Bonjour à toutes ! Comment allez-vous en ce mercredi ? Ici, plutôt chaudement ! Le Sud de la France ne connait jamais de printemps, j'ai l'impression de passer de l'hiver à l'été sans transition. Pareil chez vous ? La fin de l'année (scolaire) arrive, et je n'arrive pas à prendre beaucoup d'avance sur la fiction, donc pour l'instant je reste sur ce rythme d'un chapitre par semaine. En revanche, une fois les vacances arrivées, j'espère pouvoir passer à deux chapitres par semaine.

En attendant, voici le chapitre du jour, le dernier avant que le mariage commence vraiment. J'espère qu'il vous plaira, on retrouve nos deux protagonistes de plus en plus proches, mais pas forcément pour les raisons aux quelles nous pensons de prime abord…

J'espère qu'il vous plaira. Je tenais aussi à vous remercier pour les 12 reviews que vous m'avez laissé sur le chapitre précédent, c'est une première et j'ai vu le nombre de vue augmenter aussi. Petit à petit, on dirait bien que cette histoire trouve sa place ! N'hésitez pas à me laisser encore vos avis en commentaire, je suis friande de vous lire.

A la semaine prochaine pour la suite, et bonne lecture.


Hermione n'eut guère le temps de voir son futur époux les jours qui suivirent leur entretien dans les écuries. Son infirmerie ne désemplissait pas, et ses journées commençaient très tôt le matin, et se terminaient à la nuit tombée. Elle rendait visite aux malades qui gardaient le lit, prenait le temps de leur apporter du bouillon ou du porridge pour qu'ils n'aient pas l'estomac vide. Elle ne comptait plus ses pas tant ils étaient nombreux, et ces kilomètres parcourus commençaient à lui peser dans les jambes. Mais elle s'était promis que tant que quelqu'un aurait besoin d'elle, elle serait là, quoi qu'il lui en coûte. Ces journées bien remplies lui permettaient aussi de ne pas trop penser au mariage qui se profilait. A son propre mariage.

L'idée même lui faisait horreur… et pourtant, elle savait, au fond de son cœur, qu'il n'y avait pas d'autre solution et qu'elle aurait pu tomber sur pire. Elle pressentait que Drago serait un époux à l'écoute, qui n'envahirait pas son espace vital et qui lui laisserait autant de liberté que le mariage le lui permettait. Se marier à un homme pour éviter d'en épouser un autre était, à ses yeux, un bien triste destin. Mais elle connaissait Cepheus, et un triste destin était bien la meilleure chose qui pouvait lui arriver pour éviter un mariage sordide, tortueux et sans doute aucun… cruel. Son estomac se révulsa à cette seule idée.

Voilà, songea-t-elle alors qu'elle parcourait les couloirs froids et humides du château pour retrouver l'une de ses patientes, voilà pourquoi je dois continuer à travailler. Elle devait arrêter de penser à tout ça et se concentrer sur l'essentiel : ses patients. Ce mariage avec Drago ne changerait rien pour elle. Excepté son nom. Elle continuerait à vivre comme elle le faisait actuellement, elle s'en faisait la promesse. Tant que le Clan McLean voudrait d'elle, elle resterait.

Quand Hermione se retira enfin des appartements de son dernier patient – un vieil homme souffrant de rhumatismes – il faisait nuit noire. Exténuée, Hermione ne trouva pas le courage de se rendre dans la salle à manger et préféra se diriger directement vers ses propres appartements. Se coucher le ventre vide n'était pas dans ses habitudes, mais elle ferait une exception ce soir. La seule pensée d'un oreiller moelleux et d'une couverture bien chaude était bien plus attrayante qu'une assiette de ragout fumant. Ses pieds la guidèrent jusqu'à sa porte, tandis que son esprit vagabondait, aussi ne remarqua-t-elle pas immédiatement que quelque chose n'allait pas.

Ce ne fut que lorsqu'elle posa la main sur la poignée de la porte de ses appartements qu'elle réalisa que celle-ci était déjà entrouverte. Surprise – et certaine de l'avoir fermée le matin-même – elle sentit immédiatement la fatigue l'abandonner. Sur ses gardes, elle plongea une main dans l'une des grandes poches de sa robe et enserra délicatement sa baguette. Son cœur tambourinait dans sa poitrine, tandis qu'une fine pellicule de sueur se formait le long de son échine. D'un geste assuré, elle poussa avec force la porte qui ne grinça pas, et resta ahurie devant ce qu'elle découvrit.

Son appartement avait été retourné et saccagé. Les coussins de son petit divan avaient été éventrés et gisaient sur le sol lui-même recouvert de centaines de parchemins sortis tout droit des tiroirs renversés du bureau d'Hermione. Il y avait sa correspondance avec Rogue, des listes d'ingrédients pour ses potions, ses recherches pour de nouveaux remèdes… tout avait été éparpillé sur le sol, piétiné ou froissé. Après s'être assurée à l'aide d'un sort qu'il n'y avait plus personne dans ses quartiers, Hermione se dirigea vers sa chambre et découvrit que son lit avait subit le même sort que le divan : couvertures, oreillers et draps avaient été jetés au sol, et sur le matelas en plumes, une lettre avait été déposée. Écrite avec une substance rougeâtre qui ressemblait à s'y méprendre à du sang, Hermione s'en empara et lut :

« Je sais ce que vous êtes. Il n'y a pas de place pour les traitresses ni les sorcières ici.

Partez, ou ce sera le bûcher. »

Froissant le parchemin entre ses mains, elle regarda les dégâts qui avaient été causés. Rien n'était plus à sa place, tout avait été fouillé, retourné, inspecté puis jeté là. Manquait-il quelque chose ? Heureusement, Hermione n'était pas venue avec grand-chose, et de toute évidence, l'intrus n'était pas venu chercher de l'or ou des bijoux, car les quelques pièces qu'elle avait emportées avec elle étaient toujours bien présents dans sa boîte à bijoux qui avait été à peine touchée.

Elle relut le mot plusieurs fois à la recherche d'indices sur ce corbeau de malheur qui ne voulait pas d'elle dans le château. Cela pouvait être n'importe qui… Avec les bons outils, il était facile d'ouvrir la porte des appartements qu'elle fermait à clé sans utiliser de magie. Le bûcher… relut-elle silencieusement. Bien sûr, pour eux, sorciers et sorcières, le bûcher n'était pas réellement un outil de torture ni de mort. De nombreux sorts existaient pour ne pas ressentir la morsure du feu et s'en sortir indemne… Mais dès lors qu'elle aurait été catégorisée de sorcière, qu'adviendrait-il d'elle ? Il ne lui resterait plus qu'à vivre une vie de recluse, de fugitive…

La solitude la frappa de plein fouet. Sa mère était morte, depuis des années. Elle était la seule de ses deux parents qui l'eut jamais aimée. Son père ne voyait en elle que l'échec de ne pas avoir d'héritier mâle et l'avait finalement vendue au plus offrant – au plus puissant pour être exacte. Elle n'avait ni frère ni sœur, ses grands parents étaient tous morts. Elle avait quelques cousines en France mais dont elle n'était même plus capable de se rappeler le visage. Bien sûr, il y avait eu Ronald… son cœur se serra à la pensée de son premier amour. Elle savait qu'il l'aurait rendue heureuse. Elle savait qu'ils auraient eu une belle vie. Mais son père s'en était mêlé et à présent… A présent elle se retrouvait dans le fin fond des Highlands, entourée d'écossais moldus qui ne voyaient en elle qu'une sale anglaise – au mieux – voire une traitresse pour les plus hargneux.

Elle était seule. Désespérément seule…

Une petite voix logée au fond de sa tête lui murmura quelque chose. Ce fut d'abord inaudible, incompréhensible, mais plus Hermione se concentrait sur cette voix, plus elle comprenait ce qu'elle disait… Tu ne seras plus seule. Bientôt, tu seras l'épouse d'un homme, et alors ne serez-vous pas les deux parties d'un même cœur ?

Sans vraiment réfléchir à ce qu'elle faisait, Hermione quitta ses appartements et se dirigea, le vague à l'âme, jusqu'à ceux de Drago Black – dont elle ignorait toujours le réel patronyme. Elle frappa trois petits coups et attendit, espérant qu'il soit là. Et s'il était avec Blaise ? Ou dans un combat clandestin ? Peut-être était-il avec une femme ? Avant qu'elle ne lui passe la bague – la corde ? – au doigt (ou au cou. Elle était sur le point de faire demi-tour quand la porte s'ouvrit finalement. Il était là, à peine vêtu d'un kilt, le torse nu, les yeux fatigués et… cerclé d'ecchymoses. Devant l'air abattu d'Hermione, l'inquiétude fleurit immédiatement sur son visage.

− Que s'est-il passé ? demanda-t-il de sa voix basse et grave qui vint vibrer avec réconfort dans le cœur d'Hermione.

Celle-ci ne dit rien et lui tendit simplement la lettre qu'elle avait découvert sur son lit. Il la lu rapidement avant de lever les yeux vers elle et de s'effacer dans l'encadrement de la porte.

− Entrez, milady, murmura-t-il.

Hermione entra et regarda Drago fermer la porte derrière lui à double tour, avant de dégainer sa baguette et de faire approcher deux fauteuils au coin de la cheminée crépitante. Il invita Hermione à s'y installer d'un geste de la tête, et celle-ci ne se fit pas prier. Elle n'avait pas réalisé à quel point elle était transie de froid. Gentleman, Drago lui tendit également une tasse de thé fumant avant de s'installer à son tour. Les fauteuils étaient si proches l'un de l'autre qu'elle sentit son genou frôler le sien sans qu'il n'y prêta réellement attention.

− Racontez-moi, dit-il finalement.

Sa voix n'était pas autoritaire, elle était profonde et accueillante, et pour la première fois depuis longtemps, Hermione eut cette impression de sécurité qui l'avait désertée. Elle lui raconta que sa chambre avait été saccagée, que rien – à première vue – ne semblait avoir été volé, mais que tous ses documents, toutes ses missives avaient été lus et étudiés avant d'être jetés au sol.

− Tous les oreillers étaient éventrés, dit-elle finalement en achevant son récit. Les draps jetés au sol, les tiroirs retournés. Rien n'était à sa place initiale. Qui aurait pu faire une chose pareille ? Ce pourrait être n'importe qui…

− La liste des personnes qui vous détestent n'est pas aussi longue que vous semblez le croire, Lady Hermione, soupira finalement Drago en se passant une main dans les cheveux.

− Tous les écossais ne sont-ils pas les ennemis des anglais ? répliqua Hermione, les yeux rivés sur lui.

− Il y en a qui épousent des anglaises.

Un petit sourire en coin naquit sur les lèvres de Drago, et étrangement, cela réchauffa le cœur d'Hermione. Elle savait qu'il prendrait l'histoire au sérieux, mais le voir prendre le temps de plaisanter pour la dérider avait quelque chose de très rassurant.

− Je n'en connais qu'un seul, et les noces n'ont pas encore eu lieux.

− Insinuez-vous que je pourrais prendre la fuite avant le mariage, Lady Hermione ?

− La couardise n'est pas un trait propre à l'homme ?

Drago afficha une mine sincèrement offusquée, ce qui lui arracha une légère grimace, sûrement à cause des blessures qui parsemaient son visage.

− Si la couardise est le propre de l'homme, la perfidie est celui de la femme, répliqua-t-il.

− Quel charmant couple nous allons former, asséna Hermione, l'air pincé.

Le silence s'abattit, tandis qu'une bataille de regards semblaient s'éternisait entre eux. Après de longues secondes qui semblèrent à chacun une éternité, tous deux se mirent à rire de concert. Hermione riait vraiment, avec toute la sincérité qui était la sienne. Elle riait tellement qu'elle en avait mal aux joues, mal au ventre. Des larmes perlèrent au coin de ses yeux, tandis que toute l'angoisse qu'elle avait accumulé au cours de la dernière heure semblait s'évaporer et retirer un énorme poids de son cœur lourd. Drago riait aussi. Jamais il n'avait été si détendu en sa présence, si bien qu'Hermione se surprit à l'observer attentivement. Le premier adjectif qui lui vint à l'idée quand elle le vit ainsi, fut « séduisant ». Il n'était pas parfait, pour tout s'assemblait harmonieusement, le rendant terriblement beau.

Il cessa de rire quand il sentit qu'Hermione le détaillait sans vergogne. Quand leur regard se croisèrent, Hermione se sentit rougir et le sourire qui égayait encore son visage quelques instants plus tôt fana immédiatement. Drago se redressa dans son fauteuil et retrouva un air sérieux.

− Je vais retrouver celui qui a saccagé vos appartements, et je vous jure qu'aucune de ses explications ne trouvera grâce à mes yeux, dit-il d'un air menaçant.

− Cette affaire me semble aussi délicate que de retrouver une aiguille dans une motte de foin.

− Croyez-moi, Hermione, je ne tolèrerai pas que cela se reproduise et je mettrai tout en œuvre pour que ça n'arrive pas. Les gens parlent, il suffit de savoir écouter aux bonnes portes.

Il avait l'air si sûr de lui…

− Ne craignez pas pour votre vie, je…

− Je ne crains pas pour ma vie, répliqua Hermione un peu plus rudement qu'elle ne l'aurait voulu.

Elle n'aimait pas l'idée de passer pour la demoiselle en détresse qui attend patiemment que son preux chevalier ne vienne la sauver.

− Je sais me défendre, là n'est pas la question. Si je suis venue ici, Drago, c'est parce que j'ai pensé qu'en tant qu'époux, nous ne devrions rien nous cacher. Rien d'aussi grave pour le moins. Nous ne sommes pas mariés, mais voilà dans quoi vous vous engagez : vous allez épouser une anglaise qui ne fait pas l'unanimité parmi vos pairs. M'épouser, c'est prendre le risque de se mettre à dos à la fois l'Ecosse et l'Angleterre, la Couronne et les Clans.

− Je jurerai que vous essayez de me convaincre d'abandonner, grogna Drago.

− Non, mais je préfère être honnête.

− Et je vous en suis gré. Maintenant, ma très chère fiancée, permettez-moi de vous dire que vous n'épousez pas un ange non plus et que le danger proviendra autant de mon côté que du vôtre. Est-ce que cela vous convient ?

Sa question ressemblait à un pacte qu'ils étaient sur le point de sceller. Alors c'était cela ? Ni l'un ni l'autre n'était voué à une vie paisible alors peut-être que s'ils étaient deux… Cela sera plus facile à surmonter. Hermione finit par hocher la tête silencieusement, ce qui sembla convaincre Drago.

− Vous pouvez prendre mon lit, je vais rester dormir ici, dit-il finalement en montrant du doigt le fauteuil sur lequel il se trouvait.

− Je ne souhaitais pas vous priver de votre lit, Monsieur.

− Vous non, mais l'intrus qui s'est introduit dans vos appartements oui, de toute évidence.

− Je peux très bien dormir ici, proposa Hermione.

− Et faire de moi le futur époux le plus ingrat qui soit ? Pour qui me prenez-vous ? Pourrai-je seulement fermer l'œil en sachant que vous dormez sur un fauteuil bien moins confortable que mon lit ? J'en doute fort.

Drago se leva et tendit une main à Hermione pour l'inviter à se relever. Elle s'en saisit et se redressa avant de le suivre jusqu'à sa chambre qu'il lui ouvrit galamment. Elle était comme dans ses souvenirs.

− J'espère qu'il ne vous sera pas trop désagréable d'y dormir, ironisa-t-il.

Visiblement il se souvenait parfaitement de la conversation qu'ils avaient eu après qu'Hadrian l'ait droguée. Hermione ne se démonta pas et lui adressa un petit sourire en coin :

− Il m'a l'air plus agréable que la dernière fois.

Parlait-elle du lit ou de son propriétaire ? Le mystère était entier. Drago prit cependant le parti de sourire et de s'effacer pour la laisser seule dans cette chambre devenue étrangement familière.

− Bonne nuit, milady.

Il s'empara de la main d'Hermione qu'il porta à ses lèvres avant d'y déposer un baiser léger mais terriblement lent qui arracha à Hermione une vague de frissons incontrôlable. La délicieuse sensation ne cessa que lorsqu'il lâcha ses doigts et referma la porte derrière lui, la laissant seule avec un sentiment de sécurité surprenant.

Le lendemain, quand elle se réveilla, Hermione ne trouva pas Drago dans le petit salon. A la place, elle découvrit sur un petit guéridon une lettre écrite de sa main :

« Milady,

Je pars quelques jours aux frontières des Highlands pour surveiller l'avancée des troupes du Duc. Je serai de retour pour nos noces. D'ici là, mes appartements sont vôtres. Je vous conjure de rester en vie jusqu'à mon retour, je serais très contrarié de ne pas pouvoir porter ma tenue de mariage.

Votre serviteur,

D.M. »

D. M. ? Ainsi donc l'initiale de son nom était un M ? Hermione ne pouvait nier qu'elle avait hâte de découvrir le nom qu'elle porterait bientôt. Les noms l'avaient toujours fascinée. Ils étaient porteurs d'une identité, d'une histoire, d'un futur aussi. On y découvrait des origines, parfois même des traits de caractère. Elle était née Granger, s'était appelée Weasley, et bientôt elle porterait un nom d'épouse. Heureusement pour elle, ce ne serait pas celui de Suffolk.

La lettre de Drago la fit sourire, malgré le sous-entendu qu'il y avait écrit. Bien sûr qu'elle pouvait rester envie quelques jours. Elle était bien vivante depuis plus de vingt-cinq ans, alors cela ne risquait pas de changer. Du moins l'espérait-elle…

Elle relut la lettre une troisième fois, et se laissa porter par son imagination. A quoi pouvait bien ressembler la tenue de mariage qu'avait choisie Drago ? Elle-même réalisa avec horreur qu'elle ne s'était pas inquiétée de se faire coudre une nouvelle robe… Peut-être pourrait-elle en utiliser une ancienne sur laquelle elle ferait broder quelques fleurs ? Coudre quelques perles ? Ce mariage n'avait pas la signification qu'il devrait avoir. Ce n'était qu'une stratégie, un plan pour lui éviter les pires horreurs. Point de romantisme ni de sentiment dans cette union… Pourtant, il avait choisi une tenue spéciale…

Hermione soupira. Elle ne pouvait pas approcher de l'autel avec l'allure d'une souillon. Décidée à trouver quelque chose à se mettre, Hermione quitta les appartements de Drago et se dirigea vers la salle à manger où elle espérait y trouver Isaure ou Fenella, à ses yeux les meilleures conseillères en matière d'apparat. A son grand soulagement, Isaure était installée à la table d'honneur, seule – il était encore tôt – et sirotait une tasse de thé. Hermione s'installa à sa gauche et servit à son tour une tasse de thé avant de prendre son courage à deux mains.

− Lady Isaure, salua-t-elle.

− Bonjour Lady Hermione, avez-vous bien dormi ? demanda la fille du Laird avec un sourire aimable.

Hermione décida de ne pas mentionner ses appartements saccagés, et se contenta d'acquiescer.

− Mes nuits sont un peu agitées ces derniers temps, avoua-t-elle simplement.

− Je devine que l'approche du mariage n'est pas étrangère à votre agitation ?

− En effet, soupira Hermione.

Isaure reposa lentement sa tasse de porcelaine sur la table et posa une main chaude et douce sur celle d'Hermione qu'elle pressa doucement.

− Je comprends vos tourments, ma chère. Le mariage est toujours une source d'angoisse pour les futurs époux. Et j'imagine que les conditions qui sont les vôtres sont la source d'émotions plus difficiles encore à contenir.

L'empathie d'Isaure était un véritable baume sur le cœur d'Hermione.

− Sachez que je me porte garante de Drago, ajouta-t-elle avec un petit sourire. C'est un homme bon, et droit. Jamais il ne vous blessera ou n'ira à l'encontre des vos sentiments.

Ce n'était pas la première fois que quelqu'un lui jurait que Drago ferait un formidable époux. Et au fond d'elle, Hermione savait que c'était vrai. Pourtant, il avait l'énorme défaut de ne pas avoir été choisi par elle, mais plutôt imposé. Tout comme elle lui avait été imposée.

− Je voudrai… C'est peut-être un peu tard, mais j'espérai que vous m'aideriez à trouver une toilette pour l'occasion. Quelque chose qui… sorte un peu de l'ordinaire.

Un large sourire s'afficha que les lèvres de son interlocutrice.

− Vous vous êtes adressée à ola bonne personne, s'enthousiasma-t-elle. Je vais faire venir ma couturière dans vos appartements, et nous…

− Non, la coupa Hermione. Je… Mes appartements sont dans un terrible état, je n'y suis que très rarement…

− Dans les miens alors ! Disons, après le déjeuner ? Cela lui laissera le temps de rassembler tout son matériel. Je suis sûre que nous allons trouver de quoi rendre fou notre cher Drago.

Hermione se mit à rougir. Isaure se méprenait sur ses intentions. Elle ne souhaitait pas rendre fou Drago, elle voulait juste être présentable et ne pas paraître ridicule à ses côtés puisque lui-même avait sélectionné une tenue de circonstance.

− Allons, allons, ma chère, cette union est peut-être le fruit d'une stratégie politique, mais rien ne vous empêche d'y trouver votre plaisir, lui murmura Isaure à l'oreille, ce qui fit rougir davantage Hermione, si c'était possible. Drago est jeune et vigoureux. Nul doute que ce sera un bon amant.

− Lady McLean, souffla Hermione, outrée.

Isaure éclata de rire.

− N'oubliez jamais, Lady Hermione, que ce que renferment vos cuisses est la clé du pouvoir. Ces messieurs pensent régir le monde, mais ils ne seraient rien sans nos ventres pour les porter, et nos cuisses pour les accueillir. Drago tombera à genoux pour vous, et il ne pourra rien vous refuser, j'en suis certaine.