Harry et ses amis quittèrent le train ensemble. Ils se dirigèrent vers les carrosses, en grande discussion sur ce que l'année leur réserverait. Cassius avait disparu quand ses camarades l'avaient rejoint dans son compartiment et Harry n'avait pas revu le vampire depuis mais il pouvait sentir sa présence juste à la limite son cercle d'amis. Il ne pouvait s'empêcher de se demander ce qui ce passerait quand ceux-ci apprendraient pour son garde du corps / tuteur / valet vampire. Il était sûr que ce dernier s'en amuserait. La première impression qu'Harry avait de Cassius était celle d'un guerrier endurci mais sous l'extérieur impressionnant du vieux centurion, et une fois que vous faisiez abstraction des dents pointues et de la sensibilité au soleil, vous faisiez la connaissance d'un blagueur qui donnerait du fil à retordre à Fred et George pour le titre de meilleur plaisantin.

« Harry ? » Le ton d'Hermione suggérait qu'elle avait essayé d'attirer son attention plus d'une fois.

« Oui Mi ? » répondit-il, s'arrêtant près du carrosse avec elle.

« Prêt ? » demanda-t-elle. Harry savait que pour elle, c'était une question innocente mais il ne put s'empêcher de penser aux choses qu'il devait faire durant le peu de temps qui lui restait à Poudlard. Il les considéra une seconde avant de hausser les épaules et de monter dans le carrosse. « Est-ce que tu penses que nous aurons des examens cette année ? Ils semblent être assez aléatoires. »

« Je penses que nous aurons des examens cette année, Hermione. C'est nos ASPIC n'est-ce pas ? » L'adolescent s'installa dans le carrosse et eut un sourire narquois. « Je suis sûr que tu flipperas à mort d'ici la fin du mois. »

« Ce n'est pas à ce point là ! » protesta-t-elle. « Skywalker, enfin ! »

« C'est à ce point là » confirma Neville en grimpant derrière eux. « Qui veut parier qu'Hermione sera stressée à cause des ASPIC d'ici la fin du mois ? »

« Je ne parierais pas, commenta Harry. Tu perdrais. »

Hermione lança un maléfice cuisant à ses deux amis et décida de parler à Ginny plutôt que de faire face à des garçons qui ne pouvaient s'empêcher de plaisanter sur le fait qu'elle était une bucheuse.

« Ah, les filles » ricana Neville et il sortit son dernier livre sur les plantes pour le montrer à Harry. Il y avait quelques spécimens vicieux dans son manuel avancé de botanique et Harry ne pu s'empêcher de se demander qui ferait pousser de telles plantes. La plupart étaient interdites et le Ministère avait essayé de les éradiquer mais certaines avaient réussies à pousser à l'état sauvage et étaient supposées fournir des ingrédients de potion précieux. Si vous arriviez à les approcher sans perdre un membre.

Harry se rapprocha de la fenêtre alors qu'ils arrivaient près de l'école. Il tendit sa magie et sentit Poudlard le chercher. Il sourit et ferma les yeux. Bonjour Poudlard.

Bienvenue, Mage Harry ! Le château sembla briller plus intensément quand il l'accueillit et il ne put s'empêcher de sourire à nouveau quand il sentit les protections de l'école se rassembler autour de lui et lui faire un câlin. C'était une idée bizarre, recevoir un câlin d'un château, mais la sensation était celle d'un câlin.

Le groupe descendit du carrosse et entra dans l'école, papotant alors qu'ils se dirigeaient tous vers la Grande Salle. Harry s'assit avec ses amis à la table des Gryffondors. Un rapide coup d'œil à la grande table lui montra que les professeurs habituels étaient là... avec une addition surprise. Son frère Khalid lui fit signe, semblant incroyablement excité de voir Harry pour la première fois depuis un mois. Si les Gouverneurs avaient été énervé par un enseignant loup-garou, que diraient-ils du vampire Khalid reprenant la barre ? Harry lui fit signe en réponse et prit place à table, Hermione et Neville de chaque côté. Ginny s'installa en face d'eux et Harry remarqua que Ron était plus loin, dans un groupe portant le Badges des Protecteurs.

Dumbledore n'était pas à la Grande Table. McGonagall était à sa place, ayant l'air aussi sévère que d'habitude. Harry se demanda si le vieil homme regarderait depuis l'infirmerie ou s'il ne lui était pas permis de voir quoi que ce soit de la Répartition.

Le niveau de bruit augmenta alors que de vieux amis se retrouvaient. Harry resta assis en silence, laissant Hermione, Neville et Ginny parler autour de lui alors qu'il attendait que la cérémonie commence. Les portes s'ouvrirent et Flitwick guida un groupe de petits premières années le long de l'allée principale vers le tabouret et le Choipeaux. Les enfants se rassemblèrent autour du tabouret et attendirent que le Choipeaux s'agite et reprenne vie.

Bonjour mes enfants, Bonjour mes amis

Nos temps de peur et tristesse sont presque finis

Le Champion est enfin arrivé

La mort dans l'âme et épuisé mais toujours résolu

L'ancienne lignée royale est revenue

A Poudlard, où toutes les magies sont choyées

Attention mes enfants, et écoutez bien

Un secret toujours bien gardé, nous devons révéler

Ce secret est ancien et inédit autrefois

Il fut enseigné par le professeur de Merlin dans sa propre jeunesse

Entouré par ceux à qui il est cher

Pour le protéger de la peur du peuple magique

Serpentard, Serdaigle, Gryffondor, Pouffsoufle

Le Champion est là, cela sera-t-il suffisant ?

Harry demeura un peu stupéfait par la chanson et également un peu inquiet par ce qu'il avait entendu. Hermione la notait pendant que Neville avait l'air confus. Harry avait le sentiment pesant qu'il était le sujet de ce petit poème et déglutit difficilement. Les choses devenaient incontrôlables. Neville demanda doucement : « Qui est le Champion ?»

Harry haussa les épaules et reporta son attention sur la Grande Table. Snape et McGonagall étaient penchés l'un vers l'autre et discutaient en murmurant. Harry était assez sûr de ce dont ils parlaient et il savait qu'ils augmenteraient sûrement leurs efforts pour coincer le petit-fils de Dumbledore la prochaine fois qu'ils en auraient l'opportunité. Il spécula quelques instants sur la manière dont ils s'y prendraient avant de mettre le sujet de côté. S'ils ne l'avaient toujours pas attrapé, ils échoueraient probablement encore avec tous les autres élèves dans le château.

« C'était presque aussi bizarre que la chanson de l'année dernière... » commenta Hermione en rangeant son petit carnet dans une poche.

Harry se détendit en regardant la Répartition, encourageant chacun sans distinction de Maison. Il remarqua que Draco Malfoy s'appliquait pour diriger les enfants vers leur place à la table des Serpentard et qu'Hermione disait aux autres de faire de la place pour les nouveaux Gryffondors qui s'approchaient. Après que le dernier enfant fut réparti à Poufsouffle, les tables furent couvertes par l'habituel banquet de Poudlard. Harry se servit et commença à manger pendant qu'Hermione et Neville parlaient des classes à venir et ce à quoi s'attendre et de la manière dont un vampire enseignant la Défense contre les Forces du Mal serait capable de leur apprendre à se protéger contre les autres créatures magiques et, plus important, contre les Mangemorts.

Après le dîner, il quitta la Grande Salle et se dirigea vers la Tour Gryffondor mais fut interrompu par Draco Malfoy. « Potter, tu as passé un bon été ? »

« C'était tolérable, Malfoy... Et toi ? » demanda Harry en serrant la main du blond. « Comment va Julie ? »

« Elle va bien, et si jamais je t'entends mentionner son nom devant Severus, je devrai prendre des mesures pour mettre un terme à ton existence » prévint Draco alors qu'ils s'avançaient dans le couloir.

« Tu ne feras rien de tel » dit Cassius en apparaissant soudain. Harry et tous ses amis sursautèrent. Ma magie doit penser qu'il n'est pas une menace car elle ne m'a pas averti qu'il était là... Ou alors, il était là depuis le début et a réussi quelque truc monstrueux d'invisibilité de vampire dont je ne veux rien savoir pensa Harry en se retournant. Le vampire fit un bruit d'impatience et lissa l'uniforme d'Harry. « Vraiment, maître Harry. Comment réussissez-vous à vous ébouriffer si rapidement ? » grommela-t-il avant de se fondre à nouveau dans l'ombre.

« Heu, Harry ? » Hermione s'arrêta. « Qui était-ce ? » Tous ses amis avaient le même air de confusion impatiente, voulant la réponse à la question de la jeune fille mais ayant presque l'air d'avoir peur de l'entendre.

« C'était Cassius, bien que je doive l'appeler Oncle Cassius pour quelques raisons inconnues. Il est là pour me protéger. »

Harry se retourna vers Draco pour continuer leur discussion mais ce dernier s'immobilisa, pâlit et s'inclina. Harry plissa le front de confusion avant de se tourner vers Neville pour une explication. La mâchoire de celui-ci se décrocha et il s'inclina également. Ginny le fixa avant de lui faire la révérence.

Hermione croisa les bras et commença à taper du pied. « Est-ce que quelqu'un aurait la gentillesse de m'expliquer ce qu'il se passe et pourquoi vous vous inclinez soudain tous devant Harry comme s'il était une sorte de prince ? »

« Granger, c'EST un prince ! » lui répondit Draco en faisant tourner Harry vers elle et en désignant son collier. Le brun se renfrogna et le cacha à nouveau, devinant que Cassius l'avait sorti quand il avait lissé ses robes. « C'est le signe du Dracula, Voïvode de Wallacia. Grand, grand nom dans le domaine des gens que tu ne veux pas mettre en colère dans le monde magique. » Comme un seul homme, ses amis se tournèrent vers lui et le regardèrent, attendant une autre réponse.

« Dracula m'a adopté. Je préfèrerais que personne d'autre ne le sache, si c'est possible. »

« Dracula t'a adopté ? » demanda lentement Hermione. Harry s'arrêta devant le ton de la jeune fille. Elle avait son expression « je relie les choses entre elles dans mon esprit » et son cerveau fonctionnait à toute allure pour lui fournir la réponse.

« Oui. » Harry était un peu inquiet. Elle réfléchissait trop fort.

« Dracula. T'a. Adopté » répéta-t-elle en articulant chaque mot.

« Oui. » Harry se demanda si son cerveau s'était finalement éteint sous le stress.

« Dracula, le Prince des Carpates, t'a adopté toi, Harry Potter, Garçon qui a Survécu » répéta-t-elle encore.

« Oui ! » Harry avait élevé la voix, perdant patience avec son ami. Tout le groupe éclata d'un rire légèrement hystérique. « Quoi ? »

Hermione essaya de se reprendre puis secoua la tête, se laissant tomber au sol. Harry ne fit que taper du pied en signe d'agacement pendant que ses amis riaient à ses dépens. « Quand vous aurez fini... » leur dit-il en essayant de garder son calme.

« D...D...Désolée ! Vagit Hermione. Je suis désolée ! » Elle jeta la tête en arrière et pouffa à nouveau. Harry soupira, attendant que quelqu'un lui explique pourquoi ils riaient tous. « Ok, ça va. Je vais bien » dit Hermione en se relevant. « Ça va maintenant. » Elle s'arrêta, prit une inspiration, puis une autre avant de se retourner vers son ami. « Penses-y Harry » expliqua-t-elle calmement alors qu'un sourire menaçait de s'étirer sur son visage. « Je veux dire, bien sûr que tu as été adopté par Dracula. C'est toi. Le Survivant, qui s'est débarrassé de Quirrel, qui a combattu un basilic, etc, etc puis qui a été adopté par Dracula. Honnêtement, est-ce que ta vie pourrait être encore plus bizarre ? »

Harry dut admettre qu'elle marquait un point. « Je déteste vraiment, vraiment ma vie des fois » dit-il avec résignation.

« Dis-toi qu'au moins ce n'est jamais ennuyeux, lui dit Neville. Je veux dire, tu pourrais être un homme aux super-pouvoirs qui se précipite pour sauver les gens d'un grand méchant qui déclame de mauvais discours. » L'adolescent s'arrêta. « Tu sais, Grand-mère m'a dit que lire des comics moldus me pourrirait le cerveau mais je n'ai jamais cru qu'elle pourrait avoir raison. Tu es un homme aux super-pouvoirs qui se précipite pour sauver les gens, n'est-ce pas ? Toute cette histoire de 'Survivant' n'est qu'une couverture ? Ton identité secrète ? Avoue ! » Harry se demanda ce qui avait provoqué ce comportement chez son ami puis il vit les sourires conspirateurs sur les visages des autres.

« C'est ça. Vous avez trois secondes pour vous enfuir avant que je vous montre mes capacités surhumaines » dit-il en levant une main. Hermione cria alors qu'elle, Ginny et les autres se précipitaient vers l'escalier. Harry les poursuivait en les menaçant pour l'avoir taquiné.

Il tourna à un coin et rentra presque dans le professeur Snape. Il l'esquiva à la dernière seconde et ne parvint à rester debout qu'en utilisant un peu de magie. Snape lui lançait un regard noir et... est-ce qu'il grinçait des dents ? Harry se redressa et lissa son uniforme. « Je m'excuse, professeur. Je ne vous avais pas vu. »

Snape continua à grincer des dents un moment avant de s'incliner brièvement. « Peut-être que vous ne devriez pas courir dans les couloirs, dit-il. Dois-je utiliser votre titre ? »

« Oh, non ! » Harry secoua la tête en signe de protestation. « Non, pas de titre. Je préfèrerais que personne ne sache. »

« Alors, Monsieur Potter, peut-être que vous devriez cacher ce symbole » conseilla-t-il en désignant le collier.

« Je l'ai caché. C'est ce vampire. Je lui ai dit que je voulais que personne ne sache. » Harry soupira de frustration.

« Ce vampire ? » gronda Snape.

« Euh, il m'a dit de l'appeler Oncle Cassius » admit le jeune homme.

« Bien sûr. » Snape avait une expression étrange sur le visage, comme s'il était en train de compter ou comme s'il allait être malade. « Votre amie aux cheveux en pétard va insister pour une réunion ce soir. Assurez-vous d'être là. »

« Oui Monsieur. Je serai là. Dès que j'aurai réussi à... retrouver tout le monde » précisa-t-il en reculant. Snape lui fit signe de partir et Harry prit ce geste comme la permission de se retourner et de marcher rapidement vers là où il entendait ses amis rire. « Vous êtes touuuus morts ! » rugit-il Comme un seul homme, ses amis s'éparpillèrent vers la Tour Gryffondor, Harry les poursuivant de près.


Harry se réveilla d'un coup, soudain conscient que quelqu'un se tenait près de son lit. Il ouvrit les yeux et vit Hermione. Cassius était derrière elle et la tenait fermement par les épaules. « Rappelle-le, Harry » siffla-t-elle à voix basse.

« Ça dépend de ce que tu faisais, à te faufiler comme ça pendant que je dormais » répondit-il en se frottant les yeux et en prenant ses lunettes.

« Je venais te chercher pour la réunion. »

« Ah, je vois. Lâche la, Oncle Cassius. Elle est censée être là » dit-il en sortant du lit et en prenant quelques habits au hasard. Cassius laissa Hermione et tendit quelques vêtements pliés. « J'ai anticipé tes besoins, Maître Harry. » L'adolescent accepta les affaires et soupira en réalisant qu'une fois encore, Dracula contribuait à sa garde robe. Il fronça les sourcils en les voyant puis regarda à nouveau Cassius. « Juste... ne te débarrasse pas de mes vêtements, d'accord. Certains ont une valeur sentimentale. »

« Un jeune homme bien élevé et un prince ne s'habille pas en pantalon baggy et en t-shirt, maître Harry » le sermonna Cassius.

« Ouais ? Et bien celui-ci aime ses t-shirt et ses pantalons en coton, merci, et ne te mets pas en tête de jeter mes vêtements sans ma permission, s'il te plaît. Ma tante a passé du temps à me choisir mes affaires et j'aimerais pouvoir porter ce qu'elle m'a offert. » Pendant sa petite tirade, il mit les vêtements que le vampire lui avait choisis, vu que c'était le plus rapide. Il avait oublié qu'Hermione se tenait là.

Cette dernière avait un sourire malicieux et ses joues étaient un peu rose. « Euh... Désolé ? J'ai oublié que tu étais là pendant un instant. »

« Jeune maitre, vraiment. Se changer devant une demoiselle, grommela Cassius. Il y a quelques siècles, cela vous aurait garanti un mariage. »

« Est-ce que nous ne sommes pas heureux de ne pas être il y a quelques siècles... » marmonna l'adolescent.

« Ça va, Harry. Vraiment. Ne t'inquiètes pas. Juste... évite de le faire dans le futur, surtout à proximité des filles de l'école. Ça pourrait provoquer des émeutes ou quelques choses d'aussi dérangeant, comme des chansons de Celestina Moldubec ou des cartes de Saint-Valentin animées. »

« Hermione ? » demanda Harry, redevenant sérieux tout en rejetant fermement la cravate avec laquelle Cassius essayait de l'étrangler. « Tu n'en pinces pas pour moi ? »

« Non Harry, je n'en pince pas pour toi. Je t'avertis que tu pourrais avoir très vite de gros problèmes si les autres femmes découvrent ce que tu as caché toutes ces années. »

« Merci pour l'avertissement... » répondit Harry, se soumettant à la cravate juste pour empêcher Cassius de s'agiter. Ce dernier lui tendit la veste de son costume et Harry la prit en rendant la cravate en même temps. Tous les vampires qu'il avait rencontrés aimaient l'habiller comme une poupée. (Les souvenirs de la virée shopping où l'avait emmené Vlad après qu'il ait reçu le rôle du dandy refusaient toujours d'être effacés). Hermione et lui quittèrent la pièce en laissant derrière eux un vampire jurant qui tenait une cravate. Harry ricana, sachant que Cassius le retrouverait bientôt et serait probablement capable de la remettre autour de son cou sans même qu'il le remarque.

Hermione s'arrêta devant un mur vierge, posa sa main sur une pierre et dit un mot qu'Harry ne comprit pas vraiment. Ils attendirent et, pendant qu'ils patientaient, Harry réalisa que Cassius avait réussi à remettre la cravate autour de son cou. Comment fait-il ça ?

Une porte s'ouvrit sur Draco Malfoy qui leur fit signe d'entrer. Harry trouvait que c'était un peu comme être dans une peinture irréelle. Il avait su que Snape avait des appartements privés mais il ne s'attendait pas à voir les petits signes de sa vie de famille éparpillés dans la pièce. Il y avait une tasse de thé à moitié vide sur une petite table. Des chaussons étaient près de l'âtre. Les livres occupaient presque toutes les étagères et espaces vides mais ce n'était pas vraiment en désordre. Harry savait que Snape saurait exactement où retrouver n'importe quel volume. Il y avait un mur qui était étrangement vide, ce qui attira son attention. Il sourit quand Poudlard lui révéla un passage secret. C'est donc comme ça qu'il parvient à se faufiler... L'adolescent avait le sentiment que Draco avait connaissance de ce passage. Les enchantements étaient vaguement intéressants car ils avaient été mis en place par un précédent mage. Il les étudia pendant qu'il prenait place avec Hermione et qu'il acceptait des rafraichissements. Il jeta un coup d'œil vers Draco pour confirmer son hypothèse. Je te lève mon chapeau, Salazar Serpentard, le plus grand des Quatre de Poudlard. Toi seul t'es assuré que tes serpents seraient bien protégé après ton départ.

Snape entra brusquement dans la pièce, ayant déjà l'air éreinté. Étrangement, son col était défait et ses cheveux en bataille. Il se dirigea directement vers un meuble, ouvrant les portes avec un mouvement ample. Il versa un liquide ambré que Harry supposa être de l'alcool dans un verre et l'avala pour s'en resservir immédiatement un deuxième. Il jeta un coup d'œil par-dessus son épaule aux adolescents rassemblés avant de lancer un regard noir à Potter. « Votre... valet m'a de nouveau accosté, Monsieur Potter. Il attend à l'extérieur, demandant qu'on lui permette de participer. Il a défait mon col avant même que j'ai conscience qu'il était là. » La voix de Snape avait des tons hystériques.

« Et bien, monsieur, c'est votre maison. Il doit avoir votre permission pour entrer » lui dit Harry.

« Et il ne l'aura jamais ! » lui répondit Snape avec brusquerie en remettant son col. Un rapide mouvement de baguette remis tout en place et il se laissa tomber sur le fauteuil près de la cheminée. Il appuya son verre contre son front et soupira.

« Ne vous inquiétez pas, monsieur. C'est en fait assez commun, en ce qui concerne Harry. » L'adolescent savait qu'Hermione essayait vraiment d'aider mais son commentaire ne fit pas grand chose pour apaiser l'esprit de Snape.

« Dites-moi, Monsieur Potter, y a-t-il d'autres surprises auxquelles je devrais m'attendre ? » grommela-t-il. Harry fut content qu'il regarde le plafond en disant ça. L'adolescent était toujours mal à l'aise à cause des capacités de Legilimencie de son professeur.

« Heu... pas vraiment ? » ne put-il s'empêcher de répondre.

« Des Seigneurs des Ténèbres, des professeurs possédés, des monstres, des criminels évadés, des dragons, des Mangemorts, des voyages dans le temps (ah oui, je sais tout là dessus ! ) adopté par le roi des vampire et maintenant un PRINCE avec un TUTEUR, VALET et GARDE DU CORPS VAMPIRE que vous appelez Oncle ! » Snape avala à nouveau son verre cul-sec et le posa sur la table près de son fauteuil avec un claquement décidé. « Monsieur Potter, je suis presque convaincu que vous serez la cause de ma mort » continua-t-il d'un ton défait.

« Vous avez oublié Champion du Tournoi des Trois Sorcier... » rajouta bien sagement Hermione, les yeux brillant malicieusement.

« Mademoiselle Granger ! Vous n'aidez pas ! » gronda Snape alors que Draco allait remplir le verre de son professeur.

« Je suis désolée, monsieur... Je n'ai pas pu m'en empêcher. Harry et moi avons passé en revue la liste de ses exploits au moins quelques douzaines de fois. Même son adoption semble aller dans cette liste. Il y a plusieurs évènements plutôt extraordinaires qui entourent quelqu'un d'assez ordinaire. »

« Merci, je pense... » rétorqua Harry. Il réfléchit à ce qu'elle venait de dire. Elle rit de son expression et redevint sérieuse.

« Pourquoi nous avez-vous fait venir ici, monsieur ? C'est assez tard et nous avons cours tôt demain matin » dit-elle, sa nature de rat de bibliothèque assez évidente.

« Monsieur Potter... pourquoi êtes-vous revenu à Poudlard ? D'après les résultats de vos examens, vous auriez pu sauter votre septième année. Vous auriez pu avoir une formation plus approfondie rien qu'avec votre nom. » Snape s'arrêta. « Vous êtes vraiment en danger ici. »

« Je sais » répondit calmement Harry.

« Tu avais raison, Severus. C'est un idiot. » dit Draco en lui rendant son verre. « Ce que Severus essaie de faire est de rassembler des informations. Des informations qu'il puisse utiliser pour protéger l'école, et toi par extension. »

Snape adressa un regard noir à son filleul qui haussa les épaules. « Je ne sais pas pourquoi tu me regardes comme ça. Ce sont des Gryffondors. Tu dois être direct avec eux ou tu n'en tireras rien. »

Harry voulait rire mais il se retint, redevenant sérieux et cherchant frénétiquement une réponse acceptable. « Tout finira ici, j'en ai peur. La guerre vient à Poudlard, plus tôt que je l'aurais voulu. Et je devais revenir, parce que tout fini ici. »

« Que Dieu nous vienne en aide, commenta Snape. La guerre vient à Poudlard. »


Harry s'était à peine mis au lit, écoutant Cassius grommeler sur le fait de ne pas avoir été invité dans l'appartement de Snape, quand la convocation du Seigneur des Ténèbres arriva. Le jeune homme se résigna à ne pas dormir cette nuit là et repoussa ses couvertures. Il s'habilla machinalement avec les vêtements que Cassius lui tendit et lui dit de ne pas le suivre, un ordre que Cassius ignora promptement jusqu'à ce que l'adolescent invoque une poignée de riz qu'il lança au sol. Le vampire prit le temps de jurer avant de commencer à compter le riz. Harry prit son masque et sa cape, heureux que ses compagnons de chambrée dorment tous profondément car le vampire jurait frénétiquement en comptant le riz au sol.

Il quitta le château rapidement et passa les portes, sifflant le mot de passe de son portoloin. Il réapparut dans le cimetière et soupira, sa personae glissant qui lui plus facilement que son masque de Mangemort. Il se retourna et vit Robinson qui l'attendait à l'entrée de la maison.

« Monseigneur... » l'accueillit-il doucement.

« Robinson, c'est bon de te voir » répondit l'adolescent avec lassitude. « Comment vont les choses ? »

« Bien, monseigneur, juste bien. » Robinson s'avança et fit signe à Harry d'entrer. Alors qu'ils parcouraient les couloirs vers le Seigneur des Ténèbres, Robinson se pencha vers le jeune homme et lui murmura « Quelques uns d'entre nous aimeraient quelques minutes de votre temps avant que vous ne partiez, monseigneur, si vous le pouvez. Nous avons quelques sujets à discuter. »

Harry y réfléchit et se demanda s'il devrait en parler à Voldemort ou s'il devrait le garder pour lui.

« Je vais essayer mais je ne te fais pas de promesses, Robinson. J'ai école en ce moment. » Il eut un grand sourire derrière son masque et mit une tape sur l'épaule de son interlocuteur avant d'entrer dans la pièce.

« Le voilà ! » Voldemort semblait content ce soir. Harry s'avança dans la pièce et alla à côté du Seigneur des Ténèbres, lui permettant de passer un bras sur son épaule sans tressaillir. Il devait être l'acteur le plus phénoménal qui ait jamais existé... ou il s'habituait à ça. Quoi qu'il en soit, c'était un peu dérangeant. « Comment vas-tu, mon enfant ? Demanda Voldemort. Comment ça se passe à l'école ? »

« Tout va bien, monsieur. Je n'ai même pas encore eu le temps de dormir dans mon lit. » Et on dirait que je ne vais pas dormir du tout cette nuit. Il réfréna l'envie de soupirer et s'écarta du Seigneur des Ténèbres quand celui-ci s'avança et fit signe aux Mangemorts de se rassembler autour de lui.

« Bonsoir, mes fidèles serviteurs... Je suis tellement content que vous ayez pu me rejoindre. » Pendant un bref moment, Harry imagina Voldemort dans les vêtements d'Ombrage et il étouffa un rire. Celui-ci le regarda par-dessus son épaule un instant avant de reporter son attention sur les Mangemorts.

« Jusqu'ici, nous avons bien travaillé, mes serviteurs. Fudge a démissionné et son remplaçant est moins... hostile à nos efforts continus. » Il s'arrêta et inclina la tête sur le côté. « Quoi qu'il en soit, il y a encore une personne qui va interférer dans nos plans. » Il semblait écouter quelque chose que personne d'autre ne pouvait entendre. Il se secoua soudain et regarda autour de lui. « Où... Où en étais-je ? » demanda-t-il d'une voix inquiète.

« Le remplaçant de Fudge » dit Harry derrière lui. Il savait qu'il était celui qui avait le moins de chances d'être ensorcelé pour avoir parlé. Malgré tout, Voldemort se retourna vivement et son visage montrait un peu d'incertitude. Il avait ces étranges absences de temps en temps et Harry notait chacune. « Merci, mon enfant. » Harry leva les yeux au ciel une fois que Voldemort se fut retourné pour faire à nouveau face à ses Mangemorts. « Mes serviteurs, nous devons éliminer toute opposition, pas que le Ministre, pas que le gouvernement. Nous devons éliminer le chef de notre principale opposition puis les regarder sombrer et s'éparpiller. Nous devons débarrasser le monde d'Albus Dumbledore. »

Et voilà où vont mes espoirs que ça s'améliore pensa Harry alors que Voldemort se lançait dans une tirade sur la manière dont Dumbledore déjouait leurs efforts. Pourquoi est-ce qu'il ne pouvait pas juste guérir ? J'aurais pu gérer sa guérison mais il... ne guérit pas. Harry tordit sa magie et jeta un coup d'œil dans l'esprit de Voldemort pendant que celui-ci parlait. Les trous étaient devenus gris et rouge. C'était comme s'ils étaient infectés et ils pulsaient un peu. Harry combattit l'envie de vomir alors que sa magie lui montrait ce qui arriverait au cerveau de Voldemort s'il ne guérissait pas. Il vit la désintégration alors que les zones malades grandissaient et s'étendaient encore et encore alors que le temps passait. Ce n'est pas juste. C'est comme si je l'avais tué en faisant ce que j'ai fait.

Harry perdit rapidement le fil du discours de Voldemort alors que son estomac se retournait et se serrait. Sa tête commença à pulser. Urgh. C'est psychosomatique réalisa l'adolescent en serrant les poings. C'est juste de l'anxiété. Arrête ça. Son ordre ne marcha pas. Quand Voldemort eut souligné son plan pour Halloween (bien sûr que ce serait Halloween), Harry se sentait complètement misérable. Le Seigneur des Ténèbres renvoya les Mangemorts mais fit signe à son apprenti de rester.

Voldemort l'étudia de ses yeux rouges. « Tu ne te sens pas bien » constata-t-il après un moment.

« Malheureusement, il semble que je ne me sente plus jamais bien, admit l'adolescent. Je pense que je suis un peu stressé. Je déteste mentir, monsieur. Je veux juste que tout sois fini. » Harry pensa qu'il en rajoutait un peu mais continua : « Je veux quand même voir se réaliser notre plan de vous voir Ministre, monsieur. Vraiment. J'ai déjà pris quelques mesures pour que ça arrive... Faites juste attention de ne pas défier directement le Ministre, c'est tout ce que je demande. »

Plus Harry parlait, plus l'expression de Voldemort devenait douce et perplexe. Il s'avança et prit la main de son élève. « Je ne ferai rien qui compromette ce que tu as prévu, promit-il. Est-ce que ça a à voir avec ta récente adoption ? »

« Je ne peux pas répondre à ça sans briser d'autres promesses, monsieur » répondit lentement l'adolescent, comme s'il était réticent. « Sachez juste que je travaille à votre profit. » Cette dernière phrase était comme de la cendre dans sa bouche. Il se tourna vers la fenêtre et soupira. « Je dois retourner à Poudlard avant que quelqu'un ne s'aperçoive que j'ai disparu. » Il salua Voldemort, suppliant que toute autre conversation soit remise à plus tard à cause du très réel sentiment nauséeux qu'il ressentait. Voldemort ne fit que l'embrasser et lui souhaita de se rétablir, promettant de ne rien faire qui compromette les plans de l'adolescent.

Il quitta la pièce et sortit dans le cimetière. Il ne vit personne donc il haussa les épaules et commença à activer son portoloin pour rentrer. Il sursauta quand il sentit une main ferme lui saisir le bras et la sensation de crochet au niveau du nombril. Sa magie criait, le rendant confus alors qu'il trébuchait à cause du portoloin. Sa magie pouvait les combattre ?

Il atterrit durement et trébucha cul par dessus tête, ce qui ne fit absolument rien pour sa santé. Il s'arrêta enfin et grogna quand sa tête eut une pulsation suprême avant de se transformer en une migraine phénoménale. Il roula sur le côté et fut malade, ce qui n'aida pas sa tête. Je pense que je vais louper le premier jour de cours pensa-t-il en se remettant sur ses pieds. Il chancela un moment avant de décider de se rasseoir. Putain mais où... ?

« Qu'est-ce qui s'est passé ? » demanda une voix rugueuse quelque part à sa gauche. Harry se releva et vacilla. Il localisa l'origine de la voix et regarda Robinson de haut.

« Qu'est-ce que c'était ?! Un kidnapping ?! » Harry sortit sa baguette et la pointa à la gorge de Robinson.

« Je vous ai dit que quelques uns d'entre nous voulaient vous parler avant que vous ne partiez. Je vous l'ai dit ! »

« Tu n'as pas mentionné de portoloin ! » Harry relâcha Robinson et soupira. « Bien. Où est le lieu de cette rencontre ? »

« Le portoloin était supposé nous y amener... mais il ne semble pas que ça ait marché. »

Harry se passa une main dans les cheveux avec frustration et fit un peu les cents pas. Il était fatigué et il ne se sentait pas bien. Il retourna brusquement vers Robinson et l'attrapa, demandant à sa magie de les emmener où le portoloin était sensé les conduire. Elle lui répondit avec enthousiasme et Robinson et lui apparurent dans ce qui semblait être l'arrière-salle d'un pub. Harry relâcha Robinson et s'écarta, voyant une foule d'hommes les observant.

« Comment... comment... quoi ? » Robinson semblait incapable d'articuler ce qu'il voulait demander. « Heu.. quoi ? »

« Qu'importe... J'ai réparé le portoloin. Est-ce là où nous sommes supposé être ? » demanda-t-il en rassemblant sa magie au cas où tous ces hommes abasourdis décident d'attaquer les deux arrivants soudains.

« Heu... oui. Oui. Sauf que nous étions supposés arriver dehors puis venir à l'intérieur » expliqua Robinson avant de hausser les épaules. « Et bien je suppose que vous vouliez de l'efficacité ? »

Harry soupira et écarta Robinson en s'avançant. « Robinson a dit que vous vouliez tous me parler » dit-il en enlevant son masque, permettant aux autres de voir son identité en tant que Tom. Aucun ne portait de masques, il retournait donc la pareille. Toute la salle sembla se détendre alors qu'il enlevait robe et masque, les renvoyant dans sa malle à Poudlard où il savait que Cassius les trouverait plus tard.

Les hommes s'entreregardèrent, aucun ne semblant vouloir être le premier à parler. Harry les regarda et secoua la tête. « Écoutez, je suis sensé être à l'école. J'ai été debout toute la nuit et il est probable que je ne vois pas mon lit avant l'aube. Est-ce qu'on pourrait s'il vous plait avancer ? »

« C'est cette mauvaise humeur dont vous m'avez averti » dit Robinson en enlevant ses robes de Mangemorts. « Nous... Et bien, nous n'aimons pas les idées que le Seigneurs des Ténèbres prêche. »

« Nous ne voulons pas le suivre... pas comme ça » dit une voix dans la foule.

« Je ne risque pas ma vie et ma famille pour ça ! »

« Il a pété les plombs ! »

« Pourquoi devrions-nous abandonner notre liberté pour ça ? »

De plus en plus de voix s'élevèrent en récrimination et demandes sur le Seigneur des Ténèbres. Harry leur permit de laisser libre cours à leur frustration avant de faire retentir un grand bang. Le silence retomba, tout le groupe regardant l'adolescent. Harry réalisa qu'il n'avait pas utilisé sa baguette pour créer le bruit. « Je comprends votre frustration et votre colère. Je comprends pourquoi vos ressentez ça. »

Les hommes le regardaient tous à présent, comme s'ils attendaient quelque chose de lui. « Que faisons-nous de lui alors ? » demanda une voix dans la foule.

Harry regarda ses mains un moment, considérant sa réponse. Ça pourrait avoir de mauvaises répercussions si quelqu'un décidait de le répéter au Seigneur des Ténèbres... Hum. Ça pourrait marcher. Il tordit sa magie pour qu'elle s'installe sur les hommes de la pièce. Son sort était comme un simple anti-Moldus, ils perdraient simplement le fil de leurs pensées s'ils essayaient de rapporter cette réunion à Voldemort. Les solutions les plus simples étaient souvent les meilleures. Qui ne perd pas le fil de ses pensées de temps en temps ?

« Laissez le moi. Il ne me surveillera pas trop. Pour le moment, continuez comme avant. Venez à Halloween ou pas. Suivez vos plan ou pas. Quoi que vous fassiez, ne vous mettez pas en travers de mon chemin. » Harry fit demi-tour et transplana. Il laissa derrière lui un groupe d'hommes choqués jusqu'au fond de leur être vu que des boucliers anti-transplanage avait été posés sur la pièce. Ce jeune Seigneur des Ténèbres était visiblement plus puissant que le Seigneur des Ténèbres Voldemort.

« Et bien, je pense que nous devrions faire comme il a dit » suggéra Robinson en s'avançant. « Je ne sais pas pour vous mais ça m'a prouvé quelque chose. »

« Quoi donc, Robinson ? » demanda un homme dans un coin de la pièce.

« Nous ne voulons pas le défier » répondit Robinson en désignant l'endroit où s'était tenu le garçon quelques secondes auparavant. « Il a réussi à réparer notre portoloin et je suis assez certain que c'est lui qui l'a arrêté. Et puis-je vous rappeler qu'il nous a amené dans cette pièce au lieu du point d'atterrissage à l'extérieur ? » Robinson secoua la tête. « Non. S'il y a une personne à craindre, c'est le jeune Seigneur des Ténèbres. »