Je poste avec un petit jour de retard, j'ai eu un petit souci d'accès à internet hier… Mais le chapitre est bien là à présent ! J'espère que vous m'excuserez ! Je crois que n'a pas prévu de résoudre le bug qui fait que vous ne recevez aucune notification quand je poste, alors j'espère que vous serez au rdv ce soir pour lire ce nouveau chapitre et laisser un petit commentaire ! Je vous en serai réellement reconnaissante ! En vous souhaitant une bonne lecture !
Drago était installé dans un fauteuil qui faisait face au bureau de Cormag. A côté de lui, Blaise et Hadrian, écoutaient d'une oreille attentive ce qu'était en train de leur lire le Laird. Il s'agissait d'un courrier, écrit par l'un des espions du Clan envoyé sur les terres anglaises.
« … Il semblerait que le Duc de Suffolk est entré dans une rage noire depuis plusieurs semaines déjà. Il ne se départit plus de son air assassin et on murmure qu'il ne fait plus entrer aucune femme dans son lit. La raison n'est pas connue publiquement, mais à force de poser des questions j'ai fini par comprendre que la disparition soudaine de la future épouse de son fils aîné est à l'origine de son humeur. Je ne doute pas qu'il s'agisse bien de notre invitée, Lady Weasley, mais pour le moment, personne ici ne semble connaître l'identité de celle qui aurait dû porter le titre de Duchesse.
Je ne crois pas m'avancer en assurant que Suffolk n'est pas homme à rester immobile, et il ne se laissera pas insulter de la sorte. Son fils parade en affirmant qu'il sera marié avant l'été, ce qui laisse entendre que peut-être, Suffolk viendra chercher lui-même sa future belle-fille s'il le faut. Je n'ai, pour le moment, remarqué aucun mouvement parmi les troupes militaires du Duc, mais gageons que bientôt, elles marcheront vers le Nord. Encore faut-il que Suffolk sache où se trouve la dulcinée de son fils.
Je ne saurais que vous conseiller la prudence et la surveillance accrue de nos frontières, car Suffolk a surement introduit des espions un peu partout sur le sol britannique et peut-être européen. Les langues ne tarderont pas à se délier, et Lady Weasley ne sera peut-être pas en sécurité toute sa vie parmi les membres du Clan… »
Cormag arrêta sa lecture et regarda les trois hommes qui lui faisaient face. L'heure était grave, car au-delà de la sécurité de Lady Weasley, c'était celle de tout le clan qui serait bientôt mise à mal. Chacun savait qu'ils auraient encore un peu de répit, car aucune armée n'attaquerait en plein hiver sur le sol écossais – la neige et la brume étaient des obstacles pour l'avancée des troupes et personne ne prendrait ce risque. Mais le printemps arriverait bien assez tôt, et alors qu'adviendrait-il du Clan et de sa petite protégée ? Dans quel pétrin Severus Rogue les avait-il mis ? Drago avait-il mis tout son clan en danger en acceptant de recueillir Lady Weasley sur les terres des McLean ?
− On peut tous remercier Drago, renifla Hadrian en lui jetant un regard noir, de nous avoir ramener de jolis problèmes.
Drago ne trouva pas la force de le contredire, car au fond de lui, une petite voix lui soufflait que son cousin avait sacrément raison. Quand bien même ces jolis problèmes n'avaient pas eu l'air de déplaire à Hadrian quand il s'agissait de tenter de séduire la jeune femme.
− Le Clan McLean a toujours été une terre d'accueil bienfaitrice, répliqua Cormag. Ce n'est pas la première exilée, ni la dernière que nous accueillons sur nos terres.
Drago sentit une vague de gratitude monter tandis que son oncle posait un regard bienveillant sur lui. Cormag était un homme bon, qui avait en horreur les injustices. Cela ne l'empêchait pas d'avoir été un guerrier sanguinaire sur les champs de batailles, ni d'avoir exécuté sans ciller de nombreux traitres. Il était craint, mais profondément respecté par son peuple, et c'était en cela que Drago l'admirait.
− De plus, je ne peux pas nier qu'entraver les plans du Duc de Suffolk est pour moi un réel réconfort.
Blaise ne retint pas un petit éclat de rire, tandis que Drago souriait discrètement. Suffolk avait presque le même âge que Cormag, et les deux hommes avaient déjà eu maille à partir dans le passé. Suffolk avait voulu exterminer et revendiquer les terres claniques plus d'une fois. Et plus d'une fois les armées des Clans avaient fait reculer l'envahisseur. Les troupes de Suffolk avaient tué de nombreux membres du Clan McLean, dont le jeune frère de Cormag, alors âgé de tout juste vingt ans. Ce dernier ne le lui avait jamais pardonné, et Drago savait que cette blessure ne se refermerait jamais totalement dans le cœur de son oncle.
− Cependant, continua-t-il d'un ton plus sérieux, on ne peut pas prendre le risque de laisser Suffolk réclamer Lady Weasley. Car il serait dans son bon droit, c'est une anglaise, leur rappela-t-il.
Drago se tendit. En effet, en tant qu'Anglaise, Lady Weasley ne pouvait être retenue contre le gré de sa famille sur les terres écossaises. Si sa famille ou celle de son futur époux venait à savoir qu'elle se trouvait chez Cormag et Fenella, personne ne pourrait les empêcher de la récupérer. Les lois de la Couronne étaient claires sur ce point.
− Il faut faire d'elle une écossaise, souffla Blaise qui semblait comprendre ce qui était en train de se jouer.
− En effet.
Un silence s'abattit dans le bureau du Laird. Tous savaient où voulait en venir Cormag. La seule façon de devenir écossaise et d'empêcher Suffolk de venir la chercher, c'était qu'elle épouse un écossais. Une fois les liens sacrés du mariage énoncés, Lady Weasley deviendrait écossaise et perdrait toute son importance aux yeux du Duc. Car qui voudrait d'une jeune femme souillée par une brute écossaise ?
− Ça ne va pas lui plaire… grogna Blaise.
Cormag soupira en se pinçant l'arête du nez.
− Laissons passer l'hiver, dit-il finalement en jetant un coup d'œil au ciel nuageux à travers la fenêtre. Peut-être que d'ici là, les choses auront encore évolué.
Le mois de décembre était déjà bien avancé, mais l'hiver n'avait pas encore atteint son apogée. D'ici quelques semaines, un épais manteau de neige recouvrirait les landes écossaises, et des courants d'air glacés parcourraient bientôt les couloirs humides du château.
− Gardez un œil sur elle, tous les deux, dit-il en pointant Blaise et Drago du doigt, et soyez vigilants. Hadrian, tu rendras visite aux gardes des frontières cette semaine pour les prévenir de ce qui pourrait arriver.
Hadrian acquiesça mais Drago remarqua que sa mâchoire s'était crispée. Il ne supportait pas recevoir des ordres, même de son propre père, de son propre Laird. Tous trois se levèrent, comprenant qu'il leur donnait congé, et sortirent du bureau en silence.
x.X.x.X.x
Le château était en effervescence depuis plusieurs jours déjà, car en fin de semaine se tiendrait une grande fête en l'honneur de Fenella qui fêterait ses soixante-dix ans quelques jours avant la nouvelle année. Si chaque année, l'évènement donnait lieu à un bal, cette fois-ci, Cormag avait voulu quelque chose de grandiose pour célébrer son épouse. Aussi, tous les domestiques avaient astiqué le château des jours entiers, et il émanait en permanence des cuisines un fumet alléchant. Drago n'avait pas pris part aux préparatifs, mais il serait présent lors du grand bal, comme le lui avait ordonné sa tante quand il avait émis l'idée de ne pas s'y rendre.
− Tu as une cavalière, toi ? demanda Blaise en croquant dans une pomme, confortablement assis sur une botte de paille tandis que Drago brossait la crinière d'un étalon particulièrement agité.
− Non, répondit-il. Et je n'ai pas l'intention d'en avoir une.
− T'a-t-on déjà dit à quel point tu étais rabat joie ?
− Jamais.
− Et bien c'est chose faite, répliqua Blaise en levant les yeux au ciel. C'est un bal, Drago. Et que font les gens à un bal ?
− Ils se moquent des pas de danse ridicules des autres invités ?
− Ça c'est ce que tu fais toi, répondit Blaise d'un air réprobateur. Les gens normaux en profitent pour inviter des jeunes filles – célibataires de préférence – à danser.
− Tu sais bien que je ne danse que sur un ring.
Blaise et Drago échangèrent un regard, le premier sachant pertinemment de quoi voulait parler le second. C'était pour cette raison, d'ailleurs, que Drago avait voulu échapper à l'anniversaire de sa tante. Le même soir, un combat illégal était organisé dans une ville voisine, et la récompense était plus qu'intéressante. De nombreuses pièces d'or seraient mises en jeu, et Drago espérait rafler la mise. Il s'était renseigné, s'il parvenait à mettre son adversaire K.O dans les dix premières minutes, il serait de retour à temps pour assister au discours de remerciements de sa tante. Avant cela, personne ne remarquerait son absence…
− Tu comptes y aller, dit Blaise.
Ce n'était pas une question.
− Je ne peux pas prendre le risque de voir cet or me filer sous le nez.
Et Blaise le comprenait parfaitement. C'était pourquoi il ne tentait pas de le dissuader. Au lieu de cela, il lui tapa sur l'épaule en balançant son trognon de pomme dans la gueule du cheval qui tentait depuis deux bonnes minutes de la lui voler.
− Compte sur moi pour éponger ton front quand t'en auras terminé.
Drago lui adressa un petit sourire en coin, et tous deux se mirent à discuter stratégie.
Quand ils rejoignirent la salle à manger pour le dîner, celle-ci était déjà bondée. Comme à son habitude, Drago ne prit pas place à la table d'honneur – il détestait sentir les regards sur lui – et s'installa à une table un peu à l'écart encore inoccupée. Blaise prit place en face de lui tandis que deux domestiques leur apportaient à boire et à manger. Les yeux de Drago glissèrent sur les tables environnantes avant de s'arrêter sur la table d'honneur ou Fenella et Cormag étaient en grande conversation, tandis que Lady Weasley écoutait ce que lui racontait Hadrian d'un air crispé. Celui-ci avait rapproché son visage de l'oreille de la jeune femme, plus proche que ne l'autorisait la courtoisie et lui susurrait quelque chose qui n'avait pas l'air de l'émoustiller outre mesure.
Il repensa à la petite visite de Lady Weasley dans les écuries quelques semaines plus tôt. Elle avait dit fuir Hadrian qui s'était montré trop insistant. Drago n'avait pas relevé, parce qu'il ne voulait pas l'effrayer davantage, mais il savait que son cousin n'était pas homme à s'entendre dire non… aussi continuerait-il à insister jusqu'à la mettre dans son lit, si c'était là son objectif. Les incartades conjugales d'Hadrian n'étaient un secret pour personne. Même sa pauvre épouse, la douce Hydra, ne pouvait pas être passée à côté, même si elle décidait de faire l'autruche quand le sujet se frayait un chemin jusqu'à ses oreilles. Drago se trouvait dans une position très inconfortable.
D'une part, il s'était promis de ne pas s'occuper de la petite protégée du Clan, estimant qu'il avait fait sa part en acceptant de l'introduire dans le château pour rendre service à Rogue. Jusqu'ici il s'y était plutôt bien tenu. Mais d'autre part, la voir devoir se débattre contre la présence envahissante d'Hadrian lui faisait mal au cœur. Parce qu'il savait que cet homme n'était qu'un conquérant né qui n'abandonnait jamais. S'il avait décidé de faire de Lady Weasley sa maîtresse, peu de chance qu'elle parvienne à lui tenir tête assez longtemps pour le dissuader. Quelque chose disait à Drago qu'elle n'était pas de celles qui deviennent les maîtresses des hommes, mais plutôt celle pour lesquels les hommes se damneraient pour en devenir l'amant. Drago ne savait pas grand-chose d'elle, sinon qu'elle était une sorcière de bonne naissance. Elle était plutôt discrète sur sa vie d'avant, et se donnait corps et âme dans son rôle de guérisseuse. D'après ce qu'il avait pu entendre, tous les gens qui étaient passés entre ses mains étaient plutôt contents de ce qu'elle avait fait pour eux.
Les rares fois où ils avaient discuté l'un avec l'autre, Drago avait découvert qu'elle était cependant loin d'être une Lady soumise et sans réparti. S'il devait être honnête, il devait reconnaître que sa répartie lui avait plu, en plus de le surprendre. Rares étaient les jeunes femmes à l'esprit aussi vif. A dire vrai, à part Bonnie, Drago n'en connaissait guère.
− On dirait qu'Hadrian a une nouvelle cible, murmura Blaise qui en était arrivé à la même conclusion que Drago. Ça n'a pas l'air de plaire à son père.
Les yeux de Drago glissèrent en direction de Cormag qui, s'il discutait toujours avec son épouse, ne loupait pas une miette de ce qui se passait entre son fils et son invitée. Et en effet, ça n'avait pas l'air de lui plaire. Tous deux comprirent aisément pourquoi. Hadrian était un homme marié, et si jamais il fallait que Lady Weasley se marrie pour éviter d'être emmenée par Suffolk, ce ne pouvait être avec Hadrian. De plus, qui acceptait de l'épouser quand la rumeur se répandrait qu'elle dormait dans le lit du fils du Laird ? Personne ne voudrait d'elle si elle n'était plus vierge, et personne n'oserait se proposer si Hadrian avait posé une option dessus.
− Elle n'a pas l'air réceptive, ceci dit, ajouta Blaise. La pauvre, est-ce qu'on ne devrait pas la sortir de là ?
L'empathie de Blaise était légendaire, et Drago dut admettre que la position de la jeune femme n'était en effet pas très confortable. Difficile de tenir tête publiquement au fils du Laird, même s'il était en train de lui chuchoter des coquineries non consenties. Soupirant d'une voix lasse, et comprenant que c'était à lui qu'il incombait cette tâche, Drago se leva et se dirigea vers la table d'honneur. Il s'inclina élégamment devant son oncle et sa tante, avant de se tourner en direction de Lady Weasley.
− Je suis navré d'interrompre votre dîner, Madame.
− Il n'en est rien, répondit Hermione, trop heureuse de s'éloigner autant que possible d'Hadrian.
− J'ai besoin de vos soins au plus vite. Peut-être pourrons nous nous rendre dans votre infirmerie quand vous aurez terminé de manger.
Il avait dit cela en voyant parfaitement que l'assiette de la jeune femme était déjà vide. Celle-ci sauta sur l'occasion avec plus d'enthousiasme qu'elle ne l'aurait fait si Hadrian n'avait pas tenté d'intervenir dans leur conversation.
− Absolument, Mr. Black. J'ai terminé mon ragout.
− Je croyais que vous aviez fermé l'infirmerie pour aujourd'hui … tenta de s'interposer Hadrian.
− Je ne saurais laisser l'un des membres de ce Clan souffrir alors que votre Laird m'accueille de manière si chaleureuse, répondit Hermione en battant des paupières. Veuillez me suivre, Mr. Black.
Drago esquissa une révérence en sa direction, et lui emboita le pas en silence, la suivant à l'extérieur de la grande salle à manger, sous le regard encourageant de Blaise, et celui, assassin, d'Hadrian. Quand ils furent seuls dans le couloir, Lady Weasley se tourna vers lui et le regarda de ses yeux perçants.
− Pourquoi ? demanda-t-elle simplement.
− De coutume, on dit merci quand quelqu'un nous rend un service, répliqua Drago avec humeur.
− Ça ne répond pas à ma question.
Drago ne répondit pas. Lui-même ne savait pas trop pourquoi. Blaise l'avait convaincu qu'elle était en mauvaise posture, et il ne supportait pas l'idée qu'Hadrian puisse être aussi envahissant et entreprenant avec une autre femme que la sienne. Au fond de lui, il plaignait Hydra. Lui-même avait vu les ravages que l'infidélité de son père avait causé dans le cœur de sa mère, et il s'était promis que jamais, Ô grand jamais, il ne succomberait à l'adultère une fois qu'il serait marié. Qu'importait qu'il aimât ou non son épouse.
− Merci, souffla finalement Hermione en le regardant droit dans les yeux. Il m'avait promis de m'escorter jusqu'à mes appartements… Je crois que je vous dois une fière chandelle.
Malgré toute la fierté qui semblait émanait d'elle, malgré sa force de caractère, Lady Weasley avait trouvé l'humilité de le remercier et de reconnaître sa dette. Voilà qui faisait d'elle une femme plus qu'intéressante, il devait l'admettre. Il l'avait surpris en train de frissonner à l'idée qu'Hadrian l'accompagne dans les couloirs déserts du château. Qui sait ce qu'il aurait entrepris ?
− Je l'ai fait parce que je ne tolère pas ce genre de comportement, lâcha finalement Drago. A l'avenir, ne vous trouvez jamais seule avec lui. Et si cela devait arriver… mes écuries seront toujours un refuge sûr.
Il n'en dit pas plus, et elle lui adressa un sourire si sincère que quelque chose remua dans son estomac. En silence, il la raccompagna jusqu'à ses appartements en prenant bien soin de ne pas la toucher, conscient qu'un contact physique aurait pu l'induire en erreur sur ses intentions. Quand elle eut pénétré son petit salon, Drago s'inclina légèrement :
− Bonne nuit, Lady Weasley. N'ouvrez à personne avant le lever du jour.
Elle acquiesça et quand elle eut fermé la porte, Drago entendit le verrou s'actionner dernière lui. Il fut presque certain qu'elle avait doublé la sécurité moldue d'un sort de protection, aussi tourna-t-il les talons rassuré qu'il ne lui arriverait rien… au moins pour cette nuit-là. Il parcourut les couloirs d'un pas lent, pour rejoindre ses propres appartements. Il n'avait pas l'intention de retourner dans la salle à manger, sans quoi on ne manquerait pas de lui demander si Lady Weasley était parvenue à le soigner. Alors qu'il s'apprêter à tourner à l'angle d'un couloir, il vit flamboyer une flamme vacillante un peu plus loin. Il ne tarda pas à reconnaître Hadrian qui avançait à grands pas dans sa direction. Sa démarche était conquérante. Drago comprit qu'il était en train de rejoindre l'infirmerie, aussi s'interposa-t-il immédiatement.
− Hadrian, dit-il quand celui-ci fut à quelques mètres de lui.
− Tu n'es pas à l'infirmerie ? demanda-t-il froidement.
− J'en sors juste, mentit Drago. Un problème ?
Hadrian regardait autour de lui comme s'il espérait voir Hermione surgir de derrière Drago.
− Lady Weasley ne t'accompagne pas ?
− Elle a été interceptée par trois jeunes femmes qui brûlaient de lui montrer les derniers rubans à la mode. Elles doivent se trouver dans l'appartement de l'une d'entre elles à présent.
C'était un mensonge éhonté, et Drago devina qu'Hadrian avait vu clair dans son jeu. Il ne pouvait cependant pas prendre le risque d'être trop insistant. Si peu d'importance apportait-il à sa femme, il était tout de même mal venu de courtiser une autre de manière aussi directe. Drago pensait que la conversation était clause, et s'apprêtait à continuer son chemin quand Hadrian posa une main sur son avant-bras. Il sentit ses poils se hérisser et ses poings se refermer sans même qu'il ne se rende vraiment compte, prêt à en découdre.
− Si tu crois que tu seras celui qui fera d'elle une écossaise, tu te trompes lourdement, Black, grinça Hadrian entre ses dents jaunâtres.
− Ce qui est sûr c'est que ce ne sera pas toi non plus, répliqua Drago avec un petit rictus moqueur.
− Tu crois qu'elle voudra de toi, Drago Sans-Terre ?
Drago serra les dents. Voilà un sobriquet qu'il n'avait plus entendu depuis longtemps. Il n'y avait qu'Hadrian pour lui rappeler sa condition. Sans terre… Voilà ce qu'il était. Le fils d'un Seigneur à qui l'on avait tout retiré, pour une raison infondée. Drago savait qu'aucune femme ne voudrait de lui, tant qu'il n'aurait pas prouvé sa valeur. Bien sûr, nombreuses étaient celles qui aspiraient à entrer dans son lit, mais aucune ne voulait rester dans sa vie, en tant qu'épouse. Dans le Clan McLean, il n'avait aucun titre, si ce n'était celui de neveu du Laird. Ça ne faisait pas de lui un bon parti. Il s'était fait une raison.
− Une Lady comme elle, avec un traitre comme toi.
− Crois-moi Hadrian, je n'ai pas besoin de terre pour mettre qui que ce soit dans mon lit.
Sur ce, il tourna les talons et s'éloigna aussi rapidement que possible de son cousin. Non pas qu'il eut peur… Mais il craignait de ne pas se maîtriser assez et d'abattre son poing au milieu de son visage.
