Bonjour à toutes !
Me voici pour le dix-neuvième chapitre de cette fiction. Déjà ! La semaine prochaine nous en serons à 20. C'est pas dingue ça ? Je me rends compte que j'étais partie sur une fiction d'une trentaine de chapitre maximum, mais en réalité, elle risque d'être plus longue que cela, car je n'ai pas encore raconté la moitié de tout ce que je voulais dire haha.
J'espère que vous continuerez à être au rendez-vous en tout cas ! Merci aux quelques lectrices qui ont pris le temps de commenter les derniers chapitres. Le nombre de vues est de plus en plus élevé, mais pas le nombre de commentaires … J'espère que vous trouverez le temps sur ce chapitre !
Il n'y aura pas de chapitre ce week-end. Déjà parce que ce n'est pas un long week-end, mais aussi parce que je serais absente deux jours et n'aurai donc pas le temps de le poster. Il faudra donc attendre mercredi prochain pour le chapitre 20 !
Je vous laisse à votre lecture, en espérant que ça vous plaise !
Trois semaines avaient passé depuis que leurs noces avaient été célébrées. Hermione ne pouvait pas dire avoir été malheureuse durant ce lapse de temps. Drago se montrait un époux prévenant mais discret, qui n'imposait jamais sa présence. Hermione passait, comme toujours, beaucoup de temps dans son infirmerie et Drago avait l'air, lui-même, très occupé, si bien qu'ils ne se croisaient guère qu'au souper. Le matin, Drago se levait très tôt pour s'occuper des chevaux, et quand il en avait terminé, c'était Hermione qui ne ménageait pas ses efforts auprès de ses patients. Malgré tout, Drago semblait mettre un point d'honneur à toujours dîner en compagnie d'Hermione, écoutant avec plaisir des anecdotes sur ses patients, ou ses dernières trouvailles en plantes médicinales. Elle ignorait qu'il était vraiment intéressé par ce qu'elle pouvait lui raconter, mais le fait était qu'il n'avait jamais laisser entendre qu'elle l'embêtait avec des monologues passionnés.
Parfois, il revenait de sa journée, la mine sombre, mais jamais il n'en parlait à Hermione, la poussant à raconter sa journée. Au fur et à mesure que la discussion avançait, il se déridait, et riait de bon cœur quand elle lui racontait les choses les plus farfelues qu'un de ses jeunes patients s'était introduit dans l'oreilles.
− Mais quelle mouche l'a piqué ? s'exclama Drago, horrifié. Comment a-t-il pu penser une seule seconde que ce radis rentrerait dans son oreille ?
− Son cousin lui avait dit qu'en l'enfonçant suffisamment dans l'oreille gauche, il pourrait le ressortir par l'oreille droite, répondit Hermione avec une moue dubitative qui fit sourire Drago.
Hermione enfourna un morceau de viande dans sa bouche, tandis que Drago remplissait leur verre de vin. Ils étaient installés dans leur propre salon. Hermione avait fini tard à l'infirmerie, et le repas dans la grande salle touchait à sa fin lorsqu'elle quitta son dernier patient. Drago avait demandé à des domestiques d'apporter deux repas dans leurs appartements, et était allé chercher Hermione dans son bureau pour la raccompagner jusqu'à chez eux. Ils dînaient en tête à tête pour la première fois depuis leur mariage.
− Ces gamins ont vraiment de drôles d'idées, grogna Drago.
− Tu serais surpris par le nombre d'adultes qui introduisent, eux aussi, des objets dans leurs orifices.
Drago la regarda, interloqué.
− Je devine à ton air amusé que les orifices en question ne sont pas les mêmes que ceux dans lesquels le fils McNab a enfoncé son radis.
Hermione ne put réprimer un petit rire tandis que le rose lui montait aux joues.
− En effet.
Elle n'ajouta rien, ce qui eut le mérite d'attiser la curiosité de Drago qui se pencha en avant et la regarda droit dans les yeux.
− J'exige que tu me racontes.
− Il n'y a rien à dire de plus. Certains adultes aiment introduire des objets longs et fermes dans des endroits très intimes.
− Hommes et femmes ? demanda Drago.
Hermione acquiesça silencieusement, les yeux brillants, les joues rouges. Drago l'observait de manière si intense qu'elle détourna les yeux un bref instant, pour reprendre contenance. Il avait l'art et la manière de la regarder sous tous les angles, et elle avait parfois l'impression qu'il la connaissait par cœur.
− Qu'est-ce qui te fait tant rougir, Milady ? murmura-t-il avec un sourire en coin. L'endroit où tes patients s'introduisent de drôles d'objets ou le fait d'en parler avec ton époux ?
Hermione battit des paupières, gênée, avant de se réfugier derrière son verre de vin qu'elle sirota à peine – son corps se souvenait encore que trop bien de ses excès le soir de leur mariage. Il avait pris l'habitude de l'appeler Milady, comme un surnom affectueux qu'un homme donne à sa dulcinée, et ce n'était pas pour lui déplaire. Ce n'était pas trop intime, ni trop mièvre. Elle aimait l'idée qu'un surnom renforçait le lien qui les unissait déjà. Elle se força à déglutir plusieurs fois, espérant que Drago passe à autre chose, mais il ne sembla pas vouloir changer de sujet tant qu'elle ne lui aurait pas répondu.
− Les deux, souffla-t-elle.
− Deux époux ne devraient jamais avoir à rougir l'un avec l'autre. Peu importe le sujet abordé.
Qu'importe quelle mascarade leur mariage pouvait-être aux yeux de tous, Hermione ne pouvait prétendre ne pas admirer Drago et son franc parler. Même si leur union n'était que platonique et que le mariage n'avait pas été consommé, il se comportait avec elle comme s'ils vivaient leur plus belle idylle. Son naturel et sa décontraction plaisaient malgré elle à Hermione. Elle ne pouvait s'empêcher de le trouver charmant, drôle, bien que mystérieux et un peu sombre par moment.
− Même deux époux qui ne partagent pas leur lit ? demanda-t-elle timidement.
− Tu serais étonnée de savoir combien de couples mariés ne vivent même pas dans les mêmes appartements. Ce qui se passe dans notre intimité ne regarde que nous.
Il lui adressa un bref sourire avant de reposer ses couverts.
Ils finirent de manger dans un silence léger, uniquement perturbé par le crépitement paresseux provenant de la cheminée. Quand les assiettes furent vides, à l'instar des verres, Drago se leva et vint galamment tirer la chaise d'Hermione pour l'aider à se lever à son tour.
− Nous devrions dîner en tête à tête plus souvent, lui dit-elle finalement.
Elle n'avait pas passé un aussi bon moment depuis des semaines. Bien sûr, dîner dans la grande salle était un moment convivial, car elle appréciait sincèrement discuter avec Cormag, Isaure, Fenella ou Hydra. Mais après une journée aussi intense que celle-ci, elle n'avait pas été mécontente de fuir le brouhaha de la foule.
− Hum… Nous risquerions d'y prendre goût et de ne plus jamais manger avec les autres, répondit Drago.
− Nous pourrions établir un calendrier.
Drago eut un petit rire rauque.
− En tant qu'époux, je devrai passer avant tous tes autres impératifs.
Hermione leva les yeux au ciel.
− Je propose qu'on dîne ici chaque mercredi et chaque dimanche.
− Seulement deux soirs ? répondit Drago.
Hermione lui adressa un sourire mystérieux avant de se diriger vers la porte de sa chambre.
− A toi de me convaincre d'en ajouter d'autres.
Et alors qu'elle s'apprêtait à passer le seuil de sa chambre, elle entendit Drago répondre à voix basse :
− Compte-sur moi, Milady.
x.X.x.X.x
Le lendemain matin, Hermione se réveilla aux aurores. Il n'était pas dans ses habitudes de se lever avant le soleil, aussi décida-t-elle de rester quelques instants supplémentaires dans le cocon chaud et douillet de ses draps. Elle repensa à son dîner de la veille en compagnie de Drago, et se surprit à attendre avec impatience leur prochain rendez-vous. Plus elle en apprenait sur lui, et plus elle appréciait passer du temps en sa compagnie. Drago réunissait beaucoup de qualités qu'Hermione cherchait parmi son entourage, et elle était heureuse d'avoir épousé quelqu'un qui était en adéquation avec ses valeurs.
Rassemblant son courage pour s'extraire de son lit, Hermione se dirigea vers un petit guéridon qui trônait près de la fenêtre pour se servir un verre d'eau. Ses yeux vagabondèrent un instant sur l'horizon parsemé de collines au-delà des quelles le soleil commençait à rayonner. C'était un matin de mars, et la neige était tombée cette nuit-là, recouvrant une fois encore d'un manteau plan les paysages environnants. Avalant rapidement son verre d'eau, Hermione était sur le point d'allumer une bougie avant de s'habiller lorsqu'elle entendit deux voix s'élever dans le salon.
Elle ne les reconnut pas immédiatement, car la discussion n'était qu'une suite de chuchotis tout juste audibles. Hermione s'approche discrètement de la porte de sa chambre sur laquelle elle posa une oreille. Elle était certaine que l'une des voix appartenait à Drago, mais avec qui discutait-il à cette heure-ci ? Tendant l'oreille, elle ne tarda pas à reconnaître la seconde voix.
− Quand ? demanda Drago.
Hermione eut l'impression de sentir de l'excitation dans sa voix.
− Ce soir, répondit Blaise. A Craignure. Il y aura du monde, et un sacré pactole à rafler.
Le silence s'abattit entre les deux hommes. Il perdura si longtemps qu'Hermione se demanda s'ils étaient encore là, quand Drago reprit :
− Il faut que je m'y inscrive…
− C'est déjà fait.
− Bien joué, Blaise.
Hermione ne tarda pas à comprendre à quoi Blaise avait inscrit Drago. Ce ne pouvait être rien d'autre qu'un combat clandestin. Hermione savait qu'il participait à ce genre de choses depuis plusieurs mois déjà, car elle l'avait soigné la dernière fois qu'il était tombé sur un adversaire plus puissant que lui – ou plus malhonnête. Elle ignorait s'il avait recommencé depuis et combien de fois, mais il s'était montré très discret sur la question car elle ne s'était aperçue de rien.
− Tu vas le dire à Lady Hermione ? demanda soudain Blaise.
En entendant son prénom, Hermione se colla un peu plus contre la porte pour ne pas rater la réponse de Drago qui mit du temps à venir.
− Non, lâcha-t-il finalement. Je ne veux pas qu'elle s'inquiète.
− Il faudra lui dire un jour, tu sais ?
− Elle sait déjà que je participe à des combats illégaux, rétorqua Drago à voix basse.
− Je ne parlais pas de ça, mais plutôt de la raison qui te pousse à faire ça.
Encore une fois, le silence. Hermione réalisa qu'elle retenait sa respiration depuis quelques secondes pour ne pas entraver son écoute clandestine, et inspira profondément pour ne pas défaillir.
− Je sais, mais il vaut mieux attendre encore un peu.
Ainsi donc, l'argent et l'adrénaline n'étaient pas les seules raisons qui poussaient Drago à se battre dans ces arènes sans foi ni loi ? Une raison valable aux yeux de Drago et de Blaise. Une raison que Drago ne souhaitait pas partager avec Hermione. Pour le moment, du moins. Elle devinait sans mal qu'il s'agissait de quelque chose d'important, mais Hermione peinait à comprendre ce qui pouvait pousser un homme à accepter de recevoir des coups.
− Comme tu voudras, soupira Blaise. Mais à ta place, je ne tarderai pas… Maintenant que tu l'as épousée, ton histoire va refaire surface, tu verras.
− Je ne vois pas pourquoi.
− Parce que tu as épousé une Anglaise. Les complotistes vont tout faire pour que tu ne t'attardes pas ici.
− Raison de plus pour participer à tous les combats que tu me trouveras. Je dois réunir assez d'argent pour être capable d'entretenir ma femme quand nous ne serons plus les bienvenus sur ces terres.
Hermione entendit Blaise soupirer longuement, avant de répondre :
− Entendu. Bien, j'ai à faire. On se retrouve aux écuries au coucher du soleil.
Drago ne prit pas la peine de répondre, et Hermione entendit des pas retentir dans le petit salon. Une porte s'ouvrit en grinçant légèrement, puis ce fut le silence. Elle attendit quelques instants encore pour s'assurer qu'il n'y avait plus personne avant de pousser la porte de sa chambre et de jeter un coup d'œil. Personne. Elle ne voulait de toute façon pas avouer à Drago qu'elle avait entendu cette conversation. Mieux valait le laisser dans l'ignorance, tout comme il voulait la mettre à l'écart de ce pan de sa vie. Hermione était cependant bien décidée à en apprendre plus.
Elle voulait voir de ces propres yeux ce que subissait son mari – et ce qu'il faisait subir aux autres – pour quelques pièces d'or. Et qui sait ? Peut-être parviendrait-elle à tirer au clair les véritables raisons qui le poussaient à faire tout ceci ?
x.X.x.X.x
Hermione n'avait pas attendu plus longtemps pour se décider, et au coucher du soleil, elle transplanna directement dans le petit village de Craignure. Elle ne voulait pas prendre le risque que Blaise ou Drago ne repère son cheval, et elle ne pouvait pas le suivre sans qu'ils ne s'en aperçoivent. La magie était le plus sûr moyen de ne pas se faire prendre. Elle réapparut dans une ruelle sombre, à l'abri des regards indiscrets. L'endroit était humide et nauséabond, aussi se hâta-t-elle de rabattre son capuchon sur ses cheveux tressés avant de rejoindre la Grand Place désertique.
Un fois le soleil couché, personne ne semblait enclin à rester dans le froid humide de l'hiver. Ce n'était pas une mauvaise chose, car elle préférait ne pas attirer les regards. Contournant la place, Hermione se dirigea vers la taverne qui faisait l'angle de la rue, et y pénétra discrètement. A l'intérieur, l'ambiance était bonne, bien qu'un peu alcoolisée. Des groupes de personnes s'étaient rassemblés autour des tables : certains jouaient aux dés, d'autres buvaient et chantaient un hymne gaélique qu'Hermione ne connaissait pas. N'en sachant guère plus sur le combat clandestin qui avait lieu ce soir-là, Hermione avait pensé qu'elle ne trouverait meilleures informations que dans une taverne, où les hommes avinés avaient souvent la langue bien pendue.
C'était un pari risqué mais qui porta ses fruits quand Hermione vit un homme massif s'approcher du comptoir en silence. Tous les regards s'étaient tournés vers lui à son entrée dans la taverne, excepté celui du tenancier, occupé à laver ses verres à l'aide d'un torchon sale. Quand le géant s'approcha et lui lança un coup d'œil, le gérant lui fit signe d'un coup de tête en direction d'une petite porte qu'Hermione n'avait pas vue jusqu'ici. Toujours aussi silencieux, l'homme se dirigea vers la porte – bien trop étroite pour sa carrure d'ourse – et glissa à travers elle, non sans difficulté.
Mais il eut disparu, les conversations reprirent de bon train, à l'instar des chansons aux paroles de plus en plus douteuses. Hermione attendit que plus personne ne regarde en direction de cette mystérieuse porte pour s'en approcher. Elle était sur le point de la franchir quand un bras lui barra le passage.
− Et où elle compte aller comme ça, la p'tite dame ? demanda le tavernier d'une voix rauque.
Hermione sursauta avant de se tourner vers lui.
− Je voulais juste voir…
− Y a des endroits où vaut mieux pas voir c'qui s'y passe, croyez-moi, la coupa l'homme. Surtout avec un joli minois comme le vôtre. S'agirait pas de l'abîmer.
Hermione inspira profondément. Elle devait avoir l'air de s'y connaître, de savoir ce qui l'attendait, sans quoi il ne la laisserait jamais passer, et sa présence ici risquait de répandre jusqu'au château de Duart comme une traînée de poudre.
− Je viens encourager mon homme, dit-elle d'une voix assurée et un peu vulgaire qu'elle ne se connaissait pas.
− Votre homme ? répéta le tavernier, soudain moins pressé de la voir faire demi-tour. Et on peut savoir son p'tit nom, à votre gars ?
Hermione resta silencieuse un instant. Elle ne pouvait pas donner le nom de Drago. Elle était à peu près certaine que les gens n'utilisaient pas leur vrai nom dans ce genre d'évènement. Sans doute avait-il un pseudonyme… Pseudonyme qu'elle ignorait complètement. Hermione sentait son cœur tambouriner dans sa poitrine tandis qu'elle perdait espoir de traverser un jour cette porte, quand une voix retentit derrière elle :
− C'est la femme du Basilic.
Hermione se retourna et se trouva nez à nez avec Pansy, elle aussi affublée d'un long manteau dont le capuchon était rabattu sur ses cheveux.
A cette révélation, le tavernier recula d'un pas. Il brillait dans ses yeux une admiration certaine, et un subite timidité.
− La femme du Basilic ? J'ignorai qu'il était marié ! Rentrez, mesdames. Mais faites attention à vous, fait pas bon être une femme dans ces caves sordides.
Pansy s'approcha d'Hermione et empoigna son bras pour la pousser doucement en direction de la porte. Elles étaient sur le point d'en franchir le seuil quand l'homme leur dit d'une voix enjouée :
− Dites au Basilic que j'ai parié sur lui. Et qu'il sera toujours le bienvenu dans ma taverne.
Ni Pansy ni Hermione ne lui répondit, et la porte se referma derrière elle avant qu'elles n'aient le temps de s'en apercevoir. Toutes de se retrouvèrent dans un couloir sombre et sinueux dans lequel elles pouvaient tout juste se tenir côte à côte. Quand elle fut sûre que personne ne les entendait, Hermione se tourna vers Pansy :
− Lady Willia…
− Pansy. Pas de simagrées entre nous, tu as épousé ce qui se rapproche le plus d'un frère pour moi.
− Qu'est-ce que tu fais ici ? lâcha finalement Hermione qui était bien d'accord pour laisser tomber l'étiquette et la bienséance.
− La même chose que toi j'imagine. Je viens voir Drago combattre. Dépêchons-nous, sinon nous ne serons pas bien placées.
Pansy hâta le pas, mais Hermione la retint.
− Attends !
− Qu'y-a-t-il ? soupira Pansy.
− Il … Enfin, Drago ne sait pas que je suis là.
Elle ne voulait pas que Pansy la force à se mettre au premier rang, sans quoi Drago ne tarderait pas à la reconnaître, et qui sait comment il réagirait en la voyant ici. Pansy eut un petit rire amusé qui ne plut pas à Hermione.
− Parce que tu crois qu'il sait que je suis là moi ? Il me tuerait sur place si c'était le cas. Mais je vois que toi et moi faisons fi de ce que pensent les hommes et de leur interdiction.
− Il ne m'a pas à proprement parlé interdit de venir, éluda Hermione.
− S'il l'avait fait, tu ne serais pas venue ? demanda Pansy, moqueuse.
− Bien sûr que si.
− Alors arrêtons-là nos bavardages et hâtons-nous.
Pansy se remit en route et Hermione lui emboîta le pas. Elles marchèrent de longues minutes dans un silence pesant, jusqu'à arriver devant une nouvelle porte derrière laquelle elles pouvaient entendre les cris et les voix d'une foule. Pansy poussa la porte, et elles pénétrèrent dans ce qui semblait être une immense cave voûtée. Celle-ci était bondée de monde. Plus d'une centaine de personnes s'était rassemblée autour d'un ring improvisé, encore vide pour le moment.
Pansy passa son bras autour de celui d'Hermione et l'entraîna parmi la foule.
− Tu es déjà venue dans ce genre d'endroit ? demanda Hermione.
− Quelques fois, avant de me marier. Je venais voir Drago combattre avant…
Elle n'acheva pas sa phrase. Ainsi donc, ce n'était pas la première fois qu'elle assistait à un combat clandestin ? Sa dernière phrase sous-entendait que sa présence ne gênait pas Drago autrefois. Ce qui expliquait qu'elle connaissait le pseudonyme de Drago : le Basilic. Pourtant, elle avait bien dit qu'il la tuerait s'il la voyait ici… Tout cela n'avait aucun sens, mais Hermione ne prit pas le temps de se questionner davantage, car Pansy venait de leur trouver une place. Elles n'étaient pas au premier rang, ni au second, pourtant, Hermione voyait très bien le ring de là où elle se trouvait. Pansy avait choisi à la perfection.
− Ça va commencer d'une minute à l'autre, lui indiqua Pansy. N'oublie pas de crier en même temps que la foule, sinon, tu risques d'être repérée.
Hermione acquiesça mais n'eut pas le temps de répondre car un homme pénétrait enfin sur le ring. Il n'avait pas l'allure d'un combattant. Il était bien habillé, très élégant dans son costume taillé sur mesure. Quand il entra sur le ring, la foule l'acclama et il attendit de longues secondes jusqu'à ce que le silence se fasse pour commencer :
− Mesdames, Messieurs ! Ce soir, pour votre plus grand bonheur, vous allez assister à un combat de légende. Ce soir, répéta-t-il, vont s'affronter deux adversaires que vous connaissez bien puisqu'il s'agit de l'Ours des Highland contre le … Basilic !
La foule en délire se mit à hurler le nom des deux boxeurs. Hermione remarqua rapidement que le Basilic était celui qui rassemblait le plus de fan. A côté d'elle, Pansy scandait le surnom de Drago. Ecoutant ses bons conseils, Hermione se mit à en faire de même, jusqu'à ce que les combattants entrent à leur tour sur le ring. L'ours des Highland n'était personne d'autre que l'homme qu'Hermione avait vu passer par la petite porte quelques minutes auparavant, et il portait bien son nom de scène. Sa carrure était véritablement celle d'un ours, ainsi que sa pilosité plus que prononcée sur son torse. En face de lieu, Drago avait l'air ridiculement mince. Le regard d'Hermione se porta sur son époux qui ne portait rien d'autre que des bas en coton clair. Son torse affichait une musculature sèche mais bien présente, tandis que ses muscules roulaient sous ses épaules et dans son dos.
− Drago ne va en faire qu'une bouchée, déclara Pansy, sûre d'elle.
Hermione décida de lui faire confiance, car elle n'était pas certaine d'avoir le cœur assez bien accroché pour supporter de voir son époux se faire à moitié tuer par un Ours des Highland…
