Bonjour à tous ! J'espère que vous avez passé une bonne semaine.
Ici, un long week-end s'annonce avec le pont de l'ascension. Cinq jours de 'repos' (entre guillemets parce qu'on ne se repose jamais vraiment quand on est maman et enseignante à la fois, il y a toujours quelque chose à faire…). Et vous, team pont de l'ascension ou vous travaillez vendredi ?
Ce long week end sera pour moi l'occasion de vous poster DEUX chapitres cette semaine. Un aujourd'hui, et un samedi ! J'espère que vous serez au rendez-vous. En échange, n'hésitez pas à commenter autant que possible !
Quoi qu'il en soit j'espère que vous trouverez le temps de lire et commenter ce chapitre qui ne marque rien de moins que le début des noces de Drago et Hermione. Je vous laisse découvrir également une petite surprise à la fin ! J'attends vos supputations avec impatience sur l'identité de ce dernier arrivé… J'ai hâte de vous lire !
En attendant je vous souhaite une bonne lecture et vous dit à samedi pour le prochain chapitre !
− Lady Hermione !
Quelqu'un tambourinait derrière la porte de l'infirmerie.
L'interpelée se précipita vers la porte qu'elle ouvrit largement, inquiète de voir arriver un grand blessé. Il n'en était rien cependant : Isaure et Fenella se tenaient toutes deux devant elle, une horde de cinq domestiques derrières elles. Elles la regardaient d'un air éberlué, comme si un troisième œil venait de lui pousser au milieu du front.
− Vous voilà enfin, soupira Fenella en s'éventant d'une main. Voilà une heure que nous vous cherchons.
− Je suis guérisseuse, il y avait de fortes chances de me trouver ici, rappela Hermione, surprise.
− Pas le jour de votre mariage ! s'exclama Isaure, l'air complètement dépassé par ce que venait de dire Hermione. Enfin, Lady Hermione, il vous faut être prête pour la cérémonie !
− Mais il est encore tôt et…
− Lady Hermione, dit finalement Fenella en prenant les deux mains dans les siennes. Croyez-en notre expérience, il faut un très long moment à la future mariée pour se préparer et être fin prête. Je vous conjure de nous suivre jusqu'à mes appartements où tout est prêt pour vous accueillir.
Hermione ne répondit pas et se laissa entraîner à travers le labyrinthe que constituaient les couloirs du château. Elle n'avait osé protester davantage, bien qu'en réalité, elle savait que se préparer ne lui prendrait pas autant de temps que ses hôtes voulaient lui faire croire – à condition d'utiliser la magie. Naïvement, elle avait espéré qu'on la laissât se préparer seule et en un coup de baguette elle aurait accompli des miracles : une coiffure sophistiquée, un maquillage léger, une robe enfilée seule et des bas installés à l'aide d'un petit sort de lévitation… Rien qui ne nécessitait une armée de domestiques.
Bien sûr, aux yeux de tous elle était une moldue, et personne n'aurait pu l'imaginer capable de se préparer seule. Hermione soupira… Cette journée allait être interminable, elle le savait d'avance.
Les appartements de Fenella étaient immenses et très joliment décorés, mais Hermione n'eut pas le loisir de les détailler davantage car déjà une domestique répondant au nom de Dorcas l'entraînait vers la salle de bain où deux autres jeunes femmes faisaient déjà couler des bassines d'eau chaude. De la vapeur s'élevait en volutes de fumée au-dessus de la baignoire et une agréable odeur fleurie semblait s'en échapper.
− Il vous faut être propre et sentir bon pour accueillir votre époux dans vos draps, expliqua Fenella qui s'était assise sur un fauteuil posé non loin de la baignoire.
Deux domestiques commencèrent à déshabiller Hermione sans s'inquiéter de sa pudeur, et bientôt, elle fut totalement nue devant un groupe de sept femmes.
− Vous avez une peau divine, soupira Dorcas d'un ton rêveur.
− On dirait du lait, ajouta une autre servante, une certaine Fiona.
Hermione n'attendit pas qu'on la dévisagea plus encore et enjamba le rebord de la baignoire pour s'y plonger. L'eau était délicieusement chaude et parfumée. Des pétales de fleur flottaient à sa surface, tandis qu'elle sentait des grains au fond du bassin. Elle en ramassa une poignée : c'était du sel de bain. Fiona s'agenouilla derrière elle et entreprit de lui laver les cheveux, tandis que Dorcas frottait ses ongles avec minutie. Un peu plus loin, Isaure et Fenella discutaient joyeusement comme si personne ne prenait son bain à quelques mètres d'elles.
− Je ne pouvais rêver mieux pour Drago, disait Fenella de sa voix douce et chaude. Ils vont s'accorder à merveille. Je rêve déjà de faire sauter leurs enfants sur mes genoux. A condition qu'ils ne tardent pas, évidemment.
− Jeunes et en pleine santé comme ils sont, je suis certaine que nous accueillerons leur enfant avant l'hiver prochain.
Hermione soupira mais ne prit pas la peine de répondre. Au lieu de cela, elle se laissa glisser le long de la baignoire pour immerger entièrement sa tête. Sous l'eau, tout était bien plus calme. Les bavardages de la salle de bain lui semblaient loin et délicieusement assourdis par l'eau qui lui rentrait désormais dans les oreilles. Fenella et Isaure étaient comme toutes les femmes de cette époque. Elles ne voyaient que par le mariage et l'enfantement. Jamais elles ne s'étaient questionnées sur leur identité propre, sur ce qu'elles aimaient faire et le métier qu'elles auraient pu entreprendre.
Hermione refusait d'être une poule pondeuse ou une vache laitière. Elle ne voulait appartenir à personne et entendait bien mener sa propre vie sans demander l'accord d'un quelconque époux. Ce mariage était un mariage de raison, qui lui permettrait d'échapper à un terrible sort. Ça n'entravait pas pour autant ses plans d'une vie libre et indépendante. Drago était quelqu'un de bien, et il serait un partenaire agréable. Mais elle ne l'autoriserait jamais à choisir à sa place.
Quand elle émergea de l'eau, Hermione dut reprendre son souffle bruyamment : elle ne s'était pas rendue compte qu'elle y était restée aussi longtemps. Tous les regards étaient tournés vers elle.
− Tentez-vous de vous noyez, Lady Hermione ? s'enquit Isaure.
− Inutile de vous dire que ce serait très malvenu le jour de votre mariage, rappela Fenella avec un petit sourire. Il serait difficile de mener un cadavre jusqu'à l'autel.
Sa phrase arracha des exclamations outrées parmi les domestiques, tandis qu'Isaure souriait, l'air amusé.
− Peut-être que ce ne sera pas mon corps qu'il faudra traîner, mais celui de mon fiancé, objecta Hermione.
− Ne vous inquiétez pas pour Drago, il subit le même sort que vous à cet instant, entouré de Blaise, Hadrian et Cormag.
Hermione se sentit soulagée d'apprendre qu'elle n'était pas seule dans ce naufrage, et se rassura en songeant qu'elle, au moins, n'avait pas à supporter Hadrian pendant sa préparation.
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A quelques couloirs d'Hermione, Drago subissait en effet la même préparation. Le barbier avait été convié à l'évènement et s'occupait de tailler ses cheveux et de raser de près son visage. Drago passa une main songeuse sur sa joue désormais glabre et lisse. Il aimait sa barbe. Pas une longue barbe broussailleuse, bien sûr, mais une barbe de quelques jours qu'il entretenait avec soin. Il avait l'impression qu'une barbe l'aidait à mieux se dissimuler, et qu'il s'agissait, comme son nom d'emprunt, d'un déguisement qu'il enfilait pour se protéger. Le barbier lui tendit un miroir dans lequel il put s'observer. Derrière son reflet, Drago pouvait voir Blaise, occupé à cirer ses chaussures, ainsi qu'Hadrian qui le regardait fixement d'un œil mauvais.
Ce dernier n'avait presque pas dit un mot depuis son arrivé avec Blaise et son père. Cormag, quant à lui, déblatérait depuis de longues minutes déjà sur l'honneur de devenir l'époux de quelqu'un, des responsabilités que cela impliquait, et de l'importance du respect mutuel des vœux qu'ils allaient prononcer un peu plus tard. Drago n'écoutait que d'une oreille, trop occupé à surveiller Hadrian du coin de l'œil, craignant qu'il ne lui saute à la gorge à tout moment. Il sortit du bain quand il fut sûr d'être propre sous absolument tous les angles, et s'enveloppa d'un drap que lui tendait un domestique.
− Voilà, dit Blaise d'un air satisfait en admirant son travail. Tes chaussures brillent de mille feux. Avec ton kilt, tu seras absolument parfait.
Hadrian laissa échapper un petit rire moqueur.
− Un problème ? demanda Blaise sans se départir de sa bonne humeur, en apparence tout du moins.
− C'est à croire que tu aimerais bien être à la place de Lady Hermione pour épouser notre cher Drago, rétorqua Hadrian avec un sourire mauvais.
− Ce qui est sûr, c'est que toi tu n'es à la place de personne.
La réponse de Blaise fit mouche, et Hadrian se renfrogna. Il n'avait rien fait depuis le début de la préparation, se contentant de s'affaler sur un fauteuil et d'attendre que le temps passe. Cormag avait assisté à la conversation mais ne prit pas la parole avant de s'approcher de Drago et de lui tendre une boîte.
− Qu'est-ce que c'est ? demanda Drago.
− Ouvre.
Drago s'exécuta. Il posa la boite sur le rebord de son lit et l'ouvrit délicatement. A l'intérieur, rien de plus qu'un kilt, tenue officielle d'un mariage digne de ce nom… Un kilt, cependant, dont Drago n'avait pas aperçu le tartan depuis de nombreuses années. C'était le tartan de son clan, celui des Malefoy. Pas celui des Black, ni celui des McLean qu'il portait quotidiennement. Non, celui de sa maison, celui qu'il ne pouvait plus porter depuis des années, sans prendre le risque de se faire prendre. Il leva des yeux reconnaissants vers son oncle.
− Merci, souffla-t-il, la gorge nouée par l'émotion. Mais je ne…
− Votre union se fera dans la plus stricte intimité. Seuls ceux ayant connaissance de ta véritable identité seront là. Ainsi tu pourras te parer de ton tartan pour prononcer tes vœux. Pour les festivités, tu n'auras qu'à porter celui que tu avais prévu pour l'occasion.
Le sourire bienveillant et doux de Cormag alla droit au cœur de Drago qui laissa sa main vagabonder sur le tissu.
− Je te laisse t'habiller en compagnie d'Hadrian et Blaise. Je vais pour ma part vérifier que le cadeau que Fenella et moi avons prévu pour vous est fin prêt.
Drago haussa un sourcil curieux, mais Cormag ne laissa rien paraître. Il adressa aux trois hommes un sourire satisfait et quitta les appartements de Drago. Ce dernier sortit le kilt de sa boîte et entreprit de le mettre tout en pensant à ce qu'il était en train de faire. Il allait se marier. Avec une quasi inconnue, certes, mais une sorcière, une Lady, une anglaise. Et il le faisait pour la bonne cause. Il avait songé qu'il serait plus tourmenté par ce changement dans sa vie, pourtant, il s'était fait à l'idée petit à petit, au fur et à mesure qu'il passait du temps avec sa promise. Il ne l'aurait bien sûr admis devant personne mais au fond de son cœur, il pressentait que cette union irait au-delà de la stratégie.
− Tu es content que ton petit stratagème ait fonctionné, n'est-ce pas ? grogna une voix derrière son dos.
C'était Hadrian. Drago ne prit pas la peine de se retourner, ni de répondre. Devant son silence, Hadrian sembla perdre peu à peu patience.
− Quelqu'un comme toi ne mérite pas d'épouser une Lady de l'aristocratie.
− Je suis issu de l'aristocratie, lui rappela Drago.
− Tu n'es plus rien, Drago Sans Terre, dois-je te rappeler que tes parents mangent les pissenlits par la racine, que tu n'as plus nulle part où aller plutôt qu'ici, et que tu n'as pas de titre ?
− Je ne comprends pas pourquoi cela te contrarie autant, Hadrian. Ça ne regarde que Lady Hermione et moi-même. C'est une anglaise, ne te préoccupe pas de son sort.
− Il s'en préoccupe parce qu'il ne fait pas partie de ses plans, ricana Blaise.
Drago ne put retenir un rictus, tandis que ses yeux se plantaient dans ceux d'Hadrian.
− Tu sais, le mariage n'est pas un gage de fidélité, susurra Hadrian.
− Tu parles en connaissance de cause, répliqua Drago.
Il était de notoriété publique qu'Hadrian avait trompé son épouse la semaine qui avait suivi leur mariage et ne s'était pas arrêté en si bon chemin depuis. De toute évidence, le fait qu'Hermione repousse ses avances lui était resté en travers de la gorge.
− Crois-moi, Drago, je vais très vite faire comprendre à ton anglaise qu'il n'y a qu'un homme expérimenté comme moi pour lui apprendre les jeux de l'amour. Enfin, on dit que les Anglaises en connaissent beaucoup à ce sujet, peut-être que ce sera elle qui m'apprendra quelques nouveautés.
Drago serra les dents. Hadrian affichait clairement ses intentions, sans doute parce que son père n'était pas dans la pièce, et ça ne lui plaisait pas du tout.
− Je te conseille vivement de ne pas t'approcher de mon épouse, Hadrian, sans cela, tu risquerais de plus pouvoir honorer la tienne.
− Pour l'instant elle n'est l'épouse de personne. Ce n'est qu'une petite traînée d'anglaise qui…
Le coup partit avant qu'il n'ait pu achever sa phrase. Le poing de Drago s'était serré sans qu'il ne s'en rende réellement compte avant de s'abattre sur le nez d'Hadrian dans un craquement sinistre qui ne laissait rien présager de bon. Hadrian laissa échapper un rugissement avant de lever à son tour son poing et de cogner l'œil gauche de Drago qui recula de quelques pas. Il était sur le point de repartir à l'assaut quand Blaise s'interposa.
− Messieurs, ce n'est ni le lieu, ni le jour pour un duel à mains nues – et vous connaissez pourtant mon amour pour ces jeux-là.
Puis, il se tourna vers Hadrian et dit d'une voix rude :
− Tu ferais mieux de rejoindre la cérémonie. Drago est presque prêt.
Hadrian, qui se tenait toujours le nez, leur lança un regard mauvais avant de se diriger vers la porte. Il ne l'avait pas encore passé que Blaise ajouta :
− Et si d'aventure, tes yeux se posaient un peu trop sur la future mariée, je ferais en sorte de te les arracher. Parce que je ne laisserai pas Drago gâcher son propre mariage.
Hadrian disparut sans dire un mot, et Blaise et Drago se retrouvèrent tous les deux. Drago venait d'achever d'enfiler son kilt ainsi que sa chemise. Il s'observait dans le miroir, l'œil critique. Derrière lui, Blaise le regardait en silence. Ni l'un ni l'autre ne reparlèrent de Hadrian et de ses paroles injurieuses, mais tous deux savaient qu'il leur faudrait être prudents et ne pas laisser Hermione s'approcher trop près d'Hadrian. Quand Drago fut prêt, il se retourna et adressa un petit sourire à Blaise.
− Ton œil est déjà bleu, soupira Blaise. Si je t'appliquai un sort, Hadrian se douterait de quelque chose…
− Ce n'est pas grave, de toute façon, personne ne regarde le marié à un mariage. C'est la mariée qui attire tous les regards.
Blaise n'avait pas l'air convaincu, mais il se contenta d'hausser les épaules.
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Cormag n'avait pas menti. Dans la petite chapelle du château de Duart, réservée à la famille du Laird et à son entourage proche, se trouvaient une quinzaine de personne. Cormag et Fenella se tenaient au premier rang. Derrière, leurs enfants et leurs conjoints, ainsi que les petits enfants âgés de plus de douze ans. Blaise était également présent, debout à côté de l'autel, en qualité de témoin. Severus Rogue était assis sur les bancs réservés à la famille de la mariée – absente, évidemment. Il portait ses sempiternels vêtements noirs, mais avait, semblait-il, fait l'effort de se coiffer. Il avait l'air bien seul, songea Drago tandis qu'il remontait l'allée pour rejoindre Blaise. Il chercha un bref instant Hadrian du regard, mais celui-ci brillait par son absence, sûrement trop occupé à soigner son nez cassé.
Drago esquissa un vague sourire satisfait à cette idée.
Tous les yeux se braquèrent vers lui, et chacun ne tarda pas à remarquer l'ecchymose qui se formait déjà autour de son œil. Il remarqua l'air inquiet de Fenella, celui, pincé, de Cormag, et enfin ses yeux croisèrent ceux de Bonnie, assise au dernier rang, pâle comme la mort. Elle détourna immédiatement les yeux et se concentra sur un point dans le vide, droit devant-elle.
Drago monta les deux marches qui menaient jusqu'à l'autel, derrière le quel le prête préparait la cérémonie.
− Mon père, salua Drago d'une voix rauque.
− Mr Malefoy, répondit l'intéressé.
Il n'avait pas l'air heureux d'être là. Ses gestes étaient secs et rapides, tandis qu'il allumait quelques cierges et versait du vin dans une amphore. Drago se retourna vers Blaise, interloqué.
− Il ne veut pas marier une anglaise à un écossais, lui souffla-t-il.
− Pourquoi ?
− Parce que les anglais ne reconnaissent pas le Pape…
Blaise et Drago échangèrent un regard avant de le détourner pour ne pas éclater de rire. Le fait qu'Hermione ne reconnaisse pas le pape devait être le cadet de ses soucis. Si le prêtre savait qu'elle était une sorcière, il en aurait fait une attaque. Se marier devant le Créateur n'était pour ainsi dire pas dans la tradition sorcière. Mais afin de préserver leur couverture, mieux valait pour eux d'accéder à cette coutume. Blaise avait proposé d'organiser un mariage sorcier d'ici quelques semaines afin que leur union soit également reconnue par leur communauté. Drago avait décidé de demander son avis à Hermione avant d'accepter la proposition de Blaise.
Le silence se fit dans la salle au moment même où une musque se mit à retentir du fond de la chapelle. Un homme venait de s'y installer pour jouer de l'orgue et accompagner l'entrée de la mariée. Les portes s'ouvrirent, et Drago se retourna pour observer la nouvelle venue. Sa future épouse.
Elle était plus belle encore que dans ses rêves les plus fous. Auréolée par la lumière des bougies, Hermione avançait, vêtue d'une toilette que Drago ne lui connaissait pas. C'était une robe simple faite dans un tissu noble. Le blanc, l'ivoire, le crème et le poudré se mélangeaient sur son corset, tandis que ses jupons se paraient des couleurs vives du tartan des Malefoy. Les lignes rouges, vertes et blanches se croisaient en un motif écossais du haut de sa taille jusqu'à l'extrémité de la longue traine qui glissait sur le sol derrière elle. Ses cheveux étaient lâchés, ondulant sur ses épaules. Seules deux mèches avaient été tressées et retenues en arrière par une broche représentant un serpent à l'œil d'émeraude, le symbole des Malefoy.
Le cœur de Drago rata un battement, puis deux, tandis que cette apparition divine lui faisait perdre tous ses moyens. Comment une anglaise pouvait-elle être aussi éblouissante dans un tartan clanique ? Son égo se gonfla quand il réalisa que bientôt, elle serait sienne et que personne ne pourrait plus jamais se targuer de la courtiser. Elle porterait son nom, son tartan, son serpent… Il se prit à rêver qu'un jour elle porterait ses enfants.
− Tu devrais fermer la bouche, murmura Blaise derrière lui.
Drago s'exécuta. Il n'avait pas réalisé qu'il avait la bouche ouverte. Tandis qu'Hermione remontait l'allée, seule avec son bouquet de chardon et de sauge entre les doigts, il ne parvenait pas à détourner le regard. Bientôt, elle fut à ses côtés, et leurs yeux se croisèrent. Elle avait les joues légèrement rouges, et sa bouche entrouverte laissait échapper un souffle un peu saccadé. Ses doigts étaient crispés autour de son bouquet, comme si elle se raccrochait aux fleurs pour s'empêcher de prendre la fuite.
− Bonjour, souffla finalement Drago.
− Bonjour, lui répondit-elle d'une voix tremblante.
Les yeux de Drago s'attardèrent une fois encore sur la robe d'Hermione, avant qu'il ne le remonte vers les yeux et ne se perde dans l'immensité de ses pupilles dilatées par la nervosité.
− Avez-vous fini de m'observer ? demanda la mariée.
− Je ne pense pas pouvoir dire un jour avoir fini de vous admirer, Madame, dit Drago à voix basse pour s'assurer qu'elle seule l'entende.
Elle se mit à rougir davantage encore.
− Je vois que nous sommes assortis, répondit-elle en regardant son kilt taillé dans le même tissu que ses jupons.
− En effet. Malheureusement pour moi, vous rayonnez et je dois vivre dans votre ombre.
Un sourire en coin fit comprendre à Hermione qu'il ne s'agissait de rien d'autre que d'un compliment. Elle ouvrit la bouche pour répondre, mais elle fut interrompue par le prêtre qui s'éclaircissait la gorge et levait les mains en signe de salut.
− Nous sommes ici en ce jour, pour célébrer l'union de …
Un grincement retentit, tandis que les deux battants de la porte d'entrée de la chapelle s'ouvrirent brusquement. Caché dans l'ombre, le nouvel arrivé ne se donna pas la peine de se présenter avant de déclarer d'une voix claire :
− Tiens, tiens. On dirait que mon invitation s'est perdue en chemin. J'espère pour vous que ce n'est qu'un oubli.
