Désolée pour le délai. J'étais persuadée d'avoir déjà publier ce chapitre...
Harry quitta ses couvertures, dans la tour de Gryffondor, tout en maudissant les réunions secrètes avec les professeurs, les Seigneurs des Ténèbres fous ainsi que les vampires valets. Il avait réussi à dormir cinquante-cinq minutes pour sa première nuit à Poudlard et il s'estimait chanceux d'avoir pu se reposer autant. Aucun des autres garçons ne bougeaient encore. Il repoussa l'idée de les réveiller et se dirigea vers les douches.
Il fut attaqué par un vampire beaucoup trop enthousiaste dès qu'il mit le pied dans la pièce. Cassius l'avait déshabillé et mis dans une cabine en moins de temps qu'il n'en fallut à l'adolescent pour protester qu'il n'avait pas besoin d'aide. Le choc de l'eau froide lui fit pousser un cri viril avant que l'eau ne redevienne chaude. « C'est une vengeance pour le riz d'hier soir, pas vrai ? » demanda Harry alors qu'il baissait la tête sous le jet d'eau.
« Moi ? Me venger ? Vraiment... pourquoi chercherais-je vengeance contre mon protégé ? Surtout un protégé qui sait que les vampires comptent les choses. » Cassius eut un gloussement qui fit craindre à Harry pour la sécurité de son cou. « Tu ferais mieux de te dépêcher, jeune maître. L'eau sera de nouveau froide dans exactement trois minutes » Cassius semblait très fier de lui.
Harry grommela quelques jurons qu'il était sûr que le vampire entende avant de se dépêcher de se doucher. Il resta assez longtemps pour que l'eau froide le réveille à nouveau. Il avait l'impression qu'il en aurait besoin plus tard. Il était épuisé.
Il sortit de la douche et prit la serviette que Cassius lui tendit, se contentant de lui adresser un regard noir. Il refusa l'aide du vampire et retourna dans sa chambre pour y trouver un de ses nouveaux uniformes prêt. Il décida de ne pas s'opposer aux plans de Cassius et le mit sans se plaindre. Choisis tes batailles, Harry, choisis tes batailles.
Il prépara son sac avec tous ses livres et toutes ses fournitures et se demanda pourquoi les emplois du temps n'étaient pas distribués en avance comme à St Jude. L'école affichait toujours les emplois du temps la veille pour que les élèves aient connaissance des changements dans les classes, activités ou séances de thérapie. C'était pratique, surtout qu'il avait eu deux programmes scolaires à étudier à St Jude. Il lança un sort de poids plume sur son sac et se leva, attendant que Cassius finisse ce qu'il faisait.
Le vampire tourbillonna autour de lui, faisant des choses à ses cheveux qui leur permirent de rester bien coiffés. L'adolescent finit par se reculer et le remercia, sachant que son serviteur y passerait beaucoup de temps s'il ne l'arrêtait pas. Ce dernier se contenta de lisser les vêtements sur les épaules de l'adolescent et soupira. « Tu as encore l'air fatigué, jeune maître, dit-il sérieusement. Je pense que tu te coucheras tôt ce soir. » Harry acquiesça et soupira. Il se sentait fatigué, bien qu'il vienne de se réveiller.
« Va déjeuner et assure-toi de manger quelque chose de consistant. Nous avons des choses à discuter mais ça peut attendre ce soir, après tes autres cours. Je suis sûr que tu ne veux pas que je te suive aujourd'hui. Et s'il te plaît, assure-toi d'écrire à ton père. Il aime avoir de tes nouvelles. »
« Oui Cassius. Merci » répondit l'adolescent en mettant son sac sur son épaule. « Je te verrai plus tard. » Le vampire avait disparu avant qu'Harry ait fini sa phrase. Celui-ci se demanda où le vampire avait réussi à trouver un coin à lui à Poudlard mais décida que ce n'était pas ses affaires. Cassius avait probablement réussi à trouver la chambre la plus agréable du château et décidé que ce serait la sienne. Et, si Harry connaissait Poudlard, celle-ci avait probablement accueilli son garde du corps à bras ouvert et avec des elfes de maison personnels qui lui apportaient des bouteilles de sang obtenues par des secrets elfiques... il repoussa fermement ces idées et descendit déjeuner.
La Grande Salle était remplie d'une énergie pleine d'expectative quand il entra. Il y avait des groupes de premières années partout, rassemblés et murmurant ensemble. Il y avait d'autres groupes éparpillés, certains étaient avec les yeux vitreux et baillaient toujours et d'autres, comme Hermione, étaient pleins d'excitation pour le premier jour. Cette dernière lui fit signe et se décala sur le côté pour lui faire une place. « Bonjour, Harry ! Tu as bien dormi ? »
Harry pensa lui lancer un regard noir avant de hausser les épaules de manière évasive et de s'asseoir à côté d'elle. Il laissa tomber son sac derrière lui. « J'ai eu du mal à m'endormir après la réunion » répondit-il, sachant que son amie était trop observatrice pour son bien. Quelque elfe de maison dans la cuisine avait dû l'entendre car un mug de café apparut devant lui. « Merci, fournisseurs de café et de santé mentale. »
Hermione se tourna lentement vers lui, les yeux écarquillés et avec une expression d'étonnement. « Harry... tu n'as pas du tout dormi la nuit dernière ? »
« A peu près cinquante-cinq minutes... » admit Harry en portant la tasse à ses lèvres. Il se demanda si Kreaturr était passé ou si Cassius avait fait un tour aux cuisines pour dire aux elfes comment il prenait son café. C'était parfait, fort et sucré. « Mon précieux... café. »
« D'accord, Smeagol. C'était dérangeant. » Hermione retourna à ses livres et à son petit-déjeuner, donnant le temps à Harry de boire son café et de méditer sur le choix de petit-déjeuner devant lui. Il n'avait toujours pas d'appétit mais il savait qu'il était obligé de manger, surtout que sa magie lui disait que Cassius était plus prêt qu'il le pensait. Est-ce que ce vampire ne dormait jamais ? Hermione glissa quelques fruits dans son assiette quand il fit semblant de penser à quelques gâteaux. Des œufs brouillés les rejoignirent comme par magie. Le porridge de Tante Pétunia me manque. Au moins, elle était franche avec la nourriture. Il prit trois autres tasses de café avant la fin du petit-déjeuner et, soudain, le Professeur McGonagall leur tendait leur emploi du temps et leur souhaitait une bonne journée. Harry regarda son emploi du temps et grogna, se retenant à peine de se frapper la tête sur la table. Leur matinée commençait par Potions avec les Serpentards.
Je me demande si quelqu'un d'autre sait ? A quel point c'est ridicule... Inutile même ? Sa frustration grandit et il considéra sérieusement l'idée de sécher son cour de potion pour faire une sieste et trouver un moyen de créer une télé et un lecteur DVD pour pouvoir regarder Star Wars. Il mémorisa son emploi du temps, le plia et le rangea sans son sac. « Prête pour les cours ? » demanda-t-il en se levant.
« Oui. » La voix d'Hermione était égale et sérieuse. « Allons-y. »
Ils marchèrent en silence vers les cachots. Quand ils atteignirent la salle de Potion, la porte était toujours fermée. Harry se laissa glisser le long du mur pour s'asseoir par terre et attendre le Maître des Potions. Hermione se laissa tomber à côté de lui, les coudes sur les genoux et la tête dans ses mains. Elle l'étudia, cherchant des indices sur son visage. Elle attendit simplement.
Ne lui dit pas. Elle soupçonne quelque chose... tu es fatigué. Quand tu es fatigué, tu es faible et elle te tirera les vers du nez en quelques secondes si tu ouvres la bouche. Ne le fais pas. Ne. Parle. Pas. Du. Tout.
« Nous pouvons rester assis là toute la journée, Harry. Tu finiras par me dire ce qui t'embête » dit simplement Hermione avant de se taire à nouveau. Elle avait un sourcil arqué, comme si elle lui disait de cracher le morceau.
« Je... »
« JEUNE MAITRE HARRY ! » résonna la voix scandalisée de Cassius dans le couloir. Il surprit Harry qui se redressa vivement sur ses pieds. « Vous asseoir par terre ! » On aurait dit que Cassius était sur le point de s'évanouir. « Les jeunes hommes de votre rang ne s'asseyent pas par terre avec des jeunes filles ! »
Hermione eut un reniflement de dérision alors qu'Harry se penchait et lui tendait la main pour se relever. Elle accepta néanmoins sa main et lui permit de l'aider. « Il a le pire timing que je connaisse » marmonna-t-elle à Harry.
« J'ai entendu et j'ai un timing parfait, vu que votre professeur sera là bientôt. S'il vous plaît, Maître Harry, je dois dormir et je ne peux pas être près de vous à chaque seconde. Faites attention à votre rang dans ce monde... et au rang de votre père dans le monde. »
« Je me fiche de mon statut » répondit Harry.
« Mais vous devriez et vous allez vous souciez du rang de votre père. Votre comportement se répercute sur lui. Gardez ça à l'esprit. » Cassius lissa les robes de son protégé, faisant grand cas de la manières dont elles tombaient, avant de disparaître aussi vite qu'il était arrivé.
« Est-ce que tu étais obligé d'amener un vampire à l'école ? » lui demanda Hermione
« Je n'ai pas eu le choix ! Rétorqua Harry. Il s'est montré dans le train et n'est pas parti depuis. » Il croisa les bras et gronda : « ce n'est pas de ma faute ! »
« Ça ne l'est jamais, n'est-ce pas ? » demanda Hermione d'une voix pleine de pitié.
« Non, ça ne l'est pas. En tout cas, c'est presque fini, non ? Juste cette année à passer et les choses devraient se calmer... Je l'espère en tout cas. » Il haussa à nouveau les épaules.
« HA ! » Hermione et Harry se tournèrent avec surprise vers les escaliers. « Reculez, espèce de fou à crocs ! »
« C'était le Professeur Snape » dit doucement Hermione.
« Oui, c'était lui » confirma Harry.
« On dirait qu'il parlait avec Cassius. » Hermione se pencha pour voir si elle pouvait apercevoir quelque chose dans le couloir.
« Ouaip »
« Non, VOUS NE POUVEZ PAS GOUTER » beugla la voix de Snape. « POTTTTEEERRRR ! »
« Tu penses que je devrais le sauver ? » demanda Harry à Hermione.
« Harry, est-ce que tu penses que Cassius a le béguin pour le Professeur Snape ? » lui répondit la jeune fille dans un murmure horrifié.
« Je ne peux juste pas imaginer que qui que ce soit aime mon professeur de Potion, Hermione... je veux dire, je sais qu'il est humain et tout mais... »
« POTTTEERR ! MAINTENANT ! »
Harry soupira et inclina la tête. « Cassius, laisse le tranquille maintenant... C'est un ordre » grommela Harry, sachant que le vampire pouvait l'entendre sans problème.
Snape arriva comme une tornade vers eux en boutonnant son col. « Gardez cette... chose loin de moi, Potter, ou je vous jure que toute votre progéniture sentira ma colère. »
L'adolescent se demanda si Snape savait qu'il y avait peu de chance qu'il y ait une progéniture Potter. « Je ferai de mon mieux, Monsieur. » Leur professeur leur fit signe de rentrer dans la classe en grommelant quelque chose que Harry ne comprit pas. Le connaissant, c'était probablement une potion pour tuer les vampires.
Le reste des élèves arrivèrent progressivement, continuant à bavarder. Harry et Hermione s'assirent côte à côte, leurs livres, parchemins et plumes étaient sortis et leurs chaudrons étaient prêts pour concocter. Snape fit un mouvement vif de sa baguette en direction du tableau et des instructions pour une potion s'inscrivirent dessus. Les dernier jours de Harry à Poudlard avaient commencé.
Le soleil filtra à travers les rideaux, interrompant son profond sommeil. Tout se déroulait parfaitement, pensa-t-il. Le garçon était à l'école. C'était bien. Poudlard était bien. Tu ne peux pas le protéger là-bas. Pas avec Dumbledore. Il allait bien. Tout allait bien.
Un rapide tour dans la salle de bain le vit prêt à faire face à une nouvelle journée. Tu ne vas pas bien. Le garçon a fait quelque chose. Le garçon ne ferait rien.
Le garçon l'aimait bien. Il tenait à lui.
Personne ne tient à toi.
C'est faux ! Le garçon l'aimait ! Il voulait que leurs plans deviennent une réalité. Le garçon l'aimait ! Il l'aimait !
Non. Non, il ne t'aime pas.
Bien sûr que si.
Comme Dumbledore t'aimait ?
Il n'est pas Dumbledore. Il tient à moi. Il tient à moi. Il regarda son vieux familier se glisser dans le couloir. Il ne pouvait plus comprendre ce qu'elle voulait. Elle avait arrêter de lui parler. Elle ne faisait que lui siffler dessus comme si elle était en colère.
Tu ne la comprends plus. Elle parle clairement. Tu choisis de ne pas comprendre.
« Tais-toi ! » explosa-t-il en voulant la paix que le calme lui apporterait. « Je ne veux pas écouter ce que tu dis ! »
Ce que je dis ? TU ES celui qui le dit.
« Tais-toi, je t'ai dit ! Je ne veux pas t'écouter ! » Il demandait obéissance. C'était comme ça qu'on gagnait, n'est-ce pas ? Demander obéissance. L'attendre. Punir ceux qui ne faisaient pas ce qu'il disait.
Le garçon n'est pas obéissant. Il te manipule. Idiot, un petit garçon te tourne en ridicule.
« Pas mon garçon ! Il ne ferait jamais ça ! » contra-t-il, crachant pratiquement ces mots contre la voix offensante. « Pas mon garçon ! »
C'est vrai, il n'est pas ton garçon. Il ne t'a jamais appartenu. Tu aimes le penser. Il est un acteur accompli, je lui accorde. Mais une fois encore, il était facile de te berner. PATHETIQUE.
« Non, non, non NON ! » Il pressa ses mains contre ses oreilles. « Assez, assez » grommela-t-il.
Berce-toi d'illusions autant que tu veux. Je te dirais « je te l'avais dit » très bientôt.
« Mon Seigneur ? » appela une voix hésitante à sa hauteur. Voldemort releva la tête, ne réalisant qu'à ce moment là qu'il était tombé à genoux pendant la dispute qu'il avait eu avec la voix qui ne semblait jamais le quitter ces jours-ci. « Le petit-déjeuner est prêt et vous avez du courrier. Du garçon. »
« Il m'a écrit ? » Voldemort se releva, impatient de voir ce que son garçon avait à lui dire sur l'école cette semaine.
« Il semblerait, mon Seigneur. J'ai laissé la lettre près de votre assiette. » Voldemort se dirigea à grand pas dans la salle à manger et aperçut l'enveloppe en parchemin, sans adresse. Il s'en saisit, ignorant le petit-déjeuner. Il se laissa tomber dans son siège et brisa le sceau.
Cher Monsieur,
J'espère que ma lettre vous trouvera en bonne santé et que les jours ne sont pas trop ennuyeux sans moi. Je m'adapte bien à l'école et je trouve mes cours satisfaisants. Vous aviez raison, la nourriture est aussi bonne que vous me l'aviez laissé entendre et mon lit est très confortable. Aller à l'école cette année était la bonne décision. Il n'y a pas d'endroits comme la maison, vous savez.
Mon professeur de Potions semble avoir des difficultés à repousser les attentions amoureuses d'un vampire. C'est assez hilarant à voir. Je sais que le vampire n'est pas vraiment intéressé il essaie juste de garder les choses vivantes. Je pense que c'est à moitié de l'ennui et une légère pointe d'attraction. Quoi qu'il en soit l'idée que quelqu'un sorte avec un de mes professeurs est légèrement dérangeante.
Après ma première nuit, les choses ont été plutôt calmes. Il y a eu des aperçus de celui que les gens appellent « l'élève du Seigneur des Ténèbres » ça et là. Des rumeurs folles circulent à l'école et même parmi les professeurs. C'est amusant de les entendre spéculer. La personne qu'ils décrivent est si puissante que Merlin lui-même en aurait eu peur. L'Angleterre perd le sommeil à cause du jeune Seigneur des Ténèbres... et pas de manière respectueuse. Toutes les filles ici semblent penser qu'il est.. un sacré amant... quelque chose à propos de meules de foin. Elles sont toutes complètement folles.
Quoi qu'il en soit, ça rend les choses plutôt intéressantes. Rien d'autre ne s'est passé depuis que je suis là, donc, je n'ai pas grand chose à dire. Je m'assurerai que ma prochaine lettre soit pleine de nouvelles... ou de plus de ragots. En tout cas, c'est amusant.
Sincèrement
Votre élève, Tom.
Voldemort gloussa en lisant la lettre du garçon, imaginant le type de ravage qu'il créait et l'amusement qu'il avait. « Mon garçon, oh, mon garçon. »
Dans le couloir, trois Mangemorts observaient le Seigneur des Ténèbres rire devant ce qui était clairement un morceau de parchemin vierge. On ne pouvait voir aucun mot du tout. Ils échangèrent des regards lourds de sous-entendus alors que leur maître pliait le parchemin et le rangeait dans la poche de ses robes. Il s'était parlé à lui-même toute la matinée, allant jusqu'à se disputer avec lui-même à propos du garçon, de son familier et de qui savait quoi d'autres. Ce comportement dérangeant, ces attaques de folies devenaient alarmantes pour tout le monde. Il était temps d'agir. « Contacte le jeune Seigneur des Ténèbres. »
« Et comment je suis supposé faire ? » demanda le Mangemort désigné aux autres.
« Trouve Robinson. Il devrait savoir. » Le Mangemort acquiesça et s'éloigna des deux autres, les laissant observer le Seigneur des Ténèbres. Il en fut content quand il entendit Voldemort crier.
« C'est inacceptable ! » Le mage noir lança les couverts de la table et se tourna vers les Mangemorts restant. « Crucio ! »
Minerva McGonagall se laissa tomber sur son fauteuil préféré et soupira, se sentant plus vieille que jamais. Ce n'était pas que l'enseignement, la paperasse et le début d'une nouvelle année qui lui pesaient. C'était le sentiment que dégageait l'école dans son ensemble, comme s'ils avaient tous perdu quelque chose quand Dumbledore avait pris sa retraite, comme si une partie de l'énergie et de la joie des jeunes avait disparue. C'est vrai qu'ils étaient aux portes de la guerre mais malgré tout, la totale perte d'optimisme pesait sur ses élèves comme jamais.
Surtout le garçon. Elle pensait toujours à lui comme « le garçon » ces jours-ci malgré le fait qu'il commençait à ressembler à un vieil homme, usé et méfiant du monde qui l'entourait. Une fois qu'il avait entendu les rumeurs sur le jeune Seigneur des Ténèbres, il avait semblé un peu hanté, un peu incertain des gens qui l'entouraient. Comme à chaque fois qu'une nouvelle rumeur apparaissait, il y avait des répercussions sur Harry Potter. La presse n'aidait pas et il y avait des élèves qui parlaient contre le Gryffondor, comme si c'était de sa faute si les choses en étaient arrivés là. Comme si Harry Potter pouvait être le jeune Seigneur des Ténèbres ! Elle en rit alors qu'elle se relevait et quittait son bureau.
Elle mettait un point d'honneur à être vue arpenter les couloirs de Poudlard ces jours-ci. Elle voulait que les élèves sachent qu'elle partageait le même espace qu'eux, qu'ils pouvaient venir la voir quand ils voulaient. Elle était leur directrice après tout. Les élèves devraient pouvoir lui parler tous les jours sans avoir à deviner des friandises ou faire le chemin jusqu'à son bureau.
Elle tourna un coin et entendit rire au bout du couloir. C'était insouciant et légèrement hystérique. Elle était curieuse de voir ce que préparaient ses élèves. Elle se dirigea vers le fond du couloir aussi silencieusement que possible et jeta un coup d'œil au coin. La première personne qu'elle vit était le sujet de ses pensées un peu plus tôt. Harry Potter était appuyé contre le mur, se tenant les côtes alors qu'il rejetait la tête en arrière et riait à nouveau.
« Et là, accroche-toi bien, il a gloussé. Il s'est juste laissé tombé sur son fauteuil et a gloussé. Je te jure, Harry. Je me suis presque tué à essayé de ne pas me moquer de lui. Je veux dire, il est censé être cette grande personne effrayante, si effrayante qu'on ne peut pas prononcer son nom et il a gloussé. » Le garçon avait un léger accent qu'elle ne pouvait placer mais il semblait que Harry et lui se connaissaient plutôt bien.
« Tom, sérieusement ! » Harry se pencha en avant, s'appuyant contre le mur alors que son dos se soulevait pendant qu'il essayait de reprendre son souffle. « Je ne peux pas... » Il rit à nouveau en secouant la tête.
Minerva aperçut l'autre garçon et eut un hoquet silencieux. C'était l'autre garçon ! L'élève du Seigneur des Ténèbres ! Donc, il y avait une certaine vérité aux rumeurs qui disaient qu'il était à Poudlard. Étrange qu'elle ne le reconnaisse pas comme étant un élève. Elle vérifia ses robes pour apercevoir son écusson mais elles étaient simplement noires. Les deux adolescents semblaient totalement insouciants alors qu'ils discutaient et riaient ensemble. Minerva les observa quelques minutes de plus. Ils semblaient très bien se connaître si on se fiait à leur interaction.
« Est-ce que tu as entendu ? » demanda brusquement le garçon.
« Non, rien, répondit Harry avec légèreté. J'entends toujours le Seigneur des Ténèbres glousser. C'est aigu, pas vrai ? »
« Heu, maintenant que tu le dis... ça l'est ! » Les deux garçons se remirent à rire.
Minerva franchit le coin et se resta à les regarder. Les deux garçons relevèrent la tête en même temps et leur sourire s'estompa un peu. Harry murmura quelque chose à son ami et s'avança, empêchant son professeur d'approcher. Elle vit l'autre garçon faire demi-tour dans un tourbillon de robes et partir.
« Hors de mon chemin, Monsieur Potter. Je dois seulement parler à votre ami. »
« Quel ami, professeur ? » demanda Harry avec confusion.
« Votre ami... » Elle s'interrompit quand elle vit que l'autre jeune avait disparu. « Où est-il allé ? » demanda-t-elle au jeune homme devant elle.
« Où est allé qui ? » répondit celui-ci avant de hausser les épaules. « Si vous voulez bien m'excuser, Professeur... J'ai des devoirs à finir. » Il lui fit un signe de tête quand il la dépassa. « Il le cherche ici, ils le cherche là, les élèves le cherchent partout ! » Il tourna à un coin et disparut. Minerva resta là quelques minutes, indécise, essayant de peser ses options sans contrarier ce qu'elle savait devoir faire. Il y avait toujours le parchemin. Elle savait que Tom répondrait aux messages qu'elle enverrait. Elle préfèrerait de loin un face à face. C'était juste un garçon mais elle en savait peu sur ses motivations. Il ne semblait pas vouloir faire du mal à qui que ce soit mais il revendiquait toujours son statut d'élève du Seigneur des Ténèbres sans scrupule. Il semblait très jeune, surtout quand il riait avec Harry Potter mais ses yeux avaient été tristes et fatigués la première fois qu'elle l'avait rencontré. Il était une énigme et elle n'était pas sure que le poursuivre serait la meilleure chose à faire en ce moment. Elle passa ses bras autours d'elle et soupira, ressentant chacune de ses années.
Paul laissa tomber son sac près de la porte et enleva ses chaussures en poussant un soupir de soulagement. Après vingt six heures à St Jude, c'était bon d'être de nouveau à la maison. Son patient actuel était devenu violent et avait attaqué les autres élèves et le personnel sans retenue. Il avait fallu trois infirmiers pour le maîtriser et même Paul n'avait pas été en sécurité avec lui. Son visage affichait la preuve d'un coup de poing bien placé auquel il ne s'était pas attendu.
Malheureusement, Saint Jude avait une politique stricte contre les attaques physiques et le garçon avait été transféré dans une unité de traitement pour adolescent jusqu'à ce que son comportement se stabilise. Paul irait le voir une fois par semaine dans l'espoir qu'il puisse revenir à Saint Jude une fois qu'il aurait fait des progrès dans le contrôle de sa colère et de ses attaques violentes. Tu ne peux pas aider tout le monde, Paul se rappela-t-il encore en se sentant un peu perdu. Il voulait tellement aider tout le monde. Il devait juste se faire à l'idée que tout le monde n'avait pas besoin du type d'aide qu'il pouvait apporter. Certains avaient besoin d'autres chose et d'autres personnes. Il alla dans sa petite cuisine et ouvrit le frigo, cherchant quelque chose qui calmerait son estomac qui grognait. Il ne voulait pas d'un repas complet, il voulait juste un petit quelque chose qui apaiserait sa faim pour qu'il puisse dormir huit heures avant de retourner à Saint Jude le lendemain.
Il choisit un yaourt et ferma le frigo, s'arrêtant pour étudier les photos qui y étaient affichées. Ces enfants étaient ses succès, les enfants qui étaient retournés à leur vie avec les compétences et les mécanismes de gestion qui leurs permettraient de vivre leur vie sans retomber dans les problèmes qui les avaient conduits à Paul. La dernière photo lui causait toujours un moment d'inquiétude quand il la regardait. Harry était encore présent dans les pensées du thérapeute bien qu'il soit considéré comme étant un succès par Saint Jude. Il s'était remis de sa dépression et de son anxiété, avait un réseau de support merveilleux et était une personne formidable que Paul appréciait de connaître. Cependant, il y avait des choses qui inquiétait le psychiatre : la capacité de l'adolescent à cacher ses pensées et ses sentiments même quand il avait la possibilité de les partager, son sens écrasant de responsabilité pour les actions des autres et sa certitude qu'il ne survivrait pas au monde magique. Tout cela lui faisait se demander quelle aide exactement il avait été pour le garçon.
Il soupira. Ce n'était plus ses affaires maintenant. Harry était retourné à sa vie et aucun rendez-vous de suivi n'avait été programmé. Il avait appelé Pétunia en lui exposant certaines de ses inquiétudes mais cette dernière croyait fermement que son neveu était suffisamment remis pour retourner à l'école et à sa vie. Il lui avait demandé de prévoir un rendez-vous pendant les vacances d'hiver mais elle voulait demander à Harry ce qu'il en pensait d'abord.
Paul alla dans son salon et s'arrêta, choqué, quand une lumière s'alluma. Là, assis dans son salon, il y avait un vampire. Paul le fixa une minute, un peu surpris que parmi tous les termes rationnels qu'il aurait pu choisir pour décrire son visiteur, il avait choisi le mot vampire. L'homme lui sourit en lui faisant signe d'approcher. Le psychiatre eut conscience de plusieurs choses d'un coup. Quelqu'un était entré dans sa maison sans déclencher l'alarme. Cette personne s'était mise à l'aise dans son salon : il y avait un verre d'eau sur la table basse et un roman sur ses genoux. Et le plus inquiétant, il semblait content de voir Paul.
« Bonsoir, Docteur. J'étais impatient de vous rencontrer. J'ai beaucoup entendu parler de vous. » La voix douce glissa jusqu'aux oreilles du thérapeute.
Ce dernier cligna des yeux et secoua la tête. « Je suis désolé. Je ne savais pas que nous avions un rendez-vous. »
« Oh, vraiment ? Un oubli, j'en suis sûr. S'il vous plaît, appelez-moi Vlad. »
Et merci à Cyrielle pour ses corrections
