Bonsoir à toutes ! C'est l'heure du chapitre de la semaine ! J'espère qu'il vous plaira car c'est le grand retour de notre cher Professeur Rogue ! Il est venu trouver un plan pour sauver Hermione des griffes de Suffolk, et … vous l'aurez deviné, ça risque de ne pas plaire à Hermione !

Je vous laisse découvrir tout ceci et j'espère que vous apprécierez votre lecture. N'hésitez pas, comme toujours, à me laisser une trace de votre passage, cela me ferait grandement plaisir !

Bonne lecture !


Enfin, le jour de la venue de Severus Rogue était arrivé. Hermione peinait à contenir l'enthousiasme qui jaillissait dans son cœur. Voilà des mois qu'elle ne l'avait pas vu, des mois qu'elle n'avait aucun lien avec l'Angleterre et sa famille. Enfin, elle aurait des réponses à ses questions. Enfin, elle saurait comment avait réagi son père, Cepheus et le Duc de Suffolk après sa fuite. Avaient-ils abandonné l'idée de la marier ? Comptaient-ils venir la chercher ? Que disait la cour du Roi de toute cette histoire ? Au fond d'elle, Hermione espérait que personne ne viendrait la chercher ici, mais si elle devait être honnête avec elle-même, elle savait pertinemment que son répit ne serait que de courte durée. Jamais son père n'abandonnerait l'idée de retrouver sa fille unique et de la marier à un aussi bon parti que l'était l'héritier du Duché de Suffolk.

Pourtant, l'arrivée de Severus représentait pour elle un espoir, car elle savait qu'il ne l'abonnerait pas à ce triste destin. Elle était prête à faire tout ce qu'il lui dirait de faire pour éviter d'épouser Cepheus. Peut-être devrait elle se cacher ? Ou fuir par-delà l'océan, et s'installer dans le nouveau monde ? Si c'était sa seule chance de vivre et de mourir libre, elle s'y plierait.

Elle attendait dans le hall depuis plus d'heure déjà. Elle ne savait pas à quelle heure exactement il devait arriver, mais elle voulait être certaine de ne pas le rater. Pourtant, plus le temps s'égrainait et plus elle perdait espoir de le voir enfin arriver. Et si quelque chose l'avait retardé ? La neige ? Son père ? La maladie ? Elle était encore en train d'énumérer toutes les choses qui auraient pu l'empêcher de venir lorsque les portes du château s'ouvrir enfin sur une silhouette encapuchonnée qu'Hermione aurait tout de même reconnu entre mille.

− Severus, souffla-t-elle en avançant jusqu'à lui.

Il se tenait là, dans sa cape de voyage, les épaules recouvertes de neige fraîche. Il arborait son sempiternel visage fermé, ne laissant aucune émotion n'échapper à son contrôle. Pourtant, quand ses yeux noirs se posèrent sur Hermione, celle-ci le sentit se radoucir, et un léger rictus naquit au bord de ses lèvres. Quand elle arriva à sa hauteur et fit une légère révérence en sa direction, Rogue posa une main paternelle sur son épaule qu'il pressa légèrement avant de la retirer.

− Vous êtes venu, soupira Hermione comme soulagée de le voir en chair et en os.

− De toute évidence. Ne l'avais-je pas promis ?

Son air sévère fit rougir Hermione qui se sentit stupide d'avoir douté de lui. S'il existait bien un homme sur cette terre pour qui les promesses étaient sacrées, c'était bien Severus Rogue. Hermione était sur le point de s'excuser et de lui proposer de le mener jusqu'à ses appartements, situés non loin des siens, quand une voix tonitruante résonna derrière elle. Blaise et Drago arrivaient tout droit des écuries.

− Professeur Rogue, s'exclama Blaise en s'approchant, tout sourire. Votre air radieux m'incite à penser que le voyage fut fort agréable.

L'air de Rogue n'avait rien de radieux, et de toute évidence, son voyage n'avait pas été une partie de plaisir : la neige avait trempé sa cape qui gouttait paresseusement sur le sol en dalle de pierres. La phrase eut le mérite de faire sourire Drago et Hermione, tandis que Rogue lançait un regard glacial à son ancien élève.

− A moins que ce ne soit l'aura de Lady Hermione qui vous baigne de sa lumière.

Blaise esquissa une révérence particulièrement complexe en direction d'Hermione qui ne put se retenir de sourire.

− Je vois que vous vous êtes accoquinée avec des personnes très peu fréquentables, Lady Hermione, soupira Rogue d'un air exaspéré qui laissait cependant entrevoir l'affection qu'il avait pour les trois jeunes gens qui se tenaient devant lui.

− Très peu fréquentables ? répéta Blaise faussement outré. Professeur, il n'existe personne ici que ce soit plus soucié du sort de votre petite protégée que Drago et moi-même.

− Vraiment ? demanda Rogue, imperturbable.

Son regard se posa longuement sur Drago, qui sembla immédiatement mal à l'aise. Comme si Rogue voyait en lui tous les secrets qu'il essayait de dissimuler… Rogue était-il au courant des activités illicites que menaient Drago ? Des combats et de l'or qu'il raflait chaque semaine ? Sentait que le vent était en train de tourner en sa défaveur, Blaise haussa les épaules et changea rapidement de sujet – de toute évidence, lui aussi, avait bien vu comment Rogue avait regardé Drago.

− Quelle joie ce doit être pour vous de voir tous vos petits protégés réunis, dit-il avec un petit sourire. Enfin, presque tous…

La fin de sa phrase eut le mérite d'attirer l'attention d'Hermione qui vit une ombre passer sur le visage de Drago, et les lèvres de Severus se pincer. Il existait donc une autre personne qui avait bénéficié du professorat de Severus Rogue. Une personne dont Hermione ignorait jusqu'à l'existence. Et visiblement, l'absence de cette personne ne leur plaisait pas, ni à Blaise et Drago, ni à Rogue. Ce dernier n'ajouta rien à ce sujet cependant.

− Mr. Rogue, interpella une voix grave derrière eux.

Les quatre sorciers se retournèrent pour voir qu'Hadrian était en haut de l'escalier qui menait vers les étages supérieurs du château. Il s'avançait vers eux de sa démarche militaire, bien assortie aux vêtements d'armes qu'ils portaient. Il avait tout du général des armées de son père. Quand il fut assez proche d'eux il déclara :

− Le Laird souhaite s'entretenir avec vous.

Il jeta un coup d'œil aux trois autres, derrière.

− Seul à seul.

Hermione se figea. Elle n'aimait pas l'idée que Severus et Cormag puissent s'entretenir seul à seul. Pour parler de quoi ? De qui ? Elle était à peu près certaine qu'elle serait au centre de la conversation, et elle n'appréciait guère ne pas être conviée à une discussion qui la concernait directement. Malgré tout, elle n'était pas en position de force et inutile d'insister pour suivre Rogue et Hadrian. Si Cormag voulait le voir seul, elle savait pertinemment qu'on la congédierait sans ménagement.

− Et vous êtes ? demanda Rogue qui n'avait jamais aimé qu'on lui dicte sa conduite.

− Je suis Hadrian McLean, fils aîné du Laird, se rengorgea Hadrian en tendant une main que Rogue ne saisit pas.

Au lieu de cela, le professeur avança directement vers l'escalier, et Hadrian mit plusieurs secondes pour comprendre qu'il ne l'attendrait pas. Il courut presque pour le devancer et le mener jusqu'à bon port, visiblement perturbé par cet homme qui se fichait bien qu'il fut fils de Laird ou héritier de la couronne elle-même. Sa déconvenue ne manqua pas d'arracher un rire à Blaise et un léger sourire à Drago. Hermione se tourna vers eux alors qu'ils échangeaient des regards éloquents.

− Hadrian ne sait pas à qui il a à faire, gloussa Blaise.

− Laissons-le le découvrir par lui-même, suggéra Drago.

− Vous exagérez, Severus n'est pas si…

− Le fait qu'il vous autorise à l'appeler Severus démontre que vous êtes sa favorite, la coupa Blaise. Je suis sûr qu'il ne vous a jamais forcé à plonger dans un lac gelé en plein mois de janvier pour aller y récupérer je ne sais quelle plante médicinale.

− Ou encore monter en haut d'un arbre centenaire pour y récupérer un gland doré particulièrement recherché pour ses vertus curatives.

− Je n'ai jamais entendu parler de gland doré aux vertus curatives, dit Hermione surprise.

− Et pour cause, c'était un sapin, grogna Drago. Je ne risquais pas d'y trouver un gland. Mais j'étais jeune et naïf, et j'ai fait bêtement ce que me demandait de faire mon précepteur. Une fois descendu, les mains écorchées vives, j'ai dû écouter ses remontrances et son sermon sur l'utilité de réfléchir un peu avant de faire bêtement ce qu'on nous ordonne de faire.

Hermione ne put retenir un petit rire qu'elle tenta vaguement de camoufler derrière une toux. En effet, elle n'avait jamais eu à faire tout cela. Au contraire, Severus s'était toujours montré patient et pédagogue envers elle. Plus d'une fois elle avait surpris une lueur de fierté dans son regard, ce qui avait accentué sa confiance en elle en ce qui concernait la magie. Elle se garda bien de comparer son expérience avec celle de ses interlocuteurs qui ne semblaient, malgré tout, pas en tenir rigueur à leur professeur.

− Je n'aime pas l'idée d'être écarté des conversations importantes, dit finalement Blaise avec humeur.

− Et je n'aime pas l'idée que mon avenir soit placé entre les mains des hommes, répliqua Hermione.

− Parce que vous craignez ce qu'elles peuvent accomplir ? questionna Drago.

− D'expérience, elles n'accomplissent jamais rien de bon quand il s'agit des femmes.

Blaise et Drago se regardèrent l'air amusé.

− Ah, Lady Hermione ! C'est que vous n'êtes pas tombée sur les bonnes mains. Les hommes les plus habiles peuvent accomplir bien des choses pour le bon plaisir des femmes qu'ils chérissent, susurra Blaise en se penchant légèrement vers Hermione pour n'être entendu que d'elle et Drago.

La phrase peu subtile arracha un petit hoquet de surprise à Hermione qui sentit ses joues s'empourprer. Elle battit frénétiquement des paupières avant de reculer d'un pas et de lisser soigneusement ses jupons, le temps pour elle de trouver une phrase bien sentie :

− Ces mains doivent être en effet bien rares, car aucune femme n'en a jamais parlé, répliqua-t-elle d'un ton cinglant.

Les deux hommes ne purent étouffer un grand éclat de rire.

− Votre répartie ne cessera jamais de m'émerveiller, sourit Blaise.

x.X.x.X.x

Plus tard, dans la journée, Hermione s'affairait dans son infirmerie lorsque Severus Rogue vint l'y trouver. Elle avait passé de longues heures à imaginer ce que Cormag et Severus avaient bien pu se dire à son sujet, et surtout ce qu'il en était ressorti. Voir entrer Rogue dans son antre était à la fois intimidant et soulageant : enfin, elle allait savoir à quelle sauce elle allait être mangée.

− Hermione, salua Rogue en avançant dans la pièce et en s'installant sur la chaise qui faisait face au bureau de l'infirmière.

− Un peu de thé ? proposa Hermione.

− Volontiers, répondit Rogue d'une voix plus douce qu'elle ne l'était habituellement.

Ce changement, bien qu'à peine perceptible, hérissa les poils d'Hermione. Cette douceur inhabituelle n'augurait rien de bon et elle sentait que ce qu'il avait à lui dire ne lui plairait pas. Elle n'osa débuter un interrogatoire, aussi se contenta-t-elle de sortir la bouilloire qui était en permanence suspendue au-dessus du feu de cheminée, et prit deux tasses sur une étagère. Elle leur servit un thé fort et fumant, à l'odeur réconfortante, avant de s'installer derrière son bureau et de regarder Severus droit dans les yeux jusqu'à ce qu'il daigne prendre la parole.

Celui-ci s'autorisa deux gorgées de thé – le calme avant la tempête – avant de prendre enfin la parole.

− Suffolk a appris – nous ne savons comment – que vous vous cachiez sur les terres claniques. Peut-être ignore-t-il encore de quel clan il s'agit, mais il projette de venir vous y chercher, où que vous soyez.

− Rien que nous n'avions déjà deviné, soupira Hermione.

En effet, tout le monde s'était attendu à ce que Suffolk se mette à sa recherche. Ce n'était qu'une question de temps, et si Hermione avait espéré avoir un peu de répit, elle s'était de toute évidence trompée.

− Malheureusement, votre père lui a donné son accord pour vous récupérer. Ainsi, s'il s'aventurait jusqu'ici et vous réclamait, le clan McLean ne pourrait s'y opposer sans prendre le risque de déclencher une guerre.

− Ce que Cormag ne souhaite pas.

− Même s'il le souhaitait, il n'aurait aucune chance. Suffolk a son armée, et celle de votre père. Il a le soutien du roi. Cormag serait fou de s'opposer à eux.

− Il compte me livrer à Suffolk ? demanda Hermione avec effroi, sa voix était légèrement plus aigue que d'habitude.

− Il ne compte pas s'opposer officiellement à lui.

La réponse de Rogue ne convenait pas à Hermione. Pourtant, quelque chose lui échappait car le regard brillant de son professeur lui soufflait qu'il y avait un échappatoire.

− Suffolk viendra vous chercher pour vous marier de gré ou de force à son fils.

− Voilà une chose qui n'est pas nouvelle, murmura Hermione.

− Nous devons trouver un moyen pour que ce mariage n'ait pas lieu.

− Rien ne pourra détourner Suffolk de son objectif, répliqua Hermione. A part ma mort, peut-être.

− En effet, morte, vous ne lui seriez d'aucune utilité, affirma Severus. Mais ce n'est pas ce que nous voulons, n'est-ce pas ?

− Ma foi, si je peux y échapper, je ne m'en offusquerai pas.

La répliqua d'Hermione arracha un rare sourire à Severus.

− Il y a un autre moyen de vous rendre… inintéressante à leurs yeux, souffla-t-il finalement.

Hermione sentait la tension qui émanait de lui. Son propre cœur tambourinait dans sa poitrine. Existait-il vraiment une solution ? Un moyen d'échapper aux griffes de Cepheus et de son père ? De rester libre ? Loin de la cour et de ses intrigues ? Elle n'osait l'espérer. Et pourtant, Severus avait désormais toute son attention.

− Je préfère vous prévenir, Hermione, que ce moyen ne sera pas pour vous plaire. Mais il faudra faire un choix, et si ce n'est le meilleur, ce sera peut-être le moins pire.

− Severus, l'attente est insoutenable, souffla Hermione.

− Vous devez vous marier.

La phrase était si saugrenue, et si loin de ce à quoi Hermione s'était attendue, qu'elle ne put réprimander un éclat de rire. Elle savait, cependant, que l'humour n'était pas l'une des plus grandes qualités de Rogue, et son air sérieux acheva de la convaincre qu'il ne plaisantait pas.

− Me marier ? C'est justement ce que nous souhaitons éviter, lui rappela Hermione.

− En vérité, nous souhaitons éviter que vous épousiez Cepheus de Suffolk. Mais un autre mariage… vous permettrez de ne plus être aussi désirable aux yeux de vos ennemis.

− Me proposez-vous de m'enchaîner à l'un pour éviter de m'enchaîner à l'autre ?

− Je vous propose d'épouser un homme qui vous respectera, qui vous offrira un lien solide avec les clans écossais. Les liens du mariage sont plus forts que ceux de sang, ainsi votre époux pourra s'opposer à ce que Suffolk vous ramène chez vous. Et puis… soyons honnête, une fois le mariage consommé, Suffolk ne voudra plus de vous pour son fils héritier.

Hermione pinça les lèvres. Si ce n'était que cela, l'affaire pouvait être vite réglée : elle n'était plus vierge depuis bien longtemps. Cependant, le clamer haut et fort pourrait causer de graves problèmes à sa famille. Son père, au courant de la condition de sa fille, s'était bien gardé d'en avertir le Duc et son fils. Alors qu'adviendrait-il de lui si le Duc venait à apprendre qu'il avait été dupé ? Malgré toute la rancœur qu'elle nourrissait à l'encontre de son père, Hermione ne pouvait lui souhaiter la disgrâce.

− Il faudra faire vite, continua Severus. Les noces devront avoir lieu ce mois-ci, le temps que le mariage soit consommé et que la nouvelle se répande à travers les clans, puis à travers le pays.

− Pourquoi faut-il que la rumeur se répande ?

− Parce que les gens au courant seront autant de témoins qui entraveront la requête de Suffolk. Si tout le monde sait que vous êtes mariée, il sera difficile pour Suffolk d'accepter que son fils épouse la femme d'un écossais.

Hermione resta silencieuse. En effet, le plan semblait être parfait. Enfin, si l'on mettait de côté son désir de liberté. Elle ne voulait pas se marier. Elle ne voulait pas devoir obéir à un homme quel qu'il soit. Cepheus ou un autre… Ca ne changerait rien pour elle. Le seul choix qu'elle avait c'était l'Ecosse ou l'Angleterre, les Highlands ou la Couronne, un Duché ou un Clan. Ce n'était pas vraiment un choix. Au mieux c'était un compromis, au pire c'était une mise à mort de sa liberté.

− Quoi qu'il en soit, quel écossais est assez téméraire – ou stupide – pour épouser celle qui était destinée au fils du Duc de Suffolk ? Sa vie risque d'être bien tourmentée après un tel tour. Suffolk n'acceptera jamais qu'on se joue de lui sans se venger. Cet homme devra constamment regarder par-dessus son épaule que la mort ne le pourchasse pas.

− Vous avez l'art et la manière de dramatiser, Lady Hermione, soupira Rogue en levant les yeux au ciel.

− Vraiment ? Avez-vous trouvé l'imbécile heureux qui acceptera ces noces ?

− Cormag est en train de le convaincre à ce moment même.

A cet instant précis, donc, un homme était en train d'écouter Cormag qui essayait de le convaincre d'épouser une Anglaise promise au Duché du Suffolk ? Peut-être parviendra-t-il à le convaincre après quelques pichets de vin ? Ou la promesse d'une dote pharamineuse ? De terres ? D'un titre ? Pour la dote, il faudrait ne pas trop compter dessus, car Hermione doutait que son père soit prêt à confier son héritage à un écossais. Hermione soupira.

− Et puis-je connaître son nom ?

− Drago Black, répondit Severus.

Hermione manqua de faire tomber sa tasse de thé. Drago Black ? Ça ne pouvait pas être pire. Cet homme était froid, mystérieux et manquait cruellement de compassion. Il s'adonnait à des activités illicites et n'avait, de toute évidence, aucun titre, ni terre, ni ambition. Au moins, une chose était sûre, tête de bois comme il était, Hermione savait qu'il refuserait tout net de l'épouser. Cela leur faisait au moins un point commun. Satisfaite d'apprendre que le petit plan que Severus et Cormag avaient fomenté ne se déroulait pas comme ils l'espéraient, elle esquissa un petit sourire.

− Hors de question.

− Vous n'avez pas d'autre option.

− Pourquoi pas Blaise Zabini ?

− Sa famille est italienne, ils sont très proches de la couronne britannique. Ils n'accepteront jamais.

− La famille de Mr Black est-elle d'accord ?

− Il n'en a pas. Ou du moins, il n'en a plus. Ce qui facilite grandement les choses.

Hermione le regarda avec effroi.

− Il refusera, dit Hermione d'une voix sûre.

− Vous croyez ?

− J'en suis sûre.

− Alors je ne vois pas pourquoi vous vous entêtez à refuser, répliqua Rogue d'un ton glacial.

Il se leva, et regarda Hermione de toute sa hauteur.

− Si ce n'est pas lui, ce sera un autre. Mais sachez que vous n'avez d'autre solution. Il vous faudra un époux, et croyez-moi, Drago n'est pas le pire mari que vous puissiez avoir. Il en est des plus violents, des plus stupides, des plus cruels.

− Rien n'est moins sûr, grommela Hermione.

− Je connais Drago depuis sa naissance, quoi qu'il ait pu vous montrer de lui-même, ce n'est pas la meilleure partie de son âme. Croyez-moi, il est de ceux dont la loyauté ne faiblit jamais, et dont la parole est d'or. Il fera un époux solide sur lequel vous pourrez compter.

− Est-ce là la seule qualité de tout bon époux ? La solidité ? maugréa Hermione.

Severus ne l'écouta pas. Il se retourna et s'approcha de la porte. Avant de quitter l'infirmerie, il se retourna et ajouta :

− Je reviendrai vous voir quand votre futur époux aura fait savoir sa décision.

− Qu'en est-il de ma décision ?

Rogue ne répondit pas et quitta l'infirmerie, laissant derrière lui une Hermione en colère et quelque peu désemparée. Elle avait tellement espéré qu'il trouve une solution, qu'il la sauverait de son triste destin… Mais il avait failli, songea-t-elle avec colère, emportant avec lui le peu d'espoir qui n'avait jusqu'alors jamais complètement déserté son cœur.