Bonjour à toutes ! Nous sommes déjà mercredi, et me voilà donc de retour avec un nouveau chapitre. Vous n'avez pas eu à attendre bien longtemps cette fois ! Je suis ravie de voir que vous avez été au rendez-vous samedi. Merci à celles qui ont pris la peine de commenter, j'ai adoré vous lire, et j'ai été plus que contente de voir que vous ne vous attendiez pas à découvrir Pansy mais que vous étiez heureux de la retrouver dans cette fiction. J'adore Pansy … C'est mon petit pêcher-mignon !

Voici donc la suite du mariage et la nuit de noce ! J'espère que ce chapitre vous plaira autant que les précédents.

Comme ce week-end est aussi un long week-end, je posterai un nouveau chapitre dimanche soir pour vous faire une coupure dans la semaine haha. Je ne promets pas de le faire à chaque semaine, mais quand je peux, ça me fait plaisir de poster deux chapitres, parce que j'ai conscience qu'un seul par semaine c'est … long !

En tout cas, comme toujours, je vous invite à commenter en masse, afin de faire connaître cette histoire qui me tient tant à cœur !

Bonne lecteur à toutes !


La fête battait son plein. Tout le monde venait la féliciter. Les hommes étaient ravis de voir que Drago se rangeait et laissait la place libre pour séduire les jeunes femmes, les femmes la jalousaient de la voir acquérir un si beau parti. On lui souriait, admirait son alliance, faisait de sous-entendus peu subtils sur la nuit de noce. Très vite, Hermione se sentit écrasée par la pression sociale. Voilà ce qu'on attendait de la femme mariée qu'elle était désormais : être une bonne épouse, une bonne amante, une future mère. Les paris étaient déjà ouverts sur les naissances à venir, et elle se sentait dépossédée de son corps.

Hermione, pour supporter les discussions que lui imposaient sa nouvelle cour, but de nombreux verres de vin, d'hydromel et même de whiskey, elle qui n'aimait pas spécialement ça. Elle avait tellement bu qu'elle ressentait, pour la première fois de sa vie, la sensation euphorisante et grisante que procurait l'alcool quand il est ingurgité en trop grande quantité. Elle se sentait légère, flottant presque dans les airs, tandis que sa voix était plus rauque et ses phrases plus trainantes.

Personne ne remarqua son état. Et pour cause, tout le monde était dans ce même état. Cormag et Fenella n'avaient pas lésiné sur la boisson, et chaque invité dont le verre était vide le voyait rempli par l'un des nombreux domestiques.

− J'espère que tu es contente ? siffla une voix familière derrière Hermione alors qu'elle avalait son troisième verre de whiskey.

Elle se retourna et découvrit sans grande surprise la jeune Bonnie dont les yeux semblaient jeter des éclairs. Hermione lui adressa un sourire plus qu'ironique. Non, elle n'était pas contente. Pourquoi devrait-elle l'être ? Elle avait dû se forcer à épouser un homme qu'elle ne connaissait que très peu pour échapper à un autre qu'elle ne connaissait que trop bien… Elle avait dû fuir sa maison, ses amis, sa famille pour éviter une telle union. Elle avait du supporter les sermons de son père et la mort de son premier amant dont elle était éperdument amoureuse. Ce mariage n'aurait jamais dû être le sien. Drago n'aurait jamais dû être celui qui l'attendait à l'autel. Le souvenir de Ronald lui revint en pleine tête, tandis qu'elle sentait les yeux de Bonnie la dévisager.

Evidemment, elle ne pouvait pas lui dire tout cela. Affichant sa mine la plus réjouie elle répondit :

− Je suis sur un nuage.

− Crois-moi, les hommes comme Drago ne se contentent pas d'une seule femme, murmura Bonnie d'un air mauvais. Il ne faudra pas venir te plaindre lorsqu'il découchera pour en rejoindre une autre.

− Et tu espères être cette autre ? demanda Hermione d'un ton narquois qui ne lui ressemblait pas.

Elle n'aimait pas se montrer désagréable, mais elle n'aimait pas non plus que Bonnie vienne lui dire en face que son époux lui serait un jour infidèle. Bonnie renifla avec dédain, mais resta silencieuse, bien consciente que Drago avait été très clair à son propos : il ne voulait pas d'elle.

− C'est bien ce que je pensais. Si un jour mon époux devait rejoindre une autre femme dans son lit, nous savons toutes les deux que ce ne sera pas toi. Maintenant va profiter de la fête en mon honneur et cesse de tourner autour de Drago.

Sur ces mots, Hermione se détourna de son interlocutrice et repartit en direction du buffet où une carafe de vin français l'attendait.

Les heures défilèrent et Hermione perdit toute notion du temps. Elle ne vit presque pas Drago, lui aussi accaparé pas les nombreux invités. La nuit était déjà bien avancée quand elle parvint à s'extirper de la fête et à se loger derrière un rideau dans un coin de la pièce. L'endroit était très chaleureux, et elle trouvait subitement cela très drôle de se cacher ainsi. Elle gloussa pendant de longues minutes, jusqu'à ce qu'une main et une tête passent de l'autre côté du rideau.

− Qu'est-ce que tu fais ici ? demanda Drago, surpris.

− J'en ai marre d'entendre tout le monde me dire combien tu feras un époux parfait, répliqua Hermione avec une moue boudeuse.

Drago l'observa de longues secondes avant de demander :

− Tu as bu ?

− Non, répondit Hermione d'une voix pâteuse.

− Je sens le whiskey dans ton haleine d'ici.

Hermione pouffa comme l'adolescente régie par ses hormones qu'elle n'était pas.

− Et je suis sûr qu'il n'y a pas que du whiskey, ajouta Drago.

− Tu pourrais m'embrasser pour goûter ce que j'ai bu d'autre.

Sa phrase n'avait aucun sens, tout comme ses pensées qui s'entremêlaient les unes aux autres. Drago soupira mais ne put empêcher un petit sourire en coin de se loger sur ses lèvres. Hermione les observa un long moment, soudain très attirée par celles-ci, mais au moment où elle allait s'approcher pour les goûter, Drago recula et l'attrapa par la taille.

− Je pense qu'il est temps pour nous de nous retirer dans nos appartements, Lady Malefoy, lui souffla-t-il à l'oreille.

− Lady Malefoy, répéta Hermione songeuse. Lady Malefoy…

Elle se laissa entraîner à travers la salle de réception, et entendit vaguement Drago dire qu'elle était fatiguée et qu'il préférait que nous allions nous coucher. Des petits sourires entendus naquirent sur les lèvres de ceux à qui il disait cela. Quand ils arrivèrent devant la porte, Pansy et Blaise les attendaient. En voyant la démarche chancelante d'Hermione, ils se jetèrent un regard amusé.

− On dirait que la mariée s'est bien amusée, fit remarquer Blaise.

− Ou alors elle a noyé son chagrin dans l'alcool, répliqua Pansy.

Hermione eut tout juste le temps de voir Drago lancer un regard noir à son amie, avant qu'il ne l'entraîne dans les couloirs pour rejoindre leurs nouveaux appartements qui se trouvaient désormais au rez-de-chaussée. Quand il poussa la porte, ils eurent la surprise de découvrir un salon immense avec de nombreux canapés aux allures confortables, une table recouverte de victuailles ainsi qu'un feu de cheminée crépitant. De part et d'autre de la pièce, deux portes s'ouvraient sur deux chambres. La décoration était somptueuse, l'endroit chaleureux. Si chaleureux qu'Hermione sentit soudain une bouffée de chaleur remonter le long de son corps. Cela faisait bien longtemps qu'elle ne s'était pas sentie aussi vivante. L'alcool qui coulait dans ses veines l'étourdissait mais l'aidait à se sentir plus téméraire qu'elle ne l'était habituellement.

Consciente qu'elle se trouvait désormais dans ses appartements avec son nouvel époux, Hermione repensa à tout ce qu'on lui avait dit sur la nuit de noce qu'elle allait devoir offrir à Drago. Prenant son courage à deux mains, elle se retourna et se jeta littéralement sur son mari avant de plaquer ses lèvres sur les siennes dans un baiser qu'elle espérait plus brûlant qu'aviné. Sous le coup de la surprise, Drago répondit à son baiser, tandis que ses mains enserraient sa taille avec ardeur. Ne souhaitant pas réfléchir davantage, Hermione fit glisser ses mains le long du torse de Drago pour faire sortir la chemise de son kilt, et ce fut à cet instant que ce dernier sembla reprendre ses esprits. Il encercla les poignets d'Hermione de ses doigts puissants et la força à reculer.

− Qu'est-ce que… commença Hermione.

− Je ne te toucherai pas, ce soir, dit Drago en la repoussant doucement.

Hermione sentit quelque chose se fissurer dans sa poitrine. Il ne la toucherait pas ? Ils étaient mariés désormais, et il était de leur devoir de consommer ce mariage. Se croyait-il trop bien pour elle ? Elle grimaça et se retourna pour rejoindre la table sur laquelle trônait une bouteille de vin. Elle s'en servit un verre et le porta à ses lèvres. Elle avala trois grandes gorgées de vin rouge, sentant le regard de son époux lui transpercer les omoplates. Son rejet avait eu le mérite de la refroidir considérablement.

− C'est parce que je ne suis plus vierge ? finit-elle par lâcher.

Il lui avait dit que ça ne le dérangeait pas, mais peut-être était-il revenu sur sa décision. Peut-être que finalement, ne pas être le premier lui importait. Derrière elle, il laissa échapper un petit rire sec. Surprise, elle se retourna pour le darder de son regard le plus noir. Alors comme ça, elle le faisait rire ?

− Je t'ai déjà dit que ça m'importait peu.

− Alors je ne suis pas assez bien pour toi ? Tu ne couches pas avec les Anglaises ?

La voix d'Hermione était inhabituellement grave, et rendue rauque par l'alcool consommé tout au long de la soirée. Le sourire de Drago s'effaça presqu'aussitôt qu'elle eut prononcé ces mots. Son visage se radoucit et il s'approcha lentement d'elle jusqu'à ce qu'elle puisse sentir son souffle sur elle.

− Je ne couche pas avec les femmes saoules. Encore moins lorsqu'il s'agit de la première fois avec mon épouse.

− Mais toi et moi savons que ce ne sera ni ta première fois ni la mienne.

− Ce sera la nôtre en tant que femme et homme mariés.

− Ça ne compte pas.

La mâchoire angulaire de Drago se crispa, tandis que ses yeux se plissaient légèrement.

− Ça compte pour moi.

Hermione ne trouva pas quoi répondre à cela. Est-ce qu'elle devait admettre que cela la touchait plus qu'elle ne l'aurait pensé ? Combien d'hommes auraient attendu que leur épouse soit en pleine possession de ses moyens pour la faire leur ? Combien d'hommes ne lui auraient pas laissé le choix et l'auraient jetée sur le lit dès la seconde où ils se seraient trouvés seuls ? Son égo en prenait un coup bien sûr, mais les raisons plus que louables de Drago mirent un peu de baume sur son cœur meurtri. Il lui rappelait quelqu'un … Le chagrin ne tarda pas à se lire sur ses traits car, déjà, Drago posait une main sur sa joue et la forçait à lever les yeux vers lui.

− Quelque chose te chagrine, souffla-t-il.

Ce n'était pas une question, aussi Hermione se contenta de détourner les yeux.

− Je ne suis pas lui, ajouta-t-il finalement. N'est-ce pas ?

Comment se pouvait-il que Drago ait autant de flaire et sache appuyer là où cela faisait mal. Alors que les pensées décousues d'Hermione ne parvenaient pas à mettre les mots sur ses sentiments contradictoires, Drago parvenait sans mal à lui faire comprendre les raisons de son mal-être. Non, il n'était pas Ronald. Il n'était pas son premier amour, celui qu'elle avait tant de fois imaginé épouser, sans jamais que cela n'arrive. Son père l'avait privée de ce mariage. De son amour. De sa présence. Bien sûr que Drago n'était pas Ronald, et il ne le serait jamais. Pourtant, elle sentait son cœur s'emballer en sa présence, elle sentait que ses regards ne la laissaient pas indifférente. Qu'est-ce que cela faisait d'elle ? Une girouette ?

Elle secoua faiblement la tête, tandis que ses yeux s'emplissaient de larmes traitresses. Drago, qui avait toujours sa paume posée contre la joue d'Hermione, vint cueillir l'une de ces larmes de son pouce avant de lui adresser un petit sourire, bref, mais sincère.

− Et jamais je ne prétendrai vouloir prendre sa place dans ton cœur. Mais peut-être peux-tu me laisser une place dans ta vie.

Ces paroles, Ô combien réconfortantes et rassurantes arracha un faible sourire à Hermione qui rétorqua :

− En attendant c'est toi qui ne veux pas coucher avec moi.

Drago éclata à nouveau de rire, mais cette fois, c'était un rire tendre.

− J'ai dit que je ne te toucherai pas ce soir. Ça ne fait pas de moi un saint. Il y aura bien d'autres soirs. Mais d'ici là, j'attendrai que tu me supplies. Et que tu sois sobre.

− Je ne supplie pas, répliqua Hermione froidement.

Elle n'aimait pas l'idée qu'il fasse d'elle ce qu'il voulait.

− Moi non plus, répondit Drago sur le même ton.

− C'est ce que nous verrons.

− Les paris sont ouverts.

Leur petite joute verbale eut le mérite d'éveiller en Hermione une détermination qu'elle pensait avoir perdu depuis longtemps. S'il pensait qu'elle viendrait le supplier de la faire sienne, il se mettait le doigt dans l'œil. Qu'à cela ne tienne, ce serait lui qui suffoquerait à l'idée qu'elle ne lui appartienne jamais et qui ferait son possible pour la convaincre qu'il valait qu'elle le regarde.

− En parlant de paris… commença Hermione en achevant de boire son verre – quitte à être saoule autant l'être jusqu'au bout – est-ce que ce coquard est dû à un combat clandestin ?

Elle fit remonter sa main le long de la joue de Drago et vint effleurer de bout de ses doigts l'ecchymose qui s'était formé autour de son œil clair. Elle le sentit serrer les dents quand ses doigts s'attardèrent sur la plaie qui entravait son arcade, mais il ne recula pas.

− On peut dire cela… grogna-t-il.

− C'est-à-dire ?

− J'ai eu une petite altercation avec Hadrian.

Hermione arqua un sourcil. Elle ne s'était pas attendue à ce qu'il lui dise la vérité. Pourquoi Hadrian et Drago en étaient-ils venus aux mains ? Quel était l'enjeu ? Et qu'est-ce qui avait mis suffisamment Drago en colère pour se battre avec Hadrian le jour de son mariage ? En réfléchissant, elle ne se souvenait pas avoir aperçu Hadrian dans la chapelle. Ni dans la grande salle, lors des festivités. Sans doute ne l'avait-il pas loupé, lui non plus. Elle n'eut cependant pas le temps de poser ses mille et une question car déjà, Drago s'éloignait d'elle pour se rendre dans la salle de bain attenante à l'une des chambres qu'ils n'avaient pas encore visitée.

Hermione le suivit et découvrit bientôt une immense salle de bain au milieu de la quelle un large bassin de pierre trônait fièrement. Il était si grand que quatre adultes auraient pu s'y installer. Le lieu était éclairé par des dizaines de petites bougies allumées ci et là, tandis que des épais rideaux cachaient la vue aux voyeurs qui auraient eu l'idée de venir jeter un coup d'œil.

− Je vais te faire couler un bain, déclara Drago. Ça t'aidera à dessoûler.

− Je ne suis pas saoule, hoqueta Hermione alors qu'elle avait encore le goût âpre du vin sur sa langue.

− Bien sûr que si.

Drago sortit sa baguette magique et de l'eau apparut dans le bassin. Elle était fumante et délicieusement parfumée. En voyant la baignoire ainsi, à l'air si accueillant, Hermione réalisa combien cela allait lui faire du bien. Drago fit apparaître une mousse onctueuse à la surface de l'eau, avant de se retourner vers elle :

− Veux-tu que je t'aide à retirer cette robe ?

Il avait les yeux brillants, et affichait un petit sourire en coin. Comment pouvait-il être aussi en forme ? N'avait-il pas bu d'alcool, lui ? Hypnotisée par ses yeux gris, Hermione ne répondit pas et se contenta d'hocher la tête. Avec tout ce qu'elle avait bu, elle ne pouvait pas prendre le risque d'utiliser sa baguette pour retirer sa robe. Elle aurait pu se rendre chauve par accident, ou perdre un membre dans la bataille.

Drago vint se placer derrière elle, et entreprit de tirer sur les lacets qui retenaient son corsage. Elle pouvait sentir son souffle brûlant sur la peau de sa nuque. Cette sensation lui arracha une vague de frisson, et elle dut se retenir au rebord de la baignoire pour ne pas tressaillir davantage. Drago s'activait en silence, retirant le lacet de chacun des œillets dans lequel il avait été logé, jusqu'à ce que le corsage et les jupes ne tombent sur le sol, laissant Hermione dans sa simple chemise de lin blanc. Celle-ci était assez courte pour dévoiler ses genoux, et assez fine pour laisser entrevoir la pointe de ses tétons à travers le tissu. Son cœur battait la chamade à l'idée que Drago ne la voit aussi dévêtue. C'était ridicule, bien sûr, il était son mari désormais, mais elle ne se sentait pas à l'aise avec l'idée qu'il la déshabille entièrement.

Cependant, avant qu'elle n'ait eu le temps de lui dire qu'il pouvait sortir et qu'elle finirait de se dévêtir seule, il prit la parole d'une voix rauque et basse qui résonna jusque dans son ventre :

− Je… hum, fit-il en se raclant la gorge. Je te laisse terminer. Je suis à côté si tu as besoin de… d'aide.

Hermione se retourna pour l'observer et acquiesça en silence. Elle sentit le regard de Drago la détailler, ses yeux s'attardant un instant dans son cou, puis sur ses seins. S'il ne faisait pas aussi sombre, elle aurait juré l'avoir vu rougir. Il ne lui laissa pas le temps de l'observer davantage cependant, et tourna les talons pour se diriger jusqu'à la porte, et sortit.

Hermione n'attendit pas une seconde de plus pour retirer sa chemise de lin et s'installer confortablement dans la baignoire dont l'eau chaude et mousseuse ne tarda pas à détendre chacun de ses muscles. Elle s'endormit sans s'en rendre compte, bercée par le clapotis de l'eau et la lumière tamisée des bougies. Elle ne sut combien de temps avait passé lorsqu'elle fut réveillée en sursaut par la voix de Drago à travers la porte :

− Hermione ? Hermione si ne réponds pas je vais rentrer, grogna-t-il.

Encore ensommeillée, Hermione ne fut pas assez réactive, et Drago entra précipitamment dans la pièce. Quand il la vit, allongée dans son bain, nue, sous la mousse qui tendait à disparaître, il resta un instant immobile. De son côté, Hermione rassembla promptement ses genoux contre son buste pour cacher ses parties les plus intimes à la vue de Drago.

− Bon sang, ça fait cinq minutes que je te demande si tout va bien, tu ne répondais pas, j'ai cru que…

L'inquiétude s'entendant dans sa voix et se lisait sur son visage.

− Que quoi ? demanda Hermione en se recroquevillant davantage.

− Avec tout ce que tu as bu, j'ai eu peur que tu ne perdes connaissance et que tu ne te sois noyée. Tu es là-dedans depuis plus d'une heure.

Plus d'une heure ? Hermione n'avait pas vu le temps passer. Elle s'était endormie bien plus longtemps qu'elle ne l'avait pensé. Cette petite sieste lui avait aussi permis de retrouver ses esprits. Le vin semblait bien moins présent dans ses veines. Désormais, elle se sentait moins à l'aise en compagnie de Drago, et surtout, complètement nue.

− Comme tu le vois, je me porte comme un charme.

− Bien, répondit Drago.

− Bien, répéta Hermione.

Ils restèrent silencieux un long moment, les yeux rivés l'un sur l'autre. Au bout de quelques minutes, Hermione demanda timidement :

− Est-ce que tu veux bien me donner une serviette, j'aimerai sortir à présent.

Drago mit quelques secondes à réaliser ce qu'elle lui demandait, et s'activa ensuite à la recherche d'un drap de bain qu'il trouva dans l'armoire qui trônait dans le coin de la salle de bain. Il la déplia prestement et la tendit à Hermione. Gentleman, il se retourna pour ne pas la voir se lever et attendit qu'elle se soit drapée entièrement pour se retourner.

− Il est tard, nous devrions aller nous coucher, proposa-t-il. Dans quelle chambre veux-tu dormir ?

Allaient-ils dormir dans le même lit ? Le cœur d'Hermione s'emballa à cette idée. Elle ne savait pas si elle était prête à partager le lit d'un homme. Pas n'importe quel homme, bien sûr, son mari, mais tout de même… Elle craignait qu'une telle proximité les mette mal à l'aise.

− Je prendrai l'autre, ajouta Drago.

Une vague de soulagement la submergea quand elle comprit qu'il n'envisageait pas de partager sa chambre. Elle haussa les épaules, confirmant qu'elle se moquait bien de la chambre dans laquelle elle dormirait, tandis que Drago disparaissait dans le salon. Encore ruisselante d'eau, le cœur battant, Hermione réalisa qu'au soulagement s'était aussi ajouté une légère pointe de déception. Quel homme acceptait de faire chambre à part lors de leur nuit de noce ? Une idée germa dans l'esprit d'Hermione. Peut-être un homme qui avait déjà une amante quelque part, et dont l'épouse le laissait indifférent. A la déception s'ajouta un sentiment bien nouveau qu'Hermione eut du mal à identifier. La jalousie…