Chapitre 72 : Réunions et messages
Vlad sortit sur son balcon. Son poing serrait une note de Cassius. Les lumières de la ville clignotaient au loin. Les bruits de Londres étaient assourdis par la distance entre sa maison et la métropole. Cassius était inquiet pour son pupille à Poudlard et Vlad ne pouvait nier qu'il était également soucieux pour le garçon. Il y avait quelque chose de forcé dans les lettres joyeuses de Harry et il était évident que ce dernier lui cachait quelque chose.
Rendre visite au médecin du jeune homme avait presque été une perte de temps. Le docteur pensait être impénétrable et ne lui avait rien révélé. Si Vlad avait été un mortel, le médecin aurait eu raison. Il était très doué pour cacher ses émotions mais Vlad pouvait ressentir les changements subtils que les humains étaient incapables de percevoir. Ces changements lui avaient indiqué que ses interrogations étaient dans le vrai. Le docteur était inquiet et pour de bonnes raisons.
Harry prévoyait de mourir. Il n'allait pas se suicider, oh non. Il allait juste affronter Voldemort et se laisser tuer en même temps que ce monstre. Il ne pouvait pas voir de vie pour lui après avoir accompli sa destinée.
Pour Vlad, c'était inacceptable et, heureusement, ça l'était aussi pour Paul Lauter. Même si ce dernier ne lui avait pas dit, Vlad était rassuré de savoir que Paul se battrait contre Harry lui-même s'il le devait, afin de lui sauver la vie. Et Paul Lauter allait devoir faire face à une longue bataille. Il aurait besoin de soutient. Le médecin de Harry ne serait pas seul, même s'il n'avait pas apprécié que Vlad lui rende visite. Peu de mortels appréciaient, pour être honnête. Harry et sa famille faisaient partie des rares personnes qui l'acceptaient pour ce qu'il était. Même le loup-garou domestique qui conseillait l'adolescent l'avait accepté et l'histoire entre son espèce et les vampires n'était pas neutre, loin de là.
Vlad avait ressentit les demandes du médecin qu'il quitte sa demeure comme des coups physiques. Surtout qu'il n'avait absolument aucune invitation pour être dans sa maison et qu'il était difficilement supportable de rester dans les lieux. C'est une des choses que les humains oubliaient à propos des vampires : ils ne pouvaient pas entrer chez quelqu'un sans permission à moins de faire face à de sérieuses répercussions. Vlad avait fini par en avoir assez de cet humain irritant (et de la douleur qu'il endurait) et s'était avancé. Il l'avait plaqué contre le mur. Il avait pu ressentir de la colère mais, étrangement, aucune peur. Il s'était penché pour murmurer à l'oreille du médecin.
« Vous avez toutes les raisons d'être en colère, docteur. Je suis venu dans votre maison sans y être invité et, croyez-moi, je ne prévois pas de rester plus longtemps que nécessaire. Voyez-vous, il est extrêmement inconfortable pour moi d'être dans votre maison sans permission. Souvenez-vous-en, mon ami. Mais qu'importe la loi ou les convenances. Je dois sauver ce garçon. Il a tant perdu et il mérite tellement mieux. Je n'aurai pas de repos tant qu'il ne sera pas en sécurité, même s'il a besoin qu'on le sauve de lui-même. Je le verrai sauf et heureux. Je ferai tout ce qu'il faut, docteur. Quand le temps sera venu, vous serez là, que vous veniez à ma demande ou juste pour Harry, vous serez là. Si vous pensez que je ne peux pas vous forcer, croyez-moi, je peux. Je suis capable d'apporter le chaos si je le veux. Ne me forcez pas à le faire. »
Le médecin l'avait surpris. Il s'était libéré de la prise de Vlad et s'était avancé vers lui. « Essayez juste de m'arrêter, avait-il grondé. Maintenant, quittez ma maison. Vous n'y êtes pas le bienvenu. »
Hum... Vlad se demandait si Harry l'avait instruit sur la manière d'agir en présence de vampires. Il s'était incliné en adressant au médecin un sourire ironique. « Je trouverai la sortie, Docteur. » Il avait disparu et s'était arrêté à l'extérieur pour jeter un coup d'œil à l'intérieur pour voir comment l'humain réagissait aux chocs qu'il avait reçus dans la soirée. Il avait entendu quelques grommellements à propos de la soirée qui avait pris une tournure bizarre avant que le psychologue ne monte à l'étage. Cet homme, cet ami de son fils, avait de l'esprit.
Vlad aurait besoin de cet esprit si la bataille contre Harry allait être aussi difficile que Neith le prévoyait. Il devait faire quelques préparatifs et il devait les faire rapidement.
Harry s'installa sur l'herbe à une distance respectable du château. Un sort protégeait sa cape contre la fraîcheur qui baignait le parc de Poudlard. Cela faisait quelque temps que le dîner était fini et le couvre-feu approchait rapidement. Harry avait soudain été incapable de supporter d'être en présence des autres, surtout quand il écoutait leurs conversations. S'il était honnête envers lui-même, il se demandait si ses précédents séjours à Poudlard n'étaient rien qu'une perte de temps et de talents. Il était là, à dix-sept ans, regrettant déjà la vie qu'il avait eu dans le monde magique.
Il posa ses bras sur ses genoux et rejeta sa capuche pour que la brise lui caresse les cheveux. Est-ce que tout n'était que gâchis ? Le combat ? Affronter les ténèbres ? Est-ce que ça valait le coup ?
Son illusion de Tom avait affolé tous les résidents de Poudlard, surtout que Tom était supposé être l'élève du Seigneur des Ténèbres. Toutes les filles au-dessus de la deuxième année semblaient déterminées à lui extorquer un rendez-vous. Les premières et secondes années le considéraient comme un mystère excitant. Et les jeunes hommes de Poudlard étaient partagés entre l'envie de se lier d'amitié avec lui et celle de l'éviter. McGonagall était concentrée sur l'idée de le coincer pour l'interroger sur le Seigneur des Ténèbres et sur ses plans. Snape rôdait et il était évident qu'il voulait attraper l'adolescent dès que possible. La seule personne ravie de le voir (sans être circonspecte ou suspicieuse) était Dumbledore. Cela voulait dire que Harry venait rendre visite à son grand-père et il avait toujours quelque chose d'intéressant ou d'amusant à raconter.
Harry appréciait également rendre visite à Dumbledore dans sa chambre à l'Infirmerie. Ce dernier lui avait confié que la seule raison pour laquelle il était à l'Infirmerie était que le reste du personnel de Poudlard était convaincu qu'il avait perdu toutes ses facultés. « Je suis peut-être vieux, mon garçon, mais je ne suis certainement pas sénile. Juste vieux... Trop vieux, diraient certains. Qu'importe. Je pense que ma prochaine grande aventure est juste un peu lente à arriver, c'est tout. Et mon esprit n'est plus ce qu'il était. » Il avait admis cela alors qu'ils jouaient aux cartes, peu après le retour du jeune homme pour sa septième année.
« La prochaine grande aventure sera agréable, je suppose » avait dit calmement Harry alors qu'il rangeait les cartes de sa main. « Ça doit être mieux que ce que nous avons eu avant. »
« Tu penses ? » avait demandé le vieil homme en préparant la pioche et en jouant sa première carte.
« Oui » avait répondu l'adolescent en étudiant ses cartes. Il en avait joué une et avait grogné quand Dumbledore l'avait prise avec un petit gloussement content. « Grand-père, tu es trop fort à ce jeu »avait soupiré le jeune homme en secouant la tête. Trop vieux, mon œil !
Le temps qu'il passait avec Dumbledore était des moments où Harry pouvait se détendre vu que le vieil homme semblait comprendre ce que traversait l'adolescent. Il pouvait laisser un peu tomber ses défenses et être juste un adolescent au lieu de constamment jouer un rôle. Dumbledore n'avait fait aucun commentaire quand il l'avait trouvé lové sur son canapé un soir où il n'arrivait pas à dormir dans la Tour des Gryffondors. Le vieil homme n'avait fait que le couvrir quand il s'était assoupi et l'avait réveillé avant qu'on lui apporte son petit-déjeuner.
Harry devait admettre qu'avoir ses propres passages à travers le château rendait certaines choses, comme errer après le couvre-feu, beaucoup plus faciles. Il était désolé pour Monsieur Rusard qui était convaincu qu'un étudiant était mort et hantait les couloirs. Harry le laissait croire cela car la déduction de points aurait fait plonger Gryffondor dans le négatif dès la troisième semaine de cours.
Ses notes étaient moyennes et il ne faisait rien pour les améliorer. Il en faisait juste assez pour passer et rien de plus. Il était aidé par le fait qu'Hermione soit trop occupée avec ses devoirs et son rôle à Poudlard pour le surveiller comme elle en avait l'habitude. Il l'avait surpris en train de le regarder avec inquiétude mais rien n'en était encore ressorti.
Il ferma les yeux et baissa la tête pour étirer sa nuque. Il semblait avoir une migraine constante ces jours-ci. Ses maux de tête ne semblaient pas se calmer, qu'importe le nombre de potions antidouleur qu'il ingérait. Madame Pomfresh avait commencé à lui poser des questions après qu'il en ai demandée trois jours d'affilée. Il avait donc demandé à Kreacher d'en acheter un bon stock chez un apothicaire de Pré-au-Lard. Un filament magique effleura ses sourcils. La commissure de ses lèvres tiqua. Mage. Mage appela Poudlard. Harry reconnut sa présence et releva la tête. Des couleurs et des lumières dansaient devant ses yeux. Harry pensa percevoir un chant lointain en rythme avec les lumières. Poudlard chantait pour lui. Il eut un hoquet et s'ouvrit totalement, permettant à la magie du château de l'atteindre sans bouclier. Poudlard avait fait ça plusieurs fois depuis son arrivée en septembre et à chaque fois cela lui rappelait que l'école tenait à lui.
La chanson était intemporelle, cadencée et s'élevait dans les aigus pour retomber dans un registre plus grave en quelques secondes. Harry resta assis et regarda, sentant son humeur sombre s'apaiser alors que la chanson et les lumières bougeaient ensemble. C'était comme si Poudlard caressait son visage et essayait de chasser sa migraine. Merci Poudlard.
Mage, tu es toujours chez toi ici. La voix et la chanson s'estompèrent avec cette remarque finale, laissant les lumières et la musiques quelques minutes de plus.
Il entendit quelqu'un s'asseoir à côté de lui et se tourna pour découvrir Hermione qui l'étudiait. « Harry. Est-ce que quelque chose te tracasse ? »
« Tout va bien, Hermione. Je ne fais qu'admirer le spectacle » répondit-il en désignant le château.
« Le spectacle ? » demanda Hermione, perplexe. « Quel spectacle ? »
Harry tourna la tête et regarda son amie. Elle ne pouvait vraiment pas voir ce que Poudlard lui montrait. Il lui tendit la main. « Donne-moi la main. » Hermione s'exécuta et Harry tendit sa magie vers elle. Oui ? Quoi ? Il lui dit ce qu'il voulait et il sut qu'il avait réussi quand Hermione hoqueta.
« Harry, qu'est-ce que c'est ? » demanda-t-elle avec excitation en serrant sa main.
« Je ne sais pas comment ça s'appelle, admit-il. Je ne l'ai vu que récemment mais c'est beau. » Il haussa les épaules et la regarda. « Est-ce que ça te plaît ? »
« Je suis jalouse. Est-ce que tu vois ça tout le temps ? »
« Souvent. C'est mieux la nuit. Quelque fois, j'entends même une petite musique. » Il relâcha un peu sa concentration et Hermione pencha la tête alors que des notes de musiques s'élevaient.
« Je pense que je l'entends » dit-elle doucement. Elle resta immobile, serrant sa main alors qu'elle expérimentait la vue et les sons de Poudlard. « C'est magnifique. » Ils restèrent encore un peu, jusqu'à ce que les lumières et la musiques s'effacent complètement. Harry remercia silencieusement Poudlard pour lui avoir permis de partager cela avec Hermione. « J'ai une question, Harry » demanda la jeune fille en brisant le silence qu'ils partageaient.
« Quoi donc ? » Il lâcha sa main et se remit debout.
« Comment allons nous retourner au château sans nous faire prendre ? Le couvre-feu a commencé il y a un moment » lui dit-elle en regardant sa montre.
« Hum... » Harry réfléchit à la situation. Il était hésitant à partager ses passages secrets de Magus. « Tu veux faire ce qu'ils ont fait quand ils ont atterri sur Endor ? »
« Se camoufler ? »
« Voler tranquillement. »
« Comment sont tes sorts d'invisibilité ? »
« Ils devraient être parfaits » répondit la voix de Snape du bas de la colline. « Vous avez une idée du temps que j'ai passé à vous chercher, tous les deux ? » gronda-t-il.
« Environ une heure, répondit calmement Hermione. Bonsoir, Professeur Snape » ajouta-t-elle en s'éloignant de Harry et en le rejoignant. « Viens, Harry. Tu as besoin de dormir. Je peux voir que tu es fatigué. »
Le jeune homme hésita, ne voulant pas se coucher. Snape monta vivement la colline et attrapa son bras. « Je ne retourne pas au château sans vous. Votre valet fou me poursuit, Monsieur Potter, et je ne l'accepterai pas. Vous allez lui ordonner de me laisser tranquille ou les prochains jours seront les derniers pour vous. »
Harry ne voulait pas rire des mots prononcé par Snape mais, pour une raison inexpliquée, ils lui semblèrent extrêmement hilarants et il éclata d'un rire hystérique. Snape et Hermione le regardèrent, sidérés. Ils le laissèrent rire quelques instants avant qu'Hermione ne parle : « Heu, Harry ? Tu vas bien ? »
« Désolé » s'excusa-t-il d'une voix rocailleuse. « C'est juste que cette menace ne me fait pas vraiment peur... Je veux dire, combien de fois est-ce que j'ai failli mourir ici, à l'école ? » Il rit un peu plus et se dit qu'il fallait qu'il se reprenne s'il ne voulait pas finir enfermé à l'Infirmerie avec Dumbledore. Son rire s'épuisa et Snape ne fit que lever les yeux au ciel avant de désigner le château. Harry sourit à nouveau et se mit en route. Il entendit Snape grommeler à propos des enfants désobéissants et sans limite et de leur mépris total pour sa santé mentale et de son bien-être.
Un Cassius extrêmement agacé l'attendait à la porte, tapotant ses doigts contre le mur et ayant l'air vraiment mécontent. « Maître Harry, nous devons discuter de certaines choses, dit-il calmement. Et qu'entends-je sur le fait que vous étiez assis à même le sol avec des jeunes filles ! » Cassius saisit Harry par l'oreille et l'entraîna avec lui. Snape et Hermione se mirent tous les deux à glousser quand Cassius lâcha l'oreille de l'adolescent pour lui prendre le bras, grommelant sur les enfants, les pupilles et les mortels. Hum... Aucun soutient à attendre de Hermione ou Snape.
Harry soupira alors que Cassius l'emmenait dans une salle de classe vide et le faisait asseoir sur une chaise. Un elfe de maison apparut. Il portait un plateau de nourriture qu'il déposa sur une table à côté avant de disparaître de la pièce. « Maintenant, maître Harry, sauter le dîner n'est pas permis. Votre père m'a donné des instructions très précises. Vous devez manger. Après que vous ayez mangé, vous dormirez. Si vous ne faites pas ces choses comme je vous l'ai ordonné, vous serez retiré de cet institut et renvoyé à la maison chez votre père. »
Harry resta bouche bée un moment. « Oncle Cassius, pour être honnête, tu ne me fais pas vraiment peur. Plus vraiment. »
« Et votre père vous fait-il peur ? » demanda Cassius en posant le plateau devant Harry et en lui faisant signe de commencer. L'adolescent regarda ce qu'on lui servait : une simple soupe, du pain frais, des fruits et un jus quelconque. Il reconnut la version sans alcool de la boisson qu'il avait préférée chez Dracula.
Il regarda Cassius en souriant. « Pas vraiment. »
« Vraiment ? Et bien, il devrait vous faire peur. Et moi aussi. Le vernis de politesse que nous portons berne la plupart des mortels mais vous êtes plus malin que ça. Au fond de nous, nous sommes des prédateurs et vous êtes toujours une proie, maître Harry. »
L'adolescent prit un peu de pain pour commencer. Il soupira et secoua la tête. « Je ne pense pas que quoi que ce soit me fasse peur, pour être honnête. Pas vraiment. »
Cassius devint complètement immobile et Harry ne put s'empêcher d'être un peu inquiet. Il n'avait jamais vu Cassius s'immobiliser complètement auparavant. Ça faisait froid dans le dos et il ne put s'empêcher de chercher un chemin hors de la pièce. Par la fenêtre peut-être ?
« Vous devriez vous souvenir, Maître Harry, que ne rien craindre est à un pas de plus avant devenir mort-vivant dans notre monde. Il est très facile de justifier un nombre de mauvaises décisions quand vous vous sentez comme ça. Devons-nous faire venir votre docteur ? Je pourrais très facilement l'arranger et je serai heureux de le faire si vous en avez besoin » lui dit Cassius en ayant l'air inquiet.
« Non merci, Oncle Cassius. Je vais bien. » répondit Harry d'un ton dédaigneux. La dernière chose dont il avait besoin était que Paul vienne à Poudlard. En fait, c'était juste de voir Paul. Paul saurait... il saurait juste.
« J'en doute vraiment, maître Harry. Maintenant mangez. Puis vous dormirez » lui ordonna le vampire en s'asseyant en face de lui. « Maintenant, maître Harry. »
L'adolescent prit sa cuillère et commença sa soupe, calmant le vampire en face de lui. Il savait que Cassius soupçonnait quelque chose mais il n'y avait rien qu'il puisse faire qui l'apaiserait vraiment. C'était presque fini de toute façon. Rien ne l'arrêterait. Au moins, la soupe et le pain étaient bons. Son estomac d'adolescent, une fois qu'il savait que la nourriture arrivait, demanda qu'il mange et il céda, finissant avec le cocktail. Il fut soudain fatigué et il jeta un regard noir à Cassius.
« Je n'ai rien fait de tel, l'informa Cassius en l'aidant à se lever. Vous êtes simplement épuisé et repus. Allons vous coucher. » Il fit signe à Harry de le suivre et ce dernier traîna derrière le vampire. Il était trop fatigué pour argumenter. Il fut au lit quelques minutes plus tard avec Cassius qui se tenait au-dessus de lui avec un air pensif. Harry repoussa l'idée que ce dernier puisse être inquiet et permis à ses yeux de se fermer pour s'endormir.
Robinson ne passait pas une bonne journée et ça se voyait. Elle avait commencée comme tous les autres jours. Il avait pris son petit-déjeuner avec ses parents. Il les avait ignorés quand ils parlèrent du fait qu'il n'était toujours pas marié en lisant la Gazette du Sorcier. Puis il avait quitté la maison et les avait laissés à leurs chamailleries pour aller à la boutique. Il l'avait ouverte en attendant son patron et avait rangé quelques articles à leur meilleure place.
Sa journée empira quand la cloche au-dessus de la porte sonna et qu'un homme entra. Il alla directement vers Robinson, le soulagement évident sur son visage. « Robinson, est-ce que je peux te parler une minute ? » demanda-t-il d'une voix où perçait l'urgence.
« Je travaille, Williams. En plus, on ne peut pas parler ici » l'avertit Robinson en jetant un coup d'œil vers son manager et quelques-uns des clients.
« Je dois te parler maintenant. C'est urgent. » Williams attrapa son bras et le secoua un peu.
« Qu'est-ce qui peut être si urgent que tu viennes me trouver au travail » siffla Robinson.
« Nous devons contacter le jeune Seigneur des Ténèbres. Est-ce que tu sais comment faire ? »
« Non » admit Robinson. Il s'arrêta avant de repousser un peu Williams et d'aller vers son chef. Ce dernier accepta de lui donner une petite pause pour la visite de son ami mais il devait revenir dans une demi-heure.
Robinson conduisit Williams dans une rue dans une zone à moitié privée et se retourna vers l'autre homme. « Qu'est-ce qui est si urgent que ça ne puisse pas attendre ? »
« Le Seigneur des Ténèbres est fou, Robinson. Il a complètement perdu l'esprit. »
« Nous le savions déjà, Williams. Ça fait un moment qu'il est comme ça maintenant, contra Robinson. Est-ce que c'est tout ? »
« Robinson, il faut que tu informes le jeune Seigneur des Ténèbres du fait que les jours de l'actuel Seigneur des Ténèbres sont comptés. S'il ne vient pas pour contrôler le monstre, il n'aura plus à s'inquiéter du tout de lui. Nous le suivront mais aucun de nous ne suit Vol... Le Seigneur des Ténèbres. Plus maintenant. »
Robinson regarda Williams et secoua la tête. « Je lui dirai si je le vois mais ce n'est pas comme si je connaissais son adresse de Cheminette. D'après ce qu'a dit le Seigneur des Ténèbres, le jeune Seigneur des Ténèbres est à l'école. Et je ne sais pas laquelle » ajouta-t-il avant que Williams ne puisse demander.
« Et bien, j'essaierais de le contacter si j'étais toi. La situation est devenue précaire et tout le monde risque d'agir pour préserver ses intérêts. La dernière chose dont nous avons besoin est que quelqu'un prenne le pouvoir sans se soucier de ceux d'entre nous qui ont été recrutés contre notre volonté. Tu sais ce qui nous arrivera si ça devait se produire. »
Robinson ne put qu'acquiescer, sachant la probabilité qu'ils soient torturés et utilisés comme chair à canon contre les Aurors. Il n'avait jamais voulu rejoindre les Mangemorts et il était à présent forcé de vivre avec les conséquences d'une décision prise pour lui.
