Bonsoir bonsoir!

Vous êtes combien à m'avoir maudis ces derniers mois pour ce petit délai de publication? xD

Mais quand vous verrez la longueur de chapitre, vous comprendrez surement pourquoi! Et oui, je sais que j'avais dit que je couperais les chapitres pour en faire des moins longs et des publications plus récurrentes! Mais celui-ci, vraiment, je ne voyais pas du tout où le couper!

Je vous offre donc ce gros bloc et vous laisse en faire ce que vous voulez mdrr

Petite information: il ne reste plus que trois chapitres avant la fin! Bon je dis trois, mais y'a des chances qu'au moins l'un d'entre eux soit coupé en plusieurs morceaux ^^
Objectif: terminer cette fic avant la fin de l'année! Est-ce qu'il sera tenu? Aucune idée! Mais l'espoir fait vivre

Bref, trêve de blabla!

Bonne lecture à vous amoureux fidèles du Clexa! J'attend vos avis AVEC IMPATIENCE!

LSAfor

PS: Comme toujours, merci à Debo pour son merveilleux travail de correction!


Chapitre 40 :

Lexa baissa les yeux vers les mains qui étaient sur sa poitrine et esquissa un petit sourire.

- N'en profite pas pour me peloter Reyes, déclara-t-elle, ta petite-amie n'est pas loin…

- Haha très drôle, lui répondit sarcastiquement Raven. Arrête de bouger, tu veux!

- Je ne bouge pas, je respire, rétorqua Lexa.

Raven leva un sourcil excédé dans sa direction avant de reporter son attention sur le micro qu'elle était occupée à fixer contre sa poitrine. Lexa laissa échapper un léger rire tout en s'efforçant de rester la plus immobile possible.

- Tu m'as l'air un peu trop sereine pour quelqu'un qui s'apprête à aller affronter une sorcière, lui lança Octavia qui se trouvait à côté de Raven.

Elles étaient toutes les trois dans un coin du living-room, à côté de la grande table où Raven avait installé ses quartiers. Soit plusieurs ordinateurs et quelques autres gadgets dont Lexa n'avait aucune idée de ce qu'ils pouvaient représenter. Elle se demandait même s'ils étaient légaux. Mais elle préférait ne pas savoir.

Elle avait compris depuis très longtemps que, lorsqu'on en venait à Raven Reyes, il y avait certaines questions pour lesquelles il valait mieux ne pas avoir de réponses.

- Je ne sais pas si je dirais que je suis sereine, répondit Lexa. Je sais juste que j'ai hâte que tout ça se termine…

Le jour J était enfin arrivé. Celui qui la verrait confronter Nia Queen.

Et, même si seulement vingt-quatre heures étaient passés depuis que leur plan était lancé, Lexa avait l'impression qu'une éternité s'était écoulée.

Elle n'avait pas fermé l'œil de la nuit, torturée par sa dernière discussion avec Clarke et tout ce qui pouvait mal se passer durant cette journée.

Alors, lorsque l'aube avait fait son apparition et le nouveau jour avec, un sentiment de détermination l'avait gagné.

Qu'importe ce qui pouvait se passer, une chose était certaine pour Lexa, elle ferait tout pour que Nia Queen ne finisse pas cette journée en tant que femme libre.

- Tout va bien se passer, tenta de la rassurer Octavia.

Elle n'en savait rien mais Lexa apprécia l'effort. Elle lui adressa donc un petit sourire avant de jeter un nouveau regard – surement le dixième depuis que Raven l'avait immobilisée – en direction du canapé où étaient assises sa mère, Anya et Costia.

Elles discutaient toutes les trois et, au vu des bribes de conversations que Lexa pouvait entendre, elles parlaient également de Nia et de leur plan. Mais elle n'écoutait pas vraiment ce qu'elles étaient en train de se dire, son attention, complètement focalisée sur la personne qui avait disparu depuis plusieurs minutes.

Clarke.

Depuis leur conversation de la veille, elles n'avaient échangé que quelques mots, lorsque Clarke avait dit qu'elle rentrerait à l'hôtel avec son père, prétextant le déposer à l'aéroport le lendemain matin. Lexa l'avait de nouveau prise en aparté pour lui dire qu'elle irait elle dormir chez Anya. Elle avait su que c'était sa présence et leur conversation qui avait amené Clarke à vouloir s'en aller.

- Inutile, lui avait immédiatement répondu Clarke. Je n'ai pas dormi ici depuis que –

Elle s'était interrompue, avait esquissé un sourire sans joie puis avec fini sa phrase en disant « depuis une éternité ».

- J'étais chez Raven, avait-elle ajouté. Mais j'en ai discuté avec mes parents et je pense que je vais garder leur chambre d'hôtel en attendant de trouver une solution plus permanente.

Et Lexa s'était retenue de toutes ses forces de ne pas contester. De ne pas lui crier de rester.

De ne pas lui rappeler que cet appartement était tout autant son foyer que le sien.

C'était leur foyer.

Elle avait eu l'impression de revenir un an en arrière, lorsque Clarke avait quitté leur appartement après toutes les incompréhensions et les non-dits qui avaient failli détruire leur relation.

Sauf que cette fois-ci, Lexa réalisait que ce n'était pas l'incompréhension qui était responsable de leur situation.

Non, c'était elle.

Tout simplement.

Donc elle n'avait rien dit et avait regardé, impuissante, Clarke s'en aller avec son père.

Et jusqu'à ce qu'elle refasse son apparition le matin même, Lexa n'avait cessé de se demander si elle allait revenir.

Tout comme elle était en train de se demander si Clarke n'avait pas fini par décider de s'en aller, ce qui expliquerait son absence actuelle.

Cette pensée amena son cœur à se serrer mais elle savait que si Clarke avait réellement décidé de partir, elle ne pouvait pas vraiment lui en vouloir.

C'était déjà incroyable qu'elle soit restée à ses côtés jusque-là.

- Elle est juste parti appeler son père, lui dit Octavia qui semblait lire dans ses pensées.

Jake était arrivé à Los Angeles et, d'après les dernières informations que Roan lui avait communiqués, Lexa savait qu'il était dorénavant en compagnie de ce dernier avec lequel il s'apprêtait à se lancer dans la récupération du disque dur de Nia qui, elle-même, était sur le point d'atterrir à New-York.

Raven installait son micro, Lincoln s'occupait des derniers détails de l'opération avec son équipe et Lexa attendait le signal de ce dernier pour se rendre à Azgeda Corp. où Nia attendait la visite de Titus.

En somme, pour le moment leur plan se déroulait exactement comme ils l'avaient prévu.

- J'en déduis que votre conversation d'hier ne s'est pas passé comme on aurait pu l'espérer? s'enquit Raven sans lever les yeux vers elle.

Elle tapota plusieurs fois contre le micro fixé puis jeta un coup d'œil à un de ses écrans d'ordinateur en fronçant des sourcils d'un air concentré.

- Je ne sais même pas ce que j'aurais pu espérer, répondit doucement Lexa. Elle a toutes les raisons du monde de m'en vouloir.

- Complètement, affirma Octavia. Il faut reconnaitre que tu as sacrément merdé.

- Royalement merdé, renchérit Raven.

Lexa acquiesça lentement avant de détourner le regard penaudement.

- Ça ne veut pas dire qu'elle ne finira pas par te pardonner, poursuivit Octavia.

Lexa reporta son attention sur sa meilleure amie et vit le sourire réconfortant qu'elle lui adressait. Sourire qu'elle ne méritait pas. Tout comme toute la sympathie et le soutien qu'elle recevait de la part de tous ses proches depuis son retour.

Et c'était exactement ce qu'elle voulait répondre à Octavia. Elle voulait lui dire qu'elle ne méritait pas le pardon de Clarke, tout comme elle ne méritait pas le leur.

Mais elle ne pouvait pas prononcer ces mots. Ils seraient juste égoïstes et ingrats.

Non, elle ne méritait pas le soutien de ses proches après tout ce qu'elle avait fait. Mais ils le lui donnaient malgré tout et ne pas l'accepter reviendrait, une nouvelle fois, à passer outre leurs choix.

Et elle ne voulait plus faire la même erreur.

Alors elle leur devait d'accepter leur soutien. Elle leur devait d'en être reconnaissante.

Elle leur devait de tout faire pour arranger la situation. Elle leur devait de corriger ses erreurs, de devenir une personne meilleure.

Et ce n'était pas en s'apitoyant sur son sort et en se plaignant de ne pas les mériter qu'elle réussirait.

Il n'y avait qu'un seul pas entre s'excuser et se victimiser. Et il était hors de question qu'elle bascule dans la seconde catégorie.

- Terminé! déclara Raven en mettant une bourrade sur le haut de la poitrine de Lexa. Tu peux te rhabiller Romeo!

- Tout est bon? demanda Lexa en commençant à reboutonner sa chemise. Tu es sûre qu'il passera inaperçu?

- Yep! Le micro fonctionne et est complètement indétectable, foi de Raven Reyes! assura Raven.

Lexa lui adressa un regard incertain qui l'amena à se justifier un peu plus.

- Roan nous a fait suivre les données sur les différentes protections qu'ils ont, lui dit-elle. Je peux donc t'assurer que ce petit bijou réussira à passer leurs différentes sécurités, que ce soit leurs détecteurs de métaux ou leurs brouilleurs… Il ne te reste donc plus qu'à aller voir la Méchante Sorcière et lui faire avouer tous ses vilains petits secrets.

Lexa esquissa un petit sourire.

- Je savais que tu étais un génie mais je n'avais jamais vraiment réalisé à quel point, lui dit-elle. Merci Rae.

Son regard passa d'elle à Octavia et son sourire s'agrandit légèrement.

- Sincèrement, je ne sais pas ce que je ferais sans vous, leur dit-elle d'une petite voix.

- Des conneries, répondit Raven avec un sourire facétieux. Plein de conneries. Comme peuvent le prouver tes derniers choix.

Lexa laissa échapper un léger rire malgré elle avant de secouer la tête. Raven attendit qu'elle termine de refermer sa chemise avant de poser ses mains sur ses épaules et de la regarder droit dans les yeux.

- Tu sais sans qui aussi tu continuerais de faire plein de conneries? s'enquit-elle. Notre blondie préférée. Celle dont tu es éperdument amoureuse.

Le rire de Lexa s'évanouit et elle se retrouva à déglutir difficilement.

- Donc, quand tu en auras terminé avec la grande méchante de ton histoire, tu as intérêt à tout faire pour la reconquérir, poursuivit Raven. Parce qu'il est hors de question que je vive dans un monde où le Clexa n'existe plus. Compris?

Lexa lui répondit par un acquiescement avant d'esquisser un mince sourire.

- Pour ça, il faudrait qu'elle veuille encore de moi, lui fit-elle remarquer.

- Crois-moi, elle veut encore de toi, lui assura Octavia. Elle n'aurait pas fait tout ce qu'elle a fait pour t'aider si elle n'était pas encore amoureuse de toi… Mais tu lui as brisé le cœur, Lex. C'est normal qu'elle ait besoin de temps.

Une fois encore, Lexa resta silencieuse. Elle ne savait pas quoi répondre. Parce qu'elle ne savait pas si elle croyait réellement ce que lui disaient ses amies.

Elle voulait y croire.

Plus que tout au monde.

Elle voulait croire qu'il pouvait exister une possibilité, même si elle était infime et dérisoire, qu'un jour Clarke puisse lui pardonner. Qu'un jour, elle veuille lui redonner une chance, redonner une chance à leur histoire.

Mais, là aussi, elle avait l'impression de ne pas le mériter.

- Lexa! l'interpella Anya, lui évitant ainsi d'avoir à répondre quoi que ce soit à ses amies.

Lexa porta son attention sur sa cousine et vit qu'elle s'était levée du canapé, sa mère et Costia également, et qu'elles s'approchaient toutes les trois d'elles.

- Lincoln vient de m'écrire, lui dit-elle. Tout est prêt.

Lexa lui adressa un petit acquiescement.

- Je monte récupérer une veste et j'arrive, répondit-elle en commençant à s'avancer en direction des escaliers qui menaient à sa chambre.

Mais avant qu'elle ne commence à les gravir, sa mère l'interpella, l'amenant ainsi à s'immobiliser. Elle la vit s'approcher d'elle, le visage fermé.

- Qu'est-ce qui se passe? demanda Lexa, inquiète.

Si sa mère arborait une expression aussi grave ce n'était pas anodin. Peut-être qu'une nouvelle information venait de lui parvenir et risquait de tout changer? Peut-être que Titus les avait trahi? Peut-être que Nia avait appris la vérité?

Une multitude de questionnements lui vint immédiatement en tête et elle attendit avec appréhension que sa mère lui répondre. Ce que cette dernière semblait hésiter à faire.

- Je n'aime pas l'idée de te voir aller seule confronter Nia, lui dit-elle finalement.

Et Lexa se retrouva à la fixer d'un air déconcerté.

C'était tout? Elle était seulement inquiète pour elle?

Décidément, elle ne réussirait surement jamais à s'habituer à cette nouvelle version de sa mère. Celle qui amenait une relation tout autre que professionnelle. Celle qui pouvait amener sa mère à s'inquiéter pour elle et non pas pour la PDG de Woods & Co.

Elle laissa échapper un petit soupir de soulagement puis esquissa un mince sourire.

- J'ai géré des confrontations beaucoup plus houleuses que celle-ci, lui dit-elle d'un ton qu'elle espérait rassurant.

Mais sa mère ne semblait pas convaincue car elle fronça un peu plus les sourcils et lui dit:

- Je ferais peut-être mieux de venir avec toi.

- Tu sais que je dois y aller seule, lui répondit-elle. Elle ne parlera jamais devant toi. Et puis, Raven a besoin de toi ici.

- Oui mais –

- Maman, tu es la seule qui saura quelles sont les informations à faire fuiter à la presse, l'interrompit Lexa.

Maman.

Elle l'avait encore dit.

Et ce fut ce qui sembla convaincre Mme Woods qui, malgré elle, se retrouva à acquiescer.

- Ne t'inquiète pas, tout va bien se passer. Et puis Indra sera avec moi…

- Tu t'apprêtes à rentrer dans la fosse aux lions, rétorqua Mme Woods. Je ne peux faire autrement que de m'inquiéter.

- La seule chose qui se trouve dans cette fosse c'est un chat qui miaule, dit Lexa avec un petit sourire.

Mais Mme Woods, elle, n'eut aucune envie de sourire.

- Tu ne devrais pas sous-estimer Nia de cette manière, lui dit-elle.

- Je ne la sous-estime pas, assura Lexa.

Elle ne savait pas comment expliquer à sa mère que, même si elle était nerveuse, elle se sentait en confiance. Leur plan, leur présence, la mettait en confiance. Mais ce n'était pas pour autant qu'elle était négligente.

Au contraire, elle était pleinement concentrée. Complètement focalisée. Et elle n'avait aucune intention de se mettre en péril en sous-estimant quoi que ce soit. Encore moins Nia Queen.

- Nia ne se mouille jamais, déclara-t-elle lentement. Je sais donc qu'elle ne tentera rien parce qu'elle fait toujours faire son sale boulot par quelqu'un d'autre. Sauf qu'aujourd'hui elle perdra toute son influence, tous ses alliés et elle ne représentera plus la moindre menace pour qui que ce soit…

Mme Woods la fixa longuement avant de finir par opiner de la tête.

- Bien, concéda-t-elle. J'ai également confiance en ton discernement.

Lexa ne put s'empêcher d'esquisser un nouveau sourire à l'entente des mots.

Elle ne réussirait peut-être jamais à se faire à cette nouvelle proximité entre elles mais elle devait reconnaitre qu'elle l'appréciait énormément.

Si elle était complètement honnête avec elle-même, elle dirait même qu'elle l'affectionnait.

- Je ferais mieux de me dépêcher, déclara-t-elle après quelques secondes en indiquant d'un signe de tête les escaliers.

Elle prit donc congés auprès de sa mère et s'empressa de monter les marches qui menaient à sa chambre pour récupérer une veste.

Elle arriva dans la pièce et se retrouva à s'immobiliser avant même d'avoir esquissé le moindre geste en direction du dressing.

Parce que Clarke était là.

Assise sur le lit, cette dernière se redressa immédiatement lorsqu'elle vit Lexa.

Elle avait tellement été perdue dans ses pensées qu'elle ne l'avait pas entendu monter. La conversation téléphonique avec son père l'avait inconsciemment mené jusqu'à la chambre et ce n'était que lorsqu'elle avait raccroché qu'elle avait réalisé où elle se trouvait.

Elle était donc restée de longues minutes à observer la chambre, cette chambre qui représentait tellement de choses pour elle.

Pour Lexa et elle.

Elle avait été leur forteresse. Leur sanctuaire.

Celui où elles avaient partagé tellement. Leurs secrets, leurs peurs, leurs joies.

Leur amour.

C'était leur endroit à elles. Rien qu'à elles.

Et maintenant?

Clarke ne savait plus ce qu'il en restait.

Alors elle était restée assise là, sur le lit, celui où Lexa et elle avaient fait l'amour des centaines de fois, celui où Lexa et elles s'étaient endormies dans les bras l'une de l'autre des centaines de nuits, celui qui avait été témoin de centaines de confessions, de centaines de conversations à cœur ouvert sur l'oreiller.

Et comme des centaines de fois par le passé, Clarke s'était retrouvée à se demander comment elles avaient pu en arriver là…

- Je suis désolée, je ne savais pas que tu étais là, s'excusa Lexa de manière incertaine, la ramenant ainsi à l'instant présent. Je – hum – je suis juste venue récupérer une veste.

- Pas de problème, répondit Clarke avec un mince sourire poli. J'étais au téléphone avec mon père. Il m'a d'ailleurs demandé de te dire qu'ils étaient prêts.

- Oui Roan m'a envoyé un message, dit Lexa. Lincoln est également prêt, il nous attend.

Clarke acquiesça. Et un silence s'installa durant lequel elles ne se quittèrent pas du regard.

- Tu es prête à assister à mes talents d'actrice qui rendrait jaloux n'importe qui à Hollywood? demanda d'un ton léger Lexa dans l'espoir de détendre un peu l'atmosphère.

Mais sa tentative se révéla désastreuse car elle ne réussit même pas à arracher un sourire à Clarke qui continuait de la dévisager sans rien dire.

Le sourire de Lexa s'évanouit et elle se retrouva à la regarder avec cette sensation de douleur horrible et familière au creux de la poitrine.

Tout ce qu'elle avait de plus précieux, tout ce qu'elle aimait le plus au monde, se trouvait face à elle.

Et elle n'avait qu'une envie, c'était de traverser la pièce et de la toucher. Elle voulait la prendre dans ses bras, la sentir contre elle.

Elle voulait se pencher vers elle, se laisser envoûter par son parfum unique et capturer ses lèvres entre les siennes comme elle en rêvait depuis des semaines.

Et elle devait littéralement se forcer à ne pas le faire. Elle avait l'impression de puiser au plus profond d'elle-même pour ne pas céder à cette envie viscérale qui résidait en elle.

Parce qu'elle n'avait plus le droit.

Et elle ne savait pas si elle l'obtiendrait de nouveau un jour.

- Je sais que je ne te l'ai pas vraiment dit jusqu'à maintenant mais je suis vraiment reconnaissante pour tout ce que tu as fait pour moi, déclara-t-elle en s'éclaircissant la voix pour tenter de faire disparaître l'émotion qui venait de la gagner.

Elle s'efforça d'esquisser un petit sourire.

- Sans toi, je n'aurais jamais eu la force de faire ce qu'il fallait. Je n'aurais jamais pris conscience des choses…

Elle ne savait peut-être pas ce que leur réservait l'avenir mais elle savait une chose à l'instant présent, c'était qu'elle serait complètement perdue sans Clarke. Et elle trouvait important que cette dernière le sache.

Clarke esquissa un petit sourire morne à l'entente des mots avant d'acquiescer de manière presque imperceptible.

- J'aurais aimé que tu me fasses confiance avant, prononça-t-elle doucement.

Lexa ne répondit pas immédiatement. Elle perdit son sourire et se retrouva à la fixer en serrant la mâchoire, le sentiment de regret qui avait élu domicile en elle depuis des semaines se faisant une nouvelle fois ressentir.

- J'ai toujours eu confiance en toi, Clarke, lui assura-t-elle dans un murmure. Plus qu'en n'importe qui d'autre…

On pouvait entendre la conviction dans sa voix, la certitude qui ne laissait aucun doute sur la véracité des mots.

- Je voulais juste…

- Me protéger, termina Clarke pour elle. Je sais.

Un nouveau silence s'installa durant lequel elles continuèrent de se regarder.

Elles étaient là, l'une face à l'autre, avec toujours la même sensation qu'un énorme fossé se trouvait entre elles.

Chacune n'avait qu'une envie, c'était de rejoindre l'autre côté. Mais aucune des deux ne savait comment faire.

- J'aurais dû faire les choses autrement, dit Lexa après quelques secondes. J'aurais dû te dire la vérité dès le début…

- Ce qui est fait est fait, lui répondit Clarke de but en blanc. On ne peut pas revenir en arrière. On ne peut pas changer ce qui s'est passé.

Elle prononça ces mots d'une voix beaucoup plus dure qu'elle ne l'aurait voulue et le regretta immédiatement.

Son amertume était toujours là. Elle était omniprésente. Mais elle n'était pas le seul sentiment qu'elle ressentait.

Elle ressentait une multitude de choses pour la personne qui se trouvait face à elle.

Du ressentiment, de la peur, du manque, de la tendresse, de l'inquiétude, de la colère.

De l'amour.

Un besoin presque viscéral de traverser la pièce et de s'engouffrer dans ses bras pour ne plus jamais les quitter.

Elle était toujours aussi perdue, toujours aussi confuse.

Elle en voulait à Lexa et, en même temps, elle voulait la protéger.

Elle était en colère contre elle et en même temps inquiète pour elle.

Mais, dans tout ce micmac de sentiments, il y avait une chose qu'elle savait, c'était que, là maintenant, à cet instant précis, Lexa n'avait pas besoin de toute cette confusion.

Elle s'apprêtait à aller confronter Nia, il fallait qu'elle reste complètement focalisée là-dessus.

Clarke s'efforça donc d'esquisser un petit sourire qu'elle espérait rassurant et lui dit:

- Le plus important c'est que cette garce soit arrêtée. Pour le reste… On verra plus tard.

Lexa continua de la fixer sans répondre.

Il y avait tellement de choses qu'elle voulait lui dire. Tellement de choses qu'elle voulait lui communiquer.

Mais, là aussi, elle n'avait pas le droit de forcer les choses.

Alors elle se contenta d'acquiescer.

Et Clarke acquiesça à son tour. Et elles se retrouvèrent une nouvelle fois à se regarder sans rien dire, leurs yeux prenant une nouvelle fois les rênes de leur communication.

Et ils semblaient le faire tellement mieux que leurs mots.

- Lexa! scanda la voix étouffée d'Anya à l'étage inférieur. Il faut qu'on y aille!

Lexa ignora sa cousine et continua de dévisager Clarke.

- Le devoir t'appelle, lui dit cette dernière avec un mince sourire en rompant le contact visuel. On ferait mieux d'y aller.

Elle n'attendit pas de réponse et passa devant Lexa pour quitter la pièce.

Et cette dernière ne put s'empêcher de la suivre du regard tandis qu'elle s'éloignait une nouvelle fois d'elle.


- Ils sont très bien réalisés, déclara Indra à l'adresse de Lexa. D'une précision comme on en voit rarement.

Elles se trouvaient toutes les deux à l'arrière d'une limousine qui les amenait à Nia. Lexa, qui regardait par la fenêtre, se tourna vers Indra pour voir de quoi elle parlait et vit qu'elle étudiait attentivement des plans d'Azgeda Corp.

- C'est Octavia qui les a travaillé, lui répondit-elle avant de reporter son attention sur le paysage qui défilait à travers la fenêtre.

- Il s'agit là d'un travail de professionnel, dit Indra.

- Octavia travaille pour Wonkru Security, l'informa distraitement Lexa, déjà concentrée sur la confrontation qui l'attendait. Bien sûr qu'il s'agit d'un travail de professionnel.

Indra huma tout en continuant de fixer les plans sous ses yeux avec intérêt.

- Vous pensez que vous pourriez m'organiser un rendez-vous avec cette Octavia? questionna-t-elle.

Lexa se figea légèrement avant de se tourner une nouvelle fois vers elle et de lui adresser un regard en fronçant des sourcils.

- Vous voulez la recruter?

- Je veux rencontrer la personne derrière ces plans, répondit Indra. Et si cette personne veut rejoindre mes équipes, je serais stupide de le refuser.

Lexa oublia momentanément Nia et esquissa un grand sourire fier.

Elle savait qu'Octavia avait travaillé très dur pendant des années pour arriver là où elle en était aujourd'hui. Elle avait dû mettre en suspend ses études plusieurs fois par faute de moyen, elle avait dû enchainer les petits jobs pour se les payer, refuser avec obstination l'aide de ses amies ou même de son frère et elle avait persévéré jusqu'à arriver là où elle se trouvait aujourd'hui.

Octavia avait réussi et entendre Indra le reconnaitre avait le don de rendre Lexa heureuse.

- C'est la première chose que j'organiserai lorsqu'on en aura terminé avec Nia, assura-t-elle sans se dépêtrer de son sourire.

- Madame, nous sommes arrivés, prononça son chauffeur Ed' tandis que la voiture s'immobilisait.

Lexa jeta un coup d'œil par la fenêtre et vit qu'effectivement ils se trouvaient devant le bâtiment d'Azgeda Corp. Elle attrapa son téléphone et composa le numéro de Lincoln.

- On y est, lui dit Lexa.

- Je sais, répondit Lincoln dans un rire. Je te rappelle que tu as un micro sur toi, cousine. Pour information, Octavia va être complètement extatique en apprenant qu'elle a réussi à impressionner la grande Indra Forest.

Lexa esquissa un sourire avant de retrouver rapidement son sérieux.

- Tout est en place de votre côté ? questionna-t-elle.

Elle avait envie de lui demander comment allait Clarke. Si elle se sentait bien, si elle n'avait pas peur. Mais sachant que cette dernière pouvait l'entendre, elle se retint et attendit sa réponse.

- Oui, lui répondit-il. On vient tout juste d'immobiliser notre van pas loin d'Azgeda et mes équipes sont prêtes à intervenir dès le moment où tu sortiras.

- Qu'est-ce que tu appelles pas loin d'Azgeda? répondit Lexa en sentant une légère appréhension la gagner.

- Disons que de là où on est, on aperçoit ta prétentieuse et luxueuse limousine, lui répondit Lincoln sur le ton de l'humour.

Mais Lexa n'esquissa pas le moindre sourire et commença à lancer des regards frénétiques autour d'elle à la recherche du Van.

- Vous ne devriez pas être aussi près Linc, lui dit-elle. Ça peut être dangereux.

- Détends-toi Lex, on est en parfaite sécurité, lui assura-t-il.

Lexa s'efforça de prendre une profonde inspiration pour se calmer. Mais elle détestait l'idée de les savoir aussi près de Nia. Elle se mordit l'intérieur de la joue et se focalisa sur son plan.

- Raven vient de m'informer qu'ils ont réussi à pirater l'ordinateur de Nia, déclara-t-elle.

- Oui, répondit Lincoln. Elle est en contact permanent avec Anya. Ils ne devraient pas tarder à divulguer les informations que tu as demandées sur le net.

- Il ne faut pas qu'elle oublie d'anti –

- D'antidater l'article, l'interrompit Lincoln. On sait. Ne t'inquiète pas, tout se déroule comme prévu pour le moment et on est là pour s'assurer que tout continue de se passer comme prévu pendant que tu es à l'intérieur.

- Je sais, répondit Lexa. C'est juste qu'à partir de maintenant, j'avance à l'aveugle…

Son téléphone se retrouverait brouillé dès le moment où elle pénétrera à l'intérieur du bâtiment et elle avait choisi de ne pas prendre le risque de porter une oreillette. Donc, hormis le micro que Raven avait posé sur elle, rien ne la reliait à l'extérieur.

Et même si son plan était bien ficelé, il fallait qu'il se déroule sans le moindre accro si elle voulait qu'il marche.

Elle n'avait qu'une seule chance pour qu'il marche.

- On assure tes arrières Lex, lui assura Lincoln.

- Je sais, répéta-t-elle.

Elle ferma les yeux et prit une profonde inspiration avant de les rouvrir.

- Il faut que j'y aille. Soyez prudents.

- Tu réalises que c'est toi qui t'apprête à pénétrer dans ce bâtiment, n'est-ce pas ? lui rappela Lincoln dans un rire.

- Tu sais très bien de quoi je parle, répondit Lexa le plus sérieusement du monde.

- Oui je sais, lui dit Lincoln en retrouvant son sérieux. Ne t'inquiète pas, tout se passera bien.

Même si elle savait qu'il ne la voyait pas, Lexa acquiesça. Après quelques mots de plus échangés, elle raccrocha puis se tourna vers Indra.

- Allons-y, lui dit-elle en ouvrant la portière de son côté pour sortir.

Lincoln, quant à lui, esquissa un mince sourire en raccrochant avant de se tourner vers la personne qui se trouvait à côté de lui et qui avait suivi toute la conversation à travers le casque qui se trouvait sur ses oreilles.

- Tu sais qu'elle parlait de toi? s'enquit-il.

Clarke retira son casque en fronçant des sourcils d'un air interrogateur.

- Lorsqu'elle m'a dit que je savais de quoi elle parlait, précisa Lincoln. C'était de toi qu'elle parlait. Elle nous a fait jurer à Anya et moi de te garder en sécurité.

Lexa s'apprêtait à aller confronter sa pire ennemie et la chose qui la préoccupait c'était une nouvelle fois sa sécurité à elle, réalisa Clarke. Et cette pensée amena une chaleur à envahir sa poitrine. Mais cette chaleur se retrouva rapidement en contradiction avec un nouveau sentiment d'amertume.

Après tout, c'était pour cette raison qu'elle avait rompu pour elle, n'est-ce pas? Pour la garder en sécurité.

Et autant Clarke aimait Lexa pour ça. Autant elle la détestait également pour ça.

Anya, qui se trouvait également dans la camionnette d'écoute avec eux, remarqua immédiatement le conflit qui se créa dans les yeux de Clarke à l'entente de l'information.

- Elle t'aime vraiment Clarke, lui dit-elle.

- Je sais, assura cette dernière. Je sais qu'elle m'aime…

- Quel est le problème alors? demanda Anya.

Ce qui amena Clarke à lui adresser un regard qui lui disait clairement « tu poses réellement la question? ».

- Tu connais la vérité maintenant, dit Anya. Tu sais qu'elle a fait tout ce qu'elle a fait pour toi! Pour te protéger!

Clarke ne répondit pas immédiatement. Elle baissa les yeux vers le casque qu'elle tenait entre ses mains et écouta pendant de longues secondes la voix étouffée de Lexa qui discutait avec Indra.

- Je n'arrête pas de me demander comment elle a pu m'abandonner aussi facilement, avoua-t-elle doucement. Même si elle avait de bonnes intentions, elle est juste… partie.

Elle avait beau tenter de comprendre la situation, elle avait beau essayer de la retourner dans tous les sens, elle était persuadée que si elle avait été à la place de Lexa, elle n'aurait jamais réussi à s'en aller. Et peut-être que c'était juste l'illustration de son égoïsme. Mais, malgré tout, elle ne pouvait s'empêcher de se répéter que, peu importe les raisons qui l'avaient poussé à le faire, Lexa avait décidé de s'en aller.

Et elle l'avait décidé seule. Sans lui en parler. Sans lui laisser le moindre choix.

- Dès qu'il y a une difficulté, ajouta-t-elle dans un murmure, elle fuit...

- Mais elle revient! s'exclama Anya. Elle finit toujours par revenir! Et tu n'attendais que ça, qu'elle revienne! Et maintenant qu'elle est là, quoi? Tu ne veux plus d'elle?!

Clarke redressa brusquement la tête et adressa un regard perçant à Anya.

- Je n'ai pas dit ça, répondit-elle légèrement agacée. C'est juste que –

Elle s'interrompit et détourna les yeux en soupirant.

- C'est juste que quoi? la pressa Anya.

- Je ne sais pas si mon cœur supportera de se retrouver brisé à chacune de ses fuites en espérant la voir revenir pour le panser, avoua doucement Clarke. Ce n'est pas sain…

Lincoln et Anya échangèrent un regard silencieux avant que cette dernière ne reporte de nouveau son attention sur Clarke.

- Est-ce que tu as remarqué que des choses avaient changé à l'hôpital? la questionna-t-elle.

Le changement abrupt de sujet amena Clarke à froncer de nouveau des sourcils d'un air confus.

- Quoi?

- Est-ce que tu as remarqué qu'il y avait eu des changements à l'hôpital? répéta Anya. Au niveau de la sécurité?

Les questions eurent le don d'accentuer un peu plus la confusion de Clarke, ce qui amena Anya à préciser un peu plus:

- Est-ce que tu as remarqué que des caméras de surveillance supplémentaires avaient été installées? Qu'il y avait plus d'agents de sécurité, notamment dans les parkings souterrains?

Clarke n'y avait jamais prêté attention.

Elle n'avait toujours pas racheté de voiture. Depuis son accident, elle se rendait à son travail en transports en communs. Donc elle n'avait pas encore eu l'occasion de retourner dans les parkings de l'hôpital. Mais pour tout le reste, maintenant qu'Anya lui en parlait, maintenant qu'elle y pensait, il était vrai qu'elle avait vu des installations de caméras se faire dans les différents étages de l'hôpital. Tout comme elle avait vu plus d'agents de sécurité dans les couloirs.

- Oui, répondit-elle donc.

- Et tu n'as pas remarqué que ça coïncidait avec ton retour à l'hôpital après ton accident? ajouta Anya.

- Où est-ce que tu veux en venir? demanda Clarke au lieu de répondre à la question.

En réalité, elle se doutait de ce qu'Anya essayait de lui dire.

La réponse lui semblait maintenant évidente.

- La première chose qu'elle a fait après son départ c'est augmenter la sécurité autour de toi, l'informa Anya. À l'hôpital mais aussi dans votre immeuble. Et si elle n'avait pas été aussi respectueuse envers toi, je pense qu'elle t'aurait même faite suivre. Et tu sais pourquoi? Parce que ton accident l'a vraiment traumatisé, Clarke.

Le cœur de Clarke sembla s'arrêter une fraction de seconde à l'entente des mots.

- Tu n'étais pas là quand je le lui ai annoncé, poursuivit Anya. Tu ne l'as pas vu à l'hôpital mais moi oui. Et je peux te jurer que je n'ai jamais vu ma cousine aussi effrayée, aussi dévastée qu'à ce moment-là. Elle a complètement perdu pied. Elle était en détresse totale. Et, je t'assure que je n'exagère pas en te disant que, si ce jour-là elle t'avait perdu, elle se serait perdue elle-même également…

Elle ponctua la fin de sa phrase par un soupir, les images de sa cousine à l'hôpital se rejouant dans sa tête.

Sa cousine, cette personne forte et solide, qui avait été sur le point de sombrer.

- Alors quand ce benêt de Bellamy est venu lui dire que c'était de sa faute, que tu méritais mieux que quelqu'un qui te mettait en danger, il l'a touché exactement là où ça faisait mal. Dans son esprit encore terrifié et traumatisé, elle réalisait que la seule et unique raison qui l'avait amené à presque perdre la personne la plus importante de sa vie, c'était elle… Donc elle a fait ce qu'elle pensait devoir faire pour être sûre de te garder saine et sauve, elle a supprimé l'élément qui te mettait en danger.

Clarke ouvrit la bouche pour contester mais Anya ne lui en laissa pas le loisir.

- C'est complètement idiot, je sais, lui assura-t-elle. Elle t'a fait plus de mal qu'autre chose en te quittant, je le sais je t'assure. Et je ne cherche pas à l'en dédouaner… J'essaye juste de t'expliquer que dans l'état dans lequel elle était, l'état de choc, l'état de traumatisme, elle était dans l'incapacité de prendre une décision censée…

Elle pencha la tête légèrement sur le côté pour tenter d'accrocher le regard de Clarke mais cette dernière mettait un point d'honneur à ne pas la regarder. Elle fixait l'écran face à elle qui montrait l'extérieur du bâtiment d'Azgeda Corp. dans lequel Lexa pénétrait à l'instant même.

- Lexa est la personne la plus intelligente mais aussi et surtout la plus censée, la plus raisonnée, que je connaisse, poursuivit Anya. Elle réfléchit toujours à deux fois avant de prendre une décision. Elle cherche toujours les meilleures solutions. Et elle est douée pour ça... Mais quand on en vient à toi Clarke, elle perd toute rationalité. Quand on en vient à toi, elle ne réfléchit pas. Elle ressent, c'est tout. Et elle ressent fort.

Clarke finit par tourner la tête vers Anya au moment où cette dernière ajouta:

- Il faut se rendre à l'évidence, son père avait raison. Tu es sa faiblesse.

Un sentiment nauséeux apparut au creux de sa poitrine. Le même qu'elle ressentait à chaque fois qu'elle entendait ces mots.

Et comme à chaque fois, elle n'avait qu'une envie c'était de les faire ravaler à la personne qui les avait prononcés.

- Mais tu es sa force aussi, lui assura Anya avant que Clarke ne puisse dire quoi que ce soit. Tu es celle qui a le pouvoir de la faire sombrer mais tu es aussi celle qui l'aide à se relever. Et à se relever en étant encore plus forte qu'elle ne l'était. Et je pense qu'elle représente la même chose pour toi…

- Tu ne sembles pas réaliser la puissance de l'amour que Lexa te porte, déclara Lincoln qui était resté volontairement silencieux jusqu'à maintenant.

Anya était celle des deux qui connaissait le mieux leur cousine. Mais s'il y avait bien une chose que Lincoln savait sur Lexa, s'il y avait bien une chose qu'il comprenait et qu'il réalisait, c'était l'amour qu'elle portait à la femme à côté de lui.

- Et un amour aussi puissant amène obligatoirement son lot de souffrances avec lui, ajouta-t-il. C'est nécessaire pour maintenir l'équilibre des choses…

Clarke avait toujours vu l'amour, le vrai amour, comme un oxymore.

La représentation même d'une chose et son contraire.

L'amour pouvait être obscur et lumineux à la fois. Il pouvait être source de chagrin et de bonheur.

De faiblesse et de force.

Et peut-être que Lincoln avait raison. Peut-être qu'il s'agissait là d'un simple équilibre des choses.

Mais il n'empêchait que cet équilibre pouvait se montrer des plus douloureux.

- Je l'aime aussi, déclara-t-elle d'une voix brisée. Tellement.

Et elle ne réalisa qu'à ce moment-là qu'elle pleurait. Chose qu'elle s'était interdite de faire depuis que Lexa l'avait retrouvé et lui avait avoué toute la vérité.

- Et c'est justement parce que je l'aime autant que je n'arrive pas à passer l'éponge, ajouta-t-elle dans un sanglot.

Lincoln ouvrit la bouche pour répondre mais il fut rapidement interrompu par la voix de Lexa qui s'éleva de manière plus forte que précédemment dans leurs différents casques.

- Je suis là pour voir Nia, l'entendirent-il prononcer.

Ils se figèrent tous les trois, et d'un commun accord du regard, ils décidèrent de mettre leur conversation en suspens. Ils remirent donc tous les trois leurs casques et se concentrèrent sur ce qu'il se passait.

- Vous n'avez pas de rendez-vous, Mlle Woods, dit l'hôtesse d'accueil à l'adresse de Lexa.

- Je pense que Nia ne s'en offusquera pas lorsqu'elle saura pourquoi je suis là, lui répondit Lexa d'une voix qui indiquait clairement qu'elle n'avait aucun intérêt à la défier plus.

L'hôtesse la fixa d'un air incertain avant d'attraper son téléphone et de passer un appel. La conversation téléphonique ne dura que quelques secondes. Lexa regarda l'hôtesse acquiescer tout en prononçant plusieurs fois « bien Madame » avant de raccrocher et de se lever de son siège.

- Si vous voulez bien me suivre, Mlle Woods, lui dit-elle en faisant le tour de son bureau.

Lexa échangea un regard avec Indra avant de s'exécuter et de s'avancer en compagnie de sa cheffe de sécurité à la suite de la jeune femme qui les guida à travers un long et austère couloir.

À l'image même de tout ce qui se trouvait dans ce bâtiment.

- Alexandria, prononça la voix qu'elle détestait par-dessus tout. Que me vaut donc ce plaisir?

Lexa porta son attention sur Nia et la vit s'avancer vers elle en arborant un sourire loin d'être amical.

- Je voulais vous parler, répondit Lexa. Je me suis donc permise de prendre la place de Titus pour votre rendez-vous de dix heures.

- Titus? s'enquit Nia avec un petit froncement de sourcils.

Lexa esquissa un petit sourire à son tour.

- Inutile de faire semblant Nia, lui dit-elle. Je sais que vous travaillez avec lui. J'admets que réussir à amener un de mes plus proches conseillers à me trahir était bien joué…

- Jusqu'à ce qu'il se fasse attraper, il faut croire, répondit Nia. A moins qu'il ne se soit vendu lui-même.

Pendant une fraction de seconde, Lexa hésita.

Elle hésita à répondre par l'affirmatif. Elle hésita à trahir sa parole auprès de Titus comme lui avait pu le faire avec elle.

Elle hésita à le vendre et le laisser en subir les conséquences.

Mais elle n'en fit rien et hocha négativement la tête avant de répondre :

- En réalité, il pense toujours que je ne suis au courant de rien et que vous avez tout simplement annulé votre rendez-vous.

Titus l'avait peut-être trahi mais il ne lui avait pas fait autant de mal que la personne qui se trouvait face à elle. C'était Nia qu'elle voulait détruire. Il ne fallait pas qu'elle l'oubli.

- Mais heureusement pour moi et malheureusement pour vous, ajouta-t-elle, vous avez également été trahi…

- De quoi donc parles-tu très chère? s'enquit Nia.

Elle affichait toujours un air désinvolte mais Lexa voyait dans son regard que sa remarque ne la laissait pas aussi indifférente qu'elle espérait le montrer.

- Vous voudriez peut-être que nous poursuivions cette conversation dans un endroit plus privé? lui suggéra Lexa. A moins que vous ne souhaitiez que des oreilles indiscrètes entendent de nouveau ce que vous manigancez.

Elle vit Nia serrer la mâchoire en regardant autour d'elle pour voir l'attention de plusieurs de ses employés sur elles. Dès lors qu'elle croisa leurs regards, ils le détournèrent immédiatement, mais il était évident qu'ils écoutaient tout ce qui se passait.

- Allons dans mon bureau, concéda-t-elle froidement. Mais sans ton laquais, ajouta-t-elle en désignant Indra d'un signe de tête.

Cette dernière fit un pas en avant et ouvrit la bouche pour contester mais Lexa l'arrêta en levant la main dans sa direction.

- Bien, répondit-elle à l'adresse de Nia avant de se tourner vers Indra. Attendez-moi ici.

- Mais Mlle Woods – commença à objecter Indra.

- Ce ne sera pas long, assura Lexa avant qu'elle ne puisse ajouter quoi que ce soit.

Clarke sentit les battements de son cœur s'accélérer.

- À quoi elle joue?

- Ne t'inquiète pas, la rassura Anya. Elle sait ce qu'elle fait.

Mais Clarke s'inquiétait.

Et de plus en plus.

Elle ne pouvait pas s'en empêcher. Pas lorsque Lexa s'apprêtait à s'enfermer avec une sociopathe qui n'hésitait pas à user de tous les moyens pour arriver à ses fins.

Mais elle garda cette pensée pour elle et continua d'écouter attentivement ce qui se passait.

Lexa suivit silencieusement Nia jusqu'à une porte que cette dernière ouvrit pour la laisser entrer. Lexa regarda par-dessus son épaule et échangea un dernier regard avec Indra qui ne la quittait pas des yeux avant de pénétrer à l'intérieur de la pièce. Il s'agissait d'un immense bureau et, au vu du luxe et la froideur qui le composait, elle ne douta pas sur le fait qu'il s'agissait bien de celui de Nia.

Tandis qu'elle jetait un regard curieux autour d'elle, Nia rentra à son tour et referma la porte derrière elle.

- Bien Alexandria, déclara-t-elle d'une voix ferme en s'avançant jusqu'au bureau qui prônait au milieu de la pièce. Maintenant que nous sommes seules, si tu me disais ce que tu veux?

Elle fit le tour du bureau mais ne s'assit pas et resta debout face à elle. Lexa reporta son attention sur elle et vit le regard plein de défi qu'elle lui adressait.

- Je sais tout, se contenta d'elle de lui répondre.

Ce qui amena Nia à laisser échapper un rire sardonique.

- Voyez-vous ça! s'exclama-t-elle. Je ne sais pas ce qu'a pu te dire cet idiot de Titus mais je peux t'assurer que tu ne sais rien ma chère.

Elle ponctua la fin de sa phrase par un petit sourire moqueur. Un sourire qui voulait montrer à Lexa qu'elle était loin d'être inquiétée.

Et peut-être que Lexa aurait pu le croire si elle n'avait pas appris à lire aussi bien la femme face à elle.

S'il y avait bien une chose que Nia Queen n'avait jamais réussi à maitriser, c'était ses émotions. Et à cet instant, Lexa le voyait parfaitement à travers l'agitation qui se trouvait dans ses yeux.

Elle resta donc de marbre et, tout en détournant son regard de Nia pour déambuler dans la pièce et faire mine d'observer autour d'elle, elle répondit lentement:

- Titus ne m'a rien dit. Comme je vous l'ai dit, je n'ai même pas eu besoin de ses aveux pour savoir qu'il était la taupe…

Elle s'immobilisa devant un vase horriblement moche qu'elle fit mine d'étudier du regard.

- En réalité, poursuivit-elle d'une voix toujours aussi calme et factuelle, je ne m'en serais jamais douté si je n'avais pas moi-même été approchée par vos plus fidèles alliés.

Elle reporta son regard Nia au moment même où cette dernière perdit son sourire.

- De quoi est-ce que tu parles ? questionna Nia agressivement.

- Vous savez très bien de quoi je parle, lui répondit Lexa en se tournant pour lui faire de nouveau face.

Un silence suivit ses mots durant lequel elles continuèrent de se jauger du regard. Puis, Nia laissa échapper un nouveau rire mauvais.

- Non, ma petite Alexandria, je ne vois pas de quoi tu parles, lui dit-elle. Mais je t'avoue que ton état m'inquiète un peu. Tu es sûre que tout va bien? Avec tout ce que tu as vécu, ce doit être compliqué à gérer pour toi. Tes nerfs sont peut-être en train de lâcher?

- Les Wallace vous ont vendu, déclara Lexa en ignorant ses remarques.

La colère qu'elle avait réussi à mettre en veilleuse jusqu'à maintenant refit son apparition mais, pour le moment, elle réussissait à la canaliser.

- Ils m'ont appris toute la vérité, poursuivit-elle d'une voix toujours aussi stoïque, toujours aussi dépourvue d'émotion. Concernant l'accident de mon père qui n'en était pas un. Concernant également le projet de Coalition que vous avez voulu saboter en tentant de tuer ma petite-amie.

Cette fois-ci, elle ne réussit pas à dissimuler l'animosité derrière ses mots. Elle ne réussit pas à cacher la haine dans son regard, surtout lorsqu'elle vit le visage de Nia se décomposer, non pas de culpabilité mais de rage.

- Tu mens! s'exclama Nia. Ils ne m'auraient jamais trahi et surtout pas pour toi!

- Oui enfin… vous les avez quand même trahi la première, lui fit remarquer Lexa.

Cette fois-ci, Nia se figea complètement de surprise. Et Lexa savait qu'elle venait de retourner complètement la situation à son avantage.

Depuis qu'elle était rentrée dans le bureau, Nia avait tenté de s'avancer et de la pousser petit à petit dans ses retranchements. Mais Lexa venait de récupérer la balle et le jeu s'en retrouvait basculé.

L'offensive était désormais à elle.

- Quoi? prononça Nia.

Lexa prit quelques secondes pour se remettre dans son rôle et occulter de nouveau toute émotion, tout sentiment qu'elle pouvait ressentir.

Il était indispensable qu'elle suive le plan à la lettre, qu'elle prononce les mots qu'il fallait de la manière exacte qu'il fallait.

- D'après eux, vous êtes celle à l'origine de ces articles, déclara-t-elle. Donc ils n'ont pas vraiment éprouvé de remords lorsqu'ils sont venus me voir.

- Articles? répéta Nia. Quels articles?

- Ceux qui sont parus hier et qui accusent les Wallace de nombreux faits très fâcheux, lui répondit Lexa.

Puis elle fit mine de froncer des sourcils d'un air dubitatif face à l'incompréhension qu'affichait Nia et ajouta:

- Vous voulez réellement me faire croire que vous n'êtes au courant de rien? Alors qu'il s'agit du sujet dont tout le monde parle depuis hier?

En réalité, elle savait très bien que Nia n'était au courant de rien. Parce que ces fameux articles n'existaient même pas il y a quelques minutes.

Raven était censée publier, à l'aide de sa mère et à travers plusieurs des plus grands journaux du pays, une multitude d'articles incriminant les Wallace avec les preuves qu'ils avaient pu trouver sur le disque dur de Nia et ce, dès le moment où Lexa serait en compagnie de cette dernière.

Ce qui ne leur avait laissé que très peu de temps pour les préparer et les antidater et ainsi donner l'impression qu'ils avaient été publiés la veille. Ainsi, cela corroborait le fait que les Wallace croient que Nia les avait trahi et qu'ils soient venus voir Lexa pour lui proposer une alliance.

Et, tandis que Nia attrapait son téléphone portable surement pour vérifier ce qu'elle lui avançait, elle se retrouva à prier que Raven ait réussi.

- Qu'est-ce que c'est que cette histoire?! s'exclama Nia en parcourant son écran d'un regard plein d'agitation.

Lexa dû puiser au plus profond d'elle-même pour ne pas esquisser un sourire victorieux. Elle remercia intérieurement Raven pour son extraordinaire travail et reporta son attention sur la femme face à elle.

- Comme je vous l'ai dit, une histoire très fâcheuse pour les Wallace qui savent qu'il ne leur reste pas beaucoup de temps avant qu'ils soient arrêtés, répondit Lexa. Et ils ont bien l'intention d'utiliser ce peu de temps pour se venger de vous.

- Mais je n'ai rien fait! s'écria un peu plus Nia que Lexa sentait la panique gagner. Jamais je n'aurais dévoilé ces informations!

- Pourtant, selon leurs dires, la seule personne qui était en possession des informations qui figurent dans ces articles c'était vous, continua de bluffer Lexa. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'ils sont venus me voir. Ils espéraient qu'en m'apprenant toute la vérité sur ce qui s'était passé, j'accepterais de les aider et de m'allier à eux pour me venger de vous.

Nia fini par détourner le regard de son écran et le reporta sur Lexa.

- Pourquoi es-tu là alors? la questionna-t-elle sèchement. Pourquoi me dis-tu tout ça?

- Parce que je veux vous aider, répondit simplement Lexa.

- M'aider? rigola Nia. Et tu penses réussir à me faire avaler ces inepties?!

- Je sais que vous avez tué mon père Nia, lui dit Lexa. Et je sais que, même s'ils m'ont dit le contraire, ils sont tout aussi impliqués dans son meurtre que vous. Si ce n'est plus. Donc quitte à choisir entre ceux dont j'ai toujours méprisé les activités et vous, avec qui j'ai toujours voulu travaillé, je préfère vous choisir vous…

Ses mots semblèrent interpeller Nia qui pencha légèrement la tête sur le côté, tout en continuant de l'observer.

- Es-tu en train de me proposer une alliance, Alexandria? demanda-t-elle d'une voix lente.

Lexa ne répondit pas immédiatement. Elle veilla à garder son regard ancré dans celui de Nia puis, avec un petit rictus, elle déclara:

- Disons qu'entre deux maux, je préfère choisir le moindre…

- Et qu'est ce qui me dit que tu n'es pas en train de me faire marcher? questionna Nia après quelques secondes.

- Je suis là, non? lui répondit Lexa. J'aurais pu ne pas venir et faire exactement ce qu'ils attendent de moi: me venger et vous mettre hors-jeu. Au lieu de ça, je suis là. Parce que je reste persuadée que nous pouvons travailler ensemble.

- Même si, comme tu l'as dit, j'ai tué ton père? rétorqua Nia.

Lexa sentit son souffle se couper. Mais elle tenta tant bien que mal de le cacher. Parce qu'elle savait que Nia attendait une réaction de sa part. Une réaction qui montrerait qu'elle était beaucoup plus affectée que ce qu'elle laissait paraître. Et si elle voulait des aveux, il fallait qu'elle continue de la jouer subtilement.

Donc, au lieu de répondre à sa question, elle prononça lentement:

- C'est donc vrai, vous l'avez tué...

Nia continua de l'observer pendant de très longues secondes sans rien dire.

- Vous savez Nia, à l'heure actuelle je suis votre seule chance contre les Wallace, déclara Lexa face à son silence qui se poursuivait. Si nous devons réellement nous allier vous et moi, je préférerais connaitre la vérité. La vraie. Pas celle qu'ils m'ont servie. Mais si vous préférez, je m'en vais et je vous laisse vous débrouiller directement avec eux...

Un nouveau silence suivit ses mots durant lequel Nia ne la quitta pas du regard. Et Lexa pouvait voir que, pour la première fois depuis qu'elle était entrée dans ce bureau, elle avait enfin réussi à amener l'autre femme à l'écouter.

- Elle est douée, commenta Lincoln avec un sourire en écoutant sa cousine. Très douée.

- Elle n'est pas la Commandante pour rien, dit Anya sans perdre un seul mot de la conversation qui se déroulait.

Clarke, elle, sentant un léger malaise la gagner, ne dit rien.

Elle savait que Nia Queen méritait tellement pire que ce qui l'attendait. Elle savait que cette femme était une mauvaise personne et que ce qui était en train de se passer n'était qu'un centième de ce qu'elle méritait.

Donc non, elle n'éprouvait aucun remord, aucune gêne face à ce qui se passait.

Au contraire.

La chose qui la perturbait c'était d'écouter Lexa.

Lexa, sa Lexa, sa douce Lexa, parler avec autant de froideur, autant d'apathie dans la voix, user d'autant de manipulation…

C'était déstabilisant…

Elle la connaissait. Elle savait que, dès lors qu'elle était face à quelqu'un en qui elle n'avait aucune confiance, elle affichait un masque de stoïcisme inébranlable.

Mais elle savait qu'il s'agissait seulement de ça: un masque. Un masque qui avait le don de lui briser le cœur à chaque fois qu'elle la voyait le vêtir.

Parce qu'elle savait qu'il représentait tout ce que Lexa détestait.

- Ton père avait pour projet de me mettre hors-jeu pour me prendre mon entreprise, finit par répondre Nia. C'était soit lui, soit moi. Je n'avais donc pas d'autre choix.

Lexa voulu rire à l'entente de sa dernière phrase. Elle comprenait maintenant pourquoi Clarke l'avait autant maudite lorsqu'elle le lui avait dit.

Peut-être que cette dernière avait raison finalement, peut-être qu'on avait réellement toujours le choix.

- Je ne le voulais pas, poursuivit Nia. Mais Dante Wallace m'a mis la pression pour que j'accepte, ce que j'ai fini par faire… Nous avons attendu qu'il perde la majorité à Woods & Co et nous avons causé son accident.

- Vous saviez qu'il y avait la clause d'hérédité, lui fit remarquer Lexa. Vous saviez que dans tous les cas, sa mort ne vous permettrait pas de mettre la main sur Woods & Co.

- C'est vrai, admit Nia. Mais nous pensions que nous pourrions très facilement nous débarrasser de toi. Je dois le reconnaitre, nous t'avons sous-estimé là-dessus.

Et vous continuez de le faire, pensa Lexa.

Elle serra du poing tandis que Nia prononçait les derniers mots d'un ton satisfait, comme s'il s'agissait d'un compliment pour lequel elle devait s'estimer fière de recevoir.

Et au vu du léger silence qui suivit, Clarke savait que ce devait être extrêmement compliqué pour Lexa d'écouter cette horrible bonne femme énoncer toutes ces choses de manière aussi détachée.

Et elle aurait aimé être avec elle. Elle aurait aimé être là pour elle.

- Et Titus? demanda Lexa.

- C'est lui qui est venu à moi, lui dit Nia. Il m'a informé de ton projet de Coalition et nous étions tous les deux d'accord pour dire qu'il s'agissait d'une mauvaise idée.

- La Coalition aurait aidé votre entreprise et vous le savez, répliqua Lexa.

- Surement, répondit Nia. Mais j'avais déjà une alliance avec Mount Weather que tu voulais mettre sur la touche. Et ils ont fait en sorte de bien me le rappeler. J'étais donc coincée.

Lexa remarqua que Nia faisait tout pour dépeindre les Wallace comme les véritables commanditaires. Ceux qui avaient les rênes et qui l'avaient forcé à faire toutes ces choses.

Elle ne savait pas s'il s'agissait là de la vérité ou si c'était seulement un moyen pour Nia de s'assurer qu'elle s'allierait réellement à elle. Mais ça n'avait aucune importance.

Ils étaient tous les trois responsables. Lexa le savait.

Elle savait qu'ils étaient tous les trois impliqués dans le meurtre de son père et dans l'accident de Clarke.

Elle ferait donc tout pour qu'ils plongent tous les trois.

Et dès lors que ce serait le cas, elle les laisserait se débrouiller entre eux et s'accuser mutuellement autant qu'ils le voudraient. Elle, elle n'en aurait plus rien à faire.

- Vous avez donc essayé de m'arrêter… poursuivit Lexa.

- Oui, répondit Nia. Il était nécessaire que l'on t'arrête par n'importe quel moyen. Titus a donc soumis l'idée que nous utilisions la seule chose susceptible de t'arrêter. Cette fille dont tu t'étais amourachée et pour laquelle tu n'avais pas hésité à tenir tête à ton père. Celle pour laquelle tu t'étais battu lors de votre gala annuel. Celle qui était à l'origine de ton retour à New-York. Ton talon d'Achille...

Les cœurs de Lexa et de Clarke semblèrent s'arrêter au même moment, comme s'ils ne faisaient qu'un.

Elle avait beau savoir tout ça, elle avait beau l'avoir compris depuis des semaines, Lexa eut l'impression de recevoir le même coup à la poitrine que lorsque Bellamy lui avait annoncé la nouvelle la première fois.

Et Clarke… Clarke ne sembla réaliser qu'à cet instant précis à quel point les ennemis de Lexa la voyaient comme sa faiblesse.

- Vous avez donc provoqué son accident, continua Lexa, pressant un peu plus Nia à poursuivre ses aveux.

On pouvait entendre dans sa voix un léger tremblement et elle savait qu'elle n'allait pas tenir longtemps encore avant d'oublier le moindre plan, le moindre rôle qu'elle devait jouer pour sauter à la gorge de la femme face à elle.

- Exactement, lui dit Nia. Nous savions que c'était le seul moyen de te faire quitter la réunion avant de signer la Coalition.

- C'est bon, on a tous ses aveux! s'exclama Lincoln dans son talkie-walkie à l'adresse de son équipe. Préparez-vous à l'assaut, dès lors que Lexa quittera le bâtiment, on procédera à l'arrestation!

- Bien, monsieur, lui répondit l'agent à l'autre bout du fil.

Lincoln se redressa rapidement de son siège et, tout en mettant sa veste d'un geste précipité, il se tourna vers Anya et Clarke.

- Je dois aller superviser l'opération, leur dit-il, je reviens dès que je peux.

Anya et Clarke lui adressèrent toutes les deux un acquiescement puis il s'en alla.

- Mais tu le sais déjà tout ça, n'est-ce pas? questionna Nia, ramenant ainsi l'attention de Clarke et Anya sur ce qui se disait à travers leurs casques. Tu le savais avant même que les Wallace ne viennent te voir, non? C'est pour cette raison que tu as suspendu la mise en place de ton alliance. C'est pour ça que tu as rompu avec ta chère et tendre et que tu as tenté une approche désastreuse auprès de ma fille…

Pendant une fraction de seconde, Lexa oublia le rôle qu'elle était en train de jouer et fixa Nia avec haine.

Parce que c'était exactement ce qu'elle ressentait pour la femme face à elle.

De la pure haine.

Et elle réalisa aussi à cet instant précis que, tout ce qu'elle avait fait pour protéger Clarke, s'était révélé complètement futile. Nia avait vu clair dans son jeu.

Mais, elle pouvait encore se rattraper. Elle pouvait encore faire en sorte de tromper l'autre femme. Et pour ça, il fallait qu'elle continue de jouer les insensibles.

Il fallait qu'elle continue d'être le Commandant.

Elle aurait juste voulu que la femme qu'elle aimait n'entende pas ce qu'elle s'apprêtait à dire.

- La seule raison qui m'a amené à repousser la Coalition est que je me suis rendue compte que j'avais trop précipité les choses, déclara-t-elle à l'adresse de Nia. Quant à ma rupture avec Clarke, la seule chose que m'a amené à réaliser cet accident c'était que notre histoire me prenait beaucoup trop de temps et d'énergie…

Une sensation nauséeuse gagna Clarke, ce que sembla immédiatement remarquer Anya.

- C'est faux ce qu'elle dit, tenta-t-elle de la rassurer. Elle fait juste marcher Nia.

- Je sais… répondit Clarke.

Elle le savait. Maintenant.

Mais il y avait quelques semaines, ces mots avaient représenté la vérité. Et elle avait du mal à s'en détacher complètement.

- Et pour Ontari, je vous signale que c'est elle qui m'a poursuivi, continua Lexa. Je n'ai fait que répondre à ses avances… Après tout, il n'existe pas meilleure alliance, n'est-ce pas?

Sa réponse amena Nia à esquisser un grand sourire machiavélique.

- Tu as raison, Alexandria, lui dit-elle. Nous pourrions être de véritables alliées…

- C'est ce que je m'obstine à essayer de vous faire comprendre, lui répondit Lexa.

- Et je commence enfin à le réaliser…

Son sourire s'agrandit légèrement et Lexa ressentit un puissant dégout la gagner.

- Mais avant tout, il faut que nous nous débarrassions des Wallace, déclara Nia. Et ce, avant qu'eux-mêmes ne tentent de se débarrasser de moi.

Lexa se demanda comment cette femme pouvait avoir aussi peu de scrupules. Ces hommes étaient ses alliés depuis des décennies et il ne lui avait fallu que cinq minutes pour retourner sa veste et les trahir. Sans chercher à creuser d'avantage, sans tenter d'arranger les choses.

Il lui avait suffi de trois faux articles et ils étaient de l'histoire ancienne pour elle.

Finalement Lexa avait parfaitement réussi à la cerner.

- Avec ce que vous avez publié, je pense que leurs jours sont comptés.

- Je ne suis pas à l'origine de ces publications, répondit sèchement Nia.

Lexa lui adressa un léger sourire.

- Si vous le dites…

Puis avant que Nia puisse de nouveau contester, elle s'empressa d'ajouter:

- Peu importe qui les a publiés, ce qui est important c'est que les Wallace pensent qu'il s'agit de vous. Il y a donc de grandes chances qu'ils passent à l'offensive très rapidement… Je vais tenter d'en savoir plus et je reviens vers vous.

- Dépêche-toi, la pressa Nia. Nous n'avons pas beaucoup de temps devant nous.

- Je sais, lui assura Lexa. Je fais mon possible.

Nia acquiesça et Lexa réalisa que ça y est.

C'était fini.

Elle avait réussi à avoir tous les aveux qu'il lui fallait et Nia pensait qu'elle était de son côté. Il lui suffisait donc de quitter le bâtiment pour que son arrestation ait lieu. Et Nia penserait que les Wallace étaient responsables.

Son plan s'était déroulé exactement comme elle l'avait prévu.

Elle s'avança donc en direction de la porte et esquissa un geste vers la poignée.

Cependant, avant qu'elle ne puisse la toucher, la porte s'ouvrit et un agent de la sécurité fit son apparition, l'empêchant ainsi de sortir.

- Madame, prononça-t-il directement à l'adresse de Nia. Nos caméras de surveillance ont repéré plusieurs voitures de police autour du bâtiment. Il semble préparer une intervention.

Lexa sentit son cœur s'emballer brutalement mais, de nouveau, elle tenta de garder son calme et se tourna vers Nia.

- Vous pensez qu'ils ont déjà tenté quelque chose contre vous? fit-elle mine de demander.

Mais avant que Nia ne puisse répondre quoi que ce soit, l'agent de sécurité repris la parole.

- Madame, dit-il de nouveau. Nous avons eu des images de l'agent qui semble être en charge de l'opération.

Il regarda pour la première fois en direction de Lexa et ajouta:

- Il s'agit de l'inspecteur de la NYPD, Lincoln Woods.

Lexa se figea complètement et Anya et Clarke aussi. Un léger silence s'installa durant lequel Lexa ne bougea pas, son esprit déjà en train de réfléchir à un moyen de sortir d'ici.

- Laisse-nous, ordonna Nia à son agent.

Ce dernier la fixa, incertain.

- Vous êtes sûre? questionna-t-il.

- Oui, répondit Nia. Barricadez le bâtiment et gardez l'agent qui accompagnait notre invitée loin d'ici.

- Bien Madame, répondit l'agent avant de quitter la pièce.

- Anya, prononça Clarke d'une voix paniquée, il faut faire quelque chose!

Anya, qui avait déjà son téléphone à l'oreille, acquiesça.

- Linc, prononça-t-elle lorsque son frère répondit, on a été repéré.

Lexa regarda la porte se refermer derrière l'agent de sécurité avant de se tourner vers Nia. Cette dernière, un sourire figé sur les lèvres, fit de nouveau le tour de son bureau et, cette fois-ci, elle s'assit lentement sur le fauteuil qui se trouvait derrière.

- Je suppose que tu es là pour des aveux, déclara-t-elle lentement sans se dépêtrer de son sourire. Et qu'ils attendent que tu quittes le bâtiment pour lancer l'assaut.

Lexa déglutit difficilement avant de se tourner complètement vers elle. Elle avait beau réfléchir, elle ne voyait pas comment elle pouvait continuer de mentir.

- J'admets que c'était très intelligent de ta part de venir m'interroger ici, poursuivit Nia. Tu as surement réussi à passer mon système de sécurité... Un micro c'est ça? J'en déduis même que tu es celle derrière les articles sur les Wallace?

- S'ils sont réellement ceux qui ont tout commandité, vous pourrez négocier une peine minimum si vous coopérez, lui dit Lexa au lieu de répondre à ses questions.

Nia éclata d'un rire sonore qui eut le don de lui faire froid dans le dos.

- Tu penses vraiment que je laisserais qui que ce soit m'obliger à faire quoi que ce soit? questionna Nia. Je suis Nia Queen! Je ne prends d'ordres de personne!

Elle serra des dents tout en continuant de regarder Lexa droit dans les yeux.

- Je t'ai dit ça pour te manipuler. Et je me rends compte que c'est toi qui m'as manipulée. Sache que je suis réellement impressionnée!

Lincoln arriva précipitamment dans le van et regarda Anya et Clarke d'un air paniqué.

- Qu'est ce qui s'est passé? demanda-t-il.

- Ils ont repéré les voitures de police, lui expliqua Anya. Et ils t'ont vu Lincoln. Ils savent que Lexa est dans le coup!

- Et merde! s'énerva Lincoln.

Il attrapa de nouveau son talkie-walkie.

- On a été repéré, préparez-vous à rentrer! ordonna-t-il tout en attrapant le casque qu'il avait abandonné un peu plus tôt pour suivre ce qui se passait.

- Vous êtes démasqué Nia, déclara Lexa d'une voix beaucoup plus calme que son état réel. La meilleure des choses à faire dorénavant c'est de coopérer.

- Tu aimerais ça, n'est-ce pas? s'enquit Nia.

Elle n'attendit pas de réponse et ajouta:

- Je t'ai réellement sous-estimée, très chère Alexandria. Réellement. Et à cause de ça, je viens de perdre tout ce que j'ai passé ma vie à bâtir. Tu ne trouves pas ça un peu injuste?

Lexa la fixa sans répondre, incertaine et de plus en plus inquiète. Le sourire toujours aux lèvres, Nia donnait l'impression d'être une maniaque imprévisible et Lexa se demandait ce qu'elle avait en tête.

Ce qui se révéla rapidement à elle lorsque Nia reprit la parole.

- Bien que je ressente une admiration nouvelle pour toi, déclara-t-elle d'une voix éloquente, il est hors de question que nous sortions toutes les deux de ce bâtiment avec toi victorieuse de cette bataille.

Lexa la regarda ouvrir le tiroir de son bureau et sentit son sang se glacer lorsqu'elle la vit en sortir un revolver.

- Qu'est-ce que vous faites? demanda-t-elle sans quitter l'arme des yeux.

Nia ouvrit délicatement la chambre à balles et regarda à l'intérieur avant de la refermer d'un geste sec en esquissant un nouveau sourire.

- Il n'y en a qu'une seule mais ça devrait suffire, déclara-t-elle nonchalamment avant de pointer l'arme sur Lexa.

La peur de cette dernière s'accentua brutalement et elle se retrouva à lever les mains d'un geste instinctif.

- Tu te sens beaucoup moins puissante tout d'un coup, n'est-ce pas? questionna Nia dans un rire.

- Qu'est-ce qui se passe?! demanda Clarke de plus en plus paniquée.

Les deux cousins ne répondirent pas, tout aussi impuissants et paniqués qu'elle.

- Nia, prononça doucement Lexa en gardant les mains en l'air et en veillant à ne faire aucun geste brusque. Si vous appuyez sur cette gâchette, vous perdrez réellement tout ce que vous avez.

- Gâchette?! s'écria Clarke en se redressant d'un bond de son siège. Lincoln, fais quelque chose!

Ce dernier s'était déjà levé et s'exclamait dans son talkie-walkie:

- Lancez l'assaut, elle est armée!

Il se tourna ensuite vers les deux autres tout en ouvrant la portière du van.

- J'y vais, ne bougez surtout pas d'ici!

Puis il sortit sans ajouter quoi que ce soit, laissant ainsi Anya et Clarke écouter ce qui se passait, impuissantes.

- Mais j'ai déjà tout perdu, répondit Nia à Lexa avec un sourire un peu plus grand. Au moins de cette manière, je t'amènerais avec moi dans ma chute.

- Pourquoi est-ce que vous faites tout ça, Nia? lui demanda Lexa.

- La réponse est simple, très chère, répondit Nia en continuant de pointer l'arme sur elle. Le pouvoir.

- Vous avez tué quelqu'un, tenté de tuer d'autres personnes, tout ça pour une histoire de pouvoir?! s'indigna Lexa.

- De simples dommages collatéraux qui ne l'auraient pas été s'ils ne s'étaient pas mis sur mon chemin, déclara Nia.

Cette femme était réellement cinglée, réalisa Lexa. Elle n'avait aucune notion du bien ou du mal. La seule chose qui comptait pour elle, c'était de régner. Et elle semblait être prête à tout pour ça.

- Rien n'est encore perdu pour vous, tenta de la raisonner Lexa.

Elle savait que les chances pour que Nia entende raison était infimes.

Mais elle devait essayer.

Elle devait tout faire pour sortir d'ici.

Parce qu'elle ne pouvait pas mourir maintenant.

Les choses n'étaient pas censées se passer comme ça.

Non, elle était censée sortir d'ici et retrouver ses proches et ne plus jamais les quitter.

Elle était censée vivre des années encore d'amitié avec ses meilleures amies.

Elle était censée continuer encore longtemps à avancer aux côtés de ses cousins.

Elle était censée poursuivre et solidifier cette nouvelle relation qu'elle développait avec sa mère.

Et elle était censée reconquérir Clarke. La reconquérir et lui prouver qu'elle l'aimait plus que tout.

Et passer le reste de sa vie avec elle.

Elle était censée revoir son sourire. Réentendre son rire. Se replonger dans l'azur de ses yeux.

Non, elle ne pouvait pas mourir maintenant.

Il lui restait encore beaucoup trop de choses à vivre pour ça.

- En plaidant coupable, vous pourrez toujours négocier une remise de peine qui vous permettra de sortir dans quelques années, poursuivit-elle donc. Mais si vous appuyez, si vous me tuez, il n'y aura pas de retour possible…

- Anya, il faut qu'on fasse quelque chose! s'exclama Clarke de plus en plus paniquée. Elle – elle va lui faire du mal!

- Lexa essaye de gagner du temps, répondit Anya en tentant elle-même de garder son calme. Elle sait que la police arrive. Ce n'est qu'une question de secondes et elle sera en sécurité…

- Décidément, tu ne comprends vraiment rien! s'écria Nia en s'énervant pour la première fois depuis qu'elle avait compris ce qu'il se passait.

Elle se redressa de son siège et, tout en pointant son arme sur Lexa, elle fit le tour du bureau et vint se positionner devant elle.

La frayeur de Lexa s'accentua et elle se retrouva dans l'incapacité de détourner les yeux de l'arme pointée sur elle.

- Il n'y a déjà plus de retour en arrière! Je suis au sommet et je ne pourrais plus jamais y retourner! Et tout ça, par ta faute!

- Et vous pensez qu'en me tirant dessus vous allez réussir à rester au sommet? lança Lexa d'une voix pleine de désespoir. Vous pensez que parce que je serais morte par votre faute, vous gagnerez?! Dans tous les cas, vous sortirez d'ici avec les menottes aux poignets!

Comme pour illustrer ses propos, une commotion se fit entendre dans le couloir, amenant Nia à perdre son sourire machiavélique.

- N'empirez pas votre cas, Nia, prononça Lexa dans un souffle. Pensez à tout ce qui vous reste. Pensez à vos enfants…

Nia laissa échapper un léger rire avant de reporter une nouvelle fois son regard sur Lexa.

- Tu as raison, quoi qu'il se passe, je suis foutue, lui dit-elle. Mais il est hors de question que je te laisse être celle qui en sera responsable! Il est hors de question que je sorte d'ici humiliée et vaincue par toi! Jusqu'à la fin, je resterais le seul maître de mon destin!

Elle esquissa un nouveau sourire complètement dément et actionna le cran tout en levant un peu plus son arme.

- NON! s'écria Lexa.

Mais le coup de feu retentit tout de même.

Et Clarke se retrouva à sursauter violemment.

Elle eut l'impression qu'il venait de résonner directement dans sa poitrine.

Son cœur manqua plusieurs battements.

Son corps entier lui donna l'impression de se liquéfier.

Et ses oreilles étaient saisies d'un horrible bourdonnement.

- Lexa… souffla-t-elle après ce qui lui semblait être une éternité.

Sans réfléchir, sans réellement réaliser ce qu'elle faisait, elle jeta le casque qui se trouvait sur ses oreilles et se précipita à l'extérieur du van.

- Clarke! s'écria Anya derrière elle.

Mais Clarke ne lui accorda pas la moindre attention. Elle ne prit même pas la peine de regarder par-dessus son épaule, ou même autour d'elle, et commença à courir.

Elle courut, courut, courut.

Aussi vite que ses jambes pouvaient le lui permettre.

Elle courut avec une seule pensée en tête: Lexa.

Lexa. Lexa. Lexa.

Il fallait absolument qu'elle la retrouve. Il fallait absolument qu'elle la voit.

Si jamais…

Non! s'exclama la voix dans sa tête. Non! Non! Non! C'est impossible!

Elle se répéta ces mots tout le long de sa course, jusqu'à ce qu'elle arrive devant le bâtiment d'Azgeda Corp.

Elle s'immobilisa, à bout de souffle, quelques secondes lorsqu'elle vit les dizaines de voitures de polices qui encerclaient le bâtiment.

Puis elle se remit à courir vers l'entrée.

Elle n'avait pas une seule seconde à perdre.

- Madame, vous ne pouvez pas passer! lui indiqua d'une voix autoritaire un agent de police qui lui bloqua immédiatement le chemin lorsqu'elle arriva à la hauteur des voitures qui faisaient office de barrage.

- Je dois rentrer! s'écria fortement Clarke en tentant de passer devant lui.

Mais il l'arrêta de nouveau.

- Madame, c'est interdit, une opération est en cours!

- Je sais! s'exclama Clarke dont l'agitation était à son paroxysme.

Elle n'arrivait même plus à sentir son corps. Sa vision se faisait de plus en plus flou et l'horrible bourdonnement dans ses oreilles ne voulait pas la quitter.

- Elle – elle s'est fait tirer dessus! tenta-t-elle d'expliquer à l'agent. Je dois la retrouver! Je – je dois la sauver!

- Madame, calmez-vous –

- JE NE PEUX PAS ME CALMER! s'écria Clarke avec fureur.

Il était en train de lui faire perdre un temps précieux, comment pouvait-il ne pas s'en rendre compte?!

La femme qu'elle aimait plus que tout au monde, l'amour de sa vie, se trouvait dans ce bâtiment! Et elle était surement blessée! Et chaque seconde pouvait compter!

ET CET IDIOT L'EMPECHAIT DE LA RETROUVER!

Clarke décida donc de l'ignorer et tenta une nouvelle fois de passer de force devant lui.

Et une nouvelle fois, elle se retrouva bloquée.

- Madame si vous n'arrêtez pas, je vais être obligée de vous arrêter, lui dit l'agent.

- Je – commença-t-elle.

- Clarke! appela Anya qui arriva à son tour en courant derrière elle.

Clarke l'ignora et s'apprêta à essayer de forcer une nouvelle fois le passage, quitte à mettre son poing dans la figure de l'agent de police, lorsqu'elle entendit un nouveau « Clarke ».

Celui-ci, cependant, l'amena à s'immobiliser complètement.

Celui-ci, elle l'entendit malgré le bourdonnement dans ses oreilles, malgré la faiblesse avec laquelle il avait été prononcé, malgré le chaos qui sévissait autour d'elle.

Elle l'entendit alors que tout autour d'elle lui donna l'impression de se figer.

Elle l'entendit et se tourna immédiatement en direction de la voix qui venait de le prononcer.

Cette voix qui représentait le son qu'elle adorait le plus au monde.

Cette voix qu'elle pensait ne plus jamais réentendre.

- Lexa… murmura-t-elle dans un sanglot.

Cette dernière se tenait debout à quelques dizaines de mètres d'elle en compagnie de Lincoln et d'un autre agent de police. Plusieurs taches de sang se trouvaient sur sa chemise mais elle semblait aller parfaitement bien et la fixait comme s'il n'existait qu'elle.

Lexa n'écouta plus rien de ce que lui disaient les deux hommes en sa compagnie et commença à s'avancer vers Clarke qui, sans réfléchir, courut dans sa direction et lui sauta dans les bras.

Lexa lui enlaça immédiatement la taille, la soulevant ainsi légèrement du sol. Et elle la serra fort, très fort, contre elle.

Après la peur qu'elle venait de vivre, après l'horrible chose qui venait de se passer, elle ne voulait rien d'autre que retrouver Clarke.

Et face à la sensation de Lexa contre elle, face à son touché, à son souffle, Clarke ne put se retenir plus longtemps et s'effondra complètement.

- J'ai entendu le coup de feu, prononça-t-elle dans un sanglot. J'ai – j'ai cru que…

Elle se retrouva dans l'incapacité de terminer sa phrase, ses pleurs se faisant de plus en plus violents.

- Je vais bien, souffla Lexa d'une voix enraillée.

Elle se retrouva à déglutir plusieurs fois l'énorme boule qui se trouvait dans sa gorge pour pouvoir poursuivre.

- Nia, elle – elle a retourné son arme contre elle. J'ai essayé de l'arrêter, de – de faire quelque chose mais je… je n'ai pas pu…

Clarke n'entendit pas réellement ce qu'elle lui disait. La seule chose sur laquelle son cerveau semblait se concentrer, la seule chose que son corps semblait assimiler c'était que Lexa était là.

Toujours en pleurs, elle redressa la tête et posa son front contre le sien tout en faisant remonter ses deux mains le long de l'arrière de sa nuque.

Lexa était là contre elle. Elle pouvait sentir son souffle. Elle pouvait sentir son corps et sa peau.

Elle était là. Elle allait bien.

Et c'était la seule et unique chose qui comptait.


- Dieu soit loué! furent les mots qui accueillirent Lexa dès lors qu'elle pénétra à l'intérieur de son appartement en compagnie d'Anya et de Clarke.

Elle se retrouva immédiatement prise d'assaut par Octavia et Raven qui l'engouffrèrent dans un câlin en même temps et elle ne put s'empêcher de se tendre une faction de seconde face au contact inattendu avant de se laisser aller et de répondre à l'étreinte de ses meilleures amies.

- Lincoln nous a appelé pour nous dire ce qui s'était passé, lui dit Octavia. On était mortes d'inquiétude!

- Je vais bien, répondit machinalement Lexa pour ce qui lui semblait être la centième fois de la journée.

Octavia et Raven finirent par la lâcher et le regard plein d'inquiétude qu'elles lui adressèrent amena Lexa à détourner le sien.

Elle trouva celui de sa mère qui s'avança à son tour vers elle. Et avant que Lexa n'ait le temps de dire quoi que ce soit, de prononcer ces mots qu'elle ne cessait de dire depuis des heures, sa mère la prit à son tour dans ses bras.

Et Lexa se figea complètement de surprise.

De choc.

C'était la première fois de sa vie qu'elle avait les bras de sa mère autour d'elle. C'était la première fois de sa vie qu'elle recevait un câlin de la part de celle qui l'avait mise au monde.

Elle avait passé des années à se demander ce qu'était une étreinte maternelle. Des années à se demander ce que ça pouvait faire de se retrouver encerclée par la chaleur des bras de sa mère, quelle sensation ça pouvait procurer.

Et maintenant qu'elle le recevait, son cerveau, son corps tout entier, avait du mal à réellement le réaliser.

Elle resta donc immobile pendant de longues secondes. Puis, lentement, elle fit remonter ses bras qui s'étaient complètement engourdi jusqu'au dos de sa mère et répondit à l'étreinte, savourant ainsi pour la première fois de sa vie cette sensation dont elle avait toujours manqué.

- J'étais tellement inquiète pour toi, lui dit Mme Woods.

Elle se décala et dévisagea attentivement sa fille comme si elle cherchait à s'assurer qu'elle allait réellement bien.

- Qu'est-ce qui s'est passé exactement? lui demanda-t-elle.

Lexa ouvrit la bouche pour lui répondre mais aucun son n'en sortit.

Depuis que Nia avait levé son revolver, depuis qu'elle l'avait retourné contre elle et qu'elle avait tiré, Lexa avait l'impression que son esprit était plongé dans un brouillard duquel elle n'arrivait pas à s'extirper.

Les images ne cessaient de se rejouer, encore et encore. Elle avait tenté de les expliquer tant bien que mal aux enquêteurs lorsqu'ils l'avaient interrogée et maintenant, elle ne savait plus comment les faire disparaître.

Son regard trouva Clarke qui se tenait à côté d'elle et Lexa sentit une légère accalmie la gagner.

Sa présence semblait être la seule chose qui la gardait ancrée à la réalité.

- Est-ce qu'on pourrait en parler plus tard? demanda Lexa. Je – la journée a été longue...

Elle n'avait aucune envie de revivre ce qu'il s'était passé.

En réalité, elle n'avait aucune envie de quoi que ce soit.

Elle était exténuée et elle ne voulait qu'une chose c'était de succomber à sa fatigue.

Sa mère lui donna l'impression de vouloir contester mais quelque chose sur son visage, peut-être la mine extenuée qu'elle devait afficher, l'amena à acquiescer.

- On va te laisser te reposer un petit peu et on repassera te voir plus tard, dit Octavia après quelques secondes de silence.

Lexa acquiesça en s'efforçant d'esquisser un mince sourire rassurant.

- Tu es sûre que ça va? lui demanda doucement Anya en s'approchant d'elle.

- Oui, répondit Lexa. Je suis juste fatiguée. On s'occupera des retombées et de tout le reste plus tard…

- Ne t'inquiète pas pour ça, lui assura sa cousine. Je vais m'en occuper. Essaye de te reposer un peu et d'oublier ce qui s'est passé.

Oublier. Lexa n'était pas sûre d'y arriver.

Elle avait encore la conversation téléphonique qu'elle avait eue avec Roan qui raisonnait dans ses oreilles. Celle qu'ils avaient eue juste après le drame.

Il l'avait appelé pour lui demander si tout s'était déroulé comme prévu. Et elle s'était immédiatement rendue compte qu'il ne savait pas encore ce qu'il s'était passé.

Il ne savait pas que sa mère était morte.

Lexa avait donc dû lui annoncer elle-même. Elle avait dû lui expliquer elle-même que Nia Queen avait préféré se donner la mort plutôt que de se voir arrêtée à cause d'elle.

Elle avait dû lui dire que sa mère avait préféré mourir plutôt que de perdre contre elle.

Et Roan était resté silencieux pendant de longues secondes avant de lui dire qu'il devait partir et de raccrocher.

Et Lexa s'était retrouvée à revivre une nouvelle fois ce qu'elle savait qu'elle n'arriverait jamais à oublier.

Elle baissa lentement les yeux vers ses mains tremblantes qu'elle gardait le long de son corps pour éviter qu'on le remarque.

Ses mains qui étaient dorénavant propres mais qui avaient été baignés de sang quelques heures plus tôt alors qu'elle avait essayé d'arrêter l'hémorragie de Nia. Les ambulanciers qui s'étaient trouvés sur les lieux l'avaient aidé à les nettoyer puis lui avait donné un pull pour qu'elle puisse retirer sa chemise ensanglantée.

Pull qu'elle portait toujours.

Il n'y avait plus aucune trace de sang sur elle et pourtant elle avait l'impression de les voir encore très clairement. Et elle savait qu'il lui faudrait beaucoup de temps pour que son esprit réussisse à les faire disparaître.

- Je ferais mieux d'y aller aussi, déclara Clarke derrière elle, la sortant ainsi brutalement de ses pensées.

Lexa entendit le bruit de la porte d'entrer se refermer, l'amenant ainsi à redresser subitement la tête. Elle réalisa qu'elles n'étaient plus que toutes les deux.

Clarke et elle.

Les quatre autres étaient parties et elle ne s'en était même pas rendu compte.

- Quoi? dit-elle confusément.

Elle reporta son attention sur Clarke et vit qu'elle l'évitait du regard.

Une nouvelle fois.

Tout comme elle avait évité de la regarder depuis qu'un inspecteur avait interrompu leur étreinte devant Azgeda Corp. pour lui dire qu'il avait besoin de lui poser des questions.

La blonde était restée à ses côtés tout le long mais n'avait pas décroché plus de deux mots depuis ce moment-là et Lexa se demandait à quoi elle pouvait penser.

- Tu – tu es fatiguée, lui dit Clarke. Je devrais… Tu devrais te reposer.

- Quoi? répéta Lexa.

Elle secoua légèrement la tête pour tenter de retrouver ses esprits et sentit une légère panique la gagner à l'idée de voir Clarke partir.

- Non reste!

Elle déglutit difficilement et ajouta:

- S'il te plait…

Son ton était limite suppliant et ce fut ce qui amena Clarke à lever enfin les yeux vers elle.

Elles se retrouvèrent à se regarder longuement sans bouger ni rien dire.

Elles se regardaient et Lexa avait l'impression que son rythme cardiaque s'intensifiait pour une toute autre raison que le traumatisme qu'elle venait de vivre.

Elles se regardaient et Clarke avait l'impression que son cœur, qui n'avait pas réussi à se calmer depuis des heures avec l'horrible peur qu'il avait vécu, s'apaisait enfin.

Il s'apaisait enfin et un tout autre conflit se créa en lui.

- Clarke… prononça doucement Lexa.

Et il n'en fallu pas plus à Clarke pour abandonner la bataille.

Elle oublia toutes restrictions, elle oublia toutes incertitudes, elle oublia toutes peurs, toutes réserves et combla les quelques mètres qui les séparaient pour prendre le visage de Lexa en éventail et l'embrasser fougueusement.

Et la poitrine de Lexa lui donna l'impression d'exploser.

C'était exactement le mot qu'elle utiliserait pour décrire ce que venait de créer en elle ce baiser.

Une explosion.

Une explosion qui venait de faire disparaître toutes idées, toutes pensées, toutes images, en elle.

La seule chose qu'elle sentait, la seule chose qu'elle ressentait, la seule chose qui l'enveloppait, c'était Clarke.

Et, tout simplement parce qu'il s'agissait d'une seconde nature chez elle, Lexa répondit immédiatement au baiser.

Elle ancra ses deux mains sur la taille de Clarke et la rapprocha d'elle tandis que ses lèvres redécouvraient désespérément la sensation exquise des siennes.

Embrasser Clarke lui avait toujours donné cette impression ambivalente de rentrer à la maison après un long voyage et de sauter dans le vide à la fois.

C'était exaltant et doux. Déroutant et rassurant.

C'était une chaleur apaisante et une adrénaline électrisante.

Et bon sang, ce que ça avait pu lui manquer…

Clarke se hissa sur la pointe des pieds pour se coller un peu plus à elle et glisser ses mains contre l'arrière de sa nuque.

Elle avait besoin de la sentir contre elle, de sentir ses lèvres contre les siennes, son souffle se mélanger au sien.

Elle l'embrassa donc avec toute la ferveur en elle. Elle l'embrassa avec toutes les émotions qui la composaient.

Elle l'embrassa avec la peur, l'amour et le désespoir qui l'habitait.

Jusqu'à ce que le souffle lui manque et qu'elle se retrouve, malgré elle, obligée de rompre le baiser.

Ses yeux s'ouvrirent en même temps que ceux de Lexa et lorsqu'elle se retrouva plongée dedans et qu'elle vit ce mélange d'adoration, de désir et d'amour avec lequel elle la regardait, elle sentit son souffle la quitter complètement.

- Je pensais t'avoir perdue, lui dit-elle dans un murmure. Je pensais que tu étais – qu'elle t'avait…

Une nouvelle fois, elle se retrouva dans l'incapacité de prononcer les mots.

- Hey, souffla Lexa.

Sans quitter Clarke une seule seconde du regard, elle attrapa délicatement une de ses mains qui se trouvait sur sa nuque et la guida tout doucement jusqu'à la poser sur son cœur.

- Je suis là…

Elle savait que les battements de son cœur étaient complètement effrénés à cause du baiser et qu'on pouvait les sentir à travers sa poitrine. Et c'était ce que Lexa voulait.

Elle voulait que Clarke sente son cœur battre.

Et fort.

Parce que lorsque Clarke avait eu son accident, Lexa n'avait réussi à être rassurée que par la sensation de son pouls contre ses doigts.

Et si, en entendant le coup de feu, Clarke avait ressenti ne serait-ce que le dixième de la peur qui l'avait paralysé lors de l'accident, alors elle voulait tout faire pour la faire disparaître.

- Je suis là, répéta-t-elle donc de nouveau avec un petit sourire rassurant. Avec toi…

Les battements que Clarke pouvait sentir contre ses doigts eurent le don d'anesthésier petit à petit cette tétanie qui avait élue domicile en elle.

Elle ferma les yeux, prit une profonde inspiration puis la laissa s'échapper en les rouvrant pour se plonger une nouvelle fois dans l'extraordinaire vert face à elle.

Elle se retrouva à acquiescer plusieurs fois, comme pour continuer de se rassurer, avant de combler de nouveau la distance qui séparait sa bouche de celle de Lexa.

Et cette fois-ci, elle l'embrassa lentement. Délicatement.

Le temps se figea tandis qu'elles se redécouvraient, qu'elles se réapprivoisaient.

Lexa étouffa un gémissement lorsque la langue de Clarke vint caresser la sienne de cette manière qu'elle adorait plus que tout.

Clarke sentit un frisson la parcourir lorsque les mains de Lexa se glissèrent le long de son dos dans cette caresse qui avait le don systématique de la rendre dingue.

Et tout d'un coup, l'embrasser ne lui suffisait plus.

Elle voulait plus.

Elle avait besoin de plus.

Elle avait besoin de sentir plus Lexa jusqu'à ce qu'elle ne soit entourée que d'elle. Que son esprit ne soit consumé que par elle. Que son cœur occulte tous ses maux pour n'être envahi que par son désir, par son amour pour elle.

Elle avait besoin de la sentir vivante. Elle avait besoin de se sentir vivante.

Alors, pendant quelques secondes, elle oublia tout le reste et augmenta la pression de ses lèvres contre celles de Lexa tout en l'attirant un peu plus contre elle. Et Lexa, comprenant ce qu'elle voulait, resserra l'étreinte de ses mains autour de sa taille.

Rapidement, la température s'intensifia et, sans qu'elle ne réalise réellement ce qu'elle faisait, Lexa fit reculer Clarke jusqu'au canapé et la bascula sur le dos sans quitter une seule seconde ses lèvres.

Elle embrassa sa joue puis sa mâchoire avant de descendre langoureusement jusqu'à sa nuque. Clarke rejeta sa tête en arrière et laissa échapper un soupir de satisfaction.

Son corps était en ébullition. Il se pliait complètement à Lexa, au moindre de ses touchers.

Il les voulait, les attendait, les anticipait.

Il n'existait personne sur cette Terre qui lui faisait le même effet que Lexa.

Il n'existait personne dans l'Univers tout entier qui la connaissait comme Lexa.

Non, personne ne connaissait Clarke aussi bien que Lexa. Et Clarke savait que personne ne connaissait aussi bien Lexa qu'elle.

Leurs corps avaient toujours eu cette osmose, cette alchimie unique qui faisait qu'elles avaient l'impression de ne faire qu'un à chaque fois qu'ils se retrouvaient.

- Je t'aime, murmura Lexa contre sa peau. Je t'aime tellement…

Et il n'en fallu pas plus à Clarke pour se retrouver ramenée brutalement à la réalité.

Lexa, qui était dans un état second, ne réalisa même pas qu'elle venait de prononcer ces mots à voix haute. Elle les avait tellement pensé durant ces dernières semaines, elle se les était tellement répétés dans sa tête qu'elle ne se rendit pas compte qu'ils lui avaient échappé.

Jusqu'à ce qu'elle sente le corps de Clarke se tendre complètement contre elle et une humidité lui caresser la joue.

Elle s'immobilisa à son tour et se recula immédiatement pour regarder Clarke. Et la vision qui s'offrit à elle amena son cœur à rater plusieurs battements.

Clarke pleurait.

Elle pleurait et Lexa sentit une légère panique la gagner.

- Hey… souffla-t-elle.

Elle veilla à mettre un peu de distance entre elles pour ne pas la bouleverser plus et lui demanda doucement:

- Qu'est-ce qui ne va pas?

Clarke leva les yeux vers elle et laissa échapper un nouveau sanglot.

- Je t'aime aussi, lui dit-elle. Plus que tout…

Lexa ne put s'empêcher d'esquisser un sourire à l'entente des mots. Elle n'aurait jamais pensé qu'ils auraient toujours ce pouvoir de lui faire autant de bien.

- Et après tout ce qui s'est passé aujourd'hui, poursuivit Clarke, je sais que je ne pourrais jamais vivre sans toi. Même je le voulais, je n'y arriverais pas…

Lexa la fixa et perdit peu à peu son sourire.

Ces mots auraient dû la rendre complètement extatique. Ils auraient dû la soulager et l'emplir d'une joie immense. Mais la manière dont Clarke les prononça, la tristesse, le conflit qu'elle affichait, montrait clairement que ce n'était pas tout et Lexa sentit une appréhension nouvelle la gagner.

Elle déglutit difficilement et prononça lentement:

- Qu'est-ce qu'il y a?

Les sanglots de Clarke s'accentuèrent. Elle tenta d'essuyer les larmes qui rendaient sa vision de plus en plus floue mais abandonna rapidement lorsqu'elle réalisa que ça ne servait à rien.

Elle avait l'impression de devenir folle.

Réellement.

Toutes les émotions qu'elle ressentait lui donnaient l'impression qu'elle perdait la tête. Et elle voulait les oublier.

Elle voulait retrouver cette sensation de bien-être anesthésiante qu'avait réussi à lui procurer les baisers de Lexa.

Mais elle n'y arrivait pas.

Et elle savait que si elle voulait tenter de sauver ce qu'elles avaient, elle devait se montrer honnête.

- La première pensée qui m'est venu en t'entendant dire que tu m'aimais, c'était de me demander si tu allais de nouveau partir, avoua-t-elle. Si tu allais de nouveau me quitter…

Lexa eut l'impression que le poids d'un immense rocher lui tomba dans la poitrine. Elle secoua la tête de gauche à droite et répondit véhément:

- Non Clarke, plus jamais!

Elle se rapprocha inconsciemment d'elle.

- Je – tout ce qui s'est passé m'a juste conforté dans l'idée que j'ai envie de passer le reste de ma vie avec toi, lui assura-t-elle. Je – j'ai réalisé que je n'étais rien sans toi. Je ne vois que toi, je ne jure que par toi. Je t'aime tellement que j'ai l'impression de ne ressentir que ça.

- Tu m'as déjà fait cette promesse. Et tu ne l'as pas tenu… Et j'ai beau essayer, je ne vois pas comment je pourrais y croire dorénavant…

Elle voulait y croire. Plus que tout au monde. Elle essayait. Elle essayait depuis qu'elle avait appris la vérité.

Elle voulait y croire. Elle voulait retrouver Lexa et tout oublier. Elle voulait reprendre leur histoire sans jamais plus s'inquiéter.

Mais elle n'y arrivait pas. Elle n'y arrivait pas et elle ne cessait de se maudire de tous les noms pour ça.

Et pourtant elle savait que Lexa était sincère. Elle savait qu'elle croyait réellement en ce qu'elle disait et que ce n'était pas des paroles en l'air pour elle.

Tout comme Lexa les avait crus par le passé lorsqu'elle les lui avait dits.

Et ça ne l'avait pas empêché de ne pas les tenir.

Ça ne l'avait pas empêché de partir.

- Tu n'as plus confiance en moi… comprit Lexa d'une voix pleine de vulnérabilité.

Clarke laissa échapper un nouveau sanglot et Lexa le prit comme une confirmation. Elle se décomposa tandis que son cœur lui donnait l'impression de se briser.

- Je suis désolée… souffla Clarke.

Lexa se retrouva à secouer de nouveau la tête de gauche à droite et elle dû puiser au plus profond d'elle-même pour ne pas laisser échapper les larmes qui se formaient dans ses yeux.

- Ne le sois pas, dit-elle d'une voix à peine audible. Ce n'est pas de ta faute…

Clarke la regarda et ressentit une puissante envie de la prendre dans ses bras et de la consoler.

Elle voulait lui dire d'oublier ce qu'elle venait de dire, elle voulait reprendre où elles s'étaient arrêtées.

Mais elle savait qu'elle causerait plus de mal que de bien en faisant ça.

Alors, elle se contenta de déglutir et demanda doucement:

- Qu'est-ce qu'on va faire, Lex?

Lexa leva les yeux vers elle et la fixa longuement.

Elle dessina avidement chacun des traits de son visage, chaque centimètre qui composait l'être face à elle pour lequel elle serait prête à mourir s'il le fallait.

- Je ne vois qu'une seule solution, répondit-elle lentement.

Tandis que Clarke la regarda avec une nouvelle appréhension sur le visage, Lexa sentit une puissante conviction la gagner.

Clarke venait de lui dire qu'elle l'aimait et qu'elle voulait encore d'elle.

Elle venait de lui dire qu'elle ne voyait pas sa vie sans elle même si elle ne voyait pas comment elle pouvait la vivre avec elle.

Et c'était suffisant pour Lexa.

C'était suffisant pour espérer.

Espérer que leur histoire n'était pas terminée. Qu'il y avait encore quelque chose à sauver.

Elles s'aimaient. C'était tout ce dont elle avait besoin.

- Je vais tout faire pour regagner et mériter de nouveau ta confiance, termina-t-elle avec un petit sourire. Tout.

Oui, c'était la seule et unique solution.

Parce qu'il était hors de question qu'elle envisage quoi que ce soit d'autre.

Elle allait se battre.

Elle allait se battre et tout faire pour montrer à Clarke qu'elle n'irait plus jamais nul part sans elle.

Elle allait lui prouver que leur amour n'était pas seulement une source de douleur.

Qu'il n'était pas une faiblesse.

Leur amour était ce qui l'avait sauvé. Il était ce qui la rendait forte et heureuse.

Il était puissant et magnifique.

Et elle allait tout faire pour qu'il le redevienne également pour Clarke.

Elle était prête à y consacrer le reste de sa vie.


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