Bonsoir à toutes ! Comme promis, nous sommes dimanche soir et me voilà déjà avec un nouveau chapitre !
C'est la joie des longs week-ends qui me permettent d'écrire un peu plus. Pas sûre de pouvoir renouveler ça chaque semaine, d'autant que la fin d'année (scolaire) est toujours une suite sans fin d'évènements, d'administratifs et de rendez-vous qui n'en terminent pas. Et vous, d'ailleurs ? Team week-end de la Pentecôte où vous bossez lundi ? Quoi qu'il en soit, j'espère que vous ne mourrez pas trop de chaud, parce que les températures ne semblent pas prêtes de redescendre.
Bon, j'arrête de raconter ma vie et vous laissez découvrir ce nouveau chapitre qui clos « l'intrigue » du mariage. On va pouvoir passer à autre chose désormais. Vous découvrirez un peu plus de l'histoire de Pansy, et les volontés de Drago en ce qui concerne son mariage.
N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé, et surtout ce que vous imaginez pour la suite !
Le prochain chapitre sera posté, comme d'habitude, mercredi en fin d'après-midi. N'hésitez pas à commenter autant que possible ce chapitre.
Je vous souhaite une très bonne lecture et vous dis à très vite !
− Alors vous n'avez pas …
Blaise ne termina pas sa phrase, mais Pansy et Drago avaient très bien compris le sens de sa question. Ils étaient tous les trois installés dans les appartements de Pansy, et buvaient une tasse de thé revigorant afin de survivre à la nuit assez courte qu'ils venaient de passer. C'était le lendemain du mariage, et Drago s'était levé aux aurores pour s'occuper des chevaux avec Blaise, avant de rejoindre leur meilleure amie chez elle. Ils avaient de nombreuses questions à lui poser.
− Non, répondit Drago. Nous n'avons pas consommé le mariage.
Sa mâchoire se crispa en repensant au baiser passionné mais alcoolisé que lui avait donné Hermione, ainsi qu'au souvenir de son corps presque nu sous sa chemise de lin, à travers laquelle il avait deviné sans mal chacun de ses courbes, jusqu'à la pointe délicate de ses seins laiteux qui lui donnaient l'envie déraisonnable de les goûter…
− Il ne faudrait pas que cela s'ébruite, déclara Pansy d'une voix songeuse. Tant qu'il ne sera pas consommé, il pourrait ne pas être reconnu et nié par Suffolk.
− Comment pourrait-il le savoir ? demanda Blaise, dubitatif.
− Les domestiques parlent, expliqua patiemment son amie. Quand l'une d'elles verra que les draps ne sont pas tâchés, les rumeurs iront bon train.
Drago resta muet, perdu dans ses réflexions. Il n'avait pas pensé à ça. Mais de toute façon…
− Elle n'est pas vierge.
Blaise et Pansy échangèrent un regard amusé, quoi qu'un peu surpris.
− Tiens donc. La petite Lady anglaise s'est acoquinée en dehors des liens sacrés du mariage ? ricana Pansy. Je l'aime de plus en plus.
Drago leva les yeux au ciel.
− Et où était ce petit veinard pendant que tu la menais jusqu'à l'autel ?
− Six pieds sous terre, répondit Drago, lugubre.
Pansy resta silencieuse un bref instant avant d'incliner la tête en signe de reddition.
− Soit, c'est une raison valable.
Blaise étouffa un petit rire, tandis que Drago lui jetait un regard noir. Être mort était en effet une raison plus que valable pour ne pas épouser Hermione. Et très égoïstement il n'était pas mécontent que cet homme soit mort car il n'aurait pas apprécié que quelqu'un vienne interrompre son mariage, quand bien même il s'agissait d'un mariage arrangé. Il avait une dignité, quoi qu'on en pense…
− Débrouille-toi pour qu'il y ait un peu de sang dans les draps quand les domestiques viendront les changer. Ça vous évitera les questions indiscrètes. Et les remises en cause.
− Qui aurait cru que Drago Malefoy n'aurait pas consommé son propre mariage lors de la nuit de noces, soupira Blaise d'un air mélodramatique qui lui attira les foudres de l'intéressé.
− Elle était ivre, se justifia-t-il.
− Vous ne vous êtes même pas embrassés ? demanda Blaise avec curiosité.
− Bien sûr, devant l'autel, répliqua Drago avec humeur. Tu ne nous as pas vu ?
Il ne voulait pas en dire davantage sur sa nuit de noce aussi peu intéressante eut-elle été. Il voulait conserver pour lui les détails de cette soirée. Ce baiser partagé, ce bain préparé, ces vêtements retirés. Il sentait que les interrogations de ses deux amis auraient pu outrepasser la pudeur, et il craignait que les questions de Blaise ne le rendent plus jaloux qu'amical. Ce dernier haussa les épaules, l'air un peu déçu qu'il ne se soit rien passé de plus.
− Tu n'es pas trop déçu ? demanda Blaise qui devenait de plus en plus pénible avec ses questions.
− Déçu ? Blaise, c'est un mariage arrangé. Je ne sais pas à quoi tu t'attendais, mais personnellement, je n'imaginais pas une seule seconde que Lady Hermione voudrait de moi dans ses draps. Pas plus que je ne voulais d'elle, d'ailleurs.
Ce mensonge éhonté ne sembla pas duper ses deux comparses qui se jetèrent un regard entendu, mais eurent le tact de ne pas rebondir sur sa tirade. Aurait-il dormi avec Hermione si celle-ci avait été sobre et le lui avait proposé ? Son imagination l'emmena dans des contrées lointaines où ses mains se seraient posées sur sa poitrine laiteuse, tandis que sa langue se serait perdue sur sa clavicule saillante, tandis que… Drago secoua la tête comme un chien qui s'ébroue. Il devait se contrôler. Il devait arrêter de penser à Hermione dans ces conditions. Il fallait qu'il change de sujet.
− Et toi, dit-il en se tournant vers Pansy, je suis sûr que tu as tout un tas de choses très intéressantes à nous raconter, Veuve Williams.
Il insista sur les deux derniers mots. La dernière fois qu'il avait vu Pansy, elle partait pour le Pays de Galles où un époux l'attendait. Plus d'un an plus tard, elle revenait veuve, et visiblement très heureuse de l'être. Mais depuis quand l'était-elle ? Et pourquoi ne leur avait-elle pas dit ?
− Toutes nos condoléances, dit Blaise avec un sourire en coin. Quelle veuve éplorée tu fais. Tu ne portes même pas du noir.
En effet, Pansy portait une somptueuse tenue d'un rouge éclatant et provocant, très loin des tenues austères que l'on prêtait habituellement aux veuves. Elle était maquillée, et parfaitement coiffée, tandis qu'aucun cerne ne venait ternir ses yeux charbonneux ni son teint de pêche. Elle avait tout d'une jeune fille en fleur qui n'avait encore jamais connu le mariage et dans la main de laquelle les hommes seraient volontiers venus manger.
− J'ai porté du noir, rétorqua Pansy.
Elle laissa planer le suspens avant de rajouter avec un sourire amusé :
− Les trois premiers jours.
− Pans' ! s'exclama Blaise. Tu aurais dû le porter durant au moins une année.
− Mais le noir est tellement ennuyeux, se morfondit-elle. Aucune nuance, aucune lumière, aucune transparence … Le veuvage, ce n'est pas pour moi.
Elle parlait de cela comme s'il s'était agi d'une mode qui ne lui convenait pas et qu'elle espérait vite voir passer. C'était tout Pansy, songea Drago. Incapable de respecter les traditions. Elle était au-dessus de tout cela, bien trop indépendante, bien trop impérieuse.
− Qu'est-il arrivé à ton époux ? demanda finalement Drago.
− Il avait déjà plus de soixante-dix ans quand nous nous sommes mariés. Pour dire vrai, il n'était pas méchant, avoua Pansy avec une moue dubitative. Mais il perdait la tête, et sa santé n'allait pas en s'arrangeant. Il mort avant Noël. La fièvre typhoïde.
− Pourquoi ne nous l'as-tu pas dit plus tôt ?
− Parce que je devais d'abord m'occuper des funérailles, puis attendre que le testament soit ouvert. Evidemment, en l'absence d'héritier, il m'a tout légué. Tout s'est passé si vite que… les rumeurs sont allées bon train.
Blaise et Drago se regardèrent, soudain inquiets.
− Les domestiques ont commencé à murmurer que j'étais peut-être à l'origine de la mort de mon époux. Mais je ne suis pas une criminelle, déclara Pansy avec véhémence. Bien sûr, ils se sont bien rendus compte que nous ne partagions pas la même chambre, et que je passais plus de temps avec mon valet qu'avec mon époux mais… Théodore était tellement charmant.
Elle avait soupiré cela d'un air nostalgique.
− Théodore ?
− C'était mon valet.
− C'était ? répéta Drago.
− J'ai dû le congédier. Je n'avais déjà pas le vent en poupe, inutile de mettre de l'huile sur le feu en me pavanant avec un domestique. Le fait est que j'ai dû convaincre tout le monde que je n'étais pas l'origine de la mort de Sir Henry.
− Et comment tu t'y es prise ? demanda Blaise, curieux.
− Dois-je te rappeler que je suis une sorcière ? rétorqua Pansy, agacée. Quelques sortilèges bien lancés, et les complotistes se sont détournés de moi pour mieux cracher leur venin sur quelqu'un d'autre.
Le silence s'abattit entre les trois amis. Drago était sûr d'une chose : Pansy n'avait pas tué son époux. Elle pouvait être dure et froide, mais jamais elle ne ferait une chose pareille. Et il espérait que plus jamais quiconque ne l'accuserait d'une telle chose. Malgré tout, il devait admettre que c'était une excellente nouvelle qu'elle soit enfin libérée du joug de son défunt époux.
− Tout venait enfin de rentrer dans l'ordre quand j'ai reçu la lettre de Rogue. J'ai transplanné jusqu'à Edimbourg où il avait envoyé un carrosse me chercher. Bien sûr, je n'ai pas compris tous les tenants et les aboutissants de ce mariage Ô combien précipité, mais j'imagine que j'ai désormais tout mon temps pour que vous me racontiez les détails sordides qui ont poussé une anglaise à épouser un écossais lui-même en mauvaise posture.
Elle avait dit cela en regardant Drago droit dans les yeux, et ce dernier comprit l'injonction implicite. Il lui raconta alors que ce mariage n'était rien d'autre qu'une protection pour Hermione qui avait été promise à Cepheus de Suffolk par son père. Promis à qui elle voulait désespérément échapper en acceptant d'épouser Drago.
Pansy siffla.
− Cepheus de Suffolk, rien que ça, dit-elle, les dents serrées.
Les deux hommes la dévisagèrent un instant.
− Tu le connais ? demanda Blaise, surpris.
− Oui, grogna Pansy. Son père faisait affaire avec mon mari. Il était très intéressé par ses mines. Suffolk et son fils nous ont souvent rendu visite au cours de ces dix derniers mois. Je comprends qu'elle ait accepté de t'épouser plutôt que lui.
A l'entendre, Drago constituait un parti peu reluisant qui était à peine mieux que Cepheus de Suffolk.
− Ce n'est pas ce que je voulais dire, ajouta Pansy en réalisant que ses mots avaient pu être mal interprétés. Je veux dire que pour rien au monde je n'aurai pu épouser un homme pareil. Je crois que j'aurai été capable de m'exiler dans le nouveau monde pour lui échapper. Ou même me jeter du haut d'un pont, une pierre accrochée à chacun de mes chevilles.
Pansy leur raconta alors quel être abject était Cepheus et comment il avait traité les domestiques des époux William. Elle leur expliqua qu'elle avait dû intervenir, alors qu'il essayait de coincer l'une de ses dames de compagnie dans une alcôve et que celle-ci le suppliait de la laisser partir. Elle avait usé de sa magie, et avait fait en sorte que personne ne se souvienne de rien, mais avait ordonné par la suite à toute sa petite cour de prendre quelques jours de congé dans leur famille respective. Par la suite, Cepheus avait essayé de la séduire sous les yeux de son propre mari – trop occupé par la négociation pour y prêter réellement attention. Quand elle avait refusé des avances, il l'avait injuriée à lui promettant qu'il lui expliquerait quelle était sa place de femme la prochaine fois qu'il lui rendrait visite.
− Evidemment, la première chose que j'ai faite à la mort de mon mari a été de mettre un terme aux négociations engagées avec les Suffolk. Le duc m'a fait parvenir une lettre dans laquelle il m'expliquait que je faisais une grave erreur mais que cela ne l'étonnait guère venant d'une femme. Je n'ai pas pris la peine de répondre, mais j'ai averti notre armée que les Suffolk n'étaient désormais plus les bienvenus sur mes terres.
Pendant son récit, Drago avait senti ses poings se crisper, en entendant tout ce qu'elle avait dû subir dans sa propre demeure. Il ne laissa rien paraître cependant, car Pansy ne supportait pas qu'ils la traitent en victime. Ce qu'elle n'était pas, de toute façon, puisqu'elle avait géré cette histoire d'une main de maître. Malgré tout, cela ne faisait que rajouter une ligne sur la longue liste des méfaits et délits de ce très cher Cepheus. Encore une fois, Drago ne put que se féliciter d'avoir éviter une telle union à Hermione.
Les amis nouvellement réunis achevèrent de boire leur tasse de thé, avant que Drago ne décide de prendre congé. La matinée touchait à sa fin, et il espérait retrouver Hermione avant qu'elle ne décide de s'occuper de son infirmerie. Il prit la direction de leurs appartements, perdu dans ses pensées en se remémorant tout ce que Pansy venait de leur raconter. Quand il entra chez eux, il découvrit qu'Hermione était levée.
Ou du moins s'était-elle levée de son lit, pour se rallonger sur le canapé dans le salon. Elle avait posé un gant de toilette humide sur ses yeux, et elle semblait respirer avec difficulté. Inquiet, Drago s'approcha d'elle et posa une main sur son avant-bras.
− Tout va bien ? demanda-t-il calmement.
Un borborygme singulier s'échappa d'entre les lèvres de son épouse, tandis qu'elle soulevait paresseusement un coin du linge humide de son œil droit pour observer Drago. Elle avait très mauvaise mine. Son teint blafard, ses yeux cernés et ses lèvres tremblotantes ne rendaient pas honneur à sa beauté naturelle.
− J'imagine que ça veut dire non, dit-il avec un petit sourire moqueur.
Hermione laissa retomber le linge sur ses yeux et grogna d'un air las :
− Si tu es venu te moquer de moi, tu peux repartir d'où tu viens.
− Et laisser mon adorable épouse combattre seule sa gueule-de-bois ?
− Je n'ai pas la gueule-de-bois, répliqua Hermione avec humeur.
− Vraiment ?
− Vraiment. J'ai juste trois cents tambours et trente-six cornemuses qui hurlent dans ma tête.
Drago eut un petit rire devant la comparaison. De toute évidence, c'était une première pour Hermione. Il se dirigea vers sa propre chambre et fouilla parmi les flacons qu'il avait rangé dans son bureau la veille au soir. Il trouva rapidement une petite potion qu'il conservait pour ce genre d'occasion. Il retourna sur ses pas et rejoignit Hermione en deux enjambées.
− Bois-ça.
− Qu'est-ce que c'est ?
− Une potion. Mais ne t'inquiète pas, ce n'est pas pour les gueules-de-bois.
Hermione se redressa pour s'asseoir sur le canapé et lui jeta un regard noir. Elle ne dit rien cependant et s'empara de la petite fiole que lui tendait Drago avant de l'avaler d'une seule gorgée. C'était une préparation de son invention dont il n'était pas pu fier et qui l'avait sauvé plus d'une fois pour assister à des repas de famille relativement ennuyeux après être sorti un peu tard dans les tavernes alentours. Elle faisait effet dans les minutes qui suivaient son administration.
Drago observa Hermione quelques secondes. Déjà, ses traits se détendaient, et ses yeux retrouvaient peu à peu leur éclat.
− Où étais-tu ? Je t'ai cherché ce matin, dit-elle finalement d'une petite voix.
L'inquiétude et… autre chose semblait se cacher derrière sa question d'apparence plutôt innocente.
− Je suis allé rendre visite à Pansy.
− Oh… Très bien, répondit-elle visiblement soulagée.
Drago devina que quelque chose la taraudait. Elle avait l'air préoccupée, et il n'aimait pas spécialement cela.
− Quelque chose ne va pas ?
− Non, non, le rassura Hermione. Je repensais juste à quelque chose que Bonnie m'a dit, hier soir.
Drago serra les mâchoires. Il n'avait pas eu l'occasion de discuter avec Bonnie depuis leur dernière dispute, et il savait qu'elle l'avait ignoré toute la soirée. Il ne l'avait cependant pas vu parler avec Hermione, mais il se doutait sans mal que ses paroles n'étaient pas de sincères félicitations pour la mariée. Il la regarda, l'incitant silencieusement à continuer.
− Elle m'a dit qu'un homme tel que toi ne se contenterait pas d'une seule femme.
− Un homme tel que moi ?
Hermione haussa les épaules.
− Je sais que notre union n'est pas celle de l'amour et de la pureté, commença-t-elle. Je sais aussi que de nombreuses femmes aimeraient être à ma place, et serait malades d'apprendre que nous n'avons pas consommé notre mariage.
Tiens, elle se souvenait donc bien de la soirée qu'ils avaient passé tous les deux…
− Je suis prête à accepter, dit-elle finalement.
Drago la regarda, l'air interrogateur. Il ne comprenait pas où elle voulait en venir. Que lui avait-il Bonnie ? Rien qui ne soit bon à entendre, il en était certain.
− A accepter quoi ? demanda-t-il, curieux.
− Que tu aies des maîtresses.
Drago manqua de s'étouffer avec sa propre salive quand il l'entendit prononcer de telles paroles. Quelle épouse avait aussi peu d'estime pour elle-même qu'elle acceptait, au lendemain des noces, que son mari lui soit infidèle ? Bien sûr que ce mariage n'était pas celui de l'amour et de la passion, il n'empêchait que Drago était un homme d'honneur.
− Tu te trompes lourdement sur mon compte, lâcha-t-il, maîtrisant difficilement ses nerfs. Pour qui me prends-tu pour ainsi sous-entendre que je pourrai t'être infidèle ? Je ne suis pas Hadrian. Je te respecte trop, et je me respecte trop moi-même pour me laisser aller à de celles stupidités.
− Mais je peux comprendre que tu…
− Tais-toi, la somma-t-il froidement. Je n'aurai pas de maîtresse. J'ai une épouse, et je compte bien m'atteler à ce qu'elle me trouve digne d'elle. Est-ce que c'est clair ?
Hermione ne répondit pas. Elle acquiesça en détournant le regard. Est-ce qu'elle lui avait dit tout cela pour qu'il accepte qu'elle ait elle-même des amants ? Elle ne lui avait pas donné l'impression d'en avoir ces derniers mois, depuis qu'elle vivait sur les terres du clan, mais peut-être avait-elle été discrète ? Peut-être voulait-elle se montrer une épouse conciliante pour qu'il le soit en retour ? L'idée qu'elle puisse en désirer un autre lui était insupportable. Malgré tout, il se promit que, si ses tentatives de séductions échouaient jusqu'à la dernière, il ne priverait jamais Hermione d'aimer et d'être aimée en retour. Si elle devait prendre un amant, cependant, il espérait ne jamais rencontrer cet homme.
− Je vais m'habiller, je dois ouvrir l'infirmerie, dit-elle simplement en se relevant.
Drago la regarda rejoindre sa chambre. Avant qu'elle n'ait passé le seuil, il l'interpela :
− Et dorénavant, j'apprécierai que tu ne prêtes pas attention à ce que Bonnie peut bien raconter. Surtout quand cela me concerne. Ce sont les paroles d'une enfant gâtée et jalouse.
− Ce sont les paroles d'une jeune femme amoureuse, répliqua Hermione, froidement.
− On ne s'oppose pas au bonheur de la personne qu'on aime, opposa Drago. Même si ce bonheur ne nous inclue pas.
Un silence s'installa quelques instants, et avant de refermer la porte, Hermione murmura :
− L'amour et le bonheur sont deux choses très distinctes.
Drago passa une main nerveuse dans ses cheveux, tandis que ses yeux ne quittaient pas le bois brut de la porte de la chambre d'Hermione. En effet, elle avait été amoureuse, et elle avait touché le bonheur du bout des doigts. Pourtant, celui-ci ne s'était jamais concrétisait. Se pouvait-il que l'inverse se produise ? Qu'ils soient heureux, tous les deux, sans jamais que l'amour ne s'en mêle ? Drago soupira. Ce mariage était bien plus problématique qu'il ne l'avait imaginé. Sur le papier, tout semblait facile, mais en pratique… rien n'était simple quand les émotions s'en mêlaient.
