passé toute l'heure de notre petit-déjeuner à vanter les vertus de son petit-fils J'ai eu le privilège d'entendre tout sur lui, de ses capacités magiques au fait que la tarte à la mélasse raffinée et la glace menthe-chocolat sont ses desserts préférés. » Severus voulait vraiment briser quelque chose, surtout du verre, pour faire passer sa frustration. « Peut-il être sénile ? »

« Poppy l'examine régulièrement pour détecter la sénilité. Son cerveau est aussi vif qu'autrefois d'après elle. C'est surtout la surcharge de travail et le stress qui ont causé sa situation actuelle. »

« Je comprends mais je... » Severus s'interrompit quand un parchemin enroulé sur le bureau de Minerva émit une sonnerie et commença à briller. « Qu'est-ce que... ? »

Minerva prit le parchemin. « Le jeune Seigneur des Ténèbres nous a envoyé ce parchemin, tu te souviens ? Il l'utilise pour m'informer d'attaques à venir. »

« Un travail d'enchantement intelligent. Qu'est-ce que ça dit ? »

Minerva le déroula et le regarda. « Alors ? »

Severus fit le tour du bureau pour lire également.

Est-ce que le directeur Dumbledore peut recevoir du courrier par hiboux ?

« C'est tout ? » demanda Severus avec incrédulité. « Pourquoi veut-il savoir ? »

« Découvrons le. » Minerva prit sa plume et écrivit sa réponse.

Toutes ses lettres sont passées au crible pour empêcher les sorts malveillants afin qu'aucun mal ne lui soit fait. Donc, tant que la lettre est bénigne, elle l'atteindra. Je suis curieuse : pourquoi demandes-tu ?

Quelques moments passèrent avant que la réponse ne vienne.

Simple curiosité, Minerva. Je voulais lui envoyer un mot de remerciement pour la rencontre que nous avons eu ce matin.

Minerva s'étrangla un peu avant de poser la plume sur le parchemin, ignorant les demandes de Severus pour l'avoir.

Le professeur Dumbledore ne peut pas sortir voir des gens il est confiné à l'infirmerie depuis quelques temps maintenant.

Minerva tapa son doigt alors qu'elle attendait que sa réponse apparaisse.

Je sais. Je peux venir le voir. Les appartements qu'il a à l'infirmerie sont très agréables. Je lui enverrai un mot bientôt. C'était sympa de vous parler.

« Demandez lui comment il est entré » demanda Severus. Minerva écrivit.

Par la porte d'entrée, bien sûr. Vous devriez améliorer la sécurité, au fait.

Aucune autre réponse n'apparut. Minerva et Severus se regardèrent.

« Je suppose que nous avons découvert le mystérieux petit-fils » dit enfin Minerva d'une voix fatiguée.

« Oui. » Severus fixa le parchemin du regard. « La question demeure : est-ce une bonne ou une mauvaise chose ? »


Harry ne put résister à son commentaire final sur la sécurité de Poudlard alors qu'il finissait sa discussion avec Minerva. C'était trop drôle de pousser des adultes censés mieux savoir dans des situations gênantes. Surtout ses professeurs. Il posa son stylo et s'éloigna de son bureau. Sa tante était venue vérifier comment il allait tout à l'heure et lui avait dit de rester au lit. Il retourna en titubant vers son lit et se détendit sur les oreillers.

Ta tante est en bas. Elle te prépare quelque chose à manger. Elle s'interroge pour savoir si elle devrait instituer quelque chose appelé une « heure de sieste. »

Harry leva les yeux au ciel. « Oh, j'espère pas. C'est la dernière chose dont j'ai besoin. »

Remus dit qu'elle est sur quelque chose appelé « les chemins de la guerre ». Ça semble potentiellement violent. Devrions-nous nous inquiéter ?

« Génial » grommela Harry. « Merveilleux. » D'abord Voldemort ce matin puis sa tante qui devenait protectrice. « Super. » Les actions de Voldemort avait été suffisante pour qu'Harry ait envie de se cacher sous le lit. Ça n'avait pas été effrayant et il ne s'était pas senti menacé mais c'était juste anormal.


Harry avait quitté le directeur en souriant, un petit sac de bonbons au citron dans la poche. Après une rapide embrassade et un au-revoir murmuré, Poudlard avait ouvert le passage du mage pour lui. Cette ouverture avait fait apparaître un sourire ravi sur le visage du directeur, de même que le « Au revoir Grand-père » lancé par Harry alors que le passage se fermait derrière lui.

Une fois hors de l'enceinte de Poudlard, Harry avait sifflé le mot de passe de son portoloin pour retourner à la cachette de Voldemort. Il était apparu dans le cimetière alors que l'aube faisait apparaître les tombes accueillantes et calmes. Il était entré dans la maison et avait senti la tension dans l'air alors qu'il vérifiait ses charmes d'apparence et remettait son masque pour cacher ses traits. Une rapide recherche avec sa magie lui avait appris que Voldemort était dans la salle du trône et que les Mangemorts étaient avec lui.

Il y était entré, circonspect quant à ce qu'il allait y trouver. Rien ne se passait. Voldemort se tenait simplement à la fenêtre, dos à la salle et regardait dehors. Quand Harry était entré, quelques Mangemorts avaient visiblement bougé, se détendant. Un peu de la tension avait quitté la salle. « Monsieur ? » avait doucement appelé Harry.

Les épaules de Voldemort s'étaient détendues et il s'était retourné vers l'adolescent. « Vous pouvez y aller » avait-il dit aux Mangemorts. Ils s'étaient dépêchés de sortir, fermant la porte derrière eux. Voldemort était resté immobile un moment, se contentant d'étudier Harry. Son visage était calme, lisse. Il semblait penser à quelque chose.

« Es-tu blessé ? » avait-il enfin demandé.

« Une bosse sur la tête » avait admis Harry, craignant de mentir et que l'humeur de Voldemort devienne violente. « Même avec tout l'entraînement que j'ai avec les portoloins ces derniers temps, si je ne m'y attends pas, je finis habituellement étalé au sol. »

La main de Voldemort avait tiqué et un fauteuil était venu vers lui. « Assieds-toi »avait-il ordonné. « Enlève ton masque. »

Harry s'était assis. Une main lasse avait enlevé son masque. Il s'était raidi quand Voldemort était venu près de lui. Il avait essayé de se détendre avant que ce dernier ne le remarque. « Ça fait mal ? » avait demandé Voldemort alors qu'Harry s'éloignait de son contact. Habituellement, les bosses voulaient dire que quelque chose faisait mal, merci beaucoup. Pourquoi avait-il ressenti le besoin de la toucher ?

« Oui » avait répondu Harry. Voldemort avait acquiescé. « J'ai heurté un caillou, je crois. »

« J'imagine que ça doit faire mal. » Voldemort était passé devant Harry. « Regarde-moi s'il te plaît. » L'adolescent s'était exécuté et Voldemort l'avait étudié. Le bout de sa baguette s'était allumé et le Seigneur des Ténèbres l'avait faite passer devant les yeux de son élève. Ce dernier avait réalisé qu'il vérifiait qu'il n'ait pas de traumatisme crânien. « Je pense que tu devrais t'en sortir, mon enfant, avait-il enfin dit. Malgré tout, tu devrais probablement te reposer aujourd'hui. »

« C'était prévu » avait admis Harry.

« Très bien. » Voldemort s'était reculé. « Allons te préparer une chambre. »

Harry avait dû se rasseoir alors qu'il essayait de se relever. « Je pense que ce serait peut-être mieux que je rentre à la maison, monsieur. Ma tante ne sait pas que je suis parti et elle est devenue plutôt protectrice ces derniers temps. »

« Je préférerais garder un œil sur toi. » Harry avait secoué la tête, un étrange sentiment se glissant dans sa poitrine. Si c'était ce qu'était Voldemort sain d'esprit, il pensait préférer le fou. Voldemort qui était... attentif... était un peu intimidant.

« Je dois rentrer » avait fermement répondu Harry tout en ayant peur de pousser sa chance. Voldemort avait eu l'air sceptique. « Je rentre directement à la maison et je me mets au lit. Pas d'arrêt. Et je resterai au lit jusqu'à ce que ma tête arrête de me faire mal. »

Voldemort avait secoué la tête. « Je ne fais pas confiance à ta tante. Elle n'a jamais pris soin de toi. Et ton oncle ! » Il avait fait un bruit dégoûté.

« Mon oncle est parti et ma tante fait un travail assez bon. J'ai le sentiment que ça pourrait ne pas durer mais, pour le moment, je vais prendre ce que je peux avoir. » avait affirmé Harry avec fermeté.

« Si j'avais su avant ce que tu traversais à cause de ces moldus... la fin, la négligence. Ce n'est simplement pas normal. Tu aurais été mien, mon enfant. Tu les aurais quitté pour aller avec la première personne qui t'aurait offert de t'emmener. Tu serais parti avec moi. » Voldemort était ensuite parti dans un grommellement mécontent pendant qu'Harry le fixait du regard.

Quand il était enfant, Harry serait joyeusement parti avec la première personne qui lui aurait offert une chambre, trois bons repas par jour et une petite liste de travaux à faire. Voldemort avait raison là-dessus.

« Tu es à moi. Tu ne fais pas parti du monde Moldu ! » Harry s'était reculé quand Voldemort avait élevé la voix, criant presque. « Tu es un sorcier ! Tu aurais dû être élevé comme tel ! » Le Seigneur des Ténèbres s'était alors avancé vers lui et lui avait agrippé le haut des bras. « Dumbledore doit répondre de ses crimes contre toi... contre nous ! » Voldemort avait eu l'air fou quand il s'était agenouillé devant lui. « Il m'en répondra, je te le promets, Harry. Il répondra pour toutes ses manigances dans nos vies, pour nous avoir laissés là où nous étions malheureux et haïs. Je te le promets. Il paiera. » Les mains de Voldemort s'étaient alors mises à lui caresser les cheveux. « Il paiera, mon enfant. Il paiera chèrement. »

Harry avait essayé de se reculer mais Voldemort avait mis ses bras autours de lui et l'avait attiré à lui. L'adolescent avait écarquillé les yeux quand il avait réalisé que Voldemort l'étreignait. Il était dans les bras de Voldemort. Le Seigneur des Ténèbres, Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom, serrait Harry Potter, le Garçon-Qui-A-Survécu, dans ses bras. Quel univers bordélique c'est devenu avait pensé Harry, gigotant pour essayer de se défaire de cette étreinte.

« Chut, mon enfant » avait dit Voldemort en lui donnant une légère tape sur l'épaule. Harry avait arrêté de bouger et avait entendu le Seigneur des Ténèbres murmurer qu'il était désolé. L'homme s'était excusé !

« Pourquoi ? » n'avait pu s'empêcher de demander Harry. « Pourquoi êtes-vous désolé ? »

« Je ne voulais rien de plus que de protéger les sorciers des Moldus. J'ai travaillé dans ce but. Les Moldus ne sont pas dignes de fouler le sol sur lequel nous marchons, particulièrement ta famille. »

« Je vais bien maintenant. Ma tante essaie de me traiter de la même manière que mon cousin mais les habitudes d'une vie sont difficiles à briser. Tout ira bien. Et si ce n'est pas le cas, je reviendrai directement ici. » Voldemort s'était reculé et l'avait regardé. Son visage disait qu'il ne le croyait pas du tout. Allez. Crois-moi. Laisse-moi rentrer à la maison.

Voldemort avait secoué la tête avant de soupirer. « Très bien, mon enfant. Je veux ta parole que tu reviendras si elle ne fait pas ce qu'elle devrait. »

« Je le ferai. Merci. » Harry s'était levé et avait rapidement regardé par la fenêtre pour voir que le jour s'était déjà levé. « Je devrais y aller avant qu'elle ne se réveille. »

« Vas-y. » Voldemort lui avait fait signe de partir et Harry avait saisi cette chance de s'en aller avec un rapide au-revoir. Il s'était précipité dehors et avait sifflé le mot de passe du portoloin. Il était apparu dans sa chambre pour y découvrir un Alden très bouleversé.

Ta tante s'est levée il y a cinq minutes et elle vient pour te réveiller. J'espère que tu as une bonne excuse de prévue.

Alden s'était couché devant la porte pour la bloquer. Si la tante d'Harry voulait rentrer, elle devrait pousser le chien. Harry avait enlevé ses robes et les avait envoyées en boule dans son placard. Son masque avait suivi.

Tu sais que tu as de la magie, pas vrai ? avait demandé Alden. Harry avait cligné des yeux et secoué la tête. « Je perds l'esprit » avait-il dit, exaspéré par lui-même. Un rapide signe de la main avait changé ses vêtements en pyjama et il s'était laissé tomber dans son lit. « Je pense que ma double vie devient un peu dure à gérer. »

La réponse sarcastique d'Alden – qu'est-ce qui te donne cette idée ? - avait été ignorée alors que Tante Pétunia ouvrait la porte, poussant le chien sur le côté.

« Bonjour Harry. J'ai commencé le petit-déjeuner. » Elle s'était arrêtée et avait regardé son neveu avec une expression qui lui devenait familière. C'était le regard « tu ne te sens pas bien » de Pétunia. « Est-ce que tu es resté éveillé toute la nuit, Harry ? Tu as l'air de ne pas avoir dormi. »

« Je n'ai pas beaucoup dormi, avait admis l'adolescent. Mon esprit ne voulait pas s'arrêter. »

Comment l'esprit de quelqu'un qui n'en a pas peut-il ne pas s'arrêter ? Avait demandé Alden alors qu'il sautait sur le lit de son maître et se roulait en boule. Tu crois vraiment qu'elle va accepter ça ?

« Harry, est-ce que tu vas bien ? Tu n'as pas été toi-même ces derniers temps. Je commence à m'inquiéter. »

« Je vais bien. Je te le promets. J'ai eu quelques trucs à l'esprit ces derniers temps que j'essaie de gérer. C'est tout. »

« Très bien, Harry. Souviens-toi juste que tu peux venir me voir. » Pétunia s'était approchée du lit et avait remis les couvertures sur lui. « Essaie de dormir encore un peu, Harry. Tu as l'air très fatigué. Je te réveillerai à midi. » Elle l'avait embrassé sur le front puis avait regardé le chien. « Alden, s'il te plaît, garde le au lit. » L'animal avait secoué la queue et posé sa tête sur la jambe de son maître. « Bon chien. Tu sais, il est pratique » avait-elle commenté.

Harry avait sourit et fermé les yeux. Sa tante s'habituait enfin à la magie.