Bonsoir tout le monde! ('Fin, s'il reste encore du monde qui attend la suite de cette histoire ^^)
Croyez-moi, je désespérais tout autant que vous de voir ce chapitre être publié un jour! ET IL EST ENFIN LA!
Alors, je vous avoue que je publie ce dernier chapitre avec un sentiment très mitigé. Je suis vraiment contente et fière d'avoir enfin pu apporter un point final à cette histoire. Mais, à la fois, je me sens un peu triste à l'idée de dire au revoir à ces personnages...
Bon, on n'y est pas encore ceci dit! Parce que, comme vous pouvez le voir, ce n'est que la 1ère partie du chapitre. En effet, au vu de la taille du monstre, j'ai préféré le diviser en 2.
MAIS, pas de panique, la deuxième partie est déjà écrite! Et elle sera publiée la semaine prochaine (ou maximum celle d'après)! J'attendrais donc ce moment-là pour sortir les mouchoirs!
Allez, je vous ai déjà assez fait attendre, je ne vais pas en plus vous noyer dans mon blabla de début de chapitre qui n'intéresse personne!
Bonne lecture à .s!
LSAfor
PS: Le chapitre n'ayant pas été corrigé, je vous prierais de m'excuser d'avance pour les fautes que vous pourrez rencontrer et qui vous piqueront surement les yeux!
Précedemment dans Now That You Know: Après le mariage de Lincoln et Octavia durant lequel Clarke a enfin appris la véritable raison de leur rupture, Lexa a fini par retrouver la raison (grâce un peu à sa mère, qui l'aurait cru hein?) et a décidé de rester à New-York en disant à Clarke qu'elle ferait tout ce qu'elle veut. Clarke l'a prise dans ses bras, puis elle a décidé de prendre les choses en main. Après une réunion au sommet avec toute la clique, Lexa s'est lancée dans un plan du tonnerre pour piéger Nia et les Wallace. Bon, avant ça, elle a aussi viré Titus le traitre et lui a dit d'aller s'exiler dans un endroit où il avait tout intérêt à ne jamais la croiser. Le plan s'est déroulé presque sans encombre. Jusqu'à ce que Nia la Garce des glaces préfère mettre fin à sa vie plutôt que d'admettre défaite. Clarke a cru que c'était Lexa qui s'était faite tirée dessus, elle s'est donc précipité dans ses bras, elles se sont embrassées mais elle a réalisé qu'elle n'avait plus confiance en elle. Lexa lui a fait la promesse qu'elle ferait tout pour la reconquérir... Donc, quand l'hôpital de Clarke a organisé un gala de Noël, elle a directement sauté sur l'occasion, s'y est rendu... Et s'est complètement dégonflée. Jusqu'à ce que Luna l'a provoque en faisant du rentre dedans à Clarkie. Lexa a pété un cable, Clarke lui a promis qu'il n'y avait qu'elle (en mode y'avait besoin de le clarifier), elles ont failli se faire un bisou bisou et Lexa a proposé un rencard à Clarke.
Voili voilou pour le petit résumé!
Chapitre 42: The Last One Partie I
Quatre mois plus tard…
Lexa avait toujours été quelqu'un de matinal. Les matins où elle se réveillait après l'aube étaient rares.
Elle adorait commencer sa journée alors que le soleil se levait. Et ce jour-là ne dérogeait pas à la règle.
Même si, techniquement, elle n'avait pas dormi et que, de ce fait, sa journée de la veille ne s'était jamais réellement terminée.
Mais, alors qu'elle se trouvait dans un de ses endroits préférés sur Terre, à observer le soleil faire son apparition à l'horizon, elle réalisa qu'elle ne ressentait aucune fatigue. Au contraire, elle se sentait complètement excitée et revigorée et nerveuse en pensant à la journée qui commençait tout juste.
Elle se redressa légèrement de la rambarde contre laquelle elle était appuyée et baissa les yeux vers les initiales qui y étaient gravées.
C + L
Elle attrapa le couteau qui se trouvait dans sa poche intérieur et l'observa à son tour.
Il s'agissait du couteau qu'Anya lui avait offert pour ses vingt et un an et que Clarke avait utilisé pour graver ces initiales.
Et Lexa n'arrivait pas à croire qu'un an s'était déjà écoulé depuis ce fameux jour. Tout comme elle n'arrivait pas à croire que seulement un an était passé.
Elle avait l'impression d'avoir vécu une multitude de vies durant cette année. Une multitude de vies qu'elle n'avait pas prévu de vivre ce jour-là, lorsqu'elle avait regardé Clarke graver les initiales de leur amour dans le bois face à elle.
Et elle savait que, même si elle tentait, cette fois-ci, d'anticiper l'année qui arrivait, elle risquait d'être une nouvelle fois pleine de surprises, d'aventures et de mésaventures inattendues.
Mais elle ne voulait pas l'anticiper, elle ne voulait pas tenter de prévoir ce qui était imprévisible.
La vie était pleine d'incertitudes et, alors que cette pensée avait eu le don de l'effrayer par le passé, dorénavant, elle acceptait cette vérité avec une sérénité presque déconcertante.
Parce qu'elle avait l'élément, le composant, dans sa vie dont elle était certaine.
Et il était le plus important.
Alors que ses doigts s'étaient mis à jouer distraitement avec son couteau, son regard se posa de nouveau sur les initiales inscrites sur la rambarde et un sourire heureux se dessina sur ses lèvres.
∞ Flash-Back I
- Je reviens avec vos desserts, indiqua le serveur.
Clarke lui répondit par un sourire aimable et attendit qu'il prenne congés pour reporter son attention sur Lexa, assise face à elle à la table qu'elles occupaient au restaurant Per Se.
Il s'agissait de la même table qui les avait accueillies lors de leur premier rendez-vous et Clarke savait que ce n'était pas une coïncidence.
Elle savait que Lexa l'avait fait exprès. Parce qu'elle avait beau tenter de le cacher, elle était la personne la plus romantique que Clarke connaissait.
Leur fameux rendez-vous galant était arrivé. Rendez-vous galant qu'elle avait attendu avec impatience, excitation et appréhension depuis que Lexa et elle s'étaient quittées après le Gala de l'hôpital.
Mais son appréhension semblait complètement dérisoire face à celle que la femme face à elle affichait depuis le début de la soirée.
Et pourtant, elle avait tenté tant bien que mal de la cacher. Elle s'était montrée plus que galante et attentionnée tout le long de leur diner. Elle lui avait posé de nombreuses questions, sur l'hôpital, l'internat, leurs amis. Et elle l'avait écouté avec attention. Comme à son habitude.
Elle lui avait parlé à son tour de ce qui se passait à Woods & Co, sur l'avancée de ses projets, sur le procès des Wallace, sur sa nouvelle entente avec sa mère et ses difficultés à s'y faire.
Mais les conversations étaient restées très superficielles et Clarke ne pouvait s'empêcher de se sentir frustrée.
- Je – hum – j'ai pensé qu'après le diner, si ça te tentait, on pourrait retourner au MoMa, déclara Lexa en triturant distraitement la serviette qui se trouvait sur la table devant elle. Je me suis dit qu'on pourrait enfin finir notre visite…
Il n'en fallu pas plus à Clarke pour comprendre qu'elle avait vu juste. Lexa tentait de recréer leur premier rendez-vous.
Et, même si elle trouvait l'idée adorable, un sentiment de malaise se créa au creux de sa poitrine.
Elle tenta de l'ignorer tant bien que mal et adressa à Lexa un sourire avec l'intention de lui répondre par l'affirmative. Mais au moment où elle ouvrit la bouche, aucun son n'en sortit et elle se retrouva à pousser un petit soupir.
Elle savait que Lexa était stressée par ce rendez-vous et elle voulait tout faire pour l'aider à se sentir mieux.
Mais lui mentir ne l'aiderait pas. Mentir ne les aiderait pas.
Après tout, elles étaient là pour tenter d'arranger les choses entre elles. Et ce n'était pas en commettant les mêmes erreurs que dans le passé qu'elles y arriveraient.
- Tu sais Lex, je me souviens parfaitement de notre premier rendez-vous, lui dit-elle donc d'une voix douce. Je m'en souviens comme s'il s'était passé hier. Je me souviens de nos conversations, de tes sourires, de nos baisers. De la sensation de tes doigts contre ma peau…
Un nouveau sourire se dessina sur les lèvres de Lexa qui la regardait avec un mélange d'affection et de confusion.
- Et j'adore le fait que tu essayes de nous le faire revivre. C'est adorable et attentionné et – et romantique.
Quelque chose dans le ton de sa voix amena le sourire de Lexa à disparaitre petit à petit.
- Mais? comprit cette dernière.
Clarke se mordit l'intérieur de la joue et répondit lentement:
- Mais je n'ai pas forcément envie de les remplacer par des souvenirs qui y ressembleraient. Je ne veux pas d'une espèce de nouveau départ…
Un silence s'installa durant lequel Lexa évita de regarder dans sa direction.
- Je ne cherchais pas à les remplacer, finit-elle par dire. Je me suis dit qu'après tout ce qu'il s'était passé, peut-être que de se remémorer ce qu'on avait pourrait nous faire du bien…
Elle s'éclaircit la gorge et ajouta:
- Tu as raison, c'était stupide comme idée.
- Non, c'était mignon, assura immédiatement Clarke.
Elle pencha la tête sur le côté pour tenter d'attirer son regard fuyant et lui adressa un sourire rassurant.
- Vraiment mignon, ajouta-t-elle. Mais sache que je n'ai pas besoin de tout ça pour me rappeler de ce qu'on avait… C'est gravé en moi… Et je serais plus que contente de retourner au musée avec toi et de revivre notre premier rencard. C'est juste que –… je ne sais pas, j'espérais qu'on utiliserait cette soirée pour parler de… maintenant…
Elle termina sa phrase d'un ton incertain.
Elle ne savait pas vraiment comment expliquer à Lexa qu'elle n'attendait pas qu'elle lui rappelle pourquoi elle était tombée amoureuse d'elle. Elle s'en souvenait parfaitement.
Elle le ressentait toujours parfaitement.
Non, la seule chose qu'elle avait attendu de ce rendez-vous c'était juste une réassurance.
Une réassurance qu'elles allaient guérir. Une réassurance qu'elles allaient pouvoir avancer. Et elle n'était pas sûre qu'elles réussiraient en contemplant leur passé.
Le regard toujours fixé sur la table, Lexa se sentit vraiment stupide.
Bien sûr qu'un voyage dans le temps n'allait pas résoudre leurs problèmes. Bien sûr que ce n'était pas ce dont Clarke avait besoin aujourd'hui. Ce dont elle avait besoin, c'était qu'elle lui prouve qu'elle pouvait lui refaire confiance.
Et ce n'était pas en tentant des gestes romantiques foireux qu'elle y arriverait.
Non, ce qu'il lui fallait pour y arriver c'était de faire ce qu'elle avait toujours eu du mal à faire.
S'ouvrir.
Lui parler de ce qu'il s'était passé, essayer de communiquer pour lui montrer que de son côté, elle était là pour de bon.
Clarke la vit se renfrogner dans son silence et se sentit de plus en plus coupable.
Bon sang, pourquoi avait-il fallu qu'elle parle?
- Lex, je suis désolée je ne voulais pas –
- Ça te dit qu'on s'en aille ailleurs? l'interrompit Lexa, une nouvelle détermination se dessinant dans son regard. Quelque part où on n'a jamais été ensemble?
Prise par surprise, Clarke la fixa quelques secondes sans rien dire avant de retrouver ses esprit et d'acquiescer.
Le serveur arriva à ce moment-là avec leurs desserts.
- Nous allons les prendre à emporter si ça ne vous dérange pas, demanda Lexa tout en fixant Clarke pour avoir son accord.
Cette dernière acquiesça de nouveau tout en esquissant un grand sourire.
Elle se demandait ce que Lexa pouvait bien avoir en tête.
Et plus de trente minutes plus tard, lorsqu'elle se retrouva à fixer le grand bâtiment de Woods & Co devant lequel leur chauffeur venait de les déposer, Clarke se retrouva de nouveau prise complètement par surprise.
- De tous les endroits auxquels j'aurais pensé que tu nous emmènerais, je t'avoue que celui-ci ne m'a même pas traversé l'esprit, déclara-t-elle sans quitter l'impressionnante façade des yeux. Et je te signale qu'on a déjà été ici ensemble!
Lexa laissa échapper un léger rire à côté d'elle avant de lui offrir sa main.
- Woods & Co a encore beaucoup à te dévoiler, lui répondit-elle.
Clarke baissa les yeux vers la main offerte puis la saisit délicatement. Un soubresaut se fit sentir dans son estomac tandis que leurs doigts s'entremêlèrent naturellement.
Et pendant quelques secondes, le temps sembla se figer.
Elles oublièrent où elles se trouvaient, elles oublièrent ce qu'elles faisaient. Le monde autour disparut et la seule chose dont elles semblaient avoir conscience c'était la sensation de la main de l'autre.
Puis, un bruit de klaxon se fit entendre non loin d'elles et les obligea à revenir à la réalité.
Lexa les guida silencieusement dans le bâtiment désert au vu de l'heure tardive. Elle salua les deux agents de sécurité qui les accueillir et s'avança vers les ascenseurs qu'elle appela en appuyant sur le bouton.
- Tu vas enfin me dire ce qu'on fait là? demanda Clarke alors qu'une cabine s'ouvrait.
Lexa la laissa entrer la première puis lui emboita le pas et appuya sur le bouton du dernier étage.
- Tu verras, répondit-elle simplement avec un petit sourire mystérieux.
L'ascenseur s'immobilisa et, alors que Clarke pensait que Lexa les guiderait jusqu'à son bureau, elle les amena vers une grande salle qui s'avérait être une salle de repos. Clarke la regarda curieusement s'avancer vers une des grandes armoires de la pièce et en sortir deux plaids avant de revenir sur ses pas et lui offrir de nouveau sa main. Clarke se retrouva à esquisser un sourire et, malgré sa curiosité de plus en plus grandissante, elle ne dit rien et glissa une nouvelle fois ses doigts entre ceux de Lexa, prête à la suivre n'importe où.
Ce qui, après avoir emprunté un long couloir et quelques escaliers, se trouva être le toit de l'immeuble.
Un coup de vent glacial vint les fouetter immédiatement mais Clarke l'ignora, complètement obnubilée par ce qui se trouvait devant elle.
À l'image du bâtiment qui se trouvait en dessous de lui, le toit était immense et, au milieu, prônait un gigantesque hélicoptère habillé du logo de Woods & Co. Mais ce qui eut le don de l'impressionner et de l'effrayer en même temps, c'était la magnifique vue qui s'offrait elle.
Elle lâcha inconsciemment la main de Lexa et, sous les yeux amusés de cette dernière, elle s'avança de quelques pas et regarda curieusement autour d'elle.
Lexa s'empressa d'étendre un des plaids au sol juste devant l'hélicoptère, espérant que l'engin réussirait à bloquer la majorité du vent qui sévissait. Puis, elle posa les desserts qu'elles avaient pris à emporter du restaurant dessus avant de se tourner une nouvelle fois vers Clarke.
- Cet endroit est génial! s'exclama cette dernière en esquissant un immense sourire. Je n'aurais jamais pensé!
Lexa esquissa un mince sourire à son tour, le regard se faisant lointain pendant quelques secondes.
- J'ai découvert la magie des toits de Woods & Co à Los Angeles, déclara-t-elle.
Clarke lui adressa un regard curieux et Lexa comprit qu'elle attendait qu'elle lui en dise plus. Ce qui la fit se sentir tout de suite vulnérable.
Mais elle combattu son envie de changer de sujet. Elle combattu son reflexe premier qui était de se protéger en évitant de trop se livrer. Parce qu'il s'agissait de Clarke.
Elle possédait déjà ce qui la rendait le plus vulnérable.
- Quand j'étais là-bas, j'avais beaucoup de mal à dormir, continua-t-elle donc de se confier. Je pouvais passer des nuits entières sans réussir à fermer l'œil. Donc je montais sur le toit et je regardais les étoiles.
Elle détourna le regard de Clarke pour le poser sur les astres en question et elle se retrouva à esquisser un sourire malgré-elle.
- Et ça me ramenait systématiquement à toi, dit-elle dans un souffle. À la nuit qu'on avait passé à faire l'amour sous les étoiles sur la terrasse de notre appartement, à la nuit où je t'avais dit que je serais ton dernier amour… Je m'allongeais à même le sol, je regardais les étoiles et je pensais à toi. À – à nous. À notre avenir. Et – et pendant ces quelques minutes, je me sentais apaisée…
Elle fixa les étoiles quelques secondes de plus avant de puiser dans le peu de courage qui lui restait et de se tourner vers Clarke. Et le regard que cette dernière lui adressait amena son cœur à louper quelques battements.
- Du coup, je me suis dit qu'on pouvait continuer notre rendez-vous ici, lui dit-elle avec un haussement d'épaules plein d'incertitude.
Clarke ne sut quoi répondre.
Elle ne savait pas quoi faire de la confession de Lexa. Elle ne savait même pas ce qu'elle lui faisait ressentir.
De la tristesse, une horrible tristesse à l'idée que Lexa ait pu se sentir aussi mal et seule lorsqu'elle avait été à Los Angeles.
De l'affection, la même affection, toujours aussi intense, aussi écrasante, qu'elle ressentait à chaque fois qu'elle regardait la femme face à elle.
Et une envie presque viscérale de prendre Lexa et de l'envelopper dans une bulle qui la protégerait de moindre mal qui pouvait tenter de l'atteindre.
- J'adorerai ça, finit-elle par répondre dans un souffle.
Lexa esquissa un nouveau sourire. Elle l'invita d'un geste de la main à s'asseoir sur le plaid étendu puis, après s'être installée à son tour, elle se tourna vers Clarke et enroula le deuxième plaid autour de ses épaules.
Clarke leva les yeux vers elle et sentit cette même et toujours puissante vague d'affection revenir la submerger. Parce que, comme toujours, Lexa était des plus galantes et veillait d'abord à ce qu'elle soit d'abord à l'aise.
Comme toujours, Lexa faisait passer son bien-être au détriment du sien.
Sans dire quoi que ce soit, Clarke esquissa un sourire et ouvrit la petite couverture qui l'enveloppait pour tendre un pan à Lexa.
Cette dernière se figea et la regarda d'un air plein d'hésitation.
- Tu es sûre? demanda-t-elle, incertaine.
Ce qui fit rire Clarke.
- Il est hors de question que je te laisse mourir d'hypothermie, lui répondit-elle.
Puis elle esquissa un petit sourire en coin et ajouta d'une voix légèrement suave:
- Viens me réchauffer Woods…
Lexa se retrouva à mordre l'intérieur de sa joue qui lui donna l'impression de gagner une centaine de degrés. Elle détourna le regard et se glissa sous le plaid tendu, veillant à garder malgré tout une certaine distance avec Clarke. Ce qui allait à l'encontre de tout ce que son corps lui réclamait.
Elle mourrait d'envie de sentir Clarke contre elle, de la tenir dans ses bras, de sentir son odeur, sa chaleur. Et elle était sûre que de l'avoir aussi près mais à la fois aussi loin risquait surement de la tuer.
Mais elle ne voulait surtout pas prendre le risque de la mettre mal-à-l'aise en tentant une quelconque approche. Alors elle puisa au plus profond d'elle-même pour ne pas se rapprocher plus et tourna le regard vers les étoiles face à elle.
Clarke calqua sa position et, pendant de longues secondes, elles restèrent toutes les deux silencieuses à regarder le magnifique ciel étoilé qui s'offrait à elle.
- Tu ne m'as jamais vraiment parlé de Los Angeles, déclara Clarke après de longues secondes.
- Quoi? répondit confusément Lexa.
- Tu me racontais ce qui s'y passait, les réunions que tu enchainais, les rendez-vous que tu avais, mais tu ne m'as jamais vraiment parlé de ton vécu, de que tu ressentais vraiment… poursuivit Clarke. Tu évitais toujours le sujet.
Lexa resta silencieuse pendant de longues secondes, réalisant que Clarke avait raison.
À chacune de leurs retrouvailles, elle avait tellement voulu oublier la détresse dans laquelle elle vivait lorsqu'elles étaient séparés qu'elle faisait tout pour éviter d'y penser. Ce qui voulait effectivement dire qu'elle éviter d'en parler.
- C'était… dur, murmura-t-elle doucement. Me retrouver là-bas du jour au lendemain, seule… C'était difficile… Je me sentais coincée. Et je le vivais assez mal… Et – je ne voulais pas t'inquiéter en t'en parlant.
- J'étais déjà inquiète, répondit Clarke. J'évitais juste d'en parler parce que je sentais que c'était un sujet que tu ne voulais pas évoquer…
Décidément, les non-dits étaient réellement le fléau de leur relation, réalisa Lexa.
Elle poussa un léger soupir et bascula la tête en arrière en fermant les yeux. Clarke la regarda faire sans rien dire.
Elle voyait que ce qu'était en train de faire Lexa, tenter de se confier, de se livrer, était compliquée pour elle. Ça l'avait toujours été. Même avec elle.
Mais elle essayait. Clarke le voyait parfaitement. Et c'était tout ce qui comptait.
Cependant, même si elle n'avait qu'une envie, c'était de dire à Lexa qu'elle n'était pas obligée de le faire, qu'elles pouvaient parler d'autre chose, de sujet plus légers, plus joyeux, elle savait qu'elle reproduirait exactement les mêmes erreurs qu'elle avait pu faire par le passé.
Tenter de préserver la femme qu'elle aimait en faisant l'autruche.
Alors elle garda le silence et attendit que Lexa poursuive.
- J'ai commencé à voir quelqu'un, déclara enfin cette dernière. Une psy, s'empressa d'elle de clarifier lorsqu'elle vit Clarke froncer des sourcils. Une suggestion de ma mère après tout ce qu'il s'est passé avec Nia… Et même si j'étais très réticente au début, je réalise maintenant que ça m'a permis de prendre conscience de plein de choses… Surtout vis-à-vis de nous…
Quand sa mère lui avait conseillé d'aller consulter un thérapeute, le premier réflexe de Lexa avait été de se braquer. Comme à chaque fois qu'elle devait admettre la moindre faiblesse. Puis, sa mère avait réussi à la raisonner en utilisant l'argument qui semblait infaillible à son égard.
Clarke.
Elle lui avait dit qu'il fallait qu'elle fasse face à tout ce qui s'était passé, tous les traumatismes qu'elle avait vécu, si elle espérait un jour aller de l'avant. Elle lui avait dit qu'il fallait qu'elle se retrouve elle-même avant d'espérer un jour se retrouver avec Clarke.
Et Lexa s'était laissée convaincre. Et devoir s'ouvrir à une parfaite inconnue lui avait permis de réaliser qu'elle aurait pu éviter de commettre énormément d'erreur si elle avait su s'ouvrir à son entourage.
Elle s'était donc juré d'essayer.
- Je sais que j'ai tendance à fuir, poursuivit-elle en continuant de fixer l'horizon face à elle. Dès que les choses deviennent difficiles, je fuis. Parce que j'ai toujours appris que montrer la moindre faiblesse, la moindre vulnérabilité, était pire que d'abandonner. Et je pensais réellement que j'en avais fini avec ça, je pensais réellement que la décision que j'avais pris de m'éloigner de toi était pour te protéger… Mais j'ai aussi réalisé que tu avais raison, que c'était surtout de la lâcheté de ma part parce que rester voulait dire que je devais me confronter à ce qui s'était passé, à – à ma culpabilité et ça… je n'y arrivais pas…
Un soupir saccadé s'échappa de sa bouche et elle ferma les yeux quelques secondes avant de poursuivre:
- J'ai – j'ai cru que j'allais devenir folle quand j'ai failli te perdre. Vraiment. Alors quand j'ai appris que c'était de ma faute, je n'ai pas réussi à y faire face… La seule chose que je me disais, qui ne cessait de tourner en boucle dans ma tête c'était que si je restais, il finirait par t'arriver quelque chose de plus grave…
Clarke détestait l'entendre dire que c'était de sa faute. Elle ne savait pas si Lexa le pensait encore ou si elle parlait de ce qu'elle avait ressenti par le passé mais elle ne supportait pas l'idée. Cependant, Lexa ne lui laissa pas la possibilité de la corriger avant de reprendre la parole.
- Et – et tout ça ne m'a pas fait voir qu'effectivement, je te retirais tout choix… déclara-t-elle. Ça ne m'a pas fait réaliser que je te faisais du mal, que j'agissais égoïstement. Je pensais que c'était le mieux à faire, je pensais que fuir restait la meilleure solution parce que c'est celle que j'ai toujours le mieux maitrisé… Mais je me suis aussi rendu compte que je pouvais tenter de fuir autant que je le voulais, je n'y arrivais pas non plus. Parce qu'on avait beau être séparé, on avait beau être à des milliers de kilomètres l'une de l'autre, il n'y avait pas une seule seconde qui passait sans que je ne pensais à toi…
Elle se tourna enfin pour trouvait le regard de Clarke qui ne l'avait pas quitté une seule seconde.
- Tu étais toujours là, Clarke, prononça-t-elle. Tu es toujours là. Tout le temps. Constamment… Et je sais qu'on a encore beaucoup de chemin à parcourir si on veut espérer sauver notre relation, poursuivit-elle un peu plus véhément. Je sais que j'ai encore beaucoup de choses à te prouver si je veux espérer regagner ta confiance un jour. Je sais que tout ce que je suis en train de te dire restera que des paroles tant que je ne te les prouverai pas. Mais – mais je suis là, Clarke. Je. Suis. Là. Et – et je n'ai pas l'intention de partir. Et – et j'attendrais le temps qu'il faut. Et je te le dirais autant de fois qu'il le faut. Je te le montrerais tout autant.
Clarke posa son menton sur l'épaule de Lexa et ferma les yeux alors qu'une larme s'en échappait et coulait le long de sa joue.
De nouveau, elle se retrouva submergée par une multitude d'émotion. Et, de nouveau, elle n'avait aucune idée de ce qu'elle devait en faire.
Elle savait qu'elle n'avait pas retrouvé une entière confiance en Lexa et elle se détestait légèrement pour ça.
Les choses seraient tellement plus simples si elle pouvait oublier ce qu'il s'était passé, si elle pouvait mettre de côté ses peurs et ses incertitudes, et qu'elle laissait seulement son amour parler.
Seulement, elle n'y arrivait pas.
Pas encore.
Mais elle savait avec certitude que ça finirait par se produire.
- Je n'arrêtais pas de penser à toi aussi… souffla-t-elle en gardant les yeux fermés. Et ça me fait terriblement peur... Mais je suis là aussi…
Lexa laissa échapper un petit soupir de soulagement à l'entente des mots et elle ne put s'empêcher d'esquisser un petit sourire heureux. Elle se pencha ensuite et posa un baiser plein de tendresse sur le front de Clarke.
Cette dernière redressa la tête et la fixa longuement.
Et Lexa n'eut pas besoin de mots pour saisir ce qu'elle tentait de lui communiquer.
Parce que s'il y avait bien une chose qui ne semblait pas les avoir quittées, c'était cette capacité à se comprendre sans avoir à parler.
Elle se pencha donc lentement vers Clarke, veillant à lui laisser le temps de changer d'avis si elle le souhaitait, avant de capturer tendrement ses lèvres entre les siennes.
Et même si elle l'avait voulu, elle n'aurait pas pu empêcher le gémissement qui lui échappa au moment où elles se touchèrent.
Parce qu'elle en rêvait depuis des jours.
Depuis des semaines.
Et ses rêves ne semblaient jamais être à la hauteur de la réalité.
Le baiser se fit tout de suite plus intense, plus passionné. Clarke se redressa un peu plus et agrippa le col de la veste de Lexa pour l'attirer un peu plus contre elle.
Mais, lorsqu'elle se sentit prête à la basculer sur le dos et libérer le désir qu'elle ressentait, elle s'immobilisa immédiatement et esquissa un geste de recul.
- Lex… souffla-t-elle d'une voix où on pouvait déceler l'hésitation.
Ce qu'elle-même n'arrivait pas à comprendre. Parce qu'elle pouvait parfaitement sentir son envie.
Bon sang, elle avait l'impression de s'embraser tellement elle voulait Lexa. Elle la désirait.
Plus que tout.
Elle voulait la sentir contre elle. Elle voulait retrouver ses baisers et sa peau. Elle voulait retrouver cette sensation de ne faire qu'un avec elle.
Elle voulait retrouver ces moments de pure connexion et d'extase qu'elle ne vivait qu'avec elle.
Mais, même si elle savait qu'elle ne regretterait jamais quoi que ce soit avec Lexa, elle ne voulait pas prendre le risque tant qu'il lui restait encore des incertitudes.
Elle voulait que, lorsqu'elles se retrouveraient complètement, ce soit sans le moindre doute, sans la moindre rancœur.
Et Lexa sembla, une nouvelle fois, la comprendre.
- Je sais… assura-t-elle en esquissant un petit sourire rassurant.
Elle lui caressa affectueusement la joue et ajouta:
- Je te l'ai dit, j'attendrais l'éternité s'il le faut...
∞ Fin Flash-Back I ∞
Le sourire de Lexa s'agrandit alors que le souvenir de ce fameux rendez-vous galant envahissait son esprit.
Clarke et elle avaient vécu tellement de choses. Elles revenaient de tellement loin que Lexa se sentait encore reconnaissante de la seconde chance qui lui avait été accordée. Comme elle le lui avait dit ce soir-là, elle était prête à lui offrir l'éternité.
Et c'était bien ce qu'elle avait l'intention de faire.
Les rayons du soleil l'amenèrent à froncer légèrement des sourcils et elle réalisa qu'il était dorénavant complètement levé. Il était donc peut-être temps qu'elle y aille.
Après tout, elle avait un petit déjeuner à préparer.
Elle baissa les yeux vers la gravure sur la rambarde, esquissa un nouveau sourire et rangea le couteau dans la poche intérieur de sa veste.
Et, tandis qu'elle prenait le chemin de sa voiture pour récupérer les achats qu'elle avait fait avant de venir à la cabane, ses pensées la ramenèrent une nouvelle fois aux quatre derniers mois qui venaient de s'écouler.
∞ Flash-Back II ∞
Clarke se retrouva complètement tétanisée, ses mains tenant toujours les palettes de réanimations fermement.
- Dr Griffin, prononça doucement l'infirmière à côté d'elle. Dr Griffin, il faut le prononcer…
Le regard de Clarke resta fixé sur le petit corps désormais sans vie. Petit corps qu'elle avait tenté de réanimer durant les dernières quinze longues minutes qui venaient de s'écouler.
Sans succès.
- Heure du décès, 9h52, prononça à sa place Murphy qui se trouvait à côté d'elle.
Puis, tandis que l'infirmière notait l'information, il se tourna vers Clarke et prononça doucement son nom.
- Laisse, je m'en occupe, lui dit-il en posant délicatement ses mains sur les siennes pour la sommer de poser les palettes qu'elle tenait toujours.
Clarke sortit enfin de sa léthargie. Elle acquiesça lentement, posa le matériel d'une main tremblante puis, sans dire quoi que ce soit, elle s'en alla.
Ses pieds la dirigèrent automatiquement vers la salle de repos qu'elle occupait habituellement et, dès lors qu'elle mit les pieds à l'intérieur et que la porte se referma derrière elle, elle craqua et se mit à pleurer.
Ethan était un petit garçon de six ans. Et il était son premier vrai patient. Celui qu'elle avait diagnostiqué et suivi depuis le début. Et sa dernière opération avait été des plus réussis.
Il n'y aurait jamais dû avoir de complications. Elle n'aurait jamais dû avoir à prononcer son heure de décès alors qu'il avait encore toute une vie à vivre.
D'ailleurs, elle n'avait même pas eu le courage de la prononcer elle-même.
Elle ferma les yeux, prit une profond inspiration saccadée et se laissa tomber sur le lit derrière elle avant d'enfouir son visage dans ses mains. Puis, après quelques minutes, elle chercha son téléphone à tâtons dans sa poche, l'en sortit et commença à faire défiler ses contacts.
Ce ne fut que lorsqu'elle se retrouva face à celui de Lexa qu'elle réalisa ce qu'elle était en train de faire.
Et elle hésita.
Lexa était à Los Angeles depuis quelques jours. Elle y était retournée pour finaliser l'achat de Mount Weather Corp. et Clarke savait qu'elle avait de ce fait plusieurs meetings importants.
Leur second premier rendez-vous avait laissé place à plusieurs autres qui leur avaient permis d'avancer.
Elles se retrouvaient petit à petit tout en continuant de prendre leur temps.
Et à chaque fois qu'elles se retrouvaient, Clarke avait l'impression de mieux respirer.
Et à chaque fois qu'elles devaient se séparer, elle se retrouvait avec une sensation douloureuse au creux de la poitrine.
Mais malgré tout, malgré la frustration qu'elle pouvait ressentir face à ce rythme plus que lent, Clarke ne pouvait s'empêcher de se dire qu'il leur était avant tout bénéfique.
Et peut-être que l'appeler n'était finalement pas une bonne idée. Peut-être qu'elle allait se retrouver à la déranger durant un de ses rendez-vous importants…
Elle esquissa un geste pour ranger son téléphone lorsqu'elle repensa à une des nombreuses conversations qu'elle avait eu avec Lexa. Celle durant laquelle elles s'étaient dit qu'elles allaient tenter de mieux communiquer leurs ressentis, leurs sentiments. De se dire lorsque les choses n'allaient pas, lorsqu'elles avaient besoin de la présence de l'autre ou, à contrario, de distance.
Elles s'étaient promis d'essayer de ne pas se refermer sur elles-mêmes et de le dire lorsqu'elles avaient besoin l'une de l'autre.
Et, là maintenant, Clarke avait besoin de Lexa. Elle avait besoin de lui parler, de l'entendre, même si ce n'était que quelques minutes.
Elle déverrouilla donc une nouvelle fois son téléphone et appela Lexa.
- Comment va la plus belle femme du monde? demanda au bout de deux sonneries la voix qu'elle aimait plus que tout.
Clarke esquissa un sourire à travers ses larmes mais ne réussit pas à répondre. Ce qui sembla inquiéter Lexa.
- Clarke? prononça-t-elle. Tout va bien?
Sa mère, qui marchait à ses côtés dans les couloirs de Woods & Co pour rejoindre leur prochaine réunion, lui adressa un regard interrogateur mais Lexa l'ignora.
- Le petit Ethan… répondit Clarke dans un sanglot. Je l'ai perdu…
- Oh… souffla Lexa en s'immobilisant immédiatement.
Mme Woods s'arrêta à son tour en lui adressant un nouveau regard interrogateur. Lexa lui fit un signe de tête et lui mima un « J'arrive » des lèvres avant de se reconcentrer sur son appel.
Elle ne savait pas quoi dire. Il n'existait surement aucun mot qui pourrait réconforter et soulager la détresse que Clarke devait ressentir.
Elle lui avait parlé de ce petit Ethan. Ce petit garçon qui avait été son premier patient. Celui qu'elle avait pris en charge son premier jour d'internat aux urgences et qu'elle avait réussi à diagnostiquer correctement, ce qui lui avait permis d'assister à son opération.
Ce petit garçon qu'elle suivait depuis. Qu'elle allait voir dès qu'elle le pouvait.
Ce petit garçon auquel elle s'était énormément attachée.
- Je suis désolée mon amour, déclara doucement Lexa.
Ce qui amena Clarke à laisser échapper un nouveau sanglot. Lexa ouvrit la bouche pour ajouter quelque chose mais elle fut coupée par Costia qui arriva à sa hauteur.
- Lexa, ils n'attendent plus que toi, lui dit cette dernière.
Agacée, Lexa se tourna vers elle.
- Dis-leur – commença-t-elle.
Mais elle fut immédiatement interrompue par Clarke qui s'empressa de dire:
- Tu devrais y aller.
- Clarke –
- Je dois y aller aussi, on m'attend, assura Clarke. On discutera plus tard. J'espère que ta réunion se passera bien. À plus.
Elle n'attendit pas de réponse et raccrocha.
Un sentiment nauséeux envahit Lexa qui éloigna son téléphone de son oreille pour fixer l'écran.
- Tout va bien? lui demanda Costia.
Les yeux toujours sur son écran de téléphone qui laissait apparaitre la photo de contact de Clarke, Lexa ne répondit pas.
Elle se sentait complètement tiraillée et impuissante. Clarke était triste et dévastée et à quatre mille kilomètres d'elle. Et elle n'avait aucune idée de ce qu'elle pouvait faire pour l'aider.
De l'autre côté du pays, Clarke s'efforça de retrouver le contrôle de ses émotions. Elle essuya ses larmes et prit une profonde inspiration pour l'aider à arrêter de pleurer.
Il fallait qu'elle réussisse à mettre de côté sa tristesse le temps de terminer son service.
Et ce fut exactement ce qu'elle fit pendant le reste de la journée. Elle enchaina deux opérations, les visites post-op que sa résidente lui avait demandées et prêta mainforte aux urgences sans laisser paraître quoi que ce soit.
Puis, lorsque sa journée se termina et qu'elle se retrouva à l'extérieur de l'hôpital, face au froid et à la nuit de Manhattan, elle réalisa que toute volonté l'avait quittée.
La perspective de marcher dans les rues enneigés de New-York jusqu'à une station de métro, le prendre pour rejoindre sa chambre d'hôtel austère et sans vie, lui mina encore plus le moral.
Sans réellement réaliser ce qu'elle faisait, elle se laissa tomber sur un des bancs qui se trouvaient devant l'hôpital. Elle attrapa ensuite son téléphone et ouvrit une nouvelle fois la fiche contact de Lexa.
Cette fois-ci, elle n'hésita pas et appuya sur le bouton d'appel. Elle voulait entendre Lexa et elle n'avait rien à gagner à tenter de se convaincre du contraire.
Elle porta donc son téléphone à l'oreille et attendit que cette dernière réponde. Mais les secondes passèrent, les bips défilèrent et elle se retrouva à fermer les yeux lorsqu'elle tomba sur la messagerie de Lexa.
- Ahhh ce que ça peut être agaçant ces petites-amies qui ne répondent jamais au téléphone… soupira une voix devant elle.
Un soubresaut se fit dans l'estomac de Clarke tandis qu'elle levait les yeux pour voir Lexa s'avancer vers elle, son petit sourire en coin habituel habillant ses lèvres.
Et elle aurait juré qu'elle était face à un mirage.
Un songe qui hantait déjà beaucoup trop de ses nuits.
- Petite-amie? répéta-t-elle.
Ce qui amena Lexa à se figer une fraction de seconde avant de reprendre sa marche dans sa direction et lui répondre doucement:
- J'espère, en tout cas, le redevenir un jour…
Clarke continua de la regarder sans la quitter un seul instant des yeux.
Elle était en train de rêver, c'était la seule explication possible. La seule qui était plausible.
- Que fais-tu là? demanda-t-elle d'une voix à peine audible.
Lexa haussa des épaules, tout en continuant de s'approcher lentement d'elle.
- J'ai pu rentrer plus tôt que prévu.
- C'est bizarre parce que je suis sûre que tu m'as dit que tu avais un meeting super important demain, répondit Clarke en levant un sourcil dubitatif.
- C'est toujours le cas, assura Lexa. Mais je pourrais y assister en visio. C'est fou ce que nous permet les nouvelles technologies de nos jours!
Elle termina sa phrase en esquissant un nouveau sourire, espérant en tirer un à Clarke. Mais cette dernière, comprenant que ce qu'elle soupçonnait se confirmait, que Lexa était revenue à cause d'elle, sentit une nouvelle vague d'émotion la submerger et elle se retrouva à puiser dans ses dernières forces pour retenir les larmes qui menaçaient de lui échapper de nouveau.
- Tu n'aurais pas dû Lex, souffla-t-elle. Vous êtes à un tournant décisif, je – ce n'était pas important…
Il était vrai qu'ils étaient à un tournant décisif de l'acquisition de Mount Weather Corp. La vente était presque finalisée et son retour impromptu à New-York avait dû la mettre en stand-by, ce qui n'avait pas vraiment plu à ses partenaires. Mais ce n'était pas dramatique, c'était juste une question d'un ou deux jours de plus. Et, comme elle l'avait dit à Clarke, elle pouvait parfaitement tout diriger à distance. Elle avait fait en sorte de laisser les procurations nécessaires à sa mère pour que sa présence physique ne soit pas requise.
Elle avait fait tout ce qu'il fallait pour que tout se passe de la meilleure manière. Parce qu'il était hors de question qu'elle fasse passer une fois de plus son travail avant Clarke.
Elle arriva donc à la hauteur de cette dernière, haussa une nouvelle fois les épaules et lui répondit timidement :
- Je ne supportais pas l'idée de te savoir mal…
Il n'en fallu pas plus à Clarke pour craquer. Elle laissa échapper le sanglot qu'elle tentait de retenir depuis des heures et se mit à pleurer. Lexa oublia immédiatement toute retenu, toute hésitation ou timidité, et combla le reste de la distance qui les séparait pour s'asseoir à côté d'elle et la prendre dans ses bras.
- Je ne sais même pas pourquoi ça me touche autant, dit Clarke en enfouissant son visage dans l'épaule de Lexa. Je sais que c'est censé aller de pair avec le métier et – et que je suis stupide de réagir comme ça.
- Ce n'est pas stupide, la contredit Lexa. Tu as juste un grand cœur qui fait que tu te soucis du sort de tes patients… C'est exactement ce qui fera que tu deviendras une chirurgienne extraordinaire Clarke…
Clarke ne répondit pas et Lexa savait que c'était parce qu'elle avait du mal à croire en ce qu'elle lui disait. Mais s'il y avait bien une chose qu'elle lui avait appris durant toutes ces années à ses côtés, c'était que se soucier du sort des autres n'était pas une faiblesse.
L'amour n'était pas une faiblesse.
Au contraire, il pouvait nous amener à accomplir des choses extraordinaires.
Et, s'il le fallait, Lexa passerait le reste de sa vie à le lui rappeler.
- Il avait encore toute sa vie devant lui… souffla Clarke.
Lexa ne répondit pas. Elle savait qu'il n'existait aucune parole qui pouvait aider ou réconforter Clarke à ce moment-là. Alors elle resta silencieuse et la serra un peu plus contre elle.
Elles restèrent dans cette position pendant de très longues minutes, jusqu'à ce que les sanglots de Clarke faiblissent et que son corps se retrouve complètement frigorifié.
Lorsqu'elle la sentit trembler contre elle, Lexa se dégagea légèrement pour pouvoir la regarder. Elle sentit son cœur se serrer un peu plus lorsqu'elle vit la rougeur de ses yeux et passa délicatement ses doigts sous ses yeux pour lui essuyer ses larmes.
- On devrait rentrer, lui dit-elle doucement. Tu as eu une très longue journée…
Clarke acquiesça lentement et se redressa avec elle. Lexa lui tendit timidement la main et fut soulagée de la voir la lui saisir sans une once d'hésitation.
Une vingtaine de minutes plus tard, Lexa gara sa voiture dans le parking de l'hôtel où Clarke continuait de séjourner et la sensation nauséeuse au creux de son estomac, celle même qui l'amenait à se dire à chaque fois qu'elle venait ici pour récupérer ou déposer Clarke qu'elle ne devrait pas être là, qu'elle devrait vivre dans leur appartement, se fit de nouveau ressentir. Mais elle l'ignora tant bien que mal, parce qu'elle continuait d'espérer que c'était temporaire, que Clarke allait finir par rentrer à la maison, et sortit de la voiture pour venir ouvrir la portière à l'objet même de ses pensées.
Elle l'accompagna ensuite à sa chambre, s'occupa de commander à manger pendant que Clarke prenait une douche et s'assura que cette dernière se nourrisse un minimum. Puis, lorsqu'arriva l'heure de dormir, elle guida une Clarke extenuée jusqu'au lit, attendit qu'elle se glisse sous la couverture avant de la lui arranger.
- Je vais te laisser, déclara-t-elle doucement avant de poser un léger baiser sur son front.
Malgré son état de fatigue, Clarke attrapa le devant de sa chemise d'un geste instinctif pour l'empêcher de s'éloigner.
- Non reste, dit-elle.
Lexa esquissa un mince sourire et, sans qu'elle ne puisse s'empêcher, elle glissa une nouvelle fois ses doigts dans les cheveux de Clarke.
- Il se fait tard mon cœur, répondit-elle. Tu devrais dormir un peu si tu veux pouvoir retourner à l'hôpital assez en forme demain…
- Non, répéta Clarke en secouant légèrement la tête d'un air frustré, ce que je veux dire c'est: reste dormir.
Elle plongea son regard dans celui de Lexa et ajouta dans un souffle:
- S'il te plait…
Lexa se figea légèrement. Son instinct premier était de répondre oui sans hésitation.
Elle en mourrait d'envie.
Mais, même si les choses évoluaient positivement entre Clarke et elle, même si elles avaient eu plusieurs autres rendez-vous, plusieurs autres discussions à cœur ouvert, qu'elles s'étaient embrassées à plusieurs reprises, elles n'avaient pas encore repassé de nuits ensemble. Même pour dormir seulement. Et elle ne voulait pas qu'en restant ce soir, Clarke trouve qu'elles aient précipité les choses.
- Tu es sûre? demanda-t-elle donc.
Clarke acquiesça. Elle ne pouvait pas nier que, là maintenant, en cet instant précis, la seule et unique chose qui l'importait c'était d'avoir Lexa auprès d'elle.
S'il y avait bien une chose que l'arrivée inattendue de cette dernière lui avait fait réaliser, c'était qu'elle était surement la seule personne au monde à avoir la capacité de la garder saine d'esprit. Elle était la seule qui soulageait ses douleurs, qui calmait ses peurs et faisait disparaitre ses doutes.
Elle était son ancre. Et autant, elle pouvait l'amenait à couler, autant elle était celle qui lui permettait de ne pas dériver.
Et elle était tellement concentrée sur le premier fait qu'elle en avait oublié que le deuxième était tout autant, voir plus, important.
- Oui, finit-elle par répondre. J'ai – je n'ai pas envie d'être loin de toi…
Un sentiment de bonheur gagna Lexa qui ne put s'empêcher d'esquisser un sourire. Mais elle le perdit légèrement lorsque son sentiment d'incertitude reprit le dessus.
Il était évident de Clarke était dans un état plein de vulnérabilité. Il était hors de question qu'elle en profite.
- Clarke – commença-t-elle.
Mais cette dernière, comprenant ce qui lui passait par la tête, ne lui laissa pas le loisir de poursuivre et lui dit:
- Lex, tu sais très bien que je dors mal quand tu n'es pas là. Reste et laisse-moi avoir au moins une bonne nuit de sommeil.
Lexa laissa échapper un léger rire.
- Okay…
Elle posa une main sur celle de Clarke qui continuait d'exercer une étreinte sur le devant de sa chemise et la retira délicatement pour pouvoir se redresser. Elle retira ensuite ses chaussures et, sous le regard attentif de Clarke, elle fit le tour du lit pour venir s'y glisser à son tour.
- Tu peux prendre un de mes pyjamas, lui proposa Clarke. Tu seras beaucoup plus à l'aise.
Lexa secoua négativement la tête avant de lui adresser un sourire rassurant.
- Ça ira, t'inquiète pas.
Elle s'allongea sur le dos en veillant à garder une distance respectable et, le cœur battant la chamade, elle tourna la tête pour pouvoir regarder Clarke. Cette dernière avait son regard déjà posé sur elle et la fixait avec un air contemplateur. Lexa se demanda ce à quoi elle pouvait bien penser mais, avant qu'elle ne puisse poser la question à voix haute, elle sentit une main se glisser dans la sienne et son cœur manquer plusieurs battements. Et, lorsque Clarke entremêla leurs doigts ensemble et qu'elle se rapprocha un peu plus d'elle pour enfouir son visage dans sa nuque, elle se demanda s'il n'allait pas s'arrêter complètement.
Elle ferma les yeux pour savourer pleinement la sensation, resserra ses doigts autour de ceux de Clarke et laissa sa joue allait contre son front.
Et, juste comme ça, l'intense adrénaline qui avait saisi la totalité de son corps laissa place à une puissante accalmie. Son esprit s'apaisa, les multitudes de pensées qui le parasitaient constamment disparurent et, pour la première fois depuis des jours, elle eut l'impression qu'elle respirait convenablement.
Il ne lui fallut donc pas moins d'une minute pour commencer à se laisser envahir par le sommeil. Mais la voix de Clarke s'éleva de nouveau et elle se retrouva à lutter pour rester éveiller.
- Lex? prononça cette dernière dans un murmure.
- Oui, mon coeur? répondit-elle.
Clarke marqua une légère pause, un sourire se dessinant malgré elle à l'entente du petit surnom affectif.
Lexa semblait ne plus les retenir depuis quelques temps.
Elle hésita quelques secondes puis lui dit:
- Tu es tellement plus qu'une petite-amie…
Elle avait prononcé les mots d'une voix à peine audible. Et pourtant, Lexa avait l'impression qu'elle n'avait jamais rien entendu de manière aussi claire, aussi certaine, de sa vie.
∞ Fin Flash-Back II ∞
Pas un bruit ne se faisait entendre dans la maison, ce qui perturba légèrement Lexa qui avait l'habitude de voir ces murs enfermer un brouhaha perpétuel. Mais tout le monde semblait encore dormir, ce qui pouvait se comprendre au vu de l'heure encore matinale qu'il était.
Elle déballa tous ses achats sur l'îlot principal de la cuisine et s'affaira à installer la table.
Plusieurs minutes plus tard, lorsque tout fut prêt, elle attrapa un plateau dans les placards qu'elle avait appris à connaître par cœur au cours des années et commença à le préparer méticuleusement. Et alors qu'elle arrangeait les viennoiseries préférées de Clarke avec une attention particulière, son esprit la plongea de nouveau dans ses souvenirs.
∞ Flash-Back III ∞
Un bruit venant de l'entrée amena Lexa à se réveiller. Légèrement désarçonnée, il lui fallut quelques secondes pour comprendre que c'était le bruit de la serrure qu'elle entendait. Elle ouvrit les yeux et, de sa position sur le canapé, elle se redressa sur ses coudes au moment même où la porte d'entrée s'ouvrit et que la lumière de l'entrée s'alluma. Elle fronça des sourcils et se frotta les yeux pour amener sa vision à s'adapter. Et sa confusion s'accentua un peu plus lorsqu'elle vit qui venait de pénétrer à l'intérieur de l'appartement.
- Clarke?
La nommée sursauta violemment. Elle posa une main sur son cœur et se tourna vers Lexa.
- Lexa? prononça l'interpellée à son tour. Tu m'as fait peur!
Lexa laissa échapper un rire tout en se redressant en position assise.
- Désolée, s'excusa-t-elle.
Clarke s'avança dans sa direction et, lorsque son regard se posa sur l'oreiller et la couverture qui se trouvait à côté de Lexa, elle fronça des sourcils.
- Tu dors sur le canapé? interrogea-t-elle.
Un léger malaise envahit Lexa qui répondit vaguement:
- Oui – hum – c'est plus simple.
Ce qui fit rire Clarke.
- Plus simple que quoi? s'enquit-elle toujours en rigolant. Tu as seulement quelques marches à grimper pour rejoindre ton lit.
- Notre lit, corrigea mécaniquement Lexa.
Elle regarda le sourire de Clarke disparaitre et sentit une appréhension nouvelle la gagner.
- Je n'arrive plus à y dormir depuis que –
Elle ne termina pas sa phrase et s'éclaircit la gorge avant d'ajouter:
- C'est donc plus simple oui…
Elle ponctua ses mots avec un haussement d'épaule mal-à-l'aise et détourna les yeux.
Clarke ne la quitta pas des yeux tandis qu'un léger silence s'installait. Elle fit quelques pas pour s'approcher un peu plus d'elle et confia lentement:
- Pour moi, c'était la chambre d'amis… Après – après ton départ… Je n'y arrivais pas non plus.
Lexa reporta son attention sur elle et plongea son regard dans le sien. Elles se fixèrent pendant de longues secondes, laissant leurs mots respectifs résonner auprès de l'autre.
Puis, voyant que Clarke n'avait toujours pas l'intention de parler, Lexa décida de rompre le silence pour lui demander ce qu'elle faisait là aussi tard. Non pas que la surprise n'était pas la bienvenue, au contraire. Mais, elle avait surtout le don de l'inquiéter. Particulièrement après ce qu'il s'était passé la veille avec la perte de son patient qui l'avait plus que bouleversée.
Cependant, avant qu'elle ne puisse ouvrir la bouche, l'attention de Clarke se retrouva attirée par quelque chose d'autre au-dessus de la cheminée. Et Lexa n'avait pas besoin de se tourner pour comprendre de quoi il s'agissait, ce qui amena un sentiment d'embarras à l'envahir.
- Tu l'as fait restaurer, constata Clarke d'une voix où l'étonnement était facilement décelable.
Elle ne quitta pas la toile des yeux. Cette toile de New-York qu'elle avait peinte plus d'un an auparavant lorsqu'elle avait emménagé pour la première fois dans cet appartement. Cette toile qui lui avait toujours fait penser à Lexa et qu'elle avait laissé derrière elle lorsqu'elle avait quitté l'appartement une première fois.
Cette toile que Lexa avait décidé d'accrocher au-dessus de la cheminée après son premier départ.
Cette toile qu'elle avait déchirée sous le coup de la colère après leur rupture.
Cette toile, qui avait toujours représentait un symbole de leur relation, avait retrouvé sa place initiale au-dessus de la cheminée et le trou béant qui avait occupé son milieu avait complètement disparu.
Un sentiment de bonheur inexplicable envahit Clarke et elle ne put s'empêcher d'esquisser un sourire alors que son regard était toujours en train de fixer avec stupéfaction la toile intacte.
- Oui, répondit Lexa incertaine. Je suis désolée, j'aurais peut-être dû te demander avant mais j'ai toujours adoré cette toile, c'est – c'est la première que tu as peinte ici et –
Elle s'interrompit, ce qui amena Clarke à se tourner de nouveau vers elle.
- Et? s'enquit cette dernière.
- Et elle me donne espoir, avoua Lexa.
Clarke était là depuis seulement cinq minutes et elle avait déjà l'impression de se retrouver à nu devant elle. Et ce qui la surprenait le plus, c'était que même si elle avait encore du mal à le concevoir, c'était devenu pour elle une des choses les plus faciles à faire.
- Je me dis en la regardant que même les choses qui paraissent irréparable, peuvent l'être… finit-elle lentement.
Clarke eut l'impression que le souffle lui manqua subitement.
S'il lui restait le moindre doute en venant ici, il venait de complètement se volatiliser.
- Clarke, prononça Lexa après quelques secondes d'un nouveau silence. Tout va bien?
Elle était prête à discuter des heures de tout ce que Clarke voulait mais pas avant que cette dernière lui dise enfin ce qu'il se passait.
- Je pensais que tu terminais ton service tard et que tu rentrerais directement après, ajouta-t-elle pour creuser un peu plus.
Du moins, c'était ce que lui avait dit Clarke lorsqu'elle lui avait proposé de venir la récupérer après son service. Elle lui avait expliqué qu'elle devait terminer très tard et qu'elle ne voulait pas la faire veiller jusque-là alors qu'elle-même avait eu une journée éreintante à Woods & Co. Et Lexa avait eu beau lui dire que ça ne la dérangeait pas de l'attendre, au contraire, Clarke avait insisté pour qu'elle ne le fasse pas, lui indiquant qu'elle préférait rentrer directement après le travail pour se reposer. Elle lui avait ensuite proposé de se retrouver le lendemain pour prendre le petit déjeuner ensemble dans un de leurs restaurants préférés.
Et Lexa avait fini par accepter avec réticence, ne voulant pas se montrer lourde d'insistance et s'était résignée à rentrer à leur appartement, sans la voir et seule.
Elle était donc surprise de la retrouver ici, à une heure aussi tardive de la nuit, alors que ce n'était pas prévu.
Surprise et inquiète.
- C'est ce qui s'est passé, répondit Clarke.
Cette dernière remarqua que son visage affichait dorénavant une agitation qui n'avait pas été présente jusque-là.
- Je suis rentrée à l'hôtel, poursuivit Clarke, j'ai pris une douche, je me suis mise en pyjama puis au lit et – et là je me suis rendue compte que je n'y arrivais plus…
Lexa eut l'impression qu'un poids venait de tomber dans sa poitrine.
Qu'était en train de lui dire Clarke? Elle n'arrivait plus quoi?
Elle ne voulait plus continuer?
N'ayant aucune conscience de la panique qu'elle venait de créer en Lexa, Clarke reprit la parole.
- Je venais de passer une nouvelle journée compliquée à l'hôpital, déclara-t-elle. Et j'étais fatiguée. Vraiment fatiguée. Mais je n'arrivais pas à dormir. Et – et je me suis maudite de t'avoir dit qu'on se verrait que demain parce que la seule chose que je ressentais à ce moment-là c'était le manque de toi.
Les mots amenèrent un soubresaut dans la poitrine de Lexa qui se figea complètement.
- J'avais qu'une envie c'était de retrouver tes bras, poursuivit Clarke qui ne semblait toujours pas réaliser l'effet que ses paroles causaient.
Elle était encore concentrée sur l'épiphanie qui l'avait gagnée lorsqu'elle s'était retrouvée seule dans son lit.
Celle qui lui avait indiqué qu'elle n'avait plus envie de passer une seule nuit loin de Lexa.
Et elle n'avait qu'une envie c'était d'en faire part à la principale concernée.
- Et je me suis rendue compte à ce moment-là que j'éprouvais plus aucun doute. Plus aucun ressentiment. La seule chose que je ressentais c'était ce putain de manque. Et je me suis demandée ce que je foutais là? À quoi bon rester loin l'une de l'autre si aucune de nous ne le veut?
Ses questions ne semblèrent pas attendre de réponse car elle continua directement.
- Je ne sais pas ce que j'attendais, peut-être un signe de l'univers qui me monterait clairement « ça y est tu peux lui refaire confiance, vas-y!». Mais je me suis rendue compte que l'univers pouvait m'envoyer tous les signes qu'il voulait, au final le choix de te refaire confiance me revenait. C'était à moi et à moi seule de prendre cette décision. Et je pense que pour ça, j'attendais que ma peur disparaisse. Ma peur de te perdre, ma peur de te voir partir. Pour moi, c'était ce qui signifierait que ma confiance était revenue. Mais là aussi, j'ai réalisé que ma peur ne disparaitrait jamais.
Lexa se décomposa complètement alors que le sentiment de panique qui avait disparu refit subitement son apparition.
Elle ouvrit la bouche pour parler, réagir, dire à Clarke qu'elle pouvait lui faire confiance, qu'elle réussirait à la retrouver, qu'il fallait juste qu'elle lui laisse plus de temps pour le lui prouver.
Mais, là aussi, Clarke ne lui laissa pas le loisir de répondre.
- Ma peur ne disparaitra jamais, répéta-t-elle. Parce que si elle disparaît, ça supposerait que je ne t'aime plus… On a toujours peur pour ce qu'on aime, on a toujours peur de le perdre. Et au lieu de chercher à faire disparaitre cette peur, peut-être qu'on devrait l'utiliser pour tout faire pour que justement elle ne se réalise jamais.
Clarke fit le tour de la table basse sur laquelle elle s'assit pour faire face à Lexa qui ne la quittait pas des yeux.
- Je t'ai pardonné dès le moment où j'ai su la vérité, lui dit-elle avec un petit sourire morne, j'avais juste peur de te refaire confiance. Mais j'ai réalisé aujourd'hui que j'avais confiance en toi. Je sais que tu ne me feras jamais du mal volontairement et que tu feras toujours tout pour éviter de m'en faire. Parce que ce qui se trouve ici – elle posa son index sur la poitrine de Lexa au niveau de son cœur – est la chose la plus précieuse qui existe au monde et j'ai de la chance de m'y trouver.
- Il est à toi, répondit immédiatement Lexa.
Ce qui fit rire Clarke. Et elle n'avait qu'une envie, c'était de se pencher vers elle et de l'embrasser. Mais elle n'avait pas fini de lui dire tout ce qu'elle était venue lui dire. Alors elle mit son désir de côté pour le moment et poursuivit.
- S'il y a bien une chose que tout ce qui s'est passé ces derniers mois m'a appris c'est qu'on ne peut jamais savoir réellement de quoi est fait demain. Et on ne peut pas être effrayé à l'idée de vivre notre présent juste parce qu'on a peur de ce qui peut arriver dans le futur. Et c'était exactement ce que je faisais, j'étais tellement focalisée sur le « plus tard » que je ne me rendais pas compte que le « maintenant » nous échappait…
La paume de sa main remplaça son index sur la poitrine de Lexa et elle sentit le cœur de cette dernière battre à vive allure.
- Je veux un futur avec toi, Lex, déclara-t-elle d'une voix pleine de conviction. Je veux qu'on fasse des plans et qu'on ait des projets. Mais par-dessus tout, je veux vivre mon présent avec toi. Je veux aujourd'hui. Et je veux le présent de demain et celui d'après-demain et de tous les lendemains que Dieu nous donnera. Je veux une infinité d'aujourd'hui avec toi. Sans plus aucun doute, sans plus aucune culpabilité…
Clarke termina sa dernière phrase à bout de souffle et dû prendre une profonde inspiration pour pouvoir ajouter:
- Qu'en dis-tu?
Lexa, qui était restée complètement immobile tout le long du discours de Clarke, continua de la regarder avec un mélange d'ahurissement, de révérence et d'amour.
Elle était allée se coucher avec le même chaos de sentiments qui l'accompagnait tous les soirs. Celui même qui l'empêchait de dormir mais qui lui permettait de tenir debout la journée.
Celui qui n'était régi et contrôlé que par Clarke. Par le manque d'elle, la peur de la perdre définitivement et la résolution à la retrouver.
Elle ne s'était pas imaginée une seule seconde être réveillée par l'objet même qui l'empêchait de fermer l'œil et qu'elle l'entendrait lui dire des mots aussi beaux, aussi épiques que ceux qu'elle venait de prononcer.
Elle ne s'était pas attendu un seul instant à la retrouver face à elle et l'écouter lui dire ce qu'elle rêvait d'entendre depuis des semaines.
Lexa était donc toujours paralysée face à Clarke, complètement submergée, noyée par un cataclysme de sentiments tous aussi intenses les uns que les autres. Et, alors qu'une larme s'échappait de ses yeux, elle ne trouva rien d'autre à répondre que:
- Je t'aime Clarke Griffin. Plus que tout au monde.
Et elle n'attendit pas un seul instant de plus avant de se pencher vers elle et capturer ses lèvres entre les siennes.
Le baiser fut un des plus intenses qu'elles aient partagé depuis longtemps.
Elles en avaient échangé énormément depuis le soir sur le toit de Woods & Co. Des baisers plein de tendresse, plein d'amour et de désir. Mais ils avaient toujours été restreint par cette retenu qu'elles avaient, cette incertitude qui les habitait.
Mais là, toutes retenues, toutes incertitudes, avaient disparues.
Clarke eut l'impression que le baiser vint la saisir aux tripes pour remonter jusqu'à son cerveau et le court-circuiter complètement. Elle empoigna l'avant du t-shirt de Lexa et l'approcha un peu plus d'elle pour se perdre un peu plus dans leur étreinte avant de la rompre pour la regarder dans les yeux.
- Tu réalises que tu ne peux plus jamais fuir maintenant, lui dit-elle à bout de souffle. Parce que je n'aurais pas d'autre choix que de te tuer sinon.
Elle n'attendit pas de réponse et l'embrassa de nouveau.
- Plus jamais, répondit Lexa entre deux baisers. Le seul moyen – de te – débarrasser de – moi maintenant – c'est justement en – me tuant.
Clarke laissa échapper un rire qui se transforma rapidement en gémissement lorsque les lèvres de Lexa trouvèrent sa nuque.
Cette dernière savoura la sensation de la peau de Clarke contre ses lèvres. Elle avait encore du mal à croire que tout ce qui venait de se passer était réel. Mais si c'était un rêve, si elle était encore dans un de ses énièmes songes, elle voulait se délecter de chaque seconde.
Elle attrapa donc délicatement Clarke par la taille et la bascula sur le canapé à côté d'elle. Puis, tout en retrouvant le chemin de ses lèvres, elle vint se positionner au-dessus d'elle.
- Dieu que tu m'as manqué, murmura-t-elle en lui embrassant une nouvelle fois la nuque.
- Tu m'as manqué aussi… lui répondit Clarke dans un souffle.
Lexa continua d'embrasser chaque parcelle de peau qu'elle pouvait atteindre. Elle sentait son cœur battre la chamade, l'adrénaline parcourir chacune de ses veines. Cependant, lorsqu'elle descendit pour embrasser le haut de la poitrine de Clarke et que cette dernière prononça un « Attend! » en posant ses deux mains sur ses épaules, Lexa sentit un vent glacial lui parcourir la totalité du corps.
Elle se figea complètement avant d'esquisser un mouvement de recul, une sensation terrifiante de déjà-vu la gagnant.
- Mon collier était coincé dans tes cheveux, déclara Clarke dans un rire.
Rire qui s'évanouit immédiatement lorsqu'elle vit le visage de Lexa qui se dégagea complètement de leur étreinte.
- Lexa… prononça-t-elle doucement en se redressant.
La nommée secoua la tête et s'efforça d'esquisser un mince sourire.
- Je suis désolée, s'excusa Lexa. Je – j'ai juste cru que…
Elle laissa sa phrase en suspens, incapable de la finir.
- Tu as cru que j'avais encore changé d'avis, termina Clarke pour elle. Que je te repoussais une nouvelle fois…
Face au silence de Lexa, elle comprit qu'elle avait vu juste. Le cœur serré, elle se leva et s'avança vers Lexa jusqu'à ce qu'elle puisse prendre son visage en éventail.
- Je suis désolée, mon amour, lui dit-elle. Sans m'en rendre compte, je t'ai fait ce que je tentais moi-même d'éviter de subir…
- Tu cherchais juste à te protéger, répondit Lexa.
Elle hésita une fraction de seconde puis posa ses mains sur les hanches de Clarke en prenant une profonde inspiration. Et, juste comme ça, sa peur la quitta.
Clarke était toujours là. Elle ne partait pas. Elle n'avait pas changé d'avis.
- Oui mais je t'ai fait du mal, soupira Clarke.
Et elle se détestait de ne pas l'avoir réalisé plus tôt.
- On fait vraiment une belle paire, déclara Lexa avec un petit sourire, espérant réussir à alléger l'atmosphère.
Mais Clarke continuait de froncer des sourcils d'un air contrarié.
- Hey… souffla doucement Lexa en lui caressant du bout des doigts la partie du front où apparaissait toujours la petite ride de contrariété. Plus de doute, plus de culpabilité, n'est-ce pas?
Ses mots amenèrent Clarke à sourire et Lexa fut soulagée de sentir le petit plissement disparaitre sous ses doigts tandis qu'elle acquiesçait doucement.
- Juste nous… confirma Clarke.
Puis, elle se mit sur la pointe des pieds et captura une nouvelle fois les lèvres de Lexa. De manière beaucoup plus urgente cette fois-ci.
Clarke se décala légèrement pour retirer le haut de Lexa et, lorsque cette dernière en fit de même avec le sien et que son regard se posa sur son abdomen désormais nu, elle se retrouva à se figer une nouvelle fois.
Clarke suivit son regard et, de nouveau, elle comprit ce qui se passait dans sa tête. Elle posa une main sur son abdomen et glissa l'autre sur le visage de Lexa d'un geste qu'elle espérait apaisant.
- Ce n'est qu'une cicatrice, assura-t-elle. Elle ne me fait même pas mal.
Lexa ne quitta pas ladite cicatrice des yeux. Elle faisait moins de cinq centimètres et, même si elle était encore rose, elle avait l'air complètement consolidée.
Mais la seule chose que Lexa voyait en elle c'était l'illustration, la preuve même qu'elle avait failli perdre Clarke.
Par sa faute.
Et peut-être que la blessure était guérie mais Clarke en garderait une trace pour toujours.
Cette dernière amena sa deuxième main sur le visage de Lexa et l'obligea à la regarder.
- On a dit plus de culpabilité, tu te souviens? lui dit-elle avec un petit sourire. Je vais bien. Je suis là. Je suis là et je veux être avec toi.
Elle lui caressa tendrement les joues et ajouta:
- Sois avec moi, Lexa.
Lexa serra un peu plus la mâchoire avant de relâcher la pression qu'elle exerçait dessus et acquiescer doucement. Elle fixa les magnifiques yeux de Clarke, ceux pour lesquels elle savait qu'elle était prête à faire n'importe quoi, avant de reporter une nouvelle fois son attention sur la cicatrice présente sur le ventre dont elle était amoureuse.
Puis, elle s'agenouilla devant Clarke et posa un baiser plein de délicatesse dessus.
Elle ne réussirait jamais à la faire disparaître. Mais elle pouvait peut-être aider à la soulager avec son amour.
Elle l'embrassa donc une seconde et une troisième fois, avec toujours la même tendresse, la même révérence.
Ce qui eut le don d'envelopper Clarke dans une chaleur intense.
Elles avaient encore un long chemin à parcourir, pensa Clarke. Mais elle n'avait plus aucun doute sur le fait qu'elles y arriveraient.
Toutes les deux. Ensemble.
Les baisers qui lui parcouraient le corps arrivèrent au niveau de ses cuisses et elle se retrouva à ne penser à plus rien hormis –
- Lexa, gémit-elle.
∞ Fin Flash-Back III ∞
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Rendez-vous semaine prochaine pour l'ultime partie! ;)
