Bonjour à tous ! Voici le chapitre de la semaine !
Vous avez été super nombreux à lire le chapitre précédent, et je suis ravie d'avoir lui toutes vos reviews. Les dernières semaines sont surchargées par ici, et j'ai hâte d'être en vacances pour passer à deux chapitres par semaine !
Dans ce chapitre, l'intrigue suit son cours avec une grande nouvelle et l'arrivée prochaine de nouveaux personnages. J'espère que ça vous plaira !
Dites m'en des nouvelles, bonne lecture !
La nuit était déjà bien avancée quand Pansy, Blaise, Drago et Hermione rentrèrent au château de Duart. Ils ne croisèrent personne dans les longs couloirs secoués de courants d'air glacé, et tous se réfugièrent dans leurs propres appartements. Tandis que Pansy et Blaise montaient au premier étage, Drago et Hermione se mirent en route pour l'infirmerie derrière laquelle se trouvaient leurs quartiers. Sur le chemin, Hermione pouvait sentir la colère silencieuse de Drago. Il avait les mâchoires crispées, les poings serrés qui se balançaient de part et d'autre de son kilt. Il regardait droit devant lui et avançait d'un pas presque militaire tandis qu'Hermione peinait à s'aligner sur son allure. Le silence était pesant. Elle savait qu'il lui en voulait d'être venue le voir à son combat, et plus encore qu'elle ait dit qu'elle était sa femme. Mais elle aussi, était furieuse. Et il faudrait qu'il l'accepte s'il voulait lui faire entendre ses doléances.
Quand ils arrivèrent enfin dans leurs appartements, Drago ouvrit la porte et la laissa y pénétrer, toujours muet. La chaleur réconfortante de la cheminée crépitante eut un effet presque douloureux sur les joues glacées d'Hermione. Elle se rapprocha néanmoins de l'âtre pour y exposer ses mains gelées, tournant le dos à Drago. Elle espérait qu'il viendrait près d'elle, et qu'ils discuteraient de tout cela. Mais il n'en fit rien. Avant qu'elle n'ait eu le temps de s'en apercevoir, la porte de sa chambre se refermait derrière Drago, et Hermione se retrouva seule dans le petit salon.
Elle se retourna vivement et observa de longues secondes la porte de la chambre de Drago. Il n'allait tout de même pas la laisser là, sans s'expliquer ? Elle pensait qu'il déverserait sa rage mais… il avait choisi le silence. Et au fond de son cœur, Hermione pressentait que c'était pire. Soupirant, elle rejoignit elle-même sa chambre et s'y enferma, consciente que cette histoire était loin d'être terminée.
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Le lendemain matin, Hermione fut réveillée par des coups tambourinés à la porte d'entrée de ses appartements. Les coups étaient si forts qu'elle les entendit au-delà de la porte de sa chambre. Surprise, elle sortit de son lit et s'enveloppa d'un tartan de laine et se dirigea vers le salon. Elle ouvrit sa porte au même instant que Drago, qui avait l'air d'avoir aussi peu dormi qu'elle. Leur regard se croisèrent un bref instant mais Drago détourna les yeux et se dirigea vers la porte d'entrée derrière laquelle tous deux avaient reconnu la voix de Severus Rogue.
Quand la porte s'ouvrit sur leur professeur, ce dernier ne prit pas la peine de les saluer. Son regard passa de l'un à l'autre, avant qu'il ne lève la main droite dans laquelle il tenait un morceau de parchemin. Une lettre, à première vue.
− Suffolk est au courant, dit-il de sa voix grave.
Hermione fut secouée d'une vague de frissons incontrôlable, et elle sentit la couverture aux couleurs du clan McLean glisser sur son épaule. Elle resta totalement pétrifiée, silencieuse et pâle comme la mort. Suffolk savait. Bien sûr, elle savait que ce moment arriverait, mais elle espérait que cela prendrait du temps. Assez de temps pour qu'elle puisse se préparer, peut-être assez pour convaincre Drago de partir loin de ce Duc de malheur. Elle ne pouvait supporter l'idée que Cepheus puisse s'approcher d'elle, d'être assez proche pour la blesser, pour lui faire regretter ce qu'elle avait fait.
− On savait que ça ne tarderait pas, remarqua Drago d'une voix rendue rauque par le sommeil encore présent dans ses yeux clairs.
Il fit signe à Hermione et Severus de s'installer autour de la table du salon, et une fois qu'ils eurent pris place, Severus posa la lettre devant lui et la lu à voix haute :
« Laird McLean,
Par cette lettre, je me présente à vous comme le protecteur de la jeune femme que vous accueillez sur vos terres depuis plusieurs mois déjà. En effet, Lady Hermione était jusqu'à très récemment la promise de mon héritier, son père m'ayant offert la main de sa fille avant que celle-ci ne décide de partir et de sinstaller sur vos terres.
Voilà des mois que nous nous inquiétons de son sort et que nous remuons ciel et terre pour la retrouver et la remettre à sa famille qui est, vous l'imaginez, plus qu'inquiète.
Nous avons été avertis que Lady Hermione se trouvait dans les Highlands, sur vos terres, et qu'elle avait épousé votre neveu. Je ne peux que me questionner quant à l'empressement de Lady Hermione pour épouser un homme qu'elle ne connaissait que très peu et la raison d'être de ce mariage quelque peu précipité.
Mais ce qui est fait est fait, et qui suis-je pour revenir sur l'union sacrée de deux âmes, reconnue par notre Sainte Eglise ?
Aussi, afin de m'assurer que celle qui fut un jour la promise de mon fils unique se porte pour le mieux et afin de discuter plus amplement des conditions de ce mariage hâtif, je vous prie de bien vouloir m'accueillir chez vous d'ici la fin du mois d'avril.
Je viendrai accompagné de mon fils, de ma femme ainsi que de quelques-uns de mes hommes les plus loyaux. J'ai grande hâte de féliciter les jeunes mariés.
Cordialement. »
Quand Severus acheva sa lecture, Hermione resta silencieuse. Voilà une lettre qui en disait plus qu'elle ne le voulait vraiment. De toute évidence, Suffolk émettait des doutes quant aux relations qu'entretenaient Hermione et Drago. Et il avait raison bien sûr. Ce mariage n'avait rien d'un mariage d'amour, mais comment pouvait-il le savoir ?
− Suffolk n'est pas stupide, dit finalement Rogue. Il a compris que quelque chose a précipité cette union. Je pense qu'il ne sait pas encore quoi et qu'il a bien l'intention de venir le découvrir directement à la source.
− Je ne comprends pas, répondit Drago, les sourcils froncés. Il n'imagine pas un seul instant qu'elle ait pu fuir son fils ? Ne sait-il pas quel monstre il a engendré ?
− Il le sait, après tout, les chats ne font pas des chiens. Mais de son point de vue, il faudrait être fou pour refuser d'épouser son fils et lui préférer un … neveu de Laird, acheva Severus en jetant un coup d'œil à Hermione.
Visiblement, ce n'était pas comme ça qu'il voulait le qualifier, mais Hermione devina qu'il ne voulait pas s'étendre sur ce qu'était vraiment Drago.
− Une autre raison serait que vous ayez eu des rapports charnels en dehors du mariage, et que vous soyez tombée enceinte, Hermione.
Cette dernière regarda Rogue, bouche bée.
− Si nous savons tous les trois que ce n'est pas le cas, ajouta-t-il rapidement, Suffolk doit vouloir venir s'en assurer. Ce serait pour lui l'occasion de réclamer un dédommagement à votre père, et peut-être même au clan qui s'est mis en travers de ses projets.
Un silence s'abattit dans le petit salon des Malefoy. Si les deux hommes avaient l'air songeur, Hermione, elle, était tout bonnement terrifiée. Ce n'était pourtant pas dans sa nature, mais Cepheus et son père avaient sur elle un puissant ascendant qu'elle ressentait dans tous ses organes. Elle craignait qu'ils parviennent à faire annuler le mariage, ou encore à la ravir à son époux pour l'enfermer dans l'un de leurs cachots pour trahison… Elle connaissait Cepheus assez bien pour savoir qu'il n'abandonnerait pas aussi facilement. Il était capable de tout… et surtout des choses les plus horribles qui soit, pour la récupérer.
Une main vint se poser sur la sienne, c'était celle de Rogue, à son grand étonnement. Il la regardait d'un air plus doux, plus rassurant qu'il n'en avait l'habitude.
− Votre mariage a été célébré en bonne et due forme, murmura-t-il. Personne ne pourra s'y opposer. Suffolk pourra dire tout ce qu'il voudra, il n'a pas le pouvoir de défaire ce lien.
Hermione regarda en direction de Drago, et leurs yeux se croisèrent un bref instant. Tous deux songeaient à la même chose. Le mariage n'avait pas été consommé. Et tant que ce ne serait pas le cas, si quiconque venait à l'apprendre, le mariage pourrait être annulé.
− Peut-être, souffla Hermione, mais il trouvera un moyen de me le faire payer.
− Cormag ne laisserait pas une telle chose arriver sous son toit. Vous êtes bien entourée, Hermione.
Hermione ne répondit pas. Elle se sentait fatiguée, un peu fiévreuse à l'idée de devoir affronter encore tant d'épreuves. Ne serait-elle jamais sortie d'affaire ? Ce mariage arrangé n'était-il pas une assez grande punition pour elle qui avait si soif de liberté ? Fallait-il encore qu'elle se batte pour prouver qu'elle méritait d'être heureuse ? Elle avait l'estomac noué, et une sueur froide coulait le long de sa colonne vertébrale. Elle devait se ressaisir… Rogue sembla remarquer son état, car il se leva en prenant soin de remettre la lettre de Suffolk dans une poche.
− Je vous tiendrai au courant de la date de son arrivée quand nous en saurons plus. D'ici là … Assurez-vous que ce mariage paraisse sincère aux yeux de tous.
Le regard qu'il leur lança avait tout l'air d'un avertissement, mais Hermione n'y prêta pas attention. Elle était à milles lieues de tout cela. Son esprit était embrumé, parasité par les évènements à venir, et parader avec son époux pour convaincre la plèbe était le cadet de ses soucis. D'autant plus qu'ils n'avaient pas rediscuté de ce qu'il s'était passé la veille, et que ni l'un ni l'autre ne semblait avoir l'intention de s'excuser.
Drago raccompagna Rogue jusqu'à la porte d'entrée, et la referma derrière lui. Il n'adressa pas un regard à Hermione, et passa devant elle en silence pour rejoindre sa chambre. Hermione soupira, et décida qu'elle était trop fébrile pour se lancer dans les explications avec son époux. Elle regagna son lit où elle se promit de passer toute la journée afin de réfléchir à la suite des évènements…
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Hermione ne sortit de son lit qu'en milieu d'après-midi, son estomac criant famine. Elle s'était rendormie quelques heures, avant de se réveiller et de repenser à tout ce que Rogue leur avait dit. Elle s'était confrontée à la réalité et au fait qu'elle devrait affronter Suffolk, au moins une dernière fois avant de pouvoir vivre sa vie comme elle l'entendait. Elle voyait désormais cela comme l'épreuve final d'un championnat sportif duquel elle devait à tout prix sortir gagnante. Mais avant cela, elle devait s'assurer du soutien de son mari, et pour cela, elle devrait contraindre Drago à avoir une vraie discussion avec elle. Bien décidée à ne pas se laisser abattre et à faire de son mariage un havre de communication et de paix, Hermione sortit de sa chambre avec la ferme intention d'aller frapper à celle de Drago.
Elle fut cependant surprise de remarquer que la porte des quartiers de Drago était entrouverte, et quand elle passa une tête dans l'entrebâillement de celle-ci, elle découvrit la chambre vide, à son plus grand désarroi. Il était sorti. Et il n'avait pas laissé le moindre indice de l'endroit où il pouvait bien se trouver.
L'estomac d'Hermione gronda, et elle se convainquit de ne pas partir à sa recherche le ventre vide. Sur la table de la salle à manger, un domestique avait pris soin de déposer un grand plateau sur lequel trônaient deux assiettes pleines de ragoût, une carafe de vin et deux énormes morceaux de fromage auxquels Drago n'avait visiblement pas toucher. Hermione s'installa et entama ce qui semblait être un véritable festin pour son ventre creux. Le ragoût était encore tiède, aussi s'en délécta-t-elle rapidement, avant d'engloutir les deux morceaux de fromage – Drago devrait se contenter de son ragout froid et d'un verre de vin.
Elle venait tout juste de boire la dernière goutte de son verre de vin lorsque quelqu'un frappa à la porte. De toute évidence ce ne pouvait être Drago qui n'aurait pas frapper pour entrer chez lui.
− Entrez ! dit Hermione d'une voix forte pour être entendue.
La poignée s'enclencha et la porte s'ouvrit sur Hadrian, qu'Hermione n'avait pas revu depuis des semaines. Elle ne s'était pas attendue à le voir, planté sur le seuil de la porte de ses nouveaux appartements, un large sourire sur ses lèvres inexistantes.
− Lady Weasley, salua-t-il. Ou devrais-je plutôt dire Lady Black.
Il avait ajouté cela avec une moue dégoutée qui déplut fortement à Hermione. Cette dernière se leva et s'approcha de lui avant de faire une légère révérence en sa direction.
− A votre convenance, Sir Hadrian, dit-elle simplement. En quoi puis-je vous être utile ?
− C'est moi qui vais vous être utile, Lady Hermione, puisque mon père m'a mandaté pour vous accompagner jusqu'à son bureau où il souhaiterait s'entretenir avec vous.
Hermione le regarda d'un air suspicieux, mais ne laissa rien paraître de son trouble. Pourquoi Cormag souhaitait-il la voir ? Était-il au vent qu'elle avait assisté aux combats clandestins de Drago ? Voulait-il faire annuler le mariage pour éviter une guerre contre Suffolk ? Avait-il changé d'avis sur le fait qu'Hermione vive sur ses terres ? Peut-être voulait-il l'en chasser ? Elle réalisa avec effroi que son sort dépendait beaucoup trop du chef du Clan McLean.
− Je sais où se trouve le bureau de Cormag, répondit-elle avec un sourire aimable. Ne perdez pas votre temps à m'y amener, je devrai pouvoir y arriver seule.
− Je n'ai rien de plus intéressant à faire, sourit Hadrian. Et puis cela nous permettra de discuter un peu, voilà des semaines que nous n'en avons eu l'occasion.
Hermione se sentait prise au piège. Décidant que ce n'était pas là un combat qu'elle souhaitait mener, elle se contenta d'hocher la tête et l'enjoignit de sortir le premier dans les couloirs. Ils se mirent en marche, Hermione s'assurant de mettre assez de distance entre eux deux pour qu'aucune partie de leur corps ne se frôle durant leur déambulation.
− Le rôle d'épouse ne vous sied guère, dit finalement Hadrian d'un ton badin qui ne lui allait pas.
− Vraiment ? rétorqua Hermione qui n'aimait pas la tournure que prenait la conversation.
− Vous ne rayonnez plus, vous avez l'air maussade et faites grise mine.
Hermione renifla d'un air dédaigneux. Peut-être qu'en effet elle ne rayonnait plus, mais cela n'avait aucun lien avec son mariage. La visite prochaine de Suffolk était la cause de tous ses maux.
− Voilà des paroles qui sont toujours très agréables à entendre, siffla Hermione qui ne parvenait plus à cacher son animosité et sa mauvaise humeur.
Hadrian laissa échapper un petit rire. Visiblement la situation l'amusait.
− Savez-vous qu'il existe bien des solutions à la morosité du mariage ?
Hermione ne répondit pas, et se contenta de continuer à avancer. Elle devinait sans mal ce qu'il allait lui proposer : prenez un amant – moi de préférence – et votre vie sera soudainement fabuleuse. Elle grimaça à cette idée. Comme si elle n'avait pas assez de soucis comme ça …
− Vous avez été contrainte d'épouser Drago, et je comprends votre déconvenue.
− Je n'ai pas été contrainte. J'ai accepté cette union, de mon propre chef.
− Vous et moi savons pertinemment que les alternatives n'étaient que peu nombreuses.
− Où voulez-vous en venir, Hadrian ? s'agaça Hermione en s'arrêtant au milieu d'un couloir.
Hadrian se rapprocha dangereusement d'elle. Il était désormais si proche qu'elle pouvait sentir sa propre poitrine effleurer son torse à chaque inspiration qu'elle prenait. Il monta l'une de ses mains épaisses à la hauteur de son visage et vint enrouler l'une de ses mèches de cheveux autour de son indexe. Ses yeux s'attardèrent sur les lèvres d'Hermione, puis sur sa gorge, et celle-ci se sentit déglutir. Que lui voulait-il ? N'avait-il pas encore compris qu'elle ne voudrait jamais de lui, quand bien même il se trouvait être le dernier homme sur cette maudite terre ? Elle secoua sèchement la tête pour libérer ses cheveux du doigt d'Hadrian et leva les yeux pour les plonger dans les siens.
− N'avez-vous toujours pas compris que j'étais mariée, Hadrian ?
− Le mariage n'est qu'une formalité.
− Non, c'est un contrat. Tout ce qu'il y a de plus sérieux.
− Peut-être pourrions-nous avoir un contrat vous et moi ? Quand votre époux sera trop occupé à cajoler des juments dans les écuries ou vous délaissera pas une autre, peut-être pourrai-je m'occuper de vous et vous apprendre ce qu'est le plaisir ?
Hermione lâcha échapper un petit rire méprisant.
− Il faudrait que je sois morte, pour accepter une telle chose. Quant au plaisir, croyez-moi, vous n'auriez rien à m'apprendre que je ne sache déjà.
− Drago n'est qu'un piètre professeur, vous pouvez me croire.
− Avez-vous déjà partagé sa couche, Monsieur, pour tenir un tel discours ?
Hadrian eut l'air scandalisé de telles suppositions. C'eut le mérite de faire sourire Hermione davantage. L'idée même que Drago et Hadrian aient pu partager des moments de plaisir la dégoûtait au plus haut point, mais ce n'était rien comparé à la grimace que faisait Hadrian à cette évocation.
− Jamais, dit une voix derrière elle. Et il faudrait que je sois mort, pour qu'une telle chose arrive.
Hermione se retourna et découvrit que Drago marchait dans leur direction d'un air faussement décontracté. Il avait l'air raide, et sa mâchoire était crispée, mais il émanait de sa démarche une nonchalance réfléchie. Depuis quand marchait-il derrière eux ? Qu'avait-il entendu de leur conversation ? Assez, pour que ses yeux lancent des éclairs en direction d'Hadrian.
− Drago, salua ce dernier, froidement.
− Hadrian. Si tu permets, je prends le relai auprès de ma femme. Nous allons tous deux au même endroit.
Il tendit un bras en direction d'Hermione qui s'en empara sans réfléchir, et tous deux repartirent en direction du bureau de Cormag sans jeter un regard en direction d'Hadrian. Drago avait le flair pour arriver au bon moment, songea Hermione, c'était à croire qu'il la surveillait en permanence. Cette idée ne lui déplut pas, malgré tout. Quand ils arrivèrent devant la porte du bureau de Cormag, Hermione tourna la tête vers Drago.
− Est-ce que tu sais ce qu'il nous veut ? demanda-t-elle à voix basse.
− Non. Mais j'imagine que ce n'est pas sans rapport avec l'arrivée de Suffolk.
Un silence s'abattit entre eux, tandis qu'ils ne se lâchaient pas du regard.
− Est-ce que tu es encore fâché ? demanda timidement Hermione.
− Terriblement, affirma Drago.
− Moi aussi.
− Je sais Milady, je sais.
Et malgré leur querelle encore inachevée, malgré les non-dits, les cœurs lourds et autre paroles trop longtemps tues, Hermione fit glisser sa main le long du bras de Drago et vint doucement entrecroiser ses doigts aux siens. C'était un geste intime, peut-être le premier qu'elle avait pour lui sans qu'elle ne s'y sente forcée ou que l'alcool entrave son jugement, si intime qu'elle sentit son bras se couvrir de frissons. Drago referma ses doigts chauds sur les siens, et caressa sa paume de son pouce un bref instant.
− Toute la colère que je peux éprouver ne m'empêchera jamais d'être là pour toi.
− Je sais.
C'était vrai. Elle le savait. Elle le savait parce qu'elle-même éprouvait la même chose. Malgré tout, c'était bon de l'entendre le dire. Drago leva sa main libre, et tapa contre le bois dur de la porte de Cormag. Il était temps de savoir ce que leur Laird leur voulait.
