Bonjour à tous ! J'espère que vous allez bien. Certain d'entre vous sont en vacances ? C'est mon cas, même si je n'appellerai pas cela à proprement parler des vacances quand on voit la montagne de choses que j'ai inscrites sur ma to do list … Bien sûr, je n'en ferai pas la moitié et j'en ajouterai de nouvelles un peu plus chaque jour…

Bon en attendant, voici le nouveau chapitre du jour, le neuvième, déjà. Vous avez été moins nombreuses à lire mais aussi à commenter le chapitre précédent, j'espère donc que celui-ci s'attirera davantage vos faveurs ! N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé !

Au fait, est-ce que vous recevez les notifications sur votre adresse mail quand je poste ? Pour ma part, je n'en reçois aucune, alors je me demande si certains en reçoivent malgré tout !


Hermione se trouvait dans la salle à manger de ses parents. Celle-ci était vide, et elle regardait par la fenêtre d'un air absent, ses mains triturant un ruban rouge qu'elle passait et repassait entre ses doigts.

Ah, vous voilà enfin, dit une voix grave derrière elle.

Elle ne se retourna pas, elle savait très bien à qui appartenait cette voix. L'odeur de whisky et de fer qui le caractérisait lui arracha un haut-le-cœur. Il la répugnait. Il rentrait pourtant dans tous les standards de beauté, avec ses boucles brunes et le sourire étincelant aux dents blanches de ceux qui n'avaient jamais souffert de sous-nutrition. Sa carrure athlétique laissait deviner un corps musclé et bien entretenu… Mais son regard… Ce regard qui la dévorait comme si elle eut été une friandise, une récompense qu'on offre à un chien après qu'il eut attrapé une bécasse bien grasse pendant une partie de chasse. Ce regard la dégoûtait, parce qu'elle sentait toutes les pensées lubriques qu'il avait pour elle. Il était froid, calculateur. Le digne fils de son père.

Cepheus, le fils du Duc de Suffolk se tenait désormais derrière elle, si près qu'elle pouvait sentir son souffle chaud lui chatouiller la nuque.

Ne venez-vous point me saluer, Lady Hermione ? Après tout le chemin que j'ai fait pour venir vous voir.

Hermione se retourna à contre cœur et riva son regard glacial sur son interlocuteur. Serrant les mâchoires, elle fit une révérence devant celui qui devait devenir son époux.

Pas de cela entre nous, Hermione.

Il posa un doigt épais sous son menton pour la forcer à relever la tête. Au lieu de la lâcher quand elle se fut redressée, sa main s'empara du bas de son visage et le maintint fermement, tandis qu'il approchait dangereusement son visage de celui de la jeune femme.

C'est la dernière fois que je suis obligé de venir vous chercher, Hermione. A ma prochaine venue, vous serez sur le perron, prête à m'accueillir.

Un sourire vorace se dessina sur ses lèvres.

Hermione sentit la bile lui monter dans la gorge, tandis qu'elle ne détournait pas les yeux de Cepheus. Elle ne dit rien, mais elle savait qu'il pouvait lire dans ses iris mordorées tout le dégoût qu'il lui inspirait. Au lieu de s'en vouloir, il s'en repaissait comme le Diable se délectait des âmes. Elle se surprit à vouloir lui cracher à la figure, mais elle savait, pour l'avoir déjà fait, qu'elle se prendrait une belle correction si elle succombait à la tentation.

Et bientôt, ce seront vos cuisses qui seront prêtes à m'accueillir.

Et sans lui laisser le temps de réagir, il pressa une main contre l'intimité d'Hermione, ses jupons étant la seule barrière à son geste déshonorant.

Le temps me semble bien long avant que je ne puisse enfin accéder à mon dû.

Il fit remonter sa main le long du corset d'Hermione, et vint attraper de toute sa paume son sein gauche avant de le serrer si fort qu'Hermione ne put retenir un hoquet de douleur, ni les larmes qui monter jusqu'à ses yeux…

BOUM BOUM.

Hermione se réveilla en sursaut. Et le bruit recommença. S'extirpant de son lit, le cœur battant, elle se précipita sur sa baguette magique. Quelqu'un tambourinait à la porte et un court instant, elle ne sut dire où elle se trouvait… L'idée l'effleura que c'était peut-être Cepheus qui venait la chercher… Non, songea-t-elle, elle s'était enfuie. Elle était au Château de Duart, sur les terres claniques des McLean. Les coups sur la porte ne cessèrent pas, et bientôt, Hermione entendit une voix s'élever derrière le bois de la porte d'entrée de ses appartements. Elle ouvrit.

− Lady Weasley ! grogna Blaise en s'appuyant sur l'encadrement la porte.

Les yeux d'Hermione mirent quelques secondes à s'habituer à l'obscurité du couloir. Blaise se tenait devant elle, il était essoufflé et avait l'air inquiet. Hermione mit du temps à s'apercevoir qu'il n'était pas seul. En effet, il tenait fermement contre lui le corps inconscient de Drago Black, dont le teint pâle n'augurait rien de bon.

− Qu'est-ce que …

Hermione n'acheva pas sa phrase. En s'approchant un peu plus, elle remarqua une flaque inquiétante qui était en train de se former sous le corps de Drago. Un parfum de fer lui picota les narines tandis qu'elle reconnaissait l'odeur du sang frais.

− L'infirmerie, vite, souffla-t-elle en se retournant pour enfiler un châle sur ses épaules.

Blaise partit devant, soutenant difficilement Drago. Les courants d'air glacés qui habitaient les couloirs du château la firent frissonner de tout son corps, sentant ses dents s'entrechoquer légèrement. Ils arrivèrent en silence devant la porte de l'infirmerie qu'Hermione ouvrit rapidement pour les laisser entrer.

− Installez-le sur la table d'examen, dit-elle d'une voix autoritaire.

Quand Blaise et Drago eurent pénétré la pièce, Hermione fit volte-face et dégaina sa baguette pour fermer la porte à double tour. Elle allait sûrement devoir utiliser sa magie sur Drago, alors hors de question de se faire surprendre par qui que ce fut. Quand elle fut certaine qu'ils étaient seuls et à l'abri des regards indiscrets, elle pointa sa baguette sur la cheminée éteinte pour y faire apparaitre un feu crépitant et chaleureux. Un sort de plus, et la pièce fut illuminée comme si l'on était en plein jour, lui permettant ainsi d'observer plus attentivement les blessures de Drago.

Celui-ci était toujours inconscient, affalé sur le ventre, sur la table d'examen. Hermione s'en approcha et fit courir ses doigts froids sur son visage meurtri. Son arcade saignait, sa lèvre inférieure était fendue. On devinait qu'un hématome ne tarderait pas à se former sur sa pommette gauche. Mais tout ceci n'était rien à côté du sang qui s'écoulait régulièrement de son dos. Elle souleva en silence la chemise que Drago portait, et fut stupéfaite par ce qu'elle découvrit. Elle s'était attendue à une plaie sanguinolente, un coup de couteau ou bien une blessure par balle. Mais il n'en était rien.

Une plaie largement ouverte qui n'avait rien de naturelle traversait son dos sur une trentaine de centimètres, reliant son omoplate gauche à son flanc droit. Outre sa béance inquiétante, les bords de la plaie étaient comme nécrosés, calcinés, noircis par le sort qui était à l'origine d'une telle blessure. Bouche-bée, Hermione leva les yeux vers Blaise qui regardait le dos de son ami lui aussi, les yeux écarquillés.

− Que s'est-il passé ? murmura Hermione.

− Il …

Blaise semblait avoir perdu ses mots.

− Qui a fait ça ?

De toute évidence, ce n'était pas quelqu'un plein de bonnes intentions. Un sort aussi noir… Hermione n'en avait jamais vu. Mais Blaise ne semblait pas enclin à répondre, ou peut-être était-il trop choqué ? De toute façon, elle devrait agir vite si elle voulait le sauver. Il avait déjà perdu beaucoup trop de sang, c'était peut-être même déjà trop tard… A l'aide de sa baguette, Hermione fit venir plusieurs de ses fioles jusqu'à elle, et elle commença par donner un puissant anti-douleur à Drago. Pour le moment, il était inconscient, mais qui savait quelle douleur le terrasserait dès son réveil ? Les minutes qui suivirent demandèrent à Hermione beaucoup d'énergie.

Passant ses doigts et sa baguette tout autour de la plaie, elle commença à cautériser la plaie, petit à petite. Celle-ci était si longue et largement ouverte que l'opération pris presqu'une heure, dans le silence tendu et inquiet de Blaise. Celui-ci ne s'était pas éloigné une seule seconde de son ami, et avait supporté sans broncher la vue déroutante de son dos lacéré. Enfin, après ce qui semblait être une éternité à Hermione, elle acheva ce qu'elle avait entrepris.

La plaie était désormais fermée, et ne saignait plus. Hermione savait cependant que le moindre mouvement brusque, la moindre chute, pourrait la rouvrir. Passant une main tremblante sur son front en sueur, elle regarda son travail d'un œil critique, avant de se convaincre qu'elle n'aurait pas pu faire plus. Elle remonta une couverture propre sur le dos de Drago, et installa un oreiller sous sa tête.

− Je ne peux rien faire de plus. Il va falloir attendre, et voir s'il…

− Meurt ? murmura Blaise, alarmé.

− Survit à la douleur, acheva Hermione. Je ne veux pas prendre le risque de le déplacer avant demain.

− Je vais veiller sur lui, assura Blaise.

Hermione le regarda un bref instant, pensive. Qui était-il l'un pour l'autre ? Blaise avait l'air aussi touché que s'il s'était agi d'un frère ou d'un parent. On ne voyait que très rarement l'un sans l'autre, et sans doute quelque chose de fort les unissait. Elle le regarda approcher une chaise de la table d'examen, et s'installer aussi confortablement que le permettait le bois dur dans lequel le meuble avait été taillé.

− Que s'est-il passé ? demanda-t-elle pour la seconde fois.

Blaise ne répondit pas immédiatement, son regard plongé dans le feu qui ronflait à côté de lui. Elle crut qu'il ne l'avait pas entendue et s'apprêtait à lui poser une nouvelle fois la question quand il répondit sans la regarder :

− Ce connard a utilisé la magie … murmura-t-il finalement.

Sa voix n'était qu'un souffle.

− Drago n'avait pas l'air dans son assiette, mais il s'est bien battu. Il avait même l'avantage... Quand le Cognard a vu qu'il était en train de perdre, il a… Il a utilisé la magie informulée pour le blesser. Le tuer.

Hermione n'y comprenait rien. Le Cognard ? Se battre ? Mais où diable s'étaient-ils trouvés ? Dans une taverne après avoir ingurgité trop d'alcool ? Une rixe avait-elle éclaté ? Blaise avait l'air un peu fou, ses cheveux en bataille, il avait le regard vitreux, comme s'il se remémorait la scène à laquelle il avait assisté.

− Une bagarre a éclaté ? demanda Hermione.

Blaise secoua la tête.

− Un combat … soupira-t-il. Un combat clandestin.

Ainsi donc, Drago Black participait à des combats clandestins. Ce qui expliquait les coquards qu'il arborait souvent, les hématomes sur sa mâchoire ou encore les lèvres fendues. Visiblement, ce n'était pas la première fois qu'il participait à l'un de ces combats, mais c'était la première fois qu'il était aussi proche de la mort, sans quoi Blaise ne serait pas aussi traumatisé. Frôler la mort pour un peu d'adrénaline ? Hermione trouvait cela très cher payé.

− Mr. Black s'est battu contre un sorcier ? A main nu ? Pourquoi ne pas utiliser vos baguettes ? demanda Hermione, circonspecte.

Blaise hocha frénétiquement la tête.

− Ce sont des combats organisés par des moldus… et pour des moldus. Si on utilisait la magie, on nous enverrait sur le bûcher.

− Mais pourquoi vous …

− Pour l'argent, la coupa Blaise. Drago fait ça pour l'argent.

Hermione haussa les sourcils. Drago n'avait l'air de manquer de rien, ici, à Duart. Il était le neveu du laird, jouissait d'un statut privilégié, mangeait à sa faim, avait de beaux appartements, un travail dans les écuries… Pourquoi voulait-il plus d'argent ? La cupidité était-elle l'un de ses vices ?

− J'ignorai que Mr. Black avait tant besoin d'argent.

Il en fallait sûrement beaucoup pour pouvoir payer ses tournées dans les tavernes, songea-t-elle.

− Ce n'est pas ce que vous croyez.

− Je ne crois rien du tout.

− Si. Je lis le jugement sur votre visage. Mais ce n'est pas à moi de vous raconter l'histoire de Drago.

Et voilà, pensa Hermione. Si la cupidité était le vice de Drago, la curiosité était le sien. Et Blaise venait de la piquer. A présent, elle avait terriblement envie de savoir ce qui pouvait pousser un homme qui ne semblait avoir aucun problème dans sa vie à gagner de l'argent par tous les moyens, y compris les moyens illégaux. Comprenant cependant que Blaise n'en dirait pas plus, elle se contenta de soupirer et de hausser les épaules.

− Peu importe ses raisons, je doute qu'elles vaillent que l'on meure pour cela.

Blaise ne répondit rien, et Hermione en déduisit que peut-être, cela en valait la peine à leurs yeux. Le silence s'abattit entre eux, et bientôt, Hermione vit le Soleil se lever par-delà les monts écossais. Avec la potion de sommeil qu'elle lui avait donné, Drago ne se réveillerait pas avant plusieurs heures. Peut-être qu'il ne se réveillerait pas avant le lendemain. Affalé sur la chaise, Blaise avait posé son front sur le rebord de la table d'auscultation et avait fermé les yeux. Dormait-il vraiment ? Hermione n'osa pas poser la question. Elle s'éclipsa sans un bruit et regagna ses appartements pour dormir quelques heures supplémentaires. Elle reviendrait voir son patient dans l'après-midi… s'il ne se réveillait pas avant.

x.X.x.X.x

Après le déjeuner, Hermione rejoignit son infirmerie d'où Blaise n'avait pas bougé. En loyal compagnon, il était resté sur cette chaise atrocement rigide et n'avait pas lâché le corps inerte de son ami des yeux une seule seconde. Quand elle s'approcha, Hermione vit que des cernes sombres avaient fleuri sous ses yeux bruns. Une barre d'inquiétude entravait son front.

− Je crois… Je crois qu'il a de la fièvre, murmura-t-il.

Hermione posa une main sur le front de son patient encore profondément endormi. En effet, il était brûlant. Elle souleva le linge propre qu'elle avait mis sa blessure, et découvrit que celle-ci suintait et était boursouflée par endroit. La plaie s'était infectée. Comment cela était-il possible ? Elle avait pourtant fait en sorte que cela n'arrive pas… Peut-être avait-elle sous-estimé le sort qui avait infligé cette blessure ? Peut-être n'avait-elle pas utilisé les bons ingrédients, les bonnes potions ? L'inquiétude de Blaise sembla se propager jusqu'à elle.

Elle aurait aimé jeter un autre sort, mais pas ici, en plein jour, à l'infirmerie où ils pouvaient être dérangés par n'importe quel moldu. C'était trop dangereux pour tout le monde.

− On doit le ramener dans ses appartements… J'y serai plus… efficace, murmura-t-elle à Blaise.

Celui-ci sembla comprendre où elle voulait en venir. Il acquiesça et jeta un coup d'œil par la fenêtre. Le soleil commençait à décliner. Une chance pour eux, il faisait nuit tôt en hiver dans les Highlands. Les gens vivaient au rythme de l'astre du jour, aussi, d'ici deux heures, il y aurait bien moins de monde dans les couloirs et il serait plus aisé de le déplacer sans que l'on ne se pose trop de questions et que les rumeurs ne se propagent dans le château. Blaise avait expliqué à Hermione que personne n'était au courant de ses participations aux combats clandestins, et que si cela devait remonter aux oreilles de Cormag, le Laird n'hésiterait pas à le punir pour avoir transgressé la loi.

Deux heures plus tard, Blaise porta Drago jusque dans ses appartements. Hermione veilla à ce qu'ils ne rencontrent personne, faisant le guet à chaque angle de chaque couloir. Ce fut avec soulagement qu'ils pénétrèrent dans la chambre, où Blaise déposa précautionneusement Drago.

− Sur le ventre, dit Hermione d'un ton autoritaire. Sinon je n'aurai pas accès à la plaie.

Blaise obtempéra et installa Drago aussi confortablement qu'il le put avant de reculer pour laisser Hermione agir. Celle-ci sortit sa baguette et recommença à marmonner toutes les incantations qu'elle connaissait. La plaie n'était pas belle, mais grâce à ses charmes de soins, elle parvint à lui redonner une allure saine et plus proche de la guérison que de la putréfaction. A côté d'elle, Blaise avait l'air de dormir debout, Hermione le surprit une ou deux fois alors qu'il fermait les yeux quelques secondes.

− Rentrez-vous reposer, lui dit-elle. Je vais rester ici pour surveiller sa température.

− Non, je peux très bien…

− Je sais que vous pouvez, Blaise, sourit Hermione. Mais mieux vaut vous reposer pour être en forme quand il se réveillera.

Blaise sembla hésiter quelques secondes, son regard allant alternativement de Drago à Hermione. Enfin, il soupira et passa une main dans ses cheveux déjà en bataille.

− Je suppose que quelques heures de sommeil ne me feraient pas de mal …

− Et un bain, le taquina Hermione.

Blaise sourit.

− Merci, Lady Hermione. Merci pour tout.

Blaise sortit, et bientôt, Hermione se retrouva seule avec Drago, toujours inconscient. Elle ajusta les couvertures et s'assura de ne pas trop le couvrir pour faire descendre la fièvre, puis déposa un linge humide sur son front. La magie ferait le reste, songea-t-elle. Elle s'installa dans le fauteuil qui avait accueilli Drago la nuit où il l'avait arrachée des bras de Hadrian. Elle n'aurait pas pensé une seule seconde se retrouver à nouveau dans cette chambre, seule avec lui… Elle repensa à Lady Bonnie qui avait tiré des conclusions hâtives, et se demanda si deux fois, ce n'était pas tenter le Diable. Une fois, cela pouvait être une coïncidence, mais retrouver une deuxième fois une jeune femme non mariée dans la chambre d'un jeune célibataire… Le château risquait de jaser.

Hermione resta de longues heures durant assise sur le fauteuil. Quand l'obscurité fut entière, elle alluma une bougie, qui lui permit de feuilleter un livre qu'elle avait trouvé sur la table de chevet de son patient. Rien de bien passionnant, c'était un traité sur la guerre qui avait opposé les Romains à des contrées lointaines. C'eut le mérite de l'occuper. Les heures défilèrent lentement, et Hermione se sentit piquer du nez. Elle était d'ailleurs sur le point de sombrer dans les bras de Morphée quand elle entendit un bruit infime.

Un souffle rauque. Et en même temps, Drago remua douloureusement sur son lit. Hermione bondit de son fauteuil et se précipita vers son patient. Il peinait à ouvrir les yeux, mais elle l'entendit marmonner :

− De l'eau.

S'emparant de la cruche qui se trouvait sur le bureau, Hermione servit un verre et l'approcha précautionneusement de la bouche de Drago.

− Allez-y doucement, vous risqueriez de vomir.

Drago ne répondit pas. Il ouvrit les yeux, et laissa Hermione poser sa main sur sa nuque pour le soutenir et l'aider à avaler l'eau qu'elle laissa couler dans sa gorge en un petit filet frais. Quand il eut terminé, Drago s'enfonça à nouveau dans les oreillers. Les secondes s'éternisèrent sans que personne ne vint rompre le silence. Hermione crut d'abord qu'il s'était rendormi, mais avant qu'elle n'ait eu le temps de retrouver son fauteuil, elle l'entendit murmurer :

− On peut dire que nous sommes quittes, Lady Weasley.

Quittes ? Sans doute l'étaient-ils. Il l'avait sauvée d'Hadrian, elle l'avait sauvé de la mort. L'idée qu'ils se soient rendus mutuellement service, sans que l'autre n'ait eu à demander était étrange. Comme si à présent, leurs âmes étaient liées d'une manière ou d'une autre et que leur chemin de cesserait de se croiser tout au long de leur vie. C'était peut-être une idée complètement folle, mais Hermione réalisa que finalement, cela ne lui déplairait pas tant que cela de devoir croiser sa route quelques fois encore.