Bonsoir à toutes ! Voici le chapitre 12 de la fiction, et autant vous dire qu'on entre (enfin) dans le vif du sujet ! Vous l'aurez compris nos deux protagonistes vont être amenés à se marier, mais bien sûr, si n'est plus délicat que d'imposer une telle union à ces férus de liberté !

Je vous laisse découvrir la réaction de Drago, et ce qui en découlera ! J'espère que cette histoire continue à vous plaire jusqu'ici ! Comme toujours, je ne peux que vous suggérer de laisser un commentaire, une review, une trace de votre passage pour me dire ce que vous en avez pensé.

En attendant je vous souhaite une bonne lecture, et vous dis à la semaine prochaine !


− Vous voulez que j'épouse… une anglaise ? répéta Drago, incertain d'avoir bien compris la requête de son oncle.

− Lady Hermione est dans une posture plus que délicate. Je t'avais déjà fait part de mon projet de faire d'elle une véritable écossaise. Le seul moyen pour cela est qu'elle épouse un véritable écossais.

− Certes, mais je n'avais pas compris que j'aurai le rôle de l'époux, répliqua Drago, la voix sifflante.

Cormag ne répondit pas immédiatement. Il avait enroulé ses doigts autour d'un verre empli de whisky qu'il sirotait depuis le début de l'entretient. Il en avait proposé un verre à Drago, qui avait refusé, conscient qu'il lui faudrait rester sobre pour entendre ce que son oncle avait de tellement important à lui dire. Car ce ne pouvait être qu'important, pour qu'il dégaine du tiroir de son bureau le meilleur whisky qu'il avait en sa possession.

− A dire vrai, la liste de candidats était plus que réduite. Lady Hermione étant issue de la noblesse, il lui faut un époux de sang noble.

− Je n'ai aucun titre, fit remarquer Drago. Et encore moins de terres.

Cormag darda son regard dans celui de Drago, et ce dernier se sentit étrangement mal-à-l'aise. Il avait la désagréable sensation d'être un véritable livre ouvert pour son oncle. Soudain, il se demanda s'il était au courant du plan qu'il avait pour rétablir son honneur ? Au courant des combats clandestins et de l'or amassé au fil des mois ? Non… Comment aurait-il su ?

− Tu es mon neveu. Quant à tes terres… Nous ignorons encore de quoi demain sera fait. Peut-être les récupèreras-tu un jour ?

− On ne peut pas épouser une Lady en lui faisant miroiter des terres que ses pieds ne frôleront peut-être jamais.

− Je pense que Lady Hermione est en bien trop mauvaise posture pour s'offusquer du patrimoine inexistant de son époux.

− Pourquoi pas Jeremiah ? lâcha finalement Drago.

Le second né du laid était toujours célibataire. A bien y réfléchir, Drago ne lui connaissait aucune maîtresse, ni aucun flirt. Les rumeurs n'allaient jamais bon train sur Jeremiah qui était soit très discret, soit bien trop chaste. C'en était déconcertant. Encore une fois, Cormag se mura dans le silence quelques secondes. Drago avait compris cependant, pourquoi Jeremiah n'était pas une option envisageable. Certes, Cormag avait un grand cœur, et il souhaitait aider Lady Hermione autant que possible, mais lui offrir son second fils en époux, c'était lier d'un peu trop près sa famille à l'Angleterre. Drago n'était que son neveu par alliance. Quoi qu'il advienne de lui, les répercussions seraient toujours moins graves que s'il s'agissait de son héritier direct. Drago ne pouvait lui en vouloir cependant. Lui aussi aurait fait passer son clan et sa famille avant tout le reste. Si seulement il lui restait une famille…

− Qu'en dit-elle ? demanda-t-il simplement en passant une main nerveuse dans ses cheveux.

Il ne précisa pas de qui il parlait, Cormag le comprit rapidement. Était-elle seulement au courant de ce qui était en train de se préparer ? De l'avenir que Cormag et Rogue avaient imaginé pour elle ? Pour eux ? Drago n'avait jamais pensé sérieusement au mariage. Sa condition n'était pas de celle qui faisaient rêver les jeunes femmes, ni de celle qui faisait bonne impression auprès des pères. Jamais il n'aurait voulu d'un homme comme lui pour sa fille – si d'aventure il devait en avoir une un jour.

− Severus Rogue est en train de lui faire part de notre plan à ce moment-même.

Drago laissa échapper un petit rire. Il n'aurait échangé sa place avec Severus pour rien au monde. Être celui qui annonçait une telle nouvelle à Lady Hermione… Ce ne devait pas être une partie de plaisir. Il l'imaginait déjà s'offusquer, crier, répliquer qu'il était inadmissible qu'on trace son avenir à sa place. Elle était si indépendante, si libre d'esprit… Bien loin de ce qu'on attendait d'une épouse modèle. Et pourtant, son esprit vif et son verbe acéré étaient autant de qualités que Drago appréciait chez elle. S'il devait être honnête avec lui-même, s'il avait choisi de se marier un jour, nul doute qu'une femme comme elle aurait pu ravir son cœur.

− Je suis conscient, Drago, que cette situation n'est pas de plus plaisante. Mais c'est le seul moyen de nous assurer que Suffolk ne viendra pas exiger de nous qu'on la lui rendre. Elle est promise à Cepheus de Suffolk, toi et moi savons qu'elle n'aurait pu avoir pire époux que celui-ci.

Drago serra les dents. La seule idée d'imaginer Hermione dans les bras de Cepheus lui donnait la nausée. Les Suffolk étaient réputés pour être de grands guerriers, mais aussi des hommes de la pire engeance qui ne craignaient aucune punition divine et qui s'adonnaient à tout un tas de pratiques non autorisées par la Couronne. Mais celle-ci fermait résolument les yeux sur leurs agissements du moment qu'ils glissaient dans l'alcôve royale un généreux sac d'or, sonnant et trébuchant. Les rumeurs les plus troublantes faisaient mention d'esclaves sexuelles et de tortures odieuses officiellement dédiées aux sciences anatomiques.

− Lady Hermione n'imagine pas ce qu'il pourrait advenir d'elle si elle tombait entre leurs griffes.

Le sang de Drago se glaça. Il espérait en effet qu'elle ne savait rien – ou le moins possible – des penchants sanguinaires de son promis. Mais lui savait… Et alors, pouvait-il vraiment la laisser suivre le chemin tracé par ses propres parents ?

− Je l'épouserai, finit-il par murmurer.

Cormag laissa échapper un soupir de soulagement.

− Tu lui rends un grand service, Drago. Et puis… Peut-être pourras-tu trouver un peu de réconfort dans cette union ? Fenella s'inquiétait de te voir finir ta vie seul …

− Quel réconfort y-a-t-il à épouser celle qui était promise au futur Duc de Suffolk ? répliqua Drago. Je ne suis pas stupide, mon oncle, je sais qu'il y aura des représailles. Cepheus et son père voudront se venger.

− Ton Clan sera là pour empêcher quiconque de vous faire du mal à toi et ton épouse.

Ton épouse… pensa Drago, ce mot résonnait étrangement à ses oreilles. Dans quoi était-il en train de s'embarquer ? Pourquoi Diable avait-il fallu que cela tombe sur lui ? Une petite voix intérieure lui soufflait de plier bagage et de partir loin, très loin… Prendre un bateau pour le Nouveau Monde, peut-être ? Mais son sens de l'honneur – et autre chose en lien avec Lady Weasley – l'empêcha de prendre la fuite. Il l'épouserait, quoi que cela lui coûte, il savait que cela coûterait le double à son épouse si éprise de liberté. Il se promit une chose cependant : jamais il ne s'opposerait à sa volonté quant il s'agirait de leur union. Si elle voulait l'épouser, il l'épouserait. Si elle voulait vivre dans deux maisons séparées, il l'accepterait. Si elle voulait rompre leurs noces dans un an, dix ans, un siècle, il ne s'y opposerait pas. Car jamais Drago ne serait de ces époux qui s'accommodent d'une épouse malheureuse.

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Drago ne revit pas Hermione ce soir-là. Elle n'était pas présente au dîner, et il entendit Isaure demander à une domestique de lui apporter un plateau directement dans ses appartements. De toute évidence, elle n'avait pas bien pris la nouvelle, comme il s'y était attendu. Severus était installé à la table d'honneur, à côté de Cormag, qui avait convié Drago à se joindre à eux. Habituellement, ce dernier évitait de manger à cette table, préférant la compagnie de Blaise et d'autres camarades aux discussions bien plus sympathiques – et par sympathiques entendez inconvenantes. La présence de Rogue, cependant, le dissuada de décliner l'invitation, et il se retrouva donc installé entre son professeur et Bonnie à qui il n'avait plus adressé la parole depuis qu'ils s'étaient disputés à propos des rumeurs qu'elle colportait sur lui et… sa désormais future épouse.

− J'imagine que Lady Hermione n'a pas aussi bien pris la nouvelle que vous ne vous y attendiez ? s'amusa Drago devant la mine sérieuse et contrariée de Rogue.

− Au contraire, elle a réagi exactement comme je m'y attendais : avec animosité et peu de discernement sur sa position plus qu'inconfortable vis-à-vis des Suffolk.

− Vous m'avez pourtant tout l'air contrarié.

− En effet, Drago, il ne me plait guère d'imposer à l'une de mes protégées d'épouser un homme pour échapper à un autre.

− Vous dites cela comme s'il était fréquent que cela vous arrive.

Rogue leva les yeux au ciel.

− Ne me faites pas regretter d'avoir dit de vous à Lady Hermione que vous feriez un bon époux, gronda-t-il en portant son verre à ses lèvres.

Un hoquet de surprise retentit à côté de Drago. Celui-ci tourna la tête juste à temps pour voir Bonnie s'étouffer avec un morceau de pomme. Elle venait d'entendre ce que venait de dire Severus, et elle n'était visiblement pas au courant de ce qu'avait prévu son grand-père pour Drago et leur invitée anglaise. Drago aurait préféré qu'elle l'apprenne le plus tard possible, mais il n'aurait pu le cacher guère plus longtemps étant donné que le mariage devait avoir lieu d'ici la fin de mois – si tant est que la mariée eut donné d'ici là son consentement.

− Tu vas épouser Lady Weasley ? demanda-t-il d'un ton impérieux quand elle eut enfin repris son souffle.

− Bonnie… souffla Drago. Ce n'est pas le moment d'en discuter.

− Tu vas te marier ? répéta-t-elle. Avec une anglaise ?

Sa voix avait porté, et Fenella, Cormag et Isaure avaient tourné les yeux vers elle. Elle était pâle et regardait Drago avec incompréhension et … colère. Il savait que son cœur était déjà en train de se noyer dans pléthore de sentiments contradictoires. Sans doute était-elle jalouse, triste, en colère, déçue aussi de voir cette idylle tant fantasmée mourir dans l'œuf.

− J'espère que c'est une plaisanterie, ajouta-t-elle d'une voix forte.

Elle le regardait avec un air de mépris qui déplut immédiatement à Drago.

− Si tu as quelque chose à dire là-dessus, je te conseille d'en parler directement avec ton Laird puisqu'il s'agit de son idée.

Les yeux de Bonnie glissèrent jusqu'à son grand-père mais elle resta silencieuse. Sa rage était contenue par le respect qu'elle devait à son Chef – tout grand-père qu'il était. Elle prit le temps de respirer plusieurs fois avant de demander à Cormag :

− Allez-vous vraiment laisser votre neveu épouser une Anglaise ? Alors que je vous suppliais hier encore de le laisser me courtiser ?

Drago manqua de s'étouffer avec sa salive. Le laisser la courtiser ? Jamais il n'avait eu de telles intentions. Son regard paniqué se tourna vers Cormag qui ne le regardait pas. Il comprit alors. Ce mariage arrangeait bien les affaires du Laird, en plus de celles de Lady Weasley – quand bien même elle se refusait à l'admettre. En mariant son neveu, il contraignait sa petite fille – sa favorite – à se détourner du mauvais parti que constituait Drago. Jamais il n'aurait accepté que la fille unique de son fils héritier fut mariée à un homme dont la lignée serait entachée de scandale.

− Assez, répondit Cormag d'une voix autoritaire qui obligea Bonnie à baisser les yeux. Tu n'es qu'une enfant Bonnie, tu ne peux comprendre les choix que je suis contraint de faire.

− Mais…

− Je ne reviendrai pas sur ma décision. Drago sera marié avant la prochaine Lune et je te prierai donc, jeune fille, de ne plus avoir envers lui des mots licencieux qui ne conviennent de toute façon pas à ton rang.

Ainsi donc Cormag était au courant du petit jeu de séduction dans lequel Bonnie s'était lancée envers Drago ? Ce dernier songea avec soulagement que grand bien lui avait pris de ne jamais succomber à ses avances…

− Oui, Sir, répondit Bonnie en faisant une révérence. Permettez-moi de regagner mes appartements.

Cormag acquiesça d'un signe de tête et Bonnie posa sa serviette sur la table. Drago croisa son regard plein de larmes une seconde seulement, et il sentit son estomac se nouer à l'idée que le cœur de Bonnie fut ainsi émietté. Malgré leurs désaccords, il appréciait Bonnie, et la voir malheureuse n'avait rien de plaisant pour lui. Cette dernière ne lui adressa cependant pas un regard, et se contenta de quitter la Grande Salle la tête haute, mais le cœur lourd.

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Après le dîner, Drago s'était hâté de retrouver Blaise dans ses appartements pour lui raconter le plan de Cormag et de Severus. N'étant pas concerné, Blaise n'avait pas été convié aux discussions, mais il avait fait promettre à Drago de tout lui raconter quand il en aurait l'occasion. Ainsi, affalé sur le lit de Blaise, Drago lui avait appris ce que Cormag attendait de lui, et ce que Severus attendait d'Hermione. Il lui avait également fait part de ses soupçons sur la volonté de Cormag de l'éloigner aussi de Bonnie, et sur la scène que celle-ci avait fait lors du dîner. Blaise l'écouta attentivement, et attendit qu'il termine son récit pour laisser un long sifflement s'échapper d'entre ses lèvres.

− Tu vas vraiment le faire ? Epouser Lady Hermione ? demanda-t-il.

Il y avait dans sa question un soupçon d'admiration. Drago haussa les épaules en soupirant.

− Ce n'était pas dans mes plans…

− En effet, une épouse, Lady par-dessus le marché, c'est légèrement encombrant dans les combats clandestins…fit remarquer Blaise.

Drago ne put réprimer un petit sourire.

− Mariés ne signifie pas que nous allons passer le reste de notre vie collés l'un à l'autre.

− Penses-tu… soupira Blaise d'un air mélodramatique. N'as-tu jamais remarqué comme « se faire passer la bague au doigt » et « se passer la corde autour du cou » sont des expressions très similaires ? Peut-être que Lady Hermione sera de ces dames qui exigent de leur mari d'être un fervent chevalier, présent pour éventer sa nuque lors des chaudes journées d'été ou pour masser ses pieds douloureux après une longue balade au clair de lune…

− Je ne crois pas qu'elle soit comme cela, répondit Drago d'un air songeur.

− Moi non plus, ajouta Blaise, ce qui fit largement sourire Drago.

− Plus sérieusement… Je ne pouvais décemment pas la laisser épouser Cepheus de Suffolk…

Un silence s'abattit entre les deux amis, loin de l'ambiance frivole qui régnait quelques secondes auparavant. Le chemin de Blaise et Drago avait croisé celui de Cepheus par deux fois au cours de ces six dernières années. La première rencontre, fortuite, s'était faite dans une taverne à la frontière qui séparait l'Angleterre de l'Ecosse. Les trois hommes ne s'étaient pas adressés la parole, mais Blaise et Drago avaient pu voir avec quelle cruauté il avait traité la femme qui l'accompagnait. Drago pouvait se targuer de mieux traiter les chevaux de ses écuries que ne l'avait fait Cepheus avec cette pauvre femme.

La seconde fois qu'ils s'étaient vus, c'était à Londres, alors que Drago espérait plaider sa cause pour récupérer ses biens. Le Duc de Suffolk – qui avait pour ambition d'annexer les terres de Drago aux siennes – avaient envoyé son fils négocier avec Drago. Quand Drago avait refusé tout net l'offre – scandaleusement basse au demeurant – Cepheus s'était targué d'être bientôt à la tête de l'armée la plus puissante de l'île britannique, et avait assuré qu'il viendrait conquérir les dites-terres lui-même. Il avait promis de venir égorger chaque homme, de violer chaque femme et de noyer chaque enfant qui continueraient de jurer fidélité à Drago. Et malheureusement pour lui, Drago savait que Suffolk n'avait qu'une parole, car ce n'était pas la première fois qu'il volait des territoires qui ne lui appartenaient pas.

− Quand Suffolk va apprendre que c'es toi, qui vas épouser sa promise…

Blaise n'acheva pas sa phrase, et son silence fit froid dans le dos à Drago. En effet, cela n'annonçait rien de bon. Mais quoi que celui lui en coûte, il savait que ce mariage mettrait Hermione à l'abri. Et même s'il ne voulait pas – encore – le reconnaître, il ne supportait pas l'idée qu'on puisse la contraindre à épouser un homme aussi cruel que Cepheus, à l'accueillir dans son lit, dans ses chairs… Drago réprima un frisson de dégout.

− Et qu'a dit Lady Hermione à propos de cette union ?

Drago haussa les épaules.

− Je l'ignore, je ne l'ai pas revue depuis ce matin…

− Je doute qu'elle accepte.

− Je doute qu'elle ait seulement le luxe de refuser, répliqua Drago sombrement.

− A-t-elle déjà rencontré Cepheus ? Sait-elle seulement quel serpent il est ?

− Je n'en sais rien, avoua Drago. Mais j'imagine que les rumeurs à son propos n'ont pas pu lui échapper. Au moins sait-elle qu'elle ne souhaite pas l'épouser, sans quoi elle ne serait pas dans ce château avec nous.

Blaise acquiesça. Faudrait-il que Drago aille la voir pour lui expliquer qu'il était un moindre mal pour elle de l'épouser lui plutôt que Suffolk ? En serait-il réduit à la supplier de lui donner sa main plutôt que de la voir sombrer sous la cruauté de son promis ? Drapé dans sa dignité, Drago espérait que jamais il n'eut à supplier pour qu'on l'épouse lui plutôt qu'un autre. Pourtant, s'il lui fallait passer par là pour lui éviter une vie de souffrance… Il savait qu'il en était capable.

− Peut-être devrais-tu aller la voir ? Pour lui expliquer que c'est un service que tu lui rends.

Drago eut un rire jaune.

− Tu commences à la connaître… Si j'ose lui dire ceci, ses yeux me lanceront des éclairs et elle me dira d'une voix cinglante que ce n'est pas un service que de la forcer à m'épouser, mais plutôt un supplice.

− Alors montre-lui que tu peux être un époux… digne d'elle.

Drago ne répondit pas, et resta songeur de longues minutes. Il ne se sentait pas capable de la courtiser pour la convaincre qu'il était l'époux qu'il lui fallait. Ce n'était pas dans sa nature que de se vendre comme l'homme idéal. L'était-il seulement, idéal ? Non, bien sûr. Il imaginait fort bien son discours réticent, quant à l'idée d'épouser un homme qui combattait illégalement pour amasser de l'or sans raison apparente. Il ne s'était pas montré des plus agréables envers elle, non plus. Le mariage devait avoir lieu dans moins d'un mois, il doutait avoir le temps de la faire succomber à ses charmes d'ici-là.