Harry se tenait près de la fenêtre de sa chambre dans la maison de Privet Drive, regardant le jardin en contrebas. Il se sentait fatigué bien qu'il ait dormi sans problème la nuit précédente. Il n'avait pas rêvé ces derniers jours et son heure de coucher habituelle était encore dans quelques heures. Les migraines qu'il avait par intermittence étaient revenues encore plus férocement et il n'avait pas d'appétit. Les sorts d'illusion devenaient une partie de sa garde-robe pour convaincre tout le monde qu'il allait bien et qu'il n'y avait pas matière à s'inquiéter. Il était devenu bon pour utiliser des sorts de bannissement sur ses repas quand il avait l'impression qu'il ne pouvait pas manger et que Pétunia essayait de lui donner des encas tout au long de la journée. Remus l'observait constamment quand il était là, ce qui était de plus en plus fréquent vu que Pétunia et Remus avaient officialisé leur relation et sortaient ensemble. C'était génial d'avoir Remus dans le coin et, pour Harry, Pétunia avait l'air plus heureuse qu'elle ne l'avait été depuis un moment mais l'adolescent ne pouvait s'empêcher de se sentir un peu étouffé par toute cette attention.

Cette année, il avait eu trois fêtes d'anniversaire, sans compter le bal donné par Vlad. Pétunia en avait prévue deux séparées cette année : une pour ses amis de Saint Jude et l'autre pour ceux de Poudlard – ceux qu'il voulait inviter en tout cas. Hermione et Viktor Krum étaient venus, ainsi que Ginny, Ron, Neville et Luna. Cette dernière avait amenée sa cousine Mara et, à présent, Mara et Dudley sortaient ensemble. Enfin, ils ne sortaient pas vraiment ensemble mais ils passaient énormément de temps tous les deux, ce qu'Harry appelait sortir ensemble et Dudley lui avait rétorqué de la fermer. Sa troisième fête avait été organisée par les associés de son père. Ils avaient décidé de célébrer la majorité de Harry et avaient préparé un rassemblement pour tout ceux qui avaient travaillé avec son père. Le dîner avait été agréable et tout le monde avait bu un verre ou deux. Remus était venu car il était son conseiller et avait empêché tous les hommes d'affaires de devenir nostalgiques. Et saouls. Harry était content qu'ils le voient comme un adulte mais il en avait un peu trop appris sur les actions de jeunesse de James Potter et sur sa propre petit-enfance, par exemple la fois où son père l'avait amené à un rendez-vous avec un partenaire et que le sort de couche n'avait très bien marché quand James l'avait tenté.

Sa malle était faite pour l'école, prête pour le lendemain matin quand Remus conduirait la famille à Londres et déposerait Harry au train. Le jeune homme avait convaincu sa tante qu'elle avait plus besoin que lui des gardes du corps magiques. Ils restaient donc avec elle. Harry avait dû faire appel à Vlad pour la convaincre, étant donné qu'elle était d'accord avec tout ce que le vampire suggérait, mais il avait finalement eu gain de cause. Il se retourna et regarda la pièce qui était devenue un sanctuaire cet été.

Malgré la tension causée par Voldemort redevenant sain d'esprit, le fait d'être l'apprenti du Seigneur des Ténèbres, son adoption par Vlad, l'attention que Pétunia et Remus lui portaient, la nouvelle relation de Dudley et le fait de devoir se cacher du monde magique, Harry pensait qu'il s'en sortait plutôt bien. Il n'avait pas réussi à écarter les suspicions de Paul selon lesquelles il rechutait. Dire à son thérapeute pendant sa dernière visite que c'était juste un mauvais jour n'avait pas vraiment marché. Paul gardait un contact proche avec Harry et se demandait si Harry serait capable de continuer à avoir des rendez-vous régulier quand il serait à Poudlard. L'adolescent avait découvert que le programme de Saint Jude continuait après être sorti. Voir son médecin pendant un an lors de rendez-vous en tant que patient extérieur était considéré comme normal. Harry avait répondu à Paul qu'il doutait pouvoir le voir mais qu'il lui ferait savoir s'il arrivait à bricoler quelque chose.

Mais le jeune homme avait décidé de ne pas continuer ses séances avec Paul une fois à l'école. Il avait un plan à mettre en marche et voir Paul interférerait sûrement. Il allait régler quelques trucs dans le monde magique qui devaient désespérément être réparés. Il ne lui restait que peu de temps – il avait l'intention de réparer ce qu'il pourrait et de s'accrocher jusqu'à la fin.


Harry ne savait pas où il était mais c'était agréable. Le soleil était chaud sans être brûlant. Il y avait des arbres et une rivière pas loin, ce qui provoquait un léger bruit alors que l'eau roulait sur les cailloux. On entendait le chant des oiseaux et, pour le moment, Harry se sentait en paix. Il était allongé sur l'herbe, baigné par le soleil, heureux pour l'instant. Il ne permettait pas à ses pensées de divaguer comme elles le voulaient, souhaitant immédiatement résoudre le mystère de l'endroit où il se trouvait, de la manière dont il était arrivé là et des raisons. Il repoussa toutes ses pensées et il sentit qu'il se détendait.

Toutes les inquiétudes de ces dernières semaines commencèrent à s'envoler. Sa tante et son probable nouvel oncle, son cousin, Voldemort, Dumbledore, l'apprenti du Seigneur des Ténèbres, convaincre Paul qu'il allait bien, Vlad, toutes les balles avec lesquelles il essayait de jongler étaient soudain mises de côté dans une petite boite qui lui disait qu'il ne devait s'inquiéter de rien.

Une main passant dans ses cheveux le surprit et il ouvrit les yeux pour fixer la personne à qui elle appartenait. Son esprit détendu prit un moment pour l'identifier. « Monsieur ? » demanda-t-il, étonné de voir Voldemort ressembler plus que jamais à Tom Jedusor adulte.

« Chut. » Tom sourit et continua à lui caresser les cheveux. Harry, ne voyant rien arriver pour le moment, se détendit à nouveau et permit à son esprit de se vider. Ils restèrent tous les deux là, l'adolescent allongé dans l'herbe, l'adulte près de lui et regardant l'eau couler.

« C'est agréable » dit enfin Harry.

« C'est un de mes endroits préférés » répondit Jedusor en aidant l'adolescent à s'asseoir. Ce dernier s'appuya contre Tom et acquiesça. « Quand j'étais enfant, ils nous amenaient ici. Il y a une plage en aval, avec des grottes à explorer. Mais je préférais cet endroit quand j'étais enfant. J'ai passé beaucoup de temps assis là. » Jedusor passa un bras autour des épaules d'Harry et serra. « Tu n'es pas toi-même ces derniers temps. »

« J'ai beaucoup de choses à l'esprit que je ne peux pas partager. »

« Très bien. Contente-toi de te détendre. Tout ira bien » lui répondit Jedusor en appliquant une pression derrière sa nuque. Il se relaxa et resta avec l'adulte, content du calme de l'endroit serein qu'ils partageaient.

« Hey, dandy ! » Dudley tambourina sur la porte de la chambre de son cousin et rit. « Lève-toi et ais l'air estival ! C'est l'heure du petit-déjeuner ! » Harry grogna et réfléchit à la sagesse de lancer un sort à Dudley pour l'avoir réveillé de son rêve. Apparemment, ce dernier ne semblait pas vouloir oublier avoir vu Harry en rose et en talon pour la production estivale du Mouron Rouge.

Pétunia avait inscrit son neveu à un programme d'été de théâtre et il avait eu le rôle du dandy, Elton. Le reste des vacances était passé dans une effervescence de leçons de chants, de scripts et de répétitions. Son professeur de chant, quand il lui avait parlé de son but d'être acteur de comédie musicale, avait secoué la tête. « Et bien, petit, tu ne seras probablement jamais soliste mais je pense qu'on pourra faire quelque chose de toi pour que tu ne fasses pas hurler les chiens. » C'était une vieille dame grincheuse avec un piano dans son salon et des photos de vieux acteurs du West End qu'elle connaissait quand elle faisait partie du « circuit » comme elle disait. Elle s'était mariée et avait pris sa retraite à Little Whining. Harry pensait avoir trouvé une nouvelle amie et il écoutait ses histoires pendant des heures quand elle ne lui fourrait pas une nouvelle gamme dans le crâne. Elle lui avait donné une liste de comédie musicale à voir. Pétunia avait promis de les lui louer et il avait fait un marathon le week-end suivant le spectacle. Regarder ces vidéos l'avait conduit à la bibliothèque pour regarder les biographies de certains acteurs et chanteurs, ce qui l'avait ensuite amené à regarder une liste d'écoles pour poursuivre ses études après Poudlard. Harry ne savait pas pourquoi il avait fait cette liste mais elle existait dans un de ses cahiers, rangée pour ne pas qu'il la voit chaque jour.

Hermione et ses parents étaient venus pour la représentation et avaient été aussi enthousiastes que d'habitude. Paul aussi était venu et s'était installé avec la famille d'Harry. Vlad avait fait le déplacement pour la représentation du soir et avait emmené sa famille dîner. La fête du casting avait été mémorable dans le sens où Harry ne se souvenait pas de grand chose. Il s'était promis qu'il ne boirait plus après l'alcool fruité de Vlad mais il s'était retrouvé derrière le théâtre avec les autres garçons à boire quelque chose d'une flasque qui lui donnait l'impression que ses dents fondaient. Tante Pétunia n'avait pas été impressionnée et l'avait fait souffrir à travers un petit-déjeuner matinal et un sermon à haut volume servi par Remus et elle. Il n'était pas pressé de réessayer mais être capable d'oublier un peu ses problèmes avait été agréable. Il n'était pas sûr d'en apprécier les conséquences, cependant.

« Je suis réveillé » répondit sèchement Harry alors que Dudley continuait de frapper à la porte. Il se glissa hors du lit et repoussa Alden qui lui léchait le visage pour l'aider. « Arrête ça. »

« N'es-tu pas censé te nettoyer le visage le matin ? » demanda le chien en sautant sur le lit de son maître et en s'étirant pour atteindre les deux bords du lit. « Vas-y. Je garde ton lit au chaud. » Harry lança un regard noir à l'animal mais alla se doucher puis s'habiller, un peu plus éveillé après sa toilette.. Il mit à nouveau un costume et soupira. Il avait un rendez-vous avec son avocat ce matin avant de prendre le train. Il avait dit à sa tante que c'était pour les affaires et qu'elle n'avait pas besoin d'être là. Il n'avait pas eu le cœur de lui dire qu'il préparait ce qui deviendrait ses dernières volontés.


Harry descendit de la voiture à la gare et regarda la foule monstrueuse qui les entourait. Il semblait que tout le monde voulait monter dans le train le plus vite possible. Harry sortit Hedwige du siège arrière pendant que Dudley descendait de l'autre côté de la voiture. Remus saisit ses bagages du coffre et les mit sur un chariot pendant que les gardes du corps les entouraient en ayant l'air intimidants. Harry était heureux qu'ils restent protéger sa famille pendant qu'il était dans le monde magique. Deux resteraient avec Pétunia et Remus pendant que deux autres accompagneraient Dudley à l'école. Harry ne peut s'empêcher d'avoir un petit sourire narquois. Ceux qui allaient à l'école de son cousin étaient les mêmes qui étaient avec lui lors de l'incident à Smeltings. Ils étaient tous les deux très excités de continuer à faire croire qu'ils étaient des hommes de mains de criminels. Tout le monde allait l'accompagner sur le quai mais il monterait seul dans le train.

« Et bien, nous y voilà, je suppose. Allons-y tout le monde » dit Pétunia d'une voix serrée. Harry fut surpris mais il supposa qu'elle n'était pas heureuse de quelque chose. Peut-être qu'elle était vraiment triste de le voir partir ? C'était une idée plaisante.

Un des gardes du corps poussa son chariot alors queHarry se dirigeait vers le quai 9 ¾. Il montrait le chemin avec sa famille derrière lui. Cela incluait Dudley qui était très excité de voir comment Harry allait prendre son train car il ne croyait pas qu'ils allaient traverser un mur. Harry s'arrêta devant l'entrée et étudia la magie qui l'entourait. S'il avait été un sorcier normal, il serait en train de violer plusieurs lois, y compris la Loi du Secret. Les lois du monde magique ne s'appliquaient pas exactement à ce dont il était capable quand il utilisait la magie. Il étendit cette dernière et elle l'accueillit avec une question. Quoi ? . OUI ! Avec juste une pensée, il permit à sa famille de marcher sur le quai sans rencontrer le mur. Remus semblait un peu confus mais Pétunia le prit comme si c'était un fait et avança derrière lui en chantonnant un peu. Les gardes du corps, qui étaient des sorciers, se contentèrent de suivre sans rien remarquer de différent.

« C'est génial » s'exclama Dudley alors qu'ils se décalaient sur le côté. « Tu prends un train à vapeur pour aller à l'école ! »

« Ce n'est pas très efficace, Dudley. Je suis dans le train toute la journée. Je préfèrerais quelque chose d'un peu plus rapide, tu sais. Comme le transplanage ou la Cheminette. Ou un bon avion » commenta Harry en soulevant sa malle du chariot. Il la tapota avec sa baguette, une imitation de magie pour berner les autres, et la rendit légère comme une plume. Il rangea sa baguette et regarda sa famille. « Dudley, amuse-toi à l'école. Si quelqu'un t'embête, les gardes du corps ont ma permission de rendre sa vie misérable. » Il y eut un silence gêné avant qu'Harry ne s'avance et prenne son cousin dans les bras. « Prends soin de toi et de ta mère, ok ? » murmura-t-il à l'oreille de Dudley. Ce dernier ne fit qu'acquiescer et Harry se tourna vers Remus.

« Remus, tu prends soin de ces deux là. Je suis sûr que nous serons en contact permanent, vu que tu es mon mentor et tout » dit Harry alors que le loup-garou s'avançait et mettait ses mains sur ses épaules.

« Jeune homme, je te demande de m'écrire au moins une fois par semaine. Je m'en fiche de savoir à quel point tu es occupé par tes ASPIC, tu dois m'écrire. Compris ? »

« Oui, monsieur. » Harry passa ses bras autours de Remus. « Un cadeau d'anniversaire en avance, Remus. » L'adolescent regarda sa magie se rassembler en un nuage d'étincelles dorées, tourbillonner et s'infiltrer en Remus. Ce dernier recula avec une expression étrange sur le visage, comme s'il avait conscience que quelque chose avait changé mais pas sûr de savoir quoi. Il regarda son filleul avec des yeux interrogateurs. L'adolescent ne fit que hausser les épaules avant d'aller vers sa tante.

« Assure-toi de manger l'encas que je t'ai préparé. Je sais que tu m'as dit qu'il y aurait une fête pour vous à l'arrivée mais qu'est-ce qu'ils y connaissent sur l'équilibre alimentaire ? Tu es toujours en pleine croissance, tu sais. Tu as besoin d'un régime alimentaire varié et pas uniquement ces chocogrenouilles que tu aimes tant. » Harry se demanda si elle savait pour son stock caché. « Écoute tes professeurs et sois gentil avec tes amis » continua Pétunia sans s'arrêter, lissant les cheveux de son neveu et époussetant sa veste. Ce dernier redressa ses cheveux après qu'elle ait finit et enleva discrètement le mouchoir qu'elle avait coincé dans sa poche. « J'espère avoir de tes nouvelles régulièrement. Noël n'est que dans quatre mois et je suis impatiente de le passer une nouvelle fois avec toi. Si tu as besoin d'argent de poche ou si tu as oublié quoi que ce soit, n'hésites pas à m'écrire et à me le faire savoir pour que je te l'envoie. »

Harry s'avança enfin et serra sa tante dans ses bras pour qu'elle arrête de parler. Plus elle s'inquiétait et plus il était difficile de monter dans le train. « Je sais. Je le ferai. Je suis content que tu ais accepté de garder Alden pour moi, il t'aime vraiment. Merci de m'avoir emmener à la gare aujourd'hui, Tante Pétunia. Je t'aime. »

« Oh, Harry, mon chéri. Je t'aime aussi. Tu agis comme si nous n'allions jamais nous revoir » lui dit-elle en le serrant à nouveau dans ses bras et lui caressa les cheveux d'une main. « Noël n'est pas dans si longtemps. Je serai là pour venir te chercher quand tu rentreras pour les vacances. Maintenant, le train est prêt à partir, alors nous devons te faire monter. » Pétunia prit sa main et la tapota avant de se tourner vers le train. Elle le poussa un peu et Harry s'exécuta, prenant sa malle et montant à bord. Il s'installa dans le premier compartiment vide qu'il trouva et rangea ses bagages avant d'aller à la fenêtre. Le coup de sifflet final retentit et le train commença à rouler. Pétunia, Remus, Dudley et les gardes du corps se tenaient tous sur le quai, lui faisant signe de la main. Harry leva la main et regarda sa famille disparaître dans un nuage de vapeur alors que le train quittait Londres.

Il se laissa tomber sur son siège et mit sa tête entre ses mains, soupirant de fatigue. La journée avait déjà été longue et il devait encore se préparer pour Poudlard. Elle lui avait manqué, surtout le fait de parler avec elle, ce qu'il avait fait à chaque fois qu'il était allé voir Dumbledore cet été. Ce dernier était toujours enfermé à l'infirmerie mais son petit-fils parvenait toujours à traverser toutes les barrières mises en place autours de ses appartements. Harry s'était beaucoup amusé à démanteler les protections de Snape, juste pour jouer avec lui. Il était hautement suspicieux. Harry eut un grand sourire alors qu'il se souvenait d'une fois où il avait presque failli se faire prendre.


« Non, vraiment ! » insista Harry en déplaçant une de ses pièces pour prendre le cheval de Dumbledore. « Ils m'ont fait porté du rose, Grand-père. Du rose ! Et mon chapeau avait ces plumes aussi longues que mes bras. Littéralement ! »

« Ils ne seraient surement aussi cruels envers la sensibilité d'un jeune homme ? Répète-moi encore ta réplique. » Dumbledore observa l'échiquier, une petite ride de concentration apparaissant sur son front.

« D'accord, d'accord. Je pense que c'est un changement assez agréable. C'est assez... estival. » Harry reproduit le zézaiement que le metteur en scène pensait parfait pour son personnage et fit même les gestes. « Cette brute, le Mouron Rouge, me fait me pâmer. » Harry glissa de sa chaise et tomba au sol. Puis il se releva et fit la chanson impromptue du Mouron. « La, mais quelqu'un doit prendre la pose et supporter le poids de vêtements bien coupés et c'est pour cela que le Seigneur a créé l'homme ! » Dumbledore riait de bon cœur alors qu'Harry répétait la danse que les autres comédiens et lui avaient interprété sur scène avec une canne imaginaire. « Toutes les espèces ont un sexe destiné à être grandement décoré. C'est pour cela que le Seigneur a créé l'homme ! » Harry fit un grand mouvement de main et s'inclina devant les applaudissements solitaires de Dumbledore.

Un coup soudain à la porte les surprit tous les deux. Il était très tard, après minuit. « Directeur ? » appela Snape de l'autre côté de la porte. Harry changea immédiatement ses traits pour prendre ceux du jeune Seigneur des Ténèbres et se dirigea rapidement vers le mur. Il se cacha derrière la porte quand elle s'ouvrit et que Snape entra.

« Severus ! Bonsoir ! Est-ce qu'il n'est pas un peu tard pour que tu sois encore debout, jeune homme ? » demanda Dumbledore d'un ton réprobateur, ses yeux pétillant alors que Harry se glissait dans le couloir derrière Snape.

« Je préparais une potion tardivement et j'ai juste déposé une boite pour Madame Pomfresh » répondit le professeur en s'avançant dans la pièce. Harry tenta de sortir discrètement mais il dut faire un peu de bruit car Snape se retourna vivement et lança un sort d'immobilisation. Harry le détourna avec une simple pensée. « Qui es-tu ? » siffla Snape.

« Il est assez... arrogant, n'est-ce pas, Grand-Père ? » demanda l'adolescent. Les yeux du vieil homme pétillaient et il acquiesça. Snape s'avança. Harry tourna les talons et courut à travers l'infirmerie, décidant de conduire le professeur à travers une course folle pendant quelques minutes.

Il tourna à un coin et entra dans son poursuivant. Il pouvait entendre Poudlard rire et réalisa que bien sûr il y avait plus d'un passage secret. Snape devait avoir trouvé le sien. « A présent, petit-fils d'Albus... qui es-tu ? »

Harry se glissa hors de la prise de Snape et s'échappa du Legilimens avec un peu de hâte. « Je suis personne, en fait. Élève du Seigneur des Ténèbres, petit-fils d'Albus Dumbledore, jeune Seigneur des Ténèbres. Choisissez un titre. Ils m'appartiennent tous. »

Le visage de Snape devint impassible. « Ça ne répond pas à ma question. »

« Ah ? C'est la seule réponse que vous aurez, Professeur. » L'adolescent haussa les épaules, pas du tout concerné. « Désolé pour ça. »

Poudlard lui ouvrit gentiment un passage secret et il retourna à l'infirmerie pour saluer Dumbledore. Snape poursuivait une illusion que Harry avait créé quand il avait disparu dans le passage.

« Eh bien, Harry. Tu t'es bien amusé ? »

« Comment cet homme est-il employé dans une école pleine d'enfants ? Un homme terrifiant qui veut... quelque chose. Je ne me souviens pas de ce que je voulais dire. » admit Harry. Il partit et Poudlard le tint informé de l'endroit où était Snape dans le château, poursuivant l'élève du Seigneur des Ténèbres, pendant que lui suivait le chemin qui lui permettrait de s'en aller.


La porte du compartiment s'ouvrit pour révéler un visage qu'Harry s'attendait à ne jamais revoir. Cassius se tenait dans le passage, attendant visiblement quelque chose. « Tu n'es pas là pour me mordre, n'est-ce pas ? » demanda Harry.

« Bien sûr que non » répondit le vampire, choqué par la question du jeune homme.

« Tu peux entrer alors. Mais ne me mords pas. »

Cassius entra et regarda l'adolescent avec confusion. « Est-ce que tu voulais que je te morde ? »

« Non ça va, merci. J'ai presque peur de demander ce que tu fais là. » Harry se renfonça dans son siège et fit signe à Cassius de se mettre à l'aise.

« Ton père s'inquiète pour toi... et je n'avais rien de mieux à faire. Quelle meilleure manière de passer quelques mois que de protéger le prince de Dracula ? » Cassius tira quelques bagages et pendit une housse de vêtements. « Il t'a envoyé un nouvel uniforme. »

« Attends un mom... protéger le prince de Dracula ? »

« L'idée que ton père te laisse sans aucune sorte de protection dans un environnement semi-hostile, qui va sûrement devenir hostile, est impensable. Ne soit pas ridicule. » Cassius ouvrit la housse et en sortit les vêtements. « Tu es un sorcier, pas vrai ? Débarrasse-nous de ses plis. Bon garçon. »

« Je suis toujours coincé sur l'idée que tu vas m'offrir une protection... » dit Harry en levant une main pour permettre à sa magie de repasser les vêtements.

« Tu t'y habitueras. Où tu vas, je vais. Le truc, c'est que tu ne me remarqueras pas la moitié du temps. Je ne me montrerai que si tu es en danger, promit Cassius. A présent, tu dois te changer, n'est-ce pas ? » ajouta-t-il en désignant l'uniforme.

« J'ai des uniformes » grommela l'adolescent.

« A présent, tu en as un meilleur... pourquoi est-ce un problème ? »

Harry ne sut comment expliquer ces sentiments sur ce sujet. « Je n'en ai pas besoin d'un nouveau. »

« Tu peux te changer seul, Maître Harry, ou je peux t'aider» lui dit le vampire en souriant. L'adolescent le regarda avec horreur. « Oui, j'ai plus d'un rôle... je te servirai de tuteur ainsi que de protecteur. » Cassius fixa Harry. « J'espère que tu es prêt à apprendre un peu. Nous n'aurons pas beaucoup de temps. Ta tante Neith envoie ses salutations, le reste de tes nouveaux oncles et tantes également. »

« Est-ce que ça veut dire que je dois t'appeler 'Oncle Cassius ?' »

« Ça sonne bien, n'est-ce pas ? Nous allons beaucoup nous amuser cette année. A présent, à propos de ton uniforme... » Harry se couvrit le visage de ses mains et grogna. Ça allait être une longue année si Cassius était impliqué.