Nous sommes déjà mercredi, et le mercredi… c'est jour du chapitre ! Le sixième déjà ! Je n'arrive pas à prendre autant d'avance que je le souhaiterai, donc pour le moment on reste sur ce rythme d'un chapitre par semaine. J'espère pouvoir en proposer deux par semaine bientôt, mais rien n'est moins sûr ! Vous êtes de plus en plus nombreux à lire cette histoire et je vous en remercie !
Comme toujours je remercie plus particulièrement celles qui prennent le temps de laisser une reviews et me permettent de faire connaître cette histoire ! Vous êtes des cœurs !
Je vous laisse avec ce nouveau chapitre en espérant qu'il vous plaira autant que les précédents ! Bonne lecture !
− Tu es prêt ? demanda Blaise en entrant dans la chambre de Drago.
Celui-ci était en train de lasser ses chaussures en silence. Il avait l'air concentré de celui qui partait à la guerre. Il ne partait pas à proprement parler en guerre, mais c'était tout comme puisqu'il s'apprêtait à participer à un combat dans le village voisin. Il s'était conditionné à gagner. Il devait rafler la mise, remporter l'or pour laver son honneur. Ce ne devrait pas être trop difficile. Son adversaire n'avait pas un palmarès très important, et Blaise avait juré que ce serait du rapide.
− On y va, tu l'allonges, et en sera de retour avant que quiconque ne se soit aperçu de notre absence.
− C'est l'objectif, affirma Drago.
− Ta tante nous clouera les oreilles sur la place publique si on arrive en retard. Tu en es conscient ?
− Personne ne s'en apercevra, tu l'as dit toi-même.
Drago devait rester concentré sur son but. Bien sûr, il voulait faire plaisir à sa tante et assister à son anniversaire. Mais il ne devait pas dévier de son véritable objectif : vivre en homme libre. Et si pour cela, il devait recevoir la colère de Fenella McLean … C'était un risque à prendre. Quand il fut fin prêt, les deux hommes sortirent des appartements de Drago, et se dirigèrent vers l'extérieur en discutant. Il leur faudrait emprunter deux chevaux pour se rendre sur place, aussi bifurquèrent-ils vers les écuries où Drago avait déjà préparé deux montures.
Quand ils arrivèrent aux écuries, ils se dirigèrent vers le box du fond où les attendaient deux chevaux déjà scellés. Blaise bavassait et Drago l'écoutait en silence, se focalisant sur le combat qui aurait lieu dans moins de deux heures. Il était sur le point de monter à cheval quand il entendit … quelque chose. Blaise parlait toujours – un vrai moulin à parole et Drago lui fit signe de se taire. Légèrement vexé, il obtempéra malgré tout. Tous deux tendirent l'oreille, et bientôt, une voix s'éleva dans le box voisin. Ce n'était pas une discussion… c'était plutôt, une mélodie. Quelqu'un fredonnait. Blaise s'approcha de la cloison qui séparait les deux boxes et colla son oreille contre la paroi. Drago était sur le point de lui dire de laisser tomber lorsqu'il vit Blaise grimper sur un tabouret pour passer la tête par-dessus le mur et regarder de qui provenait cette voix … délicieusement mélodieuse.
− Lady Weasley, dit-il d'une voix joyeuse. Voilà un autre talent que vous nous avez bien caché !
Drago se tendit. Que faisait Lady Weasley dans ce box ? Il lui avait dit que les écuries étaient un endroit sûr dans lequel se réfugier si quelqu'un – Hadrian – se montrait trop oppressant. Était-elle ici pour cette raison ?
− Monsieur Zabini, sachez que j'ai encore de nombreux talents que ne soupçonnez même pas dans vos rêves les plus fous.
Sa voix taquine semblait dissimuler mille sous-entendus. Blaise eut un petit rire amusé avant de sauter à terre et de se diriger vers le box voisin, Drago sur ses talons. Ils la découvrirent assise à côté de Tempête, le cheval sur lequel elle était arrivée, en train de faire pénétrer une crème épaisse sur l'un des genoux de l'animal. Elle était vêtue simplement, d'une robe beige assez austère, et ses cheveux étaient lâchés sur son dos, cascadant sur ses épaules comme une rivière tourbillonnante.
− Ne vous préparez-vous pas pour les festivités de ce soir ? demanda Blaise, curieux.
En effet, les autres femmes du château avaient déjà commencé à se préparer le matin même.
− Craignez-vous que je vous fasse honte ? demanda-t-elle sur un ton de défi.
− Juste ciel, ça ne risque pas d'arriver puisque vous n'êtes pas ma cavalière, répliqua Blaise.
− Qui est ta cavalière ? demanda soudain Drago qui ne s'était pas posé la question jusqu'ici.
− Lady Duncan, sourit Blaise.
− Et la vôtre, Monsieur Black ? demanda la jeune femme en se tournant vers Drago.
− Elle a pris la fuite, répliqua Drago, un peu froid.
Il n'aimait pas qu'on lui pose des questions, et encore moins comme s'il aurait été naturel qu'il eut une cavalière. Pourquoi faire ? Il était très bien tout seul. Il ne supportait pas l'idée de devoir faire danser qui que ce soit et de tenir une conversation peu subtile sur les derniers potins du château.
− Peut-être s'en est-elle allée avec mon cavalier alors, répondit Hermione d'un air amusé.
Drago ne put s'empêcher de sourire brièvement, tandis que Blaise jurait ses grands dieux qu'il était scandaleux qu'une Lady de son rang s'y rende seule.
− Je préfère souvent la compagnie des plantes mortes à celle d'hommes ivres, lâcha-t-elle finalement.
Blaise éclata franchement de rire avant de se tourner vers Drago :
− N'est-elle pas éblouissante ? Lady Weasley, je n'ai jamais vu d'esprit si vif que le vôtre. Si je n'étais pas trop amoureux de la liberté, je vous épouserais.
− Que Dieu m'en garde, répliqua Hermione, ce qui lui valut un rire tonitruant supplémentaire de la part de Blaise.
− Que faites vous à cette pauvre bête ? demanda finalement Drago en donnant un coup de tête en direction de Tempête.
− J'ai remarqué qu'il n'aimait pas que j'effleure cette partie de son corps, je l'ai trouvée un peu boursoufflée, alors j'applique un peu de baume pour détendre ses muscles.
Drago ne répondit pas, il était surpris de découvrir qu'elle n'était pas seulement attentive aux maux des humains, mais aussi à ceux des animaux. C'était rare chez les gens de la haute noblesse. Pour dire vrai, Drago n'avait jamais vu jeune femme aussi à l'écoute. Quand elle eut terminé de faire pénétrer le remède, Lady Weasley se redressa et leur adressa à tous deux une légèrement révérence.
− Messieurs, je vous laisse à vos occupations. J'imagine que nous nous croiserons ce soir.
Sur ces mots, elle disparut par la porte des écuries et regagna le château sous les yeux scrutateurs de Drago et Blaise.
− C'est une sacrée Lady, souffla Blaise. Elle me fait penser à…
− Pansy, termina Drago à sa place.
Blaise acquiesça. Le silence retomba entre les deux hommes. Pansy faisait partie du trio qu'ils avaient formé dans leur jeunesse, tandis qu'ils étaient les trois petits protégés de Severus Rogue. Elle était leur meilleure amie, leur sœur, leur confidente. Et puis un jour, son père avait décidé qu'il n'était pas décent pour elle de continuer à fréquenter deux hommes. Il lui avait trouvé un époux, quelque part au Pays de Galles, et elle avait dû quitter l'Ecosse. Plus d'un an s'était écoulé depuis qu'ils l'avaient vue pour la dernière fois. Drago se souvenait encore des derniers mots qu'elle avait prononcé avant de monter de force dans ce carrosse : « Ne faites rien que je ne ferais pas. Je reviendrai, libre. » Combien de temps faudrait-il encore pour qu'elle se libère de ses chaînes ?
x.X.x.X.x
La foule criait son nom. Basilic, Basilic, Basilic. C'était galvanisant, et l'adrénaline ne redescendrait pas tant qu'ils hurleraient en sa faveur, tant qu'ils l'acclameraient. Drago leva un poing conquérant, tandis que deux jeunes femmes, au premier rang, lui lançaient des regards de braise. S'il avait eu le temps… peut-être se serait-il laissé tenter par leur décolleté ravageur. Mais Blaise était déjà à ses côtés, et lui tendait de quoi s'éponger le front, tandis que son adversaire gisait toujours sur le sol, inconscient. Drago lui jeta à peine un regard, avant de sauter en dehors du ring, Blaise sur ses talons.
− Bien joué, lui souffla-t-il tandis qu'ils fendaient la foule pour trouver la sortie.
− T'as récupéré la mise ?
− C'est dans la poche, affirma-t-il.
Sans s'attarder davantage, les deux hommes sortirent dans le froid mordant de l'hiver. Ils étaient sortis si vite, qu'ils entendaient encore la foule l'appeler. Drago eut un petit sourire satisfait.
− Ça te plait, hein ? Ils n'ont d'yeux que pour toi.
− Serais-tu jaloux, mon cher Blaise ?
− Jaloux ? Je te mets dans mon lit quand je veux, Malefoy.
Drago éclata de rire. C'était rare de sa part, lui qui était si peu expansif. Mais Blaise savait comment le prendre, et la plupart de ses rires lui étaient adressés. Malgré tout, Drago ne put retenir ce petit pincement au cœur quand il entendit son véritable nom de famille. Blaise était le seul à l'utiliser, parfois, quand il les savait à l'abri des oreilles indiscrètes, et à chaque fois, ça remuait quelque chose dans l'estomac de Drago. A la fois triste de ne pas l'entendre dans toutes les bouches, et heureux de voir que Blaise ne le laissait pas tomber dans l'oubli. Un jour, tout le monde saurait son véritable patronyme.
Quand ils furent certains que personne ne les regardait, Blaise et Drago se mirent à l'abri dans une ruelle sombre et transplannèrent. Il était rare qu'ils usent de leur magie dans le monde moldu, mais ils avaient convenu que ce serait la façon la plus rapide et la plus efficace pour arriver à l'heure à l'anniversaire de Fenella. Ils réapparurent directement dans la chambre de Drago.
Blaise sortit une bourse de sa poche et la jeta sur le lit. L'or était sonnant et trébuchant, et c'était un bruit très doux à l'oreille de Drago. Le bruit de la vérité. Le bruit de la liberté.
− Préparons-nous, dit-il sans s'emparer de l'or. Et descendons avant qu'on ne remarque notre absence.
Les deux hommes se préparèrent avec hâte, enfilant leurs plus beaux vêtements. Ils savaient que les regards seraient tournés vers eux, ils faisaient partie des membres de la famille du Laird, et aucun pas de travers ne serait toléré. Drago enfila une chemise très sobre qu'il rentra dans son kilt sur lequel brillait une broche du Clan McLean, et jeta un coup d'œil dans le miroir tandis qu'il resserrait les liens qui la fermaient. Evidemment, il n'était pas parvenu à sortir totalement indemne du combat, et cet imbécile de McAllister – son adversaire – avait réussi à lui coller son poing au-dessus de l'arcade. Drago sortit sa baguette et soigna la plaie rapidement. Fenella serait trop accablée de le voir blessé.
Quand ils furent fin prêts, ils se précipitèrent dans les couloirs et descendirent quatre à quatre le grand escalier qui menait dans le hall d'entrée. Celui-ci était déjà bondé, mais heureusement, pas de Fenella en vue. La fête ne commencerait que lorsqu'elle serait présente et qu'elle aurait fait son habituel discours. Drago n'en revenait pas de voir que tout s'était déroulé à merveille. L'or en poche, il pourrait enfin profiter des festivités.
Ils se fondirent dans la foule, saluant les invités qu'ils connaissaient déjà. Isaure était là et accueillait les invités en attendant que sa mère arrive. Quand elle les aperçut, elle se dirigea vers eux, sa robe verte fluide et brodée d'argent flottant derrière elle. Drago s'inclina légèrement avant de s'emparer de sa main et d'y déposer un baise-main.
− Isaure, tu es toute en beauté.
− Merci Drago, lui sourit-elle. Est-ce que c'est du sang qu'il y a dans ton cou ?
Elle fixait le petit espace qui se trouvait derrière le lobe de son oreille avec attention et Drago porta sa main sur l'endroit indiqué. En effet, il sentit le sang séché qu'il avait mal nettoyé avec sa baguette.
− Rien qui ne vaille la peine d'ameuter le château, souffla Drago.
Isaure le regarda un long moment et s'apprêtait sans doute à dire quelque chose quand ses yeux se fixèrent derrière lui. Elle regardait les escaliers, et son air ahuri eut le mérite de faire faire à Drago un demi-tour sur lui-même. Ce fut là qu'il la vit. Il l'observa descendre les marches de l'escalier, bouche bée.
Avait-il jamais vu créature aussi céleste ? De mémoire d'homme, jamais une femme ne lui avait paru si désirable qu'en cet instant. Elle avait revêtu une robe bleu nuit, sur laquelle avait été brodées des centaines d'étoiles au fil d'or. Son corset était délicieusement serré, faisant apparaître le galbe laiteux et délicat de sa poitrine, tandis que ses clavicules dansaient sous sa peau diaphane. Blaise lui donna un petit coup de coude moqueur.
− Ferme la bouche, Drago, tu baves.
Drago lui jeta un regard noir, mais se ressaisit. Des belles femmes, il y en avait des dizaines. Inutile de s'attarder davantage sur Miss Weasley. Il se détourna aussitôt d'elle, et fut bientôt happé par une horde de jeunes femmes toutes plus délicieuses les unes que les autres. Devant leurs sourires aguicheurs et leurs œillades affamées, Drago ne douta pas qu'elles lui fassent oublier l'apparition divine à laquelle il venait d'assister. Bonnie s'approchait déjà, son petit air supérieur de Lady du Clan plaqué sur son visage poupin.
− Bonnie, tu es ravissante, dit Drago en s'inclinant.
Le compliment toucha sa cible en plein cœur, car celle-ci se mit à sourire et à papillonner des cils. Derrière elle, ses compagnes se lançaient des sourires de connivence.
− Lady Bonnie, ajouta Blaise en s'inclinant à son tour respectueusement.
− Vous êtes très élégants également, messieurs, sourit Bonnie.
Elle jeta un regard très intéressé en direction de leur kilt, à un endroit extrêmement précis. Blaise ne put masquer un petit sourire satisfait mais ne dit pas un mot. Quant à Drago, ses yeux s'étaient naturellement tournés vers Lady Weasley qui était également entourée d'une foule d'hommes aux yeux affamés. Bonnie le remarqua et fit une moue désapprobatrice avant de poser une main fine et délicate sur l'avant-bras de Drago et lui murmura d'une voix sensuelle :
− J'exige une danse, ce soir.
Dans ses yeux dansaient les flammes de la passion. Drago ne l'avait jamais vue aussi sûre d'elle, et il se demanda si ce n'était pas mauvais signe pour lui. En effet, si la laisser flirter avec lui avait quelque chose d'amusant, il n'avait jamais envisagé une seule seconde dépasser ce stade avec la si jeune femme. Elle ne lui laissa pas le temps de refuser, et s'éloigna avec toute sa cour de jouvencelles qui gravitait autour d'elle, dans l'espoir, de se faire remarquer par les hommes du clan – un fortuné et beau de préférence.
− Elle a l'air décidé, dit Blaise à l'oreille de Drago.
Celui-ci fit mine de ne pas comprendre.
− A te mettre dans son lit.
− Pitié, grogna Drago.
Blaise s'esclaffa, avant de s'éloigner vers le buffet pour y récupérer deux chopes de bière.
Fenella arriva peu de temps après Lady Weasley, et bientôt, le silence s'abattit dans la salle de réception. La foule se divisant en deux pour laisser passer la reine de la soirée qui avançait d'un pas lent, au bras de son époux qui n'avait d'yeux que pour elle. Elle était resplendissante. Sa chevelure aussi blanche qu'un clair de Lune flottait derrière elle, et elle avait posé au-dessus de sa tête une tiare raffinée en or blanc. Elle avait tout d'une reine. Sur son passage, les hommes s'inclinaient, les femmes faisaient la révérence de manière si sincère que les yeux de Fenella se mirent à briller. Jamais Lady écossaise n'avait été aussi respectée et aimée qu'elle. Elle aimait son peuple et il le lui rendait.
Son discours fut à son image. Vrai, juste, concis. Elle remercia l'assemblée d'être là en ce jour béni, et les incita à boire et à manger plus que ne leur permettrait leur estomac. Elle jura que personne n'irait se coucher le ventre vide, ni avant que la piste de danse ne soit en feu sous les pieds experts des danseurs. L'assemblée rit, avant de se disperser quand l'ovation en son honneur fut terminée.
Blaise et Drago retrouvèrent des camarades et des compagnons d'armes devant le buffet, et se mirent à discuter, à boire et à manger comme le leur avait ordonné leur Dame. Les heures défilèrent, et les litres de whisky avec. La piste de danse ne désemplissait pas et les violons et autres luths ne cessaient de vibrer. Drago fut invité plusieurs fois à danser, il refusa les premières, mais ne put s'opposer éternellement à Bonnie qui menaçait de faire un véritable scandale. Il finit par danser une, puis deux danses avec elle, avant de rejoindre Blaise qui bavardait avec sa cavalière, Lady Duncan, une des dames de compagnie de Bonnie.
Il n'écoutait pas vraiment ce qu'ils disaient, ses yeux vagabondant autour de lui. Ils finirent par se poser à nouveau sur Lady Weasley, acculée dans un coin de la salle, en grande conversation avec… Hadrian. Qui d'autre, songea Drago. Il savait qu'il ne lâcherait pas l'affaire avant d'avoir ce qu'il voulait. Drago les observa quelques minutes, ne sachant s'il devait intervenir. Lady Weasley avait le visage fermé, et regardait Hadrian droit dans les yeux. Mais, même de loin, il pouvait voir sa poitrine se soulever à un rythme saccadé, preuve qu'elle n'était sans doute pas aussi à l'aise que sa position voulait bien l'admettre. Bientôt, il la vit secouer la tête frénétiquement en signe de négation, tandis qu'Hadrian glissait une main sur sa taille délicate.
N'écoutant que son cœur, Drago abandonna Blaise et sa charmante interlocutrice pour se diriger vers Hadrian et sa proie. Quand il fut assez proche, il put discerner ce que ce dernier racontait.
− J'avais pourtant espéré que vous accepteriez de danser avec moi, Milady.
− Pour la quatrième fois, Monsieur, je ne danse pas.
Hadrian ne sembla pas supporter cet énième refus, et s'empara brusquement du bras frêle d'Hermione. Drago sentit immédiatement son sang bouillir dans ses veines.
− Lâchez-moi, gronda Hermione d'une voix sourde.
Avant que son cousin n'aille plus loin, il s'approcha d'un pas nonchalant et posa une main sur l'épaule d'Hadrian qui se crispa sous son contact. Parfait, songea Drago, parce qu'il n'était pas venu en tant qu'ami. Il sentit les yeux de Lady Weasley se poser sur lui, mais il ne la regarda pas et fixa Hadrian.
− Lady Weasley m'a semblé être assez claire, tu devrais la lâcher, dit tranquillement Drago en portant sa chope à ses lèvres.
Il affichait un air détendu, presqu'indifférent, mais ses yeux étaient de glace et ne lâchaient pas Hadrian une seule seconde.
− Mêle toi de tes affaires, Black, gronda Hadrian. C'est une conversation privée.
− Vraiment ? Je suis pourtant sûr que ton épouse souhaiterait y participer.
Les yeux d'Hadrian glissèrent naturellement sur Hydra qui discutait de l'autre côté de la salle avec Fenella et Isaure. Malgré la fureur qu'on lisait dans son regard, il lâcha le poignet de la jeune femme, sans s'en écarter pour autant. Il ressemblait à un vautour qui volait en cercles au-dessus de sa proie.
− Vous dansez ? demanda finalement Drago à l'intention de Miss Weasley.
Celle-ci le regarda longuement, semblant peser le pour et le contre, avant de s'emparer de la main que Drago lui tendait et de se laisser entraîner sur la piste de. De toute évidence, elle avait décidé qu'une danse avec Drago valait toujours mieux que de se retrouver coincer avec Hadrian et ses regards lubriques. Alors que les violons laissaient échapper une mélodie entraînante, Drago ne put s'empêcher de grincer des dents quand la jeune femme prit la parole.
− J'aurai pu me débrouiller toute seule.
− De toute évidence, grogna Drago. Vous aviez l'air d'une brebis égarée face à un loup un peu trop vorace.
− Croyez-moi, Mr. Black, je n'ai de la brebis égarée que l'apparence.
